Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar Anaunsa le Mer Sep 17, 2014 23:57

Je vous invite à découvrir ici ma première fanfic écrite. Un one shot humoristique.
Cette histoire a été écrite d'une traite au moment de la publication de "Dragon Ball Minus", inspirée par les diverses réactions que ce nouveau chapitre de Toriyama avait suscitées.
Comme j'étais parti sur un "délire", je pensais la garder pour moi mais en retombant dessus je me suis dis que ce serait sympa de la retravailler un peu et de la partager.
Bonne lecture !






Sa Majesté Minus – une fable saiyane



« Majesté, nous avons un problème ! »

Les rois n'aiment pas être dérangés. C'est comme ça. Mais pour le jeune roi Vegeta, c'était différent. C'est un Saiyan et, à cette époque, les Saiyans s’ennuyaient beaucoup. Il faut dire que chez eux, les artistes n'existent pas. Pas de théâtre, pas de livre, pas de musique et encore moins de musée à visiter... Quant à la chasse, elle ne procurait réellement de la satisfaction qu'aux enfants. En effet, les adultes saiyans étaient tellement rapides qu'ils surclassaient en vitesse n'importe quel gibier et tellement puissants qu'ils pouvaient assommer d'un simple coup de poing les créatures les plus imposantes. Aucun défi, aucun challenge. Alors, pour toutes distractions, les adultes s'adonnaient à la fornication intensive, ce qui avait pour résultat un nombre considérable de naissance. Oh, le mardi il y avait bien le tournoi hebdomadaire de blagues mais le roi Vegeta les connaissait désormais toutes par cœur. Et d'ailleurs, il préférait le rendez-vous du jeudi. C'était ce soir là où l'on jouait à « Je te tiens par la barbichette, le premier de nous deux qui rira se prend une mandale !». A cette occasion, le souverain y mettait souvent son trône en jeu. Aucun risque pour lui, il était imbattable. Mais ça l'excitait un peu.
Pour lors, dans sa petite bâtisse royale, assis sur un rocher vaguement plat qui lui servait de trône, il grattait sa barbe fournie en observant avec lassitude son conseiller à qui il avait ordonné l'exécution d'une danse afin de trouver un peu de distraction. Une danse sans musique, faut aimer. Alors quand Minus est entré dans la pièce avec une telle panique dans le regard, le roi Vegeta s'était presque senti comme sauvé. Il allait peut être enfin se passer quelque chose !
Minus était un surnom. Frêle et petit, ce Saiyan avait très tôt été surnommé ainsi, si bien qu'aujourd'hui tout le monde avait oublié son véritable nom. Même noyé dans le contre jour de la porte d'entrée, unique ouverture de la bâtisse royale, le petit gabarit du Saiyan était reconnaissable entre tous. Minus posait de grands yeux sur son roi posté au fond de la pièce, elle même éclairée par le top de la technologie saiyane : des objets de cire à l'intérieur desquelles se trouvaient des mèches dépassant de leurs extrémités hautes et allumés chacune d'une flamme. Des bougies, en somme.

— Je t'écoute, Minus, fit le roi Vegeta.
— Vous vous souvenez nous avoir demandé ce matin d'écarteler le petit malin qui s'amusait constamment avec les chiffres, parce que, selon vos propres termes, un Saiyan instruit ça fait mauvais genre ?
— Oui. Et ? fit le roi, impatient d'en savoir plus.
— Et bien, juste avant d'entamer les festivités, il nous a fait part de ses calculs. Et ils ne nous sont pas favorables !
— C'est-à-dire ?
— Nous sommes trop nombreux, Majesté !
— De ? demanda le roi avec ce sens de l'à-propos qui le caractérisait.
— Vous savez, la pénurie de Pétaures..., enchaîna le petit Saiyan.

Minus savait qu'il touchait là un point sensible tant son souverain raffolait de la viande de ces créatures devenues trop rares.

