Le fruit de ses tourments

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Re: Le fruit de ses tourments

Messagepar Point le Dim Fév 11, 2018 21:05

En écrivant Le fruit de ses tourments, je me suis rendu compte que j'avais peut-être pas posté le chapitre 7, mais en fait si, et que t'avais même répondu XD Depuis presque un mois ololol

Du coup, je vais t'éclairer vite fait:

omurah a écrit:J'aime toujours les dialogues, et la personnalité que tu insuffles à tes persos, ils sont tous très très vivants je trouve ^^
C'est un de tes gros points forts, avec le rythme toujours parfaitement maîtrisé, pas de remplissage mais les descriptions ne passent pas pour autant à la trappe, donc c'est parfait pour moi.


Merci, même si je t'avoues que je remplis parfois. Juste pour éviter que tout ne soit qu'un long dialogue.

omurah a écrit:Curieux de savoir ce qu'il adviendra de Copper, s'il va crever ou prendre de l'importance ou en tout cas, tirer son épingle du jeu.


Qui sait ? En tout cas il ne sera pas là à la fin. Mais ça ne veut rien dire :o

omurah a écrit:Je pense que si je regarde à nouveau l'OAV avec Thalès, je verrai plus ce dernier personnage comme avant, tu l'as charismatisé xD


C'est d'ailleurs ce qui me travaille le plus: passer de mon Thalès au vrai Thalès, comme dans La révolte, passer de Ginue l'insecte handicapé à Ginue du commando. J'espère y arriver, et sinon, tant pis ça aura été rigolo.

omurah a écrit:Je pense (je peux me tromper) que cette histoire un jour risque de devenir ton histoire principale, en tout cas elle en a le potentiel (même si je préfère un peu La Révolte, quoique comparaison n'est pas raison) et surtout, elle pourrait bien devenir quelque chose de complètement différent de ce que tu avais prévu au départ ou à mi-chemin


Pour le coup tu te trompes, Le fruit de ses tourments n'est qu'une fic secondaire qui n'est qu'un amalgame de tout ce que j'ai pas pu mettre dans La révolte, comme par exemple: Thalès, les Bibidi-like, Brutaël, la révélation sur Obey dans le chapitre suivant qui arrive bientôt ( What a tease ) ou encore simplement Roket.

Désolé de remonter le topic pour une vieille réponse XD J'en suis à 85% du chapitre 8 8-)
La révolte
En cours.
Le plus modeste des êtres...Un homme qui fera peur au plus grand des démons...Celui-là même qui en deviendra le guerrier le plus fidèle...


Le fruit de ses tourments
En cours.
Piégé à cause de ses origines, Thalès va tenter de survivre pour venger son peuple. Mais avant tout, il va devoir se battre contre lui-même, et ce sera bien plus dur que ce qu'il imaginait.
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Re: Le fruit de ses tourments

Messagepar Point le Jeu Fév 15, 2018 19:34

Chapitre 8



Jamais dans sa vie, ou presque, il n’avait été aussi frustré. Non, pire, jamais il n’avait été défié par si faible, par si insignifiant. Là où les démons comme Cold et ses rejetons menaient un combat honorable – dans le sens où ils savaient se battre au-delà du commun des mortels – Brutaël rejetait la force ridicule de ce saiyen. Pourquoi le pacificateur de mondes, l’ange démon avait-il cru en une bête si sauvage ? Il avait pourtant lu ses intentions, mais il pensait qu’au plus profond de lui il pourrait y avoir une étincelle de confiance. Brutaël avait des doutes quant à sa santé mentale, tant il se crut trahi, tant son cœur en fut meurtri. Et il ne pouvait plus bouger pour mener à bien sa vengeance…

...ou en tout cas accélérerait-il sa mort en essayant.

Le fait d’avoir été entourloupé de la sorte n’était pas le plus grave, finalement. Quand la divinité sentit que son pouvoir avait été utilisé par sa fille, il s’inquiéta plus que d’habitude, mais quand son souffle, son aura, son identité s’éteint en même temps que celle de son frère, Brutaël lâcha son marteau gigantesque qui s’écrasa sur le sol et le brisa, créant une ouverture énorme entre cet étage où siégeait le géant et le puits d’énergie qui camouflait le palais. Son agacement et sa haine déferlèrent sur une assistance qui enclencha l’état d’urgence pour que tout le monde se réfugie. Il hurlait, un cri si grave que les murs mêmes se craquelaient. Il fronça les yeux et repéra l’énergie du saiyen, il savait exactement où il se situait, où il allait aller le chercher.

Soudainement, Nagaza apparut dans un scintillement de lumière, bravant avec courage le courroux de son père. Malgré tout, elle levait un bras devant ses yeux pour ne pas qu’une quelconque poussière ne souille ses yeux magnifiques. Elle osa alors, elle demanda à son père quelque chose qu’il n’aurait pas pu refuser en temps normal :

-Laissez moi purifier notre planète de sa présence, père !

Il la paralysa d’un regard. Littéralement, elle ne put alors faire aucun mouvement, ne put agiter un sourcil. Ce fut comme si elle avait été éjectée de la vie, tout en réussissant à la maintenir à sa portée. La voix de Brutaël parvint jusqu’aux oreilles de Copper dans l’arrière-salle, rampant, jusqu’à celle de Thalès à des centaines de kilomètres de là, et même…

…à celles d’Obey, dans son vaisseau, là-haut.

Ce furent ces mots qui résonnèrent dans leurs esprits :

-Je vais venir vous chercher.



* * *




-Tu n’as aucune idée de comment atteindre les Floors, hein la gelée !? s’impatientait Thalès.

Cacao manipulait des commandes dans le bureau de Najaï qu’il avait lui même rongé plus tôt. Il finit par ne rien répondre d’autre que… :

-Da.

-Da ?

-Da.

-Je crois que c’est ce qu’il voulait dire par « Je vais m’étouffer ici », précisa Amondo.

Après quelques minutes d’insupportables attentes enfin le saiyen put voir comme un écran. Par chance, les communications avec le vaisseau de l’Empire étaient possible, mais étrangement Cacao ne semblait pas intéressé par le contact, mais par…

...un logiciel de traitement de texte.

Il écrivit quelques mots sur la page ainsi ouverte :

« Notre planète était constituée d’érudits. Nous en savions un rayon sur les différentes races de l’univers, et les saiyens en faisaient parti. Je vais maintenant exploiter une particularité de votre race. »

Thalès recula, intrigué :

-Ne me dis pas que tu crois en ces légendes idiotes de Super Saiyen ?

« Non, mais nous avons imaginé ce que cela était par rapport à des informations sur un étrange être au Sud du territoire de l’Empereur Cold. Bref, j’ai menti. Il est impossible d’accéder aux vaisseaux d’ici. »

Thalès s’approcha vivement de Cacao et attrapa une partie de l’armure de son bras. De même, Amondo et Roket se mirent en position de combat :

-Tu t’es joué de moi ?

L’être constitué de matière rose ne bougea même pas, de peu intimidé.

« Il est impossible à quatre personnes de manipuler un seul des floors. Je ne sais pas ce que vous cherchez à l’intérieur, mais si c’est de vous enfuir, ce ne sera pas possible. Ainsi, je vous propose de mettre à profit vos possibilités raciales pour, disons, procéder à un atterrissage forcé. »

Ah! Quelle déchirure se vit ceignant le visage de notre saiyen préféré ! Et il voyait bien quelle aptitude était concernée, ce qui effraya les deux acolytes. Cependant, la main ne fut pas relâchée :

-Sauf que mon plan, que je vais aussi du coup révéler à mes deux alliés, est d’utiliser les mécanismes de destruction du vaisseau-mère pour annihiler Brutaël et ses gardes, car je sais où il se trouve maintenant.

« Je vois. Alors, si vous me transportez jusqu’au vaisseau en question, je pourrai très facilement suivre ce plan. Sur ce, je vais vous expliquer comment je compte vous transformer. »

-Oui, je me disais bien que ce serait compliqué si j’étais pas un vieil aristo’ capable d’activer ma transformation.

«  Il ne suffit pas d’être un saiyen de la haute société pour y parvenir. C’est simplement une question de maîtrise, mais aussi de mental. Vous êtes plus sauvage et talentueux que vos pairs, Thalès, ce ne sera pas un mal pour vous. La capacité innée de votre race pour manipuler et supporter les influences du ki est exceptionnelle. »

-Venez en au fait.

« Les pleines lunes dégagent de l’énergie brute se comptant en millions de millions de zénos, et la concentration intensive de ces ondes reste en suspension dans l’air pendant des semaines. Parfois, nous l’avons étudié sur vos pairs avant leur mort, la transformation s’active sans réelle raison : en fait, les ondes brutes s’étaient rassemblées dans une zone et avaient déclenchées la métamorphose. Diffusées dans l’oxygène donc, les ondes peuvent être attirées par un réel aimant de ki. De cette manière, il suffit de vous concentrer pour parvenir à capter ces ondes et réussir. »

-Je vois….il faut que je te dise quelque chose, mon cher Cacao…

L’être fait de morve rose ne prit pas la peine d’écrire quelque chose d’autre. Il se contenta d’un « Da ».

-Maintenant que tu m’accompagnes, je sais que tu me seras utile. Et heureusement, sinon tu serais déjà mort, ricana-t-il en cherchant du regard l’approbation chez Amondo.

Il l’eut un peu détaché , car les deux acolytes étaient effrayés par la transformation qu’ils ne connaissaient pas. Mais ils en avaient confiance, ils était emplis d’espoir à l’idée de survivre grâce à ce nouvel allié et ses connaissances. Oui, ils étaient comme rassurés : après tant de péripéties, ils allaient enfin vaincre Brutaël, la troupe d’Obey et montrer à l’univers à quel point l’astuce et la force de Thalès étaient des atouts. Les seigneurs de guerre se battraient pour l’éviter et il écrasera tout le monde jusqu’à Freezer. Rien ne pourra l’arrêter, rien que d’y penser faisait jubiler Thalès qui en tremblait.

Alors, ce fut comme un spectre.

« Je vais venir vous chercher ! »

Matérialisée, la haine de Brutaël s’organisa comme une aura solide qui balafra la salle du feu Sergent Najaï, et qui éclata sur le visage ambitieux de Thalès, le faisant reculer comme le plus misérable des insectes lors d’un coup de vent. Que dire d’Amondo, Roket et Cacao qui furent expulsés vers le fond, presque hébétés ?

Puis plus rien, si ce ne fut la lourdeur, le poids de l’esprit du conquérant.

Tous autant qu’ils étaient restèrent trois secondes complètement immobiles, à moitié dans les vapes. Tant de force avait fait vaciller leurs consciences et ils se virent vaincus, au sol, sans défenses. Thalès fut le plus impacté : en lui, c’était une défaite. Alors qu’il avait roulé le dieu, il était rappelé par son péché et il se voyait un échantillon de sa punition lui arriver à la tête, par un simple coup de vent, mais de céleste facture ! Tourmenté, il finit par se relever et comme tous les enfers s’animaient en lui pour garantir que le paradis succombera à l’assaut, il en appela à l’un de ses incubes, Cacao :

-Dépêche toi de me transformer, je n’attendrai pas plus longtemps pour lui régler son compte.


* * *



Ils étaient un seul à la base.

C’était de manière à dire 100 %. Mais, alors qu’il œuvrait pour de maléfiques desseins, et qu’il devait alors maximiser sa concentration sur le contrôle de l’être de destruction suprême, il décida de scinder son âme en quatre entités, inégales : 10 % devinrent alors Glimi, l’orgueil et la vanité, le plus gros défaut de l’être originel, 5 % s’organisèrent en une entité avare et paresseuse, Field, et 5 % créèrent Copper, la colère et la frustration. Pour les 80 % restants, ils restèrent l’être originel, diminué et affaibli de pouvoir, mais ses défauts étaient devenus des entités esclaves qui étaient forcées d’obéir. Oui, Glimi, Copper et Field se devaient de répondre à tous les ordres de leur alter-ego, ou bien ils souffraient. Les décennies et siècles détruisirent des empires et ils restaient des serviteurs.

Les dieux finirent par intervenir quand le sorcier lâcha l’être de destruction suprême vers le paradis. Tous furent tués, sauf un, mais l’incarnation du mal fut enfermé alors que les 80 % de vices se trouvaient aussi morts. Les trois esclaves décidèrent de devenir le maître du cocon de l’être de destruction mais ils n’y parvinrent pas : la moitié de l’âme sombre de leur autre eux se matérialisa et devint Babidi le trompeur, un bien moins terrible mais tout aussi dangereux sorcier des ténèbres. Il alla cacher le cocon et laissa pour mort ses frères. Bien qu’il coopérèrent, une rivalité naquit entre ces trois mauvais êtres : lequel parviendrait à tuer Babidi et à récupérer le scellé ? Parfois ils s’aidaient et paraissaient des frères, mais plus de fois encore ils se trahissaient pour leur propre profit.

Les millénaires portent conseils, et Glimi finit par devenir un commerçant très prisé. Son goût pour le luxe et sa naturelle aisance dans les milieux chics aidèrent à le comparer à un noble, et il s’enrichit considérablement. Par pur orgueil, il laissa ses deux frères entrer dans sa demeure luxueuse et leur offrit un confort ahurissant. Jaloux, ils le piégèrent et alors que Copper éliminait les gardes, Field tortura longuement Glimi qui finit par devenir fou. Ils la laissèrent pour mort dans son château et prirent la fuite. Glimi, dépossédé de ses besoins, erra dans l’espace, blessé et meurtri, sonné et déprimé. On raconte qu’il a finit par se suicider. Mais qui cela importe-t-il ?

Field et Copper entretiennent une relation plutôt tendue mais presque amicale : car Field déteste bouger ses fesses, il paie souvent Copper pour l’aider, et en échange, il lui fournit de quoi préparer ses plans de destruction sur Babidi. En fait, Field attends le moment parfait pour assassiner son frère et s’emparer du cocon. En vérité, Copper le sait très bien, mais il a trop besoin des contacts du fainéant pour obtenir ce qu’il désire. Il attend aussi la trahison de son frère pour le prendre à revers et gagner le jeu.

Mais aujourd’hui, il s’avéra que la guerre entre Brutaël et Obey, avec un petit singe au milieu, ne bouleversent un peu leur relation. Après tout, ce que l’un et l’autre souhaitaient, c’était de tuer le second. Mais sur une planète aussi dangereuse, les chances de mort de Copper étaient supérieures à celles de vies. Ce fut d’ailleurs, parce qu’elle était dangereuse, qu’elle en était profitable. Le saiyen, les vaisseaux d’Obey, les richesses de Gamaran et des armées de Brutaël : ce sont les corbeaux qui profitent le plus de la guerre, car ce sont les seuls qui ne font que des bénéfices. Leur seul paiement ? Un peu de temps d’attente. 

Quoiqu’il en fut, on se rappelait tous de l’ami Copper en train de traîner, chaise attachée à lui, des épines dans un bras et le second dans le néant depuis quelques heures, vers la cape de Nagaza. Compliquée comme situation nan ? D’autant plus que les gardes ne semblaient pas trop sensibles à la corruption. En fait, pour une fois Copper était vraiment seul. Il avait pu il y a quelques heures appeler son frère, mais il devait survivre par ses propres moyens le temps qu’il arrive. On observait donc une sorte de grenouille grise ramper dans une position inconfortable, se cognant l’arrière de son large crâne sur le dossier à chaque mouvement, son membre qui s’ouvrait de différentes manières suivant comment il faisait bouger ses doigts, et cette trace de sang qui mettait un peu de poésie dans son sillage.

Enfin, il l’eut. Oui, aussi simplement que cela : il l’attrapa avec ses dents et lâcha une larme de joie. C’était quoi déjà le deal ? Survivre en attrapant ce truc et mourir en échouant ? Par-fait. Maintenant, ce qu’il manquait, c’était attendre sa geôlière. Mais il se devait de profiter du temps restant pour communiquer avec son alter ego. Il lança le lien télépathique et se roula en boule dans un coin, la cape fermement agrippée entre ses griffes :

-Field ? Je t’aime. Viens me chercher Maman.

Il n’y eut pas de réponse jusqu’à des grésillements. C’est Field qui relança l’appel :

-Copper, tu es insupportable.

-Arrête tes compliments. Où es-tu ?

-Pas loin, mais pas proche. D’autres questions ?

-Donne moi une estimation. Je veux savoir quand tu vas arriver et combien de temps je dois encore gagner. Y’a une folle fanatique qui m’a attaché à une chaise et qui m’a défoncé le bras avec des aiguilles. Le saiyen a tué son frère et sa sœur, je crois que tout va bientôt exploser et j’aimerai être éloigné du temple où je suis au moment où tout va péter.

-J’arriverai dans une heure au maximum. Par contre, j’arriverai dans un vaisseau privé de ses sécurités donc mon atterrissage risque d’être reconnaissable. Dis moi où je dois me crasher.

-Une heure c’est compliqué...mais je vais faire de mon mieux. Je ressens une puissante magie autour du temple où je suis, donc y’a peut-être un bouclier. Là où je suis, il y a pas loin une grande statue de serpent dans le désert.

-T’as pas plus imprécis ducon !?

-Tu crois que c’est simple d’être prisonnier, imbécile !?

-Ah, tu m’énerves ! Si j’avais pas besoin de toi…

-C’est moi qui te tuerais, hé hé, ne l’oublie pas.

-Qu’il croit toujours ! J’arrive…

La discussion s’interrompit alors. Copper tenta de se mettre sur ses jambes mais il échoua encore à cause de la chaise. Les gardes autour n’auraient entendus que des murmures étranges, le prenant pour un fou, donc il n’y eut pas lieu de s’inquiéter. Mais comment faire pour attendre une heure, torturé par la fille de Brutaël en rogne ?

La voilà qui arrivait, justement…


* * *



Une belle catastrophe.

C’était cela qui résumait la splendeur de Brutaël, qui descendait alors les marches de son temple, son marteau à la main. Chacun de ses pas résonnait dans tout le temple, il emplissait l’atmosphère d’une lourdeur étrange, et pareillement, les marches elles-mêmes se fissuraient, plus habituées au poids de ce demi-géant, de ce demi-dieu, de ce plein pouvoir qu’elles tentaient de supporter. Mais ses yeux étaient fermés, ses narines bouchées, son bras gauche figé dans le temps…

...et comme une coulée de lave, son sang s’échappait de sa bouche.

Certains serviteurs s’évanouirent à sa vue. Ils ne pouvaient entreprendre la mort prochaine de leur maître. D’autres le suivaient, préférant mourir que de vivre sans lui. Mais Brutaël, qui avançait dans l’allée, se stoppa et leva la tête. Il cherchait l’esprit de ce singe et celui de l’homme dans le vaisseau, et il s’en débarrasserait avant de choisir son successeur...Enfin, deux des potentiels étaient morts, et Nagaza était alors la dernière de ses filles sur cette planète. C’était la raison, d’ailleurs, pour laquelle il ne l’envoya pas combattre : elle serait son héritière et deviendrait une déesse qui saura outrepasser les erreurs de son père.

Le magnifique dieu vivant leva son marteau. Le mouvement d’air fit ouvrir en deux le grand escalier, impraticable dès lors. Un rugissement de sa part dû à l’effort et à ses pieds, les caches d’armes explosèrent accompagnées par les dalles du sol et les mètres proches. L’arme lourde fut projetée en avant, dans le ciel, et une véritable fusée d’or transperça le ciel à une vitesse vertigineuse. En regardant en arrière, on remarquait qu’entre le projectile et Brutaël, la fumée du mouvement était aussi jaunâtre, à la manière du matériau dont était constituée l’arme. Le lancer demanda au corps du titan de s’écraser lourdement sur le sol, pour aller creuser un cratère qui en fit vaciller le temple et blessa des gamaréens. Cadeau de la difficulté : le maître de la planète cracha encore de son sang.

Mais qui était là pour le voir ? Personne, oui. En vérité, vérifiez par vous même, mais un son vif permet à l’attention d’être détournée vivement de quelque chose que l’on fixe, et ici, toute personne s’étant attardée sur l’état du demi-dieu – malgré un attachement prononcé – s’est vue monter les yeux vers le ciel, vers les débris de deux floors d’Obey, pulvérisés par le marteau, qui lui-même alla dériver pour l’éternité dans l’espace. Une véritable pluie de débris organiques et matériels qui abîma le vaisseau mère, et qui abîmera dans peu de temps le sol et Mortera. Brutaël avait réussi son coup, celui de retarder Obey. Il savait bien qu’il ne devait pas tenter de viser le vaisseau principal, plus en retrait, au risque de rater, et de plutôt essayer de concentrer l’attention de la flotte sur les réparations. La chance était de son coté pourrait-on dire, car deux floors se montraient à proximité. Un marteau deux coups.

Redressé, le titan essuya sa bouche avec sa dernière main valide – pour un court temps, Brutaël avait réveillé son autre bras mais son attaque justifiait la nouvelle mort de celui-ci – et s’apprêta à sortir de l’illusion du temple. Juste avant de partir dans sa dernière bataille, il murmura à tout le monde :

-Merci pour vos services. Rien n’est éternellement en vie, mais par mon pouvoir, votre essence sera suspendue pour un temps infini dans ma lumière. Puisse vos descendants honorer ma mémoire et la votre.

Son corps énorme disparut alors, ne laissant que l’image des dunes sur les pupilles de ceux qui révéraient l’ange démon. Mourra-t-il ? Pour sûr. Mais mourra-t-il pour rien ? Surréaliste !


* * *



Dans la pénombre d’une salle, volontairement privée de lumière, elle tendait devant elle ce miroir usé qu’elle camouflait dans cette chambre. Ses capacités innées de nyctalopie se montraient utiles, car elle prenait le temps de se maquiller en homme dans cette obscurité réconfortante. Oui, peut-être le seul endroit où elle pouvait être elle-même...privée de son sexe dans l’armée de Freezer. Difficile d’être respectée dans ce complexe où l’homme se battait et le reste allait tout au mieux s’occuper des machines. Quand elle eut finit de rendre ses traits plus masculins, elle avala cette pilule qui abîmait les cordes vocales de sorte à rendre sa voix plus grave. Par chance, le second du grand Freezer, Zarbon, s’exhibait plus androgyne, et était dans la galaxie certainement dans les dix meilleurs combattants. Elle se servait de cela, de cet homme, son supérieur, pour ne plus avoir à supporter les railleries. Enfin, voilà bien des années qu’elle ne les supportait plus. Après tout, elle était bien plus forte que tous ces idiots, et l’avait prouvé. Aujourd’hui, il ne restait plus qu’un pas avant qu’elle n’anéantisse ce soi-disant demi-dieu, et n’éradique sa planète. Oh, on la connaissait pour sa tactique et elle sera bientôt promue pour avoir géré la difficulté présente, et la soudaine et étrange absence de réponse du sergent Najaï. Voilà qu’on toquait à la porte de sa chambre. Un soldat sous son ordre, elle se releva et répondit, enfilant son armure d’or :

-J’arrive dans une minute. J’espère que c’est important.

Elle était prête. Elle était maintenant le Commandant Obey.

-Que se passe-t-il ? Faites la courte ! s’insurgea-t-elle en ouvrant la porte et en sortant.

Un étrange humanoïde à deux têtes, dont une masquée, parla, plutôt affolé :

-Un objet volant non identifié a traversé le floor numéro 4 et abattu le numéro 6 qui passait derrière au même moment.

-Un objet volant !? Qui venait de la planète !?

-Précisément d’une zone en plein milieu du désert dans la zone que nous survolons actuellement. Mais ce n’est pas tout ! Brutaël lui-même vient d’apparaître. D’après les calculs balistiques, nous pensons que c’est lui qui a abattu nos vaisseaux. Que devons-nous faire ?

-Le sergent Najaï ne répond toujours pas ?

-J’y venais : les restes de ses vêtements ont été retrouvés dans son bureau, et aucune trace de lui ni de la créature qui devait lui servir d’arme expérimentale. Ce sont des soldats qui nous ont alertés. Des êtres lumineux morts ont aussi été retrouvés. D’après des témoignages, il y aurait eu un enfant et au moins deux hommes dont un avec une queue qui se seraient enfuis.

-Je vois...murmura-t-elle agaçé(e).

-Que fait-on, monsieur ?

-Dites aux floors restants de se rapprocher de de ce vaisseau mais de rester à distance suffisante l’un de l’autre en cas de projectile. N’envoyez plus aucunes ressources au sol, mais répondez aux officiers postés à Mortera. Dites leur de cesser les attaques et de se replier dans le bunker principal. Nous allons bombarder Brutaël jusqu’à sa chute dès que je le signalerai, préparez vous à la mise à feu. C’est compris ?

Pour Oui, il salua son supérieur. Il détala bien vite. Obey se tourna alors vers le poste de commandement et s’installa dans le cockpit où elle demanda à braquer les caméras sur Brutaël.

Ce qu’elle vit la figea dans le marbre : il n’y avait pas un mais deux géants qui se toisaient dans les dunes. L’un de lumière et de ténèbres, et l’autre de fureur et de...poils. Ils semblaient adversaires. Le gorille serait-il le saiyen ? De mémoire, ceux de cette race pouvaient sous certaines conditions se changer en monstres. Ils n’étaient pas si effrayants à priori ces « monstres » mais le combat qui allait se dérouler l’expliquera mieux que des théories. Car oui, Obey allait attendre. Elle n’allait pas cracher sur l’occasion de laisser ses deux principaux adversaires s’entretuer, même s’il elle aurait voulu s’en occuper elle même.

Son doigt prêt à demander un tir chirurgical, elle regardait le film avec une envie non dissimulée.


* * *



-Je crois qu’on a problème de taille, il va falloir se dépêcher, grogna Thalès, récemment transformé en Oozaru grâce à la machine de Cacao.

En faisant un détour vers les arrières salles, le scientifique put enfin mettre la main sur assez de composants intéressants et amener les ondes brutes jusqu’au corps de son nouveau maître, celui-ci réagissant vite. Simple entreprise quand on savait que Brutaël IV possédait trois lunes. Le monstre explosa sa tenue de combat, déjà abîmée plus tôt, et l’élasticité ne fonctionna pas correctement à cause des longues fêlures qui annulèrent ses effets. Enfin, ce n’était pas là l’important au final. Le projet était d’atteindre les vaisseaux et éradiquer Brutaël ainsi que son armée. Le plan d’origine se montrait un peu paradoxal, en se voulant de les enrôler, mais au final, arrêter une guerre à lui seul montrera à Freezer sa détermination, le fera grossir en popularité, et ils seront des milliers à vouloir le rejoindre. Il dominera les peuples opprimés, et tuera son pire ennemi tandis qu’ils feront diversion. Simple, efficace, mais difficile.

Amondo, Roket et Cacao tenaient sur son épaule droite, et Thalès cherchait à se rapprocher, en marchant, le plus possible de sous le vaisseau d’Obey. Il effaçait aussi une certaine distance avec le palais camouflé pour narguer le demi-dieu.

-Vous avez entendu ? beugla Amondo en entendant un son.

-Non, rien du tout. Qu’est ce qu’il y a ? répliqua Cacao

-J’ai cru qu’il y avait des pas plus loin devant nous.

Alors qu’on en doutait, Thalès confirma :

-Ce n’était pas prévu qu’il puisse encore bouger. J’ai trop compté sur le fait qu’il dise être malade.

-C’est Brutaël !? s’affola Roket.

-J’espère que non, rajouta Thalès.

-Tu veux dire que tu ne penses pas le battre ?

-Non, mais ça aurait été plus symbolique qu’il meurt sur son trône. Là, il va juste mourir en héros et inspirer des gens qui vont crever dans moins d’une heure. Je vais le dézinguer ! Déguerpissez vite d’ici le temps que je m’en occupe.

Ils sautèrent de son épaule et s’en allèrent jusqu’à la grande statue serpentine qui sert de repère. Après quelques secondes de longue traverse, la carcasse magnifique de Brutaël apparut. Le demi-dieu, déjà mort ou presque, regarda avec haine les yeux du gorille géant. Son marteau était bien loin, son bras gauche ne répondait plus, il saignait de partout, et ses jambes faiblissaient. Il ne pourrait pas se battre comme un guerrier, il devait finir en un seul coup. Mais Thalès le nargua :

-Tu as déjà perdu. Penses-tu que tu peux réussir à me vaincre ? Je me contrôle plutôt bien sous cette forme.

-Tu mens. Tu sais que mes pouvoirs te dépassent, mais tu espères que cette condition m’empêchera de te détruire. N’oublie pas que je peux lire en ton esprit : tu as peur. Un tout petit peu, mais tu a peur. Je n’avais pas prévu que tu me trahisses, je savais les saiyens dociles, mais je me fourvoyais à cause de Freezer. Pourtant, j’avais lu que tu étais excité, mais pas fourbe. Tu as donc changé d’avis entre temps. Dis-moi, qu’est ce qui t’as donné envie de me combattre ?

Perturbé, Thalès se demandait quel était l’intérêt de nier tout ce que lui disait Brutaël. Alors, il se contenta de lui répondre, non sans tenter de prendre le dessus, et même, il fit un pas en avant :

-J’ai compris que je n’avais pas besoin de toi pour m’échapper d’ici. Ma réputation pourfendra l’univers entier quand je t’aurai abattu, toi et ce crétin d’Obey ! Tu oses me dire que tu lis à travers mon esprit, mais moi aussi j’en suis capable sans pouvoirs, de savoir ce que tu penses : tu me crois plus faible que toi, mais tu restes beaucoup trop blessé pour parler. Je les voyais tes gouttes de sang durant ton discours de devin de mes fesses, alors la ramène pas. Ou alors si ; ramène toi avant que ce ne soit moi qui vienne t’écrabouiller.

Quel toupet, se disait Brutaël. Il y croyait dur comme fer, d’après son esprit ; il s’imaginait réellement pouvoir gagner ! Et il avait un peu raison, il ne serait pas capable d’encaisser tous ses coups. Mais sa force brute lui était supérieure d’au moins le triple, alors ce serait peut-être un combat qui se décidera au premier ! Le risque était de cinquante contre cinquante. Mais Brutaël avait une solution qui permettrait de faire d’une pierre deux coups. Car même s’il tuait Thalès, lui et son armée seront décimés par Obey. S’il avait ralenti les offensives des vaisseaux, il n’avait pas endigué cette peste de missiles. Mortera était peut-être abandonnée à l’heure qu’il était, à cause du saiyen, mais rien de sûr.

Thalès s’approcha d’un coup, ne pouvant calmer ses pulsions. Mais il se retint au dernier moment en voyant les gouttes du sang sur le menton du demi-dieu s’évaporer :

-Je sais ce qu’il va faire ! pensa-t-il en se mettant sur le coté.

Non, il n’arriva pas à esquiver correctement. Brutaël avait rassemblée toute son énergie dans un incroyable rayon buccal, lequel fusait à une vitesse vertigineuse sur Thalès, puis en toile de fond, sur Mortera. Le gorille géant encaissa une partie du choc, trop proche, avec son bras droit avant d’être balancé à une centaine de mètres de là dans le sable, le choc assez violent pour faire chuter une dune. L’explosion de la citadelle, au loin, jeta des débris jusque devant Brutaël. Et ce dernier, les yeux injectés de sang et de ki, ne cessait pas le feu. Le rayon, toujours alimenté, s’amenait jusque dans l’espace, et rien n’arrêterait cette énergie. Dans un effort soudain, Brutaël s’agenouilla avant de diriger son visage jusqu’aux vaisseaux spatiaux.

Il visait Obey.

Le vaisseau-mère fut pulvérisé. En un seul coup, une traînée d’acier et de métaux, de gadgets et de corps brûlés puis congelés, désintégrés ou conservés dans le vide. Le rayon de la mort disparut presque au même moment, et la carcasse penchée de Brutaël s’en voyait soustraite d’une vie. Toutes ses dernières énergies avaient été consumées...mais on pourrait avec analyse comprendre qu’il lui en restait, et assez même pour diriger son faisceau vers deux ou trois autres engins, annihilant les floors. Le plus effrayant n’était pas sa puissance démesurée, mais l’état de son visage. Il n’y avait plus rien d’autre que de la chair difforme et des os détachés. Au loin derrière cette masse déifiée, un jeune garçon se tenait le bras, lequel avait été rongé par le feu jusqu’à l’os, et c’était Roket…

...qui avait trouvé ingénieux de forcer la fermeture de la bouche de Brutaël.

La mâchoire ne contint pas tout se ki et implosa, en finissant aussi avec le bras d’un héroïque – si tant fut que le terme puisse être approprié – combattant. Même Amondo et Cacao s’étaient abstenus d’intervenir, ce dernier ayant au final foncé vers le saiyen pour s’occuper de lui. Le combat était gagné pour le groupe : Brutaël s’était suicidé, Obey avait été calcinée, Mortera était en pièces. Le dernier bastion contre la fin de cette planète étaient les quelques floors restants et la seconde fille du demi-dieu, mais quels en étaient la puissance sans commandement ?

Thalès, debout, redevenu « humain », marcha jusqu’à son acolyte rougeâtre en se tenant le bras :

-J’avais pas prévu ça, mais faut croire que l’on est chanceux. Il faut que nous allions capturer la gamine de Brutaël pour la convaincre qu’on a buté son père et qu’elle le transmette aux autres planètes du vieux, puis qu’on infiltre les vaisseaux pour aussi le raconter. C’est comme ça que je deviendrai…

L’énoncé du plan avait été interrompu – et pas par les cris de douleurs de Roket – par l’arrivée fracassante d’un vaisseau typé mercenaires, à l’arrière de la zone couverte par le champ de...le champ de force qui avait disparu lui aussi. Découverte, la cité magnifique de l’armée de Brutaël n’aurait pas eue autant de succès qu’il y a quelques minutes : tous les sujets du demi-dieu étaient morts, s’étant poignardés le coeur avec une lame, suicidés par amour pour leur sauveur décédé. Là-haut, Nagaza se tenait proche du grand autel où la flamme s’épanouissait plus tôt. Elle avait tout désactivé avant de se donner la mort en perforant son cœur d’une lame de ki. Apparemment, elle n’avait pas accepté de devenir la nouvelle icône, et il fut choisis de laisser l’héritage de Gamaran se perdre.

Amondo cacha sa bouche avec sa main :

-Quel horrible spectacle.

-C’est peut-être de la poésie, souligna Roket entre deux gémissements.

-Da.

-On s’en fout de ces idiots là, un vaisseau s’est posé derrière, on doit aller le récupérer.

Alors qu’ils marchaient en contournant le palais, Lourdaud et Field criaient de joie d’avoir réussis à activer les freins de leur vaisseau-crash-test. Ils venaient récupérer Copper comme si de rien n’était.


* * *
La révolte
En cours.
Le plus modeste des êtres...Un homme qui fera peur au plus grand des démons...Celui-là même qui en deviendra le guerrier le plus fidèle...


