Sykia tome 3 : la planète Vegeta chap 19

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Re: Sykia tome 3 : la planète Vegeta chap 16

Messagepar Heika le Ven Sep 06, 2019 1:23

Couuucouuuu !
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...
Punaise, je suis VRAIMENT en train de me calquer sur la CAF, moi... >__>
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Bon, bref...

@Xela > Mais je ne suis pas partie bien loin, la preuve en est que je traîne tous les jours mes guêtres sur le forum, même si je survole plutôt qu'autre chose ce qui est posté !
Tu as peut-être simplement une bonne mémoire, pour avoir si facilement raccroché ? :D
La suite est lààà ! :D (avant les prochains 3 mois d'attente...)
Et pis encore merci à toi d'être toujours présent, fidèle au poste ! Tu es formidable !

@Masenko > Olaaaaa toaaaah !
Vouzizi ? Je vous croyais zozo ?
Hum...
Spoiler
Tu as eu une baisse de régime en lecture ? Ca tombe bien, j'en ai une en écriture, ça se complète ! XD
Ho, des oublis sur ce qui s'est déroulé dans les chapitres précédents ? Achète-toi une Xela-memory, visiblement c'est de la bonne qualité. D'ailleurs, le titre du tome 1 de la série sur Kriss de Valnor a été inspirée de lui : "Je n'oublie rien".
Mais ici, c'est de TOI dont on parle, Masenko. Revenons-en à toi.
Le Docteur est là, il t'écoute. Vas-y, confie-toi. Oui, il est tard, j'aurais dû me coucher au lieu de poster. Ça se sent ?
Haaa, les idées pour commenter... Je crois que c'est un talon d'Achille général. Moi-même, un pauvre "Hey ! J'ai lu et j'ai aimé", même en sachant que ça fait quand même plaisir au destinataire parce que ça fait quelqu'un qui fait un minimum d'effort pour signaler qu'il a lu, ben je trouve ça tellement pauvre, et si peu révélateur de tout ce que j'ai pu ressentir en lisant... :/
Mais une fois le dernier mot lu, tourné et retourné dans mon esprit, apprécié jusqu'à la dernière lettre, je suis là, l'esprit vide... X_x
Bref :
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(j'ai l'impression de faire mon Artikod, à parler pour ne rien dire, là... ? :D )
Je ne voulais pas te faire un p'tit com' tu vois, ton histoire mérite mieux !

Elle est toujours aussi spéciale, je crois que, avec les fics d'Omurah, c'est la fic la plus décalée que j'aie pu lire...

Je... je...
*Blush*
En voilà de bien beaux compliments !
Surtout qu'être comparée/mise en parallèle/Citée avec la fic de Daddy Omuh' est toujours pour moi un honneur !

Mais... Mais... Mais... Ton style est très bien aussi ! Il y a juste quelques petites tournures malheureuses (que je ne peux décemment critiquer, parce que je suis sûre que j'en ai aussi, même si personne ne les a pointé du doigt jusqu'à présent) et des pt'tites fautes dues à l'inattention ;)

Woé ? La relation grand-père/petit -fils est si étonnante que cela ? °o°
Ce n'est pas du bête conflit d'ado qui se cherche face à l'autorité familiale, puis qui apprend à devenir à son tour un adulte considéré par cette même autorité ?
Ooooh oh, oh, oh ooooh... *rire à la Frifri* C'était pour éviter d'écrire un autre commentaire d'étonnement quand à l'ingéniosité que tu me dis trouver sur cette autre relation... Je croyais que tu allais simplement dire "ha, on sent le retour de la Mary-Sue dans ce passage !" XD

Si Paragus est aussi difficile à cerner que dans le film, c'est donc qu'il n'est pas OOC ! Chouette !

Hum, malgré toutes les qualités que tu trouves à ma fic, il se peut qu'à un moment j'arrive à te décevoir sur le dénouement...
Si dénouement il y a...
C'est p'têt' pour ça...
Mais c'est bien, aussi, le lâcher prise.
Je crois.


Voilà voilà, je vais m'arrêter là et j'espère que ça va t'encourager suffisamment pour nous amener la suiiiiite dans pas trop longtemps :)

Il se trouve que j'étais justement en train de mettre la dernière main au chapitre suivant... :D

(et te commenter ça m'encourage à continuer à avancer dans la suite de l'écriture d'AGP ... Ouioui, tu as bien lu... J'ai repris...)

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N'hésite pas à visionner la vidéo d'origine de ce gif... :D

Allez, c'est parti pour le nouveau chapitre !
Après, je vais devoir affronter le plus terrible chapitre qui soit : le 18.
Je bloque énormément dessus. >.<
Mais à un point que vous n'imaginez pas.
Peut-être qu'une fois vaincu, la suite viendra plus facilement ?
J'ai espoir ! ^^/
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-17-




La période d’incarcération se termina enfin.
Un garde ouvrit la cellule de la métisse. « Tu es libre. »
Joanna le remercia en souriant. « Et… Est-ce-que je pourrais avoir un peu d’aide pour ramener mes affaires au palais, s’il vous plaît ? »
L’homme s’éloigna en faisant la sourde oreille, la laissant avec ses bagages. Elle avait tout soigneusement emballé après le petit-déjeuner, comme elle savait regagner enfin sa liberté, et à ce moment-là le luxe dont elle avait joui durant son incarcération lui avait plus que jamais sauté aux yeux : combien de prisonniers pouvaient se vanter d’avoir eu droit à un bureau, une chaise, des livres, du matériel de dessin et d’écriture, des couvertures supplémentaires, et un coin toilette portatif ? Elle regarda le paravent replié avec appréhension. Elle avait été bien contente de l’avoir lorsqu’elle avait eu besoin de se laver et de se soulager, pour ne pas courir le risque d’être surprise en position gênante, mais comment allait-elle l’emmener ? Déjà que transporter la table et la chaise n’allait pas être facile, alors avec le paravent en sus…
Elle n’avait pas le choix, constata-t-elle en soupirant. Elle renversa la table, mit la chaise dessus, le paravent, chargea bassines, livres et papiers, et souleva le tout pour le porter sur sa tête.

Elle soupira de nouveau lorsqu’elle constata que la table ne passait pas la porte de la cellule de cette façon ; elle dut tout poser, décharger, passer la table en la penchant, recharger dans le couloir et enfin, enfin ! Elle put se mettre en route vers le palais.
Mais son calvaire ne s’arrêtait pas là… Elle avançait avec hésitation dans les couloirs, s’arrêtant à chaque intersection pour étudier les marques qui y étaient apposées, s’engageant dans une voie sans assurance, rebroussant chemin en doutant de son interprétation des signes, et soupira de lassitude quand enfin elle atteignit la sortie de la zone de détention. Elle venait de sortir du dédale le plus simple…

Ce qu’elle avait redouté ces six derniers mois était en train de se produire : elle était mise au pied du mur, contrainte de se débrouiller seule pour se déplacer avec des connaissances sommaires en signalisation. Cela faisait un moment qu’à l’heure de dormir elle se fustigeait de ne pas avoir tenté de mettre en pratique les faibles connaissances en orientation qu’elle avait, et chaque fois, pour se donner bonne conscience, elle se disait qu’elle consacrerait un temps de sa journée pour la mise en pratique. Oui, elle le ferait demain, dès demain, toujours demain…
Mais Vegeta était toujours là, toujours présent dans les périodes propices à un apprentissage, et il avait toujours quelque chose à lui montrer, un endroit où l’emmener, et elle, elle se laissait docilement transporter sur la planète, à la découverte de cette nature si étrangère et si familière à la fois, loin des regards réprobateurs de ces valeureux guerriers qui toléraient contraints et forcés sa présence dans le saint des saints sans jamais l’accepter.



Elle laissa échapper un bref rire amer, à l’idée qui venait de lui traverser l’esprit : pour trouver le chemin vers le palais, il lui suffisait de suivre la route la plus étouffante…
L’affection qu’elle portait envers le Prince et le Roi n’étaient ni feinte ni forcée. Il lui en fallait peu pour se laisser dévoyer par Son Altesse et ses idées de promenades hors du palais alors que l’un comme l’autre auraient pu consacrer ce temps à des activités plus importantes pour leurs buts respectifs. Mais passer du temps avec le jeune homme était devenu essentiel à son quotidien, une sorte de dépendance qu’elle ne voulait s’avouer en journée mais qui refaisait surface lors de ses crises d’insomnie. L’idée de déplaire au peuple Saiyen n’était pas ce qui la dérangeait le plus, quand elle osait y réfléchir, aux heures les plus sombres de la nuit ; par contre, le fait de savoir qu’il faudrait arrêter un jour prochain cette fréquentation lui serrait le cœur douloureusement, et elle ravalait ses larmes jusqu’à avoir trouvé un autre sujet de lamentation où elle pouvait lâcher les vannes.
Il était tout de même étrange de constater que la métisse, pourtant si prompte à pleurnicher, refusait catégoriquement de se laisser aller sur ce sujet. Elle avait l’impression, quelque part, que le jour où elle pleurerait pour cela serait celui de sa défaite. Elle était cependant incapable de dire pour quoi ou contre quoi elle se devait de lutter…



Ses pensées s’interrompirent comme un sentiment de malaise fleurissait en elle. Elle n’avait encore croisé personne, depuis qu’elle avait quitté la zone des cellules… Les couloirs étaient étrangement déserts. Personne ne vivait donc dans cette partie ? Sinon, comment expliquer cette absence de vie ? Elle nota tout de même que le couloir était propre et correctement éclairé, donc Joanna en conclut qu’il devait tout de même être utilisé… Mais quel silence oppressant…Tout un tas de scénarii traversèrent son esprit toujours prêt à imaginer les pires histoires, et elle dut se faire violence pour ne pas croire que cet horrible Freeza avait massacré le peuple Saiyen dans le seul but de la récupérer elle. C’était vraiment présomptueux de sa part de s’imaginer avoir une telle importance. Même si, lui rappela une part de son esprit, il avait fait en sorte de soi-disant se perdre pour la revoir une dernière fois avant son départ…

De penser à cet épouvantable individu et face à cette situation pour le moins étrange, ses sens étaient désormais plus en alerte que jamais depuis son arrivée sur la planète Vegeta. Son instinct s’était comme brutalement réveillé, et elle sentait comme des présences, plus ou moins proches, lui donnant l’impression qu’il y avait des gens tout près, et elle entendait des bruits… Des murmures, des bruissements légers… Elle avait l’impression de voir les ombres bouger, du coin de l’œil, de sentir des courants d’air là où il n’aurait rien dû avoir…

Une certaine appréhension se mélangea à son malaise. Les Saiyens avaient-ils des histoires de fantômes ? Peut-être était-elle tombée sur une partie de la construction très peu utilisée, car hantée ? Et dans ce cas, hantée par qui ? L’histoire de cette planète refit surface dans sa mémoire : et si c’étaient les fantômes des Tsufurs ? Vaincus de leur vivant, peut-être avaient-ils acquis dans la mort des capacités particulières grâce à la haine qui leur permettait de faire du mal aux descendants de leurs bourreaux ?
Elle préféra presser le pas, songeant au passage à se débarrasser du paravent vraiment trop encombrant, juste ‘au cas où’. Parce que là, à porter son barda, elle était très vulnérable…



Elle eut soudainement l’impression d’une présence toute proche qui la suivait. Elle s’arrêta pour écouter. Il n’y avait que le silence… Elle se remit à marcher, incapable de se tourner à cause de sa charge, et entendit un bruit de pas. Elle s’arrêta de nouveau. Le bruit cessa aussitôt. Alors qu’il faisait plutôt bon, dans le couloir, elle sentit l’étreinte glacée de la peur s’insinuer en elle. Elle se mit à courir en tournant de façon aléatoire aux intersections dans l’espoir de semer son poursuivant. Cela ne faisait plus aucun doute : elle était bel et bien poursuivie ! Le second bruit de pas avait mis quelques instants à s’aligner sur sa vitesse.

