Reorian {l Wrote}:En gros, tout part de la différence de salaires. Parce que si on suit ce raisonnement, on voit que même si les deux ont un salaire (inégal) et que monsieur paie tout, ça va critiquer les inégalités financières ou morales.
Finalement, que le couple soit hétéro ne change rien à cette considération. Si on a deux gays ou deux lesbiennes et qu'une gagne + que l'autre, en fait ça causera exactement le même souci.
C'est vrai, les inégalités salariales provoquent non seulement une différence directe sur ce salaire, mais aussi dans la retraite, dans la capacité à faire fructifier un capital, à avoir son nom sur les biens immobiliers et cie, etc. Ce qui creuse encore les écarts.
Mais cracher sur le couple hétéro n'apporte rien. Être en couple, c'est forcément faire des arbitrages, et risquer des inégalités. Peu importe si c'est deux hommes, un homme et une femme, etc.
Au final, le vrai problème est dans ma 1e phrase: la différence pas forcément justifiée dans les salaires. Dans un monde égalitaire parfait, la question serait réglée. Dans notre monde réel, on doit vivre avec.
Tu as totalement raison sur le plan comptable : un écart de salaire va créer un déséquilibre, que tu sois en couple hétéro, gay ou lesbien. Mais pour faire l'avocat du diable, le couple hétéro, c’est pas juste une colocation financière neutre. C'est un vrai piège où les rôles de genre s'activent par automatisme, surtout quand le premier gosse arrive.
Dans un couple homo, la répartition des tâches et des sacrifices de carrière se négocie à partir d'une page blanche, sans modèle tout prêt. Dans un couple hétéro, l'histoire et les lois poussent tout le monde dans le même sens. Le meilleur exemple, c'est les congés : la loi file plusieurs mois obligatoires à la mère et seulement 28 jours au père. Dès la maternité, le système te valide l'idée que le bébé c'est le job de la femme, et que le mec doit retourner charbonner. Ce qui ralenti la femme dans sa carrière, lui fait perdre en salaire etc.
Du coup, ton « arbitrage » de bon sens, il est complètement biaisé. Le couple glisse mécaniquement vers le schéma traditionnel : comme le mec gagne déjà plus à la base, c'est la meuf qui va lever le pied sur son taf, prendre le congé parental et se coltiner la gratuité domestique.
Pour elles, ce n'est pas un calcul logique pour maximiser le budget du foyer, c'est juste un conditionnement social qui fait du couple hétéro une machine à enrichir l'homme sur le dos de sa compagne.
Certaines femmes, pour contrer ces inégalités, proposent d'abord de briser le tabou romantique avec le principe du « quand on aime, on compte » en gérant le budget de manière contractuelle. Elles conseillent aussi de rééquilibrer les dépenses pour que chacun puisse capitaliser (en évitant que l'une paie les courses et l'autre le crédit immobilier) et d'exiger une compensation financière ou patrimoniale directe si l'un des deux partenaires sacrifie sa carrière pour les gosses. Ces solutions sont proposés à mettre en place pendant que le couple va bien, précisément pour éviter le désastre financier (pour la femme) en cas de séparation.