— On raconte qu'au temps de nos ancêtres, poursuivit Minus, ces bestioles galopaient partout en ce monde et qu'il suffisait de tendre la main pour s'en mettre directement plein le cornet. Or, comme vous le savez bien, les foyers de Pétaures disparaissent les uns après les autres. Il faut désormais parcourir de longues distances et être sacrément chanceux pour espérer dénicher un ou deux de ces bestiaux.
— Hélas... reconnut le roi.
— Mais ce qui est encore plus inquiétant, précisa Minus, c'est que les autres gibiers semblent également prendre le même chemin. Vous n'avez pas remarqué comme nos petits chasseurs mettent de plus en plus temps à nous rapporter de belles pièces ? Nous nous reproduisons trop vite alors que le gibier disparaît. A ce rythme, votre peuple n'aura bientôt plus rien à manger, Majesté !

Le roi Vegeta se contenta de lever un sourcil perplexe pour toute réaction alors Minus rectifia sa dernière phrase.

— A ce rythme, VOUS n'aurez bientôt plus rien à manger, Majesté !

Le souverain saiyan se leva alors de son rocher, la mine sérieuse. Il venait de mesurer pleinement la gravité de la situation. D'autant plus que lui, comme tous les Saiyans, était doté d'un appétit insatiable. Le conseiller prit alors la parole pour la première fois.

— Si je peux me permettre, Majesté, j'aurai une idée à vous soumettre. Puis-je interrompre ma danse afin de mieux vous l'exposer ?

Le roi fit un signe approbateur de la tête et le conseiller cessa de gigoter.

— Et si nous capitalisions nos ressources ? essaya le conseiller. Mettons nous à l'élevage ! Certaines bêtes seraient destinées à être mangées tout de suite alors que d'autres seraient protégées afin de les faire se reproduire entre elles... pour les manger plus tard ! Et on pourrait faire de même avec les légumes et les fruits que nous ferions pousser dans des parcelles réservées !

Les Saiyans s'observèrent un moment sans rien dire avant d'éclater de rire tous les trois.

— Des Saiyans agriculteurs ! On aura tout entendu, lâcha le roi Vegeta, hilare, tout en s'essuyant une larme du doigt avant de reprendre un air sérieux. Non, je crois que j'ai une meilleur idée. Vous vous rappelez des bouboules des Tsufuls ?
— Hélas, majesté, comment les oublier ? soupira le conseiller. Mon jeune frère faisait partie de l'expédition qui les a découvertes. Il s'est assis dans l'une d'entre elles - ça semblait confortable – puis, en posant ses pieds sur le tableau de bord, a malencontreusement appuyé sur un bouton de commande. La bouboule s'est alors refermée sur lui juste avant de décoller pour les étoiles. Nul ne sait où se trouve mon frère depuis ce temps, poursuivit-il avant de se perdre dans ses pensées. Nappa, mon frère, tu me manques...

Une vague d'énergie vint subitement désintégrer la tête du conseiller dont le reste du corps s'effondra sur le sol en terre battue de la bâtisse. Le roi Vegeta referma sa paume encore fumante.

— Saloperie de sentimental ! cracha le souverain avant de se retourner vers Minus. Où en étais-je déjà ?

Minus savait parfaitement que son roi détestait par dessus tout que ses sujets montrent la moindre affection entre eux. C'était preuve de lâcheté ! Voir même... d'un esprit malade et nauséabond. Le conseiller le savait plus que tout autre. Ainsi, Minus ne s'émut guère du sort de ce dernier et préféra aider son souverain à retrouver le fil de la discussion.