Ne faisant plus attention à ce qui se passait devant elle, elle percuta une personne de petite taille, ce qui fit voler son chargement quelques mètres plus loin.
« Aïe ! Faites attention quand vous… Joanna ? »
L’interpellée se redressa un peu péniblement pour regarder sur qui elle était tombée. « Gine ?
-Que fais-tu ici ? » S’étonna l’enfant. « Et à courir, en plus ? Et… C’est quoi, tout ça ?
-Ce sont mes affaires… J’étais en train de rentrer au palais lorsque… Dis-moi, Gine… Est-ce-que cette partie serait hantée ? »
La fillette la regarda avec surprise. « C’est quoi, hanté ?
-Il n’y a pas de fantôme ? De spectre ? D’esprit ?
-Je crois que je ne comprends pas de quoi tu me parles… » S’excusa Gine en retour, gênée.
Joanna reprit ses questions sous une autre forme : « Est-ce-que cette zone ne serait pas le théâtre d’événements inexpliqués ? »
L’enfant réfléchit quelques secondes. « Non…
-Pas de disparitions mystérieuses ? D’endroits bizarrement froids ? Des bruits étranges qui viennent d’on ne sait où ?
-Non plus…
-Mais alors… Pourquoi il n’y a personne ici ?
-Sa Majesté a terminé ses négociations avec le seigneur Freeza, et il y a eu plein de contrats d’établis. C’est la première fois qu’autant de Saiyens s’en vont en mission en même temps ! Alors maintenant, les couloirs sont un peu vides… »

Joanna soupira de soulagement en s’allongeant sur le sol. Tout cela n’avait été que le fruit de son imagination…
« Joanna… Tu ne te serais pas perdue ? »
La question fit sourire la métisse. « Qu’est-ce-qui te fait dire ça ?
-Ce n’est pas la route la plus normale entre le quartier des cellules et le palais… »
Joanna se mit à rire pour de bon. Après la peur qu’elle venait de se faire, cela lui faisait un bien fou. « En fait, tu as tout à fait raison… Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais j’ai eu la trouille et je me suis mise à courir comme une folle, sans regarder où j’allais.
-La trouille ? Tu as eu peur de quoi ? » Les magnifiques yeux noirs de Gine étaient écarquillés par la stupeur.
« J’ai cru que les morts étaient revenus depuis l’autre côté et voulaient nous faire du mal… Des fantômes, quoi, » dit Joanna, de nouveau debout, en rassemblant ses affaires éparpillées.
L’enfant lui apporta son aide. « Et tu as fui ? Il ne faut pas fuir, c’est déshonorant ! Laisse le paravent, je vais le porter. »

La femme, reconnaissante, laissa la fillette lui donner un coup de main. Elles reprirent leur chemin tout en continuant de parler.
« Les fantômes n’ont pas de corps physique, » expliqua Joanna, « alors on peut difficilement les frapper. Mais ils ont quand même le pouvoir de nous faire du mal.
-Vraiment ?? J’espère ne jamais en rencontrer, alors… Déjà que je ne suis pas forte, si en plus je n’ai aucune chance de le toucher…
-Tu comprends mieux pourquoi je me suis mise à courir ?
-C’est quand même déshonorant. »
Joanna grimaça face au verdict implacable de la fillette. « Disons dans ce cas qu’il s’agissait d’une retraite stratégique, d’accord ?
-Une débandade, plutôt… »
Elles éclatèrent de rire en chœur.



Gine conduisit son amie jusqu’à un balcon. « On arrivera plus rapidement au palais en passant par ici, » précisa-t-elle.
« Je ne sais pas voler… » S’excusa Joanna.
De surprise, l’enfant laissa tomber le paravent. « Quoi ?? Tu n’es quand même pas si faible que ça ??
« Vingt-six unités, tu trouves ça comment ? »
Gine commença par rester silencieuse, gênée. « Faible, » dit-elle enfin. « J’ai plus que toi. Mais tu pourrais quand même voler, si on t’apprenait. Tu serais très lente, et tu te fatiguerais très vite, mais…
-A quoi bon, dans ce cas ? » Fit Joanna en haussant les épaules.
Gine ne sut que répondre.
« Bon, on fait demi-tour ? » Proposa la métisse.

Pour toute réponse, l’enfant écarquilla les yeux de stupeur et ouvrit grand la bouche sans dire un mot ; au même instant, Joanna sentit quelque chose s’enrouler autour de ses hanches et l’enserrer tout en la tirant en arrière. Son premier réflexe fut de se défendre en faisant basculer la table sur sa tête pour en frapper son agresseur derrière elle, et un bruit mat suivi du fracas métallique des bassines et du froissement des livres et feuilles se déversant au sol lui apprit qu’elle avait fait mouche. Mais la prise autour de sa taille ne faiblit pas pour autant.
« Hé ! » Protesta une voix connue. « Tu aurais presque pu me faire mal !
-Vegeta ! » S’écria Joanna, soulagée. Elle se laissa aller contre son torse, tremblante. Elle tourna un peu la tête pour pouvoir voir le visage princier. « Ça ne va pas, la tête ? Vous m’avez fait une de ces peurs !
-Au point de détaler en courant ? »
Un silence gêné s’instaura. Le rouge monta aux joues de la métisse comme elle comprenait.
« C’était donc vous ? Mais… Mais… Enfin… Pourquoi vous n’avez rien dit ?
-C’était amusant, » répondit-il en toute simplicité. « J’ai d’ailleurs eu du mal à rester silencieux, tellement j’avais envie de rire en te voyant déguerpir. »

Joanna ouvrit la bouche pour protester, pinça les lèvres, retenta de dire quelque chose et finit par gonfler les joues, boudeuse. « Oh, vous, alors ! » Lâcha-t-elle tout de même.
« Oui, moi ? » Demanda le prince en retour, narquois. « Tu voulais dire quelque chose ? Te plaindre, peut-être ?
-Je ne vous ferai pas ce plaisir, Votre Altesse. » L’usage du titre le fit tressaillir.
Vegeta jeta un œil autour d’eux. « Tu es toujours là, toi ? » Constata-t-il en avisant Gine.
La pauvre enfant eut soudainement envie de rentrer sous terre. « Je vous présente mes excuses, Votre Altesse…
-Gine !! » Appela Joanna, voyant l’enfant s’éclipser rapidement. « Gine, reste, s’il te plaît ! Roh, Altesse, dites-lui qu’elle ne gênait pas et qu’elle peut rester !
-Mais si, elle gênait. Bon débarras, » répondit-il sans une once de remord. « Pose tout ça, nous allons faire un tour pour voir tes plantes chéries. »

Il sentit la femme se raidir dans ses bras.
« Non.
-Comment cela, non ? » S’étonna-t-il. « Ça ne te manque pas, de ne pas être sortie si longtemps ?
-Si, mais…
-Alors pose tout ça, et on y va, » l’interrompit-il.
« Non, il n’en est pas question, Altesse. »
L’usage du titre l’agaça. « C’est bon, elle est partie, Joanna. » Il la lâcha enfin.
Elle s’écarta, la table toujours sur sa tête, pour pouvoir lui faire face. « Ce n’était pas gentil, ce que vous avez fait. »
Le visage princier se ferma. « Et alors ? Ce n’était qu’un enfant de basse classe !
-Elle s’appelle Gine, et elle est mon amie. »
Un silence s’instaura. Ils avaient beau être à l’air libre, l’atmosphère était devenue pesante.

Vegeta fut le premier à reprendre la parole, d’un ton très froid : « Ça te plaît donc tant que cela de traîner avec des moins que rien ? Tu en as déjà assez des hautes sphères ? »
Joanna fronça les sourcils. « De quoi vous parlez ?
-Tu… » Le prince s’arrêta brusquement, comme une pensée venait de le traverser. « C’est à cause de Freeza, c’est cela ? »
Elle le regarda, bouche bée, durant quelques secondes, avant de demander, machinalement : « Pardon ?
-En fait, tu ne nous rejettes pas, Grand-Père et moi-même, » expliqua-t-il en hochant la tête, fier de sa théorie. « Mais Freeza t’a fait tellement peur que tu préfères te faire oublier en faisant semblant de préférer les basses classes !

-Je ne comprends absolument rien de ce que vous me racontez, Vegeta… Est-ce-que vous pourriez recommencer, s’il vous plaît ? » Joanna posa la table pour prendre la main du jeune homme, comme s’il était souffrant.
« Tu n’as plus à te forcer avec ces êtres sans importance, Joanna. J’ai compris, ne t’en fais pas.
-Mais… Compris quoi, Vegeta ?
-Ta soi-disant amitié avec ces gens. Tu as cherché à nous remplacer, Grand-Père et moi, pour faire croire que tu ne nous aimais plus, et qu’il te fallait rester loin de nous. Ainsi tu pourrais peut-être te trouver plus facilement loin du regard de Freeza. » Il enveloppa à son tour les mains de la femme désappointée. « Mais ne t’en fais pas, nous trouverons une solution. Tu n’as donc plus à te forcer à prêter attention à ces êtres minables. » Il plongea ses yeux fauves dans les yeux noisette, confiant.



Que faire, que dire… ? Joanna était totalement atterrée par l’absurdité des propos qu’elle venait d’entendre. S’il n’avait pas tenu ses mains, elle l’aurait giflé, pour voir si ça pouvait lui remettre un peu de bon sens en tête. Mais comme ça l’aurait assurément vexé, finalement, ça n’avait pas été plus mal qu’elle n’en puisse rien faire. Lui dire qu’il n’était qu’un imbécile n’était pas non plus la meilleure des idées, vu sa susceptibilité.
Elle finit par se dégager les mains des siennes, silencieuse.

Vegeta, perplexe face à ce mutisme, la regarda remettre la table à l’envers, puis ramasser les affaires éparpillées pour les poser de nouveau sur le meuble, et prendre finalement avec un soupir résigné le paravent pour le faire tenir de nouveau sur l’amoncellement. Il l’entendit soupirer de nouveau avant de rassembler ses forces pour soulever la charge sans la renverser.
« Joanna ? » Appela-t-il enfin en la voyant faire une première tentative qui renversa quelques affaires.
« Joanna ? » Essaya-t-il de nouveau en la voyant ranger de nouveau, sans rien dire, les objets.
« Bon, quoi, à la fin ? Tu me fais la tête ? » Demanda-t-il, un peu vexé de se faire snober.
Elle se releva et le regarda avec lassitude. « Je voudrais juste ramener mes affaires à ma chambre, au lieu de les laisser traîner ici, Vegeta.
-Pourquoi tu n’as pas dit à la première personne que tu as croisée de le faire pour toi ?
-Vegeta… Je ne suis rien, ici. Je n’ai pas d’ordre à donner à qui que ce soit. » Le message du gardien de cellule avait été très clair, à ce niveau.

