Chroniques de la Famille Cold

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Avr 27, 2026 20:32

Hola hola ! Merci encore Tonay pour ton lectorat toujours présent, j'espère pouvoir arriver à la fin de CFC cette année ^^

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Chapitre 102 : Acