Chroniques de la Famille Cold

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mar Oct 17, 2023 10:31

Et oui, toujours au rendez-vous !

Un chapitre plus long que d’habitude, mais ce n’est pas plus mal, ça te permet de le développer un peu plus, surtout pour les descriptions ! Personnellement, j’ai bien aimé !

Une première partie qui est très intéressante, j’aime beaucoup les échanges, qui nous laisse temporairement dans le flou. C'est bien de laisser planer un peu de mystère.

Les cheveux oranges, la peau bleue et le ki vert, c’est définitivement Bojack and co. Finalement assez cohérent dans la mesure où ils n’étaient pas apparus jusqu’alors, surtout que c’était des pirates/mercenaires. Supposition confirmée plus tard !

Je sens que ça va être chaotique, mais ça me va, j’ai toujours aimé les 1v1v1 !
Finalement, le trésor est sous bonne garde, je me demande juste ce que le gang fiche ici. Et, d’une autre manière, ça confirme peut-être ce que je me disais concernant le sceau, maintenu par les différents Kaïo. Celui du Nord n’étant pas mort, Bojack n’a pas pu sortir immédiatement.

Enfin, j’attends la suite, curieux de voir comment ça va se passer, même si avec leur niveau, Kalta, Ithaxus et Bra devraient s’en sortir !
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

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Un mage un peu excentrique. Un Kaïo. Un métis saïyan. Un démon. Un démon du froid. Qui doivent sauver l'univers dans un combat épique. Qu'ajouter de plus ?
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Oct 23, 2023 12:00

Hello Tonay !

Je sens que ça va être chaotique, mais ça me va, j’ai toujours aimé les 1v1v1 !
Finalement, le trésor est sous bonne garde, je me demande juste ce que le gang fiche ici. Et, d’une autre manière, ça confirme peut-être ce que je me disais concernant le sceau, maintenu par les différents Kaïo. Celui du Nord n’étant pas mort, Bojack n’a pas pu sortir immédiatement.


Elles ne sont pas faciles à écrire, mais j'aime aussi les situations confuses et un peu bordéliques. Elles sont souvent les plus logiques quand tous les personnages agissent sur la base d'informations incomplètes ou fausses.

Quant au gang, eh bien je peux déjà te dire qu'ils ne sont pas là pour garder l'endroit. C'est leur prison. Je me suis inspiré du background officiel de Bojack. Dans CFC, Kaïo du Nord n'est en effet jamais mort donc ils sont restés enfermés tout ce temps.

Pour le prochain chapitre, je vais remercier deux personnes ! D'abord encore et toujours : Lamantin_Furtif pour ses corrections et ses remarques, mais aussi Tonay qui m'es toujours d'un grand secours pour améliorer un peu les scènes de combats ! Comme d'habitude, les fautes et maladresses qui sont encore là sont de mon fait.

Chapitre 26 : La prison occulte


Ubore avança une de plus vers le caisson de soin pour ajuster le son qu’il émettait. Cette fois, il n’hésita pas à le faire descendre le volume jusqu’à zéro. Il en avait jusque-là des hurlements du patient. Ils avaient fait tout ce qu’ils pouvaient pour Fumeio et il ne restait qu’à surveiller son état à travers l’énorme bulle de verre.

« Il est toujours là, Colonel. »

L’infirmier. Ubore avait failli oublier son existence. Ses yeux de saphirs se fixèrent sur lui durement, jusqu’à le voir baisser les yeux.

« Faites-le entrer, décida-t-il finalement. »

Il avait à lui parler et il préférait passer ces dix prochaines minutes avec un soldat qu’avec un civil comme celui-là. Le jeune homme ne demanda pas son reste et fila hors de la salle aussi vite que possible, laissant le colonel seul avec le Sergent Fumeio, hurlant dans sa boîte mais en silence, ce qui était un soulagement.
Sa peau commençait à virer au vert, ce qui voulait dire que l’on approchait la fin de la deuxième phase. Il n’avait pas l’air bien parti pour y survivre, cependant, le visage crispé comme s’il tentait désespérément de rester conscient après un entraînement brutal.

« Colonel. »

La porte avait glissé devant le Lieutenant Bojack, au garde à vous. Son uniforme blanc était sale, mais pas déchiré. Il revenait de mission et n’avait pas pris le temps de passer par ses quartiers pour arranger son apparence. Ubore mit cela sous le compte du lien qu’il entretenait avec Fumeio : ils avaient fait leurs classes ensemble après tout, et il ne lui en tint pas rigueur.

« Repos Lieutenant. Bravo pour votre travail dans le secteur Clesker. Sans ces ressources, les rebelles n’auront pas…
- Merci Colonel, interrompit Bojack en avançant à grand pas. Comment va Fumeio ? »

Ubore tiqua, mais en voyant l’inquiétude sur les traits de son subordonné, il préféra éviter de lui faire une remarque. Depuis l’injection, le Lieutenant était devenu un peu plus susceptible et les prochains moments seraient bien assez difficiles.

« Comme vous, il est arrivé à la deuxième phase. Nous lui avons injecté tous les anti-douleurs dont nous disposions mais nous ne pouvons qu’attendre le résultat. J’ai toute foi qu’il montrera la même détermination que vous et deviendra l’un de nos meilleurs éléments. »

C’était un mensonge : selon les données qu’il avait, Fumeio avait de fortes chances de ne pas survivre aux prochaines minutes. D’où sa présence : c’était un de ses hommes et c’était le colonel qui leur avait proposé l’injection. Il devait être là pour leurs derniers instants.

Vonin l’avait averti que cette phase n’était pas encore maîtrisée et qu’elle se déclencherait de façon aléatoire. Déjà que la moitié des injectés ne survivait pas à la piqûre, le taux de survie chutait drastiquement quand cette deuxième phase commençait. Jusque là, seul Bojack avait résisté. Cette transformation n’était même pas nécessaire : les soldats nés de l’injection était déjà bien assez puissant pour faire régner l’ordre qu’Ubore désirait tant voir dans la Fédération Héréenne.
Et Bojack était le fer de lance de ce projet.

Le grand héréen avançait jusqu’au caisson médical qui contenait son ami. Ubore fit son possible pour le rassurer.

« La Fédération ne saura jamais ce qu’elle vous doit, Bojack, mais vos missions assurent la pérennité de notre civilisation et la diffusion de ses idéaux. J’espère que vous en avez conscience. Votre sacrifice ne sera jamais oublié parmi ceux qui comptent. »

Le jeune homme ne se retourna que brièvement vers lui, son regard perdu dans le vague. Il opina de la tête et appuya sur un bouton du caisson. La bulle de verre s’ouvrit avec un chuintement.

Le hurlement de douleur de Fumeio retentit encore dans la salle, crissant et désagréable. Ubore grimaça avant de reprendre son sang-froid, raidissant son torse. Il observa Bojack tendre la main pour attraper l’épaule gonflée de son collègue.

« Vous serez heureux d’apprendre que je travaille avec le ministère de la justice pour éviter de perdre encore de trop bons soldats dans cette initiative. »

Il était obligé d’élever la voix pour être entendu à travers les cris du condamné, mais même ainsi, il n’était pas sûr que Bojack voulait l’écouter. Ils restèrent ainsi : le jeune Lieutenant penché sur Fumeio et lui tenant les épaules pendant qu’il hurlait, et le Colonel à deux mètres d’eux, inspectant les constantes vitales du patient.
Enfin, Fumeio se tut. Sa peau cessa de virer du vert au bleu et s’arrêta sur un entre-deux maladifs. Sa tête retomba contre la paroi du caisson.

Un de plus.

« Mes condoléances, Lieutenant. »

Bojack ne répondit pas, la tête baissée. La porte de la chambre s’ouvrit sur un infirmier. Ubore n’eut à faire qu’un geste pour le renvoyer.

Le grand héréen se redressa enfin. Il tira sur la manche de son uniforme pour essuyer la salive au coin des lèvres du jeune soldat. Délicatement, il arrangea ses lèvres, ses cheveux et ferma ses paupières, parvenant presque à donner un air apaisé à Fumeio. Enfin, il s’éleva dans les airs pour se mettre à son niveau et se pencha pour embrasser ses lèvres, ses paupières et son front.

« Vous devriez vous reposer Lieutenant, reprit Ubore quand il fut certain que le jeune homme avait fini. Je vais prendre mes dispositions pour les funérailles. »

Il avait déjà prévu ce qu’il allait raconter aux médias et à la famille. Fumeio serait traité comme le héros qu’il était.

« Vous avez parlé d’une nouvelle méthode pour les recrutements ? »

Ubore poussa un soupir et fit un geste apaisant.

« Nous en discuterons en détail lors du briefing. Tout ce que vous avez à savoir Lieutenant, c’est que je refuse de perdre plus d’homme de valeurs. »

Et il fallait s’assurer que tout soit bien coordonné avant de lui annoncer la nouvelle. Notamment, ils ne savaient pas encore qui allait être sélectionné. Ubore avait d’abord pensé aux condamnés à mort, mais il s’agissait des individus les plus dangereux à qui donner de tels pouvoirs. Les criminels mineurs mais récidivistes paraissaient une bien meilleure cible : ils avaient le plus à gagner pour réduire leurs sentences et pouvaient sans doute devenir utile à la Fédération, à défaut d’être des soldats fidèles.

En tout cas, avec Bojack à leur tête, Ubore savait qu’ils allaient faire sa gloire. Leurs noms ne rejoindraient sans doute pas les livres d’histoire, mais le sien brillerait au firmament de son peuple pour les millénaires à venir.


* *
*

Elle était encore paralysée et les coups s’enchainaient. Un genou s’enfonça avec assez de force dans son ventre pour lui faire cracher du sang. Un poing en pleine joue fit craquer sa nuque. Un autre manqua de lui démettre l’épaule.
Ithaxus devait le reconnaître : ce Bojack frappait fort. Un large sourire éclairait ses traits, balayés par l’aura qui pulsait autour de lui. Si le corps qu’il frappait avait vraiment été le sien, elle se serait inquiétée.

Elle le fit en voyant soudain l’aura disparaître et se concentrer sur la paume de son adversaire. Il recula d’un pas, préparant son attaque en visant son ventre. La démone écarquilla les yeux et un rayon d’énergie fin en jaillit. Il rencontra la paume de l’alien juste avant qu’il ne touche son ventre.
L’explosion les enveloppa tous, salle comprise. La démone était libre.

Dans la fumée, elle fondit sur l’énergie la plus puissante qu’elle percevait. Tournoyant dans les airs, elle projeta son pied droit dans la tempe de Bojack. Il trébucha en arrière, mais parvint tout de même à interrompre son mouvement et attraper son autre jambe. Il tenta bien de la frapper au sol, mais Ithaxus repartit aussi vite dans les airs et l’entraîna avec elle.

« Vous savez, nous pourrions discuter ! »

La fumée se dissipa autour d’eux. Bojack n’était plus accroché à sa jambe. Pire encore, la salle avait complètement changé de disposition. Elle était maintenant au milieu d’une forêt, où des champignons s’étiraient comme des gratte-ciels autour d’elle. Même l’énergie de ses adversaires avait disparu.
Impossible.

Un sifflement dans l’air l’avertit au dernier moment. La démone se tourna à temps pour arrêter une boule d’énergie et l’attrapa dans sa main droite. Une autre l’atteint à la nuque, dans une nouvelle explosion. Une épine de douleur remonta jusqu’à son crâne.
La forêt sembla vaciller, redevenant un coffre au trésor l’espace d’un quart de seconde.

Une illusion.

Au moment où la révélation lui vint, le poing d’un Bojack furieux percuta son menton. Le choc la fit voler en arrière, le goût du sang envahit sa bouche. Un claquement sec retentit aussitôt et elle sentit son nez se détacher d’un côté de son visage. Ithaxus porta aussitôt la main à son menton pour maintenir le morceau en place.
Ils étaient ennuyants.
La démone bondit en arrière, rebondissant dans les airs pour rendre ses mouvements imprévisibles. Elle s’était beaucoup trop précipitée. Non seulement elle devait se débarrasser de cette menace, mais le nihilien et la saïyenne n’étaient pas loin non plus. Et elle n’avait pas le meilleur corps pour se battre. Tout s’était enchaîné trop vite.

Son corps.

Les yeux d'Ithaxus brillèrent d’un nouvel éclat. Puis, elle les ferma et prit une grande inspiration par le nez.
Aussitôt après, elle sauta en arrière. Son corps se contorsionna élégamment au-dessus de celui de Bojack, qui continua sa course dans le vide. Une dizaine de boule d’énergie filait aussi dans sa direction et elle les esquiva de la même façon, dans une danse liquide qui l’éloignait de son pire adversaire pour la rapprocher de sa cible. Ce ne fut que lorsqu’elle entendit un cri de frustration qu’elle sut qu’elle avait gagné.

Lorsqu’elle sentit l’énergie former des liens autour de ses bras, elle n’hésita pas une seconde. La démone referma les doigts autour des filins et tira violemment vers elle. Son autre main attrapa une gorge et c’est alors qu’elle rouvrit les yeux, dévoilant un sourire terrifiant au passage.

« Je vous avais prévenus. »

Elle referma violemment ses doigts sur la chair tendre et tira d’un coup sec.

* *
*

« Attention ! »

Par réflexe, Bra avait hurlé mais il était bien trop tard. L’épée surgit au-dessus de Kalta pendant qu’il était encore concentré sur cette énergie immense qui était apparue dans la station. La lame allait droit vers sa tête.
Elle s’effrita contre l’avant-bras du nihilien, dressé au dernier moment. De petits éclats de métal s’élevèrent dans les airs, devant le visage ébahi d’un autre guerrier.
La saïyenne eut le temps de l’observer. La peau semblable au précédent mais le visage plus fin, la coiffure plus étoffée aussi, les cheveux en bataille, mais de la même couleur que son collègue. Ils ressemblaient en tout point à des humains, à l’exception des oreilles pointues et d’une peau bleutée. Leurs statures étaient très athlétique, également.

« Vraiment ? demanda Kalta en se tournant vers le nouvel attaquant. »

Il maintenait toujours au sol celui qui avait tenté d’attaquer en premier, mais n’eut aucun mal à frapper du poing contre le torse du nouveau venu. La silhouette musculeuse alla s’écraser contre un des piédestaux, faisant tomber sur lui une statuette en or massif.

« Stop ! cria de nouveau Bra. Qui que vous soyez, on ne vous veut pas de mal ! »

En disant cela, elle regardait surtout Anik, dans son dos, et Kalta. Mais le nihilien ne protesta pas. Il avait simplement posé le pied sur la tête de l’homme au sol, l’empêchant de se relever.
Ils n’avaient aucune idée de qui étaient ces gens. Bra avait du mal à ne pas penser à des pirates en voyant le décor dans lequel ils se trouvaient, mais elle ne les connaissait pas. Peut-être que c’était eux les intrus dans cet endroit qui leur appartenait et leur réaction avait été un peu vive.

« Peuf ! cracha celui dont les cheveux étaient dressés. »

Il s’était redressé, les traits déformés par la colère. Au moins, Kalta n’avait pas frappé trop fort, il y avait encore une chance de régler ça de manière pacifique. L’inconnu contempla un moment la lame abîmée par le contact avec le nihilien, avant de la ranger à sa ceinture. Il releva les yeux vers eux, ajustant son haut noir sur ses épaules.

« Vous ne savez pas à qui vous avez affaire, sourit-il en serrant les poings, bras écartés de chaque côté du corps. »

Bra connaissait bien cette pose. Il fallait faire vite avant que ça dégénère.

« Non, mais vous non plus et…
- AaaaaaAAAH ! »

Trop tard. Le tissu de son haut se distendit une seconde avant d’exploser simplement pour libérer des muscles déformés et désormais vert. Son pantalon était soumis à la même pression et même l’écharpe rouge qu’il portait sur son torse peinait à ne pas disparaître dans ce déchaînement de force. Sa chevelure voletait au rythme de son aura, devenue d’un rouge intense. Bra hoqueta en sentant sa puissance augmenter brutalement. Exactement comme celui qu’ils avaient sentis un peu plus tôt. Elle le vit tendre les deux bras dans leur direction.

« Attends !
- Bido ! Occupe-toi des faibles ! Je retiens les autres ! »

Une boule d’énergie apparut entre ses mains, projetant une énergie verte tout autour d’eux. Persée et le commando bondirent dans les airs pour se mettre à l’abri. Kalta écarquilla les yeux en la voyant filer vers lui. La situation venait de dégénérer.

La salle entière semblait maintenant rayonner de vert, l’or prenant une apparence toute nouvelle. Kalta lâcha l’homme qu’il retenait au sol pour se tourner vers l’attaque et la retenir des deux mains. Elle vit ses mains trembler en tentant de contenir toute cette énergie, mais il pouvait y arriver. Bra bondit en arrière à son tour, à temps pour que le nihilien projette la sphère au sol. Une explosion enveloppa l’Empereur et sa proie.

Bra fonçait déjà sur l’inconnu mais s’arrêta devant lui sans bouger. Son poing tenta de la frapper au visage mais elle para sans difficulté. De même que ses prochains coups. Elle ne voulait pas lui faire mal, mais il fallait arrêter cette folie.

« Calmez-vous ! Ecoutez-moi une seconde ! »

Le visage du jeune homme était tordu par la concentration, tentant de trouver une ouverture chez la saïyenne. Il était puissant, mais bien loin de son niveau. Tout ce qu’elle avait à faire, c’était continuer d’esquiver jusqu’à ce qu’il se fatigue.

« Attention, Anik ! entendit-elle hurler dans son scouter. »

Elle tourna la tête juste à temps pour voir l’autre inconnu apparaître au-dessus du lézard. Il n’eut que le temps de lever le bras pour parer. Le poing s’enfonça dans le métal avec un grincement sinistre et tordit le bras artificiel dans un angle qui n’était pas naturel. L’inconnu ne s’arrêta pas là et bondit en arrière, ses deux pieds atteignirent le lézard et l’envoyèrent s’écraser avec violence contre le plafond.
Merde.

Kalta était en route, mais le jeune homme profita de la distraction pour contourner Bra et lui attraper la jambe. La mêlée était devenue un chaos complet. Et Bra n’arrivait pas à tout suivre en même temps. Où pouvait-elle intervenir pour faire cesser les hostilités d’un seul coup ?
Elle voyait Kalta et l’inconnu filer au sol à toute vitesse, s’écrasant dans un immense tas d’or. Des pièces se mirent à voler dans toute la salle. Le dénommé Bido filait vers Persée, tentant de briser sa nuque en faisant tourner son casque. Un effort inutile, elle le savait. Il pivota ensuite pour l’envoyer au sol d’un seul coup de pied. Ils étaient particulièrement puissants.
Qui étaient-ils ?

Bido tourna ensuite son regard vers une Aidan qui filait vers la sortie, poussant Varidal devant elle pour la mettre à l’abri. En un instant, il fut sur elle.

Non.

Bra apparut dans un grésillement sur son chemin. Le poing déjà préparé et le regard brûlant de rage. Elle eut le temps de voir la surprise dans yeux du dénommé Bido, puis la peur, et ça ne l’arrêta pas. La saïyenne frappa en plein plexus solaire. Le coup provoqua une déflagration dans la salle. Elle vit tout l’air être expulsé des poumons de son adversaire en un instant, son corps se tordant sous le choc. Puis il partit en arrière jusqu’à s’écraser au-dessus de la porte, de l’autre côté de la salle.

Un craquement sinistre retentit.

Tout sembla s’arrêter d’un seul coup et tous les visages se tournèrent vers l’homme. Il resta un moment collé au mur, avant de retomber mollement vers l’avant, pour s’aplatir au sol quelques mètres plus bas.

« BIDO ! »

* *
*

Zangya peinait à retrouver le sol. Le corps tremblant, elle reculait ou pensait reculer, mais c’était très difficile à déterminer.
A quelques mètres de là, elle pouvait encore distinguer le corps de Bujin, la gorge tranchée, son turban tombant dans le vide à côté, révélant la fine couche de cheveux roux qui recouvrait son crâne.

Le décor changeait toutes les secondes, alors qu’il expirait. La forêt fit place au coeur d’un volcan où la lave explosa pour révéler la silhouette de celle qui l’avait tué. Puis le magma disparut devant un champ de fleur, l’assassine avait disparu mais Bojack était maintenant à côté d’elle.

« Elle… elle a tué Bujin !
- La ferme ! J’essaye de me concentrer. »

Un frisson parcourut soudain Zangya. Non seulement à cause des mots, toujours agressifs, de son chef, mais parce que le champ de fleur avait disparu. Ils étaient dans la cour de la prison, les murs immenses se dressant sur des centaines de mètres au-dessus d’eux, percés de milliers de portes d’où des mains jaillissaient. Des hurlements retentissaient à son oreille.
Elle sentit sa respiration s’alourdir. Ses yeux fouillaient les alentours à la recherche des gardes, mais elle vit juste la trappe un peu plus loin, qui menait au sous-sol et à la mine. Celles où ils disparaissaient tous les jours. Les hurlements continuaient. Ils réclamaient à manger, à boire ou des soins. Zangya savait que leurs demandes ne recevraient aucune réponse mais elle se souvenait l’avoir fait. Sa gorge s’asséchait déjà. C’était une illusion, elle le savait, elle le savait très bien. Pourtant, son coeur s’accélérait dans sa poitrine. Après tout ce qu’ils avaient fait…

Bujin.

« C’était donc lui qui faisait ça… s’étonna la voix de la tueuse, sans que Zangya sache d’où elle venait. Quel dommage. Vous voulez bien m’écouter maintenant ?
- Qu’est-ce que vous voulez ?
- Ta gueule, j’ai dis ! hurla Bojack. »

Un kikoha se forma dans sa main et il le lança devant lui. Zangya n’avait même pas vu l’ennemie. Elle apparut, juste au-dessus du corps de Bujin, pour renvoyer la boule d’énergie d’un mouvement sec de la main.

« On peut continuer comme ça et je vous tue tous. Ou on peut parler. »

Son apparence perturbait Zangya. Elle paraissait constituée du corps de plusieurs aliens différents et aucun qu’elle ne parvenait à reconnaître. Une force monumentale se dégageait d’elle, différente de toutes celles que la guerrière avait ressenti jusque là.

Autour d’eux, le décor changea encore une fois. Des jouets d’enfants, gigantesques, semblaient flotter dans une espace rose et sans grand sens. Même le haut et le bas étaient difficile à déterminer. Et enfin, ils revinrent dans la salle où ils avaient commencés le combat. Bujin était étendu au sol sur le métal noir, son turban étalé plus loin sur une flaque de sang qui disparaissait déjà dans les pièces d’or.

« Bien compris ? reprit l’étrange créature devant leur absence de réponse. Qui êtes-vous et qu’est-ce que vous faisiez enfermés ici ?
- La bande à Bojack, répondit Zangya. Les dieux nous ont enfermés ici.
- Silence ! gronda son chef. »

Elle recula aussitôt de quelques pas, apercevant la lueur menaçante dans ses yeux. Elle fut plus surprise de découvrir de l’intérêt dans les yeux étranges de l’inconnue.

« Les dieux, hein ? »

Un sourire mauvais étira ses lèvres, rendu encore plus terrifiant par sa mâchoire sur le point de se décrocher de son visage, n’étant plus attaché à sa joue droite.

« Dans ce cas, nous avons des ennemis communs. »

* *
*

Tout l’équipage partit en avant, manquant d’être éjecté de leurs sièges, quand le vaisseau sortit brutalement d’hyperespace. Le départ avait été précipité après tout. Après tout ce temps passé à fouiller dans le vide, elle avait sauté sur l’occasion de voir un peu d’action. En plus de remettre Ithaxus à sa place.
Resheph, flottant un mètre au-dessus de son trône improvisé, ne fut évidemment pas affectée.

« Cherchez une petite planète. Quelque chose qui n’est pas censé être là, ordonna-t-elle aussitôt. »

Mais pendant qu’ils s’affairaient, elle se concentra l’espace de quelques secondes pour percevoir les énergies autour d’elle.
Ithaxus était là. L’Empereur aussi. La saïyenne. Leur petite troupe aussi. Mais d’autres forces inconnues également. Très puissante, même si loin de son niveau.
Un sourire déchira les bandeaux qui recouvrait sa bouche.

Les choses redevenaient amusantes.


Dernière édition par Tierts le Lun Oct 30, 2023 15:02, édité 1 fois.
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Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 12/02/2024
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mer Oct 25, 2023 15:02

Hmm, toujours intéressant cette création de background, toujours différentes interprétations, et ça c’est cool. Comme dans DBM, on est toujours dans l’expérience génétique, mais là c’est déjà plus « volontaire ». En tout cas, on comprend mieux comment Bojack apsse du soldat froid, sérieux, et professionnel à un enragé de première.

On a plusieurs affrontements plutôt sympas et les deux camps s’essayent à la diplomatie, reste à voir si ça aura la moindre efficacité !

Pour le moment, c’est l’alliance démon-Bojack qui a le plus de chance de prendre, mais on peut toujours avoir des surprises. Surtout que ce dernier tient le groupe avant tout par la force, alors qu’ils ont l’air de tenir les uns aux autres. Il est donc possible que tout s’écroule s’il est remis en question ou qu’une porte de sortie ne fasse son apparition.

Bref, curieux de voir la suite !
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Oct 30, 2023 13:09

Bonjour Tonay ! Merci encore pour ta présence à chaque chapitre :p

Tonay a écrit:Hmm, toujours intéressant cette création de background, toujours différentes interprétations, et ça c’est cool. Comme dans DBM, on est toujours dans l’expérience génétique, mais là c’est déjà plus « volontaire ». En tout cas, on comprend mieux comment Bojack apsse du soldat froid, sérieux, et professionnel à un enragé de première.

Oui, je ne vais pas nier que DBM m'a sans doute influencé sur le sujet de Bojack et compagnie. En fait, quand le tome 3 sera terminé, je ferais peut-être un petit bilan de toutes les versions possibles et différentes idées que j'ai eu qui ne sont pas allées au bout.

Pour Bojack et ses sbires, j'avais deux idées différentes :
- De base, juste un peuple particulièrement puissant dont Bojack aurait été l'un des pires et les plus puissants, ce qui justifierait son statut de "pirate" ou "mercenaire"
- La version que vous voyez à présent, avec les expériences "d'amélioration" que ce soit sur lui ou sur d'autres. Multiverse a une version où Bojack était un prisonnier qui s'est rebellé, j'ai choisi de prendre le contrepied. Je pense que vous comprendrez pourquoi j'ai finalement opté pour cette version quand la lumière sera faite sur l'origine de ces améliorations.

Malheureusement, ce ne sera pas pour tout de suite, car d'abord, le nouveau chapitre. Et une fois de plus : merci à Lamantin_Furtif et Tonay pour leurs corrections et remarques.
Comme d'habitude, les fautes et maladresses qui sont encore là sont de mon fait.

---


Chapitre 27 : Les pirates de l'espace


Lorsqu’il sortit, il fut surpris de trouver Bido et Zangya qui l’attendaient là. Le premier était appuyé contre le mur, les bras croisé et l'air taciturne, comme à son habitude. Zangya s’était assise et elle avait le regard fixé sur la porte, sa jambe tressautait nerveusement.
Gokua les connaissait depuis assez longtemps pour savoir qu’il ne servait à rien de les ménager. Il secoua la tête, laissant son air dépité leur annoncer la nouvelle.

« Putain… cracha Bido. »

Zangya n’ajouta rien, mais sa jambe cessa enfin de bouger, retombant mollement en même temps qu’elle baissait la tête. Fusho était la cinquième du gang à mourir depuis qu’ils avaient accepté le marché. La deuxième au cours d’une mission, ce qui commençait à faire beaucoup.

« Ils ont essayé au moins ? demanda finalement la jeune femme d’une voix blanche.
- Je crois. Je ne suis pas médecin. »

C’était comme avec le personnel médical de la prison ou des mines : ils étaient là pour les maintenir en état de travailler, mais à quel point se dépassaient-ils pour le faire ? Gokua n’aurait pas parié sur beaucoup.