Le fruit de ses tourments
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Re: Le fruit de ses tourments

Messagepar omurah le Ven Fév 16, 2018 23:19

J'ai lu, j'ai kiffu (c)Antarka
Vraiment épiquement badass le Brutaël, du début à la fin tu sens sa puissance brutasse à travers les mots et le style employé, du grand art !
J'ai aimé aussi sur la fin comment tout le monde, à commencer par Rocket lui-même, semble se foutre que ce dernier se soit niqué le bras, j'ai bien ri pour le coup :lol: :lol:
Brutaël vs Oozaru aussi, l'image était stylay ! ^^
Pareil pour le suicide collectif.
Je me demande si Obey est vraiment morte, enfin apparemment oui, i dunno...
J'ai apprécié la petite rétrospective sur les madoshi, et la relation des deux dont j'ai oublié le nom (mais qui n'en sont pas moins cools pour autant)
Bref, j'ai kiffu
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Re: Le fruit de ses tourments

Messagepar Point le Lun Fév 19, 2018 19:03

omurah a écrit:J'ai lu, j'ai kiffu (c)Antarka
Vraiment épiquement badass le Brutaël, du début à la fin tu sens sa puissance brutasse à travers les mots et le style employé, du grand art !


J'avais besoin d'un personnage fort pour montrer un autre pan de l'univers DB que je voulais exploiter, c'est à dire le fait que Freezer n'est pas le seul à conquérir des mondes, n'est pas le seul à diriger la galaxie, mais aussi un antagoniste ( si il en est un ) capable d'avoir des répercussions sur le scénario.

omurah a écrit:J'ai aimé aussi sur la fin comment tout le monde, à commencer par Rocket lui-même, semble se foutre que ce dernier se soit niqué le bras, j'ai bien ri pour le coup


Oui tu noteras que j'utilise pas mal l'ironie dans ce genre de scènes pour calmer le fait que ce soit grave. Après tout dans DB tout est prétexte à minimiser les dégâts ( surtout dans DBS ).

omurah a écrit:Je me demande si Obey est vraiment morte, enfin apparemment oui, i dunno...


Oui, les vaisseaux ça explose et ça fait bobo XD

omurah a écrit:J'ai apprécié la petite rétrospective sur les madoshi, et la relation des deux dont j'ai oublié le nom (mais qui n'en sont pas moins cools pour autant)


Conseil: le champ lexical de Toriyama pour les magiciens de l'arc Bou, c'est les sorts, la magie et tout. Bibidi, Babidi, Bou, Abracadabra, etc...et pour moi ce sera Copperfield XD Glimi dont on entends parler viens du personnage de Li-Ming, sorcière de l'univers de Diablo.
Merci pour ton comm !
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Re: Le fruit de ses tourments

Messagepar Point le Jeu Avr 12, 2018 9:40

Chapitre 9




Beaucoup de races de l’univers étaient faibles. Mais faible ne signifiait pas «  peu fort » mais « inapte à la survie en milieu hostile « . Certaines se targuaient de pouvoir braver les plus grandes chaleurs, ou encore les catastrophes naturelles les plus violentes, peut-être même résister à des pressions et forces incalculables, mais combien arrivaient à survivre dans l’Espace ? Elles pouvaient certainement se compter sur les doigts d’une main humaine. Les dieux, comme Brutaël, ou les démons du froid, comme Freezer, y arrivaient, et il y eut des races capable d’y parvenir durant un court instant, en usant de magie ou en s’enveloppant de ki, lequel contrebalancera le froid par la chaleur et stockant dans l’aura un peu d’oxygène, gaz qui dans l’univers était pour beaucoup nécessaire à la vie. Mais il fut découvert une race capable de survivre dans le froid spatial temporairement, mais le faire quand même : les Reptilis. Leur nom évoquait une autre race qui leur était par un ancêtre commun affilié, mais l’évolution et les conquêtes spatiales engendrèrent de nouveaux êtres qui mirent au point d’autres habiletés. D’apparence humanoïde, les Reptilis pouvaient devenir hybrides en se transformant en lézards, et ainsi retrouver une sorte de bestialité. Sous cette forme, qui ne pouvait être maintenue plus d’une heure, les Reptilis vainquaient le vide spatial grâce à la constitution de leur peau. En outre, cela pompait toute leur énergie, et ils devaient trouver rapidement une solution.

Zarbon en était le plus fier représentant, mais une cousine éloignée, Obey, éprise de rivalité envers lui, avait cependant l’avantage de l’avoir toujours fait oublier. Depuis des années elle s’en était caché et l’avait caché, mais au contraire, elle ne la détestait pas. Il fallait dire que le nombre de Reptilis était réduit car ils avaient été tenus responsables de guerres et presque tous exterminés, leur population descendant au simple million. De ce fait, quelle difficulté Obey n’eut elle pas à gravir les échelons. Mais elle était forte, déterminée, et terriblement tenace, dans toutes les circonstances. Aussi aimait-elle les missions d’attaques et de conquêtes, qu’elle tenait toujours parfaitement. Cependant, quand elle dut se rendre autour de Brutaël IV pour cesser les agissements du demi-dieu, elle s’en trouvait troublée de devoir toujours attendre.

Et le dernier acte se vit engendré et bouleversé par un saiyen.

Elle dérivait, son corps en sang, des explosions ayant balafrées son corps. Ses réflexes avaient activé sa métamorphose en reptile, mais elle restait faible et elle voyait bien à divers endroits ridicules le froid mordre sa chair. Ses pupilles s’entrouvrirent et elle laissa son regard se déposer sur les débris et les corps aux alentours. Puis, elle vit la planète et les floors restants en panique, sonnant la retraite. Non, l’un d’eux ne s’échappa pas, il armait ses canons. Qui était à son bord ? Oui, elle s’en souvenait, c’était un général belliqueux qui se rappelait certainement de l’ordre d’attendre avant de tirer. Il savait où enclencher ses canons, mais est-ce qu’un seul floor pouvait s’occuper de la base de Brutaël ?

Elle eut une autre pensée, celle de vivre. Après tout ce qu’elle avait fait, elle ne trompera pas son devoir. Ses mains répondirent à l’appel et elle commença à nager dans l’immensité. Elle avait encore la force de poursuivre. Après quelques difficiles et lentes minutes, et s’engouffra dans l’atmosphère de Brutaël. Elle avait réfléchi, et elle ne savait pas si elle tiendrait le temps de foncer jusqu’au vaisseau, l’air étant plus proche. Une fois qu’elle put prendre une bouffée d’air, la gravité emmena son corps affaibli au plus vite vers le sol. Survivrait-elle au choc ? Indubitablement.

Survivrait-elle au saiyen ? Rien n’était sûr.


* * *


-Qui êtes-vous ? demanda Thalès en voyant Lourdaud gardant son vaisseau.

L’ogre se saisit de son marteau et s’approcha de Thalès pour peut-être se défendre. Il avait été chargé par Field de veiller pendant qu’il allait chercher son frère dans le palais. Il répondit quand même, car même s’il n’était pas très intelligent, il menait toujours sa mission à bien :

-Vous pas toucher vaisseau sinon moi vous tuer !

Amondo connaissait un peu cette race qui vivait à seulement deux systèmes de Nutts, en tout cas auparavant. Il en avait vu combattre en arènes et ils étaient d’une brutalité sans pareille, aussi faisaient ils d’obéissants et efficaces gardes du corps. Cela ne suffirait pas à tenir tête à Thalès pour sûr, mais il vaincrait aisément Cacao et Roket. Quand à Amondo, il avait la chance d’être assez costaud, ou pensait-il cela.

Le saiyen préféra ne pas l’éliminer pour le moment. Il avait aussi rencontré des ogres, et qu’est ce qu’ils étaient cons – façon charmante, n’était il pas, de le dire – d’après lui. Ils étaient toujours au service de plus malins. Il posa la question:

-Où est ton maître ?

-L’est pas là, partez !

-Da, expliqua Cacao.

-Je me demande si ce ne serait pas un ami du sorcier, le vaisseau est petit et ne devrait même pas être utilisé avec un ogre si lourd à bord, théorisa Roket après s’être relevé, se tenant toujours le bras.

C’était une bonne déduction. Et ce fut un avis partagé par tout le monde, ce qui mena d’ailleurs le chef du groupe à dire :

-Amondo, va dans le palais pour chercher la grenouille mais ne tue personne si tu dois le faire. Je vais encore jouer un peu avec le gros porc avant de me le faire.

Cacao regarda sur son bras où le processus d’activation de la transformation en Oozaru ne fonctionnait plus. Ici, les ondes étaient moins fortes. Mais il sentait une sauvagerie qui cherchait à s’extirper du corps de Thalès, contenu par la conscience de l’homme. Espérons qu’elle reste. Le guerrier à la natte s’envola jusque dans le palais et perça un mur de plafond pour ne pas être surpris, au cas où.

Pendant ce temps, Lourdaud gardait toujours son arme solidement dans sa main. Il hurla :

-Partez ! Je vais tuer vous et tuer vous plus !

-Calme toi, et dis moi qui est ton maître et à quoi il ressemble.

-Le maître a dit tuer tous les méchants qui viennent !

-Ce qui ne répond pas à ma question. Une dernière chance ?

Bah non. Lourdaud, énervé, détala vers Thalès en brandissant hauts ses bras. Il écrasa le tout sur le crâne de Thalès qui para au dernier moment avec son coude. Le choc l’enfonça quand même un peu dans le sable et Roket en fut soufflé. Thalès écarquilla ses yeux : s’il avait encaissé le coup avec son crâne, il n’en aurait plus. Quelle puissance ! Il l’avait sous-estimé mais personne n’avait de détecteur. Choqué, il laissa le temps à l’adversaire de donner un autre coup que le saiyen esquiva simplement avant d’écraser les deux mains de Lourdaud d’un coup en appuyant fort dessus avec son pied. Le marteau ne fut pas lâché, et il semblait que l’ogre n’avait pas trop subi de dégâts. Quelques échanges de coups s’ensuivirent mais aucun ne touchèrent le saiyen, et aucun ne blessèrent le gardien du vaisseau.

Lourdaud réussit à repousser Thalès sur quelques mètres ; il cria de nouveau :

-Toi être fort mais moi être plus fort !

-Alors Cacao, qu’est ce que t’as trouvé ?

-Da, dit-il.

-J’avais oublié ce détail…grogna Thalès.

Cacao en avait profité pour aller inspecter le vaisseau. Il n’avait rien trouvé et le fit comprendre au saiyen d’un geste de main. Quel dommage ! Amondo ne déçut pas cependant, car il revint volant avec deux petites créatures, une dans chaque main, qu’il jeta dans le sable avant de se poser. Copper était percé de partout et l’autre était assommé. Lourdaud poussa un cri déchirant :

-Le maître est mort !

Le guerrier à la natte rectifia :

-Non, pour empêcher des éventuels pouvoirs magiques, j’ai vite mis à terre celui-là sans qu’il me voit. Le notre a été torturé, certainement par les sbires de Brutaël.

-Il va vite falloir qu’il se réveille pour calmer son ogre, on pourrait en avoir besoin et je ne veux pas avoir à le tuer, renchérit Thalès.

-Da, dit Cacao avant de tapoter doucement les tempes de Field, ce qui le réveilla avec une méthode miracle.

Ce dernier, pensant être dans son lit douillet, se tourna sur le coté, pensant pouvoir continuer ses rêves. Quand il se souvint du reste, il sursauta et recula, assis, apeuré. Il vit son compagnon et se dépêcha de lui ordonner :

-Lourdaud, tue les !

Bien évidemment, Thalès attrapa Field par le col et le menaça de mort avec le seul pouvoir persuasif de ses yeux. Le comprenant malgré son faible intellect, l’ogre ne continua pas de courir et poussa une sorte de jappement pour signifier son agressivité. A ce moment-là, le deuxième batracien se montra un peu plus coopératif :

-Finalement, je pense qu’on va pouvoir faire affaire.

-Qui es tu ?

-Je me prénomme Field et je suis marchand. Je venais aider mon frère qui s’était mis en situation délicate.

-Je suis Thalès, et je suis un saiyen. Tu les connais n’est ce pas ? Tu sais qu’ils sont sans merci avec les faibles. Alors dis moi pourquoi je te laisserai vivre. Trouve une bonne raison.

On voyait le stress de l’être grisâtre alors qu’il cherchait. Il ne trouvait rien de cohérent sur l’instant, mais il n’eut que peu de temps pour le faire. Son frère Copper s’était par chance débarrassé d’une bonne partie des aiguilles dans ses bras et mains et pouvait malgré la douleur enclencher un sort. Amondo et Cacao n’avaient pas vu et ce fut ainsi que…

...Lourdaud doubla de volume.

Les ogres n’étaient jamais faciles à tuer. Leur plus grande faculté, hormis leur force naturelle démesurée, était leur possibilité d’adaptation. Ils évoluaient bien plus vite que toutes les autres races en modifiant inconsciemment leur corps par rapport à l’environnement. Lourdaud faisait parti d’un clan ogre des montagnes avant de s’enrôler comme garde du corps de Field, et ainsi, quand il le pouvait, à proximité de roches, faire durcir sa peau de manière à devenir comme tel. C’était psychologique, il pouvait toujours le faire, mais il n’y pensait que sous certaines conditions géographiques précises. Copper pouvait cependant, tout comme Field, embrouiller l’esprit faible de Lourdaud, lequel sera convaincu d’où il était.

Il fonçait sur Thalès prêt à l’écrabouiller, et son marteau n’était qu’à quelques centimètres du crâne de Thalès quand on entendit un craquement. Le petit corps de Field semblait un peu désarticulé, le fameux rire déchirant de Thalès en était responsable. Chacun des membres de Field avaient été endommagé gravement par la vitesse ahurissante du saiyen, à l’exception de son bras gauche qui fut juste cogné. Encore une fois, l’ogre comprit que même sa force ne servirait pas à grand-chose.

-Alors tu nous trahis, Copper ?

-Je…

-Ne me réponds pas. Tu as juste un choix à faire mon ami. Lui ou toi ? Je n’ai besoin que d’une grenouille magique.

Field prit la parole, hurlant de douleur :

-Que...Que veux-tu...saiyen ? Nous sommes capables de...de beaucoup ensembles pour t’aider.

-Oui, je sais que Copper est capable de démultiplier une puissance mais il garde sous contrôle celle-ci. Tu peux aussi le faire ? Inutile d’en garder deux.

-Mais nous pouvons le faire à deux et...il suffira qu’un de tes hommes nous surveille pendant que tu te bats pour que nous ne soyons pas en mesure de te trahir ! se défendit Copper.

-Vous me proposez de m’aider pour sauver votre peau ? Cela pourrait me servir. Mais je vais quand même garantir votre fidélité. C’est quoi ton nom déjà ?

-Field !

-Tue ton ogre.

-Mais il peut aussi nous servir ! Il est très fort et nous pourrions le vendre à bon prix s’il le faut !

-Toi ou lui.

-Très bien…

S’écroulant sur le sable, il prit sa respiration comme s’il avait fait de l’apnée. Se redressant comme il le pouvait, il leva son bras blessé et le tendit vers Lourdaud, qui ne comprenait pas. Field annonça une sorte d’incantation avant de refermer le poing. A ce moment là, l’ogre lâcha son arme et appuya sur son crâne pour faire partir la douleur. Il cria, puis s’agenouilla. Son cerveau était en train de fondre.

Mais que pensait-on du vaisseau qui explosa alors ?

Ce n’était ni Cacao, surveillant le bras de Roket, ni ce dernier, blessé, ni Amondo, gardant Copper qui rampait, et encore moins Field, Lourdaud et Thalès qui en étaient responsable. De toute évidence, il restait un quelconque sbire de Brutaël ou un guerrier de l’armée de Freezer. En regardant dans le ciel, on voyait qu’il ne restait plus qu’un seul vaisseau, et un tir de celui-ci aurait été plus violent. La réponse ne se fit pas attendre, et c’était bien évidemment, sortant de la fumée, Obey qui se présenta à eux.

Elle ressemblait encore assez à un homme pour qu’on ne la reconnaisse pas, mais elle était blessée et cela se voyait par les quelques poches de peaux brûlées puis gelées puis sanguinolentes. Elle conservait cependant assez de force pour tous les éliminer. Thalès reconnut « le » commandant rien qu’à l’énergie qu’il semblait dégager, et Roket et Amondo car ils l’avait aperçue. L’explosion fit sursauter Field qui ne finit pas le travail, et Lourdaud tomba au sol en bavant. Celle qui devait envahir Brutaël IV introduisit sa personne :

-Ainsi, vous avez réussi l’exploit de réduire ma flotte à néant ainsi que de faire mourir une légende. Jusqu’où irez vous saiyen ? Je suis Obey et je viens mettre un terme à votre avancée.

-Blessé comme ça ? Je pense que même mes gars peuvent te mettre au tapis. Tu aurais dû trouver un moyen de t’enfuir plutôt que de t’accrocher comme cela à ta mission, idiot.

-Tu me sous-estimes. J’étais dans le vaisseau-mère quand il a explosé, j’espère que tu comprends que ce ne seront pas tes petites attaques d’énergie qui vont me faire du mal.

-Tu veux jouer à qui a la plus grosse ? Très bien, finissons-en.

Mais, malin, Field s’interposa pour sauver sa peau et gagner la confiance de Thalès. Il lui chuchota à l’oreille :

-Moi et mon frère pouvons transformer Lourdaud en une machine à tuer comme on te l’a suggéré !

-Il n’est pas mort ? Et bien faites le, j’ai bien envie de ridiculiser ce combattant de pacotille. Mais dépêchez vous, je dois trouver un autre vaisseau.

A peine relevé et en sueur, l’ogre reçut une nouvelle attaque mentale, mais cette fois ci coordonnée par les deux parties de Bibidi. Ses muscles se raidirent, des veines de pierre traversant son corps entier, et ses pupilles tournèrent au blanc. Il atteignit alors les trois mètres de haut et on put admirer sur son front un « O » stylisé, signe de la puissance conjointe de Copper et Field.

-Mais pourquoi un double C ? Je suis pourtant bien plus fort que toi Copper !

-Apparemment non, tu devrais faire autre chose que rester assis et voyager comme moi ah ah !

L’ogre détala comme un taureau sur Obey et écrasa son marteau sur elle, même si elle esquiva avec brio, laissant une véritable fracture déchirer le sol sur cinquante mètres. Même elle n’y résisterait pas. Les grognements de Lourdaud signifiaient qu’il n’était plus lui même, mais un monstre. Néanmoins, il ne resterait pas plus longtemps dans cet état, car les énergies des deux sorciers s’amenuisaient très vite lors d’un contrôle mental. Obey contre-attaqua en joignant ses deux mains et en asséna un coup sauté dans le menton de l’ogre qui vacilla vers l’arrière. Les yeux du public doublèrent de volume : elle avait assez de force pour le faire reculer ! Cependant, Lourdaud releva son arme avec la seule force de sa main droite et avec la gauche frappa en plein visage le commandant qui s’envola sur deux mètres. Il enchaîna avec un écrasement phénoménal qui balaya la zone de sable. Que restait-il d’Obey ? Apparemment tout : esquivante, elle se trouvait au-dessus de l’ogre et lui fit goûter à cinq reprises ses pieds en l’espace d’une seconde, dans le nez.

L’ogre ne chancela pas, mais il était un peu sonné. Obey ne cessa pas son assaut, au contraire, et ce fut avec toute ses forces qu’elle se débarrassa de Lourdaud. Car elle s’en débarrassa effectivement, se changeant en lézard et montrant toute l’étendue de sa force à l’ogre : décontenancé, le possédé n’attaqua pas tout de suite, jaugeant s’il allait poursuivre ses attaques dans le crâne d’Obey – ou viser vers – ou frapper en plein ventre. La saurienne mordit comme un diable l’épaule gauche de Lourdaud et attrapa son poignet du même coté, l’empêchant de bouger. Poursuivant en le poussant dans le sable, elle semblait le prédateur qui s’acharnait sur le pauvre cadavre de sa proie. Et plus elle mordait, plus profond elle allait, jusqu’à ce que les bras musclés et rocailleux de Lourdaud ne tienne plus fermement son marteau.

Elle s’essuya la bouche du revers de la main pour ne pas que plus de sang n’efface son maquillage d’homme, déjà abîmé par sa transformation, qu’elle cessa du coup. Les deux frères sorciers n’en revenaient pas : ils étaient littéralement tombés le cul sur le sol. Cette fois, Thalès ne ne souriait pas. Il avait eu du mal, lui, à repousser les assauts de Lourdaud alors qu’il était conscient de lui-même, moins fort, moins résistant. Elle s’était débarrassé de lui avec une extrême facilité. Il n’était plus serein, aussi commença-t-il à se demander s’il était de taille. Mais en regardant Cacao il se ressaisit :

-Hé la gelée, je ne peux plus devenir oozaru ?

-Da, fit-il en secouant horizontalement la tête.

Obey avançait doucement dans son armure d’or sans perdre de rythme. Elle ne s’arrêtera que quand Thalès sera mort. Ou ce fut ce qu’ils crurent, tous immobiles à l’attendre. Le silence pesa jusqu’à ce qu’elle stoppe son avancée à quelques mètres de l’être le plus proche encore en vie : Amondo. Elle l’ignora et calmement bredouilla :

-Tous mes hommes sont morts. Tu n’en as rien à faire, n’est ce pas ?

-Pas le moins du monde.

-Et si je tuais ce garçon, le nuttsien ainsi que celui en armure, ou bien les deux petites créatures qui essaient de s’enfuir ?

-Je ne pleurerai pas, je ne les regretterai pas, je les oublierai vite. Tu cherches à ce que je sois triste, que j’ai des remords ?

-Je crois en votre chance. Tout ce que vous avez accompli jusqu’ici ne peut avoir été provoqué autrement. Quel sort as-tu lancé au destin pour qu’il t’accordes de vivre ?

-Je crois que c’est la haine. Tu sais, tu pourras autant commémorer les morts de tes vaisseaux que tu veux, ta tristesse ne sera qu’un poids sur tes épaules. Moi, j’ai toujours vécu avec les chuchotements de milliards de saiyens morts qui me chuchotent « Venge nous », « Venge nous de ce tyran ».

Il rigolait, ses yeux exorbités. Thalès tremblait de fureur à se remémorer tout ce temps qu’il avait passé esclave de Freezer, toutes ces années de pure attente et de pure colère. Obey lui semblait tout autant un tyran que le démon du froid. Au fur et à mesure de sa phrase, il s’apprêtait à foncer sur elle pour la tuer.

-La haine ? Je vois. Moi, je ne cherche pas la vengeance, je crois. Je vais juste t’éliminer par devoir. Plus de mille personnes ont été tuées mais...elle se sont engagées pour servir. Alors je ne les pleurerai pas. J’espère juste que quelques personnes te pleureront toi.

Elle ne semblait même pas provoquer. Ses poings joints, elle était prête à foncer, et attendait juste que le saiyen ne commence, comme si elle lui laissait une chance. A ce moment là, Thalès sut vraiment que son agresseur était plus fort. Presque son cerveau lui intimait de partir. C’était de la peur ? Non...Impossible qu’il puisse être si faible ! Et il sua : si Obey n’était qu’un sous-fifre, alors quelle puissance Freezer possédait-il ?

Cacao finit par reculer la tête, intrigué. Il dit tout haut :

-Da, puis tendit à Thalès un bout de papier qu’il avait trouvé dans le vaisseau avant sa destruction.

Obey laissa faire. Quoi qu’ils puissent mijoter, ce serait inutile contre elle.

Puis il y eut...ce petit rire. Ce petit rire sournois que Thalès faisait quand il était ou désespéré ou sadiquement amusé. Cette fois, ce fut à la fois l’un et l’autre. Il leva les bras – la note se perdant dans les airs – et ricana :

-Tu es une femme d’après Cacao. Et à bien y regarder, c’est vrai que tu pourrais.

Intérieurement déconfite, elle ne laissa rien paraître et répondit plutôt justement :

-Quoiqu’il en soit, ça n’est pas quelque chose qui vous aidera. Mais maintenant que vous le savez, voilà une raison supplémentaire de vous tuer.

-Da.

-Je suis bien d’accord Cacao. J’espère que ça voulais dire que tu as réparé la machine ? s’amusa Thalès, pour sauver les apparences.

-Da.

-Vas y Obey. Frappe moi.

Ce n’était pas un abandon. A ce moment-là, Thalès savait qu’il n’avait pas grand-chose à perdre et qu’il devait juste saisir sa dernière chance de survie en essayant de se battre. Si il empêchait la transformation en lézard, il avait peut-être une ch…

Obey percuta brutalement Thalès d’un coup d’épaule qui le sortit de ses réflexions. Son corps rentra dans le temple de Brutaël, en ressortit, y rentra de nouveau, puis s’y échappa, passant par la porte pour revenir et détruisit un mur pour ne plus y être, avant de se figer dans un pilier et d’y rester collé, à deux doigts de la mort. Sa cage thoracique semblait avoir été brisée, presque détachée, mais au final, ce ne fut que la simple marque des muscles d’Obey qui s’étaient imprimés dans le corps du saiyen. Ses yeux prenaient une teinte blanche, signe d’inconscience, ou presque, car il crachait du sang comme on vomissait après une fête bien arrosée. Son corps finit par retomber et il se rattrapa, ses pupilles étaient revenues. Il n’y croyait pas lui même...et que dire des autres : Amondo s’était stupéfait, à quelques mètres d’Obey. Sa puissance était ridicule comparée à elle. Cacao, de même, ne bougeait pas. Lui au moins avait une chance d’y survivre, car l’assemblage de son armure était conçue pour des chocs similaires. Les sorciers étaient surveillés par Roket qui lui continuait de se tenir le bras. Mais il ne paniquait pas, contrairement à eux. S’il avait bien comprit quelque chose, c’était que s’affoler faisait perdre les moyens. Non, il avait à réfléchir, et il le fit avec brio.

Le jeune garçon souffla à Field :

-J’ai une idée. Je vais retenir Obey. Pendant ce temps, je veux que vous alliez voir Thalès et que vous…

-Hé, qu’est ce que tu mijotes ? hurla la commandante en entend des chuchots.

Heureusement, il avait eu le temps de faire part de son plan aux deux batraciens. Roket s’avança vers elle, terrifié, presque pleurant, avant de tomber à genoux devant elle et de l’implorer :

-Ne me tuez pas ! Par pitié ! Ce sont mes amis et je ne veux pas qu’ils meurent non plus !

-Si, je vais te tuer. Tu pourras si tu veux passer en dernier, mais tu devras être éliminé. Je ne fais pas ça par plaisir.

-J’ai une famille, des frères, des sœurs ! Et Thalès s’est toujours occupé de moi comme s’il était mon père !

-Là-haut, il y avait des amis qui me soutenaient, et tellement de gens avec des familles, encore plus désespérés que toi. Certains étaient en train de marcher le sourire aux lèvres quand ils ont été abattus sans pouvoir dire adieu. Tu n’as aucun argument valable.

A ce moment-là, Amondo comprit en voyant les deux grenouilles hésiter à partir ce que Roket tentait de faire, en tout cas la partie qui consistait à détourner le regard d’Obey. D’ailleurs, qu’attendait-elle, là, sans bouger ? Il utilisa cette question pour qu’elle le regarde :

-Madame...je…

-Appelle moi comme cela encore une fois et tu meurs maintenant. Mon nom est Obey.

-Pa...Pardonnez moi. Sauf votre respect, je ne pense pas que Thalès soit mort. Pourquoi ne pas l’achever ?

-Tu veux le voir mort, nuttsien ?

-Il m’a sauvé, donc je lui suis redevable. Mais vous vous battez, et je ne pense pas que vous ne vouliez le laisser vivre.

-J’attends simplement qu’il revienne à la charge. Les saiyens sont des idiots qui ne pensent qu’à se battre, je ne sais pas quel subterfuge il va encore utiliser mais je ne veux pas gâcher de l’énergie à le poursuivre. Ils sont comme ça : ils reviennent toujours.

Amondo n’essaya même pas de dire qu’il était différent des autres. Il n’avait pas rencontré d’autres saiyens. Roket fit un bruit suspect en s’approchant d’Obey, et elle se retourna vivement le poing en avant, prête à l’anéantir. Il protesta :

-Je voulais simplement me mettre dans une meilleure position pour mon bras...il est blessé.

Elle se rendit compte de son erreur quand elle vit que les deux petites créature étaient absentes. En même temps, elle se doutait que tout cela était étrange, qu’ils discutent. Cette fois, elle était plus amusée par la situation, elle s’était faite avoir mais rien n’était grave, rien de vraiment grave. La seconde d’après, c’était le cou de Roket qu’elle empoignait, et elle chuchota :

-Une dernière volonté?

Il était inconscient. Le déplacement d’air avait eu raison de son cerveau qui avait rebondi un ridicule millimètre contre son crâne, le faisant dormir un peu. Dégoûtée, elle le jeta. Bien qu’elle ne soit pas la plus gentille des guerrières, elle préférait tuer ses ennemis quand ils savaient qu’ils allaient mourir. Pourtant, après ce que Thalès avait infligé à ses hommes, elle aurait pu se venger. Mais cela serait revenu à être comme lui.

C’était ensuite Amondo en ligne de mire.

Le guerrier savait quand se soumettre et quand continuer de combattre. Il avait été le combattant le plus fort de sa planète et s’était un temps relâché, mais quand il vit Thalès et les autres, il relativisa sur sa puissance. Obey étant bien plus forte que son leader, il n’espérait pas la vaincre. Il leva le menton, ouvrit bien grands les yeux dans ceux de son bourreau, et se tint droit comme un « i ». Lorsque Thalès avait été à deux doigts de le tuer sur Nutts, il avait accepté la mort. Cette fois, c’était la fin. Il mourrait avec honneur comme on le lui avait appris.

-Tu ne te défends pas ? demanda Obey.

-Quand il doit mourir, le victorieux ne fait pas attendre le vaincu et l’achève. Si tu me laisses vivre, tu entacheras mon honneur. Le mien est déjà depuis longtemps en miettes, mais évite de cracher sur les morceaux que je tente de récupérer. Tue moi vite.

Elle en avait déjà vus beaucoup des cultures basées sur l’honneur. Elle en comprenait l’importance et accorda à Amondo son sort comme elle le devait. Le plus rapidement qu’elle put, elle donna au dernier des nuttsiens un coup précis, si précis qu’il ne faisait pas plus en envergure que la taille de son doigt en plein dans l’œil gauche. Une gerbe de sang déferla sur le sable et Amondo s’envola tête la première jusqu’à des kilomètres au loin, la traînée d’hémoglobine traduisant avec brio le chemin que le maintenant cadavre avait emprunté.

Obey se tourna maintenant vers Cacao. D’ordinaire il aurait communiqué, mais avoir fait fusionner son enveloppe charnelle avec cette armure lui soustrayait la capacité de parler. Il recula juste, au fur et à mesure de l’approche de son glas. Obey répéta ce qu’elle avait précédemment énoncé :

-Une dernière volonté ?

-Da.

Si cela avait pu être traduit, ça aurait été une moquerie. Obey ne le savait pas mais elle en finit vite avec ce charabia incompréhensible et pénétra tout du long de son bras dans le torse de l’armure de Cacao. Alors que sa conscience – traduite par ses yeux de plus en plus fermés – commençait à chanceler, il tenta par sa chair coulante d’emporter un bras en le faisant fondre. Bien évidemment, les tissus d’Obey étaient bien trop résistants. Elle retira son bras et Cacao s’effondra inconscient sur le sol. Il n’était peut-être pas encore mort, aussi leva-t-elle sa jambe pour écraser le crâne de la gelée vivante.

Ce fut aussitôt que tel le sauveur, le cri déchirant de Thalès arracha un sourire à Obey.

Le temple s’effondra sur lui même. De véritables secousses à la limite du sismique déchirèrent des pans entiers de matières précieuses, par la simple émanation de la force du saiyen. D’habitude, il ne dégageait pas autant d’énergie, mais ici son aura se teintait d’éclairs noirâtres qui frappaient le sol et en creusait des fissures. Obey tremblait de haine et d’envie : ce qu’elle allait bientôt apercevoir, bousillant le temple de plus en plus, n’aurait rien à voir avec l’ogre déchaîné ou le missile à queue de singe qu’elle avait expédié juste avant. Elle jeta tous les surplus du reste de son armure, comme son accroche de cape, et fit craquer chacun de ses muscles pour s’échauffer avant le véritable combat. Elle savait que les deux misérables crapauds se terraient quelque part, peu loin, lui conférant une puissance phénoménale, mais elle voulait savourer dans l’apothéose d’un combat extraordinaire sa vengeance. Chaque coup qu’elle échangera, chaque frappe qu’elle recevra, chaque esquive qu’ils danseront ensemble sera la représentation physique de la mémoire d’un de ses soldats disparus. Et quand chacun auront été peints sur la toile de leur combat, elle signera l’œuvre macabre avec le dernier souffle teinté de sang de Thalès. Lui, complètement absorbé par sa haine, aliéné par sa colère et déchiré par sa rage, ne voyait en ce duel approchant rien de symbolique ou de beau, mais simplement un chaos qu’il faudra alimenter par le son des os arrachés, des peaux brûlées et des membres sectionnés. Tant que l’un des deux ne sera pas tombé en lambeaux, le combat ne sera pas terminé. Il n’y avait plus de Thalès ici, trop réceptif aux murmures sombres de Copper et de Field, mais une entité de ténèbres presque aussi pure que le mal absolu que les doubles de Bibidi tentaient de réveiller. Eux deux mêmes s’en rendaient compte en continuant leurs difficiles incantations.

Les derniers murs s’étaient laissés emportés par le désert, et le sable effaçait les dernières traces de l’armée de Brutaël, de sa fille et de son héritage. Même Cacao à leurs pieds, même Roket évanoui, même le souvenir d’Amondo, même le reste encore gigotant de Lourdaud commençaient doucement à se recouvrir de sable. Les deux seuls souffles que le désert infini laissait encore s’entrechoquer étaient ces deux-là, chauds et courroucés. Obey tremblait d’excitation et souriait d’un douloureux bonheur, Thalès se pliait de cette jouissante douleur énervée : et leurs poings résonnèrent jusqu’au dernier vaisseau de la flotte alors qu’ils s’entrechoquèrent.

On dit que la dernière fois qu’il y eut une tempête sur Brutaël IV, ce cinglement subsistait encore.
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Le fruit de ses tourments
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Re: Le fruit de ses tourments

Messagepar omurah le Sam Juin 16, 2018 11:48

Yop!
Lu et approuvé cap'tain =)
Depuis trop longtemps pour pouvoir faire un commentaire basé sur autre chose que ce qui m'est resté comme impression à savoir :
1- le plaisir de ne pas arriver à distinguer personnage important ou futur personnage important de personnage-kleenex, je veux dire en dehors de Thalès c'est un peu le flou total et t'as l'impression que vraiment n'importe qui peut crever et sortir du game... ou au contraire prendre du galon #GoT
2- beaucoup de travail sur les détails ! Comme si tu bossais paragraphe par paragraphe sans pour autant perdre la vision d'ensemble du chapitre.
3- malgré la profusion de détails travaillés, le style reste quand même assez direct, avec peu de digressions et de détours inutiles.
4- des dialogues toujours très vivants 8-)
5- là c'est moins positif, donc j'aurais peut-être dû commencer par ça histoire de terminer par convention sur du positif, mais malgré tout le talent et toutes les bonnes idées voire très bonnes idées infusées dans ce chapitre, et je ne nie ni l'un ni les autres, je me suis quand même un peu ennuyé parfois (pas souvent). En fait j'ai l'impression que le schéma narratif manque d'ambition et se répète, avec un nouveau boss à la fin de la quête, puis c'est reparti pour une nouvelle quête et un nouveau boss, peut-être ne seras-tu pas d'accord et en fait c'est même pas tant ça le problème car tu le fais suffisamment bien pour que ce ne soit pas un problème, c'est plutôt à titre personnel que je n'arrive pas à savoir ni même pressentir où est-ce qu'on va. J'ai cette impression d'avancer un peu à l'emporte-pièce, sans connaître l'aspiration plus profonde de ton récit, ses tenants et surtout ses aboutissants. Ton Thalès actuel n'est pas assez beaucoup différent du Thalès de l'OAV pour que le nerf de cette histoire tienne au fait de découvrir comment tu vas raccorder les deux. Donc j'avance sur le chemin, sans but, ou plutôt je me promène, parce que le chemin il est beau et bien fait. Pour résumer, j'ai du mal à me hyper pour la suite. Par contre la hype pour les chapitres échus est toujours présente, ça pas de souci, et tant que ce sera le cas, je continuerai de lire !
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Re: Le fruit de ses tourments

Messagepar Point le Sam Juin 16, 2018 12:19

C'est parti pour de la réponse point par point à la Zaagaan ( keskonsmar les jeux de mots );

omurah a écrit:1- le plaisir de ne pas arriver à distinguer personnage important ou futur personnage important de personnage-kleenex, je veux dire en dehors de Thalès c'est un peu le flou total et t'as l'impression que vraiment n'importe qui peut crever et sortir du game... ou au contraire prendre du galon #GoT


C'est un peu le jeu, j'essaie vraiment de faire interagir les personnages le plus possible entre eux sans que ce soit lourd et essayer de faire vivre les personnages comme je les imagine avant la configuration initiale qu'on connait dans l'animé ( c'est à dire sans Roket, sans Copper et avec trois autres clampins ). Je crains ne jamais avoir la référence pour GoT mais bon, ça reste une comparaison prestige, je vais pas me plaindre.

omurah a écrit:2- beaucoup de travail sur les détails ! Comme si tu bossais paragraphe par paragraphe sans pour autant perdre la vision d'ensemble du chapitre.


En fait je " travaille " sur des impulsions. Quand j'ai envie je bosse comme un porc sur des détails mais en vrai y'a certainement des incohérences énormes. Pour le coup tous les éléments sont prévus à l'avance mais y'a énormément de détails qui deviennent importants plus que des évènements importants à la base. Du coup y'a plus trop de limite entre détail et élément important. Pour exemple, je vais prendre Lourdaud, qui à la base aurait dû être OS par Thalès, mais j'ai préféré le up énormément pour diverses raisons ( en plus de rajouter du lore, j'aime le lore ).

omurah a écrit:3- malgré la profusion de détails travaillés, le style reste quand même assez direct, avec peu de digressions et de détours inutiles.


C'est surtout parce que je suis nul en transition et que souvent avec moi ça passe ou ça casse ( y'a qu'à voir La révolte où je sais pas comment gérer ma transition et j'utilise les fameux * * * ).

omurah a écrit:4- des dialogues toujours très vivants


Et je ne les travaille pas. En fait, j'écris vraiment sans avoir d'idée à la base pour le dialogue. J'improvise en regardant mes persos parler, c'est eux qui me parlent. Je sais qu'on dirait que j'exagère mais j'ai parfois aucune idée de quoi raconter en dialogue, il me faut un dialogue, et les interactions me font un dialogue. C'est peut-être ça qui te fait penser comme ça.

omurah a écrit:5- là c'est moins positif, donc j'aurais peut-être dû commencer par ça histoire de terminer par convention sur du positif, mais malgré tout le talent et toutes les bonnes idées voire très bonnes idées infusées dans ce chapitre, et je ne nie ni l'un ni les autres, je me suis quand même un peu ennuyé parfois (pas souvent). En fait j'ai l'impression que le schéma narratif manque d'ambition et se répète, avec un nouveau boss à la fin de la quête, puis c'est reparti pour une nouvelle quête et un nouveau boss, peut-être ne seras-tu pas d'accord et en fait c'est même pas tant ça le problème car tu le fais suffisamment bien pour que ce ne soit pas un problème, c'est plutôt à titre personnel que je n'arrive pas à savoir ni même pressentir où est-ce qu'on va. J'ai cette impression d'avancer un peu à l'emporte-pièce, sans connaître l'aspiration plus profonde de ton récit, ses tenants et surtout ses aboutissants. Ton Thalès actuel n'est pas assez beaucoup différent du Thalès de l'OAV pour que le nerf de cette histoire tienne au fait de découvrir comment tu vas raccorder les deux. Donc j'avance sur le chemin, sans but, ou plutôt je me promène, parce que le chemin il est beau et bien fait. Pour résumer, j'ai du mal à me hyper pour la suite. Par contre la hype pour les chapitres échus est toujours présente, ça pas de souci, et tant que ce sera le cas, je continuerai de lire !


Je peux pas tout justifier, et pense que ça aurait pu être pire en fait. Je vais pas spoiler parce que ça n'aurait pas d'intérêt, mais le plan de base ça aurait dû être ça:

Thalès, Roket et les autres sur Nutts ===> Combat contre Boss Copper ===> Gagne Amondo
Thalès, Roket et Amondo dans un vaisseau ===> Combat contre Boss Obey ===> Gagne Cacao
Thalès, Roket, Amondo et Cacao sur Gamaran/ Brutaël IV ===> Combat contre Brutaël ====> Gagne rien
Thalès, Roket, AMondo, Cacao et Rien sur etc.... ===> Etc...

Pour le coup, j'ai réussi à croiser des intrigues qui étaient différentes à la base, chose que je n'arrive pas à faire dans La Révolte, et j'espérai mettre plus de suspens, notamment parce que nous ne savions pas comment Thalès allait réagir à la double menace de Brutaël et Obey et surtout je voulais faire planer le suspens qui montrait que tout allait aller comme Brutaël en boss final, alors que c'est ici Obey ( ah ah peut-être que tout n'est qu'un l'heure, cette tentative peut-elle fonctionner ? ).

Merci pour ton commentaire, je sens que le prochain chapitre risque de décevoir, mais dans mon plan dans ma tête ça fonctionne :)
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Re: Le fruit de ses tourments

Messagepar Point le Dim Juil 01, 2018 20:16

Chapitre 10



Ses bras lacéraient dans la douleur le sable et tentaient de traîner dans une abominable peine son petit corps. La difficulté de cette épreuve aurait pu arrêter n’importe qui, mais pas Roket : il savait qu’un de ses poumons était certainement endommagé, voir percé, mais il continuait d’avancer entre les gravats, avec tout le courage qu’un être vivant était capable de produire. A chaque glissement de son abdomen, il crachait un peu de sang, et à chaque bouffée d’air qu’il inspirait, quand le sable ne s’engouffrait pas, c’était comme si on poignardait son œsophage. La cause de ce mal fut le déplacement d’air trop vif d’Obey qui comprima son ventre trop fort, le blessant aux organes vitaux en plus d’attaquer le cerveau. Par chance, ou bien fut-ce la douleur, Roket se réveilla. Il cherchait à atteindre Cacao pour comprendre son état, mais les quelques mètres en eux deux constituaient une épreuve impossible. Et pour mettre encore plus de bâtons dans ses roues brisées…

...il fut soufflé par le seul dégagement d’énergie d’Obey et Thalès, se battant dans les cieux.

Roket s’écrasa contre un pylône et crut succomber. Sa conscience chut un instant, et ses sens se perdirent. Mais sa volonté ranima son corps qui continua sa quête. Quand il reprit ses esprits, il devait se situer à deux ou trois mètres de la dernière position connue de Cacao. Le jeune garçon souffrait le martyr et n’avait donc pas le temps d’écouter. En fait, son cerveau avait désactivé le son de lui-même, pour éviter que les tympans n’explosent à cause du fracas des enchaînements. Et le plus horrible était le fait, pour Roket, d’au final ne plus sentir ses poumons. Il avait moins mal mais c’était bien pire. Dans les ténèbres que les puissances conjointes d’Obey et Thalès avaient invoquées, par une astuce météorologique, le soldat crut discerner l’armure argentée de Cacao. Et il vit effectivement la gelée qui lui servait de corps se mouvoir un peu. Ce qui fit renaître l’espoir dans le reste d’esprit de Roket, ce fut cette syllabe, ces deux petites lettres qu’il n’entendit pourtant pas, mais que son âme pourtant jurerait d’avoir perçues :

-Da.

Cacao avait survécu à Obey. Il gisait assis et regardait avec difficulté le spectacle dans les cieux. Remarquant Roket, il lui fit un signe de pouce en l’air. Ne le comprenant pas directement, Roket pensa qu’il se moquait, mais quand le gant de Cacao approcha de ses yeux, au fond de lui il avait l’impression d’un salvateur. Et ce fut le noir.

Titubant, Cacao déplaça Roket sur le coté. Il avait utilisé sur son cerveau de simple race une astuce pour se mettre en sorte de « mode de survie ». Cependant, l’ancien scientifique ne savait pas pour les poumons. Autant dire que ses chances de survie étaient très basses. Mais qu’importait l’état de Roket, la gelée rose se devait de trouver une solution pour qu’ils sortent « tous » d’ici vivants. Et « tous » voulait dire Amondo, Roket, Thalès et lui. Bien entendu, le problème numéro était Obey, que par chance extrême occupait le saiyen. D’ailleurs, Cacao s’en fichait éperdument du combat qui explosait la voûte céleste dans tous les sens, car son rôle n’était pas celui de spectateur, mais de secours. Il n’irait pas éliminer Copper et Field qui sont la garantie actuelle de la distraction musclée qu’incarnait le Thalès possédé, et le jeune garçon rouge avait été si l’on puis dire secouru. Il ne restait plus que le dernier des nuttsiens.

Balayé à gauche puis à droite, et dans d’autres directions innommables, Cacao tentait avec une extrême difficulté de repérer les quelques échantillons d’hémoglobine qui marquaient le sillage de la projection d’Amondo. Il fallait le dire tout de suite : ce fut un échec cuisant. Les tempêtes de sable provoquées éprouvaient la résistance ridicule du muet rosé. Il devait se fier à son instinct et à lui seul. Par chance, il retrouva son compagnon plus loin, lequel avait presque été épargné par l’influence des cataclysmes – façon de dire que seul sa jambe droite se montrait tordue, os passant le bonjour – et en fit l’état : l’attaque d’Obey avait bousillé une partie de son cerveau et son crâne, mais par chance…

...son cœur battait encore.

Médicalement, Cacao n’avait jamais vu pareil cas. Mais l’infinité de races existantes avait certainement pourvu la race nuttsienne aujourd’hui défunte d’organes particulièrement résistants , et quelle rare faculté ! Mais cette fois, une astuce cérébrale ne serait d’aucune aide pour Amondo, alors il y avait deux autres manières de procéder pour Cacao : le laisser mourir ou sacrifier une partie de son essence corporelle pour stabiliser le bousin. Fut-ce une sorte d’altruisme, de sens de l’amitié, de devoir médical, d’impulsion ou d’intérêt soudain pour la personne d’Amondo ? Personne pas même un narrateur omniscient ne pourrait le définir. Mais quoi qu’il se passa, Cacao serra ses dents imaginaires et détacha un bout de son corps pour qu’il se loge dans le creux du front d’Amondo. L’opération faite, l’employeur du sempiternel même mot monosyllabique souleva la carcasse du nuttsien et la mit sur ses épaules, pour la ramener au temple en espérant que le calme revienne.

Au loin, la tempête s’intensifiait.

Les déboires des faibles au sol n’intéressaient pas Thalès et Obey : leurs puissances dépassaient toutes espérances, mêmes pour eux. On ne voyait de leurs échanges que les déplacements des chocs, seulement après quelques secondes, car ils dépassaient tout autant le son que l’image. Combien de dunes lacérèrent-ils ? Combien de milliers d’unités dégageaient-ils ? Pour sûr on ne comptait pas beaucoup de scouters dans toute la galaxie capable de ne pas exploser à cause de ces subites augmentations de ki. Parfois, ils ralentissaient leur rythme et on apercevait leur aura : l’une verte claire, l’autre plus noire encore que le ciel.

Obey frappa de sa main droite ouverte le menton de Thalès qui valdingua dans les airs jusque plus loin, effectuant une pirouette et profitant de la vitesse pour stopper nette l’avancée espérant combo de la commandante avec un high-kick d’une puissance phénoménale. Elle accomplit une parade en attrapant le-dit pied avec sa paume mais le contre-coup la fit quand même reculer. Thalès tenta d’enchaîner les coups de pieds, mais Obey recula et saisit sa jambe pour le faire tourner jusque vers le sol, action qui s’avéra être un succès. Elle joignit ses poings en avant et son aura matérialisa un rayon d’énergie qui poursuivit le saiyen, mais se redressant il enserra son poing de ki et dévia la trajectoire du faisceau en le frappant. Profitant de l’aveuglement temporaire, il longea en volant la décharge de ki et en profita pour s’entourer d’encore plus d’énergie noire pour asséner un coup de boule à puissance maximale. Par chance, Obey parvint à l’éviter par une simple roulade aérienne en arrière. Ses réflexes se changèrent en combo et alors que Thalès fonçait, elle prépara une gauche qui percuta brutalement son abdomen de sorte à ce que son corps soit tout plié. Complètement sonné, il déchira le ciel par la vitesse de projection de son corps, mais il n’y aura pas d’autre mur qu’Obey pour ralentir un peu sa course. Son genou en avant, elle écrasa la colonne vertébrale de Thalès qui hurla de douleur. Elle frappa de ses deux poings joints le crâne de son ennemi et il fusa encore plus vite vers le sol où il creusa un cratère impressionnant.

Puis Thalès se releva, comme si de rien n’était.

Pourtant, la moitié des os de son corps étaient brisés, surtout les vitaux. Il les fit craquer et ils se remirent en place comme s’ils n’étaient pas importants. Il rejoignit presque aussitôt Obey en l’air et balança des dizaines de kikohas pour qu’elle ne le voit pas arriver. Bien entendu, elles les dévia et repéra dans la masse celle de Thalès. Mais cette fois ci, il fut un peu plus rapide et empoigna le cou d’Obey avec ses deux bras dans l’optique de l’étrangler. Elle se laissa attraper et elle-même enserra son cou avec ses propres bras. Ils continuaient de voler à haute vitesse alors que chacun tentait de broyer la nuque de l’autre plutôt que le faire suffoquer. Mais leurs forces a peu près égales ne parvenaient pas à se décider : ce fut bien à celui qui avait pris la plus profonde inspiration. Depuis tout à l’heure, les échanges n’avaient pas duré plus de trente secondes au maximum, mais là, leur jeu d’étrangleurs durait plus de deux minutes. Obey céda en premier mais ne le montra pas, elle attendait sa limite maximale pour se dégager de la prise, mais aussi car elle se rendait compte du détail que le corps de Thalès n’arrêtait pas de se régénérer, lui procurant une capacité d’apnée monumentale. Mais elle avait une arme secrète : sa transformation.

D’un coup d’un seul, le corps d’Obey récupéra sa musculature, taille, force et horreur physique de reptilien, empêchant les doigts de Thalès de passer autour de son cou. Elle, cependant, pouvait le broyer, faire péter sa tête comme on ouvre une bouteille de champagne, sauf que ce n’était pas du champagne, et ne se priva pas d’essayer. Cependant, sachant qu’il perdrait à ce jeu, Thalès plaça ses mains sur la poitrine d’Obey et décocha une énorme décharge qui la projeta au loin...ou qui aurait dû. Elle partit évidemment, mais elle ne déserra pas sa prise et en profita pour asséner les plus violents coups de tête que l’univers ait jamais connus.

Le premier brisa le crâne de Thalès.

Le deuxième l’ouvrit.

Le troisième, mal visé, lui fit rentrer son nez.

La reptilienne projeta d’un coup de pied Thalès au sol, creusant un sempiternel et classique cratère, un peu incliné cette fois-ci. Elle atterrit tout doucement à coté de lui, sûre et certaine, qu’il ne se relèvera pas cette fois :

-Si tu m’entends encore, Thalès, ou ce qu’il reste de toi, sache que je continuerai de te meurtrir jusqu’à ce que tu rendes ton dernier souffle.

Mais rien ne répondit.

En attendant le verdict, même les cieux s’étaient tus. Mais au loin, bien abrités derrière les fondations de l’ancien palais de Brutaël, les deux petites larves éprouvaient la plus grande peine du monde avec le peu de forces qu’ils leur restaient pour maintenir Thalès dans cet état. Mais alors que tous deux, ensembles, allaient succomber à leur propre pouvoir, une étrange discussion télépathique émise par Field troubla au plus haut point Copper :

-Mon frère, un jour, le Démon sera libéré et anéantira la galaxie à nos cotés.

-Oui, je le sais bien, mais nous n’avons pas le temps de discuter.

-Depuis que nous sommes nés, tu as toujours été celui qui faisait les tâches ingrates tandis que je jouais l’opérateur, c’est pour ça que ton « C » à évolué.

-On n’a pas le temps Field.

-Promets moi, espèce d’imbécile, que tu tueras Babidi et offrira ses tripes au Démon quand tu l’auras enfin ramené !

-Mais de quoi parles-tu ?

-Fais le Copper.

Non, ce n’était pas de l’amour fraternel. Field ne pensait pas à n’importe quelle valeur vis à vis de son frère, mais étant donné qu’ils n’étaient que deux de leur espèce hormis Babidi, ils se devaient de coopérer, de par leur lien. Mais Field, alors qu’il approchait de la mort, se savait inutile dans ce monde, il savait au fond de lui qu’il ne verrait jamais le Démon, qu’il ne parviendra jamais à dominer l’univers. Cependant, il savait que cela arrivera un jour et que rien ne pourra l’empêcher. Alors, il prépara l’avènement de l’apocalypse : il planta les griffes de sa main droite dans l’épaule de Copper et son autre main arracha son propre cœur dans un son atroce. Et l’instant d’après, tout le corps de Field fut réduit à néant, doucement emporté par le vent, devenu un brouillard grisâtre. Au lieu de s’éparpiller, il rejoignit le corps de Copper et le galvanisa. C’était le même procédé que sur Nutts, quand Copper s’était arraché un bras et l’avait consumé contre de l’énergie : les afflux magiques qu’il recevait par le sacrifice entier de son frère lui permirent un contrôle plein de son sort.

Le « O » sur le front de Thalès avait été brisé par Obey...mais elle ne put l’éviter du regard quand il se redressa, indemne ou presque.

-Qu’est ce que tu es devenue ?

Elle était bien plus forte que lui et avait l’ascendant depuis tout à l’heure mais son pouvoir de régénération était sans égal. Elle comprit que si elle voulait le tuer, elle devrait le désintégrer, et elle commençai déjà à accumuler de l’énergie dans ses mains. Mais juste en face d’elle, Thalès s’entourait d’une étrange lumière dorée. Une lumière qui n’était pas sans rappeler les auras les plus puissantes de l’univers : autour de Thalès, une accumulation de lumière jaune venait tâcher la noire. Cependant, elle disparut toute aussi vite qu’elle fut venue, se réfugiant dans ses mains, tendues devant lui. Il força dans l’air avec son ki et une sorte de globe se matérialisa, sur lequel il mit ses deux mains jointes en cloche pour y déverser son énergie. Et il fit grossir, grossir, grossir le-dit globe jusqu’à ce qu’il devienne un anneau en s’étendant, un énorme anneau de puissance pure. Obey n’en croyait pas ses yeux : elle ne devait surtout pas se faire toucher par tant de potentiel destructeur.

L’anneau tenait à la verticale dans les mains de Thalès, comme s’il devait le soulever. Il hurla et le balança devant lui pour tuer Obey, mais celle-ci s’y était préparée. Pour que ce genre d’attaques fonctionnent, il fallait déjà que les potentielles victimes ne soient pas en état de les éviter. Par un simple saut périlleux, elle évita l’anneau et ratterrit juste devant l’ennemi. Elle aurait bien évidemment frappé Thalès si elle avait pu, mais son corps perdit l’équilibre et faillit tomber en avant : en arrière, une véritable explosion atomique redessina le paysage et l’onde de choc la fit vaciller. Le monstre en profita pour lui montrer son uppercut et enchaîne sur une grêle de coups. Mais à un moment, il fallait arrêter de jouer. Obey attrapa le poignet gauche du saiyen et s’en servit pour écraser tout le corps de Thalès sur le sol, l’enterrant un peu. Elle continua encore et encore avant qu’il n’arrête le jeu en résistant avec ses jambes, et en la faisant le lâcher. Thalès fonça de nouveau vers elle pour continuer ses assauts mais la plaisanterie avait assez durée.

En augmentant sa vitesse, elle mordit l’épaule du possédé et lui entrava tout mouvement avec ses membres. Elle déferla toutes les flammes de son ki de manière à incapaciter Thalès pendant quelques minutes. La gorge et le bras de notre anti-héros se calcinèrent à moitié et le laissèrent à terre quelques minutes. Pendant ce large temps, Obey désactiva sa transformation histoire de gagner un peu d’énergie et se dirigea tranquillement vers Copper. Quand il la vit, il fut à deux doigts de tourner de l’œil, mais il resta en place. Elle chuchota :

-Une dernière volonté ?

-Thalès n’est pas mort.

-Tu es garant de sa survie. Tu sais ce que ça signifie ? Si tu meurs, il meurt. Vos destins sont liés.

Le kikoha partit alors. La poussière la fit tousser, après tout il y avait maintenant un large cratère devant ses pieds. Ou en tout cas le crut-elle : l’instant d’après, une grande bulle s’était formée autour de la vile créature. Mais dans son regard seul le vide répondait : Copper avait sacrifié ses dernières forces dans un bouclier. Il gisait inanimé, mais bien vivant. Obey en fut dégoûtée, mais à peine pensa-t-elle à véritablement l’achever que derrière elle, au loin, on l’appelait :

-On...n’en a pas...fini...Obey.

-Regarde toi, tu es à moitié mort. Tu es seul maintenant, tu n’as personne sur qui te reposer. Tu comprends que tous tes espoirs sont réduits à néant un par un.

-Tu as...eu peur. Tu n’as rien...pu faire...contre moi ! J’ai gagné !

Il hurlait en titubant, les yeux mêmes pas droits. Le sourire de benêt brisant son esprit témoignait de son état de santé. Le contrecoup énorme le brûlait de l’intérieur. Son ego de saiyen, lui, se montrait seul élément encore bien vivant et le faisait avancer. A quelques mètres d’Obey, Thalès s’effondra sans un mot, il n’avait plus de forces. La commandante s’agenouilla devant lui et remarqua que ses yeux étaient encore ouverts. Elle les lui ferma et vit que même la chute n’avait pas arrangé la disposition de ses dents, toujours provocante. Elle s’apprêtait à le désintégrer avec ses dernières forces quand elle eut une intuition étrange. Et si elle...relevait la tête ? C’était un danger. Pourtant, il y avait aussi de la peur. De la vraie peur. Cette sensation qui vous paralyse. Obey savait que si elle tentait d’attaquer sans regarder ce qu’il y avait au dessus d’elle, elle y passerait. Alors, s’il fallait affronter la mort, autant voir quelle forme elle avait prise cette fois ci.

C’était Dodoria.

Son esprit n’eut pas le temps de pousser un soupir de soulagement, car il était en apnée. Le grand guerrier rose la regardait avec un air fier. Elle ne savait comment le prendre. Quand sa voix nasillarde lui ordonna de se relever, elle eut un peu de mal. Elle n’avait fait aucune erreur, alors pourquoi se tenir devant elle ? Elle obéit et s’inclina un peu devant son supérieur. Notons qu’elle le détestait énormément.

Elle voulut parler mais n’y parvint pas. Chacune de ses paroles pour être retenue, surtout qu’elle ne savait pas ce que faisait le second de Freezer ici. C’est lui qui brisa le silence :

-Félicitations.

Les yeux d’Obey doublèrent de volume. Mais elle n’eut pas le temps d’autre chose avant qu’il ne continue à parler.

-J’ai envoyé un bon nombre de gars comme toi pour battre Brutaël et aucun n’y est parvenu ! Je n’avais pas le temps de le faire moi même et je ne pensais même pas que quelqu’un y arriverait avant moi. C’était d’ailleurs étrange que le seigneur Freezer refuse de m’y envoyer à chaque fois que j’évoquais l’endroit.

Obey reprit du courage et rétorqua :

-Merci beaucoup. Ma mission n’est cependant pas terminée, si je puis me permettre. L’être qui se trouve en dessous de vous est un saiyen. C’est en partie de sa faute si mes vaisseaux ont été détruits.

-Et justement, je suis arrivé à temps. Zarbon m’a contacté et aurait été victime d’insultes de la part de cet individu en question. Il n’est pas dans ce secteur et m’a demandé de venir le récupérer pour qu’il le tue en personne.

-Sauf votre respect, j’ai cru comprendre que vous et le seigneur Zarbon n’étiez pas en très bons termes. Pourquoi l’aider ?

-Gardez le pour vous, mais nous savons tous que si le Seigneur Freezer savait qu’il restait encore des saiyens renégats, il se mettrait en rogne et risquerait de nous tuer. Encore plus nous deux parce qu’on a traqué les derniers saiyens ensembles.

-Raison de plus pour tuer Thalès ici.

-Zarbon a un projet pour lui. Il fait des expériences bizarres et je sais a peu près de quoi il en retourne. Vous ne saurez rien. Estimez vous heureux que je vous apprécie.

-Et c’est réciproque.

-Je vais vous accorder une promotion, commandant Obey. Et une mission aussi.

-Je...Je vous remercie mais je pense que je devrai d’abord me reposer. Le combat a été rude vous savez.

-Obey, vous préférez vous reposer ou rester commandant ? Vous semblez plutôt bien portant et je ne vois pas tant de sang que ça. Alors écoutez moi : mes hommes ont récupérés les acolytes de ce saiyen et nous allons les maintenir en vie le temps de les acheminer jusqu’à Zarbon. Votre mission est de les escorter vous-même.

-Je pensais tous les avoir tués.

-Nous avons retrouvé un nuttsien, un être vivant boueux dans une armure, un jeune comonos et un le petit sorcier derrière vous. Tous en vie.

-J’ai pourtant tué à coup sur le nuttsien.

-Le nuttsien a une sale gueule ça c’est sûr ! Mais vous devriez les désintégrer comme je le fais moi.

-Depuis combien de temps êtes-vous là, seigneur ?

-Nous avons de très loin vu exploser vos vaisseaux. Nous poursuivions celui du saiyen. Nous ne sommes la que depuis quelques minutes et apparemment juste à temps, même si j’avoue que je regardais un peu.

-Vous savez donc pour ma transformation ?

-Je suis bien content que tu fasses parti de la race de Zarbon, comme ça quand tu seras plus fort, et que tu auras la puissance pour nous affronter, tu pourras le remplacer !

-Je ne cherche pas à vous surpasser, seulement à faire de l’Empire la première puissance de l’univers.

-Tu as tout compris de l’esprit, Obey ! Bon, pars. Le Doria’bator t’attends, tâche de ne pas me faire déshonneur !

-Votre vaisseau personnel ? Je vous remercie comme jamais je n’aurai pu le faire !

Ils s’échangèrent le signe de l’Empire et se séparèrent. Des soldats soulevaient d’énormes cuves, en file indienne, et devant eux, un énorme vaisseau dissimulé par de la brume artificielle, le dénommé Doria’bator, qui voulait dire en la langue du second de Freezer « Garantie de gloire », attendait son nouveau maître pour l’escorte de ces dangereux criminels. En pénétrant dans l’édifice gigantesque, Obey s’approcha d’un banal être vivant à portée d’elle et lui demanda :

-Deux choses : la première, a-t-on accès aux codes du Destructeur de mondes ici ?

-Commandant Obey ! Je ne suis pas technicien ni lieutenant en chef, je n’ai pas de telles informations ! Pardonnez mon inutilité !

-Quel est ton avis ?

-Mon...Mon avis n’a pas d’importance…

-Et alors ? Dis moi.

-Et bien...J’officie depuis des dizaines d’années dans ce vaisseau et je n’ai jamais entendu parler d’un tir demandé par son intermédiaire. Le Doria’bator n’est pas un vaisseau de guerre !

-Bien. Ensuite, où sont mes appartements ?

-Je peux vous y guider.

-Donne moi l’étage.

-C’est au plus haut, vous ne devriez pas vous tromper.

-Merci. Avant que je ne parte, envoyez quelqu’un dans trente minutes pour qu’il me fasse un rapport sur tout ce qui a pu être récupéré dans les vaisseaux de mon commandement qui ont été détruits. Ensuite, je veux que l’on triple la sécurité dans les salles des prisonniers Thalès et ses alliés. Que personne ne vienne me voir avant trente minutes, comme j’ai demandé, sinon je me mettrai en colère. C’est compris ?

Comme on le lui avait indiqué, son appartement se trouvait au sommet de l’architecture du vaisseau. Obey ferma la porte et se changea pour reparaître dans son armure dorée et se remaquiller correctement en homme. Puis, une fois qu’elle eut ressemblée à son image avant la chute de Brutaël, elle attrapa tous les meubles à portée et les désintégra en hurlant.


* * *



« Ce monde est vierge de présence intelligente ! Nous pouvons nous y établir ! »

Les derniers saiyens, une centaine, prenaient un nouveau départ après que le reste de leur peuple ne soit plus qu’un souvenir à cause de Freezer. Leurs vaisseaux voyagèrent deux longues années avant de se poser sur cet endroit qui ne présentait aucune souillure de l’Empire. Ils se doutaient bien qu’ils n’auraient pas le repos longtemps, mais ce nouvel espoir les galvanisa tous.

« Nous ne baserons plus notre culture sur la force et le combat ! A cause de cela, nous sommes devenus esclaves du plus offrant ! Freezer s’est servi de nos traditions ! »

Végéta était celle qui dirigeait le groupe. Son charisme – et pour certains, contrairement à son vouloir, sa puissance – ainsi que son ascendance royale étaient les raisons de sa nomination automatique en tant que leader des derniers de sa race. Petite sœur de celui qu’on appelait Prince et qui partageait son nom, elle préférait son nom d’emprunt « Tarble ». Sous son commandement ils ressusciteront les guerriers de l’espace dans une nouvelle forme qui sera plus éclatante que la peau noire des oozarus.

« Il nous faudra tout de même des forces de défenses : je superviserai personnellement leur entraînement. Si Freezer ose venir nous affronter de nouveau, nous n’attendrons pas qu’il sorte de son vaisseau ! »

Thalès contemplait cette femme avec des yeux pleins de haine. Il n’avait pas été élevé comme ça, d’autres saiyens partageaient ce point de vue. Alors, il alla la voir, de temps en temps, et lui demandait des duels. Il n’était pas seul. En fait, une dizaine de jeunes guerriers tentaient de la renverser. La première fois que Thalès alla voir Tarble, il lui hurla dessus :

-Tu as vaincu beaucoup des notre avec une facilité déconcertante. Je sais que je peux te battre, tu peux d’ores et déjà te donner une chance de t’en sortir en te soumettant.

-Quel est ton nom ?

-Je suis Thalès.

-Et bien Thalès, ton discours est juste un petit mieux écrit que celui des autres, mais dans le fond, vous vous répétez.

-Je vais donc devoir me salir, tu ne pourras pas dire que je ne t’avais pas prévenu.

Le lendemain, Tarble organisa un rassemblement de toute la population. Elle fit un discours :

-Mes sœurs, mes frères ! Je sais que nous n’avons jamais été un peuple paisible, etje comprends que vos habitudes martiales vous manque, mais je ne vous ai jamais demandé d’arrêter de vous battre ! Nous organiserons des jeux, des tournois ! Pour ceux qui ne savent pas, et cela m’étonnerait, quelques personnes sont venues m’affronter pour prendre le contrôle à ma place ! Je ne cherche pas à vous prouver que je suis la seule capable de nous diriger, mais je sais que cela marchera si vous marchez avec moi. Beaucoup d’entre vous le font déjà, si vous pouviez tous en être, nous rétablirons le peuple saiyen !

Thalès, en arrière, se triturait les cheveux après sa défaite. Il se vengerait, la haine était déjà grande en lui. Cette femme, cette femme surpuissante, la digne fille de la dynastie des Végéta, elle lui avait fait mordre la poussière. Ce n’était pas elle qui devait mourir, mais ses idées. Il avait déjà compris qu’on ne tuait jamais vraiment une personne si des gens croyaient encore en elle. Le rêve de paix saiyenne n’existait pas, la guerre était la seule voie de ce peuple. Thalès trouvera un moyen de rendre aux derniers saiyens leur gloire d’antan, puis ils se vengeront de Freezer.

Peu importe le prix.


* * *


Les souvenirs submergeaient Thalès alors qu’il se réveillait, doucement dans la douleur, noyé dans une cuve de régénération, accroché fixement dans un certain alliage de tous les cotés pour éviter qu’il ne puisse se mouvoir. Il ouvrit les yeux et ne savait pas où il était. Son dernier souvenir remontait à...ce n’étaient que des flashs de son combat contre Obey. Qui en avait été vainqueur ? Étant donné l’endroit où il se situait, il avait dû perdre. Cette idée le fit grincer des dents, mais il n’avait pas de preuve. Même si son champ de vision se voyait réduit, il aperçut vers la droite quelque chose de rose, et il espérait que cela soit Cacao, dans une autre cuve de régénération. A sa gauche, une autre cuve, mais soit personne n’y était placé, soit le blessé ne mesurait pas beaucoup. Roket ?

Une petite alerte, un simple bip, retentit alors et une sorte d’humanoïde à quatre bras, femelle si l’on en croyait sa poitrine développée, surgit d’un coté. En comprenant que c’était Thalès qui fut réveillé, elle s’en alla vite trouver quelqu’un. Après un moment d’absence, Thalès tenta de déchirer de toutes ses forces ce qui le retenait : Obey, dans une tenue toute pimpante, prit place sur un fauteuil devant lui. Pas de doute : il ne s’en était pas sorti gagnant. Et alors, en se débattant, elle prit un malin plaisir à le regarder quelques minutes, d’un air orgueilleux. Après, elle finit par se relever et s’approcher jusqu’à embrasser la vitre de la cuve :

-Vous devriez tous être morts.

Et son expression changea : plus de rire en coin, plus de bonheur sadique, seulement de la tristesse. Thalès ne connaissait pas le bilan entier des défunts, après tout il avait été contrôlé par la folie trop tôt. Mais Obey, elle, ne pouvait que se retenir de vomir en contemplant l’état parfait dans lesquels étaient les combattants.

-Je n’ai même pas réussi à tuer un seul de vous par moi-même. Qu’est ce qui vous maintient en vie ? Vous êtes des miraculés à un point où ça en est une blague, gerbant j’ajouterai.

Thalès oublia alors ses compagnons. Oh oui, profiter de ce moment de rage chez Obey le rendait content, même s’il gardait en tête sa défaite. Il voulait répondre mais un certain masque l’en empêchait. Aussi, Obey n’avait pas à supporter la rhétorique saiyenne, quel dommage.

-Si je n’en avais pas été empêché, Obey parlait ici en tant qu’homme, je vous aurai tous anéantis. Mais maintenant je dois t’escorter, toi et ta clique, voir un homme que tu connais et qui aimerait te rencontrer, pour le pire. Tu sais que tu aurais juste pu mourir ? Que ça aurait été plus simple ? Tu ne te rends pas compte de ce que j’aurai pu t’épargner. Et ma vengeance...aurait été faite.

Obey retint son poing, elle voulait réellement lui fracasser le crâne encore une fois.

