Chroniques de la Famille Cold

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Mar Jan 20, 2026 23:57

Hola ! J'ai pas mal de retard avec ce chapitre, le mois de janvier est en train de passer à toute vitesse, essayons donc de ne pas trop perdre en inertie et continuer !
Le rythme de parution va reprendre à 1 chapitres toutes les 2 semaines, même si je n'ai pas beaucoup repris d'avance, j'ai en revanche repris un rythme d'écriture un peu plus constant. On va donc espérer que cela nous permette de continuer jusqu'à la fin de la fic, qui se profile à l'horizon (enfin !)

Tonay {l Wrote}:D’ailleurs, c’est amusant que ces Dragon Balls soient liées à un rituel pour le moins sanglant, car c’est justement sur cette option que j’étais parti dans mon chapitre dans le Cadavre Exquis qui a été écris il y a quelques années.

Oh ! Il faudra que j'aille lire ça. J'avoue que c'est l'un des sujets sur lequel j'ai le plus hésiter, étonnamment, car en effet ça retire un peu de leur magie aux Dragon Ball en leur donnant une origine assez "edgy" qui, je le pense honnêtement, ne colle pas avec le manga et l'ambiance que Toriyama aime.

Mais bon, j'ai fini par décider que ça collait, en revanche, avec ma fic. Donc nous y voilà...

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Chapitre 96 : Un choix déterminant


Il ne devrait pas se tenir là.

Sa simple présence était un enfreint aux règles de l’univers. Une anomalie. Bien sûr, il pouvait les contourner, il en avait le pouvoir comme tous les enfants du Kaïoshinkaï, mais leurs ancêtres avaient juré à la naissance de l’univers qu’ils ne tordraient pas les règles qu’ils avaient eux-mêmes créer. Les âmes mortes devaient rejoindre le cycle naturel, peu importe l’identité ou l’importance de la personne. Ainsi en était-il allé de tous les êtres vivants. Et de tous les dieux.
Jusqu’à lui, manifestement.

Kibito ne se sentait pas bien. Pire, il retrouvait pour la première depuis des décennies ce sentiment d’apaisement, de calme absolu, que seul le Kaïoshinkaï pouvait vous donner. Il était ici chez lui, au milieu de la plaine la plus verte qui existe, observant les arbres les plus harmonieux de l’univers. Même le bruit de la rivière, à des kilomètres de là, avait quelque chose de musical. Une berceuse qui parcourait le domaine des dieux.
Il détestait être celui qui venait briser cette harmonie. Il était le premier mort à marcher sur ce domaine. Quant à celui qui l’accompagnait, non seulement il était mort mais il était aussi…
lui.

L’apprenti dieu baissa les yeux sur le nihilien. Son regard s’était lui aussi perdu dans le paysage, mais ce n’était pas par contemplation. Kibito pouvait presque le lire sur les iris rouges : les calculs, l’analyse constante de l’environnement. Il était aux aguets, malgré l’aura de paix absolue qui se dégageait de l’endroit.

« Il n’y a personne.
- Nous nous y attendions, soupira Kibito. »

Une part de lui savait que le fils n’était pas son père. On le lui avait expliqué, on lui avait montré ce qui était arrivé depuis sa mort, le meurtre horrible commis par Freezer, puis sa mort, et puis la suite. La naissance de son enfant et son règne. Il savait que ce Kalta n’était pas son père. Pourtant chaque fois qu’il baissait les yeux, il retrouvait dans ses traits le tyran avec lequel son maître avait été forcé de s’allier pour éliminer Buu. Celui qui l’avait ensuite trahi sans hésiter.

La mission avait réussi, mais à quel prix ? Kaïoshin était mort à présent. Lui aussi était mort, en fait. Buu avait été détruit, mais l’univers avait été offert à un autre genre de danger. Et maintenant… maintenant c’était un mal plus ancien encore que le démon qui avait pointé le bout de son nez.
Un mal qui justifiait certainement de tordre quelques règles en amenant un mortel ici. Un mortel mort, qui plus est.

« Nous n’aurons pas d’aide des dieux alors. »

Kalta ne paraissait ni déçu, ni sarcastique. Son ton n’avait pas l’agressivité sous-jacente de son père. Il semblait plutôt… fatigué.

Distraitement, Kibito laissa ses yeux dériver vers l’horizon, là où l’Arbre était caché. Majestueuse, la source de tous les Kaïoshins restait pourtant dissimulée par une illusion. Une forme de défense dont l’ancien apprenti commençait à comprendre l’origine.

« Non, il semblerait. Mais ce n’est pas la raison de notre présence.
- J’ai cru comprendre. L’arme. Ne perdons pas de temps alors. »

Cette fois, Kibito reconnu le ton. Pas tout à fait du mépris, mais un scepticisme évident. Difficile de savoir si c’était tourné contre lui ou contre la situation en général. L’apprenti dieu se força à se souvenir de ce que le mortel avait traversé récemment.
Pendant un temps, il chercha ses mots. Puis, ne trouvant rien, il prit simplement son envol et attendit que le nihilien le suive.


* *
*

Kalta s’efforçait de ne pas poser trop de question, pourtant il en avait des centaines flottant actuellement dans son esprit. Par chance, son seul compagnon n’était pas exactement du genre à inspirer une conversation. Le grand type, qu’on lui avait décrit comme un quasi-dieu mais qui s’était défini lui-même comme un simple apprenti, avait le visage le plus fermé que le nihilien ait jamais vu.
Et il avait affronté les centaines de représentants des planètes de l’Empire. Des politiciens aguerris, qui allaient des plus affables au plus insupportables.

Kibito et lui n’avaient que peu échangés avant leur départ du Paradis. Les conversations, ce n’était pas avec lui que Kalta les avait eu. Il ne savait même pas pourquoi il s’était retrouvé à parler de cela avec eux. Le sujet paraissait important aux saïyens, particulièrement Goku.

« Je pense que ça devrait être toi, avait-il déclaré assez rapidement. »

Sur le coup, le nihilien n’avait pas réagi. Non parce qu’il était sous le choc mais parce qu’il cherchait le piège. Vegeta, derrière le super saïyen, avait levé les yeux au ciel. Une attitude que Kalta avait saisi comme étant naturelle chez lui, et ce en seulement quelques jours passés à ses côtés.

« Je ne vois pas pourquoi nous n’organisons pas un tournoi pour déterminer qui devrait y aller. Et je ne vois pas non plus pourquoi nous n’irions pas tous ensemble. »

Quand Enma avait enfin daigné évoquer le sujet avec les différents guerriers du Paradis, cela faisait déjà quelques jours qu’ils passaient du temps à s’entraîner ensemble. L’expérience avait été… étrange.

S’entraîner n’était pas étranger au jeune nihilien, bien au contraire, il avait passé la majeure partie de son enfance et de son adolescence à ne faire que ça. Seulement, ce n’était jamais que ça. Il y avait toujours eu l’Empire. Des rébellions à mater, des planètes à conquérir, des esprits à écraser… Un Roi à impressionner. Kalta prenait plaisir à s’améliorer, à apprendre et à devenir plus fort, mais il y avait toujours eu d’autres objectifs.
Longtemps, il avait cru que ces objectifs n’étaient que des bruits de fonds. Des buts qu’on lui fixait mais qui n’étaient pas réellement importants, pas pour lui. Le Paradis avait permis de lui révéler la réalité. Là-haut, il n’y avait pas d’autres buts. Il n’y avait plus d’objectif à la vie tout court, puisqu’il n’y avait plus de vie. L’endroit était fait pour offrir une retraite dorée aux âmes que les dieux de cet univers jugeaient dignes. Le Paradis était fait pour s’y reposer et pour y faire ce qu’on aimait faire le plus au monde.

Kalta n’avait plus d’Empire à gérer. Plus d’ordre à donner ou de situation à calmer. Il pouvait littéralement faire ce qu’il voulait.