— Les bouboules, Majesté.
— Ah oui. Te souviens-tu de ce que ce vieux Tsuful à moitié fou nous avait raconté avant de mourir ?
— Parfaitement, je me suis moi même chargé de l'achever, affirma Minus. Il nous avait dit que dans chaque bouboule avait été rentrées les coordonnées d'une planète habitable, soutenant par la même occasion qu'il existerait un nombre infini de mondes parmi les étoiles. Je dois vous avouer que cette révélation ne m'avait pas laissé indifférent. Le soir venu, j'ai dû mettre au moins un quart d'heure avant de m'endormir. Mais votre idée, Majesté, quelle est-elle au juste ?
— Envoyons nos enfants dans l'espace !
— Je vous demande pardon...
— Nous sommes trop nombreux, n'est-ce pas ? poursuivit le roi. Et nous disposons d'un nombre quasi illimité de bouboules... Alors dès qu'un bébé naît, on l’envoie parmi les étoiles et on le laisse se rendre maître de la planète sur laquelle il atterrit, en exterminant si besoin la population locale, pour qu'ensuite, nous, nous puissions profiter des ressources offertes par ce nouveau monde.
— Mais pourquoi envoyer des nourrissons ? Nos adultes formés et entraînés offriraient un rendement infiniment supérieur. Et puis, nous aimons nous battre ! Pourquoi laissez des chiards faire le meilleur des boulots à notre place ?
— Les voyages forment la jeunesse.
— Vous avez réponse à tout, Majesté, reconnut Minus en s'inclinant. Cependant, que vont en penser nos femelles ?
— Euh... je ne suis pas sûr d'avoir compris la question.
— Et bien, je me dis que - peut être hein, ce n'est qu'une supposition - après avoir porté nos enfants plusieurs mois dans leur ventre, avoir connu la douleur et la libération de l'enfantement, une certaine empathie pourrait s'établir entre elles et leurs bébés. Alors si on envoie ces derniers à l'autre bout de la galaxie pour y faire la guerre, elles pourraient voir ça d'un mauvais œil et seraient bien capables de nous faire un coup du genre « No Peace, No Pussy ».
— « Nos pisses ?? » s'étonna le roi.
— Bah, je sais pas vous, mais moi je n'ai pas envie de dormir sur la béquille tous les soirs.
— Mmh, tu n'as peut être pas tort.

Le roi Vegeta entra dans une intense réflexion puis se dirigea vers l'un des murs de la bâtisse. Derrière, se trouvait un passage fréquenté du village. Il pensait y trouver à coup sûr ce qu'il cherchait. Si le mur avait une fenêtre, le souverain se serait simplement contenté de l'ouvrir. Mais chez les Saiyans, il n'y a pas d'artisan non plus. Et donc personne pour fabriquer des fenêtres et les poser. Alors le roi Vegeta envoya son poing dans l'immonde torchis qui constituait le mur de la bâtisse pour y créer un large trou, avant d'y passer la tête et ainsi observer ce qu'il se passait à l'extérieur. Très vite, il trouva une femelle saiyane accroupie sur un pauvre mâle qu'elle maintenait couché au sol tout en cherchant à lui crever les yeux à l'aide de ses pouces.

— Eh, toi, là-bas ! l'apostropha le roi.

La femelle saiyane tourna son regard vers son souverain sans pour autant lâcher sa prise.

— Combien as-tu d'enfants ? demanda-t-il.
— Je ne sais pas, moi. Quatre... peut-être cinq, répondit-elle.
— Si à la naissance du prochain, je te l'arrache pour l'envoyer dans d'autres mondes, sachant que tu ne le reverrais peut être jamais et qu'il pourrait bien en mourir... Ça te ferait quoi ?
— Sauf votre respect, Majesté, répondit-elle, j'en n'aurai absolument rien à foutre !

Le roi Vegeta sortit sa tête du trou pour s'adresser de nouveau directement à Minus.

— Et ben voilà ! s'esclaffa le roi. Pas de souci de ce côté là ! Et puis, s'il s'avère qu'elles décident quand même de nous faire chier, on les cognera plus fort, voilà tout.
— Vous êtes prodigieux, reconnut Minus.
— C'est pour cela que je suis roi. Allez, je file ! Je ne voudrai pas te déranger plus longtemps.
— Euh... Vous ne me dérangez pas du tout, Majesté. Après tout, c'est moi qui suis chez vous.
— Non, on fait un échange. Je prends ta baraque ! Celle-ci ne me plaît pas du tout. Il y a un trou dans le mur et un corps sans tête jonche le sol. Et puis, bon sang, que ce rocher me fait mal au fion !

