Chroniques de la Famille Cold

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Fév 05, 2024 13:00

Bonjour !

Tonay a écrit:Bra et Kalta sont fidèles à eux-mêmes, juste Persée qui panique. Persée l'ancienne. Ancienne à quel point déjà ? Et de quelle origine ? J'ai un trou de mémoire :p

Non, non, tu n'as pas de trou de mémoire. Les origines exactes de Persée n'ont jamais été données, donc vous ne connaissez pas son âge. Sûrement sans rapport avec ses réactions, je pense... :p

Tonay a écrit:PS : je ne peux plus écouter cette musique sans penser à Cell de TFS Abridged

Ahah, je connais le sentiment !

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Chapitre 40 : Le grand projet


Aidan n’était pas sûre de comprendre ce à quoi elle assistait, mais elle était certaine que c’était important.

Comme le Seigneur Kalta n’avait toujours qu’une confiance très relative envers le tsuful, il avait ordonné de garder un oeil sur tout ce qu’il faisait. L’étrange docteur avait gracieusement accepté. Bien sûr, il devait se douter qu’Aidan ne comprendrait pas grand-chose à ce qu’il faisait.
Depuis maintenant dix minutes, ils s’étaient installés dans une salle, qu’Aidan estimait centrale par rapport au vaisseau. Un immense ordinateur reposait au centre, étendant des câbles à la manière de tentacules dans toutes les directions. Raichi était installé sur une console, tandis qu’un câble deux fois plus large qu’Aidan elle-même terminait sur une plateforme à taille humaine, où les saïyens venaient s’installer les uns après les autres. Une lumière délicate paraissait indiquer un scan et puis, en quelques secondes, ils disparaissaient complètement.

« Tu as confiance en lui ? demanda-t-elle tout bas à la silhouette sombre à ses côtés. »

Persée avait aussi été dépêchée pour surveiller Raichi et l’ex-chasseuse de prime prenait le travail très au sérieux : elle n’avait pas quitté le docteur du regard depuis qu’ils avaient quitté la salle à manger. C’était inhabituel de pouvoir suivre son regard aussi facilement, mais la chasseuse avait retiré son casque et le portait sous le bras.

« Je ne sais pas. Ce que je sais par contre, c’est qu’il peut nous entendre. »

Elle aussi avait murmuré, mais ça n’empêcha en effet pas le tsuful d’intervenir.

« Je confirme. »

Raichi se tourna lentement vers elle, un léger sourire aux lèvres. C’était la première trace d’humour qu’elle décelait chez lui.

« J’ai personnellement entièrement confiance en vous, je vous tourne même le dos sans craindre de me faire attaquer.
- Vous êtes déjà mort. Je suis sûre que vous vaporiser ne changerait rien pour vous.
- Correct. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous rassurer alors ? »

Persée haussa les épaules et croisa les bras. Elle n’avait pas l’air de vouloir être rassurée. Elle paraissait même parfaitement confortable avec la situation actuelle. Contrairement à Aidan.

« Vous pourriez nous expliquer ce que vous faites, pour commencer ?
- Je croyais l’avoir déjà fait, pardonnez-moi. Je crée une projection d’Hatchiyack - c’est le nom du vaisseau - qui sera plus puissante et plus performante au combat que celles des saïyens que vous avez vu. Pour cela, je tente de combiner à la fois leur puissance brute et leurs connaissances au combat. Pour la plupart, ils n’ont qu’une compréhension instinctive, presque animale, de ce qu’est un combat, mais cela reste bien plus développé que de nombreuses espèces. »

Ah. C’était logique. Dès que l’on acceptait l’idée de créer des fantômes de saïyens à partir de leurs souvenirs, bien sûr.

« Comment votre machine fait ça, déjà ? Capturer la puissance de quelqu’un pour la reproduire, avec sa personnalité ? C’est assez… impressionnant.
- Je vous remercie. Pour être parfaitement, honnête, c’est une propriété sur laquelle je suis tombée par hasard. Hatchiyack est l’aboutissement d’années de recherche. Je voulais projeter de l’énergie sous forme d’un combattant, que je pourrais ensuite programmer. Toutes mes créations étaient des échecs, cependant. Sans entraînement, sans instinct du combat… l’énergie n’est rien et ne peut pas être canalisée, pas d’une façon efficace en tout cas. C’est en cherchant le moyen de compenser ça que j’ai découvert un paramètre très intéressant. »

Alors que Raichi était jusque là penché sur ses commandes, il se retourna enfin vers elles. Le docteur était difficile à lire mais il paraissait enthousiaste à partager ses travaux ainsi.

« J’ai étudié les meilleurs spécialistes en arts martiaux et les créatures les plus puissantes de Plant. J’ai braqué sur eux tous les capteurs que je pouvais, pour permettre à ma machine d’apprendre le plus possible. Et puis, un jour, j’ai découvert quelque chose de fascinant. Une décharge d’énergie. Pas celle que les combattants utilisent pour combattre. Autre chose. Une décharge extrêmement puissante, qui ne se déclenche qu’à un seul instant de la vie d’un être. Moins d’une seconde. »

Aidan était curieuse, mais elle remarqua surtout que Persée s’était redressé. Les yeux en amande de la chasseuse s’étaient progressivement écarquillés et elle y lisait quelque chose qui ressemblait à de la peur.

« Au moment de la mort ? questionna Aidan, prudemment.
- Correct. En captant et en analysant ce signal, ce qui m’a pris plusieurs années, j’ai réussi à le traduire. Il permet de recréer presque parfaitement l’énergie et la personnalité d’un individu au moment de sa mort. Grâce à Hatchiyack, j’ai ensuite appris à modifier légèrement ce signal pour plier la personnalité à mes besoins, mais sans pouvoir la réécrire totalement. Et j’ai ensuite projeté cette énergie sous la forme d’un corps qui ressemble exactement à celui qu’ils avaient au moment de mourir. Voilà pourquoi il est compliqué pour moi de combiner tout cela en un seul combattant. Vous comprenez ? »

C’était très étrange et ne correspondait à aucune étude connue, mais le raisonnement de Raichi avait un certain sens. Aidan s’apprêtait à opiner, quand elle sentit le mouvement de Persée à ses côtés. La chasseuse de prime s’était avancée d’un pas, le visage fermé, mais Aidan vit que son bras tremblait légèrement sous l’armure.

« L’âme ? murmurait-elle.
- Hm ? Oh, certaines cultures le qualifieraient sans doute ainsi. J’ai personnellement employé le terme “essence” dans mes travaux, mais…
- Combien en avez-vous capturé ? coupa Persée.
- Aucune. Il s’agit de copies. J’ai tenté un moment de comprendre ce qui arrivait à ce signal final. Mais je ne l’ai jamais capté ailleurs que chez un mourant, au moment précis du décès. Comme s’il partait dans une autre dimension… ce qui est une possibilité que j’ai envisagé d’ailleurs… »

Aidan n’écoutait qu’à moitié, elle était maintenant trop concentrée sur le visage de Persée. Son air grave avait fondu comme neige au soleil. Ses yeux écarquillés donnaient l’impression qu’elle avait vu un fantôme, un vrai, et ses lèvres tremblaient. Jamais elle n’avait vu l’ancienne soldate aussi dévastée.

« Hey ? Est-ce que ça va ? »

Persée secoua la tête et recula d’un pas pour s’adosser au mur, sans un mot. Un temps, Aidan resta à l’observer, mais elle paraissait perdue dans ses pensées, loin d’ici. La commando finit par revenir à Raichi.

« Vous devez avoir des essences très puissantes avec tous les morts puissants ? Ne serait-ce que Cell ou… ?
- Non, la portée du satellite est limitée et je ne me suis pas aventuré près de la Terre au moment de ce combat. Mais avec tous les saïyens collectés, ainsi que les nombreux peuples qu’ils ont injustement massacrés, je peux vous proposer… »

Un chuintement puissant retentit soudain et de la fumée apparut sur la large plateforme. Une masse sombre y apparut, aux larges épaules et à la tête allongée vers le haut. Un pas lourd se fit entendre. Un éclat verdâtre se refléta au sommet du crâne du guerrier.

« … Hatchiyack. »

* *
*

« J’avais raison, non ? »

Kalta n’aurait eu aucun mal à l’admettre si la saïyenne n’affichait pas un sourire fière d’elle quand elle lui posait la question. Il n’était même pas vraiment vexé, mais comme Bra prenait un malin plaisir à s’amuser de la situation, il refusait de reconnaître son succès trop bruyamment.

« Tu as promis beaucoup de choses, quand même, finit-il par nuancer. »

Bra pivota dans le couloir pour le regarder. Elle roula des yeux de la manière la plus exagérée possible, tout en continuant de marcher vers la salle de contrôle. Au passage, elle envoya dans les airs la sphère pâle et transparente qu’ils avaient récupérée. Elle contenait 4 étoiles du même rouge que celle trouvée sur Yaxche.

« J’ai promis mon appareil, j’ai le droit. C’est le mien. Et on a eu ça. »

Le nihilien affichait une moue peu convaincue mais même lui savait que ce n’était pas sincère. Il était soulagé que la situation commence à s’arranger, même s’il ne désirait que se débarrasser de cet Auriel. Plus encore, il était heureux de voir la saïyenne gambader ainsi dans les couloirs du vaisseau. Elle allait bien mieux et c’était tout ce qui comptait. Ce Raichi était plus digne de confiance qu’il ne l’avait d’abord cru, et c’était un vrai soulagement. Il n’aurait pas supporté un ennemi de plus. Pas en ce moment.

« C’est vrai. Plus qu’à récupérer les 4 autres des griffes des démons et nous avons le set complet. »

Il avait encore du mal à y croire. Les Dragons Balls. Des artefacts que son père avait recherché sur Namek pour obtenir l’immortalité. Cold lui avait expliqué la duplicité des nameks à l’époque. Et pendant tout ce temps, un autre set était dispersé dans l’univers. Un set qui appartenait à nul autre que son peuple. En tout cas, selon Raichi. Leur existence avait été oubliée par Nihila. Mais pourquoi les avaient-ils reçus à l’origine ? Et surtout : d’où venaient-elles ? Car si la théorie de Raichi était exacte, alors ce n'étaient pas les nameks qui étaient à l’origine de leur création.

« Je m’occuperai de Resheph, annonça joyeusement Bra.
- Non, je me charge d’elle. »

La saïyenne fronça les sourcils, mais elle parut comprendre ce qui motivait Kalta. Son pas se fit moins joyeux, elle se mordilla la lèvre et opina de la tête.

« Ce qui m’inquiète, c’est la perspective d’affronter les trois en même temps. Resheph et Ithaxus sont déjà dangereuses quand elles sont deux.
- Nous devons nous y prendre correctement c’est tout. Ni l’un ni l’autre ne sont hors de portée, bien au contraire. Nous avons fait n’importe quoi, c’est tout. Souviens-toi de Cell. Nous n’étions pas à son niveau et il a quand même perdu. »

Ce n’était pas lancé en l’air. Kalta avait eu le temps de réfléchir à ces combats précédents contre les démons. Ithaxus était le plus dangereux des deux, car ses capacités semblaient varier à chaque affrontement, mais Resheph ne serait plus un problème si le vaccin de Raichi fonctionnait. Il avait confiance en leurs capacités d’improvisation, maintenant qu’ils savaient à peu près à quoi ils avaient à faire. Restait à voir ce qu’Ithaxus aurait à proposer cette fois.

« Allons-y méthodiquement, reprit-il. Ils savent se battre en coopération, nous allons faire de même. »

Si Palpi avait été là, il aurait sans doute décelé la faiblesse de ces démons depuis longtemps. Ce souvenir fit grimacer Kalta, sans qu’il ne sache bien pourquoi. Une douleur était apparue dans sa poitrine. Il l’ignora.

Bra paraissait réceptive à ses mots, acquiesçant distraitement, alors qu’ils pénétraient dans la salle de commande.

« C’est bien pour ça qu’on pourrait utiliser toute l’aide disponible ! »

Elle ne lâchait rien. Kalta grinça des dents.

« C’est hors de question.
- Je n’ai encore rien dit.
- Je sais à qui tu penses et c’est non. Tant que la situation sera… ce qu’elle est, il va rester dormir en infirmerie, c’est clair ? »

Les signes vitaux de l’inconnu avaient eu le temps de revenir à la normale depuis que Bra l’avait mis KO. Kalta avait ordonné qu’il soit toujours bombardé de produits pour le maintenir dans une forme de coma.

« Il est puissant Kalta, tu as vu son niveau ?
- Précisément Bra. Il est plus fort que mes meilleurs hommes. Mais il n’aura aucune utilité face à Ithaxus et Resheph, encore moins face à cet Auriel. Pour rappel, tu as failli le tuer en un seul coup, saïyenne. »

Elle eut au moins la décence de paraître gênée, détournant le regard.

« J’ai réagi par instinct, il allait frapper Aidan…
- Et tu as bien fait. Ces imbéciles nous ont attaqués. Malentendu ou pas, il méritait de se faire tuer. »

Il ne voyait pas pourquoi la saïyenne s’en voulait. Ils avaient pu discuter avec le dénommé Gokua après le combat, mais toute la clique avait détalé quand les choses avaient dégénérées. Il était hors de question de considérer ce Bojack et ses hommes comme autre chose que des ennemis potentiels. Et cela incluait celui qu’ils gardaient dans l’infirmerie.

En fait, il n’était encore en vie que parce que Kalta avait d’autres questions à régler. Et parce qu’il avait bien l’intention d’obtenir des informations de sa part, une fois que les démons seraient de l’histoire ancienne.