-Zarbon. Nous allons aller voir Zarbon. L’homme que tu as insulté, celui qui te brisera en tellement de morceaux que ça en sera une des pires boucheries de l’existence. Et le nuttsien, et la gelée, et le gamin, et le magicien : tous réduits en cendres et en place publique. J’en suis tout aussi frustré que hâtif.

A ce moment là, quelque chose d’autre changea aussi en Thalès. La phrase d’Obey révélait que leur destination était l’endroit où Zarbon se cachait. Il se souvenait parce que c’était plus ou moins hier de ses provocations envers le bras droit de Freezer. Même s’il était de moins en moins net, le saiyen se remémorait tous ces instants où il avait rêvé de l’étriper ou le pendre par sa natte. Et Obey lui offrait le moyen de le faire. Il était comblé. Il avait même un instant oublié qu’il était prisonnier, immobile. Mais il trouvera un moyen de s’en sortir. Il ne suffit que d’une seconde de liberté pour qu’il prenne ses jambes à son cou.

Obey finit par partir, mais juste avant elle serra les dents et le menaça :

-Et si ta chance te permet de t’enfuir, sache que je te poursuivrai encore et encore, jusqu’à ce qu’enfin elle te lâche et que je puisse écraser ton visage avec ma botte.

Thalès éclata de rire et son dispositif serra sa gorge pour qu’il arrête et ne s’étouffe pas. Cela aurait été une bonne vengeance pour Obey, autrement. Mais il n’aura pas le dernier mot sur cette scène. Obey fut appelée par une sonnerie dans le cockpit. Elle s’y précipita les sourcils froncés, en espérant que ça ne soit pas inutile. Les pilotes montrèrent sur un grand écran un avertissement.

« Votre vaisseau vient de pénétrer sur le territoire du Royaume de Pukinpo. Sortez de la zone ou nous serons obligés d’ouvrir le feu. »

Le signal venait d’un autre vaisseau, lequel arborait des armoiries inconnues de beaucoup, mais pas d’Obey. Pourtant, le Doria’bator ne devrait pas avoir à être dans des zones de l’espace non cartographiées ou interdites d’accès. Pourquoi ce message ? Obey décida de répondre :

«  Nous ne sommes pas sur votre territoire. Le vaisseau avance en zone neutre. »

« Ce territoire a été revendiqué par le Royaume. L’Empire le sait. Partez. »

« Nous ne pouvons pas nous le permettre. Nous escortons un prisonnier important. N’y a-t-il pas un moyen de négocier ? »

« Attendez un instant, mais n’avancez pas. Si votre vaisseau est détecté en mouvement, nous ouvrirons le feu. »

Le Royaume de Pukinpo était une petite alliance de planètes aux races similaires. Bien que ces races ne soient pas très puissantes d’après les standards de l’Empire, leur technologie les maintient militairement au niveau. Malheureusement, face aux troupes illimitées de l’Empire, ils finirent par être écrasés. Mais du fait des emplacements peu stratégiques, Freezer décida de ne pas s’en occuper et ne laissa que trop peu de troupes garder la mainmise sur le Royaume. Pour faire simple, l’insurrection ne fut pas difficile. Récupérant leurs planètes, les autorités du Royaume attendirent les émissaires de l’Empire pour des négociations. La surprise fut la présence de Freezer lui-même, qui semblait étonnamment de bonne humeur, et qui proposa plutôt qu’une guerre qui lui ferait perdre du temps – malgré la victoire inéluctable – un traité de paix. Ce traité fut suivi de plusieurs autres contrats. En fait, en échange de l’indépendance du Royaume vis à vis de l’Empire, et de la pleine possession des territoires terrestres et spatiaux, le Royaume de Pukinpo se devait de soutenir technologiquement l’Empire. On leur doit notamment de très nettes avancées dans le domaine de la médecine, et en particulier des capsules de régénération.

Ici, le Doria’bator semblait avoir traversé les zones appartenant au Royaume, alors que les tracés des cartes galactiques ne faisaient pas mention de cela. Obey s’en voyait ralentie . Finalement, un message fut renvoyé :

« Nous vous donnons deux alternatives : vous reculez et changez de direction, ou vous atterrissez sur Joya. Si vous choisissez cette option, nous vous escorterons personnellement jusqu’à la sortie de notre territoire. Nous ne sommes aussi cléments que parce que vous vous situez dans le Doria’bator. Dépêchez vous de choisir. »

Obey n’avait pas le temps de faire un demi-tour. Elle décida à contrecœur la deuxième option.

« Escortez nous jusqu’à votre planète. Ces prisonniers sont dangereux, nous ne voulons rien leur permettre. Aurons nous une sécurité ? »

« Nous négocierons cela au sol. Merci de votre coopération. »

La commandante frappa encore une fois du poing sur un clavier. Thalès gagnait encore du temps.
La révolte
En cours.
Le plus modeste des êtres...Un homme qui fera peur au plus grand des démons...Celui-là même qui en deviendra le guerrier le plus fidèle...


Le fruit de ses tourments
En cours.
Piégé à cause de ses origines, Thalès va tenter de survivre pour venger son peuple. Mais avant tout, il va devoir se battre contre lui-même, et ce sera bien plus dur que ce qu'il imaginait.
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Re: Le fruit de ses tourments

Messagepar Point le Lun Avr 15, 2019 18:36

Chapitre 11



S’il y avait bien autre chose que la technologie de surveillance qui avait été développée à son paroxysme sur Joya et dans tout le royaume de Pukinpo, c’était bien la torture. Les habitants de Joya, à l’époque où elle n’était pas encore la planète-capitale du petit royaume, excellaient déjà dans l’art de soutirer des informations en échange de l’arrêt des sévices corporels et mentaux. Et ils en avaient même développé une sorte d’imagerie de la torture, comme un fondement de leur culture qu’on ne remettait que rarement en cause. Et bien entendu, depuis que le voyage spatial avait été découvert, la possibilité de rencontrer de nouvelles races avec des particularités physiques différentes stimulait encore plus cette imagination. Justement, Obey se voyait bien heureuse de pouvoir en apprendre plus sur ces mœurs d’un autre monde.

Déjà qu’elle fut mise nue, puis attachée par des chaînes suspendues au cou, poignets et mollets et enfin laissée dans le noir, le silence, la faim et la soif durant plusieurs jours, en plus elle se maudissait d’avoir échoué à anticiper la mort de son équipage et la fuite de son nouveau pire ennemi. Mais comment apercevoir, anticiper la chance incarnée ? Non, ce ne pouvait tout le temps être de la chance, Thalès devait être incroyablement intelligent pour avoir pu survivre à toutes ces épreuves. Ou alors quelqu’un jouait avec lui dans l’ombre, et pire, avec elle. Plus que pour prouver la valeur égale de son sexe, plus que pour se voir augmentée de rang dans l’armée de l’Empire, plus que pour écraser la sale face de Zarbon puis de Dodoria, elle voulait se venger de Thalès en lui faisant manger les morts qu’il avait provoquées.

Obey savait que ces chaînes ne survivraient pas à sa transformation, mais elle attendait le moment propice à sa libération. Il n’y avait pas tant de distance entre cet endroit et le palais de Joya’rin, d’après ce qu’elle avait estimé. Quand elle sera entièrement soignée, le facteur autoguérisseur inhérent à sa race l’y aidant, elle brisera ces entraves et trouvera un moyen de détruire la capitale pour attirer Joya’rin et Thalès. A moins qu’ils ne soient partis...Peut-être que son unité était encore là. Enfin, elle verra. Ou bien peut-être qu’elle devra jouer d’autres cartes que la destruction seule.

Une autre journée passa, et Obey n’avait pas besoin de rester plus longtemps ici. Elle attendit la relève des gardes pour agir : décuplant sa masse corporelle, elle retrouva le sol et fit quelques échauffements rapides histoire de se ré-habituer à la sensation de bouger. Attrapant la porte comme si ce n’était que du pauvre bois, elle glissa sa main griffue sur le coté et saisit par la nuque le garde qui mourut tordu, jeté dans la pièce. La reptilienne gravit les escaliers qui parcouraient le couloir et quand elle vit une autre garde, elle s’arrêta une ou deux secondes pour lui écrabouiller le crâne. Trois autres gorilles accoururent, appâtés par le hurlement de la dernière morte : ils furent tous balayés par un peu de ki. Humant, Obey comprit que la sortie n’était pas loin. Elle mit son bras vers le ciel et décocha quelques kikohas, lesquels détruisirent le sous-sol et dans le trou ainsi créé elle s’envola, déchaînant sa fureur aux quelques âmes tentant de l’en empêcher.

L’énorme reptile humanoïde, nu, ensanglanté, enragé, déchira le ciel jusqu’à la plus haute tour qu’il voyait au loin et en éclata les fondations avec son crâne. En quelques dizaines de secondes, une vision d’horreur terrifia les soldats au sol : il n’y avait ici qu’une grande zone militaire, des gens prêts à mourir pour leur reine. Obey s’acharna encore plus sur la tour, jusqu’à ce qu’elle ne s’effondre. Une fois le bâtiment en miettes, elle se posa et marcha dans les allées, éliminant quiconque s’interposait. Elle rencontra un soldat qui se rendait. Elle s’approcha de lui et le saisit, elle lui demanda :

-Où est Joya’rin ?

-La reine est partie, avec l’invité… !

-Le saiyen ? L’homme avec une queue ?

-Oui ! Des cheveux noirs, ébouriffés, et une allure de tueur !

-Où sont-ils partis ?

-Je ne sais pas ! Renseignez vous à la t...Il y a des gens qui pourraient vous aider, mais ne me tuez pas !

-Un nabot ? Un garçon rouge ? Un grand guerrier avec une natte ? Une limace rose ?

-La limace rose oui ! Et aussi un garçon rouge avec de longs cheveux blancs !

-Une idée d’où pourraient être les deux autres ?

-S’ils sont des invités...peut-être dans une caserne de lieutenants, au sud !

Elle le jeta sur un mur, de sorte à ce qu’il ne meurt pas mais ne se relève pas. Obey transperça les cieux pour trouver des quartiers. Elle interrogea d’autres personnes et en moins d’une heure elle finit par découvrir une grosse réserve où des centaines de personnes étaient en train d’être soignés dans des cuves. Elle y trouva Copper et Amondo.

Copper, d’après les informations, était dans un état critique mais stable. Son corps semblait si vieux que des cellules inconnues avaient été découvertes grâce à des prélèvements. Une sorte de matière noirâtre non identifiée ayant une nature inconnue, potentiellement magique. Copper pourrait être sorti de son état de stase, mais pour le moment quelqu’un avait jugé cela inutile. Et Amondo...n’était pas en si bon état. En fait, le simple fait qu’il vive était impossible, un miracle en fait. Son œil gauche avait été transpercé jusque derrière le crâne, passant par un cerveau détérioré en plusieurs endroits. Qu’il ait survécu dépend surtout d’un fluide visqueux, rosâtre, semblable à la constitution de Cacao, qui aurait peut-être stabilisé son état. D’après les notes, il aurait perdu beaucoup de ses facultés motrices et mentales. Dans quel état sortira-t-il ?

Obey n’avait que faire d’eux. Ils étaient si insignifiants, et méritaient d’être des monnaies d’échange contre quoi que ce soit qui pourrait embêter Thalès. Est-ce qu’il avait quoi que ce soit à faire d’eux ? Non, à part pour utiliser le magicien, Thalès ne semblait pas être si proche d’eux. Amondo était devenu inutile, mais Copper...Il y avait moyen d’obtenir des informations sur Thalès grâce à lui. Obey pensa qu’il fut sage de le sortir de son état de stase. En bricolant quelques commandes, elle y parvint, Copper s’écroulant, os en mauvais état l’empêchant de bouger correctement et l’obligeant à des souffrances immenses. Obey le regarda et capta son attention :

-Je suis Obey, et même si tu ne m’aimes pas, il y a une personne que je déteste bien plus encore que toute la haine que tu pourrais avoir à mon égard. J’ai besoin de toi, quoique sans toi je pourrais y arriver, mais ma vengeance pourrait être bien plus belle et faire honneur à mes hommes si tu m’aidais.

-Je..ne t’aiderai...pas…

-Tu préfères mourir ?

-Si je...t’aide...je veux...absorber...l’énergie du saiyen.

-Moi je veux le tuer et ramener sa tête et sa queue comme preuves. Le reste est à toi. Tu n’es pas dur à convaincre, semble-t-il. Mais avant tout, je veux le faire souffrir. Oh oui, souffrir d’une manière si vicieuse que j’en deviendrai la méchante de l’histoire, d’une manière si hideuse que toutes ces humiliations qu’il m’a fait subir n’aient été préparées que dans le seul but de voir mon œuvre vengeresse achevée.

-Tu es...folle...mais je suis fou...aussi. Emmène moi...J’ai un secret...un secret qui te conviendra… !

-Non, parle avant. Je ne m’encombrerai pas de promesses.

-Depuis...l’atterrissage…je suis en communication télépathique avec Thalès...et je sais où il est.

-Excellent. C’est tout ce que tu as obtenu ?

-Je sais où...sont tous les...derniers saiyens.


* * *



Thalès était fier ! Il avait vaincu Obey, il avait fui Brutaël, il avait maintenant une armée. Son seul et unique problème ? Joya’rin. Il finirait par prendre le contrôle total de ses forces. En attendant, le saiyen et sa nouvelle alliée fondaient droit sur la position d’une planète non conquise par l’Empire car inutile au niveau des ressources, comme beaucoup de planètes en fait. Les vaisseaux de la flotte de Joya’rin étaient extrêmement nombreux, mais peu puissants, à l’exception de ceux de tête : en fait, le secret de la reine se constituait être qu’elle ne faisait pas confiance à Thalès, et qu’elle ne lui montrait pas encore tout ce dont elle était capable. A leurs cotés, Daizu, Cacao et Roket semblaient se jauger du regard, comme s’ils allaient se battre. Ils finirent par discuter, conversation lancée par le prince du royaume de Pukinpo :

-Et donc vous venez d’où ? Je suppose que vous êtes des paysans ?

-Da ! qui voulait certainement dire Non étant donné son expression faciale.

-Da ? Qu’est ce que ça veut dire ce patois ?

-Il...Il veut simplement dire qu’il n’en était pas un. En fait, il ne peut pas parler comme nous...mais il comprend.

-Et toi le gosse t’es un paysan ?

-Non, je n’en suis plus un.

-Mais tu en as été un.

-Et alors ?

Roket n’osait pas froncer les sourcils. Il voulait être courageux, d’où sa dernière question, mais il craignait que ce Daizu ne le frappe. Il ne devait pas être faible, il commençait à comprendre que s’il voulait rester avec Thalès, il devra être fort. Et la force demandait aussi une détermination hors norme, limite débile. Thalès n’obéissait qu’à son instinct, comme si son oozaru le manipulait. Roket décida au détour de la réplique suivante de Daizu, d’affronter cet homme :

-Tu sais gamin, un paysan reste un paysan. T’auras beau t’enrôler dans l’armée et t’entraîner comme un diable, il y a peu de chances que ça paie. Les exceptions sont rares, et vu comment tu es frêle, je ne vois pas comment tu pourrais survivre.

-Je ne suis pas faible. Tu ne sais pas ce que j’ai traversé pour en arriver là !

-Ne me tutoies pas ! Je suis un prince ici! Qu’es-tu de plus qu’un paysan pour me parler sur ce ton ?

-Je suis…

Il voulait le dire. Thalès n’était pas loin mais il voulait le dire, sans y croire lui même. Il risquait gros en hurlant ce genre de choses, malgré la vérité qui s’en dégageait. Il prit son courage à deux mains, et se relevant de sa chaise, il beugla aux oreilles de Daizu :

-Je suis la personne ayant achevée Brutaël.

Même Cacao écarquilla les yeux. Daizu ne voulait même pas rire, tellement il y croyait. Oui, Daizu y croyait. Il n’y croyait pas parce que d’après lui c’était vrai, mais il y croyait car dire ça à haute voix, devant Joya’rin, devant potentiellement des dizaines de gens du personnel, avec une fierté certaine, ne pouvait être un mensonge. Même un suicidaire n’oserait pas le dire, surtout dans ce secteur de la galaxie !

Daizu se releva à son tour, et fit face à Roket. Il grinçait des dents :

-C’est impossible. Je savais que Brutaël avait été tué, mais ce ne peut être toi.

-Je ne l’ai pas combattu seul, mais le coup final, c’est moi qui l’ai porté. Maintenant, arrête de te moquer d’un pauvre paysan. Toi le prince, tu n’as pas fais grand-chose de ta vie n’est ce pas ?

Oh, c’en était trop. Roket venait justement de comprendre qu’il avait prit la grosse tête. Daizu le saisit par le col de son armure et le souleva. Malgré cela, Roket impuissant ne détourna pas le regard. S’il mourrait ici, il mourra comme un guerrier, comme Amondo, comme Thalès.

-Da.

Cacao attrapa le crâne de Daizu et d’une pression phénoménale de la main le poussa jusqu’à l’autre bout de la pièce. Daizu se redressa vite, et essaya de fuser le poing en avant pour frapper une des deux cibles, mais Joya’rin déboula dans la pièce. Daizu se figea.

-Ce sont nos alliés Daizu. Ils sont d’une valeur inestimable. Encore une fois, et je te promets que le cachot ne sera pour toi qu’un doux rêve à atteindre.

-Mère, est ce vrai que ce paysan a tué Brutaël ?

-Tu voudrais qu’il te montre comment il a fait, Daizu ?

Daizu serra les dents et s’en alla les nerfs à vif dans un coin. Joya’rin s’approcha de Roket, qui était subjugué et timide devant elle, elle s’abaissa, et Roket détourna le regard pour ne pas paraître impoli. Elle lui susurra :

-Tu es faible, mais tu as du cran. Daizu pourrait te réduire en poussière, et pourtant tu es resté stoïque. Tu es une énigme, pourquoi Thalès te garde encore avec toi ?

