RMR

Créez-y votre topic personnel ! Il vous servira de message de présentation, de galerie d'exposition pour vos créations non dragon ball... Voir explications plus détaillées en post-it.

Re: RMR

Messagepar Supaman le Dim Avr 02, 2023 9:48

Super récit. On s’y croirait presque grâce à ton reportage photos.

Ça fait maintenant 5 ans que je suis ton aventure sur le forum. Ne serais-tu pas tenté d’élargir ton public avec des vidéos et de créer une chaîne Youtube ?

Sinon, concernant ton projet de vie, comptes-tu t’installer définitivement au Japon ? Est-ce possible sur le plan administratif ?
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Re: RMR

Messagepar RMR le Jeu Août 17, 2023 17:52

Merci, content que tu aies aimé !

Ah, ah, ça serait stylé une chaîne Youtube, mais je n'ai plus assez d'occasions de voyages pour l'alimenter (3 vacances seulement par années, dont souvent une période passée en France, le plus souvent Noël/nouvel an), en plus que ce doit être un sacré boulot de gestion.

Ma philosophie a toujours été "je reste au Japon tant que je suis heureux", et comme je suis toujours super heureux, ça semble parti pour durer. Si jamais je me mets en couple, voire fonde une famille, alors la question se posera d'autant moins, mais pour l'instant, c'est au feeling. Sur le plan administratif, je ne me suis pas encore penché sérieusement sur la question puisque je n'ai pas pris de décision ferme, mais les échos que j'en ai eu, c'est qu'un mariage permettrais un visa permanent (sauf divorce), mais qu'il semble aussi possible de candidater pour un visa permanent après 10 ans à avoir vécu au Japon. Actuellement, je suis sous un visa de 3 ans qui m'amènera au milieu de ma 8ème année, et mes employeurs sont chauds pour m'octroyer des visas aussi longtemps que je travaillerai pour eux, donc je regarderai plus sérieusement en 2027 la faisabilité d'un visa permanent (car même si je n'ai rien décidé, obtenir un visa permanent ne me contraindrai en rien, au contraire).

Edit : Après un an, j'ai enfin revoyagé au Japon. Parti passer les fêtes avec amis et famille en France l'hiver dernier, et après avoir reçu la famille au Japon aux vacances de printemps, cet été, je suis reparti à l'aventure, un an après ma dizaine estivale à Hokkaido.

Ma destination ? Aomori. À nouveau. Comme pour Hokkaido où je suis allé deux fois, j'avais une revanche à prendre. Quand j'y étais allé au printemps, la route pour le mont Osore était fermé à cause de la neige. Donc, m'y revoilà, avec d'autres petites nouveautés que j'avais sous le coude. Pour rappel, Aomori, c'est la préfecture à l'extrême nord de Honshu, l'île principale du Japon.

En premier lieu, je ne suis pas parti du tout du côté du mont Osore, mais à l'opposé complet, sur la côte ouest où je n'étais pas du tout allé la dernière fois. Un onsen réputé pour sa vue sur la mer au soleil couchant m'y attirait. Donc, aussitôt arrivé à l'aéroport d'Aomori, sans même passer par la ville que j'avais déjà visité la première fois, j'ai foncé en un bus et deux trains jusqu'à Fukaura, un village sur la côte (photos 5587 à 5594, plus la 5591 curieusement repoussée à la fin de la galerie de photos). De là, pour rejoindre l'hôtel qui s'occupe de l'onsen, et que j'avais pris soin de réserver, plus d'option possible, et pourtant deux heures de marche. Oh, la gentille réceptionniste au téléphone m'a bien proposé de venir me chercher à Fukaura mais... vous me connaissez, j'ai gentiment décliné. Perdre l'occasion de vagabonder sur le littoral japonais pour m'épargner deux petites heures de marche ? Allons.

Donc, marché de 15 heures à 17 heures le long d'une route ayant tendance à s'écarter de la mer pour m'en priver la contemplation (pas grave, mon objectif devait me fournir toute la contemplation souhaitée), je suis arrivé à l'hôtel où l'on m'a tout de suite appris qu'il y avait des feux d'artifice à Fukaura le soir et qu'ils organisaient un tour en bus là-bas. Je me suis bien volontiers joint au programme, mais le bus partant à 19h45, et le couché de soleil se trouvant être à partir de 18h30, je me retrouvé d'un seul coup avec un programme bien chargé ! Affaires posées, dîner au restaurant de l'hôtel à 17h30 (très bon buffet, très orienté produits de la mer, même si ce n'est pas trop ma passion, j'ai goûté à quasiment tout, en express), 18h00 je fonce à l'onsen, je me trouve dans des bains d'intérieur alors que c'est un bain d'extérieur qui donne sur la mer, je me rhabille, sors par le petit chemin extérieur, arrive tout juste à 18h30 et je me pooooooooose...