Alors, bien sûr, au début son intérêt s’était concentré sur l’opportunité présentée. Le super saïyen. Deux super saïyens même : deux légendes pour l’Empire, aussi sombres soient-elles. Celui qui avait manqué tuer son père sur Namek et celui qui avait continué d’essayer pendant des années après. La plus grande épine dans le pied de Freezer. Tous deux avaient prouvés leur puissance de leur vivant et dans leur mort. Et au moins l’un d’eux semblait plus que motivé à l’affronter.
L’occasion était trop belle. Et elle avait été aussi fascinante que Kalta se l’était imaginée. Goku était un adversaire passionné et dangereux. Cela faisait maintenant des décennies qu’il vivait au Paradis et il avait utilisé ce temps pour apprendre, pour s’améliorer et pour devenir un adversaire redoutable. Mais aussi étrangement agréable. Il n’y avait aucune animosité dans sa façon de se battre, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Lorsque Kalta avait accepté le défi, ils s’étaient rencontrés sur terre et dans les airs avec une violence inouïe, mais le saïyen avait paru s’amuser plus que tout autre chose.

Cela n’avait rien à voir avec l’énergie déployée par Vegeta, qui semblait constamment aux portes d’une rage infinie. Même l’entraînement avec Bra, celui qu’ils avaient partagés dans la Salle Blanche, était animé d’une énergie différente. Celle du désespoir, sans doute. De la peur que Cell personnifiait et leur faisait vivre à tous.
Au Paradis, il n’y avait rien de tout cela. Il n’y avait que le combat. Pas d’enjeux. C’était là la différence essentielle : l’absence d’enjeu.

Après sa première passe contre Goku, Kalta l’avait ressenti pour la première fois et cela l’avait frappé plus fort que tous les coups du saïyen. Il avait demandé quelques temps pour lui. Quelques instants pour réfléchir. Car il avait apprécié, bien sûr, mais cela avait quelque chose de… creux. Il n’y avait pas de revanche à prendre pour son père, surtout pas après sa rencontre avec lui. Une rencontre à laquelle il ne voulait pas penser. Il n’y avait pas de risque pour l’Empire, pour sa mère, pour Bra…
Ici, il était détaché de tout.

Ce temps pour réfléchir, Kalta avait d’abord pensé l’utiliser en méditant. Un exercice pour son sang-froid qu’il pratiquait déjà de son vivant, qui était aussi un moyen de récupérer des forces. Il n’en avait finalement pas eu l’occasion. Car une autre opportunité s’était offerte à lui. Une conversation.
Palpi s’était vu offrir une place au Paradis et un corps. Une occasion que l’ancien Général semblait ne pas comprendre et qu’il avait attribué à des “circonstances exceptionnelles” mais que Kalta avait vu d’un très bon oeil. C’était peut-être la première fois qu’ils échangeaient comme ça. Débarassés de certaines limites que le monde vivant leur imposait. Débarassés de certaines hontes aussi, pour le niostien. Palpi avait longuement parlé, avec une intonation plus triste que ce que le nihilien avait l’habitude d’entendre, mais avec une franchise exacerbée.

Ils avaient parlé de l’Empire, de son travail en son sein, de sa vie d’avant, de la vie du jeune Nihilien. De Cold, un peu. De Freezer, beaucoup. Trop, sans doute. Cela avait été utile, sans doute plus que Kalta ne l’admettait même aujourd’hui.

Cela avait aussi été le début. Le lendemain, il avait parlé avec Goku. De vrais conversations, même si entrecoupées par des sessions d’entraînement, des affrontements et des démonstrations. Le saïyen était une anomalie, bien différent de Vegeta, de Bra ou de tout ce que Kalta avait rencontré jusqu’ici. Mais c’était aussi un puit d’information et de style de combat, quelqu’un qui savait se servir de son énergie comme personne et ne demandait qu’à apprendre plus.
Kalta avait été prudent. Il lui avait montré certaines choses mais seulement à condition d’apprendre lui aussi. Cela n’avait même pas été une discussion. Difficile de dire s’il s’agissait d’un manque de prudence ou d’une confiance absolue en lui. Et si c’était la deuxième option : pourquoi ?

Ils en étaient là quand Kibito s’était présenté avec Kaïo du Nord. Quand ils avaient été amenés, avec une poignée d’autres guerriers, face à Enma et quand celui-ci avait expliqué la problématique qu’ils rencontraient.

« La Makaïoshin représente une menace pour l’univers entier, à une échelle comparable à celle de Buu, encore supérieure à celle de Cell. Nous ne savons pas de quoi elle est capable, mais nous savons qu’elle ne désire que la destruction de l’ordre naturel. Nous avons eu droit à un échantillon de sa puissance. Nos guerriers d’élites sont puissants, mais nous avons vu l’influence qu’elle peut avoir sur des âmes mortes. Nous avons besoin d’armes supplémentaires et Kibito, dorénavant parmi nous, a une idée. »

Kalta avait écouté distraitement, comme lors de toutes les réunions d’importance impériales. Il avait appris à trier les informations essentielles et à surveiller de près les expressions des intervenants pour comprendre la réalité derrière les mots. Cette fois, ils ne cachaient pas grand chose. La peur dans les yeux des Kaïos était réel, l’inquiétude dans ceux d’Enma également. Le plus étonnant avait été l’expression du fameux Kibito, indéchiffrable. Ses yeux paraissaient presque accusateurs quand ils se posaient sur le nihilien.
A ce moment, Kalta ne savait pas encore que le maître de Kibito avait été le pseudo-dieu que son père avait tué sur Freezer 82 pendant la crise de Buu.

La discussion avait été longue mais l’essentiel était simple : utiliser un guerrier du Paradis pour régler un problème du monde mortel était une limite qu’Enma s’autorisait à franchir… mais avec parcimonie. Un seul guerrier pourrait porter la fameuse arme que Kibito pensait suffisante pour vaincre la Makaïoshin - “pensait”, Kalta l’avait bien noté. Il fallait donc choisir celui qui serait envoyé.

C’est là que Goku était intervenu.

« Je pense que ça devrait être toi. »

Cela s’adressait à Kalta. Sans l’ombre d’une hésitation, sans l’ombre d’un doute. Pire, cela n’avait pas surpris Vegeta, qui se tenait juste à côté. Oh, le prince n’avait pas apprécié, mais il n’avait pas été choqué d’entendre cela de la bouche de son rival. S’en était suivi une plus longue discussion encore mais les arguments de Goku avait été entendu.
Il pensait que l’univers devait être sauvé par ceux qui l’habitaient en ce moment-même et non ceux qui l’avaient quittés depuis longtemps. Kalta était le guerrier le plus récemment tué, après avoir affronté les démons sur leurs terres. Il était bien assez fort pour concurrencer les plus grands guerriers du Paradis et il n’hésiterait pas à se battre : il avait encore des gens à défendre dans l’univers mortel.

Kalta n’avait pas participé tant que ça à la discussion, d’abord parce qu’elle s’était rapidement centrée sur lui, mais aussi parce qu’il ne connaissait que très peu les héros envisagés. Il n’était pas si sûr d’être le bon choix, même si les points soulevés par Goku étaient logiques. Surtout, il pouvait noter le regard de Kibito sur lui, qui s’assombrissait à mesure que son nom était prononcé.
Quand la décision avait été prise, l’apprenti dieu avait paru tout sauf ravi. Les autres n’avaient rien remarqués, car son visage était toujours tordu avec un air de dégoût, mais Kalta avait senti ses yeux s’étrécir de rage.

Malgré tout, ils étaient bien là, à traverser en volant le monde d’origine de ce ces fameux dieux.

« Nous y sommes. »

Kalta sortit de ses pensées pour baisser les yeux. Un aplomb rocheux dominait la vallée des dieux. Au sommet, l’herbe était toujours aussi verte, mais un éclat métallique trahissait la présence d’autre chose. C’est là que Kibito filait. Le nihilien suivit sans discuter.

« La Z-Sword. »

Sans bruit, Kalta posa un pied à terre mais il restait sur ses gardes. L’épée n’était pour le moment qu’une garde, aussi grande que son avant-bras. Un début de lame apparaissait, là où elle s’enfonçait dans la roche, et laissait deviner une arme imposante. Sans doute aussi grande que le nihilien. Un objet impressionnant… mais rien qu’un objet.

« C’est l’arme sacrée des Kaïoshins ? demanda-t-il, pour être sûr, sans réfléchir. »

Kibito fit une grimace comme s’il venait d’être personnellement insulté. Tout son visage se fronça comme s’il venait d’avaler un citron, mais il releva les yeux sur Kalta.

« C’est la plus ancienne relique du Kaïoshinkaï, qui ne peut être contrôlée que par un élu. Celui qui la retirera de là obtiendra un grand pouvoir, mais il faut en être digne. »

Sans prononcer ces mots-là, le Kaïoshin arrivait à faire entendre “Je doute que ce soit toi”. C’en était impressionnant de clarté. Kalta l’en aurait félicité si ça ne risquait pas d’empirer encore un peu la situation. Aussi préféra-t-il ne rien dire et avancer simplement d’un pas vers la garde de l’arme. Il releva les yeux vers Kibito, en attente d’instruction.

« Essaie de soulever l’épée. Si tu n’y arrive pas, je te ramène au Paradis pour essayer avec quelqu’un d’autre. »

On ne peut plus clair.

Kalta se baissa pour attraper la garde dans une main. Il n’avait jamais aimé ces armes. Pourquoi se servir de métal grossier quand on pouvait tailler son énergie et en faire la plus dangereuse des lames ? Et puis, depuis peu, elle lui rappelait un adversaire qui avait été très difficile…
Aussi, il ne s’embarrassa d’aucun rituel ou d’aucun mot avant de tirer brusquement sur l’épée légendaire.

Elle ne broncha pas d’un millimètre.


* *
*

Le vaisseau entier était sous tension. Persée pouvait le sentir jusque dans le rythme des pas de ceux qu’elle croisait dans les couloirs, mais aussi dans leurs regards : tous fixés vers le sol. Cela n’avait rien d’étonnant, compte tenu de la nouvelle qu’ils venaient de recevoir. Compte tenu de leur destination et de ce qu’elle impliquait.
Bra devait avoir été prévenue, même si elle était supposée dormir. Persée aurait aimé être là pour la soutenir, mais une autre priorité la forçait à une toute autre destination.

Le reste de l’équipage devait penser à Siberia. Son retour. Sa survie. Un nihilien avait survécu. Certains devaient déjà penser qu’elle était l’Impératrice légitime. Elle l’était sans doute, d’ailleurs. Les politiciens et les généraux devaient se préparer à revenir sous sa coupe ou à affronter une lutte intestine. Ceux qui pensaient que Bra s’accrocherait au pouvoir n’avait rien compris à la jeune terrienne.
Ce n’était pas ça qui inquiétait Persée, mais l’information concernant Ithaxus. Le démon était présent aussi… Jusqu’à disparaître. Selon le témoignage de Siberia elle-même, il avait été rappelé, ramené dans le monde des démons.

Parce qu’il avait accompli sa mission.
Quelle mission ?

C’était ce qui terrifiait l’ancienne déesse. Cela faisait des mois qu’Ithaxus était dans cet univers, qu’il se cachait, qu’il fuyait Bra. Et voilà qu’il réapparaissait, pile au moment où celle-ci affrontait Broly. Ce n’était pas une coïncidence : Broly était une distraction, pour empêcher l’intervention de Bra. Ce qui signifiait que le plan de la Makaïoshin arrivait dans sa dernière phase, qu’elle pouvait se permettre d’utiliser son super saïyen légendaire pour s’assurer que rien ne viendrait la perturber.
Ce qui soulevait la question : quelle était cette dernière phase ? Quel était le plan ?

Ils n’en avaient pas la moindre idée. Depuis le début de cette histoire, ils jouaient avec un train de retard.

« Qu’est-ce qu’il cherchait ? tonna-t-elle en déverrouillant une porte. »

Dans la petite salle, deux personnes sursautèrent en même temps. Deux petites silhouettes. Garlic Junior, leur prisonnier démon depuis la mort d’Auriel, et Paehc, la guerrière d’élite assignée à sa surveillance. Après un mois, ils avaient estimés que la puissance du démon n’était pas assez élevée pour que ce soit Persée qui le surveille en permanence : les plus puissants guerriers de l’Empire pouvait facilement l’éliminer s’il faisait le moindre geste suspect. Jusque là, il s’était montré coopératif.
Quant à savoir si c’était par crainte d’être pulvérisé à répétition ou par réelle conviction, il était impossible de le dire. Une seule chose était sûre : il avait peur de la Makaïoshin, plus que de n’importe qui. Plus que d’Auriel. Et il était terrifié dès que le nom du Roi était prononcé…

« Qu’est-ce qui se passe ? glapit-il comme il le faisait toujours. »

Il n’était pas installé dans une chambre, mais dans une ancienne salle de stockage qu’ils avaient réaménagés comme ils le pouvait. Les étagères métalliques, plutôt que d’empiler les larges stocks de rations, affichaient des rangées et des rangées de livres, enregistrements, traités, hologrammes… Tout ce qu’ils avaient rassemblés sur l’histoire de l’univers, sur les mentions de démons, tout ce qui pouvait se rapprocher du Makaï… Leur sujet d’étude.

« Tu peux disposer, Paehc. Je me charge de lui. »

La soldate hocha vigoureusement de la tête et pivota pour sortir de la salle. Derrière ses yeux fatigués, Persée vit aussi une certaine peur. Quelqu’un avait dû lui communiquer les dernières informations par son scouteur.
Attablé sur un vulgaire banc de cantine, Garlic paraissait, lui, complètement à l’ouest.

« Qu’est-ce qui se passe à la fin ?
- Ithaxus. Qu’est-ce qu’il recherchait alors ?
- Je ne sais pas ! protesta-t-il encore. C’est à ça que serve ces livres, non ? »

Persée contourna la table de cantine pour se poster face à lui. Derrière son casque, elle inspecta son regard effrayé. Il ne mentait pas.
Avec un soupir, elle se laissa tomber sur le banc face à lui.

« Ithaxus a été repéré, mais apparemment il vient d’être rappelé au Makaï.
- Il a trouvé une autre porte ?
- Non. Cela s’est fait comme ça. »

Persée claqua des doigts. Une fois de plus, Garlic semblait sincèrement surpris. Le petit démon n’avait pas l’air d’être très au courant de ce qui pouvait être fait ou ne pas être fait, mais jusque là il avait toujours soutenu que sans la Deadzone et sans une porte, impossible de faire le voyage.

« Cela doit être la Makaïoshin.
- Sans le moindre doute. Mais pourquoi ?
- Comment ça ?
- Ithaxus a fini sa mission, gronda-t-elle. Je veux savoir ce que c’était, tu comprends ? »

Garlic recula sur son assise, les yeux fixés sur elle. Il y avait une véritable peur dans les pupilles noires. Le démon ne faisait plus le fier depuis longtemps. Elle ne savait pas s’il essayait d’aider pour rester en vie ou s’il essayait d’obtenir quelque chose de Bra, pour quand tout cela serait terminé.
Elle le fixa un moment ainsi, sans savoir si elle cherchait à l’effrayer ou à trouver la réponse dans sa grimace. Finalement, elle posa les deux coudes sur la table et poussa un profond soupir.

« Reprenons depuis le début. »

* *
*

Kalta sentait ses muscles trembler. Sans savoir pourquoi, il continuait de trembler, alors que l’épée avait déjà fait son choix.

Il n’était pas l’élu, tout simplement. Ce n’était pas vraiment une surprise.

« Ah, nota Kibito. Je crains que ce soit un Kaïoshin qui doive récupérer l’épée… »

Est-ce que c’était supposé le rassurer ? Kibito n’avait pas réussi à paraître surpris et Kalta doutait qu’il ait réellement essayé. Pourtant, quelque chose dans son ton était véritablement déçu. Comme si une partie de l’espoir, déjà mince, qu’il entretenait venait juste de mourir.

« Nous allons tout de même réessayer avec… commença-t-il en posant une main sur l’épaule de Kalta.
- Une seconde. Attendez. »

La demande surprit Kibito autant que le nihilien. Kalta avait à peine imaginé ces mots sortir de sa bouche. Mais ils étaient libres à présent. Pire, ils avaient fonctionnés. Le dieu avait froncé les sourcils, mais il avait reculé d’un pas.

Kalta baissa les yeux sur l’épée, sur cette lame qui s’enfonçait dans la roche et qui y était planté depuis des millions d’années;
Qu’est-ce qu’il espérait faire exactement ?

Il était déjà mort une fois face à la Makaïoshin. Ce n’était pas un bout de métal, aussi imposant soit-il, qui allait lui donner un avantage qu’il n’avait pas. Kibito ne voyait pas en lui un élu pour une raison simple : il avait vu de ses yeux ce que les nihiliens pouvaient faire. Ce que Freezer avait fait. Si l’épée était un trésor Kaïoshin, elle verrait la même chose, elle comprendrait la même chose.

Alors pourquoi est-ce que je ne la lâche pas ?

Kalta chercha à expliquer son comportement, mais il était plutôt simple. Parce qu’il ne voulait pas s’arrêter là.
Goku avait raison. Il était mort le plus récemment. Assez récemment pour ne pas avoir accepté que c’était terminé, pas encore. Dès son arrivée au Paradis, il avait dû combattre contre le même ennemi. Il avait été forcé d’affronter son père et son grand-père, il avait été forcé de leur parler et de les tuer. La Makaïoshin n’en avait pas fini avec lui. Et Kalta n’en avait pas fini avec elle.

Ce n’était pas parce qu’il était mort qu’il allait laisser tout ce qu’il avait fait être réduit en cendre. Bra était là, toujours vivante, mais s’il pouvait aider. S’il pouvait faire ne serait-ce qu’un peu de dégâts… il allait le faire.
Kalta savait qu’il pouvait le faire.

Mieux que ça, je veux le faire.

Les yeux dans le vague, il sentit quelque chose bouger. De la poussière, quelques minuscules particules de terres qui tremblaient auprès de la lame. L’épée bougeait, enfin, mais à peine.
Stupide morceau de métal, pour qui est-ce que tu te prends ?

« Est-ce que… ? »

La question de Kibito fut étouffée par la brusque explosion d’aura autour de Kalta. Son corps s’enveloppa d’une lumière argentée. L’air se mit à danser autour de lui, les brins d’herbe à ses pieds pulsaient au même rythme.

J’ai besoin de toi, épée. J’ai besoin d’un peu d’espoir. Rien de plus. Pas un miracle, juste une chance de plus. Un essai supplémentaire.

Kalta tira de toutes ses forces. Et l’épée se souleva. Non, elle jaillit de la roche comme si elle ne pesait rien. Un immense morceau de métal taillé se trouva propulsé dans les airs avec Kalta.

La Z-Sword levé au-dessus de la tête, le jeune nihilien baissa les yeux. Il croisa le regard halluciné de Kibito, tombé sur ses fesses.

« Je crois que votre épée à fait son choix ! »


Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre toutes les deux semaines - Prochain chapitre semaine en 2026 !
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Tierts
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mer Jan 21, 2026 15:43

Hey ! Bon retour Tierts !
Pour une fois, j’ai du temps devant moi, alors, lecture !

Du retard ? Pour quelqu’un qui devait prendre des vacances, je considère que tu as même beaucoup d’avance !
Et oui, la fin approche, j’en suis un peu triste d’ailleurs, mais c’est inévitable, je compte bien savourer tes derniers chapitre avant que ça ne prenne fin

Oh ! Il faudra que j'aille lire ça.


Ne te prive pas

J'avoue que c'est l'un des sujets sur lequel j'ai le plus hésiter, étonnamment, car en effet ça retire un peu de leur magie aux Dragon Ball en leur donnant une origine assez "edgy" qui, je le pense honnêtement, ne colle pas avec le manga et l'ambiance que Toriyama aime.


Dans la mesure où ce ne sont pas exactement les même Dragon Ball… xP
Je comprends parfaitement ce que tu veux dire, personnellement, je considère qu’une fanfic c’est l’occasion parfaite de s’affranchir des limites de l’univers qui sert de base, d’inspiration
Je pense que cette ambiance que tu évoques rappel davantage Dragon Ball que Dragon Ball Z
Pour rappel, Babidi fait exploser de manière pour le moins graphique des gens. Yeux globuleux, tripes, viscères, on est dans le détail ! Enfin, a minima dans le manga, on est dans l’horrifique, comme c’est le cas avec Cell et sa fameuse scène d’absorption et les villes fantômes dans son sillage

On n’en est pas au sacrifice démoniaque non plus, mais on n’en est pas loin, et je ne serai pas choqué si, de son vivant, Toriyama, aurait abordé de tels thèmes. Et puis, il faut au moins ça pour légitimé des artefacts à la puissance aussi démesurée.

Cela dit, je comprends ce que tu veux dire par le côté edgy, mais ne t’inquiètes pas, tu ne tombes pas dedans, on n’est pas dans le ‘’c tro d4rk !’’ :P

Bien, le chapitre maintenant :

Le chapitre commence bien, les descriptions se mêlent naturellement aux échanges entre les deux personnages, et c’est très agréables.
Ensuite, les considérations autout du paradis et des objectifs dans la mort sont également intéressant et méritent en effet d’être soulevé. C’est assez pertinents, et si ce sont des questions qui m’ont déjà traversé l’esprit concernant Dragon Ball, c’est plutôt cool de lire quelques réflexions détaillées à ce sujet.

La petite mention de Palpi fut sympathique aussi, j’ai bien aimé. Comme j’ai bien aimé que Goku propose Kalta pour l’épée, c’est terriblement naturel et tellement dans le personnage que ça sonne comme une évidence.

J’aime pas écrire Kibito. J’ai du mal à le gérer correctement, à la cerner pleinement, sous mon clavier, il est trop rigide, voir extrême, ou trop laxiste, en comparaison de sa version officielle. Toi tu t’en tires très bien avec, surtout dans ses descriptions faciales, bien joué !

Garlic qui claque des dents, ça lui correspond super bien. J’espère qu’il claque des dents sous sa forme massive, ce serait hilarant.

Pour ce qui est de l’épée, on part du coup sur de la prophétie ? Le fait d’être un élu ? Moi qui était parti du principe qu’avec un ki suffisamment élevé on pouvait soulever exca… la Z -Sword x) (oui, oui je sais, c’est pas excalibur l’épée du rocher :p)

Bon bah , j’ai aimé ce chapitre, c’était franchement sympathique pour une remise en forme, pour se remettre dans le bain, très agréable même, j’attends la suite dans deux semaine, montre en main :P

PS : ok, la musique choisie m’a fait rire, c’est particulièrement à propos x) (maintenant je veux Kalta en cosplay de Link et Bra en Zelda)
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

One Shot
Un mage un peu excentrique. Un Kaïo. Un métis saïyan. Un démon. Un démon du froid. Qui doivent sauver l'univers dans un combat épique. Qu'ajouter de plus ?
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Fév 02, 2026 23:20

Et cette fois-ci, je suis parfaitement dans les temps ! Montre en main ! Je vais tâcher de m'y tenir...

Tonay {l Wrote}:J’aime pas écrire Kibito. J’ai du mal à le gérer correctement, à la cerner pleinement, sous mon clavier, il est trop rigide, voir extrême, ou trop laxiste, en comparaison de sa version officielle. Toi tu t’en tires très bien avec, surtout dans ses descriptions faciales, bien joué !

Je ne suis pas fan non plus et du coup c'est là-dessus que je me suis basé : j'écris beaucoup Kibito dans l'exagération. Trop rigide, trop fermé, etc. Pour un personnage qui ne prend de l'importance qu'à la toute fin du Tome 3, il fallait un peu le faire sortir du lot et c'est là-dessus que je me suis basé : le rendre aussi antipathique que possible pour les autres personnages !

Tonay {l Wrote}:Pour ce qui est de l’épée, on part du coup sur de la prophétie ? Le fait d’être un élu ? Moi qui était parti du principe qu’avec un ki suffisamment élevé on pouvait soulever exca… la Z -Sword x) (oui, oui je sais, c’est pas excalibur l’épée du rocher :p)

Alors, ce ne sera jamais exprimé explicitement dans la fic (puisque personne ne peut le savoir) mais je suis parti sur un principe simple pour l'épée. Il faut être puissant, en effet, mais il faut surtout croire en son propre pouvoir. Il faut avoir l'espoir que retirer l'épée permettra vraiment de changer les choses. C'est selon moi pour ça qu'elle se soulève quand Gohan s'y met sérieusement, parce qu'il accepte enfin la responsabilité de sauver l'univers, et c'est pour ça qu'elle ne fonctionne pas immédiatement pour Kalta.
Voilà, c'est comme ça que je l'ai visualisé et écrit :p

Chapitre un peu plus long aujourd'hui, mais beaucoup de dialogues ^^

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Chapitre 97 : Quel est le plan ?


Persée s’efforça d’être délicate, mais elle repoussa tout de même tous les livres posés sur la table. Garlic fit de même, lui aussi avec une étonnante délicatesse. Ils manipulaient des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Jusqu’ici, ces textes n’avaient pas été bien utiles, alors l’ancienne chasseuse de prime doutait qu’ils le deviennent soudainement. Et elle ne voulait pas qu’ils encombrent son champ de vision.

« Depuis le début, reprit-elle en s’asseyant face à Garlic. Le plan d’Auriel.
- Nous en avons déjà parlé. »

Elle leva la main pour lui intimer de ne pas protester. Ils avaient déjà parlés de tout cela en effet. Elle était à peu près sûre que le démon leur avait dit tout ce qu’il savait, mais ce n’était pas une raison pour ne pas reprendre à zéro. Les donnés avaient changées. Elle commença par récapituler ce qu’elle avait compris.

« Ithaxus, Resheph et Belial étaient supposés tuer tout ceux que vous aviez identifiés comme des dangers, puis détruire toutes les bases de communications impériales pour pouvoir naviguer partout sans être dérangés…
- Oui, mais la priorité était surtout les Dragon Balls.
- Est-ce qu’Auriel vous avait dit pourquoi ?
- Non. Pas à tous. Mais j’avais des soupçons : nos légendes parlent de la Makaïoshin emprisonnée par l’ennemi. Il a dit que les Dragon Balls seraient la clef pour la suite. »

Du peu que Garlic avait réussi à obtenir avec les années, Persée avait finit par comprendre qu’Auriel s’était montré excessivement prudent. Seuls ses généraux les plus importants connaissaient les détails du plan. Il était tout à fait possible que lui seul ait su quel voeu il allait formuler.

« Il n’a jamais parlé de la suite ?
- Pas avec moi en tout cas, jamais précisément en tout cas.
- C’est à dire ?
- Il évoquait toujours notre avenir. Que ce serait le moyen de briller de nouveau, de prendre notre revanche, ce genre de choses… Tout le monde supposait que ce serait une première étape de la conquête de votre univers. »

Une bonne hypothèse. Auriel aurait eu les moyens de se lancer, même sans les Dragon Balls. Mais avec la Grande Makaïoshin en plus… Persée n’osait imaginer le résultat. Bra et Kalta avaient tout donné pour vaincre un seul d’entre eux. Et elle n’était toujours pas sûre que Bra suffirait contre la Makaïoshin seule.

« Passons. Il a ramené la Makaïoshin. Resheph est morte.
- Elle est immortelle…
- Peu importe, elle n’est plus là, si ? Belial est au Makaï. La porte est détruite. Ne reste qu’Ithaxus. Il a passé trois mois dans notre univers, caché. »

Persée poussa un soupir. Depuis la mort de Kalta, l’Empire était plongé dans un semi-chaos presque permanent. Si le nihilien avait été là, est-ce qu’Ithaxus aurait eu autant de facilité à se cacher ? Elle n’aimait pas imaginer cette réalité alternative, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher… Est-ce que la Makaïoshin avait cherché à exploiter ces circonstances en tuant l’Empereur ou bien n’était-ce qu’un heureux hasard pour elle ?

« Si la Makaïoshin l’a ramené maintenant, c’est qu’il a ce qu’elle voulait, conclut-elle en posant le menton dans ses mains gantées.
- Mais quoi ?
- C’est ma question, Garlic. Qu’est-ce qu’il faisait encore là ? »

Sa voix avait claquée, un peu plus fort que prévu. Le résultat des frustrations et des inquiétudes cumulées de ces derniers jours. Il y avait moins de douze heures qu’elle avait cru mourir face à Broly.
Elle ne s’excusa pas pour autant.

« Les Dragon Balls, elles sont encore là. Comment saviez-vous où les trouver la première fois ?
- Des mages. Elles dégagent une énergie magique. Il a fallut plusieurs mois pour les repérer avec précision, mais c’était possible.
- Même inactives ?
- Je n’en sais rien. Je ne crois pas que nos mages pourraient mais… la Makaïoshin. On dit qu’elle est l’inventeuse de la magie Madoshi, et de bien d’autres formes. »

Vrai ou non, cette réputation reflétait sa puissance magique. Et si elle avait été capable de suivre les Dragon Balls à la trace, même inactives ? Persée n’avait pas envisagé cela, pas plus que Bra : tout le monde pensait les sphères impossibles à tracer quand elles étaient dans cet état.
Mais si… ?

« Qu’est-ce qu’elle ferait avec ? Ressusciter Auriel ?
- Ce serait logique, non ? tenta Garlic. »

Un cycle sans fin.

« Non. Pour ressusciter quelqu’un, son âme doit être intact quelque part. Si Enma n’est pas stupide, il fera purifier l’âme d’Auriel dès son arrivée dans l’au-delà.
- Alors je ne sais pas. Enfin… Nos légendes disent qu’elle était celle qui a failli conquérir votre univers, à l’époque de la grande guerre contre les Kaïoshins, alors je suppose que… »

Persée releva les yeux vers Garlic. Une part d’elle se demandait toujours s’il cachait quelque chose : il était leur meilleure source d’information sur les démons mais il était aussi un risque à part entière. Sa technique de la Deadzone pouvait causer des dommages irréparables, c’est bien pour cela qu’il était surveillé en permanence. Est-ce qu’il pourrait essayer de les tuer ou de leur cacher quelque chose pour rentrer dans les bonnes grâces de la Makaïoshin ?
Non. Ce qu’il a fait a permis la mort d’Auriel. C’était bien pour cela qu’il était coincé ici avec eux. La Makaïoshin le tuerait sans doute pour sa trahison ; sa meilleure chance de survie était de coopérer avec eux.

Persée finit par retirer son casque. Elle avait l’impression d’étouffer. Elle déposa l’objet sur la table avec un claquement sec.

« Créer une autre porte ? proposa-t-elle. Sa magie permet de passer d’un univers à l’autre, donc elle n’en a pas besoin.
- Si. Elle n’a ramené qu’Ithaxus, non ? Je ne crois pas qu’elle puisse le faire à volonté et pour toute son armée. La magie a un coût, même la Deadzone a un coût.
- Alors c’est ça, créer une nouvelle porte pour revenir ?
- Pourquoi pas ? »

Garlic n’avait pas haussé les épaules. En fait, il donnait l’impression de frissonner, plutôt. La peur de voir revenir la Makaïoshin.

Peut-être que c’était tout simplement ça. Le retour d’une porte. Une nouvelle armée, cette fois-ci menée par la déesse plutôt que par Auriel. La perspective était terrifiante, mais elle avait au moins l’avantage d’être un terrain connu. C’était le plus logique après tout, si l’objectif de cette femme était d’achever la conquête de l’époque. Il fallait maintenant déterminer où elle frapperait en premier.
Non… Elle veut plus que ça.