« Tu es la protégée de Sa Majesté, » objecta-t-il. « Ainsi que la mienne.
-Ca ne signifie pas que je puisse donner des ordres à qui que ce soit pour autant. De toute façon, après ma rencontre avec Freeza, je ne me suis pas attirée la sympathie générale… On n’aide généralement pas les gens qu’on n’apprécie pas.
-Je ne comprends pas pourquoi tu te compliques la vie ainsi. Tu es la protégée du roi, tu peux obtenir des faveurs de qui tu veux. Mais si tu n’as pas envie de donner d’ordre, laisse ça ici, et j’ordonnerai à la première personne rencontrée de ramener tout cela. Ça te va ?
-Non, je veux le faire moi-même, Vegeta. »
Le prince soupira d’énervement. « Tu es compliquée. » Il s’éloigna.
Joanna soupira aussi, mais de lassitude.



En temps normal, l’amitié possessive de Vegeta ne lui posait aucun problème. Mais d’un autre côté, en temps normal, il n’y avait personne dont elle eut pu apprécier la compagnie en dehors de la famille royale…
Non, Gine n’était pas un substitut, elle avait vraiment une place dans le cœur de Joanna. Sa présence l’apaisait et lui faisait du bien sans même qu’elle en ait conscience. La métisse savait juste qu’elle lui était précieuse.
Ils lui étaient tous deux précieux, pour des raisons différentes.

Mais si ça avait été Vegeta, qui s’était trouvé un ami, comment l’aurait-elle pris ? Elle n’aurait pu s’empêcher d’être triste, car cela aurait signifié la fin de tous ces moments privilégiés qu’elle partageait avec lui… Mais elle aurait cherché à connaître l’autre, ne serait-ce que pour pouvoir continuer de passer du temps avec le prince.
Ha, se dit-elle, désappointée, mais Son Altesse n’en aurait pas attendu moins, de toute façon… Lui a le droit d’avoir tous les amis qu’il veut, à ses yeux, mais pas les autres.
Accablée par ses pensées, Joanna put reprendre sa route dans le dédale de couloirs, après avoir bataillé pour reprendre sa charge : ça n’avait pas été facile de soulever le tout sans support, pire encore que dans le couloir des cellules, comme en plus tout était dans un tel désordre que les affaires avaient tendance à glisser plus facilement qu’avant.

« Tu en as mis, du temps ! »
Joanna ne s’était tellement pas attendue à ce que le prince l’attende après le premier tournant qu’elle sursauta et manqua de renverser une nouvelle fois ses affaires.
« Vegeta ! Vous m’avez fait peur ! Qu’est-ce-que vous faites ici ?
-Ca ne te fait pas plaisir ? » Ronchonna l’interpellé.
« Si, au contraire ! Mais ce que je voulais dire… Je vous croyais fâché, et donc parti ? » reformula-t-elle.
« Parce que tu aurais réussi à retrouver ta route seule, jusqu’à nos appartements, peut-être ? »
La métisse lui sourit de reconnaissance, sa tristesse un peu éclaircie. « Je me demandais justement comment j’allais réussir à rentrer… Je vous remercie, vous m’êtes d’un grand secours. »
Il se mit en marche, avec sur le visage cet air de suffisance qui traduisait sa satisfaction.
Emboitant le pas au prince, la métisse leva discrètement les yeux au ciel en laissant échapper un discret soupir.
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Re: Sykia tome 3 : la planète Vegeta chap 17

Messagepar Masenko le Jeu Sep 26, 2019 22:18

Bon, la dernière fois que j'ai commenté, il y a eu la suite très vite donc là je retente :D

Alors j'ai dévoré ce chapitre !!

Je l'ai trouvé très "cute", à l'image de Jojo :lol:

J'ai vraiment vu la charge de Joanna et sa galère à retrouver son chemin, sa peur, etc. j'ai vraiment ressenti l'ambiance "gag" de ce chapitre ! Tellement que j'en ai imaginé tous les personnages en Chibi ! c'était cool !! :D

Est-ce que ça te surprend ? c'était voulu ou pas du tout ?


Ensuite, j'ai trouvé Végéta consternant mais comme il était en Chibi, il est tout pardonné :p Et oui, Jojo est compliquée mais c'est parce que c'est lui qui a une vision trop binaire du monde ;)

J'aime le fait qu'elle élargisse son cercle d'amis avec des "basses classes" ça va donner des situations intéressantes pour la suite je pense :)

Bref... Vivement la suite !
- Masenko -


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Chapitre 14 : Super Trahison

IL EST ARRIVE
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Re: Sykia tome 3 : la planète Vegeta chap 17

Messagepar Heika le Mer Jan 08, 2020 20:37

@Masenko > Haaaan, malheureusement, l'exploit ne s'est pas renouvelé... T^T
Je n'ai même pas réussi à poster en même temps que ma déclaration CAF, ça me pourrit mon rythme ! XD

Je suis super contente que ce chapitre t'ait plu ! ^___^
Ca fait du bien, un peu de légèreté... ;)
...
...
Vegeta en Chibi... XD
Etait-ce voulu ? J'en sais rien... XD

Oui, élargir le cercle des connaissances n'est pas plus mal, ça tournera un peu moins en rond, quelque part... :D
Après, côté "Vegeta imbuvable" et "situations intéressantes", ça commence dès ce nouveau chapitre, je pense...



BONNE ANNEE à tous mes lecteurs ! <3
Bon, 2019 n'a pas été très glorieux par ici... :/
Juste 3 chapitres, c'est triste...
Je voulais poster le chapitre 18 en Décembre, malgré mon habituel calendrier de l'Avent BJD, mais je n'ai pas réussi à le retravailler à temps... T__T
Voici donc ce si difficile chapitre, enjoy !
(en version "je viens d'être terminé", donc fortement améliorable)
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-18-




Une heure plus tard, Vegeta et Joanna étaient de nouveau hors du palais, au milieu de la nature.
Ils avaient volé bien plus loin que d’habitude, à la stupéfaction de la métisse. « Cela ne va-t-il pas poser de problème pour les cours ? » L’idée de faire défaut au professeur Takenoko et la punition qui allait en découler l’angoissaient assez pour ennuyer le prince.
« J’ai déjà prévenu que nous ne viendrions pas aujourd’hui, » la rassura-t-il.
« Personne n’a protesté ? » Joanna avait du mal à y croire.
« Nous avons quelques heures devant nous, mais je me demande si tu les mérites. » Il était malgré tout toujours un peu fâché de ce qui s’était passé sur la plateforme…

Posant les carnets de notes qu’elle avait pour habitude de remplir en observant la nature de la planète, la métisse vint s’asseoir aux côtés du jeune homme. « Je ne comprends pas votre jalousie envers Gine, Vegeta. »
Il la regarda avec un air dégoûté. « Jalousie ? Parce que tu crois que je suis jaloux ?
-Je ne cherche pas à vous vexer, mais sincèrement, je ne vois pas ce que cela pourrait être d’autre. »
Pour toute réponse, il se tourna de façon à lui présenter son dos, boudeur.

Elle continua donc : « Gine ne vous remplacera jamais, Vegeta. Ni vous, ni votre grand-père. L’amitié que j’entretiens avec Sa Majesté n’a jamais empêché la nôtre, je vous rappelle. Là, c’est la même chose. Gine ne peut pas vous remplacer, et vous ne pouvez pas remplacer Gine.
-J’en vaux au moins mille comme elle ! » Ne put s’empêcher de protester le prince, piqué.
« En tant que Saiyen, vous êtes bien au-dessus d’elle, c’est un fait. Mais en tant qu’être vivant, vous êtes égaux.
-C’est quoi, le retour de ton idée débile sur l’égalité ? » Maugréa-t-il.
« Ce n’est pas une idée débile, c’est comme ça. Les êtres humains naissent libres et égaux en droits. »

Vegeta renifla de dédain. « Tu sors ça d’où ?
-Je crois que j’ai appris cela quand j’étais petite. Ça vient de me revenir. »
Intrigué, le jeune homme se pencha un peu vers elle. « Tu retrouves la mémoire ? »
Elle secoua la tête avec un léger soupir. « Je n’ai que des phrases comme celle-là, et des rêves… Un peu bizarres. J’aime bien ceux avec les Super Saiyens. »
Il ricana légèrement. « Tu rêves du Super Saiyen Légendaire ? Tu as décidément passé trop de temps avec ces fichus tableaux. Il suffit de voir où ça t’a mené, » termina-t-il sans plus sourire.

L’évocation de Freeza donna aux deux jeunes l’impression qu’une bise fraîche s’était levée.
Joanna préféra continuer la conversation comme si de rien n’était en glissant sur la dernière phrase et sur la mine sombre du prince : « Non, je rêve de Super Saiyens. De plusieurs Super Saiyens.
-Plusieurs Super Saiyens, et non pas un ? » Le soleil semblait briller à nouveau sur le duo comme sur le visage princier. « Haaa… » Soupira-t-il en levant la tête vers le ciel. « Que ne donnerais-je pas pour avoir une armée de Super Saiyens…
-Ils ne sont pas là pour conquérir, Vegeta. Ce sont des protecteurs. »
Il fit une grimace de dégoût. « Comment cela, des protecteurs ? Ils peuvent bien conquérir, tout en protégeant leur roi, non ?
-Puisque je vous dis qu’ils sont là pour protéger l’univers !
-Arrête donc de me casser les oreilles avec tes rêves idiots d’utopiste. Le seul plaisir et la seule volonté d’un Saiyen est de conquérir l’univers. »

Là, c’en était trop. Il était encore plus épouvantable que d’habitude, et Joanna, plus fatiguée que d’ordinaire ne put réussir à prendre sur elle. « Eux, au moins, ils auraient su me protéger de Freeza ! »
Elle n’avait pu s’empêcher de se lever pour lui lancer ces paroles à la figure, et lui-même avait bondi sur ses pieds en les entendant. Ils se faisaient désormais face en silence. Elle était partagée entre la honte et un plaisir sadique à voir l’air choqué et blessé du prince. Elle savait qu’elle venait de toucher un point sensible, et qu’elle était injuste en disant cela : elle s’était mise seule dans les ennuis et lui et son grand-père avaient au contraire fait leur possible pour rattraper la situation. Le mieux était de s’excuser, mais pour une fois, avant de reconnaître ses torts, elle voulait qu’il fasse le premier pas. Ses mots à elle étaient de trop, mais c’était de sa faute à lui, si elle les avait prononcés.

Elle ne put cependant l’affronter longtemps et elle lui tourna bien vite le dos.
« Je… Vais regarder les herbes. Là-bas. »
Maintenant, elle s’en voulait, et les larmes lui piquaient les yeux. Elle se pencha pour ramasser ses carnets, en prenant bien soin de ne pas montrer son visage au prince.
Ce dernier la saisit au poignet alors qu’elle allait se saisir de son bien et la tira contre lui.
« Ne t’éloigne pas de moi. Je te l’interdis. »
Ce n’étaient pas les paroles espérées, et encore moins le ton adéquat, mais la façon dont il la serrait contre lui en tremblant, les muscles contractés par l’effort fourni pour éviter de l’écraser contre lui fit vibrer son cœur et balaya tout le ressentiment éprouvé un instant auparavant.
Il n’était guère plus grand qu’elle, mais il l’enveloppait de bien plus que ses bras. Elle se sentait baignée de sa peur, de ses hésitations, et surtout de son affection et de sa détermination. C’était la première fois depuis la fois où il avait pleuré sur ses genoux qu’il se mettait ainsi à nu.
A son grand dam elle éclata en sanglots contre lui, comme la boule d’angoisse générée par la visite de Freeza dans la zone carcérale se relâchait enfin.