Roket ne répondit pas. Il n’avait pas de réponse. Aucune réponse. Même pas une idée. En fait, Roket venait de comprendre qu’il n’avait pas sa place ici, qu’il était un intrus, un chanceux, et que tout ce qu’il avait accompli n’avait aucun sens. Alors pourquoi ? Pourquoi était-il ici ? Quel destin étrange l’y avait mené ? Il devait le savoir. Alors qu’il se tenait près de Thalès, il se sentait moins insignifiant.

On voyait à travers la vitre du vaisseau la silhouette de la planète qui se profilait. Elle avait un nom, qu’on oublia instantanément. En fait, la planète n’existait plus. Pourtant, elle était là, on la découvrait, on la reconnaissait, mais non : ce qu’on discernait n’était qu’une copie d’Elfiy. Il sembla qu’elle avait été recouverte d’acier, d’un acier sans âme, sur toute sa surface. Les ingénieurs envoyèrent une sonde pour comprendre, mais il n’y avait rien de plus que des collines de fer là-bas. Alors, ils pensèrent à un piège, ou à un peuple natif inconnu qui se serait réveillé d’un long sommeil. Cacao regarda dans sa base de données et dans sa mémoire, mais il ne trouva rien de probant.

-La saiyenne, sur ce caillou ? Vous ne m’aviez pas dit que vous en aviez trouvé une ici ? râla Thalès.

-Justement, nos données sur cette planète datent d’il y a moins d’un an, ensuite l’Empire a décidé d’arrêter de la surveiller. La race qui y vivait était humanoïde, et ressemblait beaucoup aux saiyens, la force et la queue en moins. Nous avons étudié la population et nous l’avons trouvée, la saiyenne, adoptée. C’est à dire qu’en moins de dix mois, quelque chose a changé la planète du tout au tout, expliqua Joya’rin, perturbée.

-Envoyez y des pions. Nous n’avons pas le temps de jouer !

Un employé du vaisseau déboula comme s’il avait vu un fantôme et salua en s’arrêtant net devant l’assemblée, transpirant comme un goret, une tablette à la main. Il se permit de parler :

-Magnificence ! Je m’excuse pour vous interrompre dans votre discours, mais nous avons découvert quelque chose d’inquiétant sur Elfiy. J’ai ici un message qui vient de la planète !

-Montrez moi ça, et elle attrapa la tablette. Son expression traduisait une incompréhension non dissimulée.

-C’est quoi le problème ? intervint Thalès.

-Regardez…

Sur l’écran, il semblait que la sonde, pointée de l’autre coté de la face visible du monde, prenait en continue une séquence vidéo du sol. Sur le sol, et vu de satellite, on y discernait, écrites en lettres noires, dans plusieurs langages communs de l’univers : « Bienvenue chez moi ».

La planète parlait avec eux, et les invitait à se poser. Thalès y voyait un piège. Joya’rin était interpellée. Les deux voulaient y aller quand même. Quelqu’un ou quelque chose avait pris possession de la planète et en avait fait un énorme androïde. Soudainement, des colonnes s’élevèrent du sol, visibles du vaisseau, qui atteignaient l’espace, donnant à l’ancienne Elfiy un aspect d’oursin. Justement, cet oursin se voyait de plus en plus menaçant et alors que les pilotes déplaçaient le vaisseau pour que ce dernier se trouve hors portée, une énorme main robotique surgit des profondeurs d’Elfiy pour agripper l’engin spatial.

Thalès, en se tenant à un mur pour ne pas tomber, gueula :

-On ne va pas se faire choper comme ça, peu importe ce que c’est, je sors et je détruis ce machin !

-Tout le monde mourra dans le vide spatial, Thalès ! Quelle inconscience !

A ce moment là, Thalès croisa le regard de Cacao. Ce n’était pas de la confiance que le saiyen projetait en l’être de boue rose, mais une sorte d’aveugle promesse, comme un « Nous irons loin, ensemble ». Pourtant, même Cacao, reconnaissant d’avoir été libéré par Thalès, ne lui faisait pas confiance aussi aveuglément qu’Amondo ou Roket, mais il était forcé de constater, alors même qu’il analysait le faciès du saiyen, que quelque chose lui échappait, quelque chose qui échappait à tous ses arguments scientifiques, à toute sa connaissance gigantesque. Il se demandait comment en un seul regard Thalès avait pu le subjuguer. Simplement, Cacao ne se demandait pas ce qu’il allait faire, mais ce qu’il ne ne ferait pas, à l’instant, pour Thalès. Il se leva, décidé, s’inclina et répondit :

-Da.

-Je savais que tu comprendrais, Cacao.

Joya’rin, Roket et Daizu restaient silencieux devant cette scène, alors qu’ils auraient bien voulu y mettre leur grain de sel, mais non : Thalès brisa la vitre qui montrait la main géante s’approcher à une vitesse folle, et dégaina son aura en prenant une grosse inspiration. Cacao détala comme un fou et appuya sur un bouton étrange sur sa combinaison qui le maintenait à une forme humanoïde, et justement, scinda ce corps artificiel en plusieurs fragments qui finirent par constituer une flaque, et celle-ci, alors que Thalès sortait dans l’espace, colmata l’énorme trou. Joya’rin crut suffoquer un instant, mais il ne se passa rien tant ils agirent en totale symbiose.

Au dehors, Thalès constata qu’il n’aurait pas plus d’une dizaine de secondes. Il rassembla son ki autour de lui pour éviter d’être gelé et d’en mourir, et lança le kikoha le plus précis possible en direction des doigts de cette main mécanique. Il concentra cette extraordinaire force et la balança sans se ménager. La boule, vicieuse, éclata grassement contre la main et en détacha plusieurs doigts, mais ça n’empêcha pas sa course. Pour éviter qu’elle ne percute la vitre déjà supportée de la destruction par Cacao, Thalès se mit en travers et encaissa d’un coup de genou dévastateur la paume de la main. Il arracha un autre doigt et profita des circuits apparemment pour y glisser sa main et utiliser le reste de sa puissance pour propulser à l’intérieur un kikoha du tonnerre, qui fit imploser le bousin de métal. Juste avant ça, Thalès appuya sur la structure d’acier pour prendre de la vitesse et retourner plus vite au vaisseau. Joya’rin avait déjà tout prévu : elle avait fait venir une bulle de sûreté, une matière qui se colle aux vitres et les colmatent quelques minutes après application, la solution de secours la plus utile lors des combats galactiques. Cacao restait accroché, et quand il vit Thalès revenir, il s’écarta une demie seconde. Le saiyen se cogna en s’écrasant contre un mur, et ne fut jamais aussi heureux de respirer. Ensuite, les techniciens décollèrent Cacao, qui se remettait debout, et colmatèrent la brèche : le vaisseau avait été sauvé, temporairement.

-Vous êtes un démon Thalès. Ce que vous avez fait, c’est au-delà de mes espérances.

-J’ai été...bien choisi...hein ?

Il se relevait difficilement. Tout le monde le regardait, il était à bout mais il était encore si lumineux. Sa folie contaminait tout le monde, même Cacao qui peinait. A peine le scientifique eut-il reprit sa forme humanoïde qu’il attrapa un bout de papier et écrivit :

« Tu ne savais pas que je pouvais respirer hors de l’espace. J’ai aussi agit sans réfléchir. Tu es inconscient, mais qu’est ce que je suis devenu par ta faute ? »

Thalès rigola un peu, il n’était pas en état de faire plus. Il répondit :

-J’ai pas du tout pensé à tout ça, ah ah.

Oui, cet homme était fou. Mais est-ce que tout cela avait un sens ? Oui. Il sera découvert plus tard, mais d’abord, quelque chose d’autre se découvrit. Deux entités, surgissant à l’unisson de part et d’autres du vaisseau : qui arrivera en premier entre la flotte infinie de Ravan, vengeresse et foudroyante, ou cette chose de métal qui éventrait la planète grise pour tout gober sur son passage ?

Le vaisseau de Joya’rin était grand et robuste, mais ce n’était pas un vaisseau militaire. Il servait aux déplacements et était de ce fait rapide et manœuvrable. S’il avait des systèmes de défense, il n’en était pas moins facilement abordable, et les conducteurs finirent par alerter Joya’rin qu’un combat ne sera pas possible contre les quatre cent vaisseaux qui fusaient dans la direction d’Elfiy.
Elle se demanda :

-C’est la flotte de cette Ravan. Mon avis est que cette fanatique a remplacée Brutaël à sa chute, et qu’elle cherche à se venger de vous, Thalès. Nous allons fuir, cette planète a déjà engloutie votre saiyenne.

-Je pense aussi. Mais nous ne pourrons pas semer cette flotte facilement, grogna-t-il en se redressant, je pense que nous allons devoir utiliser cette horreur.

Surgissant de la planète, un monstre, aux allures vagues de bipède, se matérialisa. Au lieu d’une tête, il s’y trouvait une sorte de capsule à l’intérieur de laquelle on distinguait une femme aux longs cheveux, d’une corpulence musculeuse, composée exclusivement d’acier. Elle semblait communiquer avec cette planète, comme si elle la possédait . Ou alors, comme si la planète en avait fait son coeur, ou son cerveau. Mais pourquoi pouvait-on détailler autant ceci ? Car cette personne venait de se coller à la vitre récemment colmatée. Les bras n’allaient pas tarder à arriver et à tout casser. Une voix mécanique et horrible perturba les communications des quatre cent et un vaisseaux de par sa nature :

«  LE GUEDESTER VA VOUS INCLURE A SON CORPS  »

C’était tout, l’entité ne bougeait pas. Thalès regarda fixement cette femme : c’était une saiyenne, c’était elle que Thalès venait chercher. Alors qu’il avait du mal à respirer après son passage rapide dans le vide spatial, il gueula en s’approchant de la fenêtre :

-Guedester ou pas, laisse nous tranquille. Tu vois pas qu’il y a un plus gros problème que nous qui arrive ?

Thalès essayait de...marchander ? Thalès n’était pas fou. En fait si, mais pas à ce point. Il n’avait pas pensé que la planète serait en fait un robot géant et qu’une armée galactique ne le coursait. Le seul moyen qu’il avait de survivre, c’était de faire en sorte que ses deux ennemis se tapent dessus. L’énorme Guedester parla une autre fois :

«  LE GUESDESTER REFUSE. VOUS SEREZ TOUS A LUI »

Thalès regarda dans les yeux la jeune saiyenne. Avec un peu de chance, elle vivait encore quelque part, soumise par l’entité robotique. Il lui répondit :

-Si tu m’aides, je viendrai affronter seul le Guedester, et je le détruirai sur son propre terrain. Tu n’oserais pas me tuer alors que je ne peux pas me défendre ? Tu ne serais pas autant lâche, saiyenne !

Un bug. Dans le cockpit, l’entité de métal ne savait pas que répondre. Il n’y avait aucune raison pour que Thalès fasse ce marché, ni que le Guedester accepte, mais quelque chose clochait. Était-ce ce corps que le parasite planétaire de métal avait absorbé pour en faire son cerveau ? Peut-être. Et dans tous les cas, le Guedester n’aurait jamais conclu ce marché. Mais Thalès, étrangement, à ce moment-là, regarda Roket. Ce dernier fit de même. Tout le monde était silencieux alors que les vaisseaux de l’armée de Brutaël approchaient de plus en plus.

Roket, l’enfant qui ne devait pas être là, le tueur de Brutaël, la chance de Thalès.

Il n’était rien mais il signifiait beaucoup. Thalès avait eu un destin étrange car il l’avait rencontré. Sans lui, Thalès n’aurait jamais survécu à toutes les épreuves. S’il n’avait pas guidé Dalas sur Nutts, s’il n’avait pas écrasé la tête de Brutaël sur ses propres dents, car il n’a pas été tué par Obey...le seul moment où Roket n’avait pas été là, c’était quand assommé il n’avait pas pu participer au combat contre Obey justement.

En fait, Thalès ne s’en était pas rendu compte. Personne ne s’en était rendu compte. Qui pourrait s’en rendre compte ? Ce regard, entre les deux hommes, il n’avait pas d’amour, d’amitié, de considération. Il n’était qu’un signe du destin, et le Guedester ne pouvait l’analyser. Alors, il y eut une sorte de bug, et la saiyenne à l’intérieur du monstre d’acier, elle reprit ses droits un instant, trop fière pour ne pas affronter Thalès en combat singulier. La machine, malgré sa puissance démentielle, avait été défaite un instant par la force de l’âme saiyenne. Alors, le Guedester, le remarquant, hurla. Cacao fut le seul à remarquer que si tout le monde dans la pièce entendait cette voix, c’était parce qu’elle était projetée directement de par les parois du vaisseau que le Guedester avait infecté partiellement :

« ALORS JE VAIS LES ASSIMILER D’ABORD, ET ENSUITE CE SERA TON TOUR ! »

La masse énorme se décala et tira des salves de missiles sans attendre en direction des vaisseaux de la flotte les plus proches tout en fonçant comme un taureau de fer. Nul doute que Ravan n’avait pas prévu que la planète se trouvait être une entité cosmique énervée alliée au garçon et à Thalès. Dans le vaisseau de nos meilleurs amis, personne ne pensait que tout cela aurait pu se passer de cette manière. Thalès alla s’asseoir, épuisé :

-Bon, maintenant voilà ce qu’on va faire…

Cacao, même si ayant eu du mal à se reconstituer, poussa un :

-DA !

Pour changer. Il plaça ses gants d’acier sur les parois du vaisseau et y décocha une sorte d’impulsion électrique. Le vaisseau sembla tanguer un instant mais il n’en était rien. Cacao tomba à la renverse, et s’essuyant une goutte de transpiration qui n’existait pas, prépara une sorte de bout de papier sur lequel il marqua ceci :

«  La créature avait infecté le vaisseau. Elle nous écoutait. Je l’en ai empêché, mais elle est trop forte. C’est tout ce que je peux faire. »

Joya’rin, confuse, s’avança :

-Maintenant Thalès, il va falloir qu’on s’enfuit. La saiyenne est morte et nous ne pouvons nous battre contre tous ces vaisseaux, même avec l’aide de cette chose. Je vais donner l’ordre de rentrer.

-Oui, c’est ce qu’on va faire.

Alors là, même Cacao était bouche bée. La reine pensait qu’il allait sortir une excuse de saiyen fier et débile qui voudrait honorer sa promesse parce que leur race le demandait. Daizu imaginait qu’ils allaient simplement se suicider dans le tas à cause du singe. Roket aurait suivi dans tous les cas.

-Pourquoi vous me regardez comme ça ? Je suis pas fou, ce truc mesure des centaines de kilomètres et j’ai failli mourir en l’affrontant. C’est pas mon problème pour le moment et je n’ai que faire des représailles des potes du gros débile de Brutaël. Je vais me reposer et on ira chercher les autres.

Joya’rin en avait marre et fronça les sourcils. S’approchant de Thalès, elle n’allait pas passer par quatre chemins :

-Nous sommes venus ici et ça a échoué lamentablement. Peu importe ce que vous voulez, c’est moi qui commande. N’oubliez pas que j’ai votre vie entre mes mains.

Le saiyen voulait montrer sa supériorité physique et lui faire peur. Il se leva et s’approcha d’elle de manière menaçante :

- Entre vos mains vous dites ? Et si je les écrase ?

Impassible, Joya’rin ne pouvait pas avoir peur de lui. Elle sortit une aiguille et l’approcha de sa propre gorge :

-Je préfère tomber avec mon royaume et l’espoir de mon peuple que me laisser manipuler par une sous-race de ton espèce. Combien de temps penses-tu tenir vivant, ce poison rongeant tes veines ? Pas assez pour voir Freezer tomber. Pas assez pour venger les tiens.

Thalès recula. Il avait été vaincu, car elle avait raison : son objectif était trop important pour qu’il ne meurt bêtement. Il trouvera un moyen de contrecarrer cette malédiction. Mais d’abord, il devait se soumettre, et cela le frustrait énormément. Elle n’était même pas une combattante, juste une manipulatrice de talent.

-D’accord. Qu’est ce que nous allons faire alors ?

-Rentrons. Nous aviserons plus tard.

Plus tard, ne serait-ce pas un peu trop demander pour la destinée de Joya’rin ? Soudainement, une lance d’or et de lumière jaillit de par le dessous de la coque du vaisseau et ne laissa à personne le temps de se demander ce qu’il se passait. Joya’rin, quand elle entendit enfin le son de l’arme ayant fusée, comprit que c’était trop tard. Son ventre n’affichait plus sa belle couleur mais celle scintillante de la lance qui l’avait transpercée de part en part. Elle jeta un dernier coup d’oeil à Thalès et tomba à genou, souffrant le martyr, hurlant à la mort. Daizu se précipita vers elle pour l’aider, mais avant même de pouvoir s’en approcher, une énorme personne s’était matérialisée devant ses yeux.

C’était Ravan, la vengeresse, dans une armure d’or massif, une seconde lance à la main. Elle ignora les autres dans son dos et fixa Thalès :

-Ton chien de fer ne pouvait pas me résister. Je l’ai pourfendu, et maintenant ce sera votre tour. Mais ce n’est pas toi que je cherche Thalès. La prochaine personne qui mourra se reconnaît déjà.

Son visage, à peine dissimulé par un casque, écrasa Roket de sa simple existence. Roket fondit en larmes et en faiblesse, et c’était bientôt sa fin.
La révolte
En cours.
Le plus modeste des êtres...Un homme qui fera peur au plus grand des démons...Celui-là même qui en deviendra le guerrier le plus fidèle...


Le fruit de ses tourments
En cours.
Piégé à cause de ses origines, Thalès va tenter de survivre pour venger son peuple. Mais avant tout, il va devoir se battre contre lui-même, et ce sera bien plus dur que ce qu'il imaginait.
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