« Et le chef ? Il est dans le coin ? enchaîna Bido, la mâchoire serré.
- Bojack ? Si vous ne l’avez pas vu, moi non plus. Le rapport devait être long. »

Ce qui n’était pas étonnant en soit : la mission avait été plus compliquée que prévu, comme en témoignait la mort de Fusho. Les achéens ne ressentaient ni la peur, ni la douleur et ils n’aimaient pas voir une activité étrangère dans leur système.
Tout ça pour un peu de carburant.

« Super… cracha enfin Bido en réponse.
- Eh, dix ans de moins chacun. Encore trois ou quatre comme ça et tout le monde sera dehors. »

Dans les regards que lui jetèrent ses amis, Gokua savait reconnaître le même doute qui l’habitait depuis quelques temps : est-ce que tout cela vaudrait le coup ? Leur rythme actuel n’avait rien à voir avec l’épuisement constant de travailler dans les mines, mais au moins les morts étaient rares. Leur produit étrange avait tué trois des membres du gang et ils n’avaient pas arrêté les expériences sur le champ. Il était presque sûr que les risques étaient connus bien avant qu’ils ne prennent l’injection.
Il n’y pouvait plus rien maintenant. Tout ce qui lui importait, c’était de s’assurer que Bido, Zangya, Kugo et Bujin s’en sortent.

Alors qu’ils étaient tous perdus dans leurs pensées, la porte au bout du couloir s’ouvrit. Le pas lourd du lieutenant s’avança immédiatement vers eux. Voyant le poing serré de Bido, Gokua préféra se mettre devant lui pour faire face à Bojack en premier.

« C’est fini patron, Fusho ne s’en est pas sorti. »

Une grimace traversa les lèvres de Bojack et un grognement sec lui échappa. Il détourna rapidement le regard.

« Du gâchis. Je vous avais donné des instructions claires.
- Elle les a suivi, boss. J’ai fait une erreur, je me suis déporté sur un type un peu trop puissant, je voulais pas qu’il soit dans les parages. C’est ma faute. »

Le regard froid du Lieutenant se posa sur lui, l’analysant comme s’il cherchait à vérifier que Gokua ne lui racontait pas de bêtise. Gokua s’en fichait : Bojack était de l’autre côté du vaisseau quand les choses avaient dégénéré. Il n’avait pas besoin de savoir comment les choses avaient mal tourné et il préférait prendre la responsabilité plutôt que de blâmer la pauvre Fusho.

« Vous pouvez aller vous faire examiner. Pas de mission avant la semaine prochaine. »

Ce fut tout ce qu’il ajouta. Le grand héréen observa une seconde ses hommes, Bido le défiant du regard et Zangya la tête baissée, puis il pivota sèchement et repartit du même pas militaire que d’habitude. Gokua se détendit un peu.

Mais au moment où la porte s’ouvrit, il se lança brusquement à sa suite, passant juste avant que la plaque d’acier ne se referme. Bojack l’avait forcément attendu, mais il ne ralentit pas une seconde pour autant.

« Chef ! Lieutenant, excusez-moi. »

Il ne ralentit toujours pas, mais au moins il eut la décence de tourner le regard vers lui alors que Gokua peinait à garder le même rythme que lui. Il fouilla distraitement dans l’écharpe rouge qui ornait son torse et en sortit quelque chose, tendant sa paume ouverte vers Bojack.
Deux pointes de flèches en or brillaient dans sa main.

« Bido fait ça pendant son temps libre. On en gagne une par combat, c’est une vieille tradition de la mine. D’habitude, elles sont en caillou mais comme on a du matériel plus…
- De la mine ? Tu m’as pris pour un criminel. »

Gokua s’y attendait, mais le mépris qu’il lisait dans les yeux clairs de son patron faisait quand même un peu mal. Bojack les regardait toujours comme ça, qu’ils vivent, qu’ils meurent, qu’ils obéissent sagement ou qu’ils le défient. Comme les gardes de la prison : ils n’étaient rien pour lui.
Mais il refusait d’abandonner si facilement.

« Pas du tout, chef. C’est juste… Je sais qu’on est pas l’escouade que vous voulez. On fait ce qu’on peut, mais on doit bosser ensemble de toute façon. C’est une tradition de célébrer un combat gagné, je pense que vous pouvez comprendre ça et… Je me dis que ça pourrait être bon pour tout le monde de créer un peu plus de cohésion. Pour l’efficacité du groupe. »

A mesure qu’il parlait, il avait vu les traits de Bojack se tendre sous la colère, mais son dernier argument avait fait mouche. Gokua le savait, il avait failli faire l’armée quand il était tout jeune. C’est comme ça que les escouades se comportaient entre elles. L’esprit de meute était important.
Ils restèrent ainsi un moment, dans le couloir, les yeux de Bojack fixés sur les bijoux qu’il lui proposait, dans un silence de mort. Enfin, il fit disparaître les pointes dans un coup de vent. Le Lieutenant les porta à ses yeux pour mieux les examiner.

« Joli boulot. Bido, tu as dit ?
- Oui, chef.
- Où est-ce qu’ils trouvent le matériel ?
- Hum, pour celle-là ça vient de la précédente mission. »

Il n'eut pas le temps de comprendre la portée de ses mots que , déjà, la poigne de Bojack lui attrapait la gorge. Un hoquet de douleur lui échappa juste avant qu’il ne soit plaqué contre le mur.

« Vous volez l’armée ? »

Ses doigts étaient crispés autour du poignet de Bojack, sans aucun espoir de le faire lâcher. Ses pieds battaient contre le mur. Il hoquetait pour tenter de rattraper un peu d’air, peinant jusqu’à ce que le militaire consente à le laisser respirer un peu.

« Pardon, chef. Mais c’est du métal volé aux achéens de toute façon.
- Ce n’est pas du métal volé, c’est du matériel que les terroristes ne pourront pas utiliser contre nous.
- Terroristes ? Chef, c’est juste des gens qui ne veulent pas rejoindre la Fédération parce que les règles du commerce leur plaisent pas. »

Les doigts de Bojack se serrèrent encore sur sa gorge, provoquant un nouveau hoquet.

« Pardon, chef ! C’est juste un peu de métal, rien de précieux, je vous jure. On fait de mal à personne. »

La pression sur son cou s’allégea, juste assez pour qu’il prenne une grande inspiration. Le regard de Bojack avait changé : il était curieux maintenant.

« Qu’est-ce que tu racontes sur les achéens ?
- J’ai essayé de me renseigner, j’ai questionné un de leur mec lors de la dernière mission. Il racontait sûrement n’importe quoi. Je suis désolé. Pardon. »

Gokua leva les yeux vers le plafond, tirant tous ses muscles pour essayer de lever la tête à la recherche d’une bouffée d’air, mais la poigne d’acier sur sa gorge ne bougeait pas. Il ne pouvait pas se défendre, car ce serait pire, mais il devait respirer, il devait vivre.

Brusquement, il retomba au sol. Déjà, les pas de Bojack s’éloignait.

« Donnes une de ces pointes aux quatre autres. C’était du bon boulot. »


* *
*

Sa respiration reprenait un rythme normal. Son aura se calmait aussi, ses longs cheveux rouges retombant sur son dos. Ses muscles distendus ne parvenaient pas encore à se calmer, mais il refusait de baisser sa garde. Il fixait l’étrange créature qui s’était introduite chez eux si peu de temps après leur libération. Elle n’avait pas l’air d’être un Dieu et elle ne se comportait pas comme telle. Les avait-elle sauvés ?

Il s’en fichait. Après 30 000 ans d’emprisonnement, paralysé, endormi et pourtant parfaitement conscient du temps qui avait passé, il n’avait aucune envie de se montrer agréable avec qui que ce soit. Malheureusement, il était entouré de lâches. Zangya avait déjà baissé les bras et il hésitait presque à se servir d’elle comme bouclier pour lancer une attaque surprise sur la créature. Ce serait stupide : elle était très puissante. Suffisamment pour tuer Bujin en un seul coup. Il fallait qu’il arrête d’agir précipitamment.
Comme à l’entraînement. D’abord on évalue la situation. Ensuite on élimine la menace.

« Je suis Bojack. Ça c’est Zangya. Et ça, c’était Bujin. Vous êtes ? »

La créature se posa sur une pile d’antiques pièces d’or, un large sourire aux lèvres. Elle amena sa main sous sa mâchoire pour arranger un peu les dégâts faits par les coups reçus plus tôt. Apparemment, cela ne lui faisait pas mal. Bojack avait connu son lot d'aliens au cours de sa vie, certains vraiment bizarres et parmi eux une espèce qui ne ressentait pas la douleur, mais cette forme étrange, mélange absurde de différents morceaux, était une première pour lui. Peut-être que la Galaxie s’était peuplée d’immondices depuis leur enfermement.

« Appelez-moi Ithaxus. Je dirige une des armées du Makaï. Le nom ne vous dit rien, mais quels que soient les dieux qui vous ont enfermés, nous ne les portons pas dans nos cœurs. Quand nous en avons un. »

Elle éclata de rire. Derrière lui, Zangya émit un ricanement nerveux. Pathétique.

« Vous arrivez juste après notre libération. Pourquoi ?
- Oh, c’est moi qui vous ai libéré. Plus ou moins. Pas pour vous, je dois admettre, je ne savais pas que vous étiez là. Je suis juste à la recherche d’un objet de votre collection. Un seul. Vous voyez : je suis raisonnable. »

C’est ce qu’elle disait maintenant, après avoir tué Bujin. Bojack n’était pas un imbécile, surtout face à quelqu’un qui se prétendait commandant d’une armée.
Mais plus choquant encore était une affirmation qui l’avait beaucoup dérangé.

« Vous ne savez pas qui nous sommes ?
- J’ai bien peur que non.
- Mon nom est craint dans toutes les galaxies.
- Était, monsieur Bojack. Je ne sais pas combien de temps vous avez passé là, mais personne ne se souvient de vous.
- 33 452 ans. »

Plus 4 mois, 3 jours et des brouettes. Heureusement, ils n’avaient pas ressenti chaque seconde, mais quelque chose dans son cerveau lui disait exactement combien de temps il avait passé ici. Ithaxus ne parut pas choquée le moins du monde.

« Eh bien voilà. C’est malheureux je comprends, mais c’est un temps très long à l’échelle de cet univers. Les espèces mortelles qui tiennent sur des dizaines de milliers d’années se comptent sur les doigts d’une main. Qu’aviez-vous fait exactement ?
- Ça ne te regarde pas.
- Oh non, non, non. Je m’en fiche complètement. Je veux juste savoir quels dieux vous avez tellement énervé.
- Les Kaïo, répondit-il sans hésiter. »

Le visage de l’étrange créature partit vers l’arrière, avec un grand rire qui résonna beaucoup trop longtemps contre les parois de métal. Cette fois-ci, Zangya n’avait pas tenté de rire aussi.

« Oh, c’est adorable. Dans ce cas, vous venez de vous trouver des alliés… à condition de me donner ce que je recherche. »

Bojack haussa un sourcil. Dans son souvenir, le nom des Kaïos ne suscitait que de l’incompréhension au mieux, ou de la crainte au pire. On disait d’eux qu’ils étaient les dieux de l’univers, s’étant divisé les galaxies entre eux pour y régner. Bojack et son équipe, les êtres les plus redoutables que l’univers ait connu, s’étaient fait prendre complètement par surprise et cette créature originaire de la planète Makaï prétendait pouvoir les tuer ? Ou en tout cas, s’occuper d’eux.

L’héréen considéra un long moment Ithaxus.

« Qu’est-ce que vous voulez ? Et de quel objet avez-vous besoin ?
- Oh. Rien d’important. Nous allons renverser l’équilibre divin, mais pour ça j’ai besoin de votre Dragon Ball. »

Bojack se retourna vers sa subordonnée. Zangya s’était encore reculée de quelques pas depuis tout à l’heure.
Lâche. Mais ce n’était pas étonnant de sa part. Où étaient les autres, d’ailleurs ?

Il l’interrogea du regard, mais elle n’avait pas plus idée que lui de quoi cette Ithaxus parlait. Il se retourna donc vers la créature.

« Notre quoi ? »

Elle se fendit de nouveau d’un sourire mauvais, étirant les points de suture de son visage.

* *
*

L’attention de Kalta n’était pas entièrement consacrée à son combat. Ce type était puissant, mais pas au point de l’inquiéter. Ce n’était même pas un obstacle.
Non, ce qui lui importait pour le moment, c’était le combat qui se jouait de l’autre côté de cette étrange station spatiale, et qui semblait s’être calmé. Il percevait toujours deux forces inconnues. Il y en avait une autre un peu plus tôt mais elle avait disparue depuis. Et puis, il y avait la présence d’Ithaxus, qui avait disparue aussi il y a quelques secondes. Il doutait que le démon puisse avoir été tué aussi rapidement. Cela signifiait que quelque chose se tramait. Il fallait se dépêcher pour sécuriser la Dragon Ball.
Apparemment, Bra était d’accord avec lui, pour une fois.

Son adversaire s’était entièrement détourné de l’affrontement pour observer son collègue se faire éliminer par la saïyenne. En fait, il avait hurlé ce qui devait être son nom et son aura avait explosée autour de lui, même si toute son attention était sur le fameux Bido. Kalta en avait donc profité pour concentrer sa puissance dans son doigt, pointé vers lui.

« Je te conseille de te rendre maintenant. Ou il va t’arriver la même chose.
- Je vais vous exploser, démons ! »

La rage qui brillait dans ses yeux ne fit rien pour impressionner Kalta. Il leva simplement la main, une lueur apparaissant au bout de son ongle.

« Vraiment ?
- Attendez ! »

La saïyenne avait filé vers le corps, se penchant sur lui, mais pas pour l’achever. Elle vérifiait quelque chose au niveau de sa bouche.

« Il est vivant ! cria-t-elle, soulagée. Faible, mais bien vivant, ne t’inquiètes pas. »

Un temps, Kalta ne comprit pas à qui elle s’adressait, jusqu’à ce qu’il voit ses yeux d’émeraude trouver ceux de l’homme qui les avait attaqués. Le nihilien ne put se contenir, tournant le regard vers elle d’un air plus que dubitatif.

« Sérieusement ? »

Elle ne fit même pas attention à lui et se téléporta à côté d’eux pour plaider auprès de l’inconnu.

« Nous voulons pas te tuer. Nous ne voulons pas le tuer. Nous avons juste quelque chose à récupérer ici. Nous ne savons même pas qui vous êtes mais nous ne sommes pas obligés de nous taper dessus. »

L’homme aux cheveux rouges semblait pris de court, plus encore que lorsque les combats avaient démarrés. Il regardait Bra comme si elle lui parlait en Namek.
Kalta leva encore un peu plus la main, pour lui rappeler que s’il n’écoutait pas, la question serait très rapidement réglée. Enfin, son aura disparut même si ses énormes muscles verdâtres ne bougeaient pas.

« Vous êtes qui ?
- Je m’appelle Bra Brief. Voici Kalta. Persée. Anik. Aidan. et Varidal. Qui es-tu ?
- Gokua. Je ne vois personne de la Fédération, je suppose qu’elle n’existe plus.
- Je ne sais pas de quoi tu parles. »

Il ne paraissait pas surpris de l’incompréhension, mais poussa tout de même un soupir lourd. Kalta surprit son regard, toujours vers l’homme à terre, un peu plus loin. Lui en profita pour surveiller son équipe, qui se remettait comme ils pouvaient. La puissance de ces inconnus avait surpris tout le monde, Anik compris. Le lézard tentait d’ajuster comme il pouvait son bras mécanique.

« Tout va bien, Anik ?
- M’en remettrai, Seigneur Kalta.
- Toi, quel est cet endroit ?
- Notre planque et notre prison, confessa-t-il sans hésiter. On est piégé ici depuis… 30 000 ans et quelques. »

Cette fois, même le nihilien fut surpris. C’était une durée absurde pour beaucoup d’espèces. Même la sienne vivait rarement aussi longtemps. Malgré tout, cela expliquait que des êtres aussi puissants aient échappé aux radars de l’Empire dans un système qui était particulièrement bien connu.

« Une prison ? demanda doucement Bra, qui paraissait aussi choquée que lui. Pourquoi ?
- Ce n’est pas important. Dites-moi ce que vous voulez, laissez-moi récupérer Bido et je vais voir ce que je peux faire pour vous aider. »

Il paraissait avoir abandonné, leur donnant tout ce qu’ils voulaient en échange de la possibilité de sauver son compagnon, mais il y avait autre chose. Kalta lisait de la défiance dans ses yeux. Il le vit aussi jeter un coup d’œil à la porte par laquelle il était arrivé avec le fameux Bido.
Il attendait quelque chose.

Et le nihilien sentit que les puissances qui étaient jusque-là bien loin d’ici commençaient à se rapprocher. Voilà ce qu’il attendait.

* *
*

Aidan restait devant Varidal. La situation paraissait calmée, mais il était hors de question de baisser sa garde. Sa respiration était toujours erratique, le regard fixé sur les trois monstres de puissance qui occupaient encore la salle. Un quatrième avait été mis hors de danger, en une seconde. Et c’était vers lui qu’ils convergeaient tous les trois.
Elle le voyait encore filer vers elle, trop vite pour qu’elle puisse faire quelque chose. Et puis, encore une fois, l’intervention de la super saïyenne.

« Aidan, appela une voix à son oreille. Récupérez la Dragon Ball. »

L’Empereur. Il avait suivi Bra vers le corps au sol, mais son attention était toujours sur eux. La jeune femme s’éleva aussitôt dans les airs. Il ne lui fallut que quelques secondes pour repérer l’objet. Malgré le combat qui avait eu lieu, le piédestal n’avait pas bougé et la Dragon Ball se tenait toujours au milieu des autres artefacts.
Pendant qu’elle approchait, Aidan garda le regard fixé sur le petit groupe, penché sur l’homme éliminé par Bra. L’énorme guerrier aux muscles verts s’était penché pour le retourner avec d’infinies précautions, vérifiant sa respiration.

« Il est vivant, souffla-t-il comme pour lui-même. Tu vas t’en sortir, Bido. Je suis là. »

L’autre ne répondit évidemment pas.

Aidan était arrivée à la Dragon Ball. La sphère était de la même taille que la précédente, mais elle contenait six étoiles. Il ne se dégageait pas grand-chose de l’objet, moins brillant que tous les artefacts autour de lui. En fait, c’était sa simplicité qui le faisait sortir du lot. Aucune fioriture, aucun ajout, juste une sphère parfaitement lisse, d’un blanc nacré, et ces étoiles qui paraissaient flotter en son centre.
À l’instant où elle posa la main dessus, elle entendit la voix de Kalta. Beaucoup plus sèche qu’auparavant.

« Maintenant, arrêtons de jouer. Qui s’approche ? Qu’est-ce que tu prépares ? »

Le dénommé Gokua avait tenté de se relever après avoir pris délicatement le corps de son collègue sur ses épaules, mais le nihilien l’en empêchait, l’index tendu vers lui et une lueur menaçante apparaissant au bout. Aidan n’attendit pas d’autre signal et fila vers l’autre bout de la salle, où Anik attendait de s’interposer entre elles et l’ennemi.
Gokua ne répondit qu’en un seul mot, à peine plus qu’un souffle.

« Bojack.
- Je dois le connaître ?
- C’est mon chef, c’est tout. C’est lui qui a accumulé tout ça. Je ne sais pas ce qu’il fera mais il n’aime pas qu’on vole ce qui est à lui.
- L’autre force ?
- Ça doit être Zangya, je ne sens plus Bujin. Des mecs à vous les ont attaqués ? »

Toute cette situation commençait à ressembler à une énorme bombe à retardement. Entre les démons, l’Empire et ces prisonniers, personne ne comprenait ce qui se passait.

« Non, pas des hommes à moi, répondit Bra après un temps de silence. Des ennemis. »

Même de là où elle était, Aidan pouvait voir l’hésitation dans les yeux saphir de Gokua. Il observait tour à tour Bra et Kalta, sans savoir s’il pouvait les croire. Elle vit aussi sa poigne se resserrer autour du fameux Bido. Il ne le lâcherait sous aucun prétexte.

« Ok, ils doivent avoir tué Bujin et Bojack s’est débarrassé d’eux.
- J’en doute.
- Il faut que tu expliques à ce Bojack que nous n’avons pas l’intention de vous tuer, que ce qui est arrivé à Bido est un accident. »

Pour la première fois depuis le début de cette confrontation, un ricanement violent échappa au jeune homme.

« Vous pensez que Bojack en aura quelque chose à faire ? Je vais déjà devoir me battre pour qu’on emmène Bido avec nous sur une planète où on peut le soigner. »

Bra laissa échapper un hoquet de surprise, mais Kalta aussi paraissait choqué. Pourtant, la politique de l’Empire autour des blessés avait longtemps été la même. Elle savait cependant que l’opinion du nihilien sur ses soldats d’élite était bien différente.

« Nous avons de quoi le soigner. »

C’était la jeune saïyenne qui avait dit cela, à la surprise des deux autres.

« Sérieusement ? cracha Kalta.
- Sérieusement, reprit-elle en approchant d’un pas de Gokua. Nous avons des machines pour ça dans notre vaisseau. Tu peux nous le confier et il sera d’aplomb en une journée. »

La situation devenait surréaliste. À tel point qu’Aidan pouvait lire un mélange de surprise et de colère sur le visage de l’Empereur, alors que Bra continuait de négocier pour lui. Cela ne dura qu’un instant cependant. Quand il reprit la parole, c’était avec un calme retrouvé.

« Ton boss arrive bientôt. Je soupçonne qu’il ne sera pas seul. Aide-nous et on aidera ton ami. Trahis-moi et je dirais à mes hommes de le tuer.
- Je ne peux pas garantir ce que Bojack va faire.
- Ce n’est pas ce que je te demande. Tant que tu essaies, je serais satisfait. »

Il y eut un long échange de regard. Aidan voyait une forme de désespoir chez les trois. Quelque chose fonçait sur eux et ils devaient s’y préparer, mais Gokua était celui qui avait le plus à perdre et elle vit son regard aller souvent à son ami, inconscient et jeté sur ses bras. Il n’avait visiblement pas plus confiance en ce Bojack qu’en ces deux inconnus qui avaient manqué de le tuer.
C’était terrifiant.

« Très bien. »

Quelques instants plus tard, le corps de Bido était jeté sur les épaules de Persée pendant que Kalta donnait les dernières instructions à Anik.

« Dès que vous êtes au vaisseau, ordonne-leur de décoller. Préparez le saut pour la prochaine destination, mais ne le faites que si vous êtes en danger. Quand nous en aurons fini ici, je vous rejoindrai en me téléportant. Compris ?
- A vos ordres. »

Son détecteur bipa brutalement. Comme un animal affolé.
Bra, Kalta et Gokua se retournèrent tous d’un seul coup. Une puissance venait brutalement d’apparaître de l’autre côté de la salle.

« Ithaxus, souffla Kalta. »

Pourtant, il y avait deux silhouettes qui apparaissaient dans l’ombre du couloir. Toutes deux féminines. Et l’une d’elle était recouverte d’une série de bandelettes sales qui firent s’arrêter le cœur de la jeune femme.
Resheph.

« Foncez ! hurla Bra. »


Dernière édition par Tierts le Lun Nov 06, 2023 13:02, édité 1 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 12/02/2024
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mar Oct 31, 2023 11:14

Un nouveau chapitre, un nouveau commentaire !

Un chapitre très intéressant, j'ai beaucoup aimé le flashback et la mise ne place de la relation entre les différents membres du gang. Leurs interactions sont plaisantes et on en apprend bien plus sur eux. Les différents échanges sont intrigants aussi, c'est à se demander si ces "mercenaires de l'espace" ne sont pas devenus potentiellement recrutables, pour un camp comme pour l'autre. Après tout, il est quasiment certain qu'ils peuvent faire pencher la balance du conflit assez facilement, surtout Bojack.

En tout cas, ça sent la scission dans le gang. Si ce n'est sa fin, avec Reseph qui débarque. Un nouveau combat à venir dans une nouvelle station spatiale, reste à voir si elle va finir comme la précédente. Quant à la Dragon Ball, je me demande si son apparence physique différente influence aussi ses pouvoirs. Je pars du principe que oui.

En somme, j'ai bien aimé, et je suis curieux de lire la suite !

ps : la musique choisi détonne totalement avec la situation, mais elle n'est pas inappropriée, ce serait parodique que les prochains combats à mort se déroulent là-dessus :lol:
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Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Nov 06, 2023 13:01

Bonjour Tonay, merci d'être toujours présent ! Comme d'habitude, tu as droit à une réponse au moment de la publication du nouveau chapitre xD

Un chapitre très intéressant, j'ai beaucoup aimé le flashback et la mise ne place de la relation entre les différents membres du gang.


Je ne peux pas consacrer une fic entière à leurs aventures mais j'essaie de distiller assez d'infos en quelques flashbacks pour qu'on comprenne comment ils fonctionnent tous !

Les différents échanges sont intrigants aussi, c'est à se demander si ces "mercenaires de l'espace" ne sont pas devenus potentiellement recrutables, pour un camp comme pour l'autre.

Le plus difficile (pour tout le monde) dans la situation actuelle, c'est que les choses s'enchaînent très vite et que personne n'a le temps d'expliquer concrètement ce qui se passe. C'est le genre de situation chaotique avec lesquelles j'aime bien jouer :p

Quant à la Dragon Ball, je me demande si son apparence physique différente influence aussi ses pouvoirs. Je pars du principe que oui.


Pour le coup, je peux déjà te dire que je suis parti du principe que l'apparence physique des Dragon Ball varient en fonction du set (Celles de la Terre sont plus petites que celles de Namek par exemple) et leurs pouvoirs varient aussi (même chose que pour celles de la Terre et de Namek qui ne fonctionnent pas tout à fait pareil)
Tant qu'à rajouter des Dragon Ball, autant qu'elles aient une apparence un peu différente

ps : la musique choisi détonne totalement avec la situation, mais elle n'est pas inappropriée, ce serait parodique que les prochains combats à mort se déroulent là-dessus :lol:


Je mets souvent des musiques que j'utilise pour me mettre dans l'écriture et elles ne sont pas toujours parfaitement cohérente avec la situation, mais celle-ci faisait bien état du chaos ambiant je trouve. Il y en a encore un paquet dans ma playlist Youtube qui seront utilisés pour ce genre de bêtises :p

Et du coup, prochain chapitre en remerciant une fois encore Lamantin_Furtif pour ses corrections et ses remarques au pied levé alors que j'impose un rythme beaucoup trop rapide à mes publications xD

Avec ce chapitre, le Tome 3 atteint la même longueur que le Tome 0 en terme de chapitres (en terme de nombre de caractère/mots, je pense qu'il l'a dépassé depuis longtemps maintenant) Encore 54 chapitres et il sera plus long que le Tome 1 !

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Chapitre 28 : Des adversaires dignes


« Je pensais qu’on aurait un peu plus de temps. »

Kalta était aussi surpris qu’elle. Depuis que Gokua leur avait parlé de Bojack, ils surveillaient l’approche de son énergie, à travers les interminables couloirs de la lune au trésor, mais les démons savaient dissimuler leurs énergies. Voilà comment ils avaient fait pour les prendre par surprise. Ils avaient à peine eu le temps de se préparer. Bra vit immédiatement qu’elle aurait besoin de toute sa force.

Elle sentit une décharge électrique à la base de son cou. Comme chaque fois qu’elle passait à la vitesse supérieure. Ses cheveux se dressèrent entièrement et son aura s’enveloppa d’éclairs brillant. Le souffle levé par sa puissance était assez intense pour faire voler les bandelettes de Resheph, de l’autre côté de la salle, mais la démone ne paraissait pas le moins du monde impressionnée.

« J’ai besoin d’un peu de temps. »

Le nihilien était derrière elle, les poings serrés dans une posture qu’elle lui connaissait bien. Son ki faisait trembler l’air autour de lui alors qu’il tentait de passer dans sa cinquième forme. Elle opina et s’apprêtait à se retourner vers les démons quand elle lut de la surprise dans ses yeux. Il regardait Ithaxus.