Vegeta commençait à réaliser : Joanna était dans ses bras, sans aucune trace de sa retenue habituelle. Certes, elle pleurait, ce qui le mettait toujours mal à l’aise, mais elle s’était abandonnée contre lui, semblant s’en remettre totalement à lui pour… Pour tout ? Il se sentait légèrement grisé par un sentiment de victoire, et se dit qu’il pouvait pour cette fois laisser couler quant aux paroles blessantes prononcées quelques instants plus tôt.

Cet après-midi bien mal parti n’avait qu’un but : la faire sienne, marquer au plus profond de sa chair qu’elle lui appartenait à lui et à personne d’autre. Pour cela, il avait réussi à obtenir plusieurs heures de tranquillité, car il s’était dit qu’il allait falloir du temps pour la travailler au corps et lui faire admettre qu’il était le seul qui importait dans sa vie. Et voilà qu’en même pas une heure il était à deux doigts d’atteindre son but… Pour le coup, après la première fois, ils auraient le temps pour une deuxième, puis une troisième… Il pourrait prendre son temps pour lui apprendre et lui faire admettre que chaque centimètre carré de sa peau claire à l’odeur sucrée n’appartenait qu’à lui…

L’idée de faire quoi que ce fut avec une pleureuse ne l’enchantant guère, il prit donc la peine de lui dire en faisant glisser ses mains le long du dos frêle : « Cesse de te tracasser inutilement. Si tu t’inquiètes de son retour, n’aie crainte : il t’aura sûrement oublié d’ici son prochain voyage, et tu auras juste à éviter de montrer le bout de ton nez. »
Il la sentit se raidir et reprendre la distance habituelle qu’elle tenait quand il la prenait dans ses bras. Il préféra ne pas résister quand elle se dégagea, comprenant qu’il venait de gâcher sa plus belle chance d’avoir un après-midi de rêve. Il ne put que se maudire intérieurement de s’être montré aussi stupide.

Elle leva vers lui un visage encore humide des larmes versées. Au moins s’était-elle arrêtée de pleurer. « Oui. Il m’aura sûrement oublié. »
Savait-elle qu’elle était transparente ? Qu’il était facile de lire en elle comme dans un livre ouvert ? Même quand elle faisait des efforts pour faire bonne figure, le fait qu’elle ait des problèmes était marqué sur sa figure. Il avait parfois presque honte des compliments dont elle le couvrait, à grands renforts de ‘comme vous êtes prévenant, avec moi’.
« Allez, va donc tripoter tes herbes puantes, tu verras que ça ira de suite mieux. » Au fond de lui, il était désemparé par leurs mensonges respectifs.

Elle ne pouvait pourtant pas savoir… Freeza, oublier la métisse ? Le tyran n’avait eu de cesse durant la semaine de parler d’elle à chaque occasion qui s’était présentée. Il était totalement obnubilé, et avoir une relation rationnelle avec lui avait été difficile. Heureusement le bon sens avait primé dans les négociations. Si ça n’avait pas été le cas, le roi lui-même aurait été contraint à demander à l’invité de bien vouloir s’en aller tout en rompant tout contrat commercial. Freeza aurait sûrement refusé, bien évidemment. Et malgré l’absence des derniers Saiyens d’élite en déplacement, qui étaient trop loin pour pouvoir être de retour en cinq jours, un conflit aurait éclaté.

Il s’assit, agissant comme il lui semblait faire habituellement, sans cesser de la fixer une seule seconde. Pourquoi ses paroles n’avaient pas suffi à la rassurer ? Est-ce-que son mensonge à lui avait été aussi transparent que le sien ? Elle, si naïve en temps normal, l’avait-elle percé à jour ? Ce ne pouvait qu’être cela, puisque l’étranger n’avait pu la revoir depuis cette fatidique matinée… Vegeta repensa à l’absence du tyran deux jours auparavant, sous prétexte d’une incommodation. Non, les soldats n’avaient rien relevé de particulier, il était resté trois heures dans son vaisseau, puis était revenu, plus en forme…
Satisfait, murmura un recoin de son esprit qu’il préféra ignorer. Non. Il était impossible qu’un tel individu ait réussi à déjouer ses meilleurs gardes.
Vegeta préféra se convaincre que la jeune femme était ainsi à cause du choc initial, parce que son séjour en cellule lui avait fait comprendre à quel danger elle s’était exposée, que de chercher plus loin une vérité qui aurait pu être déplaisante.



Joanna ne mit pas vingt minutes à revenir auprès du prince. Elle n’arrivait pas à se concentrer sur quoi que ce fut d’autre que lui.
« Vegeta… Est-ce-qu’il est indispensable de garder des liens avec… Avec Freeza ?
-Vu qu’il est en passe de devenir notre principal commissionnaire, j’en ai bien peur. »
Elle se sentit pâlir. « C’est… De ma faute ?
-Ou grâce à toi. Cette situation de partage entre l’Empire Cold, le C.H.A.U.D. et les imbéciles de Pastans est des plus agaçantes. On a une demande des uns, que les négociations des autres font échouer parce que, tu comprends, la cible est un de leurs alliés, ou alors dans leurs proies parce que c’est ce qui était ratifié par la Charte des Majors, et nous, on reste sur le carreau, pendant ce temps. N’oublie pas qu’un contrat rempli c’est des vivres et des biens pour notre peuple. »

Elle eut comme un vertige. C’était pire que ce qu’elle avait pu imaginer. « Mais… Et cette planète ? Elle ne peut pas nous donner ce qu’il faut, pour vivre ? Pourquoi on doit forcément passer par d’autres ? Elle ne m’a pourtant pas l’air si pauvre que cela… ? »
Le prince lui offrit sa plus belle moue de dégoût. « Mais tu crois quoi ? Qu’on est des vers de terre, pour la creuser ? Non, Joanna. Nous sommes des guerriers, les plus vaillants et dans les plus puissants de l’univers ! Bientôt, j’en suis sûr, le peuple Saiyen sera le plus puissant de tout l’univers ! Freeza devra se soumettre ou mourir ! Ne t’en fais donc pas pour cette histoire de monopole, puisque je trouverai le moyen d’inverser tout cela. »

D’habitude, elle aimait à le voir si catégorique et confiant, mais pas cette fois. Quelque chose manquait, quelque part. Mais comment exprimer son sentiment ? Comment réussir à expliquer à Vegeta les raisons de son inquiétude ? Elle sentait qu’il y avait un problème, mais elle n’arrivait pas à trouver les mots à mettre sur son pressentiment alarmiste. Mais, tout de même… Vegeta n’avait-il donc pas conscience du potentiel de Freeza ? Ou de la faiblesse du peuple Saiyen face à lui ? Elle avait l’intime conviction qu’il existait des puissances bien plus grandes, des puissances vraiment écrasantes, quelque part… Et dont nul, ici, ne pouvait approcher. Sauf Freeza.

Un mot revint à son esprit, salvateur, pour lui éviter de lâcher des paroles malheureuses telles que ‘faible peuple Saiyen’.
« Embargo. »
L’étau dans sa poitrine se desserra un peu face à la perplexité du prince.
« Pardon ? » Fit ce dernier, comme si elle avait parlé une langue étrangère.
« Un embargo. Vous savez ce que c’est, n’est-ce-pas ? » Ce mot était apparu dans un texte dicté durant la semaine écoulée, et l’explication d’Aujin avait été suffisamment grossière pour que la métisse occulte ce concept obscur. Du moins jusqu’à cet instant.
« Bien évidemment que je sais ce qu’est un embargo. C’est un moyen ennuyeux de faire plier ou de briser un peuple, en lui coupant toute ressource. … » Il plissa les yeux. « Mais cela n’arrivera jamais au peuple Saiyen, si c’est ce qui t’inquiète. Nous étudions nos contrats en ce sens. »



Qu’elle pouvait donc bien être agaçante, à la fin ! Que croyait-elle donc ? Que le roi et lui n’avaient jamais envisagés cette possibilité ? Pourquoi croyait-elle qu’ils allaient mettre un peu de temps avant de n’avoir que Freeza comme employeur, si ce n’était pour se ménager des portes de sortie ?
Bah, se dit le prince, visiblement, réfléchir à tout cela était trop compliqué pour elle. Le plus simple était désormais de réussir à lui faire oublier sa peur pour qu’elle redevienne la jolie étourdie qui illuminait son quotidien.
« Si les plantes d’ici ne t’intéressent plus, allons voir plus loin. »

Il fit mine de la prendre par la taille pour s’envoler, mais elle l’esquiva. D’abord surpris, il tenta de nouveau de l’attraper, mais elle réussit à se dérober de nouveau, ce qui l’amusa. Il fit une nouvelle tentative qui se solda de nouveau par un échec, ce qui le fit sourire. « Alors, Joanna, on tente de fuir son prince ?
-Ce n’est pas moi qui fuis, c’est vous. » Elle ne souriait pas du tout.
Son agacement le reprit. « Comment ça, je fuis ?
-La discussion. Vous fuyez la discussion. »

Il grogna de mécontentement. « Il n’y a rien de plus à dire sur le sujet, voilà tout !
-Vous prenez Freeza à la légère !
-Et qu’en sais-tu, d’abord, que je le prends à la légère ?
-Il ne faut pas qu’il devienne le seul maître de l’univers ! Il ne faut plus travailler avec lui ! Il faut… Il faut le tuer, Vegeta ! Sinon, ça va très mal se finir ! »
Le prince, intérieurement profondément agacé, fit son possible pour montrer un visage rassurant. « Joanna, je comprends que tu aies eu très peur quand tu l’as rencontré, mais je t’assure qu’il n’y a rien à craindre. Nous le tuerons quand le moment sera arrivé. Pour le moment, nos forces sont un peu justes pour espérer une victoire totale contre lui, mais dans vingt… Non, quinze ans, je suis certain que nous aurons la force nécessaire pour l’annihiler. Je te demande de bien vouloir patienter jusque là. »

Il vit son argumentation être balayée d’un geste. « Il n’est pas si faible que quelques soldats d’élite de plus pourront y changer quelque chose, Vegeta ! Il cache sa véritable force ! Il est… Il est juste monstrueux ! Il peut détruire une planète !
-Mais nous aussi, on peut détruire une planète ! On l’a déjà fait ! » La moutarde commençait à vraiment lui monter au nez.
« Ah oui ? En combien de temps ? Moi, je parle d’une destruction en moins de vingt minutes !
-Mais nous aus… » Il s’interrompit en haussant un soucil. « Allons, personne ne peut détruire une planète si rapidement. En fait, tu es juste une couarde. » Et il ne trouvait plus cela si mignon, juste agaçant.

Il la vit se passer les mains sur le visage de façon nerveuse en inspirant un grand coup pour tenter de reprendre son calme, avant de reprendre : « Vegeta… Je sais de quoi je parle. La puissance qu’il montre actuellement, ce n’est rien. Il est au moins quatre fois plus fort que ça. Il peut se… Oui, il peut se transformer ! J’en suis sûre ! Et même si vous vous alliiez avec l’univers entier, vous ne pourriez lui faire face ! Il ne sera tué que par un Super Saiyen !
-Et tu tiens ça d’où ?
-Je… Je ne sais pas… je le sais… J’en suis sûre… Faites-moi confiance, je vous en prie… »

Vegeta éclata de rire. « C’était là aussi dans tes rêves ? Comme les hommes aux cheveux de lumière que tu dessines ? Mais voyons, le Super Saiyen tel que tu nous l’as décrit, ce n’est qu’une légende ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il s’appelle le Super Saiyen Légendaire… Tu t’es laissée berner par des tableaux idiots, tout ça parce que tu n’as pas les pieds sur terre ! Tu rêves trop, et tu finis par prendre tes rêves pour la réalité, ma pauvre. Un Super Saiyen, c’est un Saiyen extrêmement fort, mais comment tu veux qu’il ait des ‘cheveux de lumière’ ? C’est juste une allégorie de la puissance transposée dans ces stupides œuvres créées par des benêts aussi tête en l’air que toi… »
Ha, elle était repartie à pleurer. En silence, au moins, c’était déjà ça de gagné.

« Et ne va pas ennuyer mon grand-père avec tes peurs infantiles, » reprit-il en suivant en prenant un air sévère. « Il n’est pas en état d’entendre de telles inepties. » Bon, il avait enfin le fin mot de l’histoire. Elle s’était juste monté la tête toute seule dans son coin pendant son incarcération et maintenant elle lui faisait une sorte de crise d’angoisse. Il ne lui avait jamais pensé avoir les nerfs aussi fragiles…
« Il peut détruire ce qu’il veut. »
Mais que fallait-il donc faire pour lui faire lâcher le morceau ?
« Il peut prendre ce qu’il veut. » Il la vit baisser la tête, vaincue par cette sottise.

Une bouffée de colère prit le prince à la gorge. Elle parlait d’elle, c’était évident. Et elle l’accusait de ne pas pouvoir la défendre, c’était tout aussi évident. Et si l’autre venait la réclamer avant qu’il ait réussi à avoir suffisamment de soldats pour le tuer, elle serait à lui, c’était là aussi évident. Sa colère se mua en rage incontrôlable. Joanna était à lui. A lui seul. Elle était sienne, il était impossible que qui que ce fut la lui enlève. Quiconque tentait de la lui soustraire devenait un ennemi à ses yeux, qu’il fut un puissant mécène ou une simple enfant de son peuple. Depuis le temps qu’il ne cessait de le répéter, comment pouvait-elle ne pas l’avoir compris ?
Il la saisit au poignet, lui tirant un cri de douleur, et l’entraîna vers une zone où l’herbe était plus haute. Il n’était plus l’heure d’hésiter ou de se montrer conciliant. Il était désormais le moment de faire savoir à tous que nul ne pouvait s’interposer entre elle et lui, qu’elle était sa chose du bout des orteils jusqu’à la moindre pointe de ses cheveux.

La jetant au sol, il se laissa tomber à quatre pattes au-dessus d’elle, la surplombant d’un air possessif. Elle était terrifiée. Bien, voilà qui ne pouvait pas lui faire de mal. La peur engendre le respect. Peut-être allait-elle enfin être moins agaçante. Par contre, cela ne l’empêchait visiblement pas de parler, mais il n’en avait cure. Elle avait dû s’en rendre compte, puisqu’elle était désormais silencieuse. Il maintenait ses bras au sol en tenant fermement ses poignets, et se permit quelques longues secondes pour laisser courir son regard sur ce corps doux et moelleux qui allait être sien dans un instant. Qui allait être sien après avoir enlevé les vêtements. Il voulait avoir accès à chaque centimètre de peau, il voulait pouvoir lécher et couvrir de sa semence chaque parcelle de son être, et cela allait être un peu difficile en l’état… Il ramena les deux bras au-dessus de la tête de sa proie pour pouvoir les tenir d’une seule main, ce qui ne fut pas difficile compte tenu de sa force, et commença à retirer le haut d’une main empressée.
Des étoiles éclatèrent devant ses yeux et son souffle se coupa dans sa gorge tandis qu’une violente douleur se mettait à irradier de son entrejambes. Il se laissa tomber sur le côté, le visage de plus en plus congestionné par le manque d’oxygène et la douleur, les mains ramenées sur la zone sensible malmenée par un inattendu coup de genou.



Il lui fallut plus d’une minute pour réaliser qu’il était désormais seul.



Il se redressa, la douleur se dissipant. « Joanna ! Reviens ! C’est un ordre ! »
Comment avait-elle pu oser… ?
Comment osait-elle décliner l’honneur qu’il avait décidé de lui faire ?
La colère le faisait grincer des dents.
Voyant qu’elle n’obéissait pas, il prit le scaouteur à sa ceinture et, le remettant à son œil, l’activa en maugréant. Elle croyait quoi, cette femelle décolorée ? Qu’elle allait pouvoir lui échapper ?
Repérant son énergie, il avança droit vers elle, en décidant de lui laisser une chance, magnanime. « Joanna ? Je sais où tu es ! Sors de ta cachette, et tout ira bien ! Allons, sois raisonnable, ma belle ! »
Elle cherchait à s’éloigner ? Très bien, elle l’avait cherché. Il se précipita sur elle et l’attrapa rudement à la corne.

« Qu’est… Ce que c’est que ça ?? »
L’animal, paniqué, se débattait autant qu’il pouvait sous la poigne de fer du Saiyen.
Contrarié, le prince le jeta au loin avant d’enclencher de nouveau son détecteur. Il y avait plusieurs énergies du niveau de la jeune femme qui s’éloignaient, mais… Laquelle était la bonne ? Il s’était précipité sur la plus proche, comme il était impossible qu’elle se fut éloignée plus que cela durant le court laps de temps imparti… Elle n’avait jamais eu la réputation d’être rapide… Avait-elle caché son jeu ?

La panique commençait à s’emparer de lui. Il se précipita sur chaque énergie pour vérifier, et au sixième animal qu’il débusqua, il arracha le scaouteur de son oreille pour le balancer sur un rocher, rageur. Impossible ! Juste impossible !! Elle ne pouvait pas avoir disparu comme cela ?!
« Joanna ?? Joanna, je t’en prie, sors de ta cachette ! Je ne te ferai rien, je te le jure ! Joanna ? S’il te plaît, reviens ! J’ai eu tort ! Je… Je m’excuse ! »

Tandis qu’il cherchait en tous sens, paniqué, une certitude s’ancrait de plus en plus en lui : il l’avait perdue. Il avait cherché à la prendre de force, à aller à l’encontre de toute raison et de toute logique, et il en payait désormais le prix.
Il se laissa tomber à genoux et frappa le sol de ses poings, en rage contre lui-même, avant de s’envoler vers le palais, vaincu et hanté par la vision des grands yeux bruns terrifiés et des paroles qu’il entendait enfin prononcer : « Qui êtes-vous ? »




Il partait enfin.
Elle sentait sa présence s’éloigner avec plus de clarté que jamais.
Se détendant enfin, elle se mit à pleurer en étouffant le plus possible ses sanglots.
Quand elle avait réussi à se libérer, elle avait couru ventre à terre jusqu’au couvert des arbres et s’était réfugiée, tremblante, dans un creux de terrain sous un buisson épineux.
Mais il allait la retrouver, c’était obligé. Elle ne pouvait soustraire sa force, aussi faible fut-elle, au scaouteur.

« … Contrôle bien ton énergie… Rendre invisible… »
Baisser son énergie pour se rendre indétectable… ! Oui, elle savait faire cela ! Il fallait juste qu’elle reprenne son calme, malgré les cris de colère du prince. Elle se répéta les instructions surgies du fond de sa mémoire, faire le vide en soi, contrôler sa respiration, être aussi serein qu’un ciel vide de nuages… Baisser sa puissance n’avait pas été difficile à maîtriser, à cette lointaine époque dont elle ne se souvenait plus, mais en ce qui concernait les autres façons de la contrôler pour l’augmenter, voler ou la concentrer en attaques, elle n’avait jamais réussi…
Heureusement que la dissimulation était une habitude bien ancrée en elle, car quand elle sentit le prince foncer dans sa direction en poussant un cri victorieux, sa peur fusa de nouveau, manquant de lui faire perdre le contrôle de son être et de la dévoiler. Elle sentit le vent de la course sur elle et bruisser son buisson comme le prince venait de passer à moins d’un mètre de sa cachette pour se saisir d’une créature locale. Il s’en était fallu de peu…

Durant l’heure qui suivit, il lui arriva à plusieurs reprises de s’approcher à moins de cinq mètres d’elle, et elle sentait son cœur frapper tellement fort dans sa poitrine qu’elle croyait qu’il l’avait trahi et qu’il avait mis le prince sur sa piste.
Les cris de Vegeta changeaient tandis que le temps passait, mais la terreur de Joanna ne s’apaisait pas. Et si c’était un piège ? Ses cris de repentir, sa demande de pardon, n’allaient-ils pas s’envoler sitôt qu’il l’aurait vue ? Sa rage n’allait-elle pas s’enflammer de nouveau à sa simple vue ? Et là, si jamais il venait à s’emparer d’elle, elle n’aurait plus aucune chance de lui échapper…



Joanna était épuisée, après l’épreuve qu’elle venait de traverser, mais elle était trop sur le qui-vive pour ne serait-ce qu’avoir envie de dormir. Il pouvait toujours faire demi-tour. Il pouvait envoyer des gens la chercher.
Comment allait-elle pouvoir retourner au palais ?
Ce n’était pas retrouver le lieu en lui-même qui l’inquiétait, mais bien les conséquences de ce qui venait de se passer entre le prince et elle. Elle avait non seulement osé désobéir à son prince, mais elle avait en plus osé lever la main sur lui.
Comment allait réagir le roi ?
Allait-elle réussir à se cacher pour leur échapper ?

Le regard de Vegeta la hantait. Il avait eu dans les yeux cette même lueur qui était apparue dans ceux de Freeza quand il s’était intéressé à elle, et qui ne l’avait pas quitté quand il était venu lui rendre visite dans la zone carcérale. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait ce regard. Ni avec Vegeta, ni avec Freeza. Toutes ces nuits où elle s’était réveillée en sueur, tremblante, c’était à cause de ce même regard, de ces yeux qui semblaient lui dire « tu es à moi, et je te briserai pour que tu deviennes ma chose ». Il y avait pire que la mort. Il y avait la torture.
La bile lui remonta dans la gorge sans prévenir et elle resta plusieurs minutes pliée en deux, une fois le liquide évacué, pour tenter de calmer les spasmes et tremblements qui continuaient de la secouer.
Vaincue par la fatigue, elle se terra dans un creux hors de vue pour se reposer, aux aguets. Il ne fallait surtout pas laisser filtrer la moindre parcelle d’énergie, la moindre présence.
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Re: Sykia tome 3 : la planète Vegeta chap 18

Messagepar Masenko le Lun Jan 13, 2020 15:19

Bon d'accord, j'arrête les prédictions... Poste quand tu veux (mais dans pas trop longtemps)


MAIS VEGETA QU ESTCE QUE TU FOUUUUUUS??? Vilain nain plus du tout Chibi... :evil: :evil: :evil:

En plus t'as trop bien écrit ça (comme tout le reste) donc ça faisait encore plus mal au coeur T.T Pauv' Jojo, elle doit être bien paumée... -_-


... purée mais ton histoire m'embarque vraiment dans des endroits où je ne m'imaginais vraiment pas aller... C'est dingue :o

je sais de moins en moins à quoi m'attendre dans les prochains chapitres !

Bon, j'ai fait court mais ça te motivera peut-être à poster plus vite avoir un prochain commentaire plus vite, mwhaaahahaha :D
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Chapitre 14 : Super Trahison

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Re: Sykia tome 3 : la planète Vegeta chap 18

Messagepar Heika le Dim Fév 09, 2020 22:33

Masenko a écrit:Bon d'accord, j'arrête les prédictions... Poste quand tu veux (mais dans pas trop longtemps)

Quelle chance ! Le nouveau chapitre ne s'est pas vraiment fait prier ! :D
J'espère que ce chapitre très difficile à écrire était mon seul gros blocage... Ce n'était pas un sujet facile. Déjà que je hais les conflits de base, encore plus avec la famille et les amis, alors un conflit avec un ami et... Ca...

Masenko a écrit:MAIS VEGETA QU ESTCE QUE TU FOUUUUUUS??? Vilain nain plus du tout Chibi... :evil: :evil: :evil:

Il est plus grand que 33e... ^^
Pour le côté chibi, aucune défense ! :D

Masenko a écrit:En plus t'as trop bien écrit ça (comme tout le reste) donc ça faisait encore plus mal au coeur T.T Pauv' Jojo, elle doit être bien paumée... -_-

Bon, l'effort pour "accoucher" de ce chapitre n'aura pas été vain, dans ce cas ! ^^
Ca marque, et ça brise des choses. (pas la virginité, cette fois-ci. Ok, c'était... Je sors, quoi...)

Masenko a écrit:... purée mais ton histoire m'embarque vraiment dans des endroits où je ne m'imaginais vraiment pas aller... C'est dingue :o

je sais de moins en moins à quoi m'attendre dans les prochains chapitres !

Je ris de gêne, derrière mon écran. Parce que je ne sais pas quoi répondre à cela.
Ben oui, je ne trouve pas le cheminement de mon histoire si surprenant que ça, moé... ^^'
Haaaa, mon innocence, que tu es loin... Loin aussi le temps où j'étais très facilement surprise par les retournements de situation que je n'avais pas vu venir...

Masenko a écrit:Bon, j'ai fait court mais ça te motivera peut-être à poster plus vite avoir un prochain commentaire plus vite, mwhaaahahaha :D

Oh, mais tu peux écrire des pavés, hein, ne te gêne pas !
Ce n'est pas la taille des commentaires qui influent les délais de parution des chapitres ! XD
Et youpi, 70% !!




Allez, comme promis ci-dessus, voici un nouveau chapitre !
Et vous le livre tout frais, qui mériterait de reposer 6 mois pour une relecture et des corrections !
N'hésitez pas à me signaler de possibles incohérences scénaristiques et autres problèmes, en plus de me dire ce que vous voulez !
Warning : langage vulgaire et injurieux
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-19-





Joanna se réveilla en sursaut, tremblante du cauchemar qu’elle venait de faire. Ses bras se tendirent pour se refermer sur du vide. Il n’y avait rien de plus qu’elle sous ce buisson, personne à serrer contre elle pour se rassurer, comme elle avait pu faire dans cette autre vie dont elle n’avait pas de souvenirs. Elle avait beau ne pas se rappeler de cet être, son absence était plus assourdissante qu’un chœur de hurlements.
Elle avait beaucoup pensé à cet étranger tant aimé durant les trois derniers jours, comme ses conseils pour s’en sortir dans la nature lui revenaient. Elle retrouvait de vieilles habitudes partagées à deux et souffrait en silence de devoir les adapter à sa nouvelle vie solitaire.



Son corps se rappela à son esprit, mais avant de sortir de son abri elle préféra prendre le temps de sonder les environs grâce à cette nouvelle capacité qu’elle découverte… Ou plutôt retrouvée. Elle souffla un peu : il n’y avait aucune puissante énergie dans les environs. Elle se glissa enfin hors de sa cachette. Si l’une des présences senties n’était pas un animal, ce n’était en tout cas pas un danger insurmontable comme un guerrier Saiyen, même de rang C. Sa faiblesse la dégoûtait encore plus en cette période difficile : même le plus faible des soldats du roi était trop fort pour qu’elle puisse s’en sortir face à lui. Et sûrement que les plus forts des rangs D pouvaient réussir à la maîtriser…

Soulageant le besoin naturel qui avait été à l’origine de son réveil, elle soupira de désappointement. Elle n’allait plus pouvoir faire ce rêve sans qu’il tourne au cauchemar, désormais. Elle tenta de se raisonner : finalement, ce pouvait être là un mal pour un bien… Il lui était arrivé plusieurs fois, au cours de l’année écoulée, de voir certaines parties de son corps influencer d’autres durant son sommeil. Parfois, au lieu d’avoir de simples rêves désagréables de recherche de toilettes, elle s’était retrouvée à faire des rêves inavouables et très frustrants avec une personne dont elle n’avait jamais voulu admettre l’identité. Sauf que ce jour-là le prince aux -trop- subtiles caresses intimes s’était soudainement transformé en Freeza au regard possédé. Elle serra ses bras contre son corps en repensant à la sensation d’impuissance face à l’étranger qui avait voulu la prendre de force dans son rêve. Mais… Avait-il au moins ce qu’il fallait, niveau appareillage, pour pouvoir prétendre à le faire ? Un frisson désagréable la parcourut. Finalement, elle n’avait pas envie de le découvrir.
Se dirigeant vers le point d’eau repéré la veille avant de dormir, elle ne pouvait s’empêcher de se remémorer une fois de plus cette sorte de lueur qu’elle avait vue : c’était celle des yeux de Freeza, des yeux de son cauchemar, mais aussi de Vegeta. Plus le temps passait, plus elle se souvenait d’avoir eu un sentiment de malaise en sa présence, à quelques moments où il se montrait particulièrement possessif, et l’impression d’avoir vu un je-ne-sais-quoi dans son regard, qui l’avait toujours aidée à garder une certaine distance avec lui.



La jeune femme put se rafraîchir et se désaltérer sans problème, mais cela ne suffit pas à la revigorer. Ne connaissant pas les plantes de ce monde, elle n’avait pas voulu prendre de risque, et n’avait mangé en trois jours qu’une petite proie grosse comme un lapin qu’elle avait cuit à la hâte de peur que le feu ou l’odeur de la nourriture n’attirât quelqu’un. Entre la faim et la vigilance constante, l’épuisement commençait à gagner. Elle devait trouver une solution.
L’une d’elles consistait à essayer arbitrairement les plantes locales en se basant sur ses connaissances, avec l’espoir que les règles apprises pour les plantes de son monde s’appliquassent aussi ici. Une autre était de se signaler à la prochaine personne survolant la zone.
Tout en marchant, elle ne put s’empêcher de se demander s’il était commun pour un Saiyen, un guerrier de surcroît, de venir voler dans ces zones reculées, ou bien s’il s’agissait d’une patrouille à sa recherche… En trois jours, cinq personnes étaient passées, volant assez lentement. Logique s’ils cherchaient quelqu’un ou quelque chose, mais… En même temps, ils partaient trop vite, ça ne collait pas. Le roi avait-il seulement envoyé quelqu’un la chercher ? Peut-être passaient-ils par ici par hasard, en simple promenade, ou en chasse de gibier… En tout cas, depuis trois jours qu’elle avait fui, il n’y avait pas eu de battue ni de recherche virulente. Elle ne savait si elle devait en être soulagée ou vexée…

Est-ce-que le mal qui avait touché Vegeta et Freeza était contagieux ? Le roi avait déclaré à plusieurs reprises la protéger, mais quels étaient les risques de le voir lui aussi avec ce regard possédé ? Et alors que se passerait-il ? Il l’enfermerait dans une cellule tout confort ‘pour son bien’, en la coupant du reste de l’univers ?
Mais peut-être s’inquiétait-elle pour rien concernant Majesté, car peut-être Vegeta l’avait-il déjà éliminé pour prendre sa place, et être sûr de pouvoir disposer d’elle selon son bon vouloir une fois retrouvée… Elle croyait quand même peu à cette version, car si cela avait été le cas, il aurait envoyé bien plus de soldats à sa recherche. Sauf qu’il était intelligent… Et peut-être voulait-il lui faire croire que tout allait bien et la laisser rentrer d’elle-même pour mieux l’enfermer, et lui donner l’illusion qu’elle avait elle-même choisi sa fin ?
Sans personne à qui parler, sans personne pour la raisonner, elle ne pouvait faire taire son imagination qui s’emballait et montait des scénarii plus alarmistes les uns que les autres qui lui donnaient souvent envie de pleurer ; heureusement, l’inquiétude constante dans laquelle elle vivait l’empêchait de se poser pour s’apitoyer sur son sort et se désespérer, et la poussait à avancer toujours plus loin.



Ses pensées morbides s’envolèrent comme son attention fut alertée par un attroupement d’énergies plus élevées que celles des habituels animaux. Elle secoua la tête. Non, ce n’était pas juste ça, elle sentait qu’il y avait des gens, que cette fois ce n’étaient pas des animaux. Les présences ressenties étaient différentes.
Elle n’hésita presque pas, et se mit à avancer précautionneusement vers eux. C’était un groupe de classes D. Que pouvaient-ils donc bien faire par ici ?
Ses pas la menèrent aux abords d’une clairière et la stupeur la poussa à se dévoiler imprudemment. Un village… Il y avait donc un village Saiyen, sur la planète Vegeta ? Tout le monde ne vivait donc pas dans les extensions du palais ? Elle regardait les maisons aux murs en torchis avec ébahissement, et les enfants qui s’étaient arrêtés de jouer pour la regarder en retour, curieux. Oui, c’était un vrai village, avec une pompe à eau au milieu, du linge qui séchait sur des cordes tendues, des étais de séchage de plantes et de viandes… Et le palais en arrière-plan, à plus de deux kilomètres de cela, que l’on devinait plus qu’on ne le voyait. Elle s’était donc tant rapprochée que cela ? Ses poumons se vidèrent sous le coup de la désagréable surprise.

« Maman, il y a une madame bizarre… »
Une femme sortit précipitamment pour se saisir de l’enfant qui venait de parler. Elle s’arrêta net en voyant Joanna. « Taasai ! Va chercher Kabotcha ! »
Un gamin partit en courant. Le mouvement fit bondir la métisse dans les buissons.
« Attendez ! » S’écria la Saiyenne. « Nous ne vous voulons pas de mal… Gine nous a parlé de vous ! »
Méfiante, Joanna ne sortit qu’à moitié de sa cachette. Il n’y avait que 3% de risques que le prince eut dit de mentionner ce nom pour la piéger. Sa fierté ne l’aurait pas permise. Mais comme il n’était plus tout à fait lui-même, la métisse s’accordait une marge de 3.
La femme posa son enfant au sol et se plaça devant lui et ses amis, semblant être aussi méfiante envers l’étrangère que cette dernière l’était envers elle.
« Gine est inquiète pour vous. Il paraît que vous avez disparue depuis que vous êtes sortie de cellule. »
Joanna se contracta un peu plus en entendant cela. ‘Il paraît’ ? Pourquoi faire comme si elle n’était pas au courant ? Une nouvelle pareille, personne n’avait dû la manquer…

« Elle vous a cru malade, quand vous n’étiez pas venue manger dans les appartements royaux, » continuait la femme, immobile. Elle devait sentir que le moindre geste pouvait être à même de détruire le lien ténu qui retenait la métisse. En tout cas, elle n’exprimait aucune hostilité, et cela plus que toute autre chose retenait Joanna.
« Quand elle ne vous a vu à aucun repas, il y a deux jours, elle a commencé à s’inquiéter. Elle a vu que vous n’étiez pas dans votre chambre. Elle a bien essayé de se renseigner, mais personne ne savait rien. Et elle n’a évidemment pas osé demander quoi que ce soit à la famille royale. Est-ce-que… Nous feriez-vous l’honneur de rester un peu ? Qu’elle puisse vous voir… Ca la rassurerait… Si elle est votre amie, comme elle le pense, bien sûr… »
La métisse fronça un peu les sourcils. Il y avait beaucoup de prudence dans la façon de s’exprimer de la femme. Comme si elle cherchait à gagner du temps. Ainsi donc, c’était bien un piège… ?

Joanna ne s’enfuit pourtant pas. Quelque chose la chiffonnait. « Qu’est-ce-qui vous fait peur ? » Elle sursauta intérieurement en s’entendant parler. Jamais elle ne s’était entendu un ton si dur et tranchant.
La femme en face perdit deux tons de couleur. « Vous, évidemment. » Elle ne broncha cependant pas en répondant. Elle était forte de caractère et ne manquait visiblement pas de courage.
La métisse expira de surprise. C’était elle, la source de son inquiétude ? Les enfants, derrière la Saiyenne, la regardaient eux aussi comme s’ils avaient une bête sauvage en face d’eux. Comment pouvait-elle donc faire peur à qui que ce fut ?

Avant qu’elle ait pu poser la moindre question, un homme arriva au pas de course, faisant prendre instinctivement à la métisse une pose de défense, ce qui entraîna quelques discrets cris de peur de la part des plus jeunes qui préférèrent se cacher dans la maison.
« Kinoko ! Que se passe-t-il ? Quelque chose est… » Il s’arrêta net en voyant la visiteuse. Son long visage plutôt rectangulaire passa de l’inquiétude à la froideur. « La putain royale. Que nous vaut ce déplaisir ? »
Les mots eurent l’effet d’une gifle sur Joanna qui n’en croyait pas ses oreilles. C’était la première fois de sa vie… Sur Vegeta, du moins, qu’elle était si ouvertement insultée. Il n’avait donc pas peur des représailles royales ? Vexée, elle relâcha sa vigilance.
La dénommée Kinoko fila un coup de coude dans l’estomac de l’homme qui se plia en deux, et le poussa au sol où il s’écrasa lamentablement. Elle l’y bloqua d’un pied. « T’es vraiment un boulet, Kabotcha. C’est pas possible. »
Les enfants ressortirent immédiatement de la maison pour se jeter sur l’homme et se servir de lui comme d’un paillasson, sans aucun scrupule.

« Ki… Kinoko ! Je t’en prie ! J’ai eu tort ! Je suis désolé ! Libère-moi et fais dégager les mioches, s’il te plaît ! »
La femme le libéra dédaigneusement et adressa un signe de tête à l’étrangère. « Je suis désolée. Kabotcha a beau être un imbécile, il est malgré tout le chef de notre communauté.
-Comment ça, votre communauté ? » Joanna en oublia jusqu’à sa vexation. « Vous n’êtes pas des sujets de Sa Majesté ?
-Et voilà, t’as qu’à tout lui dire, pauvre crétine ! » S’insurgea Kabotcha auprès de Kinoko en s’époussetant. Il retrouva le sol en suivant. « J’ai rien dit, j’ai rien dit !!! »
La Saiyenne soupira un peu, sans que Joanna puisse savoir si c’était de désespoir face à l’homme ou par rapport à elle. Peut-être un mélange des deux. « Je pense qu’on serait mieux installés dans ma maison pour discuter. Pardon, pour attendre Gine. Je pense qu’elle est la plus à même de tout vous expliquer. »
Voilà qui était curieux. Mais la méfiance de la métisse se raviva.

« Qu’est-ce-qui me dit que ce n’est pas un piège ? »
Les deux adultes la regardèrent avec curiosité, plutôt dissimulée pour la femme, ouverte pour l’homme. Kinoko chassa les enfants en leur disant qu’il fallait trouver Gine ou bien un grand pour aller la chercher, et que c’était pour le jeu du secret.
« La protégée du roi a quelque chose à craindre ? » Demanda-t-elle enfin une fois qu’ils ne furent plus que tous les trois.
« Comment va Sa Majesté ? » Interrogea Joanna en retour.
Kinoko haussa les épaules. « Aussi bien que depuis que vous l’avez sauvé, à ce que je sache.
-Il est censé lui être arrivé quelque chose ? » Kabotcha semblait tout excité à cette idée, et le rouge lui montait au visage. « Tu as tenté de le tuer ? »

Le regard que lui lança Joanna le figea sur place.
« Je m’inquiétais parce que sa santé n’est pas très bonne, et que… Je n’étais pas là, ces derniers jours.
-Ah oui ? Et tu étais où ? Et tu faisais quoi ? » Le ton de Kabotcha était aussi affectueux qu’à son arrivée.
« Je… Cherchais des plantes. Et… Je me suis perdue.
-Ca en l’air, oui, » railla le Saiyen.

L’homme se prit de nouveau un coup dans le plexus. « Putain, Kabotcha, c’est pas nos affaires ! Les enfants vont sûrement revenir d’un instant à l’autre. Vous voulez un thé ? Je pense qu’à l’intérieur, on sera mieux que sous ce beau ciel bleu… Le fond de l’air est un peu frais, en cette saison.
-Non, il est très bien… » Il se prit un nouveau coup de coude.
La métisse acquiesça et avança vers la modeste demeure. Comment avait-elle pu se montrer distraite au point d’oublier qu’elle était présentement exposée aux yeux de tous ?
« Réfléchissez un peu à votre mensonge, si vous ne voulez pas que Gine s’inquiète, » lui fut-il murmuré au passage de la porte.
Elle jeta un regard coupable à son hôte en rougissant un peu. Kinoko avait raison.



En plus d’un thé, un assortiment de mets simples furent servis à l’invitée sur une table si basse qu’elle dut s’asseoir sur un coussin à même le sol.
« Vous avez l’air d’avoir faim. Je n’ai que des restes de ce midi… » s’excusa Kinoko en les présentant. « Mais n’hésitez pas. »
Joanna goûta prudemment un aliment cru. « C’est trop bon ! Qu’est-ce-que c’est ? On n’en a jamais eu d’aussi bon !
-Ce sont des racines de tom ! » Se rengorgea soudainement Kabotcha. « Et ça, ce sont des harry ! On les mange généralement en accompagnement de la viande. »
La métisse goûta une tige rendue molle par la cuisson, et se servit une poignée en suivant dans ce qui restait, tant elle trouvait cela délicieux.
« Et ça, ce sont des biscuits fourrés à la confiture de chantal.
-Mais même la farine n’est pas la même ! C’est vraiment trop bon ! Vous avez eu ça où ?
-Ici même, voyons ! » Le visage du Saiyen, alors fier et triomphant, se ferma soudainement.

Kinoko le regardait sans rien dire depuis plusieurs minutes, la tête posée sur son poing. « Tu t’es grillé tout seul, crétin.
Le regard de l’homme redevint froid. « Alors on va devoir…
-Attendre le retour de Gine » l’interrompit la Saiyenne en lançant un très rapide coup d’œil en coin vers l’invitée pour tenter de faire passer un message à l’homme.
Joanna se força à vider sa bouche. « Vous les avez obtenus comment ? Vous les cultivez ? »
La lueur froide dans le regard de Kabotcha s’évanouit instantanément. « Tu connais ce terme ??
-Ben… Oui ?
-Et tu sais ce qu’il veut dire ? » Il était dubitatif, après avoir été positivement stupéfait.
« Que vous avez eu des graines de plantes, que vous les avez mises en terre et qu’une fois qu’elles ont poussées vous les avez récoltées… ? Enfin… C’est le sens que j’ai appris moi, pour ‘cultiver’…
-Mais… Mais oui, c’est ça… » Il était abasourdi. « C’est tout à fait ça ! Comment une crétine du palais sait ça ? »
Kinoko se passa une main sur le visage. « Kabotcha, pauvre idiot, arrête de te ridiculiser et réfléchis un peu… Elle n’est là que depuis un an à peine. Elle a eu une autre vie, avant. Comme nous.

-Ha… Ah oui. Tu as toi aussi été récupérée sur le tard. Tu t’appelles comment, la décolorée ?
-Je m’appelle Joanna, monsieur Caboche Sale.
-Tu vois, Kinoko, t’as vraiment un accent pas possible : les étrangers te comprennent mal. Kabotcha. Moi, c’est Kabotcha. Et elle, c’est Kinoko.
-Mais bien sûr… » Soupira cette dernière.
« Ce village est magnifique, et cette nourriture est fantastique ! » S’extasia l’invitée entre deux bouchées, dédaignant le commentaire de l’homme. « Mais… Je croyais que tous les Saiyens…. Non, tout le monde vivait dans le palais… Pour ce que j’en ai vu, il y a encore suffisamment de places… ?
-Comme si j’allais vivre là-bas, avec ces barbares ! » Kabotcha cracha au sol. Et son visage se retrouva l’instant d’après à l’essuyer. « Désolé, désolé ! Pardon, Kinoko ! Là, voilà, c’est propre…
-Kabotcha, s’il te plaît, juste ferme-là. » Kinoko se tourna de nouveau vers son invité. Son malaise était palpable. « Est-ce-qu’il serait possible d’attendre l’arrivée de Gine pour reparler de tout ça, s’il vous plaît ?
-Je ne comprends pas pourquoi, mais oui, si vous voulez… » Concéda Joanna, perplexe. « Euh… Je peux vraiment tout manger ? Vous avez d’autres bouches à nourrir, et je ne voudrais pas…
-Allez-y, n’ayez crainte, j’ai des provisions. » Un sourire franc éclaira le visage de la Saiyenne. « Vous ferez même plaisir à mon garçon : il râle quand je lui sers des restes. Je vais donc devoir cuisiner autre chose, puisque vous allez tout finir. »
Cela tira le premier vrai rire de la métisse depuis des jours, même s’il était plutôt léger.
« Il est dans un âge un peu difficile, vous voyez, » continua Kinoko avec affection. « A quatre ans, ils testent encore les…

-C’est lequel, le meilleur, entre le roi et le prince ? » L’interrompit brutalement Kabotcha.
Les deux femmes le regardèrent, un peu surprises.
« Le meilleur ? » Répéta Joanna sans comprendre.
« Ben, oui, au lit ! C’est lequel, le meilleur coup ?
-Mais punaise, Kabotcha, ça ne nous regarde pas !! » Kinoko semblait ne plus savoir où se mettre tant elle semblait gênée.
« Coup de quoi ? Au lit de quoi ? » Lui demanda la métisse en fronçant les sourcils.
« Rien, ce n’est rien ! Oubliez, s’il vous plaît…
-Je voudrais comprendre.
-Elle voudrait comprendre, Kinoko ! » Renchérit le Saiyen, jubilant.
La femme sembla se tasser un peu sur elle-même comme si elle se retenait très fortement d’étrangler son confrère, puis soupira de lassitude. « Kabotcha vous demande lequel entre le roi et le prince a été… Votre meilleur partenaire sexuel.
-Oui ! Voilà !! » Il en aurait presque applaudi d’excitation.
Joanna resta quelques instants sans rien pouvoir dire. « Mais… Non… Il n’y a jamais rien eu… » Elle frissonna en pâlissant comme le souvenir de l’incident survenu trois jours auparavant semblait vouloir l’assaillir.
Kabotcha, imperméable aux variations de ses interlocuteurs, s’exclama, déçu : « Quoi ?? Mais je croyais que t’étais le royal sac à biiii-hi-hi-hi-heuuuuu… » Un nouveau coup dans le plexus de la part de Kinoko lui coupa la respiration.
« Je suis désolée, il ne sait vraiment pas se tenir… » S’excusa la Saiyenne, très fortement gênée.

