D'humains à cyborgs (l'histoire de C-18 et C-17)

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Messagepar San999 le Mar Oct 30, 2007 16:42

Et bien, voici donc l'ultime chapitre de cette histoire.



Le chapitre 13 sera remis en place quand j'aurais fini de publier la nouvelle version. Voici le lien vers le premier chapitre de la nouvelle version.



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Voilà, nous sommes arrivés à la fin de cette histoire. J'espère vous avoir fait passer de bons moments avec cette fanfiction. Je remercie tous mes lecteurs de m'avoir suivi jusqu'ici. Je vous remercie pour tous vos commentaires qui m'ont parfois fait avancer ou touché et qui m'ont motivé pour continuer à écrire. (Particulièrement, vous, RMR... Quasi mon seul commentateur...) Je vous dis à bientôt peut-être, pour une autre histoire.
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Messagepar RMR le Mar Oct 30, 2007 19:51

Fantastique!

Trois parties dans ce chapitre: D'abord, l'avant-manga. Dans le même style que tous les précédents chapitre, trés agréable! Puis le suivi de l'éveil des cyborgs, avec les pensées de C-17, C-18 et Géro. Une explication détaillée des faits et gestes de ces 3 là rondement menée. J'ai adoré. Puis le devenir des cyborgs. Sympa pour C-18, on en apprend un peu sur le fait qu'elle ai été enceinte, sur son rapport à Krilin. Excellent pour C-17. Encore une explication, trés juste, de ce qu'a du faire le cyborg. Et le tout trés bien écrit.

Génial! J'espère que vous écrirez une autre fic non parodique, bientôt (pour l'instant, "En attendant Goku" remplie parfaitement son rôle de fic parodique).

P.S.: Bien vu, pour la mort des parents des cyborgs dans la souffrance. Je n'y avais absolument pas pensé. Et puis cette impression de gachi sur une bonne part de leur enfance et de leur adolescence donne une dimension dramatique trés réussie pour la fic.

P.P.S.: Une fois, vous avez dit qu'il y avais une autre référence à dragon ball dans un chapitre que les red sharks. J'ai eu beau me creuser la tête, je n'ai rien trouvé d'autre que "Gérinovitch", le philosophe étudié par Gohan comme par C-17 et Mâron et Hazel, mais ça me parait un peu gros (on le trouve dans le manga), alors, c'était quoi?
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Messagepar thalès2528 le Mar Oct 30, 2007 20:53

exellent
Dois-je me remettre a grapher ??
Telle est la question ....

Areter counter strike ?
ça il n'en est pas question :)


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Messagepar San999 le Mar Oct 30, 2007 22:08

Nyaaah! Merci beaucoup! Je suis content d'avoir réussi cette fin, car je l'avais en tête depuis quasiment le début de ma fic (je prévois beaucoup). Seul le passage avec C-17 a finalement été plus détaillé. Et je suis content qu'il ait plu.

Je prépare en ce moment même une fic autour de Kuririn, plus précisément sa vie au temple Ôrin. Au départ, cela devait être un one shot, mais j'ai de plus en plus l'impression que je vais finalement le diviser en chapitres... On verra... De toute façon, avec ma flemmingite aigüe de ces dernières semaines, cette fic ne sera pas pour tout de suite...

Oui, c'était bien Gerinovitch. En fait, je ne faisais pas nécessairement référence à l'anime. En effet, les Red Sharks, bien que non nommés dans le manga, y apparaissent. Vous souvenez-vous des deux accros de vitesse que Great Saiyaman arrête? Et pour lesquels il invente son nom sur le coup? Et bien ce sont des Red Sharks. C'est le dico qui nous l'apprend. Comme quoi, Mâron et Hazel n'ont pas réussi à tous les éliminer, mais ceux-ci ont tellement été traumatisés par leur attaque qu'ils sont allés ailleurs...

Merci aussi à thalès2528 qui est arrivé pour ces deux derniers chapitres. :wink:
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Messagepar Salagir le Lun Nov 19, 2007 2:51

Ca y est ! J'ai tout lu d'un coup !

Et bien c'est vraiment très bien. Le début ne m'emballait pas beaucoup, et j'ai eu peur que ce soit mauvais quand ils sont entré dans un gang, mais en fait, tout est bien. Il suffisait de se jeter dans la lecture.

J'aime la scène où Gero teste C16. On dirai un cross-over avec ma fanfic, car C16 réagit presque à l'identique :)

Vraiment très bien, et du coup, je te dédie un second fan-art. Inspiré par tes très détaillés descriptions de leurs habillements, j'ai dessiné les jumeaux tels qu'ils apparaissent dans la salle d'arcade ;)

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Messagepar San999 le Lun Nov 19, 2007 9:45

Nyaaaah! J'adore ce dessin! (Je sens que je vais me faire un nouvel avatar. :D [edit]Voilà! C'est fait![/edit])

Pour le gang, c'était presque un passage obligé, puisque les informations officielles disent qu'ils étaient délinquants avant d'être cybernétisés. Après, ils pouvaient être délinquants sans entrer dans un gang. Mais disons que comme je voulais qu'ils aient un gros sentiment de trahison, le gang me semblait adéquat pour enfoncer le clou, même si je n'imaginais pas au début en faire forcément les chefs.

Pour C-16, je m'en suis peut-être inspiré inconsciemment. Après l'avoir écrit je m'en suis rendu compte... -_-' J'ai alors un peu hésité à garder cette scène, mais finalement, je me suis dit que tu ne m'en voudrais pas. Ouf! J'ai eu raison apparemment. :) Surtout que cela colle vraiment au personnage, cette attitude.

N'empêche en regardant ton fanart, je me rends compte quand sans même le faire exprès, j'ai décrit Mâron de façon très ressemblante à Blue Mary, le personnage du jeu de baston de SNK: "Fatal Fury".

:shock:
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Messagepar Gemini30 le Dim Mars 30, 2008 22:18

J'avais déjà lu cette fanfic sur Fanfic.fr, et je l'ai trouvé superbe. Elle parles de mes personages favories, et on voi bien leur évolution à travers ton histoire. J'ai plus aimé Marron que Hazel dans cette Fic, je l'ai trouver plus attachante, et surtout. Gero, Grrrrr ce sale type, comme ils les a fais souffrir, j'ai faillit casser mon écran dans un accés de rage. ( Je déteste ce type :twisted: )

En tout cas Félicitation San :D !
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Messagepar San999 le Dim Mars 30, 2008 22:33

Merci, Petiote! :D
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Messagepar TRUNCKS le Lun Mars 31, 2008 20:07

Dire que je suis passé à coté ^^, heureusement que je viens régulièrement, je n'ai pas encore fini mais le style est vraiment excellent et l'histoire très intèressante.