« Fais attention, il peut absorber l’énergie et… Attends ! Ce n’est pas lui. »

Lui ? C’est vrai qu’à présent que la silhouette sortait de l’ombre, elle ne ressemblait pas à ce qu’il lui avait décrit. C’était bien un assemblage de plusieurs morceaux : même la tête était divisée entre un crâne vert et une mâchoire blanche, mais ce n’était pas du tout ce que Kalta avait vu. La silhouette était féminine et ne correspondait en rien au démon affronté près du Tartare. Et pourtant, le ki qu’elle ressentait provenir de la créature était le même que celui qu’elle avait senti alors.
Comment était-ce possible ?

C’est alors qu’elle s’interrogeait que Bra nota un autre détail étrange. Son torse était d’une seule pièce, la peau blanche mais ponctuée de plaques osseuses sombres qui imitaient la forme de la cage thoracique et la recouvraient comme une coquille. La seule autre touche de couleur était une tache carmin au niveau d’une épaule. Le bras qui y était attaché paraissait presque trop petit pour une épaule pareille, et il était d’un bleu familier.
Brusquement, les deux démons décollèrent d’un seul mouvement. Dans deux directions différentes, mais Bra connaissait leur cible. Ils visaient Kalta pendant qu’il se transformait.

« Aaah ! »

D’une main, elle lança un rayon d’énergie qui coupa la route de Resheph. Dans la même seconde, elle fonça sur Ithaxus, ou qui qu’elle soit. Son coup de pied ne rencontra que le vide. La démone avait bondit en arrière et tenta de lui décrocher un vicieux crochet.
Trop lente. Gokua apparut à ses côtés, attrapant son bras pour le dévier de la trajectoire. La saïyenne sourit de toute ses dents. Son poing s’enfonça dans le crâne de la créature, la repoussant de l’autre côté de salle. Occasion idéale pour enchaîner, mais elle surveillait attentivement l’énergie de Resheph, derrière elle.

Quand celle-ci tenta de s’approcher de Kalta, elle se téléporta à ses côtés. Dans un nouveau cri, elle poussa son aura à les envelopper tous les deux. De longues bandelettes se mirent à crisser en brûlant. Un feulement de douleur échappa à la démone.

« Resheph ! Attrape ça ! »

Ithaxus revenait vers eux. Dans sa main, l’écharpe de Gokua, et Gokua toujours accroché au bout. Elle le fit tournoyer une seconde avant de le projeter vers son alliée. Bra voyait déjà les bandelettes empoisonnées se dresser pour l’attraper.

« Ah ! Ah ! Ah ! »

A chaque exclamation, une boule d’énergie filait de ses doigts pour aller pulvériser la menace. Gokua reprit le contrôle de son vol au dernier moment et s’éleva dans les airs, bien au-dessus de la mêlée. Resheph feula de nouveau, jetant un regard bouillonnant à Bra. Et puis, son visage se déchira dans un sourire inquiétant.
Qu’est-ce qu’elle a ?

Ithaxus devint toute proche, trop proche. Deux pieds s’enfoncèrent en même temps dans sa gorge, lui coupant le souffle et l’envoyant bouler dans un tas d’or. Des pièces et des lingots explosèrent comme un geyser doré. Son souffle était coupé.
Et la démone était maintenant au-dessus d’elle.

Bra sentit des jambes froides s’enrouler autour de sa taille, une main glacée se refermer sur sa gorge et un poing s’écraser contre son crâne. Une fois, deux fois. Elle frappait drôlement fort. Et la saïyenne essayait toujours de retrouver de l’air. Même la silhouette au-dessus d’elle commençait à devenir flou.

« Une saïyenne, disait une voix étrange. Je devrais vous garder pour vous étudier pendant qu’il y en a encore. Mais j’ai des ordres.
- Je ne crois pas, répondit une voix devenue beaucoup plus grave. »

Elle distingua vaguement une main blafarde attraper Ithaxus par la gorge et la soulever de force. La pression sur sa taille ne s’estompa pas cependant et les jambes de la démone se refermèrent encore plus autour d’elle. Et puis, le genou de Kalta frappa brutalement la créature au ventre. Elle lâcha enfin et un poing s’enfonça dans son crâne pour la propulser dans les airs.
Bra vit un visage masqué se tourner vers elle, deux yeux d’un rouge de sang brillant au-dessus. Des protubérances osseuses surmontaient maintenant le visage de l’Empereur.

« Tout va bien saïyenne ? »

Elle hoqueta en reprenant enfin sa respiration, son aura explosa une fois de plus autour d’elle.

« Parfaitement. »

* *
*

Ithaxus, ou qui que soit cette créature qui avait la même aura que lui, s’était stabilisé dans les airs, à quelques mètres au-dessus d’eux. Son apparence n’avait plus rien à voir avec celle du démon qu’il avait affronté la dernière fois, mais son énergie ne mentait pas : c’était la même personne. La seule chose qu’il reconnaissait pourtant, c’était les multiples points de suture entre les différents morceaux qui composaient la créature.
Au niveau de son bras droit, ils paraissaient grossiers, faits à la va-vite.

Une explication devenait évidente dans l’esprit du jeune Empereur. Explication que vint confirmer Gokua en se posant à leurs côtés.

« Cette chose a le bras de Bujin… »

Bra se redressa d’un bond. De ses deux alliés, c’était le dénommé Gokua qui paraissait le plus perturbé et pour cause : il était bien faible en comparaison des quatre autres forces en présence. Même le nihilien devait reconnaître qu’il n’avait jamais affronté de créature aussi puissante, à part Cell. Et le clone avait nécessité une alliance avec la saïyenne pour espérer le vaincre. Il devait se rendre à l’évidence : il ne pouvait pas foncer tête baissée contre elles.

« Tu as perdu des morceaux, Ithaxus ?! appela Kalta, surtout pour gagner du temps. »

Le visage du démon se tordit pour former un sourire, dont la forme dérangea le nihilien jusqu’à ce qu’il remarque que la mâchoire et le nez n’étaient pas parfaitement fixés au reste du crâne. La voix qui lui répondit était incontestablement plus féminine, plus aiguë, que celle d’Ithaxus, mais il reconnaissait ses inflexions.

« Je ne perds jamais de morceaux, votre Majesté. Je ne fais qu’en gagner. Et je compte bien continuer après aujourd’hui. »

Derrière lui, Bra s’était tournée aussi discrètement que possible vers Gokua.

« Je sens encore Bojack et quelqu’un d’autre. Ils sont dans des étages inférieurs. Ils doivent fuir vers une issue de secours, tu devrais peut-être les rejoindre.
- Ce n’est pas le genre de Bojack de fuir. Il voudra affronter ces créatures ou vous, n’importe qui du moment qu’ils sont puissants. »

Kalta se fichait bien de la destinée des forces qu’il sentait en effet bouger, des centaines de mètres plus bas, tout comme il se fichait de l’obsession de Bra pour ces gens dont elle ne connaissait rien. La saïyenne pouvait se donner bonne conscience, mais ils avaient une bataille à gagner et il n’était pas temps de se débarrasser d’un allié potentiel. La force de Gokua n’atteignait pas la leur mais elle était loin d’être négligeable.

« Vous devriez rester. »

Une autre voix répondit, des dizaines de mètres plus haut. La créature recouverte de bandage s'était rapprochée d’ Ithaxus, de longs parchemins se déployaient autour de son corps comme autant de serpents.

« Peur de nous affronter Votre Majesté ? »

Resheph. Le regard du nihilien se fixa immédiatement sur elle. Une part de lui ne désirait que se téléporter derrière elle pour briser sa petite nuque, mais il n’était pas idiot : Ithaxus s’y attendrait. Les deux démons fonctionnaient en tandem et devaient s’être concertés. Il ne désirait rien de plus que les tuer, mais il devait faire les choses correctement.

« Bra…
- Je suis prête.
- Woh, qu’est-ce que vous faites ? Je comprends rien à ce qui se passe.
- Ces créatures sont des démons. Elles ne veulent rien de bon à votre espèce, votre groupe, votre planète, tout ce que vous voulez. Si vous voulez aider, attendez une occasion. Sinon, restez en dehors de ça. »

Il ne perdit pas davantage de temps avec lui, tournant le regard vers Bra.

« Je fonce. Tu suis. »

Cela faisait bien longtemps qu’ils ne s’étaient pas battus ensemble contre un même adversaire, mais Kalta avait toute confiance en elle. Ils n’avaient pas passé deux ans dans la Salle Blanche pour rien et ces deux là avaient beau être puissantes : elles n’étaient pas Cell.
Il n’attendit donc pas de voir Bra acquiescer pour concentrer son énergie. Une lame brillante apparut lentement le long de son bras. Le nihilien fit exploser le sol de pièces et de pierres précieuses en se propulsant vers ses adversaires.

Et soudain, il fut sur Freezer 82. La planète était en flamme.
Le palais impérial avait chuté, créant un monstrueux cratère dans la forêt alentour pendant que le monde brûlait. Les flammes grimpaient dans les airs jusqu’à sa hauteur. L’académie Obi était ravagée par l’incendie, des dizaines de silhouettes volant autour comme des mouches sur un cadavre. L’image arrêta l’Empereur dans sa course.

* *
*

Bra se retrouvait un peu plus bas que Kalta, mais elle avait une vue tout aussi incroyable sur le monstrueux incendie. Elle chercha des yeux la tour de Maître Karine, sans parvenir à la localiser.
Impossible. Ils ne peuvent pas.

« C’est la technique de Bujin ! »

Le cri, si proche d’elle, la fit pivoter brusquement. Gokua. Il était là avec elle, donc il avait lui aussi été téléporté de cette façon.

« C’est une illusion ! »

Aussitôt qu’il le dit, Bra prit conscience de la réalité. Elle ne sentait pas l’énergie d’un seul habitant de la Terre, que ce soit Karine ou les innombrables humains et aliens. En revanche, l’énergie de Ithaxus et Resheph était toujours présente. Celle de Resheph fusait vers Kalta, trop vite pour être arrêtée. Mais elle était invisible.
La saïyenne disparut dans un grésillement.
Elle se retrouva au milieu des flammes qui s’étaient élevées jusqu’à Kalta, mais ne ressentit pas la moindre chaleur. Rien de tout cela n’était réel, elle devait s’en rappeler. Bra avait tenté de se téléporter en posture de défense ; les deux coudes levés pour protéger son visage et son torse.

Le poing de Resheph s’enfonça dans son ventre avec une force monstrueuse, assez pour la faire plier en deux. Elle pouvait déjà entendre les tentacules de parchemin se déployer pour l’entourer.

« AH ! »

Son aura explosa autour d’elle. Elle ne pouvait pas voir les parchemins brûler mais elle les entendit siffler. Elle perçut aussi un vague grognement. Sur sa gauche.
Je te tiens.

Pivotant sur elle-même, elle envoya son pied là où devait se situer Resheph. Elle frappa quelque chose. Et puis, autre chose se referma sur sa jambe et la tira violemment à travers les flammes.
Elle ne pouvait toujours pas voir la démone, mais elle la sentit se préparer. Soudain, ce fut un déluge de coup. Bra leva les bras et les jambes, tentant d’éviter au mieux les poings qui allaient la frapper, mais ce n’était même pas des poings et ce n’était pas des attaques classiques. C’étaient des griffes et elles frappaient de façon aléatoire. De plus en plus violemment et avec une sauvagerie croissante. Un ricanement violent retentit autour d’elle, presque fou. C’était comme affronter une bête sauvage.

Elle essaie de m’érafler, réalisa-t-elle soudain.

« Saïyenne ! appela la voix de Kalta. Derrière-moi. »

Un instant, sous les coups de plus en plus violents, elle ne comprit pas ce qu’il voulait dire. Puis, elle vit la main ouverte de Resheph fondre sur elle, toute griffe dehors. La démone ne visait même pas, cherchant la moindre zone de peau à exploiter. L’idée lui fit brusquement comprendre ce que Kalta voulait.
Dans un grésillement, elle se téléporta dans le dos de son ami. Le nihilien s’était repositionné dans les airs, les deux mains tendues devant lui. Elle nota qu’il avait fermé les yeux pour ne pas se laisser distraire par l’illusion et se concentrer uniquement sur l’énergie de leur adversaire.

« Attrape ça ! »

Dans un grondement, il libéra son ki. Mais ce n’était pas sous la forme d’un rayon concentré. Ce fut un déluge de flammes qui engouffra toute la zone où Bra se battait encore un peu plus tôt. Les vraies flammes se mêlèrent à l’illusion. Et un hurlement de douleur retentit brusquement, suraigu.

« Va t’occuper de l'illusionniste. Et méfie-toi.
- Tu es sûr, Kalta ? »

Resheph restait un adversaire dangereux et elle n’aimait pas laisser le nihilien seul face à elle.

« Elle utilise le poison pour se battre, je résisterai mieux. Vas-y pendant qu’on peut sentir sa présence ! »

Bra hésita une seconde de plus. Le hurlement disparut soudain. Des flammes jaillit une silhouette noire, fumante. L’illusion disparaissait progressivement pour révéler les parchemins carbonisés, se reformant autour du corps d’Resheph. Son visage était toujours dissimulé, mais ses yeux d’onyx brillaient, sa bouche était déchirée en un sourire fou.

« Elle a tué Palpi, ajouta soudain Kalta, d’une voix si basse qu’elle faillit ne pas l’entendre. Je m’en occupe.
- Envie de jouer, petit prince ? ricana la créature. »

Kalta poussa un hurlement et se jeta en avant, une aura argentée l’enveloppant déjà. Bra ne pouvait plus hésiter.

Elle ferma les yeux, se concentra sur l’énergie d’Ithaxus, tellement proche d’eux, et disparut.

* *
*

Ithaxus avait eu besoin d’un peu de temps pour se faire à cette nouvelle capacité, comme pour toutes celles qui demandaient un peu de réflexion. C’était intéressant, et très amusant à faire, mais il fallait que son cerveau crée les connexions nécessaires. Aussi avait-elle opté pour un environnement familier aux deux cibles principales, avec juste un peu plus de destruction et de flammes. De quoi les distraire avec du mouvement et donner un peu de couverture à Resheph.
C’était la base. Le plus simple. Et l’idiote avait réussi à gâcher sa chance.

Au point que la demi-saïyenne se préparait maintenant à l’attaquer. Ithaxus la vit disparaître dans un grésillement. Elle commençait à bien connaître cette technique. Sans hésitation, elle pivota et tendit sa main gauche pour attraper son poing au moment où elle tentait de frapper. Aussitôt, Ithaxus tournoya sur elle-même et emporta son bras avec elle pour s’offrir le flanc de la jeune combattante. Son genou la frappa en plein torse.
C’était loin d’être assez.

Ithaxus sentit son bras se tordre alors que la saïyenne faisait une pirouette vers l’avant. Elle la lâcha et recula d’un bond. Elles se faisaient maintenant face, entre deux colonnes de fumée qui n’étaient que des illusions. Ithaxus les voyait aussi bien sûr, mais elle distinguait clairement la réalité derrière son sortilège.

« Votre Majesté ! J’espérais vous rencontrer plus tôt pour être honnête. »

Ramenant son bras contre son torse, Ithaxus fit une révérence exagérée, observant la réaction interloquée de la jeune femme.

« Vous êtes bien princesse des saïyens, non ? Reine en fait. Pour ce que ça vaut. »

La colère brilla dans les yeux d’émeraudes. Bra rajusta sa position de combat, essuyant une goutte de sang sur son menton et tendant les poings vers elle. Resheph l’avait bien amochée mais ce n’était pas assez pour épuiser l’énergie d’un saïyen. Pas besoin d’avoir étudier leur corps pour savoir ça.

« Et vous êtes Ithaxus, c’est ça ? »

Elle renouvela sa révérence, profitant de ces quelques moments de calme pour mieux évaluer son adversaire. C’était vraiment dommage que leur Roi ne veuille pas lui laisser l’opportunité de l’étudier plus attentivement, mais elle comprenait qu’il était dangereux de la garder en vie.

« Pour vous servir.
- Nous savons ce que vous cherchez, vous savez ? Vous n’y arriverez pas.
Oh vraiment ? fit-elle mine de s’étonner. Et qu’est-ce que vous… ? »

Avant de pouvoir finir sa phrase, elle perçut l’énergie de la saïyenne monter en pic. L’aura d’or explosa autour de Bra et elle fondit vers elle.
Petite insolente !

Avec un temps de retard dû à la surprise, Ithaxus se jeta en arrière. Le poing de la saïyenne frappa tout de même dans une plaque osseuse de sa poitrine, provoquant un craquement violent et la repoussant de plusieurs mètres. Mais Bra n’avait pas terminé. Elle continua sa course, la jambe déjà prête à frapper.
Mieux préparée, Ithaxus parvint à glisser sous l’attaque. Elle enchaîna comme si de rien n’était, forçant la démone sur la défensive. La super saïyenne frappait fort, très fort mais aussi avec une grande vélocité. Ithaxus faisait de son mieux pour esquiver, toute en pirouettes autour de la jeune femme pour éviter le pire.
Elle est plus forte que le nihilien et elle ne me laisse pas un moment de répit.

Alors qu’elle tournoyait vers l’arrière, elle vit la saïyenne tendre la main et libérer un kiaï qui lui fit perdre l’équilibre de sa danse. Ithaxus lutta pour maintenir son vol, mais il était déjà trop tard. Le pied de la saïyenne la l’atteignit au plexus et elle perdit ce qui restait de son souffle.
La démone traversa toute la salle. Heureusement, ça ne l’empêchait pas de réfléchir. Ni de reprendre le contrôle de son corps. Quand elle percuta violemment le mur de métal sombre, c’était le genou en avant. Dans un crissement monstrueux, la paroi se plia comme du papier sous son poids. L’illusion qui avait envahi la salle disparut au moment où elle se concentra pour percevoir son adversaire. Ithaxus bondit en arrière.
Le pied de Bra s’enfonça là où elle s’était trouvée une seconde plus tôt. La saïyenne pivota déjà dans sa direction.

Trop rapide !
Ithaxus bondit vers l’arrière et projeta plusieurs sphères d’énergies qui convergèrent aussitôt vers Bra. L’explosion l’enveloppa aussitôt mais l’aura dorée de la super saïyenne apparaissait déjà à travers la fumée.

« Vous n’avez plus l’air aussi fière, Ithaxus. »

Un grognement frustré lui échappa, le regard fixé en avant pour ne pas se laisser surprendre. Le bras qu’elle avait récupéré était une bonne source de puissance, mais ce corps n’était pas l’idéal pour combattre. Si elle avait porté ses meilleures pièces…

Non, elle devait rester calme. La saïyenne était incroyablement puissante. Mais elle n’était que ça : puissance. Ithaxus ne devait pas céder à l’arrogance et à la bêtise, pas avec tout ce qui était en jeu. Elle n’avait qu’à prendre son temps, réfléchir, ne pas se jeter bêtement contre une créature plus puissante qu’elle et trouver le point faible. Il y en avait toujours un.

« Vous êtes plus forte que prévu, votre Majesté. Je dois l’admettre. »

Bra était sortie de la fumée. Une aura dorée pulsait autour d’elle, son corps intact. Son attention était toute entière concentrée sur Ithaxus, mais il y avait de la curiosité dans ces yeux. Une hésitation que la démone exploita.

« Je ne peux pas vous battre… mentit-elle tout bas. »

Elle abaissa sa garde et laissa sa puissance retomber, descendant doucement vers le sol.
A mi-chemin, elle fit un petit geste de son nouveau bras. Et l’atmosphère changea brusquement pour se transformer en un nuage de fumée noire et d’éclairs grondant. Très simple, très facile pour elle à visualiser, mais rempli d'informations contradictoires. Dans le même temps, elle cacha entièrement son énergie et fila dans les airs.
Ithaxus était la seule à ne pas être victime de son illusion et elle pouvait donc voir avec précision la saïyenne se retourner, le regard perdu et les sens agressés par le tonnerre qui résonnait autour d’eux. Elle était sans défense.

Tout ce que Ithaxus avait à faire, c’était l’atteindre par l’arrière et…

« Sérieusement ? »

L’aura de la saïyenne prit soudain une ampleur monstrueuse, effaçant les nuages tout autour d’elle. Sa voix tonna exactement comme le tonnerre, mais ce n’était pas ça qu’elle préparait.

« Kalta ! Fais gaffe ! »

Sans plus d’avertissement, elle fit exploser sa force. L’énergie jaillit de son corps comme une sphère de destruction qui emplit rapidement la salle. Ithaxus eut à peine le temps de ralentir.

« Non… ! »

Elle fut percutée de plein fouet, emportée en arrière par le ki brûlant.
L’illusion s’estompa d’un seul coup. Ithaxus retomba au sol, sur un amas de pièces d’or qui tremblaient au contact de l’énergie déployé par la saïyenne. La sphère s’estompa d’un coup, à peine une seconde après avoir été déployé. Bra était déjà devant elle, main tendue.

« Tu n’as même pas essayé d’absorber cette énergie, nota-t-elle. »

Ithaxus reprit son souffle et se redressa sur les jambes pour défier son adversaire.

« Bien joué, votre Majesté. Je…
- Je n'ai pas de temps à perdre avec toi.. »

Bra fondit sur elle. Déjà, son poing tendu était prêt à la frapper à la tête. Ithaxus hoqueta de surprise.
Et puis le sol explosa dans un déluge d’énergie, de pièces d’or et de pierres précieuses. Tout le trésor avait été projeté dans les airs par une nouvelle force, qui prit la saïyenne par surprise autant qu’elle. Ithaxus ricana triomphalement et se jeta dans les airs au milieu des joyaux. Pile au bon moment.

« Zangya ! Maintenant ! hurla Bojack. »

Des fils d’énergies apparurent entre les doigts de sa comparse, s’enroulant autour de la jeune saïyenne qui ne comprenait pas ce qui se passait.
Une masse de muscle verte apparut devant la saïyenne, un sourire mauvais aux lèvres.

« L’univers regorge d’adversaires dignes de moi, il semblerait. »

Ithaxus vit Bra relever les yeux vers Bojack. Elle comprenait enfin à qui elle avait à faire et ce qui se passait, mais une nouvelle incompréhension naquit dans son regard.
C’est cette hésitation qui permit à la démone de passer dans son dos. Quand le poing du pirate s’enfonça dans le ventre de la jeune femme, Ithaxus envoya un formidable coup de pied entre ses omoplates.

Pour la première fois du combat, la saïyenne cracha du sang.

Dernière édition par Tierts le Mar Nov 14, 2023 10:22, édité 1 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 12/02/2024
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Tierts
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Nov 13, 2023 13:00

:Bonjour ! On poursuit notre route le long du Tome 3 et on approche du chapitre 30

Comme toujours, merci infiniment à Lamantin_Furtif et Tonay pour leurs corrections et précieux conseils. Les fautes et maladresses qui sont encore là sont de mon fait.
Je veux aussi noter que ce combat, si il vous plaît (et j'espère que c'est le cas) c'est grâce à Antarka qui a fait plusieurs remarques après le premier jet pour le rendre plus palpitant !

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Chapitre 29 : Or fondu


« Kalta ! Fais gaffe ! cria une voix lointaine. »

Et voilà qui sonnait la fin de leur petit jeu de cache-cache dans la tempête. Les nuages se dispersèrent au moment où une vague d’énergie explosa dans la salle. Une énergie familière que le nihilien chevaucha simplement jusqu’à s’accrocher à un mur.

Une part de son esprit voulait absolument savoir comment s’en sortait Bra, mais il ne pouvait pas oublier son adversaire.
Une masse de fumée s’accroche soudain au mur, face à lui. Une silhouette à l’intérieur se redresse.

Un son commençait à résonner autour de lui. Comme si un lépreux raclait désespérément une gorge qui se noyait dans le pus et le sang. Un rire. Un rire qui n’allait qu’en s’amplifiant. Respeh le fixait. Elle non plus n’avait subi aucun dommage suite à l’attaque de la saïyenne.

Kalta ressentait toujours un certain plaisir quand il combattait. Quand les discussions, les négociations et les arrangements cessaient. Qu’il ne restait plus que les poings et les kikohas. Surtout quand il pouvait tester sa puissance face à un adversaire à sa hauteur, ce qui n’arrivait qu’avec Bra à présent. En cet instant, il sentait une exaltation similaire, mais dont la source était bien différente. Il se fichait de se tester. Il se fichait des techniques de son adversaire et de ce qu’il pouvait en apprendre.
Il voulait la tuer. Il voulait la tuer lui-même. Il allait la tuer.

« Toujours prêt, petit Prince ? »

Le nihilien plia le mur sous ses pieds et se jeta sur elle. La fumée s’était épaissie, mais Resheph était toujours perceptible et Kalta n’avait pas besoin de ses yeux pour savoir où frapper. Dans un craquement de tonnerre, il percuta la démone et fila avec elle dans les airs, les deux poings enfoncés dans son ventre.

« Ahahahahah ! »

Resheph réagissait à peine. Au contraire, elle profitait de sa position pour marteler son dos. Ce qui était d’abord des coups de poings ressemblait de plus en plus à des griffes, qui tentait de s’enfoncer dans sa peau jusqu’au sang. Kalta ne lui en laissa pas le temps. Avec toute la force dont il était capable, il l’écrasa contre un mur de métal. Elle ne cessait pas de rire.
Deux mains couvertes de parchemins attrapèrent son visage. Le crâne de la créature vint à sa rencontre. Il y eut un craquement dans son nez.

« AHAHAH ! »

Le temps qu’il retrouve ses sens, le visage de Resheph fondait à nouveau sur lui. Sa bouche démesurée s’ouvrit sur des dents beaucoup trop pointues. Kalta parvint à se défaire de sa prise pour se jeter en arrière, mais il sentit tout de même la mâchoire se refermer à moins d’un centimètre de son nez.
Et elle riait toujours.

« Tu vas te taire ?! »

L’Empereur gronda de colère. Une lame d’énergie se formait déjà autour de son bras. Voilà qui devrait la faire taire, définitivement.
Alors qu’il allait l’abattre sur le visage rieur, quelque chose se referma dessus. Une longue série de parchemins, enveloppée dans une énergie verdoyante, qui l’avait attrapé comme un tentacule. Resheph se calma enfin, un sourire mauvais étira ses lèvres de papier.

« Surpris ? T’es pas le seul à pouvoir t’amuser avec l’énergie, p’tit Prince. »

Dans un ample mouvement du bras, elle fit claquer le parchemin comme un fouet, projetant Kalta dans les airs. Mais avant qu’il ne soit trop loin, elle referma la main sur le lien d’énergie et tira brusquement dessus. Dans le même temps, elle bondit, genou en avant. Le coup atteint l’Empereur en plein thorax. Il cracha du sang, mais elle ne lui laissa aucun répit, frappant des deux poings dans son dos pour l’envoyer s’écraser au sol.
Le nihilien percuta une pyramide de lingots , qui s’éparpillèrent autour de lui dans un grand fracas métallique. Il hoqueta, le choc du coup résonnait encore dans son ventre.

« Eh ! P’tit Prince ! »

Lorsqu’il releva les yeux, Resheph était juste au-dessus de lui, les deux mains tendues pour former une boule d’énergie qui n’allait qu’en grandissant.

Idiote.
Il prit l’air terrifié et attendit qu’elle tire, ricanant comme une damnée. À l’instant où le rayon d’énergie fondit sur lui, il se téléporta derrière elle.

Et sentit une main se refermer sur son cou, les ongles attaquèrent immédiatement sa peau. Le visage couvert de bandage se rapprocha de lui. Une odeur de putréfaction et de mort l’accompagnait.

« Prévisible, souffla Resheph à son oreille. »

Puis la démone se jeta sur lui, comme une bête sauvage.

* *
*

Gokua tentait tant bien que mal de suivre le rythme, mais surtout de se faire entendre.