« Je pense que la situation était confuse, Kalta. Les démons sont une menace pour tout le monde. Si Gokua pouvait être raisonnable, alors son ami aussi.
- Tu n’en sais rien. On ne sait rien de ces gens, sinon qu’ils ont été enfermés dans un soleil par une autorité supérieure, pour des crimes dont on ne sait pas grand-chose. Tu veux vraiment baser ton jugement sur si peu d’information ?
- Quand on affronte une telle menace, oui. Tu m’as bien fait confiance, pour Cell.
- Je ne t’ai pas fait confiance. Je savais juste que tu n’avais pas le choix. Les choses étaient très claires avec Cell, c’était l’affronter ou mourir. Aujourd’hui, ça n’a rien à voir.
- Ce sont des démons.
- C’est ce qu’on dit, mais qu’est-ce qu’on en sait ? Qu’est-ce qu’on peut prouver exactement ? On ne sait même pas ce qu’ils veulent. »

Le ton ne montait pas, mais Kalta savait très bien ce qu’il était en train de se passer. Sa voix restait monocorde, comme il la maintenait presque en permanence, surtout face à ses hommes. Mais celle de Bra… Plus le temps passait, plus elle se durcissait, et il savait ce que ça voulait dire.

« Tu ne penses pas que ça vaut le coût d’en discuter avec lui au moins. Voir ce que tu en penses ?
- Quoiqu’il raconte, je l’endormirai sitôt la conversation finie. Même s’il acceptait d’aider, je n’utiliserais pas quelqu’un que je ne connais pas au cours d’un combat pareil.
- Il serait d’une grande aide au Bras et à Persée, s’ils doivent gérer une armée de démon pendant qu’on s’occupe des généraux.
- Ou bien il les poignardera dans le dos pendant qu’on est occupé et on sera responsable de leur mort. »

Il vit la mâchoire de Bra se crisper. Tant pis pour elle. Au bout d’un moment, il fallait voir la réalité en face. Et si elle refusait, il allait la forcer à le faire.
Kalta n’aimait pas avoir cette conversation dans la salle de commande, mais c’est elle qui avait amené le sujet. Et comme elle ne répondit pas tout de suite, il continua.

« Qu’est-ce que tu fais s’il décide de se barrer en voyant le danger ? Tu te téléporteras à nouveau sur lui avant qu’il ne tue Aidan en un seul coup ? Tu ne crois pas que tu risques d’être occupée ?
- Si on lui parle calmement avant…
- Et si nous le convainquons. Et s’il est sincère. Ça fait beaucoup de si. Tu es peut-être prête à mettre la vie de mes hommes en jeu là-dessus, mais ce n’est pas mon cas. C’est clair ? »

Il y eut un éclat de colère dans les yeux bleu, mais Kalta s’en fichait à ce stade. Elle se rapprocha de lui, sa voix rien de plus qu’un sifflement entre ses lèvres serrées.

« Tu sais très bien que ce n’est pas ce que je veux dire Kalta. Parfois, il faut savoir faire confiance.
- A des criminels ?
- Tu veux parler des composants de ton armée ? Ou de ton commando ? Persée était une criminelle et elle est de notre côté. Beaucoup de ceux avec qui j’ai combattu étaient des criminels aux yeux de l’Empire. Et je leur ai fait confiance.
- Et ça a été une réussite, tu veux qu’on reparle d’Ades ? Si Anik, Varidal ou Aidan avaient été là à l’époque, il les aurait tué sans hésitation pour donner une chance à son plan de fonctionner. Imagine si notre ami endormi est de la même trempe. Tu veux vraiment mettre la vie d’Aidan dans la balance en te basant sur la confiance que tu veux porter aux gens ? »

Bra se rapprocha encore, mais ses yeux n’avaient plus la même colère. Un instant, il vit la peine faire s’effondrer les traits de son visage et elle baissa même les yeux. Aussitôt, il s’en voulut. Le sujet d’Ades était déjà difficile, mais il savait qu’il touchait à des points sensibles avec cette dernière tirade.
Mais il était hors de question de s’excuser maintenant.

« Excusez-moi, Seigneur Kalta. »

La voix d’Akkilae était la plus prudente et la plus délicate qu’il ait jamais entendu. Le navigateur avait attendu jusqu’au dernier moment pour oser intervenir.

« Aidan et Persée sont de retours, avec un autre passager. Je peux ouvrir ? »

* *
*

« Nous sommes en approche de la planète, annonça le petit démon aux commandes. »

Affalée dans le siège centrale, Resheph posa à peine le regard sur lui. En fait, ce fut à peine si elle réagit à l’information.

« Aucune présence ennemi, en tout cas selon leurs détecteurs. Je peux entamer la descente, est-ce qu’on vise une zone particulière ?
- Le plus loin possible de la porte, répondit-elle, d’un ton incroyablement plat.
- Aux pôles alors ? Ou peut-être de l’autre côté de la planète, c’est un vaste océan mais je peux trouver un…
- Oui, oui, faites ça. »

D’un geste de la main, elle lui intima de se taire. Heureusement, c’était tout ce qu’elle avait besoin de faire pour être comprise. Elle n’aurait jamais eu la patience de s’expliquer avec un subalterne comme lui. Le plan progressait, mais ce n’était pas le sien et elle n’aimait pas le rôle qu’elle allait y jouer.
Le Roi avait décidé de prendre les choses en main, alors qu’elle avait déjà fait plus qu’il n’en fallait pour mettre cet univers à genou.

« Resheph. »

La voix d’Auriel avait surgi derrière elle sans qu’elle ne l’entende approcher. Elle manqua bondir de son siège, mais se contint heureusement à temps. Malgré tout, elle se redressa un peu vite. Une bandelette poisseuse resta accrochée à l’accoudoir du siège quand elle le fit tourner dans sa direction. Le Roi des démons flottait derrière son siège, la porte par laquelle il était rentré se refermait avec un doux chuintement.

« Un peu de tenue pendant que vous commandez à nos hommes, ordonna-t-il d’une voix douce, mais ferme. Votre image n’est pas la seule qui soit en jeu. »

Un éclat de rage parcourut son corps, jusqu’à briller dans ses yeux. Une seconde, elle voulut lui dire ce qu’elle pensait de ses manières, mais elle se souvenait encore de leur combat et de sa puissance. Resheph était peut-être une déesse, mais le sale monstre avait usurpé une immortalité qui le mettait à son niveau. Pour l’instant en tout cas. Elle aurait son heure.

Elle se redressa sur son siège et tint son dos aussi droit que possible. Les bandelettes qui s’étaient étalées autour d’elle revinrent s’enrouler sur ses bras et jambes, ne laissant que de vagues traces noires derrières elles.

« J’ai repéré une zone près d’un océan, mentit-elle. Nous pourrons nous cacher dans les vagues… s’il est nécessaire de se cacher. Je pense pouvoir m’occuper de l’Empereur.
- Comme vous vous êtes occupés de la saïyenne ?
- Elle est morte.
- Montrez-moi son corps alors. »

Cette fois, un grondement échappa immédiatement de sa gorge.

Quel imbécile. Mon poison est le plus puissant qui soit. Il en serait mort aussi sans ce foutu rituel.

« Vous verrez quand le petit Empereur se pointera seul. J’ai accompli ma part du boulot, contrairement à Ithaxus ou votre petit protégé. »

Enfin, elle avait touché un point sensible. Belial avait échoué et de loin. Il était le pire d’entre tous, ayant perdu la force de combat qu’il avait emmené. C’était sans doute ce rappel qui fit briller l'œil turquoise d’Auriel d’une lueur inquiétante.

« Ithaxus accomplit actuellement ce qu’iel doit faire pour notre plan. Vous respecterez votre propre rôle et vous serez récompensé. Une fois le vœu obtenu, vous serez libre de continuer votre petit jeu, sans que je m’intéresse à vous. »

Un ricanement échappa à la gorge de Resheph.

« Ce n’est pas un jeu.
- Si vous le dites.
- Vous avez manqué beaucoup de chose, “Seigneur” Auriel. Les Kaïoshins sont morts. Il n’y a plus rien au-dessus de cet univers. Pas plus qu’au-dessus des nôtres. Et il est temps que ça change. »

L’éclat dans les yeux d’Auriel changea soudainement. Resheph eut à peine le temps de réaliser ce qu’elle venait de dire que, soudain, il fut à ses côtés. Une main ferme se posa sur son épaules et pressa dans sa chair, sans lui faire mal mais en l’empêchant définitivement de se lever. Le Roi ne prêta pas attention au sang empoisonné et visqueux qui glissa entre ses phalanges.

« J’admire votre folle ambition, Resheph. Mais je ne saurais trop vous conseiller de réaliser que vous n’êtes pas à la hauteur de vos projets. Remplacer les dieux n’est pas un passe-temps que l’on décide de prendre parce que la mort nous a épargné une unique fois.
- Je…
- Vous n’avez aucune idée de ce à quoi vous vous mesurez. Laissez-moi être clair : vous n’êtes rien en comparaison de ce qu’ils étaient. »

Resheph voulait exploser, mais ses yeux ne pouvaient quitter les prunelles de son Roi. Des iris qui avaient virés au rouge vif. Elle pouvait sentir une violence monstrueuse cachée derrière ces pupilles. Instinctivement, elle se sentit rapetisser sur son siège.
Et puis, la voix d’un autre démon vint interrompre l’instant.

« J’ai plusieurs îles en vue votre Majesté. Une préférence?
- Inhabitée et éloignée. Offrons à nos amis l’opportunité de se battre à leur maximum.
- A vos ordres. »

Resheph l’observa, la lueur rouge avait disparue et la poigne sur son épaule s’était retirée. La terreur qu’elle ressentait un instant plus tôt lui parut soudain absurde.
Elle roula des yeux. Auriel se privait d’une opportunité d’utiliser des otages. Mais c’était son plan stupide, elle n’allait certainement pas l’empêcher d’échouer. La prétention et la stupidité de ce prétendu Roi n’avait vraiment aucune borne.

Elle adorerait être là quand son voeu allait échouer.

Dernière édition par Tierts le Lun Fév 26, 2024 12:05, édité 2 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 04/03/2024
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mer Fév 07, 2024 19:20

Encore un chapitre très sympa, beaucoup d'échanges entre les personnages et Kalta qui est plus mâture que Bra sur certains points. Avec le peu d'information à leur disposition, il a en effet raison de ne pas libérer un "potentiel-allié-pas-si-puissant-que-ça".

Bra essaye de se donner un rôle de gentille sauveuse, peut-être parce que c'est ce rôle qu'elle endossé depuis sa jeunesse en se dressant contre l'empire.

En tout cas, j'aime toujours autant le docteur, et son procédé semble bien plus complexe qu'à première vue. Peut-être trop complexe pour qu'il en mesure toute la portée. Les craintes de Persée sont probablement fondées. Un Cell en renfort aurait été terriblement cool, mais un peu trop efficace.

Reseph a toujours autant une dent contre Auriel, rien de surprenant, mais la voir se faire remettre à sa place, ou, en l'occurrence, maintenue à sa place, est toujours satisfaisant.

Vivement lundi prochain !

PS : pas la première fois que tu postes cette musique, peut-être que c'est le thème d'Auriel, dans tous les cas, ça me convient très bien :p
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

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Un mage un peu excentrique. Un Kaïo. Un métis saïyan. Un démon. Un démon du froid. Qui doivent sauver l'univers dans un combat épique. Qu'ajouter de plus ?
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Fév 12, 2024 12:52

Bonjour Tonay !

Tonay a écrit:Encore un chapitre très sympa, beaucoup d'échanges entre les personnages et Kalta qui est plus mâture que Bra sur certains points. Avec le peu d'information à leur disposition, il a en effet raison de ne pas libérer un "potentiel-allié-pas-si-puissant-que-ça".

Bra essaye de se donner un rôle de gentille sauveuse, peut-être parce que c'est ce rôle qu'elle endossé depuis sa jeunesse en se dressant contre l'empire.

Je sais que j'écris pas mal de discussion entre ces deux-là mais j'aime bien développer leurs points de vue sur différents sujets et montrer leurs différences. Je ne cherche pas forcément à ce que l'un ait raison là où l'autre à tort. Les deux positions sont pour moi défendables, c'est ce qui fait l'intérêt de ces discussions.

Tonay a écrit:PS : pas la première fois que tu postes cette musique, peut-être que c'est le thème d'Auriel, dans tous les cas, ça me convient très bien :p

Je te confirme que c'est bien le thème d'Auriel et comme tu peux le deviner ce prochain chapitre parle un peu plus de lui. Je te laisse le découvrir en espérant qu'il te plaira.

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Chapitre 41 : Le Roi des Démons


Depuis l’ouverture de la porte, Passaros était une planète dévastée.
Ses démons ne s’y étaient pas attardés, mais ils avaient fait autant de dégâts que possible avant de la quitter. La population était réputée l’une des plus puissantes de l’Empire et pourtant elle se terrait dans les cités les mieux défendues, espérant que la tempête passe sans les emporter. Les zones auparavant isolées étaient à présent vidées de la moindre présence, ce qui avait facilité le choix du Roi.

A l’opposé de la Porte, Auriel s’était positionné sur un atoll volcanique. Il était au milieu d’un des océans de Passaros, rares tâches de roche et de sable perdu dans un tableau bleu. La faune s’était enfuie à son arrivée, mais la flore y était encore luxuriante. Des algues jaillissaient des eaux en frondaisons longues et dentelées, aux couleurs variant d’un vert de mousse jusqu’à un bleu turquoise. Elles prenaient appui sur le sable pour se lancer vers l’intérieur des terres, formant des ponts de feuilles qui liaient la terre à la mer. C’était sur l’un d’eux qu’Auriel s’était installé.

Sa suite s’était sagement posée sur la frondaison la plus proche, mais derrière lui. Resheph était là, ainsi que Belial. Le dernier avait insisté pour venir et prouver sa valeur, Auriel avait accepté. Malgré sa défaite, le jeune démon restait prometteur. C’était l’occasion idéal pour lui de se montrer utile. Il avait tenté de s’expliquer avec le Roi, de lui promettre de faire mieux, mais Auriel n’écoutait plus qu’à moitié.
Son objectif était si proche qu’il pouvait presque le sentir contre lui. Les supplications et les demandes de ses sujets n’étaient plus qu’un lointain bruit de fond, en comparaison.

D’ailleurs, Resheph parlait encore. Racontant quelque chose à propos d’un poison qu’elle avait réservé spécialement pour le nihilien malgré les recommandations de son Roi. Elle paraissait s’adresser à lui, mais les mots lui parvenaient difficilement.

Après des millions d’années d’existence, les dialogues qu’il entretenait avec tous les démons qu’il avait rencontré commençaient à se fondre les uns avec les autres. C’était toujours la même chose, toujours les même désirs, le même besoin de prouver sa valeur et sa puissance, la même envie d’être le premier, le plus puissant, le Roi, le conseiller du Roi. Et bien sûr, le même besoin de tuer et torturer. Ils n’avaient été créés que dans un seul but, après tout.
Leurs mots n'étaient plus qu’une bouillie infâme pour Auriel. Ils se mélangeaient dans la formidable masse d’information que son cerveau devait conserver, après toutes ces années.

Certains, en revanche, restaient aussi vifs, malgré les millions d’années. Une voix douce, une diction excellente avec seules quelques marques d’hésitation.

* *
*

« Je ne désire que partager l’éternité avec vous, mais je ne peux pas le faire si je suis condamné à mourir. Si tel est mon destin, je l’accepte, mais si vous pouvez me permettre de passer plus qu'une trop courte vie à vos côtés, alors je vous en prie, dites-le moi, avait-il supplié à une époque trop lointaine pour que quiconque s’en souvienne.

- Je ne désire que vous voir profiter de plus d’une vie, mais je ne pourrais vous offrir seulement la vie éternelle, pas si je dois aussi craindre que l’on attente à votre intégrité physique. Je travaille sur un rituel qui pourrait vous garantir de me connaître éternellement et me garantir de ne jamais vous voir blessé. Mais une magie aussi puissante implique des sacrifices et ce serait particulièrement douloureux.

- Quelle que soit la douleur qu’il me faut ressentir. Pour vous, je le ferais cent fois. Mille fois. Autant de fois que nécessaire. Il n’est pas de prix trop important. Je sais que jamais je ne le regretterai. »


* *
*

Auriel sourit intérieurement. Combien de fois au cours des quinze dernières million d’années s’était-il demandé s’il regrettait cette vie qui n’en finissait pas ?
Jamais. Car seule cette vie éternelle lui permettrait d’obtenir un jour sa revanche.

Quant à la douleur, elle était toujours gravée dans sa mémoire et dans son cœur.

* *
*

Son hurlement s’étrangla dans sa gorge avec un ultime gargouillis de sang. Il sentait son corps en feu, sa poitrine explosant au moment où son cœur s’extrayait de sa gorge. Ses membres convulsèrent en une danse macabre, au rythme des paroles prononcées dans une langue ancienne et incompréhensible. Son organe encore pulsant flotta lentement devant ses yeux, s’élevant dans les airs au-dessus de lui. Il était encore rouge, dégoulinant de chair et de sang. Il n’était relié à rien mais il continuait de battre au même rythme que lorsqu’Auriel avait été en vie.

Il se sentit être vidé de son sang.

Pas pas le trou dans sa poitrine ou par la plaie de sa gorge ouverte. Mais par tous les orifices de son visage. Des filins de sang s’élevèrent dans les airs à la suite de son cœur, autant de minuscules ruisseaux qui luttaient contre la gravité pour rejoindre l’organe qui flottait à quelques mètres du sol.
Lentement, Auriel se sentit refroidir. Ses membres cessèrent de bouger, raidissant en étant privés du liquide vital qui les irriguait. Un temps, il cru que la douleur allait s’arrêter à mesure que les sensations dans son corps devenaient plus vagues. L’effet fut inverse. Ses jambes prenaient la pâleur de la mort, il eut l’impression qu’on lui arrachait morceau par morceau, tombant les uns sur les autres. Heureusement, il n’avait plus la force de hurler depuis longtemps : sa gorge avait faillit suivre le chemin du cœur et elle était encore déchirée et sanglante.

Son visage était figé en un masque de douleur hurlant, parfaitement silencieux.

Au-dessus de lui, le sang avait enfin créé un flot. Un serpent pourpre qui paraissait hésiter à attaquer le cœur flottant et dansait un petit mètre en-dessous. La rivière se tendit soudainement et se jeta en avant, le sang propulsé dans les valves du coeur pour le traverser en quelques secondes.
La parole lui revint à cet instant, alors qu’un hurlement de douleur comme il n’en avait jamais poussé s’arrachait à grand peine de sa bouche. Un son qui acheva de détruire ce qui restait de sa gorge comme si une décharge sonique avait explosé depuis ses poumons.

Les yeux embués de larmes, il vit à peine le sang prendre une teinte noire et brillante, solide, alors qu’il traversait son coeur. L’organe prit la même teinte morte. Quand tout le sang eut traversé, ce n’était plus qu’un bloc d’obsidienne, qui battait pourtant toujours au même rythme. Et au-dessus de lui, le serpent se sang se reforma, désormais noir comme la nuit.
Puis, il plongea sur Auriel.

Son cri s’étouffa dans sa gorge quand le sang y pénétra. Il se sentit mourir et ses poumons s’emplir de liquide et il crut guérir. La sensation passa dans son ventre et il crut exploser. Enfin, sa tête pulsa comme si le cerveau cherchait à s’en extraire à coup de bélier. Encore et encore, il sentit tous les organes de son corps poussés à leur extrême limite, chaque fois il sentit la mort approcher, chaque fois il sentit son corps se rebeller, chaque fois il mourait, chaque fois il revivait.

Au bout d’un processus qui dura dix secondes ou dix siècles, Auriel crut se voir lui-même redressé sur l’autel, avant de constater qu’il l’avait vraiment fait. Comme un fantôme hors de son corps, il se vit prendre des inspirations dans l’air, sans que ses poumons ne réagissent. Et il vit la chair se refermer lentement là où son cœur avait été arraché. Il vit ses yeux paniqués, injectés d’un sang noir, regarder tout autour de lui.

L’obsidienne pulsante qu’était devenu son cœur retomba lentement, dans les mains de la maîtresse de la cérémonie.

« Est-ce que… tout a fonctionné ? demanda-t-il la voix rendue rauque et sèche par sa gorge serrée. »

Elle sourit, sans lui répondre.


* *
*

La douleur n’avait pas disparu avec sa mort et sa résurrection, mais elle n’avait jamais été rien de plus qu’une information pour lui. La cérémonie avait fait de lui la meilleure arme du Makaï.
Il l’avait prouvé à maintes reprises quand ils avaient attaqué l’univers des Kaïoshins.

Quels glorieux combats il avait vécu. Souvent contre des créatures bien plus puissantes que lui. Personne ne pouvait le blesser. Personne ne pouvait le tuer. Ce qui n’était à l’origine qu’une simple mission était devenue une occasion pour lui d’apprendre. Et de s’améliorer.
Chaque âme qu’il fauchait, il lui offrait l’opportunité de lui apprendre quelque chose, de lui montrer sa puissance. Ce n’était qu’après en avoir extrait tout ce qu’il pouvait qu’il la tuait finalement. Un manège qui était devenu familier à la fin de la guerre.

Les visages étaient toujours différents, parfois à la limite du compréhensible, mais les émotions étaient toujours les mêmes. La confiance au début, puis la confusion, la peur et enfin la réalisation que la mort était inévitable.
Auriel ne prenait aucun plaisir à tuer. Il ne l’avait jamais fait, même quand il était forcé de se nourrir. Reprendre ces âmes n’était qu’un travail. Un travail horrible et rempli de combat, mais un travail nécessaire. Il avait décidé de profiter de cette tâche pour s’améliorer et devenir le meilleur outil que le Makaï puisse contenir. Quel naïf.

Cela n’avait servi à rien. Ils n’avaient pas été rapides, pas assez forts. Les démons avaient fini par reculer.
Jusqu’au clou final.

Cette douleur là, elle le tiraillait encore. Chaque fois qu’il ouvrait les yeux.

* *
*

Il hurlait à s’en déchirer la gorge et la mâchoire.

De l’autre côté de la porte, cinq silhouettes se tenaient, parfaitement impassibles. Elles tendaient les bras, mais il savait que ce n’était pas vers lui.
Ses démons, ses hommes, le tiraient vers l’arrière, pour l’empêcher de se jeter dans un combat qu’il ne pouvait pas gagner.

Il se fichait bien de gagner. Auriel voulait mourir. Il voulait les tuer. Il voulait la sauver. Il voulait tout à la fois. Sauf finir enfermé ici.
Il allait passer, quoiqu’il en coûte. Il les tuerait tous. Il leur apprendrait.

Ses hommes, ses guerriers, son élite. Les cinquante meilleures guerriers du Makaï étaient là, à le tirer, le pousser, à déployer toute leur force pour l’empêcher de courir à sa perte. Et dans sa rage, il n’entendait rien de tout cela.
Dans son chagrin, il frappa au hasard. Son épée traversa chair et os, ses poings détruisirent les crânes et les bras de ses ennemis.
Son élite réussit malgré tout. Il en tua des dizaines, mais ils le firent revenir dans le Makaï.

La porte se referma.


* *
*

Mourir était un rêve lointain pour lui à présent.

Les millions d’années passées dans le Makaï l’avait changé. Du deuil et de la douleur, il était passé à la résignation. Puis à la planification.
Ce qu’il devait accomplir n’était pas chose aisée. En fait, c’était le projet le plus ambitieux qui soit, mais il avait à présent à sa disposition toutes les ressources du Makaï. Il avait fallu longtemps pour qu’elles lui offrent sa première opportunité.

* *
*

« Qui me dit que ce n’est pas là l’un de tes tours, magicien ? Votre espèce ne cherche qu’à s’accaparer plus de pouvoir, sans prouver votre mérite autrement que par vos machinations. Les tiens m’ont bien servis, mais seulement jusqu’à un point.

- Je vous assure votre Majesté, je ne requiert que quelques gouttes. Votre sang est déjà empreint d’une magie trop puissante pour que je puisse l’utiliser contre vous. Tout ce que je désire, c’est une échantillon de cette empreinte magique. Vous détenez peut-être la clef pour nous échapper, depuis tout ce temps. Si ma formule fonctionne comme je le pense…

- Eh bien ? Ta formule permettra d’ouvrir les portes ?

- Non, votre Majesté. Ma formule façonnera une créature qui rendra les portes obsolètes. Nous pourrons forcer le tissu de cette dimension. Nous pourrons passer de l’autre côté. Et avec la puissance de mon Buu, nous détruirons ceux qui nous ont repoussés, il y a si longtemps.

- Ne me déçois pas, Bibidi. Ce sont des adversaires dangereux, tous autant qu’ils sont. Tu n’as pas besoin de tous les affronter. Ce qu’il nous faut, c’est leurs Dragon Balls.

- Il en sera fait selon vos désirs, votre Majesté. »


* *
*

Les mots flottaient dans son esprit. Anciens, mais toujours très clairs. Ils surnageaient dans son inconscient. L’un des rares moments de sa longue vie où il avait entrevu un espoir. Le Madoshi ouvrait la possibilité que la puissance pure de sa création suffise à briser la barrière entre les dimensions.

Une nouvelle façon d’attaquer le monde des Kaïoshin. Et peut-être même de leur porter un coup mortel. La création de Bibidi s’était avérée bien plus efficace que le sorcier lui-même ne l’aurait prévu.
Mais ce n’était pas ainsi qu’Auriel l’avait voulu.

* *
*

« Tu m’as menti, sorcier ! Et ce sera la dernière fois.

- Je vous en prie, votre Majesté, tentait la voix faible qui résonnait uniquement dans son esprit. C’est mon Buu. Il est très puissant, mais il manque encore de discipline. Avec un peu d’entraînement et de…

- Silence. Il n’a pas la moindre discipline et tu t’es avéré incapable de le contrôler. Je ne vois pas pourquoi je t’offrirai protection au Makaï quand tu as détruit tout ce qui comptait pour nous.

- Mais nous sommes vengés, votre Majesté. Tous ceux qui s’opposaient à nous sont morts. Mon Buu a même vaincu les Kaïoshins. Vous devriez le remercier de tout votre coeur.

- Ne me dis pas ce que je devrais faire, sorcier ! Tu n’as aucune idée de ce que je désire. Et tu t’es perdu dans tes propres désirs. Sans compter que ta destruction des Kaïoshins n’est pas complète.

- Bien sûr, Sire. Je suis navré. J’ai réussi à enfermer Buu à nouveau, avec votre aide, nous pourrons façonner sa personnalité. En faire une arme pour le Makaï et nous…

- J’en ai assez entendu, sorcier. Sans ta créature, tu n’as plus de moyen de franchir la barrière vers le Makaï. Je te laisse récolter les fruits de ton labeur. Je ne m’associerai pas à un pareil désastre. »



« J’en conclus que Bibidi a échoué, votre Majesté. Sa créature paraissait pourtant prometteuse. Elle est parvenue à passer dans le monde des Kaïoshins dès sa naissance.

- Dans le monde créé par les Kaïoshin, pas le monde des Kaïoshin. C’est là que cet imbécile rabougri aurait dû attaquer. Et maintenant, nous avons perdu les Dragon Balls.

- Je suis navré, votre Majesté. Vos instructions étaient pourtant limpides.

- Je commence à croire que tu es le seul démon doté d’un peu de sens commun, Abura. »


* *
*

Le sons des vagues qui venaient doucement caresser la place où il s’était installé ramena le Roi du Makaï à la réalité. Les mots de son ancien sénéchal résonnaient encore dans son esprit. Ce n’était pas la seule raison pour laquelle il repensait souvent à lui.
Abura s’était avéré un second efficace. Il connaissait les autres démons par cœur et, surtout, il avait la force nécessaire pour s’imposer. Auriel se souvenait vaguement de séance d’entraînement avec le fils de son Sénéchal, mais la silhouette de Dabra se confondait avec celle du jeune démon. Belial, c’était son nom. Est-ce qu’il finirait par le trahir de la même façon ? Belial ne pouvait pas le changer en statue au moins. Pas qu’il sache.

Auriel se perdait encore dans ses souvenirs.

Il avait bien entraîné Dabra. D’abord par ennui, pour se donner quelque chose à faire, se prouver qu’il pouvait encore apporter sa pierre à l’édifice : fournir au Makaï une armée de démon capable de battre les champions des Kaïoshins. Peut-être même les Kaïoshin eux-mêmes.
Est-ce que Dabra l’avait rattrapé ? Lui-même n’aurait su le dire : même si son élève était devenu plus puissant, il n’aurait pas été capable de le tuer. C’était bien pour cela qu’il avait fini changé en statue plutôt qu’assassiné.

Il fallait bien lui reconnaître son ambition. Aucun démon n’avait été capable de l’affronter ainsi. Encore moins de prendre sa place.
Si ça n’avait pas été des millions d’années perdues, Auriel aurait respecté son élève. Dabra avait même tenté de reprendre là où Bibidi s’était arrêté. Le sorcier avait un enfant, qui avait mis des éons à se former pour devenir le plus puissant magicien du Makaï. Accompagné d’un champion de l'envergure de Dabra, il aurait dû conquérir le monde des Kaïoshins en quelques jours.

Pourtant, ils avaient perdu.

* *
*

« Comment ça, ce n’était pas un démon ? Dabra est pourtant mort dans le Makaï.

- C’est exact, Votre Majesté, mais ce n’est pas un démon qui l’a tué. Nous pensons que Babidi avait transporté son champion ici pour lui donner l’avantage en affrontant le champion de Kaïoshin de l’Est.

- Et qui est ce champion ?

- Ils étaient deux, votre Majesté. Freezer et Cooler. Ils dirigent l’univers des Kaïoshin. Mais…

- Mais ?

- Il y a autre chose. De très étrange. Quand nous avons scruté le passé à la recherche de l’affrontement, nous avons observé quelque chose : Kaïoshin est mort au cours du combat, mais ce n’est pas Dabra qui l’a tué. C’est ce Freezer.

- Montrez-le moi. »


* *
*

Auriel se souvenait très bien de cet instant. Il s’attendait à beaucoup de choses quand il avait compris que le dernier Kaïoshin avait trouvé de nouveaux champions pour défendre son pathétique univers. Il y avait des milliers de monde. Des centaines de milliers de formes différentes. Il devait bien y en avoir quelques unes qui avaient fini par développer la puissance nécessaire pour affronter un démon comme Dabra.
Mais ce n’était pas une nouvelle forme qu’il avait vu.

C’était un yaxcien.

Ce qui signifiait que Bibidi avait menti. Buu avait échoué. Ils étaient toujours en vie.
Et leurs Dragon Balls étaient toujours là.

En un seul glorieux instant, l’espoir était réapparu. En une seconde, il avait compris qu’il pouvait toujours réussir. L’univers n’avait plus de défenseur. Les Kaïoshin étaient morts. Les Kaïos étaient trop faibles. Les yaxciens avaient oublié qui ils étaient.

Tout ce qu’il lui fallait, c’est un moyen de traverser, et une armée suffisamment compétente pour ne pas être arrêté par le premier yaxcien venu. Ce dernier point, il pouvait s’en assurer lui-même. Resheph, Belial, Ithaxus. Autant de démons avec du potentiel mais qui n'auraient jamais atteint le niveau qu’ils avaient à présent sans lui. Trop fainéants, comme tous les autres. Incapables de comprendre que la vraie puissance nécessitait des sacrifices, du temps et de la sueur. Incapables de comprendre la valeur de l’effort. Belial avait été le premier à saisir et à accepter son mentorat. Les deux autres… Il avait insisté.

Tout ce qui comptait réellement avait besoin de ces trois éléments. Auriel avait pris son mal en patience. Il s’était préparé, il avait scruté l’autre monde, il avait repéré les menaces potentielles. Il avait attendu.
Et aujourd’hui, il était prêt.

Sur une plage d’une planète insignifiante, il attendait, le regard dressé vers le ciel et vers le vaisseau qui approchait lentement. A bord, il savait que se trouvaient les Dragon Ball qui lui manquaient, ainsi que les être les plus puissants de cet univers. Des êtres qui ne pourraient rien contre lui. D’un signe, il ordonna à Resheph et Belial de partir. Les deux plongèrent dans l’eau proche, disparaissant sans faire le moindre bruit.

Le vaisseau ouvrit sa cale, sans oser se poser et il déposa une poignée d'individus avant de repartir lentement vers le ciel, où il se croyait en sécurité.
Ils ne tardèrent pas à descendre, le yaxcien et la saïyenne. Ils avaient été assez intelligents pour ne pas amener avec eux leur petite équipe. Les cheveux de la saïyenne étaient dressés vers le ciel, brillant d’une lueur dorée qu’il avait appris à reconnaître avec le temps. Son aura ne s’était pas encore paré des éclairs bleus qu’elle développait lorsque sa puissance était à son paroxysme. Soit elle était trop confiante, soit elle économisait ses forces. Quant au yaxcien, il était sous la forme la plus adapté au combat ; les membres et les muscles surdimensionnés, les protections de ses articulations renforcées par des lames osseuses et un masque recouvrant sa bouche.

« Auriel, je suppose ? demanda-t-il d’une voix rendue plus grave. »

Il ne prit pas la peine de répondre autrement que par un hochement de tête. Des milliers d’années d’expérience lui permettaient de détecter les plus infimes variations dans le ki de ses adversaires. La puissance de l’Empereur augmentait très progressivement : il n’était pas encore prêt au combat. Il le jaugeait, et le démon n’était que trop heureux de lui offrir l’opportunité.
Auriel fit claquer sa cape dans son dos, exposant l’épée qui reposait à sa ceinture.

« Nous ne sommes pas obligés d’en venir aux mains, Empereur Kalta. Vous pouvez me confier les Dragon Balls et je vous promets que vous repartirez saufs. Vous et vos hommes.
- Nous ne savons même pas pourquoi vous les voulez. »

C’était la jeune saïyenne qui avait répondu à la place. Son impertinence avait quelque chose de déplaisant, mais qui ne l’étonnait pas trop. Ces deux-là n’étaient pas vraiment venus pour négocier et ils le savaient tous. Auriel maintint la mascarade malgré tout. Eux avaient besoin de temps pour le jauger et estimer leurs chances, lui avait besoin de temps pour mettre son plan à exécution.

« Je n’ai pas à partager cette information avec vous. Empereur, quelle est votre décision ?
- Je ne peux pas vous les donner. Vous le savez. Je peux accepter votre reddition si vous le désirez, mais je n’épargnerai pas vos deux lieutenants : Resheph et Ithaxus. Pas plus que vous. »

Un sourire amusé étira lentement les lèvres du vieux démon.

« Je comprends bien. Comme promis, nous pouvons régler ça entre souverains. Sans intervention de mes hommes ou des vôtres.
- Si c’est la mort que vous cherchez. Je vous l’offre avec plaisir. »

Ils paraissaient bien sûr d’eux. Auriel ne répondit pas. Il ne fit pas un geste pendant de longues secondes, observant le yaxcien et la saïyenne, cherchant ce qui leur donnait cette nouvelle confiance en eux après ce qui était arrivé à Bra. Le poison de sa lieutenante paraissait n’avoir eu aucun effet, mais Resheph n’était pas une menteuse. Si elle avait vu la saïyenne atteinte, alors ils avaient dû trouver un moyen de la guérir. Outre sa survie, ils devaient avoir préparé autre chose pour espérer le vaincre. A moins qu’ils ne le sous-estiment drastiquement.
Le vieux Roi poussa un soupir. Non, ce n’était sans doute pas le cas. Il avait observé ces deux-là pendant un long moment. C’étaient des créatures dangereuses et loin d’être stupides. Ils devaient avoir quelque chose en tête, mais quoi que ce soit ce ne serait pas suffisant. Pas contre lui.

« Ainsi soit-il. Je vous ai laissé une chance. »

Il n’avait jamais cru pouvoir régler ce problème en si peu de temps et en quelques mots, mais il n’avait fondamentalement rien contre les jeunes gens. S’ils pouvaient lui faire gagner du temps, il aurait accepté avec plaisir. Mais il savait combien c’était difficile.

Doucement, il posa la main sur la garde de son épée et tira la lame noire de son fourreau. Son regard turquoise se fixa sur la saïyenne. Ce serait sa première cible, tant qu’elle n’avait pas l’intelligence de prendre sa forme la plus puissante. Et c’est en se concentrant sur elle qu’il aperçut l’étincelle d’amusement dans ses yeux. Un éclat qui se reflétait dans les yeux du yaxcien.
Ils avaient bien quelque chose en tête. Auriel se concentra sur leurs puissances. Toujours aucune variation. Et puis, une sensation.

Un léger mouvement dans l’air. Un souffle chaud qui glissa sur lui, depuis le haut de son crâne. Quelque chose qui venait d’au-dessus de lui. Auriel leva les yeux et le vit enfin.
Ce qui était un point brillant dans le ciel grandit à une vitesse phénoménale. Un décharge de ki comme il en avait rarement vu. Qui fondit sur lui, trop vite pour être esquivée.

« Intéressant, eut-il le temps de prononcer, confiant »

La plage et lui furent engloutis instantanément dans le déferlement d’énergie.

Dernière édition par Tierts le Lun Fév 26, 2024 12:05, édité 2 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 04/03/2024
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mer Fév 14, 2024 17:31

Un chapitre qui nous en dévoile un peu plus sur le background d'Auriel, de quoi bien l'instaurer dans l'univers et de mieux comprendre la portée d'un tel personnage.
Il est d'ailleurs bien mieux intégré qu'un certain Dieu de la Destruction qui est responsable de plein d'événements, mais qui est "étrangement" resté inconnu au bataillon pendant une éternité...

C'est intéressant ces flashbacks décousus, disposant de peu de descriptions. Tout est un peu dans le flou, de quoi bien symboliser les troubles du personnage quant à sa propre mémoire. Mémoire qu'il n'a pas forcément envie d'explorer. On est encore une fois bien plus de l'émotionnel que dans le descriptif pur et ça marche très bien.

Quant à son immortalité, véritable ici, elle risque de poser de sérieux problèmes. Bannissement, scellement ? Se débarrasser d'Auriel va être compliqué, mais te connaissant, tu sais déjà comme ça va se terminer !

En tout cas, c'était très sympa (pour changer) comme chapitre, surtout chargé en introspection. En apprendre plus sur les vrais motifs d'un personnage aussi important est toujours intéressant, surtout quand c'est aussi dilué.

Bref, j'attends la suite, où je m'attends à le voir émergé indemne dans un nuage de fumée, les bras croisé, tout ça pour lâcher un soupir de lassitude !
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Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Fév 19, 2024 13:09

Bonjour !

Content que ce chapitre t'ait plu Tonay, je sais que je dispense très peu d'information sur Auriel, mais vous devez sentir qu'on approche de la fin et donc il est temps de mieux le comprendre !

J'espère que les chapitres suivants vont te plaire car on entre dans un domaine que tu maîtrises mieux que moi : celui du combat. Quant à ta prédiction, voyons-voir si Auriel respecte les règles :p

---

Chapitre 42 : Dans les abysses


« Vous ne pouvez pas affronter Auriel. »

La déclaration de Persée flotta entre eux pendant de longues secondes.

Kalta avait réuni tout le monde dans la grande salle d’entraînement du Rédemption : Persée, le Commando et elle. L’idée était de se préparer à un combat difficile, et d’estimer les capacités de la créature fournie par Raichi. Mais l’ancienne chasseuse de prime avait commencé par cette affirmation.
Bra avait du mal à la reconnaître depuis quelque temps. Chaque fois que les démons étaient évoqués, elle semblait en savoir plus que ce qu’elle en disait, et le nom d’Auriel en particulier l’avait visiblement terrifié. Même avec le casque pour dissimuler ses traits, la jeune femme sentait que sa mentor ne se sentait pas bien.

Kalta devait le sentir aussi, mais il s’en fichait éperdument.

« Nous allons l’affronter. Ce n’est pas ton opinion que je demande mais ton expertise. Puisque tu semble le connaître. Tu pourrais sans doute aider un peu plus qu’en croisant les bras comme tu le fais maintenant.
- Je ne le connais pas.
- Son nom ne t’est pas inconnu. Arrête de jouer avec mes nerfs, chasseuse de prime. »

Le ton du nihilien s’était durci d’un seul coup. Et malgré un mouvement de Bra dans sa direction, il ne s’arrêta pas là. Kalta s’avança d’un pas vers Persée, son corps raide et son regard fixé sur les yeux de l’amure.

« Je tolère ta présence parce que la saïyenne a confiance en toi, mais je commence à fatiguer de tes simagrées et de tes demi-vérités. Tout le monde ici sait que nous ne pouvons laisser les démons continuer de ravager l’univers comme ils le font. Tu es la seule à vouloir voir des gens mourir. Tout ce qu’il nous faut, c’est une bonne stratégie. »

L’Empereur s’éleva soudain dans les airs, son aura se déployant lentement autour de lui. Un éclat rouge emplit ses yeux. Instinctivement, Anik, Varidal et Aidan se reculèrent.

« Mon grand-père a regretté de t'avoir épargné. Ne me fais pas regretter d’avoir fait la même chose. »

Il était difficile de voir la réaction de Persée sous son casque, mais Bra pouvait sentir qu’elle n’était plus aussi assurée qu’un moment plus tôt. Son armure était résistante, mais personne ici ne doutait qu’elle puisse être tuée par Kalta en quelques instants si ce dernier décidait en effet de ne plus tolérer sa présence.
Bien sûr, il était hors de question de le laisser faire.