Vraiment un grand bravo à toi
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Messagepar San999 le Lun Mars 31, 2008 20:11

Merci!! :D
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Re: D'humains à cyborgs (l'histoire de C-18 et C-17)

Messagepar San999 le Ven Août 26, 2011 23:30

Bon! J'ai décidé d'actualiser cette vieille fanfic. Surtout parce qu'il y avait plein de signes bizarres dedans, depuis la migration du forum, il y a quelques années. Donc, j'en ai aussi profité pour l'actualiser, en améliorant les descriptions et en modifiant certains noms. Donc, ceux qui l'ont déjà lue, c'est pas indispensable de la relire une deuxième fois, car il n'y a aucun changement majeur. Quoi qu'il en soit, pour faciliter la lecture à ceux qui ne l'avait pas encore lue, j'ai décidé d'effacer les anciens chapitres et de publier dans des nouveaux posts, les versions remaniées de chaque chapitre une à une, tous les trois ou cinq jours, je verrais. Je remettrais les anciens chapitres à leur place, dans des balises spoilers, quand j'aurais fini de publier la nouvelle version. J'espère que vous apprécierez.



Synopsis:
Je suis un fan inconditionnel de C-18 et j'aime aussi beaucoup son frère, C-17. Je me suis donc toujours demandé quelle était leur vie avant leur cybernétisation (et aussi quels étaient leurs noms) et comment celle-ci s'était passée. J'ai donc décidé de raconter leur histoire. Hmm... Que dire d'autre...? En fait, c'est une histoire assez triste. Elle s'éloigne donc de l'ambiance habituelle de Dragonball. À vous de voir si vous aimez ou pas...

Voici donc l'histoire de C-17 et C-18, alias Hazel et Mâron (oui, j'ai décidé de lui donner le nom de sa fille, mais j'ai mes raisons). Bien commençons par le premier chapitre:





Chapitre 1: Démon




Les deux enfants fuyaient. Ils fuyaient leur maison, l’endroit où leurs parents venaient d’être froidement assassinés par un monstre aux allures démoniaques. Leur père avait pourtant été sacré champion du monde des arts martiaux pour la deuxième fois huit ans auparavant. Mais il n’avait strictement rien pu faire.

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Comme il en avait coutume quand la météo le permettait, leur père les entraînait dans le jardin, une grande pelouse entourée d'arbres fruitiers et de fleurs diverses, ponctué ça et là de petits espaces couverts de pierres blanches et lisses. Dans sa robe à fleurs légère, leur mère les observait, souriante, replaçant derrière son oreille, une des mèches de sa longue chevelure ébène retenue partiellement en chignon. Elle appréciait ces moments, les moments où son mari transmettait sa passion des arts martiaux à ses enfants. Il espérait les inscrire au championnat du monde quand ils seraient en âge. Ils étaient déjà plutôt doués. Il leur enseignait le kurumisenryu, sa propre école de combat, dans cette campagne montagnarde où s'isolait leur petite maison ronde avec en annexe, un dôjô dont la structure était en bois, mais les murs en une espèce de tissu blanc.

Ses longs cheveux blonds attachés en une simple queue de cheval, dans un gi au haut blanc et au bas rouge, retenu par une ceinture noire, il montrait des mouvements de son art à ses enfants. La jeune femme riait légèrement en observant sa fille imiter son père. Elle avait l'impression de regarder une version miniature et féminine de son mari, la petite allant jusqu'à imiter sa coiffure. Le frère de celle-ci avait en revanche hérité de la chevelure sombre de sa mère, bien que coupée courte. Son regard, cependant était le même que celui de son père et de sa soeur, un regard en amande reflétant la couleur du ciel de cette magnifique journée.

C’est à ce moment qu’il apparut. Il arriva du ciel. Toute la famille était éberluée devant cet étrange visiteur. Il avait une peau écailleuse et verte, flanqué sur le dos de grandes ailes de chauve-souris, une crête sur la tête, les oreilles pointues, torse nu et un regard cruel.

Le père se reprit vite et interpella l'individu d’une voix ferme : « Qui êtes-vous ? Et que faites-vous chez moi ? Partez immédiatement si vous ne voulez pas d’ennuis ! » La seule réponse du nouveau venu fut : « Je suis venu te tuer. » L’homme à qui la menace était adressée passa d’un air surpris à un air narquois : « Keuf ! Tu ignores à qui tu as à faire ! »

Cependant l’autre se contenta de sourire cruellement. Il apparut soudainement derrière sa proie, celle-ci eut juste le temps d'éviter un coup qui visait sa nuque. Le combattant s’éloigna alors de son adversaire.
« Oh ! Tu te débrouilles pas mal ! » ricana la créature.
« C’est plutôt moi qui t’ai sous-estimé, on dirait… Puis-je savoir pourquoi tu veux me tuer ?
- Niiih ! Disons que je suis chargé de tuer tous les experts en arts martiaux.
- Comment ? »

Mais déjà l’assaillant se précipita sur l’homme, ce dernier esquiva encore de justesse l’attaque que son adversaire s’apprêtait à lui asséner. Il riposta en tentant un coup de pied, mais le monstre le saisit à la jambe et lui frappa la colonne vertébrale, le mettant ainsi à terre. L’ex-champion cracha du sang et gémit en se tenant le dos. Sa famille poussa un hurlement horrifié. Les deux enfants se lancèrent alors furieusement sur le démon : « Papa ! Salaud ! ! » Mais celui-ci les repoussa d’un revers de la main : « Dégagez les mioches ! » Leur père, hors de lui, se releva et parvint à infliger un coup à son ennemi qui se retrouva projeté au sol : « Ne touche pas à mes enfants ! !
- Sale insecte ! Comment un être inférieur comme toi peut-il oser lever la main sur moi ? ! Crève ! »

Il ouvrit alors la bouche et une sorte de rayon lumineux en sortit, transperçant de part en part le fondateur du kurumisenryu. Ce dernier s’écroula à terre, une marre de sang sous son corps. Il était mort. Les deux enfants étaient paralysés, encore étendus sur le sol. Incapables de faire autre chose que de fixer le cadavre de leur père gisant juste devant eux. Le rayon était passé à quelques centimètres au-dessus d’eux. L’assassin les regarda avec un rictus sadique : « Alors les têtards, on ne fait plus les malins ? »

Ils étaient totalement désemparés et ne purent que répondre par des bégaiements inaudibles. Le meurtrier se détourna alors des enfants, sortit un tas de papiers de son pantalon, en déposa un sur le corps de leur père, en déchira un autre, puis regardant le tas, marmonna : « Hmm… Voyons… Le sixième sera… Giran ! » Il s’envola et disparut.