« Chef ! Zangya ! Attendez deux minutes ! »

Soit ils ne voulaient rien entendre, soit ils étaient trop occupés pour l’écouter, mais il fallait qu’ils le fassent. Depuis leur arrivée dans la salle, les choses avaient dégénérées : ils attaquaient tous les deux Bra, en compagnie de la créature qui avait volé un bras à Bujin. Bojack et elle semblaient occupés à se balancer la saïyenne comme pour une partie de Volleyball. Zangya gravitait autour d’eux dans un ballet savamment orchestré pour entraver leur adversaire. Sauf que Bra n’était pas leur ennemie.

Enfin, il parvint à s’interposer devant son amie. Zangya bondit de surprise, avant de le reconnaître.

« Qu’est-ce que vous faites ?
- Toi qu’est-ce que tu fais ?!
- Mais vous voyez pas… »

Le plat d’une main le frappa violemment derrière la tête, assez pour le sonner quelques secondes. Zangya recula encore.

« Qu’est-ce que tu fous, toi ? Où est l’autre ? »

La voix de Bojack. Sonné, il avait encore un peu de mal à la reconnaître, mais le ton était trop caractéristique. De même que cette façon de donner des ordres. Gokua lutta pour reprendre son équilibre.

« Blessé mais vivant, elle… Ils sont pas là pour nous, pourquoi on les attaque ? C’est qui elle ? Et qu’est-ce qu’elle a fait à Bujin ?
- Je te demande ton avis ? Fais ce que je te dis ou ça finira mal. »

Il ne répondait à aucune question, comme d’habitude. Gokua pivota de son mieux, le regard encore flouté par le choc. D’autres questions lui vinrent, mais il vit le regard de Bojack, froid et dur. Le regard qu’il avait quand il ne voulait pas discuter.

« Ferme-la et obéis. Zangya, retour à l’action, approche depuis l’arrière. Gokua, tu la rejoins dès que tu es en état. »

Ils filèrent tous les deux dans les airs avant qu’il ait le temps de faire le moindre commentaire de plus.

* *
*

Bra tentait tant bien que mal de suivre le rythme, mais surtout de retrouver une seconde de calme. Ithaxus était déjà une adversaire redoutable et voilà qu’elle recevait deux alliés.
Un type gigantesque aux muscles verts et surdéveloppés ; le fameux Bojack, et son acolyte, que Bra n’avait qu’aperçu que quelques secondes. Sa nouvelle adversaire avait l’apparence d’une jeune femme, plutôt jolie d’ailleurs. Mais elle obéissait aux ordres de Bojack et était donc un danger potentiel. Un de plus.

Depuis qu’ils étaient intervenus, elle peinait à parer tous les coups. Assaillies de toute part, elle pouvait en encaisser certains, mais ceux de Ithaxus étaient dangereux. Bojack était puissant aussi, même si loin de son niveau. Et enfin, la jeune femme ne l’approchait jamais.
C’est au cours d’un échange de coup entre Ithaxus et elle que Bra perçut l’opportunité. Au moment où un poing devait la frapper au visage, elle disparut dans un grésillement et réapparut aux côtés de la femme. Celle-ci poussa un cri de surprise et fila en arrière aussi vite que possible. Pas idiote.

Bra ne cherchait pas à la frapper de toute façon. Tout ce qu’elle voulait, c’était une seconde de répit et elle l’avait eu.
D’une main, elle essuya le sang accumulé à la commissure de ses lèvres. Elle reprenait son souffle, s’adossant contre une petite colline de pièces d’or. Au-dessus d’elle, lévitant à distance prudente, Ithaxus s’était reprise. Bojack était à ses côtés, un rire gras émergeant de sa gorge. La démone fit la révérence.

« Vous ne pensiez pas que ce serait si facile, votre Majesté. Je vous ai étudié avant de venir. Vous êtes prête à vous allier à n’importe qui tant que vous éliminez vos ennemis, mais quand la même chose se produit…
- Pardon ? hoqueta Bra. »

Elle était peut-être outrée par ce que racontait Ithaxus, mais chaque seconde qu’elle gagnait était essentielle. Il fallait reprendre son souffle, reprendre le rythme, et les battre tous les trois. Si elle pouvait la faire parler…

« Contre Cell. Nous vous observons depuis longtemps. »

Bra ne pouvait s’empêcher de demander à quand le début de cette surveillance commençait. Quand est-ce que le plan de ces créatures s’était mis en place et pourquoi ? Des questions qu’elle ne pouvait pas poser maintenant, car une autre priorité l’intéressait.

« Bojack. Je ne sais pas ce que celle-ci vous a promis, mais nous n’avons rien contre vous et vos hommes. Vous pouvez…
- Ne gaspille pas ta salive. Je sais pour votre petit Empire. J’ai hâte de le démanteler comme les autres.
- L’Empire n’a rien à voir avec… toi ! »

Elle se retourna brusquement vers la femme qui accompagnait Bojack. Celle-ci tentait de la contourner depuis tout à l’heure, pour se mettre dans une position favorable à une attaque sans doute. Bra la surveillait, mais elle fut choquée de la découvrir auprès de quelqu’un d’autre : Gokua.

« Demande-lui ! Nous avons emmené votre ami Bido ! L’Empire se fiche de vous, vous pourrez partir dès que…
- Tu n’as pas compris, gamine, gronda une voix derrière elle. »

Une sphère d’énergie pulsa contre son dos, l’espace d’une seconde, avant que Bojack ne la fasse exploser. Bra fut projetée en avant. Elle roula pour se remettre debout et sentit aussitôt des liens d’énergies l’entourer. La femme, pas assez puissante pour la retenir. La saïyenne n’avait que tendre les muscles pour se redresser malgré tout, l’énergie brillant sur ses muscles sans rien lui faire.
Mais d’autres liens s’ajoutèrent autour de son corps. Gokua. Bra rencontra de la résistance : elle peinait maintenant à bouger ne serait-ce qu’un membre.

« Non, attends ! »

Le visage déformé de Ithaxus apparut soudain devant elle. La démone posa sa main sur son torse.

« Pas si facile en sous-nombre, Princesse ? »

Brusquement, elle sentit un tison brûlant s’enfoncer dans sa poitrine. La douleur fut si soudaine que Bra ne put empêcher un hurlement d’échapper à ses lèvres. C’était comme si on arrachait ses chairs morceau par morceau.
Dans sa douleur, elle releva la tête vers le plafond. Bojack était au-dessus d’elle, préparant un kikoha brûlant.

* *
*

Resheph était une furie. C’était la première fois que Kalta affrontait un adversaire pareil. Les coups pleuvaient sur lui et il devait lutter à chaque instant pour les parer ou les esquiver. La seule situation similaire qu’il ait affrontée était la saïyenne, quand elle perdait encore le contrôle en atteignant cette forme supérieure au Super Saïyenne. Et là encore, Bra se battait comme une experte en arts martiaux.
La démone était une bête sauvage. Elle ne frappait pas avec poings et pieds, mais avec ses griffes. Elle tentait de lui cracher dessus, de l’attirer contre elle. C’était du poison. Tout ce qui exsudait d’elle en était. Même la fumée noire commençait à obstruer la gorge du nihilien, alors que son corps pouvait tenir des mois sans respirer.

Du poison. C’est ainsi qu’elle avait tué Palpi.

Dans un hurlement de rage, Kalta se jeta en arrière, bras tendu vers la créature. Son index libéra une multitude de rayon fin et violacé. Resheph ralentit à peine, dansant entre les attaques sans s’en soucier. Elle en encaissa une en plein visage en se jetant sur lui. Le nihilien l'accueillit avec un coup de fouet de sa queue,qui l’atteignit en pleine gorge. Elle ne ralentit toujours pas.
La démone l’entraîna jusqu’au mur le plus proche, où ils s’écrasèrent violemment. Il sentait ses ongles racler contre ses orbites, tentant de lui arracher les yeux.
En une pirouette, il fut derrière elle. Cette fois, il ne prit pas le temps de préparer une attaque sophistiquée. Sa main libéra un kikoha qui explosa à l’impact, de la fumée se répandit autour d’eux. Le rire de Resheph retentit avant qu’il n'ait finit de la dissiper. Kalta vit sa main, placée derrière son dos pour réceptionner l’attaque. Les parchemins remontaient déjà le long de la chair putréfiée pour l’entourer à nouveau. Elle ne semblait pas ressentir la moindre douleur.

« T’es résistant, P’tit Prince. »

Lentement, la tête de la créature pivota pour lui faire face. Son corps fit de même avec trois secondes de décalage.

« Mais mortel, comme tous les autres. Tu affrontes un dieu pour la première fois. »

Kalta ne pouvait que ricaner en réponse.

« Un dieu, c’est ça…
- Laisse-moi te montrer. »

Elle écarta les bras. Quelque chose se mit à suppurer des rares espaces laissés par les parchemins qui la recouvraient. Un liquide noirâtre et poisseux, avec une très légère teinte rouge, qui ne tarda pas à lui recouvrir les membres de la créature. Resheph éclata de rire et se jeta vers l’avant.

Cette fois, Kalta était prêt. Plus rapide qu’elle, il esquiva les coups en reculant, gardant toujours une distance de sécurité avec Resheph. Il ne lui fallait qu’une ouverture et il en aurait une. Elle était trop brutale, trop agressive, trop sûre d’elle.
Quand il la vit, le nihilien matérialisa une lame d’énergie sur sa main, et il frappa. Une seconde, les yeux de la démone brillèrent de peur, elle ne ralentit qu’au dernier moment, se jeta en arrière, mais trop tard. La lame traversa son épaule et déchira le papier et les chairs, mais sans lui découper le bras.

« AHAHAHAH ! »

Ça ne l’avait toujours pas ralenti. Bien au contraire, elle ne rit que plus fort et balança son bras en arrière dans un mouvement d’hélice qui aurait brisé n’importe quel membre. Il en jaillit une fontaine de liquide, projeté dans les airs. Kalta sentit quelque chose l’atteindre à l’épaule. Puis une brûlure.
Avec un grognement de douleur, il tourna la tête pour voir le sang acide s’étaler sur son bras, rongeant déjà la peau avec un sifflement inquiétant. D’un kiaï, il vaporisa l’étrange projection.

« AHAHAH ! »

Resheph était sur lui. Son genou le frappa au menton, provoquant un claquement douloureux de la mâchoire. Puis son bras blessé le gifla violemment. Une fois, deux fois. Du sang éclaboussait partout et Kalta sentait déjà la brûlure sur son torse.
Elle voulait le noyer dans son sang.

* *
*

Bra s’était téléportée au dernier moment. L’attaque de Bojack toucha tout de même le sol où elle s’était tenue quelques secondes plus tôt. L’énorme tas d’or contre lequel elle s’était appuyée fut vaporisé en une seconde, avant d’engouffrer la moitié de la salle dans une explosion monumentale. Même Gokua et son acolyte, auprès de qui elle s’était téléportée, durent se protéger du souffle. Elle avait perdu de vue Ithaxus.
Une douleur incroyablement violente lui étreignait toujours la poitrine, mais elle devait se battre. Plus loin, elle sentait l’énergie de Kalta faiblir.

« Navré, fit-elle à Gokua, qui préparait un coup. »

Une poigne se referma sur son bras, la tirant vers l’arrière et vers le visage souriant de Ithaxus.

« Pas si simple, votre Majesté. »

Elle abattit son autre poing aussi fort que possible sur le bras tendu de la jeune femme. Bra sentit ses chairs déformées par le coup et son os qui résistait vaillamment à la pression. Une nouvelle vague de douleur la submergea et elle hurla.
Par réflexe, elle leva la main gauche pour projeter un puissant rayon d’énergie, directement contre le ventre de Ithaxus. La démone fut projetée en arrière, uniquement sur quelques mètres, mais c’était déjà ça. Bra se redressa de son mieux.

Gokua était devant elle, les doigts tendus pour préparer son étrange technique de liens, avec son acolyte. La super saïyenne ne leur laissa pas une seconde de plus. Son bras blessé levé vers l’avant, elle provoqua une explosion en arc de cercle dans les airs. Gokua résista, mais l’autre femme fut expulsée en arrière, le corps fumant. Il se jeta vers elle pour la rattraper. Encore quelques secondes gagnées.
Bojack était déjà là.

Son coup la frappa en plein visage, lui faisant à nouveau cracher du sang. Sa joue virait déjà au rouge, mais elle attrapa le deuxième poing dans sa main gauche.

« Saloperie… cracha-t-elle. »

Un instant, elle avait voulu frapper de sa main droite, mais ce bras la faisait encore trop souffrir. Elle emprunta une technique à Kalta et ouvrit grand les yeux, deux rayons d’énergies jaillirent de ses des pupilles pour frapper Bojack en plein thorax et l’envoyer vers l’arrière.
Bra hoqueta de douleur, essuyant le sang sur son visage. Elle aurait pu vaincre tous ces adversaires individuellement, mais tous à la fois… Elle s’épuisait trop vite. Déjà, Ithaxus se préparait à l’attaquer à nouveau. Bra pouvait la sentir, qui concentrait son énergie en un rayon meurtrier.
Pas question d’encaisser ou de parer, cette fois-ci. Elle devait être sur l’offensive.

La saïyenne attendit de voir le point d’énergie violacée apparaître et fondre sur elle. Bra tendit son bras valide et matérialisa son énergie en un rayon d’énergie d’un blanc pur. Lorsque les deux attaques entrèrent en collision, elle sentit le choc se répercuter dans tout son corps, mais elle tint sa position.

« AAAAAH ! »

Sa puissance l’avantageait cette fois-ci, elle sentit Ithaxus faiblir et pouvait presque imaginer la peur dans ses yeux. Puis, soudain, il n’y eu plus aucune résistance. Elle vit la démone se jeter hors de la trajectoire des attaques.
Pas si vite.

Elle s’apprêtait à changer la trajectoire de la sienne quand elle l’entendit hurler.

« Bojack ! Maintenant ! »

Du coin de l’œil, elle vit la masse de muscles verte se jeter sur elle. Bra n’eut que le temps de se jeter en arrière, le poing du pirate passa à quelques centimètres de son visage, mais elle put voir qu’il tenait quelque chose. Quelque chose de petit, brillant, et pointu. La lame lui ouvrit toute la joue pour créer une belle balafre rouge.
Avec un nouveau cri de douleur, elle leva son bras droit et fit exploser son énergie. Bojack fut rejeté en arrière comme un pantin balloté par le vent.

« Parfait ! gronda une voix toute proche. »

C’était déjà effrayant, jusqu’à ce qu’elle constate que ce n’était pas celle d’Ithaxus.

* *
*

Kalta devait résister à la fois aux assauts de Resheph et à la douleur provoquée par son sang chaque fois que la moindre goutte l’atteignait. Il prenait particulièrement garde à ses propres attaques pour éviter qu’elle ne se serve des blessures pour l’atteindre. Plusieurs fois déjà, elle avait tenté de lui cracher son sang dans les yeux.
Une énorme explosion avait parcouru la salle, alors qu’ils étaient en plein combat, et il en avait profité pour s’éloigner d’elle au maximum, la maintenant à distance à coup de kikoha bien ciblés. Maintenant, ils se faisaient face, à une dizaine de mètres l’un de l’autre, planté sur des tas d’or fondu, et il pensait pouvoir prendre l’avantage.

Quelle adversaire intéressante elle faisait ! Malgré tout ce qu’elle avait fait, il était bien obligé de le lui reconnaître. Mais ça ne l’empêcherait pas de la tuer tout de suite.

D’un coup, Resheph se jeta en avant. Elle lança son énergie avant elle, provoquant de multiples explosions devant elle et noyant la zone dans la fumée. Son énergie disparue. Elle était très forte pour ça. Kalta ne se laissa pas avoir.
D’un simplement mouvement du bras, il souffla tout l’air devant lui, dispersant la fumée. Resheph était là, mais quelque chose avant changé. Pas le temps d’y réfléchir, elle fonçait sur lui. Il esquiva facilement le premier coup, glissa sous le deuxième et frappa au ventre, reculant alors que du sang jaillissait de sa bouche. Elle recula.

Et c’est ce qui lui fit comprendre. Resheph attaquait bien plus avant, et elle ne reculait pas avec la douleur.
Derrière elle, les tas d’or étaient intacts. Pas fondus. La salle était intacte. Une illusion. Et la puissance face à lui n’était pas celle de Resheph.

« Ithaxus ?! »

La créature se fendit d’un sourire alors que l’illusion se dispersait, révélant le visage couturé de son ennemi.

« Resheph avait mieux à faire, votre Majesté. »

* *
*


Bra se retourna juste à temps pour la voir. Le visage recouvert de parchemin de l’étrange créature. Elle sentit quelque chose la frapper à la joue et leva le bras droit trop tard pour l’arrêter. Les parchemins s’enroulèrent autour de son bras blessé et elle sentit un liquide poisseux couler sur sa peau.

Papam. Papam.


Quelque chose s’introduisait dans la blessure de sa joue.

Papam.
Papam.


Dans un déferlement d’énergie, elle repoussa Resheph et déchira le tentacule de papier qui tentait d’enserrer son bras.

Quelque chose battait contre sa tempe. Un froid enveloppa son visage et se répandit dans son corps. Au rythme de son cœur. Il battait bizarrement d’ailleurs.
Elle se fit la réflexion en observant Resheph, qui riait.

Papam.

Papam.

Pa…Pam.


* *
*

Kalta vit l’or disparaître des cheveux de la saïyenne, comme une bougie soufflée dans un coup de vent.

« NON ! »

Bra chuta vers le sol.


Dernière édition par Tierts le Jeu Nov 23, 2023 15:10, édité 1 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 12/02/2024
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mer Nov 15, 2023 12:10

Et voici mon retour sur les deux derniers chapitres ! Je sais, je sais, me suis fait désirer ! x)

J'attends ta réponse à la prochaine publication :lol:


Chapitre 28 :

Spoiler
Des combats des plus intenses ! C’est fluide, c’est rapide et efficace, donc pas grand-chose à redire ! J’aime les brèves interactions entre les personnages, ça leur correspond très bien. Et oui, les idéaux de Bra risquent de lourdement la desservir.

J’apprécie aussi que personne ne soit un idiot. Tout le monde élabore des plans, des stratégies, réagit aux différentes situations. Voire, pas de la manière la plus efficace quand on voit Reseph qui sabote sans le vouloir l’illusion d’Ithaxus. C’était assez drôle, mais encore une fois cohérent avec leur personnalité.
D’ailleurs, l’arrivée de Bojack à la fin risque de bouleverser la situation. Soit Bra l’écrase brutalement, comme Gohan pendant l’OAV, soit elle hésite un peu trop longtemps…


Chapitre 29 :

Spoiler
« Comme si un lépreux raclait désespérément une gorge qui se noyait dans le pus et le sang. », j’étais en train de boire, j’ai regretté x)

Un autre chapitre chargé en combat, ce dont je ne vais pas me plaindre !
On apprend que les démons observe Kalta and co depuis un bout de temps, au moins pendant Cell (Cell contre les démons auraient été très intéressants)
Bra en difficulté à cause du nombre est finalement assez logique. C’est marrant, le plus souvent, ce sont les « gentils » qui compensent par le nombre pour vaincre un ennemi puissant dans DBZ, c’est rarement l’inverse.

Bojack qui est allergique aux empires, et un chef complètement abusif. Je vois venir la révolte ou la scission. Et/ou la mort. Ce ne sont pas les choix qui manquent.

Si Kalta s’en sort à bon compte face à Reseph, notamment grâce à sa résistance au poison, ce n’est pas le cas de Bra. Un coup en traître, un empoisonnement et un cœur qui cesse de battre. Encore une fois, le poison est un élément jamais présent dans DBZ, où tout se règle à coup de KI. C’est donc assez cool de le voir utilisé ici.

J’ai assez peu de choses à ajouter si ce n’est que les combats demeurent fluides et bien menés, et que j’attends la suite pour voir si on assiste ou non aux derniers instants de Bra !
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

One Shot
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Nov 20, 2023 13:13

Bonjour Tonay ! Content de voir que tes soucis de mot de passe ont été réglés :p

Bra en difficulté à cause du nombre est finalement assez logique. C’est marrant, le plus souvent, ce sont les « gentils » qui compensent par le nombre pour vaincre un ennemi puissant dans DBZ, c’est rarement l’inverse.

Alors dans ma fic, c'est souvent le cas. Dans DBZ par contre, la tactique de compenser par le nombre ne permet le plus souvent que de gagner du temps (J'ai en tête, Nappa, Reacum ou même Freezer, tous finissant vaincu par un ennemi plus fort qu'eux)
En revanche, c'est tout à fait volontaire que cette dynamique s'inverse dans cette partie de la fic :p

Si Kalta s’en sort à bon compte face à Reseph, notamment grâce à sa résistance au poison, ce n’est pas le cas de Bra. Un coup en traître, un empoisonnement et un cœur qui cesse de battre. Encore une fois, le poison est un élément jamais présent dans DBZ, où tout se règle à coup de KI. C’est donc assez cool de le voir utilisé ici.

J'ai souvent eu des gentils qui utilisaient des techniques variées et intelligentes pour gagner contre un ennemi. Il était temps que Kalta et Bra tombent sur des adversaires capables de faire la même chose.

Comme toujours, merci infiniment à Lamantin_Furtif et Tonay pour leurs corrections et précieux conseils. Les fautes et maladresses qui sont encore là sont de mon fait.

---

Chapitre 30 : La valeur des autres


Quand il avait atteint les postes les plus gradés de la Fédération Héréenne, Ubore avait été surpris de la quantité de papier à remplir et à lire. Au point que la perspective de retourner au combat sur une planète perdue de la Galaxie Nord lui avait parut agréable. Il avait vite appris cependant que c’était un malheur nécessaire. Pour faire avancer la Fédération, mais aussi pour ses hommes. Jusque-là il s’y était plié sans protester. Pas trop fort en tout cas.
Depuis six ans, il prenait même plaisir à lire certains rapports de missions. Non seulement les victoires se succédaient les unes aux autres, mais il y avait un réel travail à fournir quand il rédigeait son rapport définitif à l’Amirauté. Quelles informations omettre complètement, quelles informations devaient être déformées et, bien sûr, quelles informations devaient être sous-entendues mais surtout pas entendues. Il n’avait reçu que des compliments depuis la mise en place du programme et la Fédération ne s’était jamais aussi bien portée. Ses frontières étaient repoussées chaque jour et bientôt l’univers entier serait unifié sous une seule bannière.
Tout ça grâce à lui.

Et cette étrange espèce qui refusait encore de prendre officiellement contact. Ubore s’était souvent demandé ce qu’il ferait d’eux une fois son travail fini. Quand ce serait fait, il deviendrait sans doute le Président de la Fédération, naturellement, et il devrait alors choisir de taire leur existence à jamais ou de compléter le travail. Le problème était de déterminer quels moyens ils avaient à leur disposition. Ils devaient avoir des guerriers du niveau de Bojack, peut-être même au-dessus.

Avant qu’il ne puisse aller plus loin dans ses réflexions, la porte de son vaste bureau s’ouvrit. Bojack entra sans attendre l’autorisation, mais ça devenait habituel chez lui.

« Ah ! Lieutenant, quel plaisir. Et quelle surprise, siffla-t-il avec amusement. Je vois que vous avez complètement oublié l’uniforme. »

Le Colonel Ubore ricanait gentiment. C’était lui qui avait suggérer de ne plus porter l’uniforme ou la moindre insigne pouvant le relier à la Fédération au cours des missions. Jusque là, il n’avait jamais laissé le moindre survivant mais on ne pouvait pas se montrer trop prudent dans ce corps de métier.
Néanmoins, le large manteau bleu sombre qui descendait des épaules de Bojack lui donnait vraiment un genre différent. Il laissait voir son torse et les colliers d’or qu’il portrait depuis peu, lui donnant l’air d’une racaille quelconque. Il paraissait s’y habituer cependant, de même que les boucles d’oreilles et le foulard qui cachait la racine de ses cheveux lui allaient comme un gant. Le parfait petit corsaire, qui ne pouvait être relié en aucune façon à Ubore.
Parfait.

« Aucun risque comme ça, Colonel. Et c’est mieux coordonné avec l’escouade. »

Le groupe de voleur et de criminel qu’on lui avait assigné, en effet. Il était évident qu’aucun d’entre eux n’allait porter l’uniforme, encore moins pendant une mission secrète.

« Et les bijoux ? demanda-t-il en désignant les nombreuses pointes de flèches qui pendaient au torse du grand héréen.
- Traditions de mes hommes, Colonel. Des moins que rien et des voyous, mais j’ai besoin d’une cohésion de groupe pour opérer efficacement. »

Comme à son habitude, Bojack répondait rapidement et sans fioritures, obtenant une moue appréciative de son supérieur. Le Colonel se félicita une fois de plus d’avoir sélectionné ce jeune homme pour cette mission. Il n’y avait pas beaucoup de soldats qui seraient capables d’une telle efficacité avec de pareilles contraintes. Bojack sacrifiait beaucoup pour la Fédération et Ubore ne l’oublierait pas. Ils étaient tous incroyablement chanceux que ce soit lui qui soit sorti vivant des premiers tests, et avec une puissance suffisante pour maintenir tous les groupes suivants sous contrôle.

« Asseyez-vous, je vous en prie, indiquait-t-il enfin. Cela ne devrait prendre qu’une minute. »

Bojack repoussa les pans de son manteau derrière la chaise avant de se laisser tomber dessus, se laissant couler contre le dossier en observant son supérieur. Il avait tout de même perdu un peu en droiture depuis qu’il travaillait avec ces criminels, mais c’était le risque et Ubore n’allait certainement pas lui reprocher.

« J’ai lu votre dernier rapport concernant la mission sur Muments. Excellent travail, comme d’habitude, mais je m’interroge sur la somme rapportée à votre retour. Nos estimations étaient deux fois plus grandes. Est-ce que les mumentis avaient surestimé leurs quantités ou est-ce qu’un transport vous a échappé ? »

Il aurait été particulièrement choqué d’entendre ça de la part de Bojack, mais il fallait vérifier. Si c’était le cas, il était possible, même si improbable, que des détails remontent à la Fédération et la place dans une mauvaise posture vis-à-vis des systèmes annexés. Déjà que la rébellion Muments gagnait de plus en plus de supporters…

« Oh non. J’en ai juste pris la moitié pour mes hommes et moi, répondit simplement Bojack. »

Trop simplement. Son ton était détendu comme s’il parlait de son dernier achat de botte. D’ailleurs, c’est le moment qu’il choisi pour poser les pieds sur le bureau d’Ubore, alors que celui-ci était toujours éberlué.

« Je vous demande pardon, Lieutenant ?
- J’ai réquisitionné la moitié de l’or pour mes hommes et moi, répéta tranquillement Bojack. »

Ubore en resta sans voix.

« Voyez-vous “Colonel”, j’ai essayé de me renseigner auprès des mumentis. Vous saviez qu’ils n’avaient jamais demandé à rejoindre la Fédération et que leur “attaque terroriste” était une frappe défensive contre un de nos vaisseaux qui tentait de voler les ressources d’une planète à eux ?
- Mensonges ! hoqueta Ubore. Nous avons récolté ces ressources nous-même.
- Sur leur planète.
- Ils ne savent pas l’exploiter, Bojack. Nous n’allons pas ralentir l’avancée de la plus grande civilisation galactique pour le profit d’une société de sauvage et d’incompétent. C’est au fort de prendre ce qui leur est nécessaire, aux faibles si nécessaire. »

Ubore secoua la tête, exaspéré. Il avait déjà entendu cette discussion cent fois, il n’allait tout de même pas l’avoir de nouveau avec un subordonné. Surtout pas un simple exécutant comme Bojack.

« Je ne vois pas pourquoi nous discutons de cela de toute façon. Ce n’est pas à vous de décider d’à qui reviennent ces ressources.
- Et pas à vous non plus, répondit-il toujours aussi calme.
- Lieutenant !
- La ferme. J’ai passé six ans à bosser pour des voleurs, avec des voleurs. Tu ne va pas me donner des leçons maintenant.
- Pardon ?! Vous comptez désobéir à l’Amirauté, Lieutenant ? »

Bojack ne répondit pas. Pas oralement en tout cas. Il retira enfin ses pieds du bureau et se pencha vers Ubore, tendant la main vers lui. Sa paume se mit soudain à luire. La lueur verte se répandit dans le bureau. Comme un petit soleil en forme de paume, modifiant toutes les ombres autour de lui. Le Colonel déglutit en reculant sur sa chaise, comme si cela avait la moindre chance de le sauver.