Le roi Vegeta sortit de la bâtisse puis fit demi-tour pour s'adresser une dernière fois à Minus.

— Ah, au fait, ce Saiyan dont on parlait tout à l'heure, celui qui est doué avec les chiffres... Tout compte fait, il pourrait bien nous être utile. T'es gentil, tu me le ramènes.
— Euh... quel morceau ?



Bien des années plus tard...

« Majesté, nous avons un problème ! »

Le roi Vegeta ne remarqua même pas l'arrivée de Minus, tout occupé qu'il était à éblouir son prestigieux invité. L'élégant ambassadeur alien à la peau bleue ne cessait de balader ses quatre yeux sur les splendides architectures du grand et majestueux palais du souverain saiyan. Le roi Vegeta, quant à lui, était méconnaissable. Ses vêtements riches et élégants ne manquaient pas de rappeler sa fulgurante réussite et, propre et parfumé, il se plaisait à entretenir un petit bouc rasé avec précision. Un scaouter, petit appareil électronique placé devant son œil gauche, semblait l'accompagner en permanence.

— Que votre palais est somptueux ! déclara l'ambassadeur alien dans un français impeccable. Je n'avais jamais vu de tels éléments architecturaux et pourtant je suis connaisseur. Quel style est-ce ?
— Et bien figurez-vous, expliqua le roi Vegeta, que c'est du neo-korinthien. Mes hommes et moi avons envahi leur planète il y a maintenant un moment et réduit les survivants en esclavage. Les Korinthiens sont réputés pour être tous d'exceptionnels architectes. Par exemple, le dôme en verre turquoise là-bas, c'est un de leurs enfants qui l'a réalisé tout seul. Il a cinq ans à peine, le gamin. C'est remarquable.

Une ravissante musique se fit soudainement entendre au loin.

— Quelle est cette musique ? demanda l'alien fasciné. Cette sonorité... C'est un ravissement pour les oreilles !

Plus loin, les hauts jets d'eau qui s'échappaient gracieusement des dalles de marbre d'un coin du palais s’atténuèrent pour laisser entrevoir deux immenses volets de bronze, délicatement ornés de parures dorées, qui se mirent à coulisser pour laisser apparaître, en leur centre, un groupe de musiciens aliens.

— Ce sont nos Biths. Nous nous sommes emparés de leur planète l'année dernière. Planète qui est d'ailleurs habitée exclusivement de musiciens, précisa le roi Vegeta. Je crois même qu'ils se nourrissent de musique. Je veux dire qu'ils bouffent littéralement leur musique. Enfin, je crois... Nous en tout cas, on ne leur donne rien à manger. C'est fou, pas vrai ?

Soudain, de gracieuses danseuses à la peau jaune, d'une autre espèce alien que les musiciens, apparurent de portes dérobées pour exécuter un sensuel numéro de danse. L'ambassadeur était conquis.

— Quelle délicieuse idée d'avoir également réduit en esclavage le peuple de ces charmantes créatures, souffla-t-il.
— Ah non, là on n'a rien réduit du tout, rétorqua le Saiyan. Ce sont des Twi'leks. Un peuple uniquement composé de danseuses sexy naturellement disposées à l'esclavage. Elles se sont d'ailleurs proposées d'elles-mêmes, sans qu'aucun combat n'ait eu lieu. C'était même un peu frustrant pour nous, précisa-t-il avant de changer de discussion. Bien, et si nous parlions affaires ?
— Bien entendu !

L'alien tendit une puce électronique au roi Vegeta que ce dernier inséra dans un port de son scaouter prévu à cet effet. Pendant que les deux interlocuteurs se serraient la main, l'écran situé devant l’œil du Saiyan se mit à clignoter et une série de chiffre s'y afficha. Le visage du souverain saiyan se fit subitement sombre.

— Il y a un problème ? demanda l'alien qui avait, entre temps, reporté son attention sur les danseuses twi'leks.
— Je le crains, répondit le roi Vegeta en contenant sa colère.

Sa main, serrant toujours celle de l'alien, se crispa sensiblement.

— Car, voyez-vous, poursuivit le Saiyan, depuis quelques années je me suis familiarisé avec les chiffres. Alors, lorsqu'il en manque, je le remarque tout de suite.

Un léger bruit de craquement s'échappa de la main de l'alien.

— Lâchez-moi maintenant, vous me faites mal ! pesta l'alien exaspéré sans être libéré pour autant. A quoi vous vous attendiez ? Si nous avions voulu nous ruiner, nous nous serions directement adressé à Freezer ! Et je vous rappelle que si mon roi vous a demandé de lui obtenir cette planète pour laquelle il vous paie aujourd'hui, c'était dans le but de l'offrir à sa petite fille pour son anniversaire. Sa faune et sa flore y étaient remarquables et vous deviez simplement la vider de l'espèce intelligente qui l'habitait.
— C'est ce que nous avons fait, siffla le Saiyan entre ses dents serrées.
— Sauf que vous et vos macaques avez tellement fait le boulot salement que vous avez fait de cette pépite un véritable tas de boue ! Sachez que mon roi...

Le Saiyan ne laissa pas à l'alien le temps de finir sa phrase et transforma la main qu'il tenait dans la sienne en bouillie, d'une simple pression. L'ambassadeur hurla de douleur puis disparut, désintégré. Le roi Vegeta referma son poing puis prit un temps pour se calmer tandis que Biths et Twi'leks courraient se cacher dans les couloirs du palais.

— Tu avais quelque chose à me dire, Minus ? lança finalement le roi.
— Euh... oui, répondit le petit Saiyan peu rassuré.
— Alors, je t'écoute.
— Nous ne sommes plus assez, Majesté.
— Qu'est ce que tu racontes ?
— Vous savez, cette idée d'envoyer nos nourrissons conquérir d'autres planètes... et bien nos dernières études sont formelles, il semblerait que c'était une erreur. Sur les milliers d'enfants que nous avons envoyés à travers la galaxie, savez-vous combien en sont revenus vivants ?
— Deux. Oui, je sais.
— C'est exact, Majesté. Raditz et votre propre fils, le Prince Vegeta. Quelle chance inouïe ont-ils eu de tomber, l'un sur une secte d'aliens cannibales suffisamment patients pour le nourrir pendant des années pensant qu'il deviendrait un jour suffisamment dodu pour s'en payer une bonne tranche, et l'autre sur une maman larve géante pleine de lait qui a pris votre fils en affection !
— Les autres reviendront ! gronda le roi. Ils reviendront par milliers, fiers et puissants, pour honorer le peuple saiyan !
— Un peuple qu'ils n'ont jamais connu... Non, Majesté, nos experts sont catégoriques. Tous les autres enfants sont morts... depuis longtemps. Certains de faim, d'autres de déshydratation, d'autres encore dévorés par des bêtes, gelés ou brûlés par des climats hostiles... Tous trop jeunes, incapables de survenir aux besoins les plus vitaux !



Devant une immense baie vitrée, Freezer observait la planète des Saiyans. Son vaisseau stationné à bonne distance, le tyran galactique pouvait voir l'astre dans son entier. Assis dans un fauteuil en lévitation, il sirotait un verre de vin alors que Zarbon, son fidèle général, se tenait debout à ses côtés.

— Pas terrible, fit le tyran.
— Elle est hideuse, plaça Zarbon en pensant que son maître parlait de la planète qui leur faisait face.