« Kalta… gronda Bra.
- Laisse, gamine. Si vous avez décidé d’y aller… »

Persée poussa un soupir.

« Auriel est immortel. Selon la légende, il ne peut pas être tué. Pas même blessé.
- La légende ?
- Je ne le connais que par là. Il était le dirigeant des démons lors de leur première invasion. Il est responsable personnellement de dizaines de millions de morts, toujours selon cette légende. Si l’on en croit le Docteur, je suppose qu’il a affronté beaucoup des vôtre, Seigneur Kalta. »

Le nihilien s’était vaguement calmé, la lueur dans ses yeux disparut, mais il flottait toujours dans les airs. Bra vit soudain son regard se tourner vers elle, interrogateur.

« Je la crois, répondit-elle aussitôt.
- Je suis plus ancienne que vous tous réunis, je n’ai pas assisté à cette guerre mais j’ai lu des textes qui l’évoquaient, en termes plus ou moins clairs. Auriel était une constante. Il est particulièrement dangereux.
- Plus que les deux que nous avons déjà affrontés ?
- Sans doute. Je ne peux pas estimer leur puissance.
- Si on doit affronter les trois d’un coup…
- Quelqu’un doit rester ici, avec les Dragon Ball. Si les choses tournent très mal, nous nous téléportons et nous partons. »

Bra opina aussitôt. Elle ne l’avait jamais utilisé ainsi, mais elle savait que c’était le plus gros avantage offert par la téléportation. Une solution de repli instantané et efficace.

« Resheph n’est plus une menace maintenant que nous sommes vaccinés. C’est elle que nous devrions éliminer en premier, si le combat devient compliqué.
- Excellent analyse, saïyenne, sourit Kalta avec un air fier d’elle. Ithaxus change de capacités à chaque combat, je ne sais pas à quoi nous devrons nous attendre, mais il faut se préparer au pire.
- Reste Auriel, rappela Persée.
- Tu penses qu’il est immortel comme ce Garlic que vous avez tué plusieurs fois mais qui ne cesse de se relever ? Ce ne serait pas bien difficile de le maîtriser dans ce cas.
- La légende dit qu’il ne peut pas être blessé.
- C’est beaucoup plus problématique, mais cela dépend grandement de sa puissance.
- Nous n’avons pas ressenti de nouvelles énergies depuis son message, mais il peut très bien cacher son énergie, ils savent tous le faire, analysa Bra. »

Ils étaient dans une impasse : sans savoir les capacités exactes d’Ithaxus et de cet Auriel, ils fonçaient dans l’inconnu.

« Qu’en est-il d’Hatchiyack ? demanda soudain Anik.
- Il est puissant, répondit Aidan. Raichi l’estime à peu près de votre niveau. Mais… il ne dégage pas d’énergie. Les scouteurs ne le détectent pas et moi non plus.
- Une aide précieuse contre les démons. S’ils ne le sentent pas venir, nous avons un avantage considérable. Il sait se battre en équipe ?
- Le Docteur dit qu’il obéira à vos ordres et dispose de l’expérience d’une centaine de guerrier.
- Des guerriers saïyens, corrigea Kalta. Pour la plupart plus entraînés à la destruction massive qu’à un vrai combat. Mais ça reste utile. Je ne sais pas ce qu’il vaudra contre Resheph ou Ithaxus, mais il pourrait faire la différence si nous sommes tous ensembles.
- Il peut nous servir à empêcher que l’on soit séparé trop facilement. »

Les idées s’échangeaient de plus en plus vite, et Bra ressentait une certaine excitation. Cela lui rappelait les deux années passaient dans la Salle Blanche, alors qu’ils tentaient de préparer leurs stratégies contre Cell. Sauf qu’ils étaient plus nombreux cette fois-ci, c’était agréable et la tension commençait à redescendre. Même les membres du Commando d’élite s’étaient rapprochés pour participer.

« Anik, reprit Kalta, tu as largement le niveau pour maîtriser les autres démons. Ton rôle sera d’éviter qu’une autre distraction ne vienne compliquer les choses.
- Persée peut faire la même chose. Et son armure indestructible pourrait nous être utile pour les surprendre, si ça te va bien sûr.
- Evidemment, Princesse.
- Tout le commando devrait rester ici pour créer un point facile à repérer pour nos téléportations et pour protéger les Dragon Ball en cas de fourberies. »

Kalta considéra l’idée. Son regard allait vers chaque membre de son Bras, mais la jeune femme sentait qu’ils approchaient d’un plan cohérent. Ou en tout cas du mieux qu’ils puissent faire considérant la situation.

« Je devrais venir avec vous, intervint Varidal.
- Hors de question, cassa l’Empereur. Tu es trop vulnérable.
- On ne sait pas ce que cet Auriel peut faire, mais il est puissant et potentiellement indestructible. Si vous parvenez à éliminer les autres, le combat risque d’être long, je peux vous éviter de mourir trop vite et vous donner un coup de boost lorsque vous serez blessés. »

La plus petite membre du Bras de Kalta s’était brusquement avancé, redressant le bec vers son Empereur. C’était la première fois que Bra la voyait argumenter ainsi contre lui et cela prenait clairement Kalta de court. D’autant qu’elle n’avait pas tort. Ses talents avaient déjà utiles contre Cell.

« Kalta, il faudrait qu’on puisse la protéger pendant que…
- Trop dangereux, Varidal. Tu n’as pas le niveau et vous ne seriez qu’une distraction, tous autant que vous êtes. Ces démons frappent pour tuer, pas pour jouer. »

Les mots parurent la blesser, plus encore qu’ils ne blessèrent Anik et Aidan. Comme souvent, Kalta n’avait pas la patience de se montrer délicat, mais Bra était d’accord avec lui sur ce point. Resheph et Ithaxus étaient parfaitement capables de tuer l’un des membres du commando d’un seul coup, et ils n’hésiteraient pas à le faire. Ils ne pouvaient pas passer tout le combat à les surveiller.

« Vous restez dans le vaisseau. Anik ne sort que s’il doit et peut affronter ce qui arrive. En cas d’urgence, vous nous prévenez immédiatement.
- Et Hatchiyack ? Je pense qu’on peut l’utiliser intelligemment. Ils ne savent pas qu’il existe après tout.
- Je suis d’accord, et je crois que j’ai une idée. »

* *
*

« Ainsi soit-il. Je vous ai laissé une chance. Maintenant… J’aimerais éviter d’avoir à vous affronter plusieurs fois. »

Jusque là, l’échange se passait exactement comme Bra l’avait imaginé. En fait, le plan se passait mieux que prévu : Auriel paraissait seul et trop sûr de lui. Il n’avait aucun moyen de sentir Hatchiyack qui se préparait à frapper, des centaines de mètres au-dessus de lui. C’en était presque trop facile.

Le fameux Roi des démons tant redouté par Persée n’avait l’air que d’un vieil homme malade. Il était évident qu’il cachait quelque chose, mais Bra était prête à parier que c’était des hommes à lui. La saïyenne était parée à frapper dès que les “négociations” arriveraient à l’impasse qu’ils voyaient tous venir. Tout ce qu’elle voulait, c’était comprendre un peu plus ce qu’il cherchait. Kalta pouvait bien le faire parler.

La seule inconnue, c’était la puissance du démon : il ne dégageait pas la moindre énergie. C’était encore pire que ses lieutenants. Même en se concentrant, elle ne ressentait rien autour de lui. Il devait être plus doué que ses hommes pour cacher sa force, mais ça n’allait pas lui servir. Bien au contraire.
Si l’attaque surprise d’Hatchiyack fonctionnait… Il pourrait être tué en un seul et unique coup. Elle n’osait pas croire que ce soit si simple.
Maintenant.

Elle le sentit. Un déplacement d’air, subtil. Un courant chaud qui passa dans ses cheveux. Et le démon avait réagi aussi. Auriel leva les yeux. Dans les iris turquoise, elle vit la surprise, puis un reflet vert. Il ne chercha pas à esquiver.
Le démon, la plage et une bonne partie de son champ de vision disparurent brutalement dans un déluge d’énergie verdâtre. Le souffle la frappa avec une puissance inouïe. Son aura explosa autour d’elle pour la protéger, et elle attrapa l’épaule de Kalta par réflexe, alors qu’ils reculaient tous les deux.

« Hatchiyack ! C’est bien trop puissant ! hurla-t-elle. »

Depuis les airs, elle vit la ligne de palmiers être réduite en poussière, en l’espace d’un instant, alors que la déferlante d’énergie terminait sa course, creusant dans la terre et la roche. L’océan s’était soulevé avec l’onde de choc, mais d’énormes vagues plongeaient déjà dans le cratère pour le remplir. Le monde tremblait tout autour d’eux.

« Il est malade !
- La planète a survécu, du calme. »

Le ton froid de Kalta ne lui plaisait pas, surtout pas en pareilles circonstances. Il y avait du monde sur cette planète, des millions de personnes mises en danger quand ils se battaient sans réfléchir comme ça. Un moment, elle voulut lui rappeler, mais ils avaient d’autres priorités.

« Tu crois qu’il est…
- J’en doute.
- Hatchiyack, descend. Je vais aller vérifier. »

L’eau était toujours déchaînée, des vagues immenses plongeant dans le gouffre créé par l’attaque. Impossible de voir à travers et impossible de percevoir le démon. Lentement, elle approcha de ce qui devait être le centre du cratère. Les vagues formaient un syphon qui plongeait dans les profondeurs. Le Roi réputé invincible devait être là, s’il avait bien survécu. Lentement, elle approcha pour scanner l’eau et l’écume à la recherche d’un corps étranger.
Une lame fut la première chose qu’elle vit sortir des flots. Une courbe noire et acérée qui jaillit vers sa cuisse. Bra réagit instantanément et pivota dans les airs. L’épée déchira son pantalon, entailla la peau et produisit un petit filet de sang, la douleur remonta le long de son corps comme une épine. Mais elle avait échappé au pire.

Auriel surgit dans le même mouvement. Une main blafarde dirigée droit vers sa gorge. Elle sentit les doigts glacés se refermer sur sa peau et expulser toute l’air de sa trachée avec une force monstrueuse.
Et puis, ils plongèrent sous l’eau, vers les abysses.

* *
*

Belial n’était pas passé très loin de la mort. Caché sous les flots en compagnie de Resheph, ils avaient attendu patiemment que le combat commence et que leurs ennemis soient distraits pour passer à la phase suivante du plan. Mais ils ne pensaient pas que les choses allaient dégénérer aussi vite.

Un moment, une deuxième lumière s’était ajoutée à celle du soleil, brillant à travers les remous de l’eau. L’instant d’après, Resheph l’attrapait par le bras pour le tirer violemment vers les profondeurs. Le monde s’embrasa une seconde plus tard, prenant une teinte verte bien trop intense.

L’île près de laquelle ils attendaient avait été coupée en deux et Auriel avait été emporté. Quelle attaque ! Belial sentit même la planète entière trembler sous le choc. C’était ça, la puissance des champions de cet univers.
Leur Roi allait avoir besoin d’aide.

Il leva les yeux pour tenter d’apercevoir les silhouettes du yaxcien et de la saïyenne, à travers la surface, mais une vision bien plus horrible s’interposa. Le visage de Resheph, à peine dissimulée sous les couches de bandelettes, un sourire mauvais déchirait ses lèvres. Elle leva un doigt vers le ciel et son regard impérieux ne voulait dire qu’une chose : elle lui donnait un ordre et il savait très bien lequel.
Un instant, il chercha à la contredire et le regard qu’elle lui jeta le figea sur place.

Mauvaise idée.

Il acquiesça de la tête et s’éloigna aussi vite que possible, tout en diminuant sa force. Ils avaient tous leur rôle à jouer et Auriel ne lui pardonnerait jamais de ne pas suivre ses ordres.
Il espérait juste que son Roi allait s’en sortir seul.

* *
*

L’image du combat retransmise par les caméras du vaisseaux était de plus en plus vague. Ils s’élevaient extrêmement haut dans le ciel après tout. Bra, Kalta et même Hatchiyack n’étaient plus que des vagues points noirs au-dessus d’une île brisée en deux. Les puissants remous que l’explosion avait causés dans l’océan étaient plus clairement visibles. Et c’était dans l’un d’eux que l’un des points avait disparu. Bra, Aidan en était sûr. Elle était en danger, mais ils ne pouvaient rien y faire.
La jeune commando, comme tous les soldats agglutinés dans la baie de débarquement, n’avait pas le niveau pour affronter ces monstres. Ils ne pouvaient qu’attendre, le plus loin possible du combat. D’ici une minute, ils allaient dépasser l’atmosphère de la planète et se réfugier dans le froid glacé de l’espace. Ce n’était pas idéal mais c’était ce qu’ils pouvaient espérer de mieux en pareilles circonstances.

Bip.

« Quelqu’un approche du vaisseau. »

Elle se tourna vers ses deux collègues. Leurs scouteurs étaient derniers cris, c’étaient les trois à avoir bipé au même moment. Une force approchait. Faible. Moins de cent unités. Mais elle approchait vite.

« Quelqu’un qui cache sa force, exprima Varidal avec nervosité. »

Avec les démons, il y avait de fortes chances, et son objectif était clair. Alors que la caméra floutait brusquement, tournant à la recherche de la force qui approchait, Aidan ouvrit le canal de communication avec Persée.

« Rien à signaler ?
- Rien pour le moment. Quelqu’un a mordu à l’hameçon ?
- Oui, répondit Anik. Je m’en occupe. »

L’image venait de se stabiliser. C’était un jeune homme à la peau bleu, il ne ressemblait à aucun démon croisé jusque là. Mais il volait avec détermination à leur rencontre et il était plus rapide que le vaisseau.