« J’ai l’impression que oui, “Colonel” et tu va m’aider ou tu va finir carbonisé. A moins que tu n’ai un autre super-soldat sous la main ? J’avoue que je ne dirais pas non à un petit challenge. »

Le sourire qu’il affichait n’avait rien à voir avec l’homme loyal qu’Ubore avait connu. Cet air carnassier était celui des racailles avec qui il avait eu le malheur de l’assigner. Bojack savait très bien qu’il n’y avait personne d’aussi puissant que lui sur place. De tout le groupe initial, seule une poignée de soldats d’élites pouvait le concurrencer, et ils étaient loin d’ici.

« Bien, reprit Bojack devant l’absence de réponse. Tu vas vider ta base et me la laisser. Je me fiche de combien de troufions tu dois serrer dans tes petits vaisseaux pour ça. Tu vas prendre la moitié que je t’ai laissé, parce que je suis quelqu’un de gentil. Et tu vas amener ça sur Hera et les prévenir que je viens récupérer ce qui m’est dû. Si vous pouviez prévoir des guerriers pour tenter de m’arrêter, ce serait amusant, mais je n’y compterai pas trop. Bien compris ? Hoche la tête si tu as bien compris ? »

Ubore resta figé un long moment, contemplant son ancien élève et se demandant où il avait fait une erreur. C’était l’intégration des voleurs qui posait problème, il le savait. Il aurait dû continuer avec des soldats, mais combien seraient morts pour ça ?
Combien allaient mourir à présent ?

Le Colonel acquiesça doucement, puis demanda.

« Pourquoi, Bojack ?
- Parce que ce n’est pas la Fédération que je sers depuis l’injection, c’est vous. Et tant qu’à servir quelqu’un : autant que ce soit moi. »


* *
*

« ON DÉCOLLE ! »

Même en ayant coupé le son de son scouteur pour les communications d’Anik, Aidan pouvait entendre son rugissement résonner dans tout le vaisseau. Au moins, il appliquait les instructions de l’Empereur à la lettre : dès qu’ils avaient atteint le vaisseau, il avait emporté Varidal à travers les couloirs et s’était assuré que le départ était imminent. L’instruction avait déjà été communiquée par scouteur, mais la vitesse d’exécution était essentielle.
Persée et elle étaient restées seules, filant dans une toute autre direction pour rejoindre l’infirmerie. Le corps balancé sur le dos de l’ancienne chasseuse de prime n’avait pas bougé de tout le trajet. Bra avait tapé sacrément fort.

Pour me protéger.
Aidan secoua la tête, pour éviter d’y penser.

La porte s’ouvrit devant elles, dans un chuintement caractéristique. Le docteur se mit au garde-à-vous en la voyant.

« Votre meilleure machine, ordonna simplement Aidan. »

Elles ignoraient dans quel état était le bonhomme et à quel point son espèce était résistante. Vu le choc, il devait avoir quelques os brisés, autant ne pas prendre de risque.

« Par ici. »

L’infirmerie du Redemption était la plus grande de la flotte impériale et elle totalisait cinq machines de soin. Toutes appartenaient à une génération différente, mais la dernière installée était le nec plus ultra. Elle devait avoir deux ans, tout au plus. Le bain régénérateur était conçu pour faire des miracles sur un maximum d'espèces, mais pour celles qui n’étaient pas prises en compte, les générations précédentes devaient fonctionner. En théorie.
Persée s’éleva dans les airs, attrapant le dénommé Bido avec la délicatesse et l’expertise d’un soldat impérial expérimenté, alors que le médecin était déjà installé sur le panneau de commande.

« Ce n’est pas un des nôtres, commenta-t-il brièvement. Je ne connais pas son espèce.
- Surveillez ses signaux alors. Si ça déconne, on le changera. Vous nous tenez au courant ?
- Bien sûr.
- On va rester ici. »

Aidan releva les yeux sur Persée. La chasseuse de prime avait relâché Bido à son bain salvateur. Posée à ses côtés, l’armure ne trahissait aucune émotion.

« Imagine qu’il se réveille d’un coup et commence à tout faire péter.
- Oh… Je vais appeler Anik. Il devrait avoir fini. »

Comme pour lui donner raison, le vaisseau entier se mit à trembler. Ils décollaient de la station pour s’éloigner. Un frisson d’inquiétude la traversa.
Idiote. L’Empereur et Bra savent se téléporter, tant que tu es dans le vaisseau, ils sauront te retrouver.

« Bonne idée ouais. Appelle Anik. »

* *
*

Ithaxus était toujours à côté de lui, ses lèvres étirées en un sourire terrifiant. Resheph se tenait là où Bra était encore il y a une seconde. La salle était devenue une caisse de résonance pour le grotesque croassement qui échappait à la démone, comme si elle peinait à trouver sa respiration à travers son hilarité. Plus rien ne bougeait, sinon le corps de Bra qui tombait vers le sol et une flamme verte qui filait vers elle.
Bojack.

« Non, murmura l’Empereur pour lui-même. »

Sans prêter la moindre attention à Ithaxus, il se téléporta sur son énergie. Les yeux rivés sur Bra, il frappa de toute ses forces dans la direction générale du pirate. Il entendit un craquement quand le revers de sa main atteint quelque chose, mais il ne regarda pas alors que le corps de Bojack était rejeté vers l’arrière. Kalta fila sur Bra à son tour, la rattrapant juste avant qu’elle ne touche le sol.
Ses yeux étaient révulsés, son corps tremblant. Et brûlant. Mais elle respirait encore.
Non… Non. Non !

Kalta releva la tête pour fixer l’endroit où Ithaxus se trouvait encore. Quelque chose voulait exploser dans sa gorge. Hurler sur les démons.

Bienvenue sur Cell 1, disait la voix du clone, quelque part au fond de sa mémoire.

Deux rayons oculaires jaillirent de ses pupilles rougeoyantes. Il ne vit pas s’ils avaient atteint Ithaxus. Quelque chose l’avait frappé à la nuque, l’envoyant bouler vers l’avant. Le nihilien lutta pour ne pas lâcher le corps de Bra.

« Déjà là, petit Prince ? ricana la voix de Resheph, derrière lui. »

Il s’envola, mais ce fut pour trouver Ithaxus devant lui. La créature tournoya dans les airs pour donner un formidable coup de pied qui l’atteint à la gorge. Hoquetant, il retomba au sol. Resheph était déjà là. Son poing percuta son genou à l’arrière. Et un craquement retentit.
Le nihilien poussa un cri de douleur, mais tourna rapidement la tête vers Ithaxus. Sa bouche expulsa une puissante décharge d’énergie, la silhouette de la démone disparut dans la déferlante pourpre. Cela ne la perturba pas outre mesure. La main bleutée qu’elle avait volé à Bujin attrapa le crâne de Kalta et lui ferma la bouche.

« À votre tour, Votre Majesté. »

La gifle le jeta au sol. Le masque qui recouvrait sa bouche et son menton vola en éclat, un éclat lui entailla la mâchoire. Il n’avait toujours pas lâché la saïyenne. Ithaxus se tourna vers sa collègue.

« Resheph !
- Ne me donne pas…
- Dépêche-toi ! »

Kalta n’attendit pas. Dès qu’il reprit ses esprits, le nihilien disparut dans un grésillement.

* *
*

« Imbécile ! Tu l’as laissé partir ! »

Les deux tarées se hurlaient dessus. Gokua préférait ça plutôt qu’elles s’intéressent à lui. Au moins le temps qu’il comprenne ce qui se passe.
Zangya jetée sur une épaule, toujours inconsciente, le pirate cherchait à retrouver son chef. Bojack avait été projeté en arrière par l’étrange alien. Suffisamment vite pour percuter un mur et le traverser. Si fort que la station entière avait gémit sous le choc. Gokua suivait ses traces, mais il ne tarda pas à le trouver.

Le chef avait atterri dans leurs anciens quartiers de luxe, abandonnés depuis qu’ils avaient réaménagé le reste de la station. Des coussins et des tentures de tous les coins de la galaxie s’étalaient encore, entre des statues qu’ils avaient entreposés là, un peu n’importe comment. Bojack repoussa celle d’une créature à forme de limace, dont la gueule béante devait former un sourire, mais Gokua avait toujours pris cela comme une menace implicite.

« Chef ! appela-t-il en atterrissant à ses côtés. »

Le visage de Bojack était marqué par le coup reçu. Il tenait sa mâchoire d’une main comme s’il peinait à la garder en place.

« Han… han’scasse.
- De quoi ?
- On.. ONSCASSE ! hurla Bojack. »

Comprenant enfin, Gokua se retourna vers l’immense trou dans le mur. Il s’attendait presque à y voir les deux silhouettes des démons, venues pour les chercher, mais ils étaient seuls. Mieux encore, il pouvait sentir leurs énergies s’éloigner à toute vitesse. Ils allaient à la poursuite de leurs adversaires.

« C’est le moment ou jamais chef, on peut filer vers les vaisseaux et… »

Il fut interrompu par un hurlement de douleur. Bojack venait de remettre sa mâchoire en place d’un coup sec. Il fit exploser la statue qu’il venait de relever, comme si elle était responsable. Gokua se retourna à temps pour éviter que des morceaux ne touchent Zangya.

« Allons-y ! cracha le chef. »

Une seconde, Gokua se demanda s’il aurait dû profiter de ce moment de faiblesse, partir pendant que Bojack était sonné, peut-être même retrouver Bido et filer avec Zangya. Buter le chef pendant qu’il était à terre, même après un coup comme celui-là, était impossible, mais la situation était inédite. Bojack n’était plus le sommet de la chaîne alimentaire à présent, peut-être qu’il était possible de…
Avec un soupir, il s’éleva dans les airs à la suite du patron. Ce n’était pas le moment d’avoir des pensées idiotes.

« Il s’est passé du temps, il va falloir trouver une planète habitée pour vérifier si Zangya va bien.
- Elle s’en sortira, répondit Bojack sans se retourner. »

Gokua profita d’être derrière lui pour cacher sa grimace. Cet enfoiré ne changerait jamais. Des milliers d’années d’emprisonnement et il se fichait de tout et de tout le monde.

« Où est l’autre au fait ? Mort ? »

Je te l’ai déjà dit, espèce de…

« Vivant, mais ils l’ont emporté.
- Tant pis pour lui. Les affaires reprennent ! »

Gokua raffermit sa prise sur Zangya et suivit Bojack jusqu’au hangar où les attendaient leurs centaines de vaisseaux.

* *
*

« Tu l’estimes à combien ? demanda Varidal à Anik. »

Elle essayait manifestement de détendre l’atmosphère pour éviter au commando de se concentrer sur le combat lointain où évoluait leur empereur, ainsi que les démons qui avaient tué Palpi. Le lézard, plus que quiconque dans cette salle, avait résisté à l’idée de partir mais il avait fini par obéir. Mais ça ne lui plaisait pas.

« Je ne sais pas. Beaucoup.
- Plusieurs millions je dirais. »

Aidan avait enchaîné, essayant de maintenir le sujet en vie aussi longtemps que possible. Anik pouvait être un bel enfoiré, assez souvent même, mais il restait un membre du commando et il avait besoin d’être distrait en ce moment, plus que n’importe qui d’autre.

« Je pense que tu peux te le faire si t’es pas pris par surprise, continua-t-elle en pointant l’homme dans la cuve. »

Le commando d’élite releva la tête vers Bido. Sa gueule s’ouvrit sur toutes ses dents en une démonstration terrifiante, mais qu’Aidan reconnaissait comme un simple sourire, chez lui.

« Ouais, je pense que… »

Soudain, un grésillement attira leur attention. Avant même que le médecin n’ait le temps de réagir, toutes les têtes se tournèrent vers l’arrière. Une silhouette était apparue dans l’infirmerie, tenant un corps dans ses bras. Le cerveau d’Aidan ne mit que quelques microsecondes à reconnaître les deux silhouettes en question.
Non…

Dans un claquement brutal, le couvercle de la cuve s’ouvrit d’un coup. La machine se mit à hurler, en alerte.

« Eh ! cria le médecin, sans savoir à qui il s’adressait. Qu’est-ce que vous… ? »

Aidan s’était retournée par instinct et elle eut le temps de voir le corps de Bido bouger. Comme si la main d’un géant invisible l’avait attrapé. Il fut retiré de la cuve et balancé au sol, comme un déchet quelconque. Kalta s’élevait déjà dans les airs et il fit glisser la silhouette qu’il tenait toujours dans la cuve à la place.
Bra.

La saïyenne paraissait à peine consciente, les yeux révulsés, le corps tremblant.

« Votre Majesté… souffla Aidan. »

Elle regarda le nihilien, les yeux remplis de questions. Des frissons parcouraient tout son corps. Elle n’osait plus regarder Bra.

« Soignez-la, ordonna l’Empereur au médecin, sans la regarder. »

Il disparut dans un nouveau grésillement, mais pas avant qu’Aidan n’ait le temps de voir ses yeux et d’y lire quelque chose qu’elle n’avait jamais vu chez Kalta.
Il était toujours difficile de lire dans les yeux froids des nihilien, mais ça ressemblait bien à de la peur.

Elle sentit ses jambes s’effondrer sous elle.

* *
*

Akkilae observait distraitement la carte des Dragon Balls que la saïyenne leur avait permis de compiler. Avec celles qu’ils possédaient, il y en avait déjà deux réunies. L’ennemi en possédait déjà quatre. Ce qui signifiait qu’il n’en restait plus qu’une isolée. Et vu qu’ils avaient trouvé les démons ici… Il commençait à craindre qu’ils l’attendent aussi à leur sortie du prochain saut, mais c’était la volonté de l’Empereur.

« Sortez-nous d’ici ! »

La voix qui retentit brusquement dans la salle de contrôle fit sursauter tout le monde, lui compris. À moins d’un mètre de lui, une grande forme humanoïde était apparue. Elle avait la voix et les couleurs caractéristiques de l’Empereur, mais sous une forme que le soldat ne lui avait jamais connue. Et ce ton-là, aussi, était inconnu.

« Je… Votre Majesté ? »

Il avait posé la question pour être sûr, pour comprendre ce qui se passait avant d’obéir aveuglément. Il n’avait jamais vu cette créature.
Une poigne monstrueuse lui serra brusquement la gorge et le poussa contre la carte, le métal froid de l’écran appuyant contre sa joue avec insistance. Au point qu’il sentit l’écran craquer lentement sous la pression.

« Nous partons ! »

La voix de l’Empereur avait tonné dans la salle. Cette fois, Akkilae n’eut même pas besoin de retransmettre l’ordre. Il parvint à peine à prononcer :

« Lancez le saut ! »

Déjà, le bourdonnement caractéristique du moteur emplit le vaisseau. Le Rédemption était prêt à partir depuis un moment, il n’attendait que l’ordre.
Alors que la pression se relâchait enfin, Akkilae vit l’espace se distordre à l’extérieur, avant que l’hyperespace ne les engloutisse totalement. En retombant au sol, il capta le regard de l’Empereur et comprit brusquement ce qui se passait.

Ils fuyaient.
Et ils se jetaient peut-être dans un piège.


Dernière édition par Tierts le Lun Nov 27, 2023 17:03, édité 1 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 12/02/2024
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mar Nov 21, 2023 12:26

Un autre bon chapitre, j'ai beaucoup accroché aux dialogues entre Bojack et son supérieur, notamment l'évolution de leur relation. Les personnages sont cohérents, tant dans leur qualité que dans leurs défauts.

Le reste c'est crise sur crise, Kalta qui sauve Bra pour la soigner. Une réaction logique, mais assez ironique quand on prend la fic dans son ensemble, voire DBZ.
Bido qui se fait balancer comme un déchet, même si je sens qu'il va être utile pour la suite, sans oublier un vent de révolte qui souffle chez Gokua.
Bojack qui part faire ce qu'il fait de mieux : piller.

Les démons ont clairement l'ascendant pour le moment, je me demande si leurs proies vont tomber sur Belial après leur saut, ou sur autre chose...

Enfin, je suis curieux, ça évolue bien et c'est intense, 'vais pas m'en plaindre ! Vivement la suite !
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Nov 27, 2023 13:00

Bonjour Tonay, merci d'être toujours au rendez-vous et merci encore pour ton aide sur ce long combat !

Un autre bon chapitre, j'ai beaucoup accroché aux dialogues entre Bojack et son supérieur, notamment l'évolution de leur relation. Les personnages sont cohérents, tant dans leur qualité que dans leurs défauts.


Je suis très content de voir que cette partie a plu. J'étais assez nerveux à vouloir développer l'histoire de Bojack sans en faire quelque chose de trop long, mais il semble que ce soit réussi (bon, j'ai pas eu mille sons de cloche non plus mais bon...)

Les démons ont clairement l'ascendant pour le moment, je me demande si leurs proies vont tomber sur Belial après leur saut, ou sur autre chose...

Il semblerait en effet que les personnages principaux soient en difficulté. Cela dit, vu que Belial n'est pas tout à fait de leur niveau, ce ne serait pas trop grave de tomber sur lui... Mais il est occupé à autre chose, rappelez-vous. Vous aurez de ses nouvelles très vite en revanche.

Mais ce chapitre-là est un peu particulier. Encore une fois, je tiens à remercier particulièrement Lamantin_Furtif pour ses commentaires sur ce chapitres qui m'ont beaucoup et plus largement sur sa fic qui m'a inspirée à reprendre ce chapitre et à le réécrire meilleur que ce qu'il était. C'est de fait le dernier chapitre écrit sur CFC à ce jour, même si j'en ai une quarantaine de plus derrière.

Je préviens aussi qu'il s'agit d'un chapitre assez long, à plus de 5000 mots il dépasse le n°2 (Le Chapitre 8) de près de 500 mots et donc devrait prendre entre 20 et 30 min à la lecture. J'essaie de ne pas faire aussi long ou en tout cas, pas souvent. Mais j'espère qu'il vous plaira tout de même !

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Chapitre 31 : Les enfers y pourvoieront


Eligos avait lu toute l’histoire, plusieurs fois en fait. D’abord quand il n’était qu’un enfant, auquel on racontait les plus grandes légendes du Makaï. Puis, en grandissant, il avait eu droit aux récits de plus en plus complexes sur ce qui était arrivé. La grandeur et la décadence d’Enoch étaient des sujets appréciés des historiens, des fanatiques, des fous et des passionnés. Malgré tout, il avait du mal à y croire.

Il y avait des siècles de cela, Enoch était le duché le plus luxuriant du Makaï. La richesse de ses dirigeants n’avait pas d’égal, celle de ses serviteurs les plus pauvres suffisante pour égaler les duc d’autres régions. Tous pouvaient y entrer pour admirer la grandeur des plus puissants démons, mais seuls ceux qui étaient jugés dignes pouvaient s’installer à l’ombre des grandes pyramides.
Des monuments à la gloire des ducs d’Enoch.

On racontait que l’intérieur rivalisait de richesse avec le palais royal de Dabra, mais rares étaient ceux qui avaient vu au-delà des salles d’audience. L’extérieur était à l’époque suffisant pour imposer le respect à tous ceux qui poseraient les yeux sur ses façades de pierres parfaitement lissées. Le sommet de chaque pyramide était d’or pur. Parmi celles-ci, les tombeaux des ducs précédents étaient décorés par les exploits de ces démons légendaires. Quant au Sanctuaire, la Pyramide centrale où résidait le duc actuel… C’était un monument à la démesure.

Ses faces étaient constamment modifiées. La pierre était décorée d’or, d’argent, d’ivoire, de saphirs, de rubis et de diamants, pour dépeindre dans les moindres détails l’histoire d’Enoch. Chaque souverain ajoutait sa touche personnelle, donnant plus d’importance aux treize premiers clans ou au sacrifice des sept mages.
Pour les atteindre, il fallait traverser tout Enoch et il était de coutume de le faire à pied, foulant les pavés d’or des magnifiques routes de la région dont les bornes étaient décorées de pierres précieuses. Ceux qui atteignaient le siège des ducs passaient, selon la légende, au moins une heure à en contempler les détails avant d’oser s’approcher d’un représentant de la famille régnante.

Aujourd’hui, l’ombre des pyramides gouvernaient toujours la région, mais c’était des rappels sinistres du passé glorieux d’Enoch.

Depuis son entrée, Eligos foulait bien quelques pavés, mais la plupart avaient été délogés et la route n’était plus qu’un vestige. Les bornes étaient pour beaucoup trop grosses pour être déplacées, mais les pierres précieuses en avaient été extraites, laissant de vilaines cicatrices là où les saphirs et les rubis dénombraient les kilomètres avant le sanctuaire.
C’était sinistre, oui, mais ce n’était rien en comparaison des habitants. Plus il avançait en Enoch, plus ils étaient nombreux. Des silhouettes réparties le long des routes, figées dans dans leur fuite. Leurs membres se contorsionnaient encore sous la violence d’une douleur disparue depuis longtemps. Pour certains, la Pestilence avait achevé de pourrir leurs chairs et n’avait laissé derrière elle que des os, rattachés les uns aux autres et au sol par des filaments de mycélium. Pour d’autres, la chair s’accrochait encore à leur squelette, dans un état de décomposition avancé mais figé depuis des siècles.

Plus il s’était enfoncé dans le territoire d’Enoch, plus les macchabés étaient nombreux. Jusqu’à atteindre la Pyramide. Ce n’était que là que la gigantesque cité qui l’entourait avait été vidée de ses corps. C’était aussi là que l’or et les pierres précieuses étaient intacts. Les pillards qui avaient osé aventurer jusqu’ici, des siècles après la catastrophe, avaient trouvé beaucoup plus précieux.
En tout cas, selon eux.

Eligos continua son chemin jusqu’à l’allée qui menait à la Pyramide. L’or était alors mêlé à du platine, créant une voie rutilante, qui menait jusqu’au seul monument d’Enoch qui conservait sa superbe. L’assemblage de pierres précieuses, de métaux rares et même de draperies fines représentait l’histoire d’Enoch, mais la part belle était laissé à la Pestilence. Elle était représentée dans ces détails les plus atroces, les foules fuyant vers l’extérieur, les corps figés sur place, les pustules… Dabra apparaissait même, ou en tout cas Eligos crut le reconnaître, baignant la frontière dans les flammes pour empêcher l’horreur de se propager.
Le sommet de la Pyramide présentait la renaissance d’Enoch et de sa déesse, mais il n’eut pas le temps de s’y attarder.

Un démon massif s’avançait vers lui. De larges serres crissaient sur les pavés. Le corps puissant ployait sous le poids d’une robe de cérémonie dont les fibres d’or reflétaient le peu de lumière en une sublime iridescence. Eligos crut qu’il se penchait vers lui, mais c’était simplement que les pans de la tenue l’avait tiré si violemment vers le sol que son corps était horizontal à partir du bassin. Sa tête était celle d’un aigle au bec proéminent, donc la partie inférieure était remplacée par une prothèse d’ivoire. Quand il approcha, le jeune démon aperçut aussi un saphir à la place d’un œil.
C’était difficile à dire, car les plumes du visage avaient entièrement disparus, remplacées par des pustules. Pour certaines, elles poussaient sur d’autres pustules plus larges dans une structure fractale terrifiante. Comment est-ce qu’il arrivait à se repérer, quand ses yeux disparaissaient sous le pus et les bubons ?

« Bienvenue en Enoch, représentant du palais. »

Sa voix s’accompagnait d’un sifflement constant. La plainte de poumons qui cherchaient désespérément de l’aide.

« L’Immortelle a accepté de vous recevoir, enchaîna-t-il avant même qu’Eligos ne réponde. Veuillez me suivre.
- Merci de me recevoir. »

Eligos avait tenté de reprendre ses esprits et son calme, mais le temps qu’il réponde, le grand prêtre s’était déjà détourné pour ouvrir les portes d’or de la Pyramide. Il déglutit en découvrant le couloir, flanqué de tous les prêtres. Aucun ne portait la même lourde tenue que celui qui l’avait accueilli, mais l’or et les bijoux resplendissaient tout de même. Plus perturbant encore, cependant, ces bijoux n’avaient pas vocation à cacher l’horreur de leurs visages ou de leur corps. Au contraire même. Ici, un anneau d’or encerclait un bras qui n’était plus qu’une longue plaie purulente. Là, une boucle d’oreille ornait un organe qui avait cinq fois la masse qu’il devrait, une oreille dont le lobe semblait fait de lambeaux de chair purulents. Des piercings en ivoire et en argent décoraient des bubons qu’Eligos craignait de voir exploser à tout moment.

C’était immonde. Une sorte de parodie du palais à l’époque de Dabra. Le souverain appréciait de mettre en valeur les richesses accumulés du Makaï, mais ces démons là ne mettaient en valeur que l’horreur qui était advenu en Enoch. Eligos avait toujours trouvé que les goûts de Dabra étaient un peu trop ostentatoire, mais il comprenait maintenant que son ancien Roi était subtil en comparaison des habitants de ce pays maudit. La Pestilence était une cicatrice dans la grande histoire de leur contrée et ils en faisaient une sorte de divinité. Au même titre que leur nouvelle duchesse.

« Le peuple d’Enoch s’honore de votre visite, siffla le grand prêtre. »

Eligos voulait bien le croire. Aucun représentant du palais ne s’était jamais aventuré ici, pas depuis la résurrection. Et ils n’étaient même pas le peuple d’Enoch. Le peuple d’Enoch était mort dans la Pestilence. Tous sauf une.

Ces prêtres, Eligos le savait, n’étaient que les descendants des pillards assez fous pour avoir pénétrer la Pyramide à la recherche de richesse. Certains n’étaient jamais ressortis. Ceux qui l’avaient fait étaient plus fous encore qu’à leur entrée. Ils avaient trouvé mieux que de l’or ou des joyaux.

Les prêtres disparurent enfin alors que le couloir s’ouvrait sur une salle aux dimensions absurdes. Au point qu’Eligos se demanda un temps si elle ne prenait pas toute la Pyramide. Le plafond n’était pourtant pas en pointe, mais il était à une centaine de mètre de hauteur, soutenus par des pilliers de granite noir. C’était une long rectangle, dont l’allée centrale menait jusqu’à un trône. Une allée faites de pierre blanche, taillée en plusieurs milliers de minuscules carreaux, tous parfaitement identiques, tous parfaitement proportionnés. Elle était bordée de colonnes figurant les richesses d’Enoch, brillant de mille feux en renvoyant la lumière des flammes installées au sommet de chaque colonne. Elle voulait refléter la grandeur de la lignée régnante. Sauf que les deux cent mètres de chemin étaient flanqués par des sarcophages.

Eligos déglutit en les apercevant, mais le grand prêtre n’avait pas ralenti une seconde. Les anciens ducs et duchesses d’Enoch. La nouvelle souveraine avait fait exhumer leurs corps pour les exposer là où les statues qui les célébraient avaient été érigées. C’était une marche funèbre plutôt qu’une progression jusqu’à la duchesse.
Sur les cent quatre-vingt-dix premiers mètres, il s’agissait d’un enchaînement de lourd sarcophage ouverts sur des momies. Des cadavres desséchés, privés de leurs organes et soigneusement recouverts par des bandelettes rituelles. Leurs orbites vides paraissaient le suivre, mais au moins ils reposaient calmement dans le fond de leur tombe, bras croisés sur leur poitrine. A leurs pieds, des canopes représentant divers démons étaient soigneusement alignées. C’étaient là-dedans que leurs organes pourrissaient depuis leur mort.