Les deux enfants restèrent encore un long moment à terre, tétanisés, incrédules de ce qui venait de se passer. Non, leur père ne pouvait pas s’être fait tuer ! Ils étaient tellement choqués qu’ils ne réalisèrent pas tout de suite qu’il était anormal qu’ils n’entendissent plus leur mère. Ce fut la fillette qui revint à la réalité en premier, elle regarda par-dessus son épaule et vit sa mère gisant sur le gazon du jardin. Du sang coulait aussi autour de celle-ci. Le rayon qui les avait seulement frôlés n’avait en revanche pas manqué leur mère. Cependant, la petite fille se trouvait dans un tel état mental qu’elle resta apathique. Elle se leva, attirant l'attention de son jumeau qui sortit ainsi de son engourdissement. Elle avait la tête tournée en direction de sa mère, ce qui attira aussi le regard du petit garçon. D’abord stupéfait, il se mit soudain à hurler. Il recula alors, toujours à terre, il se heurta au corps de son père. À ce moment, il éclata tout à fait en sanglot, se leva et courut hors de la propriété. La fillette encore dans un état second, réalisa tout à coup que son frère quittait la maison et qu’elle allait se retrouver seule. Elle se mit donc à le poursuivre, pas seulement parce que son frère était le dernier proche qui lui restait, mais aussi car elle voulait fuir cet endroit, fuir le bouillonnement de panique qui commençait à chasser sa torpeur.

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Ils couraient donc depuis un moment, à travers des champs fleuris, sous un ciel toujours aussi bleu et sans nuages. Mais pour aller où ? Leur maison était isolée et la prochaine habitation était à des kilomètres. Ils résidaient dans une montagne peu peuplée. Finalement fatigués, ils s’arrêtèrent lorsqu'ils atteignirent l'une des nombreuses forêts de bambous qui entouraient leur domicile. Le garçon pleurait toutes les larmes de son corps. La petite fille était complètement dans le vague.

Ces enfants arrivaient à leur dixième année. Ce n’étaient évidemment pas de vrais jumeaux, mais ils se ressemblaient énormément physiquement. Ils avaient tous les deux les traits fins et des yeux perçants d’un bleu cristallin. Seuls leurs cheveux se distinguaient, alors que ceux du jeune garçon étaient aussi noirs que de l’ébène et coupés ras, ceux de la jeune fille brillaient d’un blond doré, attachés en queue de cheval. En revanche, ils différaient beaucoup de caractère. Lui était plutôt extraverti et bavard, alors qu'elle était plus calme et difficile à cerner. Cependant ils étaient tous deux mûrs pour leur âge, mais leur maturité ne les avait bien entendu pas préparés à affronter une telle épreuve.

Il y eut un long moment de silence, pendant lequel les deux enfants soufflaient. Aucun des deux ne regardait l’autre. Le garçon cessa de sangloter, mais il avait encore les larmes aux yeux, tandis que la fille gardait son air absent.
« Mâ… Mâron, dis-moi que ça ne s’est pas passé ?
- Si, nos parents ont bien été assassinés sous nos yeux, Hazel. » Celui-ci fut horrifié par la froideur de la voix de sa sœur.
« Mais… Mais c’est impossible ! Notre père a été deux fois champion du monde !
- Et pourtant, c’est arrivé… »
Pendant un instant Hazel oublia ses parents. Mâron l’inquiétait. Complètement hagarde, elle donnait l’impression de ne rien ressentir. Elle avait le regard complètement vide. Et malgré que ce soit elle qui tenait le discours le plus sensé, elle semblait complètement déconnectée de la réalité.
« Mâron, tu…
- Retournons là-bas… »
Le garçon se figea : « Tu… Tu veux retourner là-bas… ?
- Et que veux-tu faire d’autre ? Aller voir la police ? Tu crois qu’ils croiront des enfants qui leur diront qu’un démon venu du ciel a assassiné leurs parents avec un rayon lumineux sortant de sa bouche ? De toute façon le prochain lieu habité est à des kilomètres. »

Il fut pétrifié par les paroles de sa sœur. Mais elle avait déjà commencé à marcher en direction de leur maison. Hazel n’eut d’autre choix que de la suivre. Durant tout le trajet ils n’échangèrent pas un mot. Mâron ne lança pas même un coup d'oeil à son frère. Ce silence et cette inexpressivité ne semblaient pas naturels et cela inquiétait grandement le garçonnet. Elle ressemblait énormément à leur père, tout comme celui-ci, il avait toujours été difficile de deviner ses pensées et elle n’avait jamais été très expansive. Mais à ce point là et dans de telles circonstances ! Chaque fois qu’il plongeait ses yeux dans son regard, il n’y voyait que du vide, un vide effrayant. Malgré son désir de sortir sa sœur de ce néant, il n’osait lui parler. Il était terrifié à l’idée d’entendre à nouveau la voix glaciale et sans émotions de Mâron.

Hazel avait cependant retrouvé un calme relatif, tout du moins ne sanglotait-il plus depuis un moment. Mais à mesure qu’ils s’approchaient de là-bas, une foule d’émotions l’envahissait et son esprit s’embrouillait. Il pensait aux cadavres de ses parents baignant dans leurs sangs. Il ne parvenait pas à se débarrasser de ces images auxquelles se juxtaposaient d’autres souvenirs, ceux de la journée avant son arrivée. Le réveil, le petit déjeuner, le sourire de sa mère, l’air inébranlable de son père, une émission télé, l’entraînement avec son père, la pause pour le déjeuner, la reprise de l’entraînement, l’arrivée de l’inconnu, l’assassinat de ses parents, la fuite, le regard vide de Mâron ; tout se mélangeait dans son esprit. Plus ça allait, plus cela lui semblait irréel. Tous ces événements ne pouvaient avoir eu lieu dans la même journée ! Il se sentait aspiré par le néant dans lequel se trouvait déjà sa sœur.