Recontextualisons un peu. Qu'est-ce que c'est-y que cet onsen et quoi qu'il a de spécial ? Situé sur le cap kogane (cap doré, on est déjà dans le thème), cet onsen répond au doux nom de furofushi onsen (si, si, c'est doux, je vous dis). Traduit littéralement, cela signifie "anti-vieillesse anti-décès". Avec un tel programme, on pourrait aussi s'attendre à se voir promis de retrouver l'être aimé et discuter avec nos proches disparus (ah, non, ce dernier point, ce sera plus tard). Plus traditionnellement, furofushi se traduit par "jeunesse éternelle", et effectivement, depuis, je suis toujours jeune et en vie, donc on est bon. Mais ce n'était pas ça qui m'avait fait venir ici. L'autre particularité de cet onsen est son bain d'extérieur à l'eau chargée en fer, ce qui lui donne une couleur mordorée. Et il paraît qu'au coucher du soleil, quand la mer se teinte d'orange et de doré à son tour, alors on croit se baigner dans un océan d'or liquide. Alors, oui, je suis parti d'Osaka, son ciel bleu et ses 35° un peu étouffant (ah, l'humidité...), mais seulement pour atterrir à travers une couche de nuage dans un Aomori au ciel bien chargé... Cependant, au cours de mes pérégrinations en bus et train, les heures filant, le vent soufflant, le ciel s'est, peu à peu, découvert, un peu plus, ici et là... Quand je suis arrivé dans l'onsen, il y avait quelques derniers gros nuages dans le ciel, mais surtout du bleu, et, à l'horizon... Une vilaine ultime couche de nuage horizontaux s'effilochant par-ci par là. Mais avant que le soleil n'aille se cacher là-derrière, il a eu le temps de bien baisser sur l'horizon, de bien passer à l'orange (ne faites pas ça au volant !) et au final, de se coucher ! Sur des nuages, peut-être, mais de se coucher quand même ! Et s'il est intéressant de voir l'eau prendre des teintes dorées, regarder en direction du soleil reste assez éblouissant. Alors quand il s'est retrouvé derrière les nuages, ç'a été un peu reposant. Quand soudain ! Dardant ses rayons par une fente, telle une meurtrière, entre les nuages effilochés, revoilà le soleil se présentant par une ouverture semblant conçue pour qu'il fasse son œuvre d'artiste peintre sans écraser de sa puissante lumière tout le panorama, et voilà que l'océan brille, mais surtout que les nuages s'enflamment ! Pas seulement la bande nuageuse au loin qui tourne à l'orange vif. Les quelques gros nuages gris dans le ciel, ils sont maintenant tout autour du point central à l'horizon, comme une couronne de nuages sombres tirant des pointes rougeoyantes vers l'astre diurne. Ces nuages semblent être rond de partout à l'exception de la direction du soleil où ils avancent tous une pointe qui vire du gris au rouge, comme si ces nuages étaient de sombres archers visant l'horizon de flèches incandescentes. Plus que la mer qu'il est difficile de comparer à l'eau de l'onsen à bout portant quand on baigne dedans, c'est un magnifique ciel incendiaire que j'ai vu ! Ce n'était pas ce à quoi je m'attendais, mais j'ai eu amplement ce que je voulais ! Bon, comme il fallait bien revenir à la réalité, une sorte de taon a commencé à harceler tout le monde dans le bain, égayant les pauvres baigneurs fascinés que nous étions. Mais bazar que c'était beau !

Les photos étant interdites par l'hôtel dans l'onsen d'extérieur, je ne peux hélas que vous présenter une photo du bain prise sur internet, que voici : https://cdn.zekkei-japan.jp/images/articles/8e4c42dd6ffd34ae7ff989ee7dd59285.jpg

Après une heure de baignade, je me suis dépêché de me présenter à la réception avant le départ du bus pour le feu d'artifice. J'ai laissé mon appareil photo dans ma chambre d'hôtel car j'ai déjà vu et photographié beaucoup de feux d'artifice au Japon (pour des résultats photos pas toujours bien probant). Bien mal m'en pris, ce que je n'avais pas compris, c'est qu'il y avait un festival à Fukaura, dont le feu d'artifice n'était que le point d'orgue. Rien de spectaculaire, pas d'animations spéciales, mais la musique, les gens en yukata ou kimono, et les stands presque clichés du festival japonais, proposant qui des takoyaki, qui des banana choco, qui des grillades, qui du sirop ou de l'alcool, et des jeux de pêche-poisson ou tir à l'arc ou à la carabine. Au final, ça ressemble assez à nos fêtes foraines, sans les attractions et en habit japonais. Ça faisait bien longtemps que je n'avais plus vu ça. En tout cas, les feux d'artifices, ce n'était que ce jour-là, et la coïncidence était bien belle en ma faveur.