C’était les dix derniers mètres qu’il redoutait. Là, des membres dépassaient des sarcophages, la chair pourrie ballottant depuis des excroissances absurdes, comme si l’os avait décidé de former un nouveau bras sans réussir à lui donner une vraie structure. L’avant-dernier Duc d’Enoch et sa famille, les membres encore tordus dans la douleur de la Pestilence. Même alors que la mort se saisissait d’eux aussi, leurs serviteurs avaient tenté de leur rendre les derniers hommages rituels.
Le Duc, sa concubine et ses trois filles. Toute la famille était morte. Tous sauf une.

Il y avait eu une Survivante à la Pestilence. Celle-ci se tenait sur le trône d’or qui n’avait rien à envier à celui de Dabra. Son corps était embaumé comme le reste de sa famille. Il suppurait. L’or était par endroit recouvert d’un liquide noir inquiétant, mélange de pus, de sang et d’autre chose qu’Eligos ne voulait pas identifier. Alors qu’il tentait encore d’encaisser tout cela, le grand prêtre se jeta au sol.

« Survivante ! Puisses-tu bénir notre invité, envoyé du palais du traître ! »

Resheph l’Immortelle ouvrit les yeux. Des prunelles onyx se posèrent aussitôt sur Eligos et il oublia les instructions d’Auriel pour s’incliner aussi bas que possible.

« Duchesse, je vous présente mes hommages. »

La voix qui répondit gronda depuis la créature qui se tenait bien trois mètre au-dessus de lui, affalée sur le trône doré.

« Bienvenue en Enoch, envoyé du palais. Parle.
- Dabra est mort ! annonça-t-il aussitôt. Le trône du Makaï gît vacant.
- Oh ? gloussa Resheph. J’avais averti Dabra que s’allier avec un Madoshi n’apporterait que la ruine à sa maison. Tu viens supplier une déesse de reprendre le trône. »

Le visage contre le platine du sol, Eligos se sentit grimacer.

« Auriel, ancien Roi du Makaï, est de retour. Il revendique le trône mais offre, selon la tradition, à tous les ducs et tous les adversaires dignes, de le défier pour ce pouvoir.
- Auriel ?! »

La voix avait tonné cette fois-ci. Apeuré, Eligos releva les yeux vers Resheph. L’Immortelle s’était relevée.

« Auriel est une relique d’un temps oublié. Une relique d’un temps où les anciens dieux vivaient encore. Et où ils influaient sur notre existence. Une relique d’un temps qui n’est plus et ne pourra plus être. »

Soudain, son visage se déchira. Sous les bandelettes, sa bouche s’était ouverte sur des dents surnuméraires et beaucoup trop larges.

« Indiques à ton maître que son défi sera relevé. Il est temps que les nouveaux dieux dirigent le Makaï vers une ère nouvelle. »

Eligos retint un tremblement alors qu’il baissait de nouveau la tête sur le sol.
Non. Pourquoi ? Elle avait toujours refusé de quitter Enoch. Elle n’avait jamais défié Dabra.

Plus de 600 ans après la Pestilence, une duchesse d’Enoch allait s’aventurer au palais. Plus de 400 ans après sa résurrection, l’Immortelle allait affronter un Roi.


* *
*


Le Makaï n’avait pas été conçu pour changer et évoluer, contrairement à l’univers que contrôlaient les Kaïoshins.
Ses montagnes étaient inamovibles. Des serres gigantesques qui perçaient régulièrement le ciel et permettaient de se repérer en permanence. Ses océans battaient au rythme d’un cœur puissant, mais ils frappaient toujours les mêmes côtes, érodant des falaises qui ne perdaient jamais en hauteur ou en force. Il n’y avait bien que les habitations des démons qui changeaient avec le temps. Les palais devenaient plus grands. Les villes s’étendaient, puis s’éteignaient.
La population évoluait, mais pas le Makaï.

Auriel s’était tout de même préparé à ce que les millions d’années emprisonnement lui fassent découvrir quelque chose de nouveau. Les démons avaient eu tout le temps nécessaire pour le surprendre, même s’ils étaient dirigés par un imbécile.
Mais l’Umbra. L’ancien souverain n’avait pas imaginé découvrir un changement dans l’Umbra.

De tous les territoires du Makaï, c’était le seul à ne pas avoir de duc à sa tête. Tout simplement car sa population avait toujours été trop faible. Seuls ceux qui voulaient disparaître finissaient là-bas.
Aux confins du Makaï, au-delà de son désert le plus cuisant, se tenait une chaîne de montagne comme rarement on pouvait en voir. C’était plus un mur de pierre sombre au sommet taillé comme la mâchoire d’une ancienne créature. L’Umbra s’étendait derrière, dans l’ombre des plus grandes montagnes du Makaï.
Un pays que la lumière ne touchait jamais, où régnait des créatures aveugles et violentes. Un océan de noirceur où il était impossible de voir quoi que ce soit, où le froid éteignait même les flammes les plus intenses.

De son temps en tout cas.

Aujourd’hui, alors qu’il le survolait à plusieurs centaines de mètres d’altitude, il était choqué par toutes les lumières qu’il apercevait. L’Umbra n’était pas simplement peuplée. Elle était habitée par des milliers de démons, répartis dans plusieurs métropoles. Des villes encore modestes, aux maisons taillées dans une pierre noire, mais surtout éclairée par un procédé nouveau. Il ne s’agissait pas d’un feu, mais d’une énergie concentrée qui tremblait dans des orbes de verres.
Il y en avait des centaines, partout dans l’Umbra et reliés les uns aux autres par un réseau de câble. Réseau qu’Auriel n’avait deviné qu’en apercevant les puissants arcs électriques qui le traversaient régulièrement. Ils provenaient tous du même point et, par chance, c’était aussi là qu’il allait.

La Corne.

Si les dents qui délimitaient l’entrée de l’Umbra était une mâchoire, la Corne était… eh bien la corne d’une titanesque créature. Le sommet solitaire se dressait en plein centre de l’Umbra, tout aussi plongé dans l’ombre que le reste du territoire. Il était facile de le percuter si on volait à l’aveuglette, car il s’élevait bien plus haut que la hauteur de vol des plus puissants démons. Auriel se souvenait même l’avoir gravi, il y a de cela bien longtemps.
Il ne se souvenait plus si c’était pour se prouver quelque chose à lui-même ou à quelqu’un d’autre.

À présent, il était impossible à manquer, pris dans une toile de câble qui remontait jusqu’à son sommet. L’extrémité de pierre lisse et noire qu’Auriel avait peiné à gravir il y a de cela si longtemps était maintenant remplacée par un assemblage complexe et absurde de plateforme de métal et de capsules aux formes diverses, accrochés à la montagne. C’était sans doute l’habitation la plus éclectique qu’il ait jamais vu, mais elle tenait miraculeusement au sommet, protubérance bulbeuse parcourue d’éclairs bleus avec une régularité effrayante.
Heureusement, on avait indiqué à Auriel où se poser.

Il atterrit sur la plateforme la plus basse, une plaque d’acier d’une centaine de mètre carré, sur laquelle l’attendait déjà quelqu’un. Ou quelque chose. La créature n’était éclairée que lorsque les arcs électriques partaient des bâtiments au-dessus d’elle pour aller se perdre dans le réseau.
C’était un squelette métallique noir, porté par quatres pattes puissantes et à la capsule centrale renforcée. Chaque patte avaient trois articulations, ce qui expliquait les mouvements erratiques quand elle approcha. Enfin, elle s’éclaira d’elle-même, en son centre. Une vitre blindée révéla le cerveau qui baignait dans un liquide jaunâtre. Auriel pouvait jurer qu’il avait bougé avant que la machine ne lui parle.

« Bienvenue, Seigneur Auriel. Vous êtes très ponctuel. »

La voix faisait un bel effort pour imiter les intonations naturelles, mais elle n’y était pas. C’était incontestablement une machine, ou en tout cas une voix générée par des cordes vocales artificielles.

« Merci pour votre accueil.
- Ithaxus est prêt à vous recevoir, mais sa dernière expérience s’est avérée plus longue que prévue. Vous pouvez attendre si la vue du sang est un problème.
- Ce ne sera pas un problème.
- Veuillez me suivre. »

La démarche toujours aussi mécanique, la créature se détourna et Auriel le suivit, à travers un dédale de couloir.

« Pendant que je t’ai à disposition. Comment dois-je m’adresse à ton maître ? Duc, Duchesse, Seigneur ?
- Ithaxus ne reconnaît aucun de ses termes, ni la hiérarchie que les démons désirent à ce point, ni les distinctions de sexe et de genre que vous pouvez imaginer.
- Donc.
- Juste Ithaxus. »

Auriel opina de la tête.

Quelle que ce soit la nature du maître des lieux, iel ne devait pas bien le connaître pour imaginer qu’un peu de sang pourrait le déranger. D’autant que, lorsqu’ils atteignirent enfin la salle, il n’y en avait que très peu. Un minuscule filet de sang qui coulait sur la table d’opération, immédiatement capté par une machine qui l’emportait vers une poche transparente. Le corps étendu était celui d’un démon massif, bicéphale et dont le torse de pierre était ouvert du plexus jusqu’à une épaule, là où un bras manquait.

Auriel fut plus surpris par la présence, juste à sa gauche, d’un autre démon, assis en tremblant sur un banc d’acier. Il fixait le centre de la salle d’un regard terrifié. Ou qui paraissait terrifié, c’était difficile à dire avec les pupilles rectangulaires de sa tête de chèvre.

« Pardonnez la présence de Monsieur Juhad, l’interpella une voix depuis l’autre côté de la salle. Il attend que je termine avec son mari. »

Le petit démon sembla noter sa présence à cet instant, ainsi que celle de la machine. Auriel ne lui prêta pas attention, concentré sur la personne qui venait de parler.
Une silhouette filiforme et haute de près de trois mètre s’approchait du corps étendu. Elle était vêtue d’une longue toge blanche. Quand elle atteint la lumière, ce fut pour révéler un visage au trait androgyne… d’un côté. L’autre côté avait des traits féminins assez marquées, mais ils n’allaient pas jusqu’à l’œil. Ithaxus était occupé à ajuster un nouveau bras sur son coude, un bras qui se terminait par une lame extrêmement fine.

« Je peux lui demander de sortir si vous désirez plus d’intimité.
- Non. Rien de ce que j’ai à échanger avec vous n’est secret.
- Excellent ! s’enthousiasme la créature en plongeant brusquement sa lame dans l’épaule du corps. »

Auriel observa le soubresaut sans broncher, alors que le mari du pauvre cobaye glapissait sur son siège. Ithaxus n’y prêta pas plus attention et se pencha sur le corps dans ce qui ressemblait à une chirurgie très précise de l’épaule.

« Je suis honoré que vous ayez fait le chemin jusqu’à moi, commença Ithaxus d’une voix sifflante. Je ne sais pas ce qui vous amène, mais je suis content de vous voir. J’ai toujours été curieux à votre sujet.
- Vraiment ?
- Oui, je me demandais si l’expérience qui a fait de vous… ce que vous êtes, serait répétable.
- J’en doute.
- D’autant plus si vous refusez de me laisser prélever un échantillon.
- C’est le cas.
- Dommage. Qu’est-ce qui vous amène donc ?
- Je ne suis que très récemment revenu au Makaï. J’ai cru comprendre que vous en étiez une figure importante.
- Je suppose que cela dépend du métrique utilisé, mais je ne vois toujours pas le rapport avec votre présence. Vous allez rencontrer, à partir de demain, ceux qui veulent prendre le trône de Dabra n’est-ce pas ?
- C’est ça. Je présume que nous ne vous y verrons pas ?
- Je n’y vois pas d’intérêt, mais je vous souhaite bonne chance pour devenir Roi. Ou redevenir Roi, dans votre cas. J’ai entendu dire que notre chère Immortelle sortait enfin de son duché pour vous voir ?
- Resheph.
- Elle-même. Je vous préviens, si vous êtes venu me demander de l’aide contre ses poisons, je…
- Ce ne sera pas nécessaire. »

Ithaxus releva pour la première fois la tête. Sa bouche en deux parties s’ouvrit sur un sourire dépareillé.

« Amusant. Que voulez-vous alors ?
- Je veux vous parler de l’après, quand je serais Roi.
- Confiant. Vous ne voulez pas attendre de l’être avant de me faire des propositions ?
- Réaliste. J’ai des projets pour le Makaï.
- J’imagine, mais je n’ai aucun intérêt à vous servir, si c’est votre proposition.
- Pour le Makaï et pour l’extérieur. J’ai cru comprendre que d’autres sujets d’expérience pourraient vous intéresser. Quelque chose qui va au-delà des autres démons ? »

Le chirurgien faisait de son mieux pour garder un caractère impassible, mais Auriel nota le léger ralentissement des mouvements précis de sa lame.
« Cela pourrait m’intéresser en effet. J’aimerais que vous me l’exposiez maintenant.
- Vous ne préférez pas attendre de savoir si je serai Roi ?
- Si ce que l’on dit sur vous est vrai, vous le serez. Si ce n’est pas vrai, eh bien… Vous serez mort. Je veux savoir avant que cette deuxième option n’advienne. »

Auriel opina, mais plutôt que de répondre, il se retourna lentement vers Juhad.

« Dans ce cas, Monsieur devrait sortir.
- Pas de soucis. J’ai presque fini. »

Et comme si c’était prévu par le docteur, le corps se redressa d’un coup, les deux têtes poussant un hurlement de douleur suraigu.

« Une seconde, interrompit Ithaxus. »

Les cris se turent à la même seconde alors que les deux têtes se tournaient vers l’épaule blessée. Un bras se leva à ce moment, couverts d’écailles plutôt que de pierres, et rattaché à l’épaule par un cercle de métal.

« Merci docteur !
- Oui, oui. Allez-y maintenant, j’ai à faire. »


* *
*


C’était un massacre auquel tout le Makaï pouvait assister.

L'arène antique s’était remplie pour l’occasion.
L’amphithéâtre était accolé à une montagne, formant un mur contre lequel les combattants étaient souvent bloqués. La pierre noire du sommet était reflétée dans les gradins, taillés à même la roche sans aucune considération pour l’esthétique ou le confort. En fait, il n’était pas rare de s’asseoir sur une protubérance de pierre. Les démons spectateurs n’étaient pas bien alignés les uns avec les autres. Cette arène n’était pas faite pour les spectateurs, elle était conçue pour forcer les combats et les contacts, mais jusque là, ça n’avait pas été bien glorieux. Et la foule ne savait pas trop comment le prendre.

Pour tous, c’était la seule et unique fois qu’il assistait à ce spectacle. On leur avait dit que la tradition voulait que le Roi soit décidé en combat singulier et que tous les démons pouvaient tenter d’accéder au trône. Mais le trône n’avait jamais été inoccupé. Dabra était le Roi depuis toujours. Des légendes racontaient qu’un Auriel avait régné avant lui, ce que Dabra alimentait en conservant une statue de lui près de son trône, et des textes encore plus anciens prétendaient que d’autres démons avaient régnés avant celui-là. Mais quelles preuves avaient-ils de ça ?
L’arène n’était pas utilisée pour ça depuis… aussi loin que remontent les mémoires des démons. Sous Dabra, elle avait été employé pour des pièces de théâtre à la gloire du Roi ou des démonstrations de sa puissance et de sa richesse. Ces spectacles attiraient toujours du monde, car tous voulaient être proche du Roi. Aussi, Belial ne s’étonnait pas que la foule n’ait pas été au rendez-vous les premiers jours.

Lui avait droit à une bien meilleure place. Dabra, au cours de ses nombreux travaux pour modifier le Makaï, avait fait installé des loges, réservés à l’élite, aux ducs, aux duchesses et à leurs familles. De larges capsules de roches blanches qui avaient été ajoutés au sommet des gradins, plongeant dans l’ombre les rangs les plus hauts mais offrant ainsi une vue plongeante aux chanceux qui pouvaient les occuper. Belial y était venu dès le premier jour, accompagné de plusieurs concubins et concubines.
Heureusement, sinon il se serait bien vite ennuyé.

Les deux premiers jours avaient été une succession de combats extrêmement rapides. Ce n’était même pas un massacre, car Auriel n’avait tué personne. Belial devait lui reconnaître une certaine efficacité. Même face aux plus puissants représentants des différents duchés, même face à Scarecrow, il n’avait eu besoin que d’un seul coup. Le gros du combat était consacrée à esquiver ou à encaisser les attaques les plus puissantes de ses adversaires qui se déchaînaient.
Les armes s’étaient brisées sur son corps. Les poings s’étaient fracassés sur son torse ou son visage. Les griffes s’étaient décrochées en tentant de lui arracher la gorge. Les kikohas avaient explosé contre son front sans le moindre effet. Chaque démon avait été battu à plate couture, le plus souvent en moins d’une minute.

Auriel, le Roi Mythique, prouvait sa puissance, mais pas uniquement. Auriel l’Invincible, le surnom commençait à circuler. Ou l’invulnérable. La foule n’était pas encore sûre. Ils avaient évité d’utiliser l’Immortel, car deux participants portaient déjà ce surnom.


Des humiliations, avait pensé un de ses concubins. Belial l’avait corrigé. Il voyait très bien ce qu’Auriel faisait et ce n’était pas pour humilier ses adversaires. Il les observait, sans rien dire, sans se moquer, sans les insulter.
Il les jaugeait et estimait leur valeur.

Mais c’était fini. Alors que l’après-midi de la troisième journée commençait, il ne restait qu’un seul combat, que tout le monde attendait. Le ciel était d’un rouge de sang, la foule plongée dans un silence contemplatif. Belial se penchait sur la rambarde de sa loge en ignorant les caresses déposées sur ses épaules par une concubine aux doigts de fée.

L’Immortelle s’était avancée dans l’arène. Des deux à porter ce surnom, c’était celle qui avait une vraie chance. Le premier avait été éliminé en deux secondes. Resheph était la combattante que tout le monde attendait. On la disait presque aussi puissante que Dabra. On prétendait qu’elle pouvait le tuer. On prétendait qu’elle était une déesse. Belial n’y croyait pas un seul instant.
Et il avait bien eu raison, car ce n’était pas un combat équilibré auquel ils assistaient. C’était un massacre.

La foule n’en avait pas encore conscience car, pour la première fois, le combat durait. Resheph s’était jetée sans hésiter sur son adversaire et un corps à corps - un vrai corps à corps ! - s’était engagé. Les coups fusaient des deux côtés, à une vitesse telle que les plus faibles devaient avoir un mal fou à suivre. Cela donnait l’impression d’une bataille équilibrée. Un ballet où les membres et les kikohas volaient en tout sens, sans réussir à faire une différence.
Une boule d’énergie alla se perdre contre une montagne proche, en rasant le sommet dans une explosion. Resheph prouvait sa force. Et elle en avait encore dans le ventre, parce qu’elle ne ralentissait pas une seule seconde. C’était vraiment la démone la plus puissante que Belial ait jamais vu.
Et elle perdait à plate couture.

Auriel semblait voir ses attaques venir à des kilomètres. Quand il encaissait, c’était presque sans broncher. Quand il esquivait, c’était toujours avec une grâce infinie. Il glissait contre les poings. Il évitait les pieds à un millimètre près. Quand elle enroula ses bandelettes autour de lui, Auriel les découpa sans se soucier du poison qui devait les recouvrir. Quand elle esquivait, ce n’était pas des vrais coups. C’était des feintes. Des tests, dans lesquels le Roi ne mettait pas sa force. Quand il frappait vraiment… Belial avait vu le ventre de la duchesse s’enfoncer violemment sous un poing. Il avait vu son coude se déboiter presque entièrement. Il avait senti son épaule proche de la rupture sous la prise d’Auriel.
Il frappait avec une précision terrifiante, surtout quand on affrontait un adversaire aussi déchaînée que ne l’était Resheph.

Il faisait tout cela sans le moindre effort.

Le combat ne dura pas plus de dix minutes. Trop long pour la domination évidente que montrait le Roi. Quand Resheph tomba enfin à genoux, une jambe brisée, la foule éructa de surprise. Pas Belial. Il se demandait depuis quand cela durait. La duchesse hurla et les enveloppa dans une explosion, mais quand la poussière retomba Auriel n’avait pas bougé.
Belial prit alors conscience que les doigts de sa main gauche serraient quelque chose. Il se tourna pour découvrir son concubin favori, la cuisse blanchi par la force de sa poigne. Le démon n’avait rien vu, trop concentré sur le combat. Belial retira sa main, non sans une dernière caresse pour se faire pardonner. Ses yeux d’améthystes revinrent très vite à Auriel.

« Quel combat, hein ? souffla le concubin, sans tenir compte de la douleur.
- Non. Quel Roi. »

Comme tout ceux qui appartenaient à une lignée d’importance, Belial avait eu droit aux meilleurs instructeurs. Il avait appris à maîtriser son ki, à voler, à frapper, et à tuer avec si nécessaire. Il savait qu’il n’atteindrait jamais le niveau d’un Dabra ou d’une Resheph, mais il se vantait d’être malgré tout parmi l’élite. Comme dans toutes les disciplines maîtrisées par Belial, le piano, la sculpture ou l’amour, il se poussait pour faire le plus possible. Il en tirait une forme de fierté, continuant de s’entraîner et d’apprendre. Il maintenait son corps dans une forme optimale pour le combat, sachant qu’il avait sûrement atteint sa limite. Maintenant, il se sentait ridicule.
Cet Auriel. Lui savait se battre. Lui savait ce qu’il faisait. Lui pourrait lui permettre de se dépasser vraiment.

Belial s’éleva dans les airs et traversa la fenêtre renforcée de leur loge. Auriel hurlait pour se faire entendre de la foule mais les mots ne commencèrent à former une phrase que lorsque le jeune démon approchait du sol. Une silhouette bien fine et bien peu impressionante comparée aux monstres de muscles et de puissance qui s’étaient avancés jusque là.

« …quelqu’un d’autre pour revendiquer le trône ? »

Resheph était toujours à terre, sans qu’Auriel ne lui accorde la moindre importance. Il observait la foule et ne nota l’approche de Belial qu’au dernier moment.

« Vous désirez me défier, jeune homme ?
- Non, répondit-il sans hésiter. »

Belial posa un genou au sol et inclina la tête.

« Ce que vous avez fait. Ce que vous savez faire… Je veux l’apprendre. »

La foule hurlait. Certains acclamaient le nouveau Roi, certains enjoignaient Resheph à se lever et certains encore l'encourageaient lui en pensant qu’il venait combattre. Belial n’en avait que faire. Quand il releva les yeux, presque timidement, c’était pour fixer Auriel, et rien que lui. Des iris turquoise se posèrent sur lui, l’examinant froidement. Il baissa à nouveau la tête.
Il entendit les bruits de pas, puis vit une main blafarde apparaître dans son champ de vision.

« Vous êtes jeune. Si vous êtes motivé et attentif, vous pourrez apprendre bien plus. »

Belial sentit un puissant frisson parcourir son corps. La main d’Auriel se posa sur son épaule et l’enjoignit à se lever. Les mots qui retentirent ensuite étaient destinées à l’ensemble de la foule, mais il savait que c’était réellement pour lui.

« Votre Roi est de retour ! Et nous allons à nouveau accomplir de grandes choses ! »




*Certains d'entre vous auront noté la référence à un démon nommé Scarecrow. Peut-être est-il amené à réapparaître, mais en attendant si vous voulez en savoir plus, je vous recommande de suivre ce lien ici. Et bonne lecture !
Dernière édition par Tierts le Lun Jan 08, 2024 16:04, édité 3 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 12/02/2024
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Ven Déc 01, 2023 11:42

Encore un très bon chapitre.

J'aime beaucoup les différentes descriptions, qui décrivent parfaitement le makaï, lui donnant autant un background qu'une ambiance. Je m'attendais à voir Reseph quand les pyramides et sarcophages ont été évoqué. Le tout dans un environnement qui rendrait honneur à Nurgle.

Évidemment, si on voit Reseph, on voit aussi Ithaxus et Belial, fidèles à eux-mêmes. La future équipe d'élite qui va être envoyée hors du Makaï. Tu nous vends particulièrement bien Auriel, qui est exceptionnel à tout point de vue. Probablement aussi puissant que Cell. Si ce n'est plus. Je mise sur plus.

En sommes, c'était très sympa, et je suis curieux de voir la suite !

PS : avec la musique de fin, on peut dresser un parallèle entre ces trois personnages et les Lannister? Ithaxus, en tant que Jaime, qui joue un rôle donné et qui s'adapte à la situation, tout en essayant de parfaire son art, ici la chirurgie. Belial en tant que Tyrion, petit, voué aux plaisirs, un hédoniste en force qui cherche à s'améliorer. Et enfin Reseph en Cerseil, imbue de sa personne, avide de pouvoir, cruelle et impitoyable. Et Auriel en Tywin, grand, puissant, qui s'impose naturellement, qui prévoit des plans sur de longues durées.
...
Bon, pour être franc, c'est vaguement proche, mais la comparaison m'amuse un peu ^^'
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Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

One Shot
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Déc 04, 2023 13:26

Bonjour Tonay, toujours au rendez-vous !

Tonay a écrit:Tu nous vends particulièrement bien Auriel, qui est exceptionnel à tout point de vue. Probablement aussi puissant que Cell. Si ce n'est plus. Je mise sur plus.

Je suis content d'arriver à faire monter la sauce autour d'Auriel. Vous en apprendrez plus sur lui à mesure que la fic avance, donc j'espère qu'il sera à la hauteur. Mais je suis assez satisfait de ce que j'ai fais de lui alors j'ai confiance :p

Tonay a écrit:PS : avec la musique de fin, on peut dresser un parallèle entre ces trois personnages et les Lannister? Ithaxus, en tant que Jaime, qui joue un rôle donné et qui s'adapte à la situation, tout en essayant de parfaire son art, ici la chirurgie. Belial en tant que Tyrion, petit, voué aux plaisirs, un hédoniste en force qui cherche à s'améliorer. Et enfin Reseph en Cerseil, imbue de sa personne, avide de pouvoir, cruelle et impitoyable. Et Auriel en Tywin, grand, puissant, qui s'impose naturellement, qui prévoit des plans sur de longues durées.
...
Bon, pour être franc, c'est vaguement proche, mais la comparaison m'amuse un peu ^^'

Non non, c'est une comparaison intéressante ! Je n'y avais pas pensé mais je suis un grand fan des livres et des Lannister donc ce ne serait pas étonnant.
Je dirais cependant que le Tywin des livres est bien pire que l'Auriel que vous avez vu pour le moment, mais qui sait xD

Avec ce chapitre, retour à quelque chose d'écrit il y a plusieurs mois, j'espère que cela vous plaira quand même. De peur qu'il y ait un trop gros contraste avec le précédent, je suis repassé dessus en vitesse ce matin. Heureusement, avant que Lamantin_Furtif ne vienne apposer ses corrections (toujours inestimables)
Donc j'espère que la chute de niveau ne sera pas trop importante.
[Non sérieusement, si tu lis ça Lamantin, ton aide est véritablement super importante. Je me doute que mon rythme de publication doit être chiant à suivre mais à travers tes corrections, même de dernière minute, tu aide les chapitres à être lisible et surtout par tes excellentes remarques, tu me motives à retravailler les dialogues et les pensées des personnages pour que tout ça soit à la hauteur. Merci du fond du coeur.]

Bonne lecture !

---

Chapitre 32 : Les véritables démons


Le combat se déroulait comme tous les autres.

Belial était devenu incomparablement plus fort. Il pouvait écraser n’importe quel démon. Il pouvait leur faire mordre la poussière. Il était pourtant encore très loin de rivaliser avec le Roi. Chaque entraînement était un rappel brutal mais nécessaire des progrès qu’il avait encore à faire.
Alors qu’il s’était transformé en tornade et qu’il déchaînait toute sa violence sur Auriel, aucun de ses coups ne portaient. C’était une chose de le voir mais tout autre chose de le subir. Le souverain ne bougeait que son bras et arrêtait le moindre coup sans broncher.

Il avait envie d’hurler. Il avait envie de le toucher. De l’atteindre au moins une fois même si ça ne ferait aucun dégât. Il allait lui prouver qu’il était plus fort !
Belial poussa un rugissement de rage.
Ses membres triplèrent de volume et commencèrent à se couvrir de fourrure. Il n’attendit pas la fin de la transformation pour multiplier les coups. Même ses bras et jambes devinrent flous dans son esprit, alors que le monde devenait embrumé par une vapeur rouge de plus en plus intense.