Freezer ne releva pas. Les meilleurs crus de la galaxie étaient conservés dans les caves de son père, le terrible Cold, et Freezer était bien gardé de s'en approcher. Ce vin là était un peu jeune. Pas comme ce peuple vieillissant qu'il s’apprêtait à exterminer dans quelques minutes. Ah, ces Saiyans l'avaient pourtant bien amusé ! Il se souvenait parfaitement de sa première rencontre avec eux, lorsque son vaisseau s'était posé sur leur planète... par hasard. Du moins, c'est ce qu'il avait fait croire à son père. Cold l'avait défendu de se rendre dans ce coin de la galaxie, prétextant une vieille légende qui faisait soi-disant peur à leur famille. Mais le jeune et fougueux Freezer avait eu envie de s'offrir une frayeur. Dans un sens, c'était réussi. Jamais il n'avait rencontré de peuple aussi sale et à ce point analphabète. Même les plus rustres de ses esclaves étaient bien moins répugnants. Et puis, par amusement autant que par affront envers son père, il décida de leur offrir une place de choix au sein de son empire. Sous ses ordres, ses ingénieurs réussirent à convaincre Cold du potentiel de ces bouseux, notamment en mettant en avant l'ingéniosité de leurs pods spatiaux, bientôt adoptés par l'empire.

— Ils appelaient ça des « bouboules », se remémora Freezer amusé.

Mais la légende du Super Saiyan - ou du Super Saiyan God... Freezer ne savait plus très bien - avait fini par revenir sur le tapis. Cold avait été clair : les Saiyans devaient disparaître et c'était à son fils de s'en charger. Dans quelques instants, la planète des Saiyans sera réduite en poussière. On avertit Freezer que le vaisseau d'un ambassadeur navel a été repéré à sa surface. Tant mieux ! Le tyran avait de toutes façons prévu de mettre prochainement fin au pacte de non-agression passé jadis avec les Navels devenus trop gourmands pour l'empire, et il sentait là que s'offrait à lui le genre de petits incidents diplomatiques qui suffisent à déclarer une guerre.

— Zarbon... fit simplement le tyran à l'intention de son général.

Zarbon s'éclipsa sans un mot et c'est une délicieuse musique symphonique qui vint, l'instant suivant, tenir compagnie à Freezer en résonnant dans l'immense hall de son vaisseau. Le tyran murmura un dernier commentaire avant de se laisser bercer par la musique.

— J'aime ces petits moments de calme avant la tempête...



Au palais du roi Vegeta, l'heure était au règlement de compte fraternel.

— Mais regardez autour de vous ! s'emporta Minus. Nous ne sommes plus que quelques centaines !

Le souverain saiyan balayait alors les alentours de son regard. Et en effet, ce n'était pas folichon. Les villages, autrefois si vivants, étaient aujourd'hui déserts.

— Vous souvenez vous de l'époque où votre peuple était heureux, où nos villages débordaient de vie ? demanda Minus.
— Ah, ne fais pas le sentimental ou je t'explose ! prévint le roi Vegeta.
— Mais regardez-les, ces villages ! Ils sont tous déserts !
— Non, j'en vois un là-bas. Il semble animé.
— C'est le dernier ! Vous vous êtes tellement enfermé dans votre ego, obnubilé par l'avancée des travaux de votre palais, par la qualité de vos réceptions auxquelles votre propre peuple n'a jamais été convié, que vous n'avez rien vu de notre descente aux enfers ! Depuis votre rencontre avec Freezer, vous n'êtes plus le même ! Vous avez cherché à l'imiter ! Vous êtes même allé jusqu'à donner votre nom à notre planète ! Comme lui le fait avec les siennes ! Ce village, je suis sûr que vous ne pouvez même pas me citer le nom d'un seul de ses habitants !
— Si... souffla le souverain un peu penaud. C'est le village où habite Gine. Je le sais parce que je la hais.
— Vous la haïssez ?! Mais pourquoi ?
— Parce que... parce qu'elle aime.
— …
— Elle aime Baddack, poursuivit le roi en regardant au sol. Et il l'aime en retour. Je les ai vus à la naissance de leurs enfants. Ils étaient heureux. Cette vision m'a mis très mal à l'aise. J'ai d'abord cru que c'était du pur dégoût que je ressentais, que ces deux-là étaient des dégénérés. J'ai même pensé à les faire exécuter ! Mais j'ai feint de ne pas comprendre. En vérité, je les enviais. Jamais je n'ai pu ressentir cette chose... ce sentiment... l'amour... Pas même pour mon propre fils.
— Majesté... Est-ce que l'on a pas été un peu con ? Nous avons négligé l'éducation de nos jeunes, pensant que ça les éloignerait des combats. Nous ne leur avons pas donné d'amour, persuadés que ça les rendrait faibles. Et surtout, je pense que... un peuple ne devrait jamais sacrifier ses enfants. Ils sont sa force, son avenir !

Le roi ne disait rien et continuait de fixer le sol. Comprenant que son souverain était accablé, Minus s'en voulut.

— Majesté... cela fait tellement longtemps qu'on ne vous a plus vu au tournoi de blagues du mardi. Et... et ça me manque... follement... éperdument... douloureusement.

Le roi releva les yeux en direction de Minus et les deux êtres échangèrent un long regard, sans se parler. Gêné, Minus finit par briser le silence.

— Majesté... qu'est-ce qu'il nous arrive ?

Le roi ne lui répondit pas tout de suite. Il continua à le fixer du regard tout en affichant désormais un sourire paisible et serein.

— Minus... tu sais ce qui me ferait plaisir ?



On raconte que sur la planète Vegeta, quelques instants avant que celle-ci ne soit pulvérisée, un jeune Saiyan, désireux d'entrevoir les danseuses twi'leks dont on lui avait tant parlé, quitta son village pour se rendre discrètement aux abords du palais de son souverain. Alors que, sous le ciel devenu rouge, la terre tremblait, les dômes de verre éclataient et que l'atmosphère embrasée évaporait l'eau des fontaines, il y vit une scène des plus singulières : Un roi et son ami, heureux, se tenaient par la barbichette.




FIN
Dernière édition par Anaunsa le Jeu Sep 18, 2014 1:13, édité 1 fois.
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Re: Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar kouki le Jeu Sep 18, 2014 0:14

Enorme, j'adore !

La chute est énorme ! Si tu as d'autres one Shot de ce genre, n'hésite pas ! xD
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Crédits AVS :

Spoiler
Merci à Anaunsa pour la superbe bannière !
Merci à Bushido et niic pour l'aide-scénaristique.
Merci à niic, Tiguor et goget pour l'aide au niveau des fautes.
Et un grand merci à tous les lecteurs !


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Re: Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar Antarka le Jeu Sep 18, 2014 11:09

Pareil, j'ai vraiment adoré. Tu écris très bien, tes repliques allaient au but quasiment à chaque fois, j'ai beaucoup ri, merci ^^
Come along Pond !
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Re: Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar Bushido le Jeu Sep 18, 2014 11:54

Juste... :lol:

"VOUS N'aurez plus rien à manger !" :lol: Nappa et les bouboules... :lol:

Excellent !
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Re: Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar Joka le Jeu Sep 18, 2014 12:42

J'ai également trouvé ce OS très marrant, bravo ! Transformer les pods en "bouboules", l'hypothétique rébellion des femmes Saïyennes, les activités quotidiennes bon enfant, tout était excellent sans oublier la chute totalement imprévisible ! x)
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Re: Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar Anaunsa le Jeu Sep 18, 2014 15:48

Merci beaucoup pour vos commentaires ! Heureux de voir que l'humour fonctionne et de savoir à quels passages en particulier pour certains d'entre vous. :D

kouki a écrit:Si tu as d'autres one Shot de ce genre, n'hésite pas ! xD

Pas de One Shot de ce type prévu pour le moment, kouki. Ce que j'aurai en tête donnerait du long, voir du très long, et je n'oserai m'y aventurer pour l'instant. :)
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Re: Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar Pedro le Jeu Sep 18, 2014 20:53

Alors là, chapeau.
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Re: Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar Anaunsa le Lun Sep 22, 2014 5:05

Merci Pedro !
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Re: Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar Davebond 00S le Jeu Nov 27, 2014 10:16

J'ai beaucoup aimé !

Bien écrit, drôle et sympathique : bravo !
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Re: Sa Majesté Minus – une fable saiyane

Messagepar Anaunsa le Ven Nov 28, 2014 3:43

Merci Davebond :D
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