« Il n’y a jamais rien eu de tel entre nous… Vous sortez cette idée d’où ? »
Kinoko se raidit un peu en voyant l’expression contrariée du visage de son invitée. « Ce sont des rumeurs, une explication parce que vous passez beaucoup de temps avec la famille royale… »
Joanna soupira. « Je me doutais bien que ça ne plaisait pas… Mais quand même… !
-Mais tu sers à quoi, alors, si c’est pas pour la… j’ai rien dit ! » L’homme regarda le poing s’arrêter à un cheveu de son visage, une goutte de sueur lui coulant dans le cou.
« Je suis leur amie. »
Kinoko ouvrit des yeux ronds de surprise.
« Mais on peut baiser aussi, entre amis… » Contra Kabotcha. « La preuve : Kinoko et moi… »
Cette dernière tourna la tête vers lui, dégoûtée. « Mais même pas en rêve !
-Ca, c’est parce que t’as jamais voulu m’essayer ! Mais si tu veux, ce soir, je peux te prouver que je suis un super bon coup !
-Plutôt crever, Kabotcha.
-Roh, là là, tout ça parce que môdame a des principes de fidélité ! »
Ce fut au tour de Joanna d’ouvrir de grands yeux. « Vous avez un compagnon, madame Kinoko ? »
L’air émerveillé de la métisse fit sourire l’interpellée. « En effet. Il est le père de mon enfant.
-C’est formidable !
-Ben non, » la contra Kabotcha, « ce n’est pas formidable, puisque ça la fait passer à côté de superbes occasions comme moi !
-Désolée, je me contenterai de mon compagnon… »

L’homme renifla dédaigneusement. « Décidément, tu ne sais pas ce que tu rates. Et toi, là, la décolorée ? Puisque tu dis que tu ne fais rien avec les deux autres, tu dois bien avoir des envies, non ? Tu les passes avec qui ? »
La cible commença par rougir puis pâlit et se renfrogna un peu. « Je n’ai jamais rien fait avec personne parce que je n’ai besoin de rien à ce niveau-là.
-Oh, sérieux ? Mais tu sais, les mains, même pour les filles, ça ne va qu’un temps, hein… Attends… Me dis pas que t’es frigide ? » Il était étonnamment compatissant, pour une fois. « Tu sais que ça se soigne ? Ou je peux t’aider, hein… Vraiment, ça me ferait plaisir… Sincèrement.
-On n’en doute pas, » l’interrompit Kinoko. « T’es vraiment lourd ! T’as toujours pas pigé que si une femme a envie de toi, elle te le fera savoir ? Alors arrête de nous harceler !
-Mais je ne fais que proposer ! Ça ne coûte rien, de proposer ! » Se défendit le Saiyen. « Je me suis fait de bonnes copines, comme ça, d’ailleurs ! »
La Saiyenne était sidérée. « Quoi ? Tu as vraiment eu des réponses positives à ton harcèlement ?
-Ben quoi, tu crois quoi ?
-Faudra que tu me dises qui c’est, pour avoir aussi mauvais goût.
-Mais t’es vraiment une connasse !
-A ton service. Désolée, Joanna… On doit vous ennuyer…
-Ce n’est rien, » la rassura cette dernière.



On frappa à la porte de la maisonnette. Joanna bondit immédiatement sur ses pieds, prête à fuir. Elle se détendit très vite.
« C’est Gine. Elle est seule avec les enfants. »
Les deux Saiyens, qui s’étaient contractés en voyant la métisse bondir, ne purent que la regarder bouche bée, avant que l‘un des deux ne se précipite à la porte.
« Madama Kino… Oh, monsieur Kabotcha ! Pardon, je ne savais pas que vous étiez là…
-Entre vite, gamine. Et vous, les mioches, continuez de jouer dehors, et qu’on vous entende pas, hein ! » Il referma vite la porte, toujours stupéfait.
« Merci d’être venue aussi vite, Gine, » l’accueillit Kinoko pendant que les grands yeux sombres de l’enfant s’accommodaient à la pénombre de la maison. « On a besoin de ton aide. »
La femme n’eut pas besoin de rajouter quoi que ce fut comme la jeune Saiyenne voyait enfin la raison pour laquelle elle avait été appelée.
« Joanna ! » Elle se précipita vers cette dernière qui se laissa tomber à genoux pour pouvoir la serrer contre elle. « Joanna, j’ai eu si peur pour vous ! Vous aviez… Disparue ! Personne ne pouvait rien me dire… Personne ne semblait s’inquiéter pour vous… Je ne comprenais pas… Je…
-Je suis désolée, Gine, je suis désolée, je suis désolée… » La métisse ne semblait pas pouvoir prononcer autre chose que des excuses, le visage enfoui dans la courte chevelure hérissée.

« Mais… Vous pleurez ? »
L’enfant la sentit acquiescer après un silence.
« Qu’est-ce-qui vous est arrivé ? »
Joanna se retrouvait au pied du mur. Que devait-elle lui répondre ? Elle avait l’impression de sentir le regard de Kinoko peser sur elle. Que dire ? Quel mensonge pouvait être à même de…
« Je… Nous nous sommes disputés, Vegeta et moi. » C’était le mensonge le plus proche de la vérité. Si elle en disait plus…
Elle laissa la jeune Saiyenne reculer pour mieux la regarder, horrifiée.
« Disputés ? Vous vous êtes… Disputés ? Avec Son Altesse ? » L’effroi dans la voix de l’enfant était à l’image de la réaction que la métisse avait crainte de déclencher.
Joanna s’essuya les yeux et les leva sur les deux adultes. Ils étaient atterrés, les visages décomposés.
Ça y était, tout était fichu. Elle était désormais coincée. A trois contre un, elle n’allait pas réussir à s’en sortir. Surtout qu’il était hors de question de toucher à Gine. Mais peut-être réussirait-elle à les faire fléchir, à les convaincre de lui laisser une chance de s’enfuir, et ils n’entendraient plus jamais parler d’elle ? Si elle retournait là-bas, combien de risques de voir une descendance métisse arriver dans la famille royale ? Et qui voudrait de métisses comme rois ?

« Nous nous sommes disputés, je l’ai frappé, et je me suis enfuie. » Elle se mordit la lèvre. Ce n’était pas ça qu’elle avait voulu dire. Parler de bâtards royaux, oui, de ce qui était arrivé, histoire de s’enfoncer un peu plus, non.
Le visage de Kabotcha redevint aussi sérieux et dur qu’à son arrivée. « Kinoko. Fais en sorte que les mioches ne mouftent pas un mot. Et toi, Gine, pas un mot à ton crétin de Bardack. C’est un guerrier, on ne peut pas avoir confiance dans les guerriers. » Il regarda la Saiyenne à ses côtés. « Meuf, cette nana, elle en a dans le froc ! C’est une héroïne ! »
Kinoko se passa une main sur le visage, désespérée. « Kabotcha, ce n’est pas si simple. Bien sûr qu’on va faire notre possible pour la cacher, mais il faut aussi qu’on fasse attention aux conséquences. Un tel secret ne pourra pas être éternellement gardé. »
Joanna n’en revenait pas. Ils disaient bien ce qu’elle croyait entendre ? Ils parlaient de cacher, de ne rien dire, et c’était pour elle ? Vraiment pour elle ?
« Vous… Vous n’allez pas… » Ce n’était juste pas possible. « Ecoutez, c’est bon, pas la peine de me mentir. Je ne me débattrai pas. Je suis incapable de survivre seule sur cette planète, je n’y connais rien.
-Donc voilà la solution, » dit Kinoko à l’homme. « Il suffit de la cacher le temps qu’elle apprenne à se débrouiller.
-Oui, pas bête… » Kabotcha hocha la tête, appréciateur.
Ils continuaient de parler de la cacher…

Joanna se laissa tomber au sol, les jambes en coton, abasourdie. « Je ne comprends pas : vous ne voulez pas me livrer au palais ?
-Quel intérêt ? » Lui demanda Kinoko.
« Je me suis rebellée contre la famille royale ! Ca ne vous fait rien ? » Joanna hurlait presque.
Kinoko fronça les sourcils. « Je vais croire que tu es aussi stupide que Kabotcha. Si, ça nous fait quelque chose : plaisir. »
La métisse le put que regarder la Saiyenne sans rien dire, les yeux écarquillés de stupeur, la bouche prête à gober des mouches.
« Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, nous ne sommes pas très… Patriotes, dans le coin, » continua la femme. « Je pensais pourtant que la façon peu flatteuse de parler de Kabotcha de la famille royale t’avait mise la puce à l’oreille… Si nous ne sommes pas installés dans le palais, c’est parce que nous ne nous y sentons pas à notre place. Le roi, ton ami, nous a arrachés enfants à nos familles pour nous envoyer sur de lointaines planètes puis a envoyé des guerriers tuer les familles que nous nous étions faites pour nous exiler ici et nous traiter comme des déchets. Alors tout ennemi de la famille royale est notre ami. »
La méfiance. La crainte. Les enfants qui jouent silencieusement. Le jeu du silence. La lumière se fit enfin. Comment avait-elle pu être aussi aveugle ? Comment avait-elle pu croire qu’il n’y avait qu’elle qui avait des soucis ? Sa venue dans ce village était un très gros risque pour eux, et ils l’avaient quand même accueillie.
Joanna baissa la tête, honteuse. « Je… Suis désolée. Et merci. »
Gine se jeta à son cou pour la serrer contre elle, heureuse de l’avoir retrouvée.
« Bon, ben, Kinoko… On n’avait pas vraiment besoin de la p’tite, finalement, » conclut Kabotcha en souriant.


Spoiler
Kabotcha : variété de potiron
kinoko : champignon
taasai : variété de choux
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Re: Sykia tome 3 : la planète Vegeta chap 19

Messagepar Masenko le Lun Fév 17, 2020 16:18

Heika a écrit:Ben oui, je ne trouve pas le cheminement de mon histoire si surprenant que ça, moé... ^^'
Haaaa, mon innocence, que tu es loin... Loin aussi le temps où j'étais très facilement surprise par les retournements de situation que je n'avais pas vu venir...


Forcément que tu es moins surprise par les retournements de situation de ton histoire, vu que c'est toi qui les provoque et les écrit et donc trouve ça normal et naturel :p

Heika a écrit:Et youpi, 70% !!


On approche des 80... Je suis moi-même toute fofolle de mon avancée ^o^


Oooohh... J'ai beaucoup aimé ce chapitre aussi !

Je l'ai trouvé très juste au niveau des émotions ! Et j'aime bien l'idée que le peuple n'est pas à 100% uni et que tout n'est pas blanc ou noir... Bref, ton histoire avait un air "léger" au début je trouve (la petite candide dont tous les "gentils" saiyens sont amoureux pcq elle est trop mimi...) et plus les chapitres passent, plus ça devient sérieux et "réaliste" tout en gardant une Tite touche délire (Big up Kabotcha ;) + avec son "sketch" avec Kinoko :D ). J'ai particulièrement apprécié le côté doute et méfiance... Toute naturelle dans cette société mais qu'il ne fallait pas négliger.

J'ai un tout mini moins parce que j'ai eu la sensation qu'au début de la rencontre avec les gens du village, la narration perdait de sa précision habituelle. Mais rien de grave parce que je ne retrouve pas l'endroit :p te connaissant, quand tu te reliras, tu rectifieras ça ;)

La chuiiiite :mrgreen: ??
- Masenko -


Fanfiction : A.G.P.

Chapitre 14 : Super Trahison

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