Ils finirent par arriver. Mâron entra la première, son frère paraissait comme paralysé. Étrange, elle avait voulu échapper à ce lieu, et pourtant elle avait finalement décidé de revenir d’elle-même. Plus elle avait mis de distance entre elle et sa maison, plus elle avait senti sa panique muette se transformer en un néant indéfinissable. Une fois que son frère, le dernier être, non, la dernière chose à qui elle pouvait se raccrocher au moment de leur fuite, s’était arrêté, elle se rendit compte que s'éloigner de ses parents en le suivant ne faisait qu’amplifier cette sensation de vide. Même si ça devait la déchirer, la seule chose qu’elle pouvait faire pour ne pas sombrer dans ce noir absolu, était de retourner là d’où elle venait et d’affronter cette réalité.

Elle entra donc dans le jardin. Elle observa les corps de ses parents. Elle regarda les expressions figées sur leurs visages. Leurs deux parents avaient des yeux aussi cristallins qu'eux, mais ceux de leur mère étaient moins perçants et tirant plus vers le vert. Ils avaient hérités de ses traits fins, mais pas de son teint légèrement bronzé. Leur père avait un physique à l'opposé, imposant, mais leur avait transmis son teint pâle et son regard. Mâron sentit quelque chose de chaud sur son visage et ses yeux s’embuèrent. Elle toucha une de ses joues, des larmes. Enfin elle pleurait. Elle sentit ce vide éclater et laisser place à une douleur vive. Elle s’écroula sur ses genoux et se mit à verser un flot de larmes silencieusement. Soudain, elle sentit une main sur son épaule. Son frère. Il n’y avait plus cette terreur dans ses yeux, juste une infinie tristesse. Étrangement, sans qu’elle puisse se l’expliquer, elle crut y apercevoir aussi une sorte de soulagement. Il s'assit alors derrière elle, pendant qu'elle pleurait sans un bruit. Ils restèrent ainsi un long moment. Puis Mâron, toujours les larmes aux yeux, se leva et dit :  « Nous devons les enterrer et leur faire une sépulture digne de ce nom. Nous leur devons bien ça. » Hazel ne répondit d'abord rien, mais finit par acquiescer silencieusement.

Mâron essuya ses larmes, se leva, se dirigea vers la cabane du jardin, y pénétra et en ressortit avec deux pelles. Le frère et la sœur se regardèrent mutuellement, ils ne dirent pas un mot, mais chacun comprit. Ils décidèrent que sous le peuplier du jardin était le meilleur endroit pour les sépultures de leurs parents. Silencieusement, les deux enfants se mirent à creuser. Aucun des deux ne sembla s'apercevoir de l'affreuse étrangeté de la situation. Ils creusaient des tombes pour leurs propres parents dans un coin de leur jardin. Ils ne pouvaient procéder à tout ce qu'une cérémonie mortuaire aurait exigé. De plus, qu'allaient-ils faire ensuite ? Continuer à vivre dans cette maison, avec leurs parents enterrés dans le jardin ? Partir ? Mais où ? Et qu'adviendrait-il ensuite de la maison et de leurs parents ? Mais ce dernier hommage aux personnes qui les avaient élevés, était probablement la seule chose qu'ils pouvaient faire, même si la situation était sordide. Malgré leur jeune âge, la force développée durant l'entraînement qu'ils suivaient avec leur père leur permit de creuser les tombes sans trop de peine.

Une fois leurs deux parents mis en terre, les enfants tentèrent tant bien que mal de faire une cérémonie conforme à ce qu'ils avaient vu lors de la mort de leur grand-mère deux ans plus tôt. Ils gravèrent les noms de leurs parents sur des stèles improvisées avec des morceaux du plancher du dôjô, ils les enfoncèrent dans le sol au-dessus du tumulus. Nato. Dona. Des inscriptions modestes. Puis ils plantèrent deux bâtons d'encens dans un bol rempli de sable pour chacun des deux défunts. Ils se recueillirent un long moment, mais sans faire de prières. Les deux enfants n'échangèrent pas un mot durant tout ce temps. Après cela, ils cessèrent même tout contact visuel, chacun d'eux restant prostré dans un coin de la maison tout le reste de la journée. Ils auraient été insondables pour toute personne qui serait venue. Ils finirent par s'endormir chacun dans son coin.

Deux jours s'écoulèrent sous un temps frais, mais agréable, seuls quelques gros nuages blancs traversaient parfois le ciel bleu, une petite brise soufflait par moment. Le frère et la sœur restèrent dans cette maison, silencieux, se lançant uniquement des regards de temps à autre. Le silence aurait été pesant pour n'importe qui. Eux ne ressentaient pas le besoin de se parler, mais la présence de l'autre les rassurait. Ils erraient dans la maison, vacant à des occupations sans importance. Parfois, l'un des deux se figeait à un endroit de la demeure et restait les yeux perdus dans le vague, se remémorant un quelconque souvenir, mais aucun d'eux ne versa plus une larme. Ils portaient toujours les mêmes kimono.

Au bout de ces deux jours le ciel s'assombrit soudainement et inexplicablement. Il était parfaitement noir. Pourtant il faisait plein jour et il n'y avait que quelques nuages dans le ciel. Par ailleurs, même s'il avait fait nuit, de telles ténèbres seraient restées incompréhensibles. Pour la première fois depuis longtemps les deux enfants eurent une expression sur leur visage, la stupeur. Ils se précipitèrent à l'extérieur pour mieux voir ce qui se passait.

Hazel brisa le silence de deux jours : « Qu'est-ce… Qu'est-ce qui se passe ?  »
Mâron resta interdite. Après les terribles événements de deux jours auparavant, les deux enfants n'y voyaient pas un signe de très bonne augure. Ils se demandaient si le démon assassin de leurs parents n'y était pas pour quelque chose. Le meurtre de leur père n'était-il qu'un prélude à une invasion démoniaque ? Soudain le ciel redevint clair comme il était devenu sombre. Les deux jumeaux n'y comprenaient rien. Ils se regardèrent d'un air inquiet. Quand soudain Hazel remarqua que les yeux de sa sœur s'étaient figés au-dessus de son épaule. Il se retourna alors et vit quelque chose qui le mit dans le même état que Mâron. Les tumulus bougeaient comme si quelque chose les poussait depuis le dessous. Tout à coup un bras sortit du sol, puis un autre, et leurs deux parents se dressèrent, hagards.