« On ne sait pas à quel point il est puissant…
- Je vais le découvrir. C’est le plan, asséna Anik. »

A son ton, Aidan devina qu’il n’attendait que ça. Il détestait l’idée de rester piégé dans le vaisseau à attendre pendant que les autres se battaient pour lui. Il espérait depuis le début qu’une tentative d’incursion ait lieu. Mais elle ne voulait pas le voir plonger à sa mort.

« Tu es sûr ? »

Déjà, une aura rougeoyante recouvrait le reptile. Sa gueule s’ouvrit sur ce qui ressemblait à un sourire et découvrit toutes ses dents.

« Certain. Ouvrez la porte ! »

Le vent s’engouffra brusquement dans la baie. La paroi qui formait le pont de débarquement s’abaissait lentement, mais le vaisseau se déplaçait si vite que le vent fit reculer même de puissants soldats.

« Anik !
- On suit le plan ! Surveillez les Dragon Balls ! »

Et une seconde plus tard, il était parti. Aidan se tourna vers Varidal, mais la trouva fixée sur l’écran. Le jeune homme avait ralenti. Il attendait quelque chose.

« Il l’a senti venir. Sa puissance augmente.
- Merde… il est fort. »

Cela n’avait rien à voir avec la puissance écrasante de Resheph, Ithaxus ou même l’Empereur, mais c’était bien au-dessus d’elle. Elle grimpa jusqu’au niveau d’Anik, puis continua.

« Merde ! »

Devant leurs yeux, une flèche rougeoyante traversa brusquement l’écran et emporta le démon avec elle.

« Toujours très subtil.
- Il aura besoin d’aide… souffla Varidal.
- On y va.
- Non, répondit-elle après une seconde de réflexion. On devrait aller surveiller les Dragon Ball. D’ici quelques secondes, on sera dans l’espace. »

Aidan serra les dents. Elle détestait ça. Anik était son camarade de combat, au même titre que Varidal et Palpi. Elle n’aimait pas le laisser seul, mais il fallait admettre quand elle n’avait pas le niveau. Elle opina et se retourna vers les soldats qui géraient l’ouverture.

« Fermez la porte ! »

Elle se préparait à rejoindre Persée et les Dragon Ball, quand elle vit un éclair rose passer à la limite de son champ de vision. Il traversa la pièce en une seconde et sortit juste avant que la porte ne finisse de se refermer.

« Varidal !
Je me fais discrète ! cria sa voix dans son scouteur Protèges les Dragon Balls ! Je m’occupe de protéger Anik ! »

* *
*

Elle s’était ressaisie bien trop tard, alors que l’obscurité l’enveloppait complètement.

Dans l’eau, elle ne voyait pas à deux mètres devant elle, mais le plus effrayant était qu’elle ne ressentait pas d’énergie. Auriel ne cachait pas son énergie : il ne dégageait rien de perceptible. Voilà pourquoi il avait réussit à encaisser l’attaque d’Hatchiyack sans broncher. Il était prêt au combat depuis un moment.
Et voilà qu’elle se retrouvait piégée.

Auriel avait disparu, mais il n’était pas loin, elle le savait. Et impossible de savoir d’où viendrait la prochaine attaque. Dans l’eau, ses sens paraissaient dilués et les déplacements d’eau étaient bien plus lents que les déplacements d’air. Le temps qu’elle les capte, il pouvait très bien être déjà là.
Bra resta pourtant aux aguets. Son esprit concentré sur la puissance de Kalta qui approchait déjà. Elle n’allait pas rester seule bien longtemps.

Sur sa gauche. Quelque chose brilla dans l’obscurité, un simple reflet de son aura de super saïyenne. Un point doré qui n’aurait pas dû être là. Bra pivota aussitôt sur le côté, à l’instant où l’épée fusait vers son ventre. Elle sentit le métal passer à quelques centimètres de sa peau, puis attrapa la garde et la main qui la tenait. Dans le même mouvement que l’esquive, elle plia la jambe et son genou percuta violemment le torse du démon.
Le coup provoqua une onde de choc qui se répercuta dans l’océan tout autour d’eux, formant des vagues successives. Auriel ne bougea pas d’un millimètre. Son regard était posé sur elle. Il paraissait surpris. Agréablement surpris.

Il tira avec la main qui tenait toujours sa lame, non pour préparer un coup mais pour retenir Bra dans cette position. Sa main libre décrivit un arc vers le bas. Le coup l’atteint à la tempe, avec une nouvelle déflagration. Pour la première fois, elle ressentit vraiment la puissance de son adversaire.
L’eau formait des vagues partant de son visage, alors qu’elle retombait au ralenti vers l’arrière, sonnée. Même ainsi, elle ne lâcha pas la main d’Auriel : il avait toujours son épée. En fait, dès qu’elle reprit ses esprits, elle se propulsa en arrière. Le démon planta ses pieds dans le fond marin et creusa la roche sous l’impulsion.

Peu importe. Elle le voyait maintenant et elle l’emporta avec elle dans un corps à corps serré et dangereux. Sous des tonnes et des tonnes d’eau, elle utilisa la lumière de son aura pour se repérer. Lui aurait dû être aveuglé, mais il frappait toujours avec une précision redoutable. Plus d’une fois, elle sentit la lame de son épée passer à quelques millimètres de sa peau. Mais pire que tout, elle voyait par intermittence son visage. Ses yeux turquoise et ses lèvres fermées. Ils ne souriaient pas, ne grimaçait pas. Il était concentré sur le combat.
Il l’analysait. Bra arrêtait et esquivait ses attaques, mais il continuait, inlassablement. Il utilisait l’obscurité pour la contourner, pour la surprendre. La saïyenne était constamment aux aguets, mais elle parvenait à reculer malgré tout. Avec un plan en tête. Car pendant qu’Auriel s’acharnait, Kalta fonçait vers eux.

La lueur de son aura apparut la première. Il filait droit sur le démon. Et ce ne fut qu’au dernier moment que Bra aperçut l’éclat dans les yeux d’Auriel. Un éclat amusé. Il leva sa main libre, à l’instant où le poing de Kalta s’apprêtait à le frapper. Ses doigts se refermèrent le poignet pâle et il imprima une torsion violente au bras impérial.
Le corps entier du nihilien pivota dans l’eau, projetée non plus vers Auriel, mais entre Bra et lui. Là où elle tenait encore sa main. Et son épée se redressait déjà. La saïyenne réagit par pur instinct. Elle se jeta sur son ami et le rattrapa par la taille et se projetant à pleine vitesse vers la surface.

Elle croisa le regard de Kalta alors qu’il reprenait ses esprits. Elle vit son idée germer dans son esprit et acquiesça. Sans s’arrêter, elle se repositionna un peu pour permettre à Kalta de regarder vers l’arrière. Il tendit les mains derrière eux et elle sentit le ki se concentrer. L’Empereur projeta un monstrueux rayon d’énergie vers le fond marin.
Ils jaillirent au milieu de l’océan, juste avant qu’une formidable explosion d’eau et d’énergie ne crève à son tour la surface. Une dizaine de mètres plus haut, ils s’interrompirent. L’eau salée venait tremper leurs vêtements.

« Je ne sens pas son énergie, hoqueta Bra.
- Moi non plus. Les détecteurs ne sentent rien. Je ne pense pas l’avoir tué. »

Son regard scannait le cratère qu’ils avaient creusé et qui se remplissaient déjà d’eau à nouveau.

« Vous commencez à comprendre votre situation, déclara une voix au-dessus d’eux. »

* *
*

Une silhouette sombre était réapparu. La cape d’Auriel flottait paisiblement dans son dos. Il leva l’épée qu’il tenait toujours puis il la rajusta nonchalamment à sa ceinture. Le démon flotta jusqu’à leur niveau, mais il restait à une dizaine de mètre de distance.

« Je constate que vous êtes venus mieux préparés que prévu, mais je crains que ça ne suffise pas. Je ne suis pas facile à tuer, votre Majesté. Voyez-vous : je suis mort depuis bien longtemps. »

Est-ce que c’était pour cela que son énergie n’était pas perceptible ? Celles des cyborgs et autres androïde ne l’était pas non plus, mais il n’avait pourtant pas l’air d’en être un. Qu’est-ce qu’il était, exactement ?

« Vous n’êtes pas le premier à vous opposer à moi, répondit Kalta. Vous ne serez pas le dernier à en mourir.
- Je doute que vous ayez jamais affronté quelqu’un comme moi, jeune yaxchien. »

Il exsudait de lui une confiance absolue, plus grande encore que celle de ses lieutenants et Kalta comprenait seulement maintenant ce qui donnait cette impression. Auriel ne souriait pas, il paraissait à peine se vanter quand il se prétendait invincible : il donnait l’impression d’énoncer des faits. Ce calme impressionnant, même au milieu d’un combat, lui rappelait une seule personne : Le Roi Cold.

Mais ce qui le perturbait encore plus, c’était l’utilisation de ce mot : yaxchien. Personne ne connaissait l’existence de cette planète, à part les nihiliens, qui n’avaient jamais échangé cette information avec qui que ce soit. Comment était-ce possible ?
Loin de l’effrayer, cela créait une excitation chez le jeune nihilien. Il voulait le tuer. Pour Palpi et pour tous les autres, mais il ne pouvait s’empêcher de sentir que ce combat allait être l’un des plus beaux de son existence. Il n’avait pas eu d’adversaire pareil depuis Cell. Il ne savait pas si Bra ressentait la même chose, mais il savait qu’ils pouvaient se lancer, ensemble. En un seul regard échangé, ils surent quoi faire. Dans un même mouvement, ils se jetèrent sur l’ennemi.

La saïyenne passa par la droite, le poing dressé, Kalta par la gauche, la jambe tendue. Auriel réagit au quart de tour. Plutôt que de parer, il bondit vers le ciel. Bra manqua de toucher son allié, mais elle attrapa plutôt la jambe du nihilien et s’en servit comme appui pour basculer dans les airs et se propulser à la suite du démon. Cette fois, Auriel n'eut pas le choix, il attrapa la jambe de Bra au vol. Il tendit son autre main pour projeter un rayon d’énergie. Kalta était déjà devant lui.
Le coup de poing le frappa en plein visage cette fois-ci et il fut repoussé en arrière. Son énergie alla se perdre dans l’océan.

« Ah ! »

Dans un claquement de cape, Auriel était déjà sur lui. Il sentit son poing percuter son ventre. Bra apparut derrière lui, le tranchant de sa main dirigé vers la nuque de leur adversaire. Il encaissa le choc et pivota pour projeter Kalta vers la saïyenne. Bra était déjà remise.
Ils tournoyèrent ainsi autour d’Auriel pendant de longues secondes. Les coups s’enchaînaient et jamais il ne parvenait à percer la défense du démon. Qu’Auriel encaisse ou esquive, il savait toujours comme renvoyer la balle ensuite. En quelques coups, Kalta sut qu’il n’était pas aussi puissant qu’ils le craignaient, mais il était aussi incroyablement doué. Il fallait percer sa défense.

Au détour d’un enchaînement, Kalta pivota pour attraper la saïyenne et l’éloigner d’un coup. Bra saisit la main de son allié et leurs aura explosèrent autour d’eux. Kalta tendit son autre main, leurs énergies se mêlèrent, or et argent formant un rayon blanc pur. Cette lance franchit la distance entre eux et Auriel en un instant.
Elle parut frapper un mur.

Ils écarquillèrent les yeux au même instant. Auriel se tenait debout, l’épée dégainée et levée devant lui comme un bouclier. Il n’avait même pas besoin de forcer de son autre main pour contenir toute la puissance de l’attaque. Son regard était fixé au-delà de la déferlante de lumière blanche. Il les regardait eux.
Puis, dans un mouvement souple, il redirigea l’attaque vers le haut. Elle alla se perdre dans la stratosphère. Ou pas tout à fait.

Une silhouette sombre apparut soudain sur la trajectoire. Une silhouette aux muscles puissants et au visage impassible, d’une couleur rose bien connue.

« Hatchiyack ! cria Bra, en vain. Ecartes-toi ! »

Qu’est-ce que la créature faisait ? La création de Raichi s’était mise volontairement sur la trajectoire, une lueur verte apparaissait au centre de son torse, là où une gemme résidait sur sa cage thoracique. Il comptait encaisser ?

La lueur grandit, encore et encore, jusqu’à éclipser celle de l’attaque énergétique qui filait droit sur lui. Kalta lutta pour garder les yeux fixés sur lui, en même temps que Bra et Auriel. Avec stupeur, ils virent tous l’énergie disparaître. Non pas en explosant contre Hatchiyack, mais en se fondant dans la gemme verdâtre de son torse.
Les muscles de la créature se tendirent brusquement, parcourus de veines tremblantes sous l’afflux de puissance. Un hurlement terrifiant échappa à Hatchiyack et son énergie explosa comme une sphère argentée autour de lui. Une sphère qui prit peu à peu des intonations vertes.

« Oh, souffla Auriel. Comme c’est intéress… »

Hatchiyack était soudain devant lui. Une poigne ferme se refermait sur sa gorge, juste avant que le poing de la créature ne percute le torse du démon. Cette fois, l’onde de choc repoussa les nuages mais aussi l’océan qui venait à peine de refluer, sous leurs pieds.

La planète parut trembler.

Dernière édition par Tierts le Jeu Fév 22, 2024 17:54, édité 1 fois.
Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 04/03/2024
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Lun Fév 19, 2024 16:02

Comme toujours, un très bon chapitre !

Je pense que tu te sous-estimes en ce qui concerne ton aptitude à écrire tes combats. Les descriptions sont réussies et je trouve que tu parviens très bien à transmettre les enjeux, mais aussi la tension, qui enveloppe un affrontement.

"Dans les iris turquoise, elle vit la surprise, puis un reflet vert."

C’est un détail, mais c’est très cool. J’ai moi-même tendance à oublié les reflets et la lumière projetée par des kikohas

Aussi, je trouve que l’idée que le ki d’un mort-vivant ne soit pas perceptible, au même titre que celui d’un Cyborg, est une très bonne idée.
Après tout, le ki symbolise la force vitale, et dans les deux cas, cette dernière est absente.