Alors qu’elle laissait son regard tomber vers la table à nouveau, le combat contre Broly lui revint en mémoire. Le regard fou quand il l’avait vu. La colère sur ses traits, la rage dans la voix qu’elle pouvait entendre dans son esprit. Cette femme cherchait la vengeance, pas simplement la conquête. Et la vengeance contre…

Un arbre titanesque s’étendait dans les cieux. Ses branches noires fracturaient le rouge de l’atmosphère comme un miroir brisé.

Persée se redressa si brusquement qu’elle fit trembler la table et tomber son propre casque.

« Je sais ce qu’elle va faire ! »

* *
*

Aidan n’avait jamais attrapé son scouteur aussi rapidement. Si elle ne s’était pas rattrapé au dernier moment, elle aurait sans doute explosé l’objet en même temps que la table de nuit en-dessous. Par chance, elle était depuis longtemps capable de contrôler ses réflexes, même au réveil. En quelques instants, les dernières brumes du sommeil s’estompèrent de son esprit et elle reconnut la sonnerie : quelqu’un tentait de la contacter. Dans le noir, elle trouva le bouton pour accepter l’appel et ainsi stopper le bruit. Puis, elle se figea dans le lit.

S’ils l’ont réveillé…

Bra ne bougeait pas. Son bras était toujours enroulé autour de la taille d’Aidan, remontant un peu vers sa poitrine, et le léger mouvement de la soldate n’avait pas délogé son amante. La saïyenne avait le sommeil lourd, surtout après des combats épuisants. Tant mieux, car elle avait besoin de repos. Aidan poussa un soupir de soulagement.

Une voix s’élevait du scouteur, trop faible pour être entendue. Sans bouger autre chose que son bras, pour ne pas déranger sa petite amie, Aidan ramena l’objet à son oreille. Elle reconnut alors la voix : Akkilae.

« Quoi ? murmura-t-elle de la façon la plus agressive qu’elle pouvait.
- Je n’arrive pas à contacter l’Impératrice. Il faut que…
- Elle dort. Je vous rappelle qu’elle vient de nous débarrasser de Broly et qu’elle est passée proche de…
- Siberia a été retrouvée. »

Le nom de l’ancienne impératrice chassa toute trace de colère et acheva de dissiper le sommeil. Même sans bouger, elle sentit son corps se raidir.

« Quoi ? laissa-t-elle échapper. »

Bra réagit, cette fois-ci, mais elle ne fit rien de plus que grogner un peu dans son sommeil et se coller encore un peu plus à la commando, son nez froid pressant contre la nuque d’Aidan. La jeune femme se mordit la lèvre pour reprendre un peu le contrôle de sa voix.

« Expliquez-moi. Sans parler trop fort. »

Akkilae sonnait confus, mais il s’exécuta sans discuter.

« Nous avons reçu un appel de Cold 3. Ils ont essuyés une attaque, mais Siberia est intervenue avec une armée. Elle a confronté Ithaxus mais le démon a disparu dans les airs. Il dit qu’il a été “rappelé” quelque part. On pense que…
- Ce serait la Makaïoshin. »

Même sans rien comprendre à tout ce qui se disait, Aidan préférait écourter. Elle savait déjà comment cela allait finir : qui d’autres pouvait être tenu pour responsable. Ce qui l’inquiétait, c’était tout le reste.

Une armée ? Elle a survécu à Ithaxus ? Où était-elle exactement ?

Une part d’elle était soulagée : voilà au moins une chose que les démons n’auront pas réussi à faire lors de leur première attaque. Sauf que ce n’était vraiment pas le moment : l’Empire retrouvait à peine de la stabilité et Bra commençait à se faire à son rôle. Siberia était une toute autre créature. Peut-être pas la meilleure option pour un univers qui devait se préparer à un nouvel assaut, mais les anciens partisans de Cold allaient sans aucun doute se rallier autour d’elle.

« Combien de temps pour rejoindre Cold 3 ?
- Si je donne tout ce que j’ai, je peux y être en 22H.
- Nous partons tout de suite, ordonna-t-elle à voix basse. J’informe l’Impératrice dès que possible. »

Akkilae opina et raccrocha. Il n’était pas stupide ; il devait savoir où était Bra. Aidan jeta simplement le scouteur plus loin sur les draps, avant de laisser tomber sa tête sur l’oreiller avec un profond soupir.

Cela ne s’arrête jamais…


Après quelques secondes ainsi, à se demander ce qu’elle devait bien faire, la jeune femme commença à se tortiller. En quelques gestes lents et méthodiques, qui prirent beaucoup plus de temps qu’il n’en faudrait normalement, elle parvint à se retourner sans déloger le bras de son amante. Sa main reposait maintenant dans son dos, inerte, pendant qu’Aidan lui faisait face.

La faible lumière de l’écran du scouteur éclaira encore quelques instants les traits paisibles de l’Impératrice. Bra portait encore les marques de son combat contre Broly, n’ayant passé que quelques minutes dans une cuve de soin. Malgré tout, elle semblait heureuse, à dormir comme ça, couvant Aidan de sa présence même dans son sommeil.
La commando se tortilla encore et étira le cou, jusqu’à déposer ses lèvres sur la joue la plus proche. Bra n’ouvrit toujours pas les yeux, mais Aidan sentit la poigne s’affermir dans son dos et une jambe s’enrouler autour des siennes. Elle sourit en se blottissant contre sa petite amie.

Encore quelques heures de repos. Bra méritait bien ça.

* *
*

« Nous n’aurons pas de zone pour atterrir, mais Akkilae va nous mettre en vol stationnaire à une cinquantaine de mètre du sol. »

Bra s’était retourné en entendant Aidan revenir dans la salle, mais elle n’eut pas besoin de la rejoindre. La commando s’élevait déjà vers elle.
La baie d’observation était toujours déserte. Bra avait décidé d’y attendre ici l’approche de Cold 3 plutôt que dans le chaos du poste de pilotage. Akkilae n’avait pas besoin d’elle de toute façon. Ici, elle était au calme et, surtout, à l’écart des communications impériales.

Le retour de Siberia n’était plus un secret pour personne à présent. Il y en avait toujours pour douter, mais déjà les planètes Coldistes réclamaient le retour de leur véritable Impératrice. Une part de Bra était soulagée, mais elle était surprise de découvrir une autre part, inconnue jusqu’alors, qui regrettait que ce soit finit. Qui aurait voulu faire plus.

« Je crois qu’elle nous attend, annonça Aidan en se stabilisant tout près d’elle. »

Bra lévitait au niveau de la bulle d’observation. Le seul moyen de regarder vers la surface dans ces vaisseaux, qui semblaient conçu pour surveiller les attaques venus du haut.

« Je les sens, répondit-elle avec un sourire. »

Depuis quelques mois maintenant, elle avait pris l’habitude de surveiller attentivement les puissances qu’elle ressentait sur toutes les planètes qu’elle approchait, à la recherche d’une anomalie. Mais même sans cela, elle ne pouvait pas les manquer. Les nihiliens. Il y en avait des centaines, toute d’une force incomparable aux autres habitants de la planète.

L’énergie de Siberia était là aussi, conforme à ce que Bra avait toujours senti autour d’elle : une petite étoile blanche, rayonnante de confiance. Les autres étaient similaires, mais moins intenses. Cela avait quelque chose de rassurant : Cold, Freezer et leurs familles faisaient figure d’exception. Sans parler de Kalta. Mais même s’ils étaient moins puissants, presque toutes les puissances qu’elle ressentait aurait été en mesure de devenir un dictateur comme Cold, écrasant toute résistance sur son passage.
C’était donc ça, Nihila. Kalta lui avait déjà parlé de son peuple, sans jamais révéler l’emplacement de la planète, mais être témoin de la chose était entièrement différent.

« Je vois que tu n’as pas mis ta cape ? »

Aidan extirpa gentiment Bra de ses pensées. L’Impératrice par intérim baissa les yeux sur sa tenue. Sans réfléchir, elle avait enfilé l’armure de cérémonie qu’elle enfilait depuis des mois maintenant, mais elle avait en effet évité la cape. L’accessoire faisait toujours “de trop” de toute façon, même sur Kalta.