Rentré, couché, le lendemain, petit-déjeuner à 6H30 parce que si je voulais traverser tout la largeur du Japon pour aller sur la péninsule à l'est, il ne me fallait pas lambiner ! Le jour suivant était consacré à mon voyage d'ouest en est pour aller à Shimokita, à l'entrée de la péninsule à l’extrémité nord-est de Honshu (avec un passage par la ville d'Aomori mais juste pour un transfert). Je suis arrivé là-bas un peu après 14H00, le temps de trouver un hôtel, de manger, et je me reposais parce que le lendemain, j'allais randonner jusqu'au mont Osore en partant à 5H00 pour plus de trois heures de marche. Alors, le mont Osore (Osorezan), quoi qu'est-ce t-y que... oui bon, vous avez compris, on va faire un peu d'exposition. Dans la croyance bouddhiste japonaise, les morts traversent la rivière Sanzu pour rejoindre l'Autre-Monde, une rivière faisant fortement penser au Styx grec et où avoir de l'argent pour traverser est aussi une nécessité. Eh bien cette rivière, elle se trouve au mont Osore et alimente un lac au bord duquel se dresse le temple Bodaiji. C'est ici que se trouverait la bouche de l'enfer (ou plus globalement la porte vers l'Autre-Monde, mais la bouche de l'enfer, ça en jette plus, et ça colle bien au nom de la montagne qui se traduit "mont de la terreur"), et certaines personnes pourraient discuter avec les morts en ce lieu.

J'ai donc grimpé la montagne en trois heures (photos 5597 à 5639), fait un petit détour par un observatoire, pour finalement arriver là où ça sentait le soufre (littéralement). La rivière Sanzu est précédée de quelques marécages et cours d'eau à l'eau brune fumante (et tiède au toucher, photos 5645 et 5651), puis la rivière se découvre au bord du lac. En la remontant un peu, on trouve des sources chaudes sauvages, mais en bord de route de voiture, et sachant qu'il y en avait dans le temple, je ne suis pas allé m'immerger dedans (photo 5659). De retour au bord du lac, je trouve une représentation du pont servant aux personnes bonnes à traverser la rivière (les mauvaises doivent patauger dans l'eau, et paraît qu'il y a des dragons) ainsi que les deux démons qui dépouillent les morts de leur vêtement et pèsent le poids de leurs vices (photos 5669 à 5684). Puis j'ai atteint le temple et visité son domaine composé de beaucoup des statues bouddhiques, des petits moulins à vent, des bassines naturelles d'eau sulfureuse bouillonnante, des terrains de caillasse grise dont s'échappe des volutes de fumées (en regardant de près, on voit que ça s'échappe par des trous dans la roche) appelés "l'enfer infini", le tout sous un ciel gris, des nuages bas couvrant les cimes montagneuses et un crachin alternant avec une franche pluie, l'ambiance était posée (photos 5695 à 5780). Ayant fait le tour, il était temps pour moi de m'adonner à ma passion et de me baigner en enfer. Il y avait trois bâtiments abritant des bains au sein du domaine, mais deux étaient ce jour-là réservés pour les femmes, j'ai donc utilisé le troisième. Ironiquement, l'onsen de cet enfer était un peu tiédâtre, on devait tourner à 38°. En discutant avec les japonais qui se baignaient, je sympathise avec Monsieur Suzuki, venu de Hachinohe, plus au sud, qui voyage seul en voiture tandis que sa famille est en visite à Tokyo. Et qui se trouve aller visiter la ville d'Oma ensuite, sur la côte nord, ce qui était mon objectif suivant, il m'invite à faire route ensemble. Mais avant ça, je voulais vérifier si ce que j'avais vu sur google, un autre onsen derrière l'auberge du temple, était accessible au tout venant. Mon ami japonais me suit, sceptique, puisqu'aucune indication pour un autre onsen ne figure nulle part. Renseignement pris, oui, cet onsen existe et n'importe qui peut y aller. On se rend donc dans ce nouvel onsen, avec mon ami tout émerveillé de la découverte (et assez content que ce soit un onsen mixte, petit coquin). On y trouve que des hommes mais, surtout, on y trouve une eau bien plus chaude et plus digne de la bouche de l'enfer (on devait être à 43°, je dirais) (première photo de la galerie, les photos prises par Monsieur Suzuki se sont mises en haut de liste). Après avoir bien profité de notre onsen secret, on part donc ensemble. On fait un détour par Sai, une ville un peu plus au sud qu'Oma, pour y manger (un ramen, deuxième photo de la galerie, j'ai aussi pris une tapisserie de dragon en photo, dernière photo de la galerie), puis on fait un autre écart pour se promener à Hotokegaura ("la baie de Bouddha"), des pierres dressés au-dessus de la mer assez impressionnantes (troisième à septième photos de la galerie, et photos 5790 à 5834). Comme il pleut fort, arrivé à Oma, Monsieur Suzuki à la gentillesse de me déposer devant l'auberge que j'avais réservé la veille (tenue par un couple âgé). Il me remercie pour lui avoir donné la motivation de visiter différents lieux, il pense que seul, il aurait juste fait Oma pour y manger du thon et serait ensuite rentré à Hachinohe, je le remercie pour le transport et la bonne compagnie.