Ils étaient assis encore à moitié couverts de terre et terriblement sales, mais aucune trace de blessures, si ce n'étaient leurs vêtements encore maculés de sang. Les deux adultes se regardèrent, interloqués. Le père dit alors : « Nous… Nous n'étions pas…
- … Morts ? » la phrase fut terminée par le mari et la femme en même temps.
Puis leurs yeux se portèrent sur leurs deux enfants, encore paralysés et tout tremblants. Ils se fixaient les uns les autres, incrédules, incapables de faire ou de dire quoi que ce soit.
La mère coupa le silence : « Ha… Hazel ? Mâron ? »
Ces derniers se figèrent encore plus. Leurs deux parents se levèrent de leur tombe improvisée, titubants. Mâron balbutia alors : « Ma… Maman ? Papa ? Vous… Vous êtes vivants ? »

Ceux à qui la question s'adressait restèrent un moment bouche bée, ne comprenant pas ce qu'il se passait, eux non plus. Ils ignoraient eux-mêmes s'ils étaient vivants ou s'ils avaient jamais été morts. L'endroit dont ils revenaient avait été si horrible… Ils avaient erré en un espace complètement indéfinissable, seules la souffrance et la terreur pouvaient qualifier ce néant dans lequel ils s'étaient retrouvés. Mais ce lieu cauchemardesque, où ils avaient l'impression d'être restés une éternité, semblait si réel, qu'ils s'en demandaient si ce n'était pas ce monde-ci qui était une illusion. Finalement, encore hésitante, la mère répondit : « Oui… Oui, je crois… »

Des larmes de joie commencèrent à couler le long des joues des deux enfants. Ils se précipitèrent alors sur leurs parents, en criant leur joie. Ils s'agrippèrent alors de toutes leurs forces aux miraculés, éclatant en sanglot. Les deux adultes les prirent dans leurs bras. Mais la joie qu'ils ressentaient à présent ne parvenait pas à effacer totalement le sentiment de terreur oppressante qu'ils avaient ressentie durant les jours où ils étaient morts et avaient affronté les pires calvaires…

Mâron et Hazel se mirent à poser tout un tas de questions à leurs parents sur ce qui s'était passé durant leur mort, mais ils n'obtinrent qu'un silence inquiétant comme réponse à chacune de leurs interrogations. À bout de nerf, le père finit par leur hurler avec une colère dans la voix que les enfants ne lui connaissaient pas : « Ça suffit avec votre interrogatoire ! Je ne veux plus en entendre parler ! Vous avez entendu ? ! Plus jamais nous ne reparlerons de cette histoire ! » Les jumeaux en eurent un mouvement de recul. Ils regardèrent leur mère qui restait étrangement murée dans son silence. Ils se turent alors.

Ils rentrèrent dans la maison, mais au lieu de fêter le miracle qui avait eu lieu, les parents s'enfermèrent dans leur mutisme, et les enfants circonspects en firent alors de même. Ce ne fut qu'au moment ils allaient se coucher que leur mère les arrêta. Les enfants se retournèrent, attendant qu'elle parle ou fasse quelque chose. Elle se tint un moment immobile devant eux, le visage bouleversé. Soudainement, elle s'agenouilla et les prit dans ses bras, elle leur murmura : « Je… Je suis tellement heureuse de vous retrouver… »

Elle se mit alors à pleurer. Ses enfants aussi. Mais pendant que les trois pleuraient silencieusement, le père les regardait sans dire un mot, avec sur le visage une expression que sa fille et son fils auraient été bien en peine de décrypter.

Quelques jours plus tard, ils apprirent que le Démon Piccolo s'était intronisé roi du monde, mais que le même jour un petit garçon inconnu l'avait vaincu et que le démon avait disparu en même temps que Naka no Miyako, qui avait, paraît-il, été complètement rasée. Chacun des membres de la famille fit le rapprochement avec ce qui s'était passé chez eux, sans toutefois en être sûr. Cependant ils n'en parlèrent pas entre eux, ces événements étant en quelque sorte devenus tabou.

Les jours passant, les choses semblaient revenir à la normale. Chacun d'eux faisait ce qu'il avait coutume de faire. Nato poursuivit l'entraînement des enfants. Dona continua leur enseignement, en effet elle avait pris ce rôle d'institutrice car, se trouvant loin de tout, le couple avait jugé préférable de faire leur scolarité à domicile. La famille reprit le cours normal de sa vie. Cependant, les choses avaient insidieusement changé. Tout le monde le sentait, mais on s'efforçait de faire comme si tout allait bien. Quelques semaines plus tard, ils vendirent la maison et déménagèrent dans la grande ville du nord, Kita no Miyako.
Dernière édition par San999 le Mer Août 31, 2011 22:48, édité 2 fois.
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Re: D'humains à cyborgs (l'histoire de C-18 et C-17)

Messagepar Gotenks le Sam Août 27, 2011 0:25

Mais dis donc, c'est bien! J'aime bien le rapprochement avec Piccolo senior et la résurrection de masse. Appelé C-18 Marôn était une très bonne idée je trouve, bravo. Je continuerais de suivre ta fic et pour finir: continue(même si en fait c'est déjà fini).
Lourd est le parpaing de la réalité sur la tartelette aux fraises de nos illusions.
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Re: D'humains à cyborgs (l'histoire de C-18 et C-17)

Messagepar San999 le Sam Août 27, 2011 0:30

Yop! Merci de ton commentaire! Ravi que cela te plaise! ^^

Et oui, je voulais créer une certaine continuité avec Dragon Ball, pas qu'on ait l'impression au début que cela n'a rien à avoir avec DB. Donc, quoi de mieux que de rappeler ce bon vieux Piccolo Daimaô!
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Re: D'humains à cyborgs (l'histoire de C-18 et C-17)

Messagepar Tinky Dan Dan le Mer Août 31, 2011 4:18

C'est excellent ! J'ai lu le chapitre sur mon portable pendant que je m'ennuyait sur le long chemin des vacances , j'ai adoré !
J'étais pas vraiment emballée par un fic sur C17 et C18 , mais c'est plaisant à lire , j'espère que tu va vite remettre le chapitre 2. :D
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Re: D'humains à cyborgs (l'histoire de C-18 et C-17)