« Stop. »

Auriel avait enfin bougé. Soudain, il était devant lui, parfaitement clair, une main posée sur son torse. Belial eut à peine le temps d’en prendre conscience que le coup l’atteignait déjà. Il sentit sa cage thoracique écrasée par une simple pichenette. Il fut envoyé contre la montagne la plus proche dans une détonation violente. Sa transformation interrompue, il retrouva ses esprits au milieu du cratère.
Avec un grognement de colère, il bondit hors du trou. Auriel était déjà là, planté sur un pic rocheux proche, sa silhouette sombre se découpait facilement contre le ciel rougeoyant du Makaï.

« Je ne pourrais jamais te confier la moindre mission si tu perds ton calme à la moindre difficulté. »

Ces mots suffirent à le faire s’arrêter, suspendu dans les airs. Il n’y avait aucune colère dans le ton du Roi. Auriel restait froid, comme toujours, mais Belial avait surtout l’impression d’y déceler de la déception. Il baissa la tête.

« Votre Majesté, je ne voulais pas. Je ne souhaite que…
- Je sais. »

Auriel amorça un pas en avant et fut devant lui en un éclair, mais plutôt que de l’écraser d’un coup, sa main vint se poser sur l’épaule du jeune démon.

« Si tout se passe comme prévu, tu seras l’un des premiers à traverser les portes pour découvrir l’univers des Kaïoshins. Ses habitants sont faibles. Infiniment plus faibles que toi. Mais pas tous. Certains présenteront un véritable défi. Si tu perds ton calme ainsi en les affrontant, tu te mettras en danger. »

Ce n’était pas la première fois qu’il entendait ça, mais c’était toujours douloureux. Comme beaucoup des conseils du Roi. Auriel n’avait pas peur de blesser avec ses mots, pourquoi s’en soucierait-il après tout ? Belial avait passé si longtemps à être supérieur à tous ceux qu’il affrontait et même à ses instructeurs qu’il avait perdu l’habitude de ce genre de critique. Et même les remarques d’Auriel, il ne les comprenait pas toutes. Si ces créations des Kaïoshins étaient si faibles, pourquoi devrait-il faire preuve de prudence ?

« Vous en avez affronté, vous ? demanda-t-il plutôt que de reconnaître ses torts, levant des yeux défiants sur Auriel.
- Parmi les plus puissants d’entre eux.
- Et vous avez gardé votre calme à chaque fois ? »

La question était impertinente, il en avait parfaitement conscience. Mais elle ne choqua pas Auriel. Belial crut même voir un éclat d’amusement dans ses yeux, mais aucun sourire. Le souverain du Makaï ne se déridait jamais.

« Bien sûr que non. Et j’ai subi mon lot de défaites et de blessures. Je veux que tu fasses mieux que ça. Oh, je ne doute pas que tu connaîtras quand même la défaite, mais je veux t’armer au mieux avant ça. Tu as du potentiel, mais tu es jeune et encore très faible. La puissance brute ne fait pas tout. »

Les iris améthystes du jeune démon s’écarquillèrent d’un coup. C’était bien le premier de ses instructeurs à lui dire, dans le même souffle, qu’il était faible et qu’il avait un potentiel incroyable.
Auriel s’arrêta là. Il s’éleva à nouveau dans les airs et écarta les bras.

« Quand tu affrontes quelqu’un de ton niveau ou même au-dessus, prends bien garde à ses mouvements. Apprends sa méthode, ses techniques, sa logique. Si tu survis suffisamment longtemps, tu trouveras que l’affronter devient exercice familier. Et alors, peu importera sa force s’il ne parvient pas à te toucher. Mais tu dois rester vigilant. Analyse l’énergie de tes ennemis et apprends à en reconnaître les variations. Tu anticiperas bien mieux les attaques. Maintenant, attaque-moi. Je vais me mettre à ton niveau et tu vas essayer de voir venir mes coups, d’accord ? »

Belial se fendit d’un sourire mauvais, prenant appui sur le sol déjà fissuré par son atterrissage. Quand il prit son envol, la montagne entière trembla sous la puissance de ses coups.


* *
*

L’ancienne station spatiale continuait de flotter dans le système, à la dérive. Il n’y avait manifestement pas le moindre pilote, même virtuel, pour lui indiquer où aller.
Ithaxus l’avait observée faire avec une vague curiosité pendant quelque temps, avant de demander une extrapolation de la trajectoire. Sans surprise, celle-ci allait se perdre dans le vide. Un coffre au trésor qui allait disparaître dans l’immensité de l’espace. Un jour, la gravité de cette étoile ou une autre reprendrait le contrôle et la station disparaîtrait. Peut-être serait-il utile d’en récupérer le contenu ? C’était essentiellement des trésors monétaires, mais elle avait aussi repéré quelques œuvres d’arts qui pourraient les informer sur l’histoire de cet univers ? Ce serait tout ce qu’il en restait une fois que le Roi en aurait terminé avec eux.

« Ton allié s’est barré. J’ai senti leurs énergies juste avant qu’ils ne sautent. »

Bien sûr, tout le monde ne pouvait pas apprécier ce qu’ils venaient de vivre. Resheph, par exemple, n’était concentrée que sur la fuite de tous leurs ennemis. Depuis qu’elle avait quitté Enoch, elle ne raisonnait qu’en matière d’affrontement. Ithaxus était fatigué d’exprimer la moindre déception à ce sujet.

« Bojack était un allié de circonstance. Je doute qu’il soit une gêne à l’avenir, il ne savait même pas ce qu’il avait en sa possession. Avec un peu de chance, il attirera l’attention de l’Empire et des Kaïo ailleurs. »

Elle s’efforçait de parler aussi calmement que possible, même si le ton jubilatoire de Resheph lui déplaisait au plus haut point. Ithaxus détestait cet aspect de la duchesse. C’est comme si elle s’obstinait à ne pas réfléchir. Sans doute une conséquence logique de sa puissance innée. Pourquoi apprendre à analyser les autres quand on pouvait les détruire d’une pichenette ou leur ordonner de faire n’importe quoi ?

« Il faut qu’on trouve où ils auront emmenés la petite saïyenne. Elle va mourir mais ils vont bien essayer de la faire tenir. »

Le ricanement strident de l’Immortelle était désagréable, mais Ithaxus était bien obligée de lui reconnaître ça : ses poisons étaient efficaces, une fois qu’on les mettait au service d’une vraie stratégie. Elle avait de la chance que cet assaut sur l’univers ne soit pas de son initiative mais de celle du Roi. Et Ihaxus était soulagée d’avoir participé à la planification. Elle n’osait pas imaginer à quoi aurait ressembler leurs plans si c’était Resheph qui avait été missionnée.

« Ils ont les meilleurs équipements de soin à bord de leur vaisseau ; ils n’ont aucune raison de s’arrêter ailleurs pour la soigner.
- Vraiment ?
- Vraiment. Je vois que tu as bien étudié ton sujet, Resheph. »

La démone enrubannée se retourna violemment vers elle, un gargarisme rauque échappa de sa gorge. Ithaxus regardait ostensiblement ailleurs, tirant sur les sutures qu’elle avait bricolée autour de son nouveau bras. C’était un membre très utile. Elle allait l’ajouter à sa collection, une fois nettoyé.

« On ne peut pas deviner leur trajectoire mais étant donné qu’ils savaient où trouver la Dragon Ball, ils doivent s’être dirigés vers une autre. Soit celles que nous avons déjà, soit celle que tu as échoué à retrouver depuis quelques temps.
- Le système est vide. les prophétesses se trompent.
- Nous ne nous trompons jamais, la Dragon Ball est dans ce système. »

Un second grondement sourd avait brusquement interrompu leur conversation en résonnant dans la salle de commande. Il n’y avait qu’une prophétesse pour oser les déranger comme ça. Atropos. Ithaxus avait failli oublier sa présence : la démone à la gueule de grenouille était occupée à un rituel depuis plusieurs minutes maintenant.

« Eh bien localisez la plus précisément, il n’y a aucune planète peuplée !
- Bien sûr, c’est la faute des sorcières, railla Ithaxus.
- Parce que toi, tu as réussi à trouver la tienne ? »

La scientifique fit un effort conscient pour ne pas s’énerver. Elle se moquait de Resheph depuis un moment, mais c’était contre-productif. Ithaxus était juste frustrée de se trouver collée à une créature aussi ignorante pour la mission de sa vie. Leur rivalité, si l’on pouvait vraiment l’appeler comme ça, n’avait aucune importance. Auriel se ficherait de leurs excuses et de leurs performances respectives, seul comptait le résultat final.

« S’ils ont sautés vers Auriel, nous aurons bien vite de leur nouvelle. Sinon, nous n’aurons qu’à les cueillir dans ton système désert pendant qu’ils cherchent la Dragon Ball.
- Et s’ils la trouvent avant ?
- Je croyais qu’elle était introuvable ? s’amusa Ithaxus. »

C’était la pique sarcastique de trop. Resheph fut sur elle, les billes noires brillantes de ses yeux fixaient les siens. Un grognement rauque résonna entre leurs visages. Mais le plus intense était l’odeur. De près, les parchemins dégageaient une effluve de putréfaction qu’Ithaxus connaissait bien. C’était un signe de gangrène gazeuse, mais elle aurait été incapable de cibler la source. Perdue dans cette réflexion, les yeux scannant le corps de l’Immortelle à la recherche de chair apparente, Ithaxus ne lui fit pas le plaisir d’une réaction.

« Je vais t’apprendre un peu à te moquer d’une déesse, pauvre…
- Notre souverain est là ! »

Atropos s’était soudain dressée près de l’immense baie vitrée, la batracienne camouflait une bonne partie du paysage derrière sa bedaine. Pas assez pour ne pas voir l’espace se déformer au moment où un vaisseau se matérialisait dans le système. Un bâtiment impérial, comme celui que les deux généraux occupaient actuellement, lui aussi rempli à ras bord de démons.
Le Roi était imperceptible, mais une force faiblarde était particulièrement reconnaissable dans la foule de guerriers d’élite : Garlic.

« Tiens... Notre Roi à tous, “déesse.” »

Resheph grogna de nouveau mais recula d’un pas, tournant le regard vers la sorcière. C’était assez satisfaisant de voir toute son assurance s’envoler à l’instant où la présence d’Auriel se faisait sentir. Ithaxus regrettait presque de ne pas s’être déplacé pour assister à sa défaite.
Mais pour l’heure, elle se prit à sentir ses deux cœurs accélérer. De la peur. Reshepeh avait raison sur un point ; elle venait d’égarer une Dragon Ball et elle n’osait imaginer la réaction du Roi.

* *
*


« Nous arrivons dans une minute. »

Belial interrompit sa méditation, déployant ses membres mais continuant de flotter à un mètre au-dessus du sol. Enfin. Le trajet avait été long.

La prophétesse qui les accompagnait était heureusement capable de communiquer avec ses sœurs même dans l’hyperespace. Ils avaient donc été informés de tous les rebondissements de l’affaire. Respheh et Ithaxus avaient déjà trouvé quelques Dragon Balls, mais l’Empereur et la saïyenne avait réussi à revenir dans la course. Cela ne rendait sa mission que plus importante : ils ne pouvaient pas laisser une seconde menace se balader dans l’univers. Siberia devait être éliminée, où qu’elle se soit réfugiée.

Belial espérait tout de même que ce soit plus qu’une exécution. La veuve de Freezer avait les moyens de lui offrir un beau combat avant de mourir. Elle semblait déterminée à survivre, et donc fuir par moment, une perte de temps considérable. Mais une fois mise au pied du mur, il était persuadé qu’elle ferait une adversaire convenable.

« Préparez vous à tirer sur le moindre vaisseau que l’on trouvera à l’arrivée. »

Elle n’avait que quelques minutes d’avance sur eux et naviguait dans un pod impérial. Si leurs informations étaient exactes, elle n’arriverait sans doute pas à programmer une autre destination avant son atterrissage. Et si elle tentait de s’échapper après qu’ils l’aient rejointes… Belial pensa une seconde qu’il serait dommage de la vaporiser dans l’espace, avant de se rappeler que cela n’avait pas d’importance. Son espèce pouvait survivre dans le vide. Elle serait alors obligée de l’affronter.
Excellent.

« Préparez aussi tous les protocoles de détection. »

La durée du voyage avait laissé le temps à l’équipage de s’adapter à la technologie impériale, même si Belial n’avait qu’une confiance modérée en ces machines. Il connaissait bien l’énergie de Siberia, il pourrait la repérer facilement.

Brusquement, les lignes qui défilaient sur la baie vitrée convergèrent en des points brillants, dessinant une nouvelle carte stellaire. Le vaisseau vint à l’arrêt. Un point blanc plus grand que les autres apparut juste devant eux. La planète cible, d’un blanc nacré. Une perle perdue dans un système presque vide. Belial mobilisa son énergie, prêt à intercepter sa cible, mais il n’y eut aucune attaque, pas de vaisseau qui fuyait. En fait, la planète était dénuée de la moindre installation spatiale : pas de satellites, pas de lunes. Tant mieux.

« Son pod est à la surface. »

Belial s’avança instinctivement vers la baie vitrée, comme s’il avait la moindre chance de l’apercevoir de là où il était. En se concentrant, il pouvait ressentir son énergie. Un frisson parcourut son corps à l’idée du combat qui l’attendait. De l’impatience.

« Combien de temps pour atterrir ?
- Une demi-heure.
- Je n’ai pas de temps à perdre avec ça. Préparez des pods ! Autant que possible ! Je descendrai en volant. »

Il était pressé de l’affronter à nouveau. Personne dans le Makaï n’avait son niveau. Peut-être que la yaxcienne avait réussi à préparer quelque chose pour le battre. Ce serait glorieux, mais il espérait surtout qu’elle ait choisi un beau champ de bataille pour ce qui allait être son dernier combat.

Pendant que son équipage s’activait, il resta devant la baie, examinant la perle nacrée. De l’espace, il n’y avait pas de trace d’océans ou même d’eau. Il y avait bien une atmosphère, quoiqu’assez ténue. Il devait pourtant y avoir de la vie quelque part, sinon pourquoi venir ici ? Belial aurait sans doute pu scanner l’astre lui-même, mais il préférait suivre avec attention les fluctuations de ki de la yaxcienne. Elle paraissait en meilleur état que lorsqu’ils s’étaient quittés. Peut-être qu’il y avait quelque chose sur cette planète susceptible de l’affaiblir. Un environnement particulier ?
Belial se prit à sourire, son regard tombant sur la minuscule étoile qui éclairait le vaisseau et la planète d’une lumière blanche intense.
Ridicule.

* *
*

Ithaxus avait fait sortir tous les autres démons avant l’arrivée du Roi. Seules restaient Resheph, Atropos et elle. Il n’avait fait aucune demande, mais elle savait qu’il n’aimait pas avoir à s’adresser à plus de personnes que nécessaires.
Leurs vaisseaux amarrés, elle avait simplement reçu l’ordre d’attendre dans la salle de contrôle avec Resheph. L’ordre avait été relayé par Atropos, en communication presque constante avec ses sœurs, ce qui voulait dire qu’Auriel était déjà au courant de tout ce qui était arrivé ici. Quant à deviner sa réaction…

Auriel ne l’avait pas effrayée, pas à l’origine, mais elle avait maintenant accepté de travailler pour lui. Quelque chose dans l’attitude du Roi vous terrifiait à l’idée de le décevoir. Pourtant, il n’avait jamais montré la moindre propension à tuer ceux qui l’indisposaient. Pas sans avertissement en tout cas : il donnait toujours au moins un avertissement. Elle détestait tout de même la perspective de lui admettre son échec.
Un frisson parcourut son corps quand la porte s’ouvrit dans un chuintement. Ithaxus s’inclina aussitôt.

La longue cape du Roi des Démons claqua derrière lui quand la porte se referma. Sans avoir besoin de se redresser, elle pouvait sentir le regard turquoise la sonder jusqu’aux tréfonds de son âme.

« Votre Majesté.
- Resheph. Ithaxus, Atropos. »

Elle releva enfin la tête. Auriel n’était pas venu seul : il était flanqué de Garlic Junior, l’insupportable lâche, et de Lachésis, qui parvenait à afficher une tête trois plus grosse que celle de sa sœur sur un corps deux fois plus petit. Les deux prophétesses se jetèrent d’ailleurs l’une sur l’autre, apparemment trop heureuse de se retrouver. Clotho était encore avec le jeune Belial, encore heureux.

« Vous avez perdu une Dragon Ball. »

Le ton d’Auriel était trop calme. Comme une simple constatation. Il s’avança à pas lent vers les deux démones. Dans l’obscurité relative de la salle des commandes, il projetait une ombre plus noire encore.

« Exact, votre Majesté, répondit aussitôt Ithaxus en inclinant encore la tête. Il semblerait que le nihilien se soit ressaisi et qu’il dispose d’un moyen de les repérer. Cependant, nous avons réussi à…
- La saïyenne est morte ! lâcha Resheph d’un ton beaucoup trop enthousiaste. »

Ithaxus se redressa d’un bond et fusilla sa comparse du regard. L’imbécile était bien trop fière d’elle pour noter que le regard turquoise n’avait montré ni surprise, ni joie à cette perspective.

« Vraiment ? Vous pouvez me présenter son cadavre ?
- Non, mais je sais que…
- Vous l’avez détruit entièrement ?
- Non, le nihilien a préféré fuir avec.
- L’Empereur l’a emmenée. Morte avant son départ alors ? »

Resheph resta interdite, mais Ithaxus commençait à connaître ses réactions et elle comprit l’éclat dans les yeux noirs. L’Immortelle était outrée qu’on puisse mettre en doute son efficacité. Elle avait tellement pour habitude que sa parole divine soit prise au mot. Prouver ses dires ne lui était même pas venu à l’esprit.

« Tant que sa mort n’est pas confirmée, veuillez la considérer vivante, indiqua le Roi. Ne prenons pas de risque. »

Avant que la colère ne prenne le pas sur le peu de raison que Resheph parvenait à conserver, Ithaxus se positionna entre Auriel et elle.

« Bien sûr, votre Majesté. Nous préparions notre départ selon leurs destinations probables pour les poursuivre et terminer le travail.
- Non. »

Le mot était tombé comme un couperet, interrompant tous les calculs qu’Ithaxus faisait depuis un moment. Elle fit un pas en arrière.

« Pardon, votre Majesté ? »

Auriel se détourna d’elles sans répondre. Il regardait les prophétesses.

« Puisqu’ils recherchent aussi les Dragon Ball, nous allons les forcer à nous confronter où nous le voulons. Pas d’attaque surprise, et nous pourrons ainsi obtenir les Dragon Balls sans nous disperser aux quatre coins de cet univers. S’ils ont réussi à vous échapper deux fois, il est possible qu’ils soient en mesure de vous vaincre. Surtout si vous êtes trop confiantes. »

Elle reconnaissait là la prudence extrême du Roi. C’est ce qui les avait forcé à attendre aussi longtemps pour attaquer. Cependant, elle le trouvait bien trop confiant sur un point.

« Pardonnez-moi votre Majesté, mais comment être sûr qu’ils feront ce que vous voulez ?
- Nous ne sommes pas ceux qui avons à perdre en attendant, Ithaxus. Chaque jour passé sans nous éliminer est un jour où nos légions ravagent son petit Empire. Le yaxcien viendra. »

Dans un claquement de cape, il se tourna vers elles, mais ses iris turquoise étaient fixées derrière Ithaxus. Sur l’Immortelle. Son visage dur se pencha vers elle, sans démontrer la moindre émotion.

« Vous prendrez les Dragon Ball sur Passaros où je vous rejoindrais. Garlic reste avec moi. Lachésis, prévenez votre soeur que Belial doit nous rejoindre au plus tôt.
- Votre Majesté, il n’a toujours pas…
- Sa cible n’est plus prioritaire. Surtout si elle continue à fuir. »

Les deux voyantes s’écrasèrent sur le sol sans hésitation, Lachésis se confondant en excuse. Excuses qu’Auriel n’écouta pas, déjà tourné vers sa générale. Il n’attendait pas d’excuse car il n’avait pas pris les questions comme des insultes. Ithaxus semblait être la seule à l’avoir remarqué : depuis le début de cette conversation, il était froid mais pas énervé. Et le Roi était toujours froid. Le retour de l’Empereur était une contrariété mais pas une fatalité. Il calculait déjà la suite. Et elle avait son rôle à jouer.
Ithaxus avait bien noté l’absence de son nom dans les instructions.

« Quant à vous, Ithaxus. J’ai une idée bien particulière pour vous. Je vous recommande de préparer vos meilleurs morceaux. Combien de temps vous faut-il pour en préparer de nouveaux une fois le matériel réuni ? »

Les sutures de son visage craquelèrent quand elle sourit.

« Je suis très rapide, votre Majesté. »

* *
*

Les démons les plus faibles n’étaient pas capables de supporter le froid de l’espace, ni le brutal changement de pression en traversant l’atmosphère. Belial n’avait pas le temps de faire le tri. Il avait mis toute son équipe dans les pods, prévus pour s’écraser - ou atterrir selon l’étymologie de l’Empire - à quelques mètres de celui que Siberia avait emprunté. Quant à lui, il ferait le voyage sans aide.

Il était sorti du vaisseau, baignant dans la chaleur pulsante de son aura argentée qui le protégeait du vide spatial. Le démon offrit un dernier regard à la planète qu’ils allaient conquérir, puis il fondit vers l’atmosphère.
En quelques secondes, il en traversa les premières couches. Son accélération créa une détonation qui accompagna sa descente. Son aura devint une auréole enflammée, comme une météorite qui filait vers la surface. Derrière lui, il entendit la quinzaine de petites explosions qui signalaient l’arrivée des pods. Les vaisseaux étaient rapides, mais pas autant que lui.

Avec une dernière accélération, Belial dépassa les nuages. Il vit un sol gris arriver à toute vitesse devant lui, avant de se rendre compte que ce n’était que de la brume. Son aura la repoussa en un instant pour révéler le blanc immaculé. Brièvement, il aperçut deux silhouettes qui paraissaient l’attendre.
Deux ?

Le démon posa genou à terre avec une étonnante détonation. La brume s'effaça dans un cercle parfait autour de lui et il vit la roche se fissurer sous son poids. Ce n’est qu’à ce moment que la gravité monstrueuse de la planète le frappa. Tout son corps était lourd.
Est-ce que Siberia pensait vraiment l’handicaper avec ça ? Ses démons les plus faibles auraient peut-être un peu de mal à s’y habituer, mais ce n’était pas assez pour lui assurer la victoire.

Il se redressa lentement, posant un regard améthyste sur les contours imprécis de ses deux adversaires. Seule la force de Siberia était parfaitement reconnaissable mais maintenant qu’il notait l’autre, il sentit sa puissance. Très impressionante, pour un habitant de cet univers, mais loin de Siberia et encore plus loin de lui.

« Impératrice, nous n’avions pas terminé notre conversation. Et vous… »

Alors qu’il se tournait vers l’inconnu, un pod creva la brume pour s’écraser derrière lui, dans une explosion de terre et de fumée. Puis un autre. Et encore. Belial ne réagissait pas. Siberia non plus. Mais les yeux du troisième individu allait d’un pod à l’autre.
Il ressemblait à Siberia. Légèrement plus grand cependant, et Belial distinguait un crâne beaucoup plus massifs. Ses épaules étaient anormalement larges également, finissant en trois pointes. Les mêmes excroissances parcouraient tout son corps à la façon d’une armure.

Avant que ses hommes ne sortent des pods, Belila évacua la brume d’un kïai. Cela n’eut pas l’effet escompté, ne repoussant le brouillard que sur quelques mètres. Au moins, Siberia était clairement visible et son compagnon le devint à peine plus. Ses yeux devinrent clairs. Des billes rouges, très similaires à ceux de l’Impératrice.

« Frozen, se présenta-t-il. Roi Frozen »

Siberia n’avait pas répondu. Sa collerette avait été brisée lors de leur combat précédent, mais les autres blessures avaient disparues. Les organismes yaxciens étaient supposés très efficaces, là-dessus Itahxus avait eu raison. Cela ne la rendait pas plus confiante : elle ne perdait jamais Belial du regard.
Il en était plus que flatté.

« Je vois que vous êtes venu chercher de l’aide chez les vôtres. Lâche de votre part, je dois dire. Et inutile ; je peux facilement vous affronter tous les deux. Puis je m’occuperai de nettoyer le reste de la planète. »

Un instant, il s’était inquiété en comprenant où ils étaient. Auriel leur avait conseillé de ne pas approcher Nihila, mais maintenant qu’ils étaient là, autant en profiter pour éliminer la menace une bonne fois pour toute. Siberia était la plus puissante des yaxciens après son fils. Belial pouvait bien les tuer, l’un après l’autre. Voilà qui leur apprendrait à s’isoler dans leur palais pour se complaire dans leur propre importance.

« Siberia m’a parlé de votre invasion, répondit Frozen à la place de l’Impératrice. Vous voilà sur la seule planète où vous n’avez aucune chance. »

Un ricanement échappa à Belial. Derrière lui, ses soldats terminaient de s’extraire des pods. Comme Belial l’avait deviné, ils luttaient contre la gravité, mais ils ne tardèrent pas à le rejoindre malgré tout. Les démons les plus puissants du Makaï s’alignaient derrière lui. Et les deux nihiliens espéraient avoir la moindre chance contre eux tous.

« Vraiment ? Je peux m’occuper de vous en quelques minutes. Le reste de la planète ne devrait pas me prendre plus d’une demi-heure. »

La mâchoire aplatie de Frozen se fendit d’un sourire poli qui, en de pareilles circonstances, avait quelque chose d’inquiétant.

« Vous avez raison. Quand on est aussi puissant que nous, il ne faut que quelques minutes pour parcourir la planète. Encore moins quand, comme moi, vous connaissez la localisation de tous vos sujets. »

Au moment où il dit ça, un frémissement parcourut le corps de Belial. Quelque chose dans son ton ne lui plaisait pas du tout.
Soudain, un cri derrière lui. Un de ses démons avait disparu.

Dans la brume, à sa gauche, il vit deux billes rouge se mettrent à briller. A un peu plus d’un mètre du sol.

« Derrière moi ! Rapprochez-vous ! »

Il scruta la brume, à la recherche de son soldat et de celui qui l’avait attaqué. Frozen et Siberia n’avaient pas bougé. Et puis, il les vit, à sa droite. Des billes rouges. Trois mètres de haut. Un piège.

Il y en avait d’autres. Des dizaines d’autres. D’abord une constellation d’étoiles rouges. Bientôt, ce fut une voûte céleste complète qui l’entourait. Lui et ses soldats.

« Bienvenue sur Nihila, prononça enfin Siberia avec un sourire mauvais. »

Leurs puissances lui apparaissaient clairement à présent. Il s’était trop concentré sur celle de Siberia et il avait manqué la forêt. Ils étaient des centaines. Tous plus puissants que les soldats d’élites du Makaï.

Juste avant qu’ils ne convergent tous sur eux, Belial fit appel à toute son énergie, prêt à se transformer et à combattre.

Toutes les billes rouges se mirent à bouger en même temps. Et l’enfer se déchaîna sur eux.


Dernière édition par Tierts le Mar Déc 12, 2023 17:04, édité 1 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 12/02/2024
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mar Déc 05, 2023 11:46

Je suis venu, j'ai lu et ça m'a plu !

Un très bon chapitre, j'ai presque envie de parler de transition, ou d'exposition, mais ils se passent tellement de choses que ça ne rentre peut-être pas tant que ça dans ce cadre.