Oma, c'est une ville portuaire réputée pour son thon, le meilleur du Japon dit-on (et le Japon, niveau thon, c'est du haut niveau). La femme de l'aubergiste m'a préparé un menu classique japonais avec soupe miso, bol de riz, mais aussi du vinaigre de prune (c'est bon, si, si, c'est doux) mais surtout du thon sashimi, très bon ! On regarde par une fenêtre de l'étage le feu d'artifice de la ville (là aussi, gros hasard, faut croire que je les attire, mais d'après l'aubergiste, c'est d'avoir marché des heures parmi les statues de jizo de la montagne qui m'a fait accumuler de la chance), première fois que je vois des feux d'artifices sous la pluie, les plus haut se perdent à moitié dans les nuages qu'ils illuminent curieusement, puis je me couche. Le lendemain, je vais au cap au nord de la ville et je mange du thon sur bol de riz dans un restaurant recommandé dans mon guide touristique (là encore, fameux !) (photos 5846 et 5851). Puis je repars pour Aomori où, cette fois, je me promène un peu (photos 5855 et 5860) avant de prendre, le jour suivant, l'avion pour Osaka où la chaleur écrasante m'a pris par surprise en sortant de l'avion, j'avais tôt fait d'oublier !

La galerie de photos : https://postimg.cc/gallery/jdy6Ctn/3501e09f
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Re: RMR

Messagepar Supaman le Mer Sep 13, 2023 7:27

Toujours sympa à suivre.

La particularité de ton onsen me fait penser à ce qu’on voit dans Bleach (血の池地獄), et qui me semblait inspirer de cet endroit :
https://youtu.be/zaIYxcBuatA?feature=shared

Mais j’ai l’impression que ce genre d’eau est plus répandu au Japon que je ne le pensais. C’est aussi dans le Sud ?
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Re: RMR

Messagepar RMR le Mer Avr 03, 2024 15:24

Non, au contraire, c'est dans le nord. Aomori est à l’extrémité nord de Honshu, juste avant Hokkaido (l'île principale la plus au nord).

En tout cas, il fait envie, ton onsen aussi ! La façon dont se dissipent les vapeurs au dessus de l'étang rouge, ça a l'air fantasmagorique !

Edit : Allez, hop ! Vacances de printemps, nouveau petit voyage ! Cette fois-ci, je suis allé à Nikko, région verdoyante au nord-ouest de Tokyo. Deuxième fois, en fait, j'y étais allé en 2018 avec mon ami malaisien. À l'époque, on avait fait le Tôshôgû, grand ensemble de temples accueillant la tombe de Ieyasu Tokugawa, fondateur du shogunat, et les fameuses statues des trois singes qui se cachent la bouche, les yeux, les oreilles. On avait aussi fait les impressionnantes chutes de Kegon et le haut plateau Senjougahara. Cette fois, je souhaitais m'enfoncer loin dans les montagnes du parc national de Nikko pour... bah, vous m'avez tous suffisamment cerné à ce stade pour deviner qu'il s'agit de me baigner dans des sources chaudes !

Alors un bus de nuit jusqu'à Tokyo, quelques trains, et me revoilà à Nikko ! (photo 02) Je ne suis pas tout de suite parti dans mes montagnes, j'ai d'abord profité d'être à Nikko pour compléter mes visites. En effet, en m'éloignant un peu des principaux axes touristiques, quelques points naturels et temples secondaires valent le coup d'œil ! Mais d'abord, séance de rattrapage culinaire pour une spécialité locale dont j'ignorais l'existence lors de ma première visite et que j'allais pouvoir expérimenter cette fois-ci : le yuba. Vous connaissez certainement tous le tofu, cette pâte de soja coupée en cube et quasiment sans goût. Eh bien ici, il s'agit de prendre la peau caillée du tofu uniquement, se présentant en fines lamelles, pour la manger en la trempant dans de la sauce soja pimenté de wasabi. C'est tellement peu épais que la fadeur du tofu disparaît presque totalement pour soutenir le goût prononcé de la sauce, donnant un met au goût fin et subtil ! (photo 04) Ensuite, pour commencer mes visites, je me suis écarté de la route menant au tôshôgû pour suivre la rivière sur la gauche, découvrant un sentier méconnu, appelé abysses de Kanmanga. Il longe d'un côté les rapides de la rivière, et de l'autre des alignements de jizôs, statues bouddhiques. (photos 05 à 10). Je suis ensuite revenu vers les temples, et en contournant par la gauche le principal que je connaissais déjà, j'ai atteins le temple de Futarasan, dédié aux divinités des trois montagnes voisines. On y trouve déjà beaucoup moins de touristes et de charmantes statues ! (photo 13 et 15) En m'enfonçant dans l'arrière-cour, je découvre même un objet connu de la mythologie japonaise, le tamatebako (ou plutôt une simple reproduction puisqu'on peut le toucher et l'ouvrir). Pour résumer le conte où apparaît cette boîte, un pêcheur est invité au palais sous-marin du roi dragon, y passe plusieurs jours, reçoit une boîte, le tamatebako, avant de repartir chez lui, avec pour consigne de ne pas l'ouvrir. Revenu chez lui, il réalise que sur la terre ferme, des siècles ont passé. Il finit par ouvrir la boîte qui contenait le temps qu'il avait passé sous l'eau et est transformé en vieillard. J'ai bien sûr moi aussi ouvert la boîte (elle est là pour ça, et les japonais avant moi l'ont fait aussi), on y trouve un miroir au fond, quoi que cela puisse signifier ! (photo 17) Ensuite, j'ai cheminé une demi-heure au nord des temples pour rejoindre le plus reculé dont j'ai entendu parler, le temple Takinô. On passe d'une foule dense de touristes à un sentier où il n'y en a plus UN seul ! J'ai croisé une japonaise, elle-même surprise que j'ai trouvé cet endroit, et on a discuté un peu. Ce temple s'ouvre sur un torii, porte typique des temples, fait de pierres et appelé "la porte tente ta chance". Il y a un petit trou en hauteur, et on peut tenter d'y lancer trois petites pierres. Si l'une d'elle passe par le trou, alors on aura de la chance. J'ai essayé, mais sans succès. Bah, c'était pour le côté folklorique, pas grave ! On trouve ensuite, en plus du temple lui-même, trois immenses cèdres représentant les divinités des montagnes, un rocher sacré qui est dit porté chance pour un enfantement sans problème (pas que ce me soit très utile), des statues et une tombe pour Shôdô Shônin, le premier propagateur du bouddhisme en ces lieux. Sur ladite tombe sont empilées des pierres de différentes formes géométriques représentant les différents éléments de la nature. (photos 19 à 26) Et ainsi, je considérais avoir convenablement complété ma découverte de Nikko initiée en 2018.

J'ai alors pris le train pour commencer (et seulement commencer) mon périple dans les montagnes. J'aurais pu prendre un hôtel à Nikko, mais comme mon objectif était difficile à atteindre, il valait mieux que je m'avance préalablement. Je suis ainsi arrivé en fin d'après-midi à Kinugawa Onsen, une ville au bord d'une rivière dans des gorges. J'ai trouvé un dortoir avec ses propres sources chaudes, me permettant de me détendre après mon voyage nocturne en bus et ma journée de visites. Très bien situé, en plus, j'ai pu découvrir un grand pont traversant les gorges à proximité et donnant sur un point de vue en altitude, petite surprise inattendue de mon voyage ! (photos 28 et 32) Puis, au matin, j'ai pris un bus, une heure et demi, qui m'a déposé à l'entrée d'un sentier de montagne. Pour rejoindre l'hôtel perdu au fond des montagnes, il me restait à marcher trois heures sur ce sentier réservé aux randonneurs, étroit, sauvage et sinuant entre des cours d'eau et les reliefs montagneux, encore enneigé à cette altitude. Cette promenade sauvage, pour moi un régal, m'a permis des voir des chutes d'eau gelée, des forêts clairsemées dans la neige et bien d'autres merveilles que la nature sait inventer ! (photos 35 à 51) Je suis arrivé à une séries de sources chaudes, pourtant pas encore la mienne qui se trouvait excentré par rapport à celles-ci. Après avoir parcouru trente minutes un sentier enfoncé dans la neige (photo 55), j'ai enfin rejoins mon hôtel (photo 57).

Cette source chaude donne sur un magnifique paysage, un défilé entre les montagnes dont l'horizon se referme sur trois pics montagneux en face ! Pas de photos, malheureusement, s'agissant de sources chaudes non sauvages puisque gérées par l'hôtel. L'accès y est autorisé à toute heure, et il est dit que la nuit, c'est une couverture d'étoiles qui nous surplombe tandis qu'on se baigne. Arrivé vers 15H00, aussitôt mes affaires posées dans ma chambre, je vais dans les bains. J'y retrouve un japonais que j'avais croisé sur la route, mais qui finissait de se baigner, et je me retrouve avec l'onsen pour moi tout seul (l'avantage d'aller dans un hôtel avec quasiment plus de bains que de chambres !) Mauvaise nouvelle, le ciel se couvre, pas bon signe pour mes étoiles ! Mais le paysage est fantastique et le bain, à l'eau blanchâtre, fait un bien inouï ! À 18H00, c'est le repas. Bien entendu, cet hôtel éloigné de tout impose son menu. Et quel menu ! Un petit alcool de prune très sucré en ouverture (que j'aurais presque aimé alors que je ne supporte pas l'alcool), du saumon mariné du mont Fuji sur une salade de légumes, une petite assiette de poisson fumé avec du fromage lui aussi fumé, un poisson entier pêché dans un lac voisin, cuit bouilli à l'eau de source chaude, à manger avec de la sauce soja et des légumes, de la viande de porc avec son lard, accompagné de riz et de moutarde, mais une viande si fondante qu'on pourrait confondre avec de l'os à moelle ! Soupe Miso, et glace en dessert. Un régal de produits locaux ! Beaucoup de poisson, du coup, même au petit-déjeuner où le poisson serait cuit mais froid, à manger avec le riz chaud pour le contraste de température ! Une fois le dîner terminé, je suis retourné à la source chaude, la nuit étant tombée. Je l'ai davantage senti que je ne l'ai vu, mais il neigeait, et j'étais seul à nouveau. Point d'étoiles, forcément. J'ai décidé de laisser une dernière chance à la nuit en mettant un réveil à 4H50. Toujours seul, et cette fois... il pleuvait. Ah, ah, je n'ai pas eu ma couverture d'étoiles ! J'aurais dû mieux viser quand j'ai lancé les trois cailloux vers le trou du torii du temple Takinô ! J'y suis quand même retourné une quatrième et dernière fois après le petit-déjeuner (et donc le jour revenu), parce que étoiles ou pas, cette source chaude est extra ! Puis j'ai refait toute la marche dans l'autre sens (les pieds protéger de la pluie et de l'humidité des chaussures dans des sachets vinyles gentiment offerts par les tenanciers de l'hôtel, qui m'ont aussi passé un parapluie que j'ai déposé à l'onsen suivant, la pluie ayant cessé) (photo 63), pris mon bus, mes trains, mon bus de nuit, et j'ai retrouvé mon petit chez-moi ! Une expédition de plus dans ma sacoche à expériences du Japon !

Mais vous risquez de réentendre parler de moi rapidement, pour un voyage encore plus court (deux jours), parce qu'à la Golden Week (série de jours fériés successifs), je vais avec une amie à Nagasaki !

La galerie de photos : https://postimg.cc/gallery/JLR1TCC
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Re: RMR

Messagepar 13kill le Mar Avr 09, 2024 20:10

Non, au contraire, c'est dans le nord. Aomori est à l’extrémité nord de Honshu, juste avant Hokkaido (l'île principale la plus au nord).

Les statues de glace en plein quartier de Sapporo à Hokkaido je recommande, très bon endroit pour chercher la bagarre aussi dans Yakuza 5

Pour les curieux.
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Re: RMR

Messagepar RMR le Dim Mai 05, 2024 16:42

Eh bien me r'voilà ! Je vous l'avais dit que je referai rapidement un voyage. Plus court que d'habitude, parce que la Golden Week ne m'offre que deux poignées de jours de vacances entrecoupées de quelques jours travaillés, donc impossible de tout enchaîner. C'est pour ça qu'en temps normal, je reste chez moi. Là, c'est une amie de quand j'habitais à Tokyo (originaire de Mongolie) qui m'a proposé de la rejoindre pour un voyage de deux jours à Nagasaki, alors je me suis laissé convaincre. D'autant que Nagasaki, et plus généralement toute l'île de Kyûshû (l'une des quatre îles principales qui constituent le Japon, la plus au sud), je n'y ai jamais mis les pieds (sauf en transit, je suis passé par la ville de Kagoshima quand je suis parti en voyage dans les îles du sud-ouest en 2018, mais je n'ai pas visité la ville).