Messagepar San999 le Mer Août 31, 2011 19:04

Content que cela te plaise. :D Merci de ton commentaire. ^^

*Regarde la date d'aujourd'hui et la date de publication du premier chapitre.* Hmm... Cela fait cinq jours, donc ouais, je devrais poster le deuxième chapitre ce soir, normalement. ^^

[edit]Bon! Comme promis, nouveau chapitre![/edit]





Chapitre 2: Une journée d'entraînement




Ils avaient donc déménagé à Kita no Miyako qui était à des milliers de kilomètres de leur montagne, dans un appartement plutôt banal, trois chambres et un salon aux murs très blancs, un petit balcon, une cuisine assez spacieuse et une petite salle de bains aux carelages blancs. Nato et Dona avaient prétendu qu'ils voulaient inscrire Mâron et Hazel dans une vraie école, mais les enfants savaient que ce n'était qu'un prétexte et que leurs parents voulaient avant tout partir de cette maison. Ils y étaient restés quelques semaines, après la résurrection miraculeuse du couple. Ils avaient tenté de reprendre une vie normale, mais n'y étaient pas parvenus. La mère était toujours ailleurs, perdue dans ses pensées. Il lui arrivait fréquemment de se réveiller en hurlant et en tremblant, il était alors très difficile de la calmer. Les enfants aussi faisaient des rêves horribles sur la mort de leurs parents. Ils soupçonnaient leur père de faire des cauchemars aussi, mais si c'était le cas, il ne laissait rien transparaître. Par ailleurs cette tendance à contenir ses sentiments qu'il avait toujours eue, se renforça. Il s'était transformé en quelqu'un de très dur et glacial. Il se montrait intransigeant, particulièrement avec ses enfants lors de leur entraînement. Il était devenu obsédé par la force. Il voulait à tout prix devenir plus puissant faire de même avec ses enfants. Alors qu'il avait toujours insisté sur la discipline des arts martiaux et l'épanouissement personnel qu'elle apportait, il ne se concentrait plus que sur les capacités au combat pures. Ses entraînements s'étaient mués en vrai calvaire pour Mâron et Hazel. Dona et Nato espéraient donc qu'en déménageant, ils finiraient par oublier et que tout rentrerait dans l'ordre. Ils avaient tort…

Nato entraînait Mâron et Hazel dans le dôjô qu'il avait loué (en effet, vivant à présent dans un appartement, ils ne pouvaient évidemment plus faire leurs exercices dans un quelconque jardin). C'était un petit dôjô dans un grand immeuble rectangle en briques rouges, mais dont l'intérieur ressemblant à un dôjô classique, avec des tatamis, des murs blancs tapissés du fin tissu blanc et quelques poutres de bois auxquelles étaient accrochées des tablettes avec des inscriptions en kanji. Un jour, durant un de ces entraînements, il alla trop loin. Ils simulaient un combat, comme ils le faisaient souvent depuis qu'ils étaient venus en ville, sauf que ces confrontations n'avaient de simulation que le nom. Le père était extrêmement violent dans ces moments-là, essayant de pousser ses enfants à se battre au maximum. Mâron et Hazel affrontaient Nato, ils devaient lui porter un coup au visage pour satisfaire à l'"exercice", mais il ne leur faisait pas de cadeau et ripostait. Le frère et la sœur travaillaient en équipe et appliquaient une stratégie où l'un devait occuper leur père pendant que l'autre tentait de lui porter un coup. Ils attaquaient l'un après l'autre inlassablement. Le garçon enchaînait rapidement les assauts, mais son père paraît très facilement. Soudain ce dernier vit sa fille apparaître au-dessus de son fils, sautant pour lui donner un coup de pied sur la figure. Il esquiva au dernier moment, après avoir délicatement dévier le poing du premier assaillant de façon à ce qu'il perde l'équilibre, puis il saisit la petite à la cheville et lui donna un crochet du droit sur la mâchoire, la propulsant au sol. Il n'eut pas le temps de reporter son attention sur son fils que déjà celui-ci pointait son poing en direction de son visage, le père lui attrapa le poignet, puis lui donna un coup de genou sur les côtes. Il n'y avait pas mis toute sa force, mais le choc fut malgré tout très violent. Le gamin fut projeté au sol. Mâron, qui se tenait encore le menton à quatre pattes sur le parquet, saignant légèrement de la lèvre, vit son frère heurter brutalement le sol. Celui-ci roula sur lui-même mais restait à terre et gémissait en se tenant les côtes. La petite fille se précipita sur son frère.

« Hazel !
- C'est tout ce dont vous êtes capables ? Vous êtes donc si faibles ? Vous devez devenir plus forts ! Vous m'entendez ? Plus forts ! »
Mâron était éberluée par le comportement de son père. Depuis qu'il avait ressuscité, il avait tellement changé. Lui qui leur parlait toujours de l'esprit des arts martiaux et de la philosophie de vie qu'ils apportaient, il n'avait plus que le mot force à la bouche. Mâron reporta son attention sur son frère, elle le soutenait mais il n'arrivait pas à se remettre debout.
« Qu'est-ce que tu as ? Debout ! Il faut continuer l'entraînement !
- Papa ! Arrête ! Tu vois bien qu'il… »
La petite fille interrompit sa phrase, elle fut terrifiée quand elle vit du sang aux pieds de Hazel, celui-ci venait de cracher du sang.
« Oh ! Mon dieu ! Papa ! Il faut l'emmener à l'hôpital ! Il… Il… »

Au moment où elle tourna sa tête vers son père, elle se tut. C'était imperceptible, mais son visage venait de changer d'expression. Son air sévère se mêla à de l'inquiétude et à du remords. Quelqu'un qui ne connaîtrait pas son père, ne l'aurait sans doute pas remarqué, mais même s'il avait beaucoup changé, elle pouvait encore identifier ses émotions à travers son regard dur. Nato avança doucement vers ses enfants, puis prit délicatement Hazel dans ses bras en essayant de ne pas le brusquer pour ne pas accentuer la douleur.
« Viens, Hazel. Je t'emmène voir un médecin. » Sa voix était un peu plus douce qu'à l'accoutumée, mais là encore, seuls ses enfants auraient pu le percevoir.

Dans le skycar qui les emmenait à l'hôpital, le silence régnait. Les enfants étaient installés à l'arrière, pendant que leur père conduisait. Mâron fixait son frère, inquiète. Celui-ci pour la rasséréner lui sourit, elle répondit à ce sourire, mais n'était pas vraiment rassurée.