D'ailleurs, en écrivant, je tilt sur un détail qui n'en est probablement pas un. Hatchiyak est composé des âmes de morts. Auriel est mort. Pourquoi je sens que le roi va finir mort-mort, si ce n'est absorber par la machine de Raïchi ? Une façon comme une autre de le sceller. Déjà que ledit robot a absorbé le kikoha du roi, or je n'ai pas le souvenir qu'il puisse faire ça, ou c'est une liberté de ta part. (ou alors Raïchi a pompé les travaux de Gero, y a plagiat, ça va finir au tribunal c't'histoire :lol: )

Bref, je sens qu'on va avoir le droit à de grosses surprises :mrgreen:

Donc pour changer, et je sais que je me répète, c'était très sympa, plusieurs affrontements se dessinent et même si la situation semble se retourner progressivement contre Auriel, il va sûrement y avoir des blessés, voire des morts, aux alentours du vaisseau (une petite pensée pour Anik, je le sens vraiment pas l'engagement).

Quant au dialogue, ai-je seulement besoin de préciser qu'ils sont toujours bien écrits ?

PS : encore une fois, TFS s'impose à mon esprit pour la musique de fin, mais elle correspond très bien à la situation :)
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Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

One Shot
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Fév 26, 2024 13:03

Bonjour à tous et merci pour ton commentaire très gentil Tonay.

J'ai encore beaucoup à faire pour m'améliorer sur les combats, j'ai de la chance de bénéficier des conseils de ta part mais aussi de Lamantin qui essaie désespérément de sauver les prochains chapitres de l'ennui !

---

Chapitre 43 : Danse macabre


C’était donc cela que d’affronter une bête sauvage ?

Les coups pleuvaient sur son corps depuis qu’ils s’étaient percutés en plein vol. Ils avaient ensuite chuté sur plusieurs kilomètres, avant de toucher terre sur une petite île, creusant un énorme cratère dans une plage. Le reptile qui l’avait attaqué ne s’était pas arrêté là cependant, il avait aussitôt attrapé sa gorge avant de le projeter vers l’intérieur des terres. Puis il s’était jeté à sa suite pour enchaîner les coups.

Les frondaisons de l’île s’effrondraient par la seule force des ondes de choc qui en résultaient. Et elles devenaient de plus en plus intense. Sa tenue était en lambeau, ses chairs exposés par des griffes tranchantes comme des lames de rasoir. Chaque coup un peu trop puissant l’envoyait dans une autre direction, détruisait les plantes sur son passage et pulvérisait les rares roches qu’il rencontrait, mais Anik le rattrapait avant qu’il ne soit arrêté par quoi que ce soit.
Il n’avait pas prononcé le moindre mot depuis le début du combat. Belial pouvait sentir sa concentration. Ce qui ressemblait à un déluge de coups désordonnés était en fait un calcul savant pour l’affaiblir autant que possible dans les premiers instants du combat. Un calcul auquel il manquait une donnée essentielle, bien sûr.

Quel beau combat cela allait être !

Alors qu’Anik le frappait une fois de plus, lacérant son torse et le projetant en arrière, le démon aperçut au passage une des tiges d’algue qui serpentaient sur la plage. Il tendit la main pour l’attraper. Dans un seul mouvement, il se servit de sa vitesse pour tournoyer autour et repartir dans l’autre sens. Il projeta un morceau de liane vers son adversaire, recouvrit ses yeux pour un instant de confusion parfait. Une seconde plus tard, son pied frappait dans la gorge du lézard.

« Stop ! gronda-t-il en atterrissant. »

Le commando d’élite de l’Empire retomba sur le sol, et rebondit sur la roche avant de reprendre le contrôle de sa trajectoire. Il pirouetta en arrière plusieurs fois avant de se figer en voyant que Belial ne le poursuivait pas. Le démon était trop heureux pour précipiter la fin du combat. Et puis, le temps qu’il gagnait en parlant permettait à ses blessures de se refermer lentement.

« Bravo ! gloussait-il en frappant dans ses mains. Très bel enchaînement. Très agressif. C’est ce qu’on m’a promis à ton propos.
- Pas trop déçu de ne pas avoir tes Dragon Ball ? cracha Anik en se massant la gorge.
- J’aurai tout le temps de les récupérer après ta mort et celles de tes maîtres. »

Au loin, ils sentaient tous les deux le combat qui faisait vibrer la planète. La puissance d’Auriel était imperceptible bien sûr, mais celles des trois autres étaient monstrueuses et au summum de leurs forces. Ils devaient tout donner pour affronter le souverain.

« J’ai hâte de voir tout ce que tu as à offrir, continua Belial. On m’a dit que tu avais beaucoup de techniques incroyables dans tes manches… »

Dans les yeux rouges du reptile, il vit un instant de surprise, mais quelque chose d’autre pris le relai. Il semblait fatigué. Non, ennuyé. Son regard n’était d’ailleurs pas concentré sur celui de Belial, mais sur son corps. Ou plutôt, sur les blessures qui commençaient à se soigner.

Belial ne comprit que lorsque le rayon d’énergie jaillit de ses yeux. Il ne le visait pas lui, mais le sol. Des éclats de roche, de terre et de racines furent projetés tout autour d’eux. Un écran de fumée.
Le démon bondit dans les airs, gardant son esprit focalisé sur l’énergie du lézard. Il n’allait pas l’avoir comme ça. Il s’envola bien au-delà des frondaisons et vit enfin une silhouette enveloppée de blanc foncer sur lui, trop lentement. Un sourire mauvais déchira son visage alors qu’il prenait sa propre impulsion et fondit vers le sol.

Au même moment, son corps changea brusquement, gagnant des centaines de kilos de muscles, sa peau se couvrit d’une fourrure épaisse, et des énormes griffes apparurent au bout de ses doigts. Ses muscles explosèrent le peu de vêtements qui lui restaient. Ses nouvelles griffes saisirent la gueule d’un commando surpris. Belial ne s’arrêta pas là et il accéléra encore. Lorsqu’il le plaqua au sol, ce fut avec assez de vitesse pour creuser sur plusieurs mètres, créant une onde de choc qui balaya les quelques végétaux survivants. Ils ne restaient plus grand chose de la forêt luxuriante qui recouvrait plus tôt l’îlot.

« Je te ti…. ! »

Avant qu’il ne puisse terminer sa phrase, le lézard parut exploser. Son énergie jaillit de lui dans une demi-sphère explosive qui les enveloppa tous les deux.
La végétation de l’île acheva d’être détruite, laissant les deux combattants au milieu d’un désert de roche. La fourrure de Belial était carbonisée, mais elle commençait déjà à se reformer, tout comme la chair venait combler les tranchées creusées par les griffes du lézard.

« Impressionnant, cracha-t-il sans lâcher prise. »

Une main métallique attrapa son bras, planta des griffes puissantes dans sa chair et l’étira de toutes ses forces.

« Ahahah ! C’est douloureux mais ce n’est pas ce qui va… ! »

Sa prise était affaiblie malgré tout, juste assez pour qu’Anik puisse ouvrir la bouche. Belial eut le temps de voir la lueur qui apparaissait au fond de sa gorge avant que le rayon d’énergie ne le percute de plein fouet, focalisé sur son crâne cette fois-ci. Il fut brusquement enveloppé de lumière et de flammes. Avec un hurlement de douleur, il recula.
Il avait lâché prise.

« Tu crames comme les autres ! gronda la voix du reptile. »

Ses yeux se rouvrirent à temps pour voir Anik lui foncer dessus. Belial poussa un hurlement et donna un uppercut vers le bas. Ses griffes fauchèrent le reptile au vol et lacérèrent son dos avant de le propulser une fois de plus au sol. Son sang macula l’armure impériale.
La douleur vrillait encore l’esprit du démon. La joie d’affronter un adversaire digne venait de disparaître, face à une créature qui semblait prendre plaisir à le faire souffrir plutôt que de se battre sérieusement. Il ne valait pas mieux que Resheph.

« Fini de jouer maintenant ! »

Belial leva son autre bras, les griffes prêtes à déchirer les écailles et les chairs.

* *
*

La force de chaque coup faisait vibrer l’air autour d’eux, jusqu’à atteindre Kalta. Il pouvait sentir la puissance incroyable contenue dans les poings d’Hatchiyack, car elle se réverbérait dans ses os chaque fois un peu plus longtemps et un peu plus violemment. Le colosse rose était bien plus puissant que son créateur ne l’avait laissé entendre.
Est-ce que c’était ça, la force combinée du peuple saïyen ?

Pire encore : Auriel encaissait tout. Chaque volée de coups. Chaque déchaînement de puissance. C’était un mur de katchin. Oh, il reculait par moment, mais ce n’était pas sous le coup de la douleur ou de la puissance de son adversaire. C’était pour mieux préparer des contre-attaques. Des tentatives qui n’aboutissaient à rien face à la créature. Plusieurs fois, Kalta avait aperçut l’éclat noir de son épée, avant qu’elle ne se heurte aux muscles massifs d’Hatchiyack sans lui faire le moindre dégât.
Le combat n’avançait pas. Bra et lui étaient là pour changer ça, maintenant qu’ils avaient une meilleure idée de ce qu’ils affrontaient. Auriel était résistant, sans doute plus que quiconque ici, mais il ne pouvait pas tout encaisser.

« Hatchiyack, repousse-le ! Cria soudain Kalta. »

La créature réagit au quart de tour. Plutôt que de parer le prochain coup d’Auriel, elle referma la main sur son poing, le bloquant brutalement. Le démon tenta de reculer, mais déjà une lueur verte apparaissait au centre du torse du géant. Hatchiyack poussa un cri guttural et une explosion jaillit de son torse.
Auriel fut repoussé dans les airs, mais pas autant que Kalta l’aurait espéré. Il voltigea sur quelques mètres, avant de se repositionner, sans blessure autre qu’un rictus contrarié. Peu importait.

Bra apparut devant lui, main tendue. Une série de boules d’énergie jaillit de ses doigts. Auriel se jeta vers l’arrière, son épée dansant devant lui pour trancher toutes celles qui s’approchaient de lui. La saïyenne hurlait en poursuivant son déferlement d’énergie qui s’accélérait de seconde en seconde.
Kalta attendait le signal.

Quand l’énergie de Bra varia l’espace d’un instant, il sut que c’était le moment. Une boule d’énergie plus grande que les précédentes se matérialisa dans la paume de la saïyenne mais elle fut découpée de la même façon, les deux demi-sphère passèrent chacune d’un côté d’Auriel pour aller se perdre dans le ciel. Le nihilien apparut derrière lui, profitant de la distraction. Une lame d’énergie était apparue le long de son bras, et il l’abattit sans hésiter sur la nuque du démon.

Il y eut un bruit sourd. Une onde de choc repoussa l’air tout autour d’eux, provoquant des vibrations dans les ors du nihilien. Auriel n’avait pas bronché. Sa peau n’était même pas entaillée.

Le démon se retourna à demi, l’épée toujours dirigée vers Bra. Kalta hoqueta de surprise et recula d’un coup. Il vit une demi-sphère d’énergie à ses côtés, reste de l’attaque précédente de son alliée. Sans hésiter, il l’attrapa et la projeta vers Auriel. L’explosion le frappa à l’épaule et repoussa tous les combattants, créant une déflagration dans le ciel.

« Un peu brouillon, Empereur Kalta. »

La fumée s’ouvrit en deux, comme tranchée par une lame. La silhouette d’Auriel fondait déjà sur lui. Kalta n’eut que le temps de se jeter en arrière, au moment où le tranchant de l’épée manquait de lui ouvrir le torse. Il sentit tout de même une fine déchirure ouvrir sa peau, du sang violet jaillit. Et Auriel n’allait pas s’arrêter là.
Il levait déjà son épée, quand un rayon d’énergie concentrée frappa sa main, la décalant juste assez pour le qu’il rate sa cible. Bra était derrière lui, la paume encore tendue.

« Très bonne réaction, Mademoiselle Brief. Vos réflexes sont impressionnants. »

Il commença à se tourner vers elle. La fumée autour d’eux se dissipa d’un seul coup. Une énorme silhouette rose la traversa dans un hurlement et percuta le démon de plein fouet. Hatchiyack accéléra encore et emporta Auriel avec lui vers l’océan.

« Heureusement qu’il est là, lui… souffla Bra en les voyant s’éloigner. »

Kalta reprit ses esprits et la rejoignit. Il s’attendait à voir les deux autres s’enfoncer dans l’océan, mais Auriel avait déjà arrêté la charge de la créature. Il lança son épée dans les airs et s’engagea dans un corps à corps terrible avec Hatchiyack.

« Raichi a sous-estimé son monstre…
- Et c’est insuffisant, nota Bra. Ce type est indestructible.
- Peut-être pas tant que ça. »

Elle grimaça, moins sûre d’elle que Kalta. Jusque là, ils n’avaient pas réussi à lui faire la moindre blessure, mais lui non plus n’arrivait pas à les blesser sérieusement. Sa puissance n’était pas perceptible, mais elle ne devait pas être si loin que ça de la leur. Le plus effrayant était ce qu’il venait de montrer : il ne subissait pas la moindre égratignure.

« Il encaisse bien, nota Kalta. Trop bien même, il en profite pour placer ses coups. Il faut qu’on arrête les demi-mesures et qu’on frappe une seule fois, mais que ce soit décisif.
- Ce n’est pas ce que tu viens de tenter ?
- Je parle de plus puissant que ça. »

Bra opina aussitôt, elle avait dû sentir la même chose. C’était l’inverse de leur combat contre Cell où ils avaient tenté d’épuiser les capacités de régénération du clone.