Nagasaki a deux caractéristiques principales pour lesquelles elle est célèbre, l'une n'étant pas des plus heureuses vous l'aurez déjà deviné. En effet, c'est l'une des deux villes frappées par la bombe atomique à la fin de la seconde guerre mondiale. L'autre caractéristique qui permet à cette ville de ne pas être qu'un sinistre mémorial, c'est qu'à l'époque d'Edo, quand les frontières du Japon étaient hermétiquement fermées, entre le début du XVIIème siècle et le milieu de XIXème, Nagasaki faisait office d'exception, accueillant des comptoirs hollandais permettant l'entrée de marchandises et innovations technologiques dans le Japon. Du fait de ce statut, Nagasaki est une ville profondément marquée par la culture chrétienne, notablement plus que n'importe où ailleurs au Japon.

Le premier jour au matin, immédiatement rejoint par mon amie, nous sommes allées dans la partie sud de la ville, au niveau des quais, car ce qui l'avait motivée à venir dans cette ville, c'était de pouvoir se rendre sur une île "fantôme" du nom de Hashima, mais plus connu par son surnom : Gunkanjima, l'île du cuirassé. Arrivé avant 10H00, on découvre que les billets pour le bateau de 13H00 ne sont en vente qu'à partir de midi. Avec un peu de temps libre devant nous, on décide d'aller voir un pont particulier en remontant de l'eau. "Remonter de l'eau", bizarre, non, comme façon de dire ? En fait, avec mon amie, on était en désaccord. J'avais dit qu'on trouverait le pont en "remontant la rivière", mais selon elle, ce n'était pas une rivière, juste un bras de mer, puisque l'eau ne coulait pas. Pour moi, il s'agissait juste de l'embouchure, puisque ça remontait loin dans les terres pour assurément trouver une source d'où l'eau coulait. On a donc parié le repas de midi sur ce dont il s'agissait, avec comme critère que si, arrivé au pont, ça ne coule toujours pas, alors ce n'est pas de la rivière. On est passé par un petit marché extérieur éphémère, puis on a remonté jusqu'au fameux pont. Il s'agit du pont Megane, le mot japonais pour les lunettes. Ce qui le caractérise, c'est qu'il est constitué de deux arches successives formant, avec leurs reflets dans l'eau, une forme de lunettes (photo 2). L'eau ne coulant toujours pas, je concédais ma défaite à mon amie lorsque, soudain, on voit devant le pont un ensemble de pierres formant un chemin enjambant l'eau, et l'eau à ce niveau coule du côté du pont vers le côté de la mer. Mon amie disait que c'était uniquement à cause des pierres, tandis que je lui expliquais qu'elles n'étaient que le révélateur d'un courant existant, en rétrécissant la voie d'eau, ce qui augmente le débit. Je lui ai demandé si, disposées dans le sens contraire, ces pierres pouvaient faire couler l'eau à l'opposé de la mer, et selon elle, oui. Au final, pour se départager, on a décidé de demander à trois japonais si ce qui était sous nos yeux, c'était de la rivière ou de la mer. Après que les deux premiers aient répondu "rivière", mon amie a abandonné.

On est alors revenu aux quais (photo 4) pour midi, pour découvrir que les tickets de bateaux ne sont vendus que sur réservation. Ils nous mettent quand même sur liste d'attente en nous disant de revenir pour 12H45. On est allé manger une spécialité de Nagasaki, le chanpon, un ramen de légumes et produits de la mer, au bouillon blanc, au goût assez neutre mais salé (je n'ai pas été conquis), que comme convenu mon amie m'a offert (photo 5). Je suis retourné en premier aux quais, la laissant prendre son temps pour finir de manger, par acquis de conscience. Bien m'en a pris, ils étaient en train de nous appeler au comptoir, et d'inscrire d'autres gens en notre absence. À mon arrivée, ils ont avorté l'inscription des suivants pour me laisser nous inscrire mon amie (arrivée aussitôt après) et moi. Du coup, on a pu monter sur le bateau malgré qu'on ait pas réservé !