Une fois à l'hôpital, le père reprit son fils dans ses bras, toujours aussi délicatement.
« Mâron, remets le skycar dans sa capsule, s'il te plaît. »
Elle s'exécuta. Ils entrèrent dans le hall des urgences et allèrent droit à l'accueil.
« Bonjour. J'aimerais consulter un médecin. C'est pour cet enfant. Il a mal aux côtes et a craché un peu de sang tout à l'heure. »

Il avait toujours la voix glaciale qu'il affichait depuis environ un an, depuis sa résurrection. Les infirmiers à l'accueil jetèrent un coup d'œil rapide à Hazel et durent probablement juger que c'était grave. En tout cas suffisamment grave pour que l'une d'entre eux aille chercher elle-même un médecin. Elle revint vite accompagnée d'une docteure. Celle-ci était accompagnée de deux brancardiers. Elle fit une rapide salutation et demanda brièvement les symptômes, Nato répondit. La médecin, une certaine Dre Wakuchin, demanda alors à celui-ci de déposer son fils sur la civière, ce qu'il fit. Puis elle regarda en direction de Mâron.
« Mais… Toi aussi tu es blessée ! »

Mâron passa sa main sur sa bouche, elle sentit une douleur et retira sa main en poussant un petit son rauque. Sa mâchoire était enflée et elle avait encore quelques traces de sang. Elle avait été tellement préoccupée pour son frère, qu'elle en avait oublié sa propre blessure.
Nato lui répondit : « Elle ? Ce n'est rien. »
Mâron confirma : « Oui, occupez-vous de mon frère. »
La médecin les regarda tous les deux, étonnée.
« Je vais quand même t'ausculter, au cas où. »
Mâron regarda son père. Celui-ci obtempéra : « Comme vous voulez. Mâron, je vais appeler ta mère, pour lui dire qu'on rentrera un peu plus tard. »
La femme fixa Nato encore plus bizarrement. La mère n'avait pas encore été avertie ? Et il disait cela comme s'il s'agissait de lui annoncer un retard dû à des problèmes de transports publics. N'importe quelle mère serait inquiète de savoir ses enfants à l'hôpital. Elle se reconcentra sur Mâron.
« Bien. Suis ton frère! J'arrive tout de suite, » dit-elle d'une voix douce.
En rejoignant les brancardiers, la petite fille regarda en arrière et eut le temps d'apercevoir la Dre Wakuchin chuchoter quelque chose à l'infirmier pendant que son père s'éloignait.

La salle dans laquelle ils se trouvaient, était un peu exiguë. La médecin auscultait Hazel sur la civière près de la porte de la pièce. Le petit garçon gémissait légèrement chaque fois qu'on touchait ses côtes. Un infirmier, qui s'était introduit comme s'appelant Jab, s'occupait du visage de Mâron. La porte s'ouvrit alors et un homme entra dans la chambre. Wakuchin dit alors : « Les enfants je vous présente, M. Sharwer. Il va vous poser quelques questions. »

Ce dernier se présenta brièvement et gentiment. Il débita quelques banalités et posa des questions somme toutes assez inintéressantes. Le tout pendant que Jab et Wakuchin s'occupaient des enfants. Puis, alors que Jab en avait fini avec Mâron et avait quitté la salle, Sharwer entra dans le vif du sujet : « Dites-moi les enfants, comment vous êtes-vous fait ça ? »
Hazel répondit innocemment : « Ben, c'est notre père. »
Sharwer et Wakuchin restèrent un court moment silencieux. L'homme reprit : « C'est votre père qui vous a frappé ?
- Oui.
- Et ça lui arrive souvent de vous battre ?
- Euh… Oui, tout le temps, on est pas assez forts. Alors il nous bat à chaque fois. Il a loué un local pour ça et il nous y emmène chaque fois qu'il a le temps, quand il revient de son travail ou toute la journée le week-end. »
Les deux adultes se dévisagèrent, consternés. Mâron regardait Hazel. Elle avait un frère complètement idiot. Ou bien le coup qu'il avait reçu l'avait plus atteint qu'elle ne le croyait. Il ne voyait vraiment pas où ils voulaient en venir ?

« Il… Il a loué un local pour ça ? »
Mâron intervint, décidant qu'il valait mieux ne pas laisser Hazel continuer à raconter des âneries sans s'en rendre compte.
« Il nous frappe parce qu'on s'entraîne avec lui. Nous pratiquons les arts martiaux. Il ne nous maltraite pas. Disons, qu'aujourd'hui, il a eu la main un peu leste. »
Ils se tournèrent vers la petite fille. Cela semblait plausible, les deux enfants portaient des tenues d'arts martiaux, et le père aussi. Hazel comprit ce qu'ils avaient cru. Il sentit un grand embarras monter en lui. Il se demanda comment il avait pu être aussi naïf.
« Euh… Oui ! Oui ! Bien sûr que c'était juste un entraînement !
- Mais il n'est pas un peu dur avec vous ? Vous n'êtes que des enfants…
- Nous sommes plus forts que nous n'en avons l'air, » répondit Mâron avant que son frère n'ait le temps de dire d'autres bêtises.

Sharwer posa encore quelques questions, puis, convaincu, laissa Wakuchin poursuivre ses soins. Sur le moment Mâron avait presque trouvé le malentendu assez amusant, et une fois la gêne passée, Hazel aussi. Mais ils savaient que leur situation n'était pas réjouissante. Leurs contacts avec leur père se limitaient à ces séances d'entraînement. Et ces moments étaient devenus un vrai calvaire. L'attitude de Nato les rendait insupportables. Le plaisir des arts martiaux qu'il leur avait transmis durant leurs premières années avait complètement disparu. Ce n'était plus qu'une contrainte éprouvante, tant physiquement que moralement. Leur relation s'était complètement dégradée, et si les enfants n'avaient pas peur de leur père, ils n'en appréhendaient pas moins les instants où ils étaient seuls avec lui, qui signifiaient soit une indifférence totale soit une sévérité insurmontable.

Ils restèrent à l'hôpital encore un moment, le temps pour Wakuchin de faire quelques radios de Hazel. Mâron demanda à son père comment avait réagi leur mère, mais il lui répondit qu'il n'était pas parvenu à la joindre. Le médecin revint donc avec son patient. Le garçon avait seulement une côte fêlée, il ne devait pas trop bouger durant trois ou quatre semaines. Le sang qu'il avait craché n'était dû qu'au fait qu'il s'était mordu la langue sans s'en rendre compte.