« J’ai pensé qu’elle n’apprécierait pas.
- C’est sans doute un bon calcul.
- Nous allons bientôt le vérifier… »

La couche nuageuse passait autour d’eux pendant que le vaisseau ralentissait sa descente. Pendant un moment, la baie fut plongée dans une atmosphère grisâtre et sombre. Bra, pourtant, se sentait très bien.
Elle avait dormi 10 heures, en ne se réveillant que très ponctuellement et toujours pour retrouver son Aidan à ses côtés. Soit contre elle, soit à son chevet. La jeune commando était encore là et les volutes nuageux prenaient un éclat doré dans ses yeux. Bra se prit à sourire en l’observant.

La voix de la Makaïoshin ne s’était plus manifestée depuis la défaite de Broly. Ce n’était peut-être qu’une diversion, mais la demi-saïyenne avait tout de même l’impression qu’elle avait débloqué quelque chose. Une nouvelle transformation, quelque chose d’à la fois incroyablement puissant et différent du super saïyen tel qu’elle se le figurait. Les souvenirs étaient encore flou, mais elle ne se souvenait pas de la rage violente qui l’envahissait lors de ses premières transformations. C’était plutôt… Une sensation d’équilibre intense.
Aidan n’était pas étrangère à ce nouvel état.

« Pas trop déçue ? demanda-t-elle soudain sans quitter son amoureuse des yeux.
- Déçue ? De quoi ?
- Eh bien, d’ici quelques instants, tu ne sortira plus avec l’Impératrice de tout l’univers. »

Aidan haussa un sourcil, apparemment surprise du trait d’humour soudain. Elle se rapprocha.

« Mon Impératrice compte abdiquer si facilement ?
- Je ne sais pas… Siberia est très convaincante, et très effrayante.
- Hm. Tu as raison… soupira Aidan en glissant une main sur l’épaule de sa compagne. Je vais devoir me contenter d’une héroïne alors. »

Avec un rire délicat, elle alla nicher son nez dans le cou de la jeune femme.

« Je survivrais. Même si je pense quand même que tu ferais un bon boulot.
- Je doute qu’elle soit du même avis. »

Aidan rit à nouveau, mais son rire était plus triste. Les deux femmes savaient très bien que la première chose qu’elles allaient devoir discuter avec la Makaïoshin était le destin de Kalta. Siberia devait sans doute savoir mais seul Bra pourrait lui parler des circonstances exactes.

« Les voilà. »

Bra apercevait en effet les premiers toits d’immeubles, culminant à des kilomètres d’altitude. Sur l’un d’eux, une tâche blanche tranchait violemment avec la couleur de l’acier. Une assemblée de créature toutes plus puissantes les unes que les autres. Et un minuscule point blanc s’éleva dans les airs, vers le vaisseau. Siberia.
L’Impératrice prit une inspiration. Il ne servait à rien de retarder cet instant, même si c’est ce qu’elle désirait le plus au monde. Difficile à croire, mais cette femme l’effrayait bien plus que Broly…

« Akkilae, tu peux ouvrir la baie d'observation.
- Tout de suite, Impératrice.
- Juste Bra.
- Pas encore. »

Prise de court, elle n’eut pas le temps de trouver une réponse approprié avant de voir la grande vitre sphérique s’ouvrir. Bra s’élança dans les airs, suivie de près par Aidan.
Elles croisèrent Siberia à mi-chemin, au milieu des nuages qui avaient repris leurs cours tranquille au-dessus de la planète-ville.

La mère de Kalta ne portait pas l’armure ou même une tenue impériale, mais une sorte de toge qui s’enroulait de ses épaules à ses hanches. Le tissu paraissait lourd, mais il était surtout agrémenté de fils dorés et argentés, qui s’enroulaient autour de perles brillantes et de pierres précieuses. L’ensemble aurait été de trop sur n’importe quel autre espèce, mais cela allait étrangement bien avec la peau trop pâle des nihiliens et les plaques colorées de leurs corps. C’était d’ailleurs là que le tissu s’ouvrait et que les pierres précieuses se concentraient.

« Dame Siberia, salua Bra tandis qu’Aidan s’inclinait.
- Mademoiselle Brief. Ou devrais-je dire “Impératrice” ? Dans ce cas, vous devriez m’adresser en tant que Reine. Il semble que les choses aient bien changés depuis notre dernière rencontre. »

Le ton de la Reine était comme il l’avait toujours été : distant, froid, mais il y avait une piqûre supplémentaire dans ses mots. Une violence dont Bra ne pouvait ignorer la cause.

« Je… Vous n’êtes pas obligée de m’appeler…
- Est-ce vrai ? la coupa Siberia. »

La question perça un trou jusqu’au coeur de Bra. Elle baissa les yeux avant d’oser répondre.

« Oui. Je suis désolé.
- Comment est-ce arrivé ?
- Kalta a… Nous avons suivi les démons jusqu’à leur monde d’origine. Kalta a affronté leur roi, un être très dangereux. Il a réussi à le vaincre mais… Ils avaient utilisés les Dragon Balls pour ramener une créature plus dangereuses encore. Le monde des démons tout entier s’est dressé contre nous et Kalta… Kalta s’est sacrifié pour détruire la porte et les empêcher de nous envahir. Il était blessé, je crois que… je crois qu’il ne voyait pas d’autres options. »

Prudemment, Bra releva les yeux. C’était la première fois depuis longtemps qu’elle racontait ce qui s’était passé au Makaï. Donner l’explication la faisait se sentir presque moins coupable. Elle s’attendait tout de même à trouver les deux rubis glacés fixés sur elle, accusateurs. Ce n’était pas le cas : Siberia regardait par-dessus son épaule. Vers Aidan.

« C’est vrai, Madame. L’Empereur a conduit l’assaut en premier. Il était… il était le dernier à devoir sortir.
- Avant de mourir, il m’a demandé… Il m’a demandé de vous retrouver. »

La saïyenne retint une grimace. Pourquoi se sentait-elle obligé de rajouter ça ? Est-ce que cela avait de l’importance pour Siberia ? Que la dernière parole de Kalta ait été pour elle.

« Je vous dirais bien que vous n’avez pas réussi, mais je n’avais pas rendu la tâche facile. »

Toujours aucune variation de ton, mais maintenant que Bra osait soutenir le regard rouge de sang, elle pensait déceler quelque chose dans les pupilles de la Reine. Comme un éclat en moins. Une absence.

« Je suppose que le rapport concernant le commandant Palpi n’était pas exagéré non plus. »

La remarque prit autant Bra qu’Aidan par surprise, mais ce fut la jeune commando qui répondit avec un hoquet douloureux.

« Non, dès la première attaque… Nous l’avons perdu. »

Pendant un instant, la jeune saïyenne ne comprit pas pourquoi l’on parlait soudainement du commandant de la Main. La liste. Bien sûr que Siberia était au courant. Kalta avait dû lui en parler. Les yeux rouges qui la fixaient avec insistance n’étaient donc pas surpris de la trouver à cette place.
Est-ce qu’elle avait approuvé ce choix ?

« J’ose espérer que notre Empire ne s’est pas trouvé entre de trop mauvaises mains.
- Il a survécu, répondit Bra sans ambage.
- Avec la disparition d’Ithaxus, nous n’avons plus de menace identifiable et toutes les rébellions ont été matées.
- Cela a dû vous changer, Impératrice Brief. »

Les nihiliens avaient tous ce même sens de l’humour : celui où l’on était jamais sûr qu’ils plaisantaient. Bra ne savait pas quoi répondre, sinon avec un maigre sourire. Au moins, Siberia ne cherchait pas le conflit, mais était-ce par peur de la puissance de la saïyenne ?

« Quelle est la prochaine étape ? demanda la nihilienne.
- Avec votre retour, le trône vous revient. Nous allons nous concentrer sur l’élimination de la menace. La Makaïoshin a récupéré les Dragon Balls mais je compte bien les utiliser, dès que possible, pour ressusciter Kalta et réparer tous les dégâts que les démons ont causés. »

Cette fois, enfin, il y eu un bref changement dans le regard de Siberia. Comme une ombre qui passait dans les iris rougeoyants. Un espoir ? Ou un doute ? Bra n’avait jamais autant regretté Kalta qu’à cet instant, alors qu’elle devait s’adresser à sa mère, sans savoir comment s’y prendre.