Le bateau navigue 40 minutes dans la baie de Nagasaki, on voit sur le rivage des églises et cathédrales (photo 6) puis on arrive au abords de Gunkanjima, que l'on va visiter selon un circuit prévu par les autorités de la ville, passant entre trois postes d'observations situés sur un chemin longeant la rive sud de l'île mais permettant d'avoir un aperçu de toute l'île. Bon, mais c'est quoi cette île qu'on ne peut pas visiter librement ? D'abord, plus personne n'habite sur cette île, et ce depuis 1974. Au début du XIXème siècle, du charbon est découvert sur la petite île de Hashima. Ce n'est qu'au début du XXème que l'exploitation du charbon de l'île monte en puissance, l'île est alors complétement réaménagée pour accueillir les travailleurs et leurs familles, atteignant un pic de plus de 5000 habitants au plus fort de l'exploitation. L'île est agrandie artificiellement, des immeubles y sont construits, et des digues d'acier font le tour de l'île pour la protéger des intempéries et de la mer. C'est le lieu le plus densément peuplé du monde à ce stade. L'île condense sur son sol tout le nécessaire, écoles, hopital, terrain de sport, même un cinéma. Vu de l'extérieur, avec les digues d'aciers formant une pointe en avant, les immeubles la surplombant, et les fumées des exploitations de charbon, l'île ressemblait en tout point à un cuirassé, un navire de guerre, d'où son surnom de Gunkanjima par lequel elle est mieux connue. Les ouvriers travaillaient dans des conditions extrêmes et le danger d'explosion de gaz était omniprésent dans les mines. Puis, avec l'émergence du pétrole, le charbon devient de moins en moins intéressant et en 1974, les derniers habitants doivent quitter l'île, qui est resté à l'abandon pendant des décennies. Le passage du temps et les intempéries (typhons successifs) ayant fait leur œuvre, tout est à l'état de ruines, mais les structures ont bien survécus, ce qui fait que les bâtiments sont reconnaissables. Une vraie île fantôme où seuls les touristes sur le cordon au sud et des oiseaux de proie dans le ciel donnent un semblant de vie à cet ensemble extrêmement dense de carcasses d'immeubles en tout genre. Impressionnant. Ce que le tour guidé expliquant la joyeuse vie en communauté des habitants de l'époque ne précise pas, mais qu'on retrouve sur wikipedia, c'est que plusieurs centaines de travailleurs forcés coréens ont été employés ici lors de la seconde guerre mondiale, et l'absence de cette mention est à l'origine de tensions entre la Corée et le Japon (parmi d'autres sujets de tension). Pour compléter la visite limitée qu'offre les trois postes d'observations, le bateau fait le tour de l'île avant de retourner à Nagasaki (photos 10 à 33).

De retour à Nagasaki, à presque 16H00, on trouve un hôtel disponible vers le nord de la ville, à proximité d'un onsen de montagne (mon amie hésitait entre un onsen de montagne et un de mer, je lui ai recommandé celui de montagne pour davantage d'immersion dans la nature). Trop tard pour une autre visite (au nord se trouve aussi le musée de la bombe atomique, que l'on a décidé de repousser au lendemain), on s'est rendu directement à l'onsen. Une demi-heure de marche nous a amené sur des hauteurs donnant une vue d'ensemble de Nagasaki (photo 35). L'onsen était classique, différents bains aménagés, sauna et hammam incorporés, mais a permis une bonne relaxation après cette première journée de visites. On a mangé au restaurant de l'onsen puis on est reparti pour l'hôtel à 23H00 (avec vue de nuit sur Nagasaki au départ).

Le lendemain matin, on est allé comme prévu au musée de la bombe atomique. On trouve un mémorial à l'entrée (photo 39), un cordon de grues (l'oiseau) en origami (en référence au fait qu'une petite japonaise, irradiée bébé et hospitalisée à ses douze ans, s'est fixé comme objectif avant de mourir de plier un millier de grues en papier dans l'espoir de pouvoir réaliser un vœu, histoire très connue au Japon) (photo 40) et un hall avec des piliers de verre où sont conservées des registres avec le nom de toutes les victimes de la bombe de Nagasaki (photo 41) avant de voir l'exposition à proprement parler. Celle-ci raconte les événements ayant menés à cette attaque, les effets environnementaux et humains que ça a eu, et ce qui a été entrepris par la suite à l'international pour tenter de prévenir tout autre usage de telles armes (et une vue d'ensemble de la situation actuelle, combien de bombes atomiques existent et où). On y voit aussi une réplique à l'échelle de la bombe (appelée Fat Man) (photo 43). Après ça, on s'est rendu juste à côté, au monument situé à l'hypocentre de l'explosion (le lieu situé juste en dessous d'où la bombe a explosé, car la bombe n'explose pas à l'impact au sol, mais explose 500 mètres dans les airs) (photos 45 et 48). Puis mon amie devant partir prendre son avion, j'ai continué seul en me rendant d'abord au parc de la paix, lui aussi voisin (photo 51), puis à la cathédrale d'Urakami, assez proche également (la cathédrale a été entièrement rénovée après l'explosion, mais des portions ont été conservées en l'état pour la mémoire) (photos 55 et 57).

Le reste de la journée, je me suis promené le long des quais au sud, je suis tombé par hasard sur un quartier d'inspiration hollandaise avec toute sorte de boutiques de souvenirs, et j'ai ainsi fini ma deuxième et dernière journée à Nagasaki. Je pense retourner à Kyûshû, et si c'est le cas, il est possible que je repasse par Nagasaki avec mes propres objectifs cette fois. On verra bien !

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