Quand ils rentrèrent chez eux, l'appartement était silencieux. Les enfants hélèrent leur mère, mais elle ne répondit pas. Nato alla regarder dans leur chambre si elle n'y était pas. Les enfants la cherchèrent de leur côté et ils la trouvèrent dans la salle de séjour, allongée sur le canapé de cuir noir. Effondrée serait un meilleur mot, ses cheveux décoiffés, une robe blanche frippée et tachée sur le dos. En face du canapé, la grande télé sur le meuble qui faisait aussi office d'étagère plein de livres et de babioles, était allumée, mais il n'y avait plus d'image ni de son, il était tard et la chaîne qu'elle regardait était fermée. Un verre renversé se trouvait à ses pieds. Trois bouteilles d'alcool jonchaient le tapis de bambou du salon, sous la petite table de verre. Les enfants eurent un choc. Leur mère buvait ? Comment avaient-ils pu ne pas remarquer une chose pareille ?

Leur père pénétra dans la pièce et resta un moment immobile.
« Allez dans vos chambres, » finit-il par dire.
« Mais…
- Tout de suite ! »
Les enfants s'exécutèrent. Au bout de quelques minutes, ils entendirent la voix de leur mère. Ils tendirent alors l'oreille pour écouter la conversation.
« Tu peux m'expliquer ça ?
- … Il est tard. Tu rentres seulement maintenant ?
- J'étais à l'hôpital avec les enfants.
- À l'hôpital ? ! Mon dieu ! Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? ! Les enfants vont bien ? ! Hazel ? ! Mâron ? !
- Ils vont très bien ! Tu iras les voir plus tard.
- Comment ça "plus tard" ? Tu peux me dire ce qu'il s'est passé ?
- … Je crois que j'y suis allé un peu fort à l'entraînement. Hazel a une côte fêlée, mais d'ici deux ou trois semaines il sera guéri. Il va s'en remettre. C'est rien. Il doit être fort.
- Comment ? ! Hazel ! Mon chéri !
- Je t'ai dit que tu irais les voir plus tard ! On doit d'abord discut…
- Lâche-moi ! Discuter de quoi ? Pourquoi tu ne m'as pas appelée quand c'est arrivé ?
- Je l'ai fait, mais tu n'as pas répondu. Trop saoule je suppose…
- …
- Depuis quand ?
- Pardon ?
- Depuis quand tu bois ?
- … Depuis aujourd'hui… J'avais envie d'essayer une fois. Voir si ça irait mieux…
- Et ?
- Bof…
- Bof ? ! Tu te fous de moi ! ? Qu'est-ce qui t'a pris ? ! Il n'y a pas qu'aujourd'hui. Tu es devenue complètement léthargique ! Tu ne fais rien de la journée et tu ne cherches même pas de travail. Tout ce que tu sais faire c'est te lamenter !
- Quoi ? ! Mais de quel droit tu te permets de me faire la morale ? ! Toi, tu es devenu aussi fermé qu'une huître ! On n'arrive plus à savoir ce que tu penses ! Tout ce qui t'obsède c'est de devenir plus fort et de rendre les enfants plus forts ! Tu as vu ce que tu leur fais subir ? Hazel a fini à l'hôpital à cause de tes stupides entraînements ! Avant tu essayais de leur transmettre quelque chose d'important, maintenant tu ne fais que les harceler ! Depuis combien de temps tu n'as pas eu de discussion de père à fils et de père à fille avec eux, hein ? Et avec moi ? Tu n'es plus ni un père, ni un mari ! Tu n'es plus qu'une espèce de brute insensible ! ! Depuis le jour où ce démon…
- Tais-toi ! »

Le ton avait clairement monté entre eux.
« Tu vois ! Tu refuses d'en parler ! Quand… Quand nous étions morts…
- Tais-toi, je te dis !
- Quand nous étions morts, c'était absolument atroce. La mort est un lieu horrible. Quand j'imagine qu'un jour je devrais… Je devrais y retourner… Que… Que nos enfants devront…
- Ça suffit !
- Bon dieu, mais pourquoi je devrais me taire ? J'étouffe à ne pas en parler et tu es la seule personne avec qui je puisse le faire ! Je… Je… »
Elle commença à avoir une voix chevrotante, comme si elle pleurait.
« Non, reviens ! Écoute… » implora-t-elle.
« Lâche-moi ! Libre à toi de te laisser aller si tu veux, mais moi je compte bien me préparer à ne plus jamais être pris par surprise !
- C'est de ta faute !
- …
- Non… Excuse-moi… Ce n'est pas ce que je voulais dire… Je… Non, attends ! Si on en parlait, je suis sûr qu'on se sentirait mieux et les choses redeviendraient comme av…
- Je t'ai dit de me lâcher !
- Aaah !
- … Minable ! Quelle faible ! Tu me dégoûtes !
- Moi, au moins, nos enfants savent que je les aime ! »
La porte du séjour claqua, puis celle de la chambre des parents. Peu de temps après, les enfants entendirent leur mère sangloter. Ils se mirent aussi à pleurer.

Après cette dispute, les choses allèrent de mal en pis. Un silence encore plus pesant qu'avant s'installa. Leur mère ne but plus, mais Mâron et Hazel voyaient bien qu'elle dépérissait. Elle s'efforçait de leur apporter tout son soutien et son amour, mais ils ressentaient son désarroi. Ils lui avaient proposé d'écouter ce qu'elle voulait tant dire à Nato, d'être ses confidents, mais elle leur avait répondu en souriant faiblement que ce n'était pas leur rôle. Leur père en revanche, même s'il se montrait moins violent à l'entraînement, était devenu encore plus dur et fermé. Quasiment inaccessible. Les enfants commençaient à avoir un profond ressentiment envers lui. Ils lui en voulaient énormément, ils l'estimaient coupable de l'abattement de Dona. Mais ils ne remarquèrent pas que lui aussi s'enfonçait dans une profonde détresse. Dona, elle, l'avait décelé, c'est pourquoi elle restait avec lui, elle espérait qu'il finirait par s'ouvrir. Elle avait compris qu'il culpabilisait. Il culpabilisait de ne pas avoir pu les protéger, elle et les enfants, d'avoir perdu, d'avoir été trop faible.
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