« Il n’est donc pas trop tard pour mon fils. J’ai assisté au pouvoir de ces artefacts une fois. J’espère qu’ils sont bien capables de ces miracles.
- J’en suis sûre, mentit Bra. »

Les Dragon Balls avaient des limites, des règles, elle le savait. Celles-ci étaient inconnues. Peut-être ne pouvaient-elles pas ressusciter quelqu’un. Peut-être ne pouvait-elles ressusciter que ceux mots depuis moins d’un an, d’un siècle ou d’un mois. Il était impossible de le savoir, mais Bra refusait de considérer la possibilité de ne pas pouvoir ramener Kalta. Pas après tout ça.

« Fort bien. Quant au trône. Je ne sais pas si je suis en mesure de le récupérer immédiatement.
- Pardon ? hoqueta Bra, sans réfléchir. »

Siberia ne souriait pas, mais un bref éclat dans son regard trahit l’amusement. L’annonce du plan devait l’avoir soulagé. Elle tourna la tête vers l’immeuble qu’elle avait quitté, où se tenaient encore les nihiliens.

« Je me trouve occupée à d’autres responsabilités. Mon peuple n’a pas l’habitude de quitter sa planète. »

Son peuple. Le possessif était plus prononcé que d’ordinaire. Elle parlait bien de les diriger, ce qui expliquait sans doute leur présence à tous. Et le titre de Reine qu’elle s’était donné.

« Ils seront d’une grande aide si les démons venaient à revenir.
- Ce sera une première, pour eux.
- Pas vraiment.
- Je vous demande pardon ?
- Oh. Au cours de nos recherches, nous avons… Kalta a découvert plusieurs choses concernant votre peuple, alors qu’il n’était pas encore situé sur Nihila. Nous pensons qu’ils ont affrontés les démons, il y a de cela très longtemps. »

La nihilienne opina distraitement de la tête. Ce manque de curiosité n’aurait pas dû étonner Bra. Ce n’était pas une absence d’intérêt, mais cette famille avait toujours été très douée pour traiter les informations dans l’ordre, sans jamais se disperser. Siberia avait d’autres priorités, pour l’instant.

« Nous devrions examiner cela plus attentivement quand nous aurons plus de temps. Vous me parliez d’éliminer la menace, vous savez comment faire ?
Persée a une idée de la cible, je comptais m’y rendre dès que possible, avec le Rédemption et nos commandos. Je ne sais pas quand nous devrons partir mais j’espérais laisser quelqu’un de capable gérer le trône en mon absence et, maintenant que vous êtes là…
- Faites, Mademoiselle Brief. Pour l’heure, je vais m’efforcer d’organiser les Nihiliens. Quand le temps sera venu, j’organiserai aussi cet Empire. Cela ne devrait pas me demander beaucoup plus d’énergie. »

Bra sentit tous les muscles de son corps se détendre d’un seul coup. Elle n’avait même pas eu conscience d’être à ce point tendu.
Il ne restait qu’une seule étape.

* *
*

« L’Arbre de la Création ? »

La question de Bra résonna dans l’immense pont du Rédemption, entre les pods et les vaisseaux plus modestes entreposés là. Persée sortait à peine du sien et elle faisait face sans trembler à l’Impératrice. Aidan, comme le reste de l’équipe d’élite : Anik, Bido, Gokua, Zangya et, bien sûr, Garlic, attendait un peu en retrait. Le démon était le moins surpris, mais il fixait tout de même l’ancienne chasseuse avec curiosité. Aidan le surveillait attentivement, même s’il s’était montré très coopératif jusqu’ici.

« Tu te souviens du Makaïoshinkaï ? L’Arbre que nous avons vu était mort, mais il était l’origine des Makaïoshins. Ils naissent de ses fruits comme les Kaïoshins naissent de celui de la création. Celui des Makaïoshins a été détruit, ou en tout cas est mort, au cours ou à la fin de la première guerre. Sans lui, plus de Makaïoshins, elle est la dernière.
- Tu pense qu’elle veut faire pareil avec celui des Kaïoshins.
- Ce serait logique, nota Garlic. Une vengeance équilibrée.
- Elle a déjà tué Kalta pour venger Auriel. L’univers est une cible, c’est sûr, mais ce sera une cible d’autant plus facile si les Kaïoshins sont neutralisés.
- Ils ne le sont pas déjà ? Il n’en reste plus.
- Que l’on sache, mais avant Buu les Kaïoshins n’intervenaient que très peu. Il est possible qu’un nouveau-venu se fasse discret. Et même s’il n’y en a pas, peu importe : avec la destruction de l’Arbre, elle sera sûre de gagner. »

Aidan voulait bien la croire. Persée était leur référence - leur seule référence - quand on parlait mythologie. Et elle voyait bien que Bra n’attendait que ça également : une occasion d’agir et de prendre les devants plutôt que d’attendre que les problèmes ne leur tombe dessus. Néanmoins, la jeune commando voyait un souci évident.

« Il y a un problème, non ? L’Arbre est dans une autre dimension.
- Exact, confirma Persée. Le Kaïoshinkaï est sur le même plan que le Paradis.
- Tu veux qu’on meure pour y aller ? demanda Bra, étonnamment sérieuse.
- Non. Même du Paradis, il est inaccessible.
- Donc on sait où elle va, mais on ne peut pas l’y rejoindre. »

Persée poussa un soupir et s’assit sur les marches qui menait à sa soute. Une silhouette descendit derrière elle, Cass. L’oracle semblait flotter sur le petit escalier et vint se poster aux côtés de sa compagne.

« Un vaisseau a déjà fait le chemin entre ce plan et celui du Kaïoshinkaï. »

Bra comprit avant que Persée ne le dise.

« Le Tempête. »

L’ancienne déesse opina, mais ses yeux restaient baissés et ternes. Ce n’était pas aussi simple ; ça ne l’était jamais.

« Quel est le problème ?
- Les coordonnées sont encore dans la mémoire de l’appareil mais… il a fallu une quantité d’énergie colossale pour transpercer les couches de la création jusqu’ici. Ce sera encore pire en sens inverse.
- Les réacteurs peuvent supporter ça ?
- Oui, ce n’est pas le problème : à l’époque, j’avais accès à tout le pouvoir de création des Kaïoshins. Aujourd’hui… je ne sais pas comment nous pourrions avoir assez d’énergie. »

Aidan pouvait presque sentir le moral s’effondrer. Hors de question de laisser les choses se régler aussi facilement. Surtout quand elle pouvait voir dans les yeux de sa petite amie que Bra était déjà plongée en plein calcul.
« Est-ce que tu as une estimation de la quantité d’énergie nécessaire ? »

Les épaules de Persée s’affaissèrent encore un peu plus, si c’était possible. Elle attrapa un petit appareil dans sa main et l’alluma : un chiffre s’afficha au-dessus de sa paume, flottant innocemment malgré l’importance de sa signification.
C’était astronomique. Même la jeune commando se sentit découragée.

Quelqu’un ne l’était pas, cependant.

« Les Dragon Balls de la Terre ont besoin d’un an pour se remettre à fonctionner. Celles-ci aussi ont besoin d’un peu de temps, donc on a une marge.
- Même avec une marge… commença Anik.
- On a tout un univers à disposition. Tout un Empire. Je l’ai visité en long en large et en travers ces derniers mois, je sais où le Tempête pourra se charger. Et je sais quels systèmes ont les moyens de produire une telle quantité d’énergie… Il faudra juste un peu de temps. »

Aidan releva les yeux et fut presque surprise de lire une pareille confiance en elle dans les yeux azur de sa bien-aimée. Bra souriait. Soudain l’espoir était de retour.

« Selon mes calculs, en trois mois nous serons prêt. »

Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

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Tierts
Nihilien Légendaire
 
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