Le chapitre est très bon, très bien écrit, le soutien que t'apporte Lamantin_Furtif porte ses fruits. Tout est peaufiné, intéressant, chargé en information sans être étouffant. Les personnages sont toujours autant fidèles à eux-mêmes, tant en qualités qu'en défauts. Leur comportement est d'ailleurs aussi cohérent qu'amusant, surtout concernant Reseph. Je note cependant qu'il est souvent précisé qu'Auriel est froid, ironiquement bien plus qu'un "démon du froid", mais c'est pour mieux ancrer son comportement, je présume. Juste que si la répétition et l'insistance passent dans ce chapitre, j'espère que ce ne sera pas trop accentué en permanence sous peine de perdre de son effet. (bon, son comportement et ses dialogues correspondent bien à la perception des autres personnages présents, donc ça passe bien)

Les parties avec Belial sont aussi très intéressantes, la fin m'a évoqué Alien (oui, encore), avec tous ces démons du froid dans la brume. Peut-être un chouilla Predator pour les points rouges, mais bon, ça c'est moi. Très curieux de voir ce qui va lui arriver, même si le titre du chapitre précédent est une bonne indication, tout comme la musique associée. (Imaginer Belial en Doom Slayer au milieu de Nihiliens/Yaxcien, ça en jette sérieusement)

D'ailleurs, avec tous ces chapitres, les démons du Makaï deviennent plus passionnants à suivre que le groupe de héros :lol:

Pour résumé, un très bon chapitre et je serai toujours présent pour la suite !
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

One Shot
Un mage un peu excentrique. Un Kaïo. Un métis saïyan. Un démon. Un démon du froid. Qui doivent sauver l'univers dans un combat épique. Qu'ajouter de plus ?
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Mar Déc 12, 2023 12:46

Eh oui, pardon ! Un jour de retard, je prenais un peu de repos et j'ai décidé de ne vraiment rien faire. Alors qu'aujourd'hui, je suis au boulot donc je peux prendre un peu de temps pour poster ce chapitre, non ?

J'en profites pour vous indiquer que, pendant la période de Noël et Nouvel An, et possiblement la semaine qui suit, il est possible que mes publications soient plus anarchiques. Ce ne sera certainement pas le 25 ou le 1er janvier en tout cas (qui sont tous les deux des lundi)
Il est même possible que je déroge temporairement à la règle du chapitre par semaine que je me suis imposé, pour ne pas embêter mon bêta-lecteur favori pendant une période où c'est assez complexe. J'essaierai de vous tenir au courant ! (Mais bon, ce n'est pas comme si ça allait impacter beaucoup l'activité de la section Fanfic xD)

En attendant, petite réponse à Tonay, mon unique commentateur !

Tonay a écrit:Je note cependant qu'il est souvent précisé qu'Auriel est froid, ironiquement bien plus qu'un "démon du froid", mais c'est pour mieux ancrer son comportement, je présume. Juste que si la répétition et l'insistance passent dans ce chapitre, j'espère que ce ne sera pas trop accentué en permanence sous peine de perdre de son effet. (bon, son comportement et ses dialogues correspondent bien à la perception des autres personnages présents, donc ça passe bien)

Non mais ça c'est moi qui doit me calmer avec cet adjectif. Merci de l'avoir noté xD

Les parties avec Belial sont aussi très intéressantes, la fin m'a évoqué Alien (oui, encore), avec tous ces démons du froid dans la brume. Peut-être un chouilla Predator pour les points rouges, mais bon, ça c'est moi. Très curieux de voir ce qui va lui arriver, même si le titre du chapitre précédent est une bonne indication, tout comme la musique associée. (Imaginer Belial en Doom Slayer au milieu de Nihiliens/Yaxcien, ça en jette sérieusement)

En même temps, vu la troisième forme des nihiliens, est-ce que c'est pas normal de penser à Alien (ou Aliens) quand il y en a autant d'un coup ? :p

Par contre, pour le titre du chapitre suivant, il y a eu d'autres débâcles, récemment.

Tonay a écrit:D'ailleurs, avec tous ces chapitres, les démons du Makaï deviennent plus passionnants à suivre que le groupe de héros

Mission accomplie ! Je suis content que ces petits démons commencent à vous plaire aussi.

---

Chapitre 33 : Après la débâcle


« C’est une catastrophe ! »

Les antennes de Kaïo de l’Est étaient dressées au-dessus de son chapeau à large bord, mais c’était son corps tout entier qui semblait trembler au même rythme. C’était très rare pour elle de se mettre dans un tel état, pourtant ses collègues n’étaient pas à ses côtés pour la consoler. De fait, ils étaient dans des états similaires.
Pour la première fois depuis longtemps réunis sur la planète de Kaïo du Nord, ils s’étaient chacun tournés dans une direction, scannant et examinant l’univers comme ils le pouvaient. L’omniscience n’était pas si utile quand on ne pouvait se concentrer que sur un lieu à la fois.

« La Galaxie Nord est à feu et à sang, nota Kaïo du Sud, le plus grand des quatre.
- La Galaxie Sud est attaquée de partout, continua Kaïo du Nord, en ajustant ses petites lunettes rondes sur son visage bleuté.
- Bojack s’est échappé ! termina Kaïo de l’Ouest, le plus petit et le seul illuminé à ne porter qu’un seul verre sur ses yeux, sous la forme d’un monocle sombre sur l’œil droit.
- QUOI ?! »

Les trois autres sursautèrent et hurlèrent en même temps. Ils pivotèrent tous comme un seul Kaïo pour se regarder les uns les autres. Un cri simiesque retentit derrière Kaïo du Nord et son singe alla se réfugier dans la maison, perturbé par tous ces bruits.

« Comment ? Pourquoi ? hoqueta Kaïo du Sud, visiblement le plus choqué du quatuor. Nous avons eu tellement de mal à l’enfermer !
- Les démons l’ont libérés. Il devait avoir quelque chose qu’ils voulaient.
- Ou ils veulent simplement semer le chaos.
- Ce n’est pas le problème, tenta d’indiquer Kaïo de l’Est.
- Pas le problème ? Bojack est un monstre ! Bien plus puissant que Freezer et il n’a aucun repère moral sinon son propre plaisir. Et il a toute son équipe ! Et… ! »

Kaïo du Nord aurait sans doute pu continuer longtemps sur le même ton paniqué. Bojack et sa bande avait été la plus grande menace que leur petit conseil avait dû affronter. Après avoir pétitionné Kaïoshin des dizaines de fois pour intervenir, ils avaient fini par prendre les choses en main. L’obsession du Dieu des Dieux pour les sorciers madoshi s’était avérée un problème.
Elle le comprenait très bien, ayant été la première à parler d’un enfermement plutôt qu’une confrontation avec un tel monstre. Pourtant, Kaïo de l’Est devait capter l’attention de tous les autres une fois de plus, en criant à travers le brouhaha.

« Auriel est sorti du Makaï ! »

Une chappe de plomb tomba brutalement sur la petite planète.
S’il y avait eu le moindre criquet, on l’aurait entendu voleter faiblement d’un brin d’herbe à l’autre. Les quatre Kaïo se regardaient l’un après l’autre. A travers leurs lunettes de soleil, il était difficile pour un observateur extérieur de déterminer ce qui s’échangeait en silence, mais Est y voyait bien que la panique avait laissé place à une émotion similaire mais bien plus lourde : l’effroi.

Le nom d’Auriel leur était bien connu, même si le démon n’avait jamais sévi pendant qu’ils protégeaient l’univers. C’était une des créatures les plus craintes de l’histoire, dont la légende s’était transmise de génération en génération chez les Kaïo et au Paradis. Au point que certains avaient fini par croire qu’il n’était pas un individu mais la compilation de plusieurs chefs de guerre qui avaient fait des ravages dans l’univers des Kaïoshins.

« Tu es sûre ?
- Certaine. Tous les démons sont terrifiés par sa présence.
- Ils cherchaient quelque chose pour leur Roi.
- Des Dragon Ball. Ils en parlent.
- Qu’est-ce que c’est encore que ce truc ? hoqueta Kaïo du Sud.
- Des artefacts magiques qui permettent d’exaucer des voeux quand on réunit les sept, répondit Nord d’un ton brusquement plus docte. Les terriens avaient droit à un vœu. Les nameks à trois. Et un autre peuple devait avoir un set.
- Quel type de vœu ? demanda Ouest.
- N’importe quoi, même ressusciter quelqu’un.
- Quoi ? explosa Sud. C’est contraire à toutes les lois de l’univers. D’où est-ce que ça sort ? Est-ce que les Kaïoshins sont au courant ?! »

Nord pivota soudain vers lui.

« Ce n’est pas moi qui décide, que veux-tu que j’en sache ?! Je suppose que oui, sinon d’où est-ce que ça viendrait ? On ne peut plus demander à Kaïoshin maintenant alors… »

Un nouveau silence, plus lourd encore, tomba sur l’assemblée. Ils n’avaient plus aucun moyen de communiquer avec le Kaïoshinkai depuis la mort de Kaïoshin et Kibito dans leur lutte contre Buu. Pour ce qu’ils en savaient, le monde divin était peut-être entièrement dénué de vie à présent. Et d’espoir.

« A ce sujet… commença Est. »

Avant qu’elle ne puisse finir, ils entendirent la respiration fatiguée et paniquée de leur patron à tous : Grand Kaïo. Le vieil homme à la longue barbe et au cheveux encore plus longs était le seul à ne pas arborer la tenue traditionnelle. Il portait plutôt une simple chemise hawaïenne rose aux motifs d’ananas. Comme eux, il était pris au dépourvu par la tournure des évènements et, depuis quelques temps maintenant, il faisait la navette entre ses subordonnées et l’administration du Paradis.

« Grand Kaïo !
- Enma n’a pas eu le moindre contact avec un Kaïoshin vivant depuis la mort de Buu. On ne sait pas ce qui se passe. Mais ils ont peut-être une idée de comment les démons ont rassemblé assez d’énergie pour ouvrir les portes. »

Il allait sans doute continuer, mais le souffle lui manqua. Est et Nord se jetèrent sur lui à temps pour l’empêcher de tomber à terre.

« Comment ? demanda-t-elle quand il fut stabilisé.
- Ils ont volé les âmes des morts les plus puissants, ceux qui devaient être recyclés. Comme Cell. »

Nord et Est lâchèrent en même temps. La silhouette fine du Grand Kaïo tomba d’un seul coup, produisant le même bruit qu’un sac à patate sur le trottoir, avant de pousser un cri de douleur, qui fut couvert par ses deux employés.

« QUOI ?! »

* *
*

Belial tentait désespérément de s’élever au-dessus de la brume. Il lui fallait une vision d’ensemble du champ de bataille. Ou plutôt sur le massacre. Il entendait encore quelques cri. Les démons qu’il avait emmené avec lui et qui luttaient maintenant pour leur survie. Son premier instinct était de les aider, mais lui aussi avait fort à faire. Il peinait déjà à se repérer dans le brouillard de Nihila.
De rares explosions retentissaient, mais c’étaient les éclairs rouges parcourant la brume à intervalles réguliers qui lui offraient la seule source de lumière. Chaque fois qu’une décharge d’énergie explosait, il pouvait voir des ombres évoluer autour de lui. Parfois, il reconnaissait la forme d’un de ses guerriers d’élites, mais le plus souvent il s’agissait des silhouettes des nihiliens. Ils étaient beaucoup trop nombreux.

Quelque chose bougea à sa gauche. Le démon eut la présence d’esprit de se jeter vers l’arrière. Un nihilien aux cornes tordues vers l’avant frappa du poing là où il s’était trouvé un instant plus tôt.
Impossible. J’ai tué celui-là.

En effet, il l’avait coupé en deux, il s’en souvenait. Pourtant, il était là, les jambes manquantes, mais l’énergie intacte. Quelque chose brilla dans ses yeux quand il prit conscience d’avoir manqué sa cible, et il se tourna vers Belial. Le général préparait déjà une attaque. Une autre ombre plongea depuis la droite, détournant son bras au dernier moment. La sphère d’énergie fila vers le ciel, au moment où les deux rayons oculaires percutaient le démon en plein torse.
Il gronda en sentant sa fourrure brûler. Dans un mouvement de rage, il pivota pour attraper celle qui lui avait fait rater sa cible. Ce n’était pas Siberia mais ça ferait l’affaire. Avec un hurlement, il saisit ses bras dans une énorme patte et ses jambes dans une autre, avant de lui briser le dos sur son genou. La nihilienne poussa un cri de douleur, mais elle n’était pas morte. Belial la balança dans les airs, concentrant son énergie dans sa bouche pour la pulvériser d’un seul rayon.

Un pied le frappa en pleine tête, refermant sa gueule au moment où il allait expulser l’énergie. Le ki fit sauter ses dents dans l’explosion.

« AAAAH ! »

La jambe qui venait de le frapper se déroba et le nouveau nihilien se posa devant lui. Frozen. Leur Roi.

Les yeux devenus rouges, Belial tremblait de colère. Il allait tous les tuer. Ces impudents. Ces insectes. Déjà, le Roi se mettait en position de combat.

« VERMINES ! »

Le démon ne chercha pas à faire dans la dentelle. Il fit simplement exploser son énergie autour de lui. Il n'eut que le temps de voir les yeux rouges du nihilien s’écarquiller de peur, avant que le monde entier ne soit englouti dans un décharge d’énergie blanche. Le Roi. Les autres nihiliens. La brume. Ses démons. Et Siberia. Tous.

Quand la fumée se dissipa, la brume avait enfin disparue avec. Frozen était toujours devant lui, les bras croisés devant son visage pour le protéger, sa peau avait bruni sous la violence de l’explosion. Deux corps de nihiliens tombaient vers la surface, l’un déjà coupé en deux. Le sol était une mosaïque de cadavre. Plus aucun démon ne tenait debout, mais une centaine de nihiliens tournaient leurs regards de sang dans sa direction.

« Non… »

Au milieu de tous, Siberia se tenait debout. La main gauche soutenait son bras droit qui pendait lamentablement le long de son torse. Il se souvenait maintenant de lui avoir brisé le bras au cours d’un échange de coups, avant d’être attaqué par d’autres nihiliens. Dans la confusion, tous les coups qu’il avait donné et encaissé commençaient à se mélanger. Il y en avait tellement. Il en avait tué, il en était sûr. Il en avait mutilé tellement plus. Les têtes à cornes, à collerettes, les corps énormes et minuscules, ils se mélangeaient tous dans son esprit.
Siberia. Elle était vivante. Il sentait son énergie pulser autour d’elle. Tous les nihiliens dégageaient une énergie similaire. Froide et constante. Beaucoup trop puissante.

Il allait mourir.

Il pouvait en tuer des dizaines, à commencer par Frozen et Siberia, mais il allait mourir. Ils étaient trop nombreux et il ne pouvait pas tous les tuer, pas quand ils étaient aussi résistants. Une part de lui prit peur. Mais ce fut une autre qui parla la première.
Quelle mort glorieuse !

Voilà ce que signifiait cette invasion : l’occasion de venger les démons passés. Il allait avoir l’honneur d’éliminer certaines des plus grandes menaces au projet du Roi. Tout ce qu’il avait à faire, c’est se concentrer sur Siberia. C’était la plus dangereuse. C’était sa cible.
Les nihiliens faisaient l’erreur de lui laisser du temps et les quelques blessures qu’il avait accumulé se résorbaient. Déjà, Belial canalisait son énergie dans ses immenses bras.

Général, tonna la voix de Lachésis dans son esprit, le Roi a besoin de vous. Nous devons partir.
Non, il avait encore tellement de chose à faire. Et il pouvait éliminer Siberia.
Priorité aux ordres du Roi, gronda la voix, plus basse.

Tous les regards étaient encore sur lui. La brume commençait à revenir, recouvrant la terre, les cadavres, les pods endommagés, et Siberia. Il allait la perdre.
Belial poussa un hurlement de rage, qui résonna sur toute la planète. Une rayon d’énergie violacée jaillit de son bras, droit sur la nihilienne, et il partit dans le sens opposé, vers l’espace et le vaisseau qui l’attendait.

« Préparez le départ ! »

* *
*

Siberia était épuisée. Elle parvenait à donner l’illusion de se tenir debout, mais elle n’en pouvait plus. Encaisser l’attaque du monstre avait achevé de vider les réserves déjà sérieusement amoindries par son combat précédent. Les démons n’étaient pas des adversaires très dangereux, mais chaque coup de Belial était un risque de mort. Et voilà qu’il en lançait un dernier, droit sur elle.
Le rayon était immense, largement assez grand pour l’engloutir toute entière. Et il était bien trop rapide pour qu’elle ait le moindre espoir de l’esquiver. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était tendre la main, la seule valide.

Quand l’énergie l’atteint, elle sentit la peau se mettre à brûler. La nihilienne parvenait à la contenir, mais à peine. Le sol se creusait déjà sous ses pieds. Elle ne pourrait pas tenir plus de quelques secondes.
L’enfoiré allait réussir à la tuer. Un gémissement de douleur échappa lentement à ses lèvres, alors que son bras pliait progressivement. La lumière violacée que le rayon exultait envahit tout son champ de vision. Ses doigts disparurent dans la lueur son gémissement devint hurlement quand la chair de sa main se consuma.
Une silhouette se glissa à ses côtés, attrapant le rayon des deux mains sans la moindre hésitation. Fine, avec de petites cornes autour d’une plaque violette.

Freezer ?

Le voir lui fit plus mal qu’elle ne l’imaginait. Cela faisait longtemps depuis sa mort. Mais elle savait que, quoiqu’il arrive après la sienne, il l’attendrait là-bas. Le moment était donc venu.
Une autre silhouette, tout aussi fine, apparut à sa gauche. Cooler ? Puis une immense forme repoussa le rayon d’énergie, en passant ses larges épaules en-dessous. Elle crut d’abord voir Cold avant que la collerette ne trahisse sa véritable identité.

Frozen.

Alors qu’elle retombait au sol, Siberia se trouva entourée d’une poignée de nihilien qui retenaient tous l’énergie démentielle du démon, poussant de toutes leurs forces.

« Maintenant ! hurla le Roi de Nihila. »

Ils poussèrent tous au même instant, un cri leur échappant. La lumière décrut enfin. Siberia aurait aimé participer mais elle avait à peine la force de se lever. Elle ne put que regarder alors que le rayon d’énergie était enfin renvoyé vers le ciel, où il rétrécit avant de disparaître dans l’espace.

La poignée de nihilien venue l’aider s’écarta. Frozen se pencha vers elle.

« Vous avez le don d’apporter quelque chose d’intéressant chaque fois que vous revenez nous voir, ricana-t-il. »

Siberia n’était pas dupe. Il faisait le fier, mais elle pouvait sentir l’odeur de la peau carbonisée d’ici et il avait eu un mal fou à tenir tête au démon. Pire : plusieurs nihiliens étaient morts pendant les combats, de la main de ce Belial.

C’était la première fois dans l’histoire de Nihila qu’un membre de leur espèce était tué sur leur planète par un non-nihilien. En fait, Siberia ne connaissait que quatre autres exemples hors planète : l’un tué par un clone créé à partir de cellules nihiliennes, l’une par une autre expérience qui avait dégénérée et les deux autres assassinés par une créature légendaire.
Mais tous ceux étaient aussi les seuls à être parti pour explorer l’espace infini. Peut-être que Frozen et ses prédécesseurs avaient raison de ne jamais vouloir quitter Nihila.

Une seconde, elle songea à s’excuser pour avoir amené ce monstre ici, mais Frozen ne paraissait pas lui en vouloir, pas plus que les autres. Malgré tout, les nihiliens n’appréciaient rien de plus que prouver leur puissance. Cette méthode était sans doute nouvelle, mais elle ne leur déplaisait pas.

« Merci pour votre aide, finit-elle par dire.
- Je n’allais pas laisser cet étranger tuer une nihilienne sur notre planète. Ce n’était pas sa prérogative.
- Où est-il ?
- En fuite, annonça une nihilienne se posant à côté d’eux. Son vaisseau a quitté le système juste après sa dernière attaque. »

Frozen se retourna vers la petite assemblée.

« Ceux qui attaquent Nihila savent ce qui les attend ! »

Il n’y eu pas de cri de victoire, de colère ou de rage. Les nihiliens s’observèrent un moment les uns les autres, hochant la tête d’un air appréciateur. Les cadavres seraient laissés aux charognards, qu’il s’agisse des démons ou des leurs. Seul les Rois avaient droit à des bûchers funéraires sur Nihila.
La bataille se finissait ici. Et Siberia savait que, pour le Roi, c’était aussi le cas de la guerre.

« Ce n’est pas fini, Frozen. Ils sont en train de ravager notre univers.
- C’est fini, Siberia. Nihila ne se mêle pas aux affaires des autres planètes. »

Pathétique. Pas surprenant, mais pathétique. Elle grogna en se redressant, sa main détruite peinait à supporter son poids Son regard avisa les pods amenés par les envahisseurs, pour la plupart détruit dans une de ses attaques. Ceux qui tenaient encore debouts ne paraissaient pas en état de partir. Elle ne pourrait pas rejoindre l’Empire tout de suite.
Mais de toute façon, pourquoi le rejoindre aussi vite sans rien à apporter ?

Son regard avisa Frozen qui s’éloignait déjà.

« Une seconde. »

Le Roi se retourna lentement vers elle. Ses yeux rouges étaient curieux, mais pas inquiets. Pour le moment.

« Une fois que je serai remise, nous parlerons.
- Je suis sûr que tu as beaucoup de chose à dire Siberia, je serais curieux de les entendre.
- De ton poste. Cold te l’a laissé trop longtemps. »

La mention du vrai souverain de Nihila lui fit écarquiller les yeux. Frozen fit un effort pour ne rien montrer, mais elle vit très bien sa mâchoire se contracter. Est-ce qu’il croyait vraiment pouvoir vivre éternellement ainsi ?

« Cold est mort. Je suis le plus puissant des nihiliens à présent. Personne ne le conteste.
- Mon fils t’a déjà battu alors qu’il n’était qu’un enfant.
- Et il n’est pas là aujourd’hui, n’est-ce pas ? Il ne se rend jamais ici.
- Moi je suis là. Et je vais contester. »

Ses yeux s’écarquillèrent encore un peu plus, mais il ricana en réponse.

« Nous discuterons, Siberia. En attendant, tu peux occuper le palais de Cold si ça t’amuse, personne ne l’a récupéré. »

Elle achevait de se relever quand il prit son envol et s’éloigna lentement. Il surveillait surtout que les autres nihiliens étaient déjà partis. Encore une fois, elle n’était pas dupe. Frozen se méfiait. Et il avait raison.
Puisqu’il fallait commencer par là, elle apprendrait une leçon au “plus puissant des nihiliens.” Dès qu’elle se sentirait mieux.

* *
*

Akkilae savait qu’il aurait dû parler, en théorie, mais il osait à peine émettre un son. Le silence qui régnait dans la salle de contrôle était total depuis plusieurs heures maintenant. D’ordinaire, tout le monde évitait de faire trop de bruit, mais depuis leur départ du système Clesker, c’était bien pire. Même le bourdonnement des machines semblait s’être réduit au minimum vital et Akkilae était presque sûr que c’était une volonté de tous les opérateurs. Certains n’osaient pas bouger. Lui, il arrivait encore à retourner prudemment la tête vers le siège central et vers l’Empereur.
Chaque fois qu’il l’avait fait depuis leur départ, il avait trouvé le Seigneur Kalta dans la même position.

Son regard était fixé sur un moniteur qu’il avait fait amener près de son siège et qui était relié directement à la salle de soin. Tout le monde savait ce qu’il était en train de surveiller ainsi : les signaux vitaux de la saïyenne. Même sans avoir eu les détails, tout le monde à bord avait réussi à apprendre ce qui s’était passé : Bra était blessée et la machine arrivait à peine à la maintenir en vie. Alors que d’ordinaire il suffisait de quelques heures à l’intérieur pour se remettre des blessures les plus dangereuses. Ce qui signifiait que tous craignaient le moment où les signaux vitaux s’arrêteraient. Comment est-ce que l’Empereur réagirait ?
D’ordinaire, Akkilae aurait pensé que le puissant nihilien s’en ficherait, mais il avait déjà vu le brusque changement dans son attitude à la mort du Commandant Palpi. Et maintenant cette obsession pour la survie de la saïyenne. Les rumeurs les plus folles circulaient dans l’Empire depuis la mort de Cell. Mais Akkilae était aujourd’hui certain que ce n’était pas juste la crainte de devoir affronter les démons seuls.

Brusquement, il fut tiré de ses pensées par un petit signal lumineux. Ils allaient sortir d’hyperespace et il n’avait pas eu le temps de prévenir.

« Attention, ça va secouer un peu ! Rien de dangereux ! cria-t-il, beaucoup plus fort qu’il ne l’aurait voulu. »

Il avait brisé d’un seul coup la chappe de plomb qui maintenait la salle dans le silence. Plusieurs techniciens sursautèrent, l’un assez haut pour qu’il craigne un moment de lui avoir causé une attaque cardiaque.
Comme il l’avait promis, le vaisseau sortit brusquement d’hyperespace. Le Rédemption fut secoué de tous les côtés, ce qui ne fit qu’ajouter à la confusion. Akkilae reprit les contrôles pour le sortir du champs de débris. Les boucliers étaient largement suffisant pour le protéger mais inutile de prendre le moindre risque avec l’énergie du vaisseau.

Ce ne fut que lorsque les secousses se calmèrent que le navigateur osa se retourner lentement, craignant déjà ce qu’il allait voir sur le visage de l’Empereur. Kalta n’avait pas bougé. En fait, c’est à peine s’il semblait avoir remarqué le changement et les secousses.

« Que s’est-il passé ? »

Il avait failli ne pas reconnaître sa voix. Elle était distante, mais pas du tout comme il avait l'habitude de l’entendre. D’ordinaire, l’Empereur affectait une attitude autoritaire, sa voix glacée communiquant à tous qu’il était l’être le plus puissant de cette univers. Cette voix-là était vide du moindre timbre. Distante parce qu’elle peinait même à se faire entendre. Seul le silence total dans la salle des commandes avait permis à Akkilae de la percevoir.

« Rien de grave mon Seigneur. Nous avions rentré les coordonnées sans vérifier où nous allions atterrir. Il y a toujours un risque dans ce système. Tant que les débris n’ont pas eu le temps de s’agglomérer, ils forment un champ dans l'ancienne orbite de la planète.
- La planète ? Quelle planète ? »

La question prit Akkilae de court. Il pensait qu’il suffirait à l’Empereur d’un coup d’oeil sur le moniteur central pour reconnaître le système. Mais non, Kalta n’avait toujours pas quitté son écran des yeux.

« L-La planète Vegeta, mon Seigneur. »

Voilà enfin un nom qui attira l’attention du nihilien. Akkilae frissonna en voyant les billes rouge sang pivoter pour se river sur lui. La voix de Kalta résonna cette fois clairement dans l’espace sombre de la salle des commandes.

« La Dragon Ball se trouvait aux coordonnées de l’ancienne planète Vegeta ? »

Akkilae avait été tenté d’acquiescer, mais heureusement son regard fut attiré par l’écran qui indiquait la position de ces fameuses Dragon Ball. Elle n’était plus du tout au même endroit.

« Il… Il y a quelques heures oui, Seigneur Kalta. Aux alentours en tout cas ! Mais ce n’est plus le cas, elle s’est déplacée depuis notre départ. Pas loin, Seigneur Kalta ! Elle est toujours dans le système, trop proche pour passer en hyperespace mais je prépare notre trajectoire, nous partirons bientôt ! Je vais préparer le trajet, tout de suite même ! »

Il avait improvisé la moité de sa tirade, parlant de plus en plus vite à mesure que la crainte de faire un impair pénétrait son âme. Il avait l’impression d’être de nouveau face à Cold. Surtout quand le nihilien restait silencieux aussi longtemps après qu’il ait dit tout ça.

« Bien, répondit enfin l’Empereur, tournant à nouveau son regard vers l’écran des signaux vitaux. »

Akkilae sentait les regards de toute la salle posés sur lui. Et il savait que tous avaient la même interrogation que lui.
Que se passait-il exactement ?


Dernière édition par Tierts le Mar Déc 19, 2023 10:17, édité 1 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 12/02/2024
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