« Hatchiyack, toi ou moi ? »

Ils gardaient tous deux les yeux sur le combat. Le fait que l’énergie d’Auriel ne soit pas perceptible était un gros problème pour eux. Kalta avait depuis longtemps pris l’habitude de s’appuyer sur cet instinct pour combattre ses ennemis. Il devait maintenant se reposer uniquement sur ses sens pour comprendre d’où il allait venir. Le démon était doué, en plus. Il ne pouvait blesser Hatchiyack, mais il dansait autour de lui, encaissant quand il le fallait et esquivant le plus souvent. Il paraissait à peine concentré sur Hatchiyack, surveillant plutôt au-dessus de là. Son épée tournoyait toujours dans les airs.
Soudain, il prit appui sur le bras de son adversaire et, d’une pirouette souple, se jeta dans les airs. Kalta le vit tournoyer de plus en plus haut, jusqu’à rejoindre son épée, et il ne comprit qu’à ce moment le danger.

« Attention ! »

Auriel frappa la garde de l’épée avec une précision mortelle, projetant l’arme dans les airs, lame droit vers eux. Bra réagit en même temps que lui et ils s’écartèrent pour la laisser passer entre eux. Auriel fondait déjà sur eux à la suite de sa lame. Ou plutôt, il fondait sur Kalta, une main tendue vers Bra. L’éclat blanc n’apparut qu’une seconde avant le rayon d’énergie.

« Je l’ai ! »

Il s’écrasa contre les paumes ouvertes de la saïyenne, qui fut à peine repoussée par l’attaque. Kalta vit cependant sur son visage qu’elle peinait à contenir l’assaut. Il fila vers elle quand un nouvel éclat lumineux attira son attention. Le nihilien n’eut que le temps de pivoter pour qu’un rayon blanc identique ne s’écrase sur ses bras croisés. Il sentit ses os vibrer au contact, mais garda pied.

Auriel les maîtrisait tous les deux. Et sur le visage de démon, Kalta ne lisait pas le moindre effort. Il était concentré, mais pas inquiété. Ses mouvements étaient rapides, mais méthodiques et précis. L’homme savait se battre, mais c’était encore au-delà de ça. Il vivait ce combat comme un ballet inlassablement répété. Sans le moindre effort. Il leur fallait plus que ça pour le vaincre. Beaucoup plus que ça…

« Hatchi… ! »

Le robot avait déjà réagi, il était sur Auriel. Le démon était prêt. D’un claquement de cape, il envoya le tissu noir vers le visage d’Hatchiyack, perturbant sa course juste assez pour ensuite pivoter et frapper d’un énorme coup de pied en plein torse. Il envoya la créature valser vers sa gauche.

« Quelle puissance brute incroyable. Dommage que tu sois si jeune. »

Auriel considéra un moment ses trois adversaires, avant de filer à la suite d’Hatchiyack.

« Bra !
- Je m’en occupe. »

L’aura de la saïyenne explosa autour d’elle, repoussant enfin le rayon d’énergie. Elle s’éleva dans les airs et poussa Kalta hors de la trajectoire du sien. Le nouveau corps à corps entre Hatchiyack et Auriel était déjà engagé.

« On fonce !
- Non. Vas-y. »

Quelque chose clochait, et Kalta n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Il fit signe à Bra de continuer sans lui. La saïyenne ne garda un air surpris qu’une seconde, avant de filer dans le ciel. Elle tenta de frapper Auriel à la nuque, mais celui-ci pivotait déjà pour esquiver et danser entre ses deux adversaires.
Quelque chose ne lui plaisait pas dans cette façon de combattre. Si seulement Palpi était là. C’était lui qui analysait les techniques des autres combattants pour leur donner une chance. Personne ne pouvait le faire comme lui.

Combattre un ennemi n’est pas simplement le vaincre, Prince Kalta. Pour gagner le plus efficacement possible, essayez de comprendre pourquoi il combat, comment il combat, et vous trouverez ses faiblesses d’autant plus vite.

Quelles étaient ses faiblesses ? Kalta l’observa, alors qu’il esquivait les attaques de Bra autant que celles d’Hatchiyack facilement,. Il encaissait les coups de la création tsuful sans problème et usait de sa cape pour perdre la saïyenne l’espace d’une seconde. Il vit les yeux turquoise fixés sur Bra, analysant son attaque pour mieux l’éviter.
Voilà ce qui clochait. Ses yeux. Kalta n’avait jamais vu un adversaire aussi attentif. Il analysait leurs techniques, leurs enchaînements, leurs danses. Il profitait de sa résistance exceptionnelle pour rester au contact, mais plus important encore : il faisait durer ce corps à corps. Il ne frappait que rarement et plus souvent pour se dégager et gagner du temps que pour blesser.

Et ces yeux turquoise étaient assez attentifs pour qu’il sache exactement quand le faire.

Quand ils virèrent au rouge, Kalta comprit.

« Attention ! »

Il trouva l’énergie de Bra en un instant et se téléporta, l’attrapa au col et la tira vers lui. Juste à temps.

Une aura rougeoyante était apparue sur l’épaule du démon. Elle se propagea dans son bras en une seconde avant de se transmettre à son épée. Le rayon d’énergie qui s’en échappa traversa l’air où s’était trouvé Bra un instant plus tôt. Il ne transperça rien et alla se perdre dans le ciel au-dessus d’eux.
Pour la première fois, Kalta vit une forme de frustration dans les yeux d’Auriel.

« J’ai compris ! Hatchiyack, maintenant. »

La créature de Raichi se mit à hurler. La puissance de son cri faillit percer les tympans de Kalta. Il se téléporta une fois de plus, emportant Bra avec lui pour arriver derrière Hatchiyack. Auriel avait détourné la tête, tentant de se protéger les oreilles. Il n’était pas prêt quand la décharge d’énergie explosa depuis le torse rose, et l’enveloppa tout entier.
Ce n’était pas assez pour le tuer, mais un peu de répit était tout ce dont Kalta avait besoin pour parler à Bra.

« J’ai compris. Il n’a pas la force pour nous affronter à la régulière. Il va tenter de nous tuer d’un coup s’il y arrive, mais sinon il va jouer la montre. Il gagne du temps. »

Dans les yeux de la saïyenne, il vit la même question qui le hantait depuis qu’il avait compris la stratégie du démon : Pourquoi ?

* *
*

La magie Madoshi était une discipline complexe, qui reposait sur des formules anciennes, partiellement oubliées pour certaines, et incompréhensibles pour le commun des mortels. Ithaxus lui-même luttait pour suivre les incantations des trois sorcières. C’était d’ailleurs une source de frustration assez incroyable car il avait rarement eu l’occasion d’étudier d’aussi près cette discipline.
Il avait tenté de prendre quelques notes au début, en transcrivant les runes utilisées sur sa peau du bout de l’ongle, mais il avait d’autres obligations au même moment. Des obligations qui ne faisaient que se complexifier.

A l’autre bout de la planète Passaros, la nuit était tombée sur le désert et le froid saisissait progressivement tous ceux qui s’y trouvaient. Les sorcières n’y faisaient pas attention, pas plus que lui, mais Garlic - à quelques kilomètres de là - devait commencer à le ressentir. Et Ithaxus le savait bien, car il se concentrait depuis un moment pour ressentir l’énergie de l’avorton. Faible mais perceptible si on s’y appliquait.

C’était important pour le plan que son ancre ne soit pas quelqu’un de trop puissant. Auriel avait sans doute vu juste en sélectionnant Garlic pour cette mission, mais il fallait espérer que ce lâche ne fasse pas tout capoter.

« Vous y arrivez, Seigneur Ithaxus ? demanda soudain Clotho, en interrompant ses propres chants. »

Sorti de ses pensées, Ithaxus laissa échapper un grognement.

« Concentrez-vous sur votre travail, sorcières. Ne vous souciez pas de moi. »

Son rôle était crucial, mais cela signifiait aussi qu’il devait gérer beaucoup de choses en même temps. Il fallait qu’il garde en tête la position et la puissance de Garlic, qu’il suive avec attention le combat qui se déroulait de l’autre côté de la planète, et qu’il se prépare à avoir l’information essentielle.
Auriel n’était pas perceptible, bien sûr, mais Kalta et Bra étaient bien là, la saïyenne était apparemment en pleine forme, et ils avaient amené d’autre puissances. Anik, et une inconnue d’un niveau bien supérieur qui dégageait une aura très étrange, à la fois multiple et fausse. Même Auriel risquait d’avoir du mal à affronter les trois d’un coup.

Heureusement que ce n’était pas le but.

« Nous savons exactement où sont les Dragon Balls, Ithaxus. Leur énergie est proche, très reconnaissable.
- Ce n’est pas le problème, j’ai besoin de savoir qui est avec elle.
- Vous ne pouvez pas vous concentrer sur leur position ? Elles sont dans un vaisseau, il doit y avoir tout un équipage sur lequel se concentrer.
- Je dois faire le plus vite possible, je n’ai pas le temps de fouiller tout un vaisseau. Dites-moi qui est là ! Vous n’êtes pas douées pour espionner les gens, à la fin ?! »

Il avait perdu son sang-froid, mais cela parut suffire à convaincre Clotho. Elle se retourna vers ses deux soeurs pour reprendre leurs incantations.

Ithaxus ferma les yeux et amena la main de son nouveau bras jusqu’à son visage, posant deux doigts sur son front. C’était supposé l’aider à se concentrer.

* *
*

L’île n’était plus qu’un champ de ruine. C’était d’autant plus facile d’y repérer son adversaire. Et quel adversaire !

Belial avait demandé à venir pour aider son Roi, s’attendant à ne servir que de diversion pour qu’Auriel parvienne à ses fins. Il n’avait pas pensé trouver un adversaire à sa hauteur, connaissant le faible niveau des forces de Kalta. Il s’était trompé et il ne pouvait pas en être plus heureux. Depuis le début du combat, malgré sa faiblesse relative, il redoublait de rage et d’inventivité pour tenter de le battre.
En fait, si son corps n’avait pas été si doué pour faire disparaître les blessures, Belial serait sans doute en train de perdre tout son sang par des dizaines de blessures ouvertes.

Quel magnifique combat.

Le démon était campé sur sa position, surveillant le champ de ruine attentivement. Ses énormes griffes prêtent à cueillir l’idiot qui voudrait lui foncer dessus. Une fois transformé, il était deux fois plus grand que le lézard et n’aurait aucun mal à l’écraser de sa force. C’étaient ses techniques qui l’intéressaient.
Un bruit derrière lui.
Belial bondit, le sol explosant sous ses pieds. Anik réapparut, jaillissant d’une faille dans le sol, ses bras étaient recouverts d’une énergie rouge et dont Belial avait appris à redouter le tranchant. Il frappa directement vers la tête.

« Trop lent ! hurla-t-il d’une voix devenue incroyablement rauque. »

Le démon plongea la tête vers l’avant, passa sous la lame, et percuta Anik en plein ventre. Le commando impérial alla s’écraser au sol, creusant une large tranchée sous la puissance du coup.

« Quelle belle technique ! »

Mais si c’était tout ce que le lézard avait à proposer, ils arrivaient au bout de son utilité. Belial se jeta en avant.

Il était bien bien plus puissant que lui, tout ce qu’il avait à faire, c’était attraper sa gueule et lui briser le cou. Une fois pour toutes. Au moment où ses énormes griffes se tendaient vers Anik, Belial vit ses crocs étinceler de la même énergie pourpre.
Il l’attendait.

Le lézard fondit toutes dents et griffes dehors, dans une tentative désespéré de le découper. Belial ralentit à temps pour se jeter en arrière, avec un grondement. Anik était plus agressif encore que prévu. Et c’est au moment où il pensait cela que la douleur le prit. Les crocs bardés d’énergie s’étaient enfoncés dans son épaule et ils avaient déchirés la chair avec une facilité déconcertante.
Anik referma la gueule et Belial ne put que regarder alors que son bras retombait au sol. Un hurlement de douleur échappa au démon. Il se tordit en arrière, prit une seconde pour sentir la douleur vibrer dans tout son corps. Et puis, un sourire monstrueux déchira ses lèvres. Comme un élastique trop tendu, il revint brusquement vers Anik et asséna son bras intact dans le dos du commando, l’écrasant au sol d’un seul coup.

« Très beau coup ! gronda-t-il d’une voix rauque. Mais soyons juste, tu veux bien ? »

Régénération ou pas, la douleur continuait de pulser depuis son épaule. Sa vision était un tunnel rouge concentré sur la pathétique créature à ses pieds. Il était venu pour un beau combat et il n’avait trouvé qu’une bête enragée. Une bête qui avait finit par lui prendre un bras.
D’une patte, il pressa sur le corps du reptile pour le maintenir au sol. Il attrapa le bras métallique et, pendant que la chair jaillissait de son moignon d’épaule pour reconstituer lentement son bras, Belial arracha celui de son adversaire. Le métal se tordit sous ses énormes griffes, mais c’est le bruit des morceaux de chair arrachés dans le mouvement brutal qui provoqua un rire chez le démon.

Anik ne fit pas le moindre son, mais Belial avait vu le soubresaut provoqué par la douleur. Justice. Et il n’avait pas terminé.

Le démon leva bien haut le bras qu’il venait d’arracher. Il l’asséna avec une violence inouïe sur le corps au sol. Le sol se brisa sous le choc. Il enfonça Anik de plusieurs centimètres dans la roche. Des fissures apparaissaient tout autour d’eux. Ce n’était toujours pas assez.
La douleur de son bras manquant continuait de vibrer contre ses tempes. Même la régénération était douloureuse, quand les chairs se reformaient à l’air libre. Le froid pénétrait ses os et ses muscles.

« Tu voulais en finir vite ?! Tu es servi ! »

Un ricanement violent échappa à sa gorge, alors qu’il frappait une fois de plus, déviant la mâchoire du reptile et creusant le sol.

A chaque pulsation de douleur, sa vision se rétrécissait et le commando s’enfonçait dans la roche, le visage défoncé. Encore. Et encore.


Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre par semaine jusqu'à Mai 2024 - Prochain chapitre le 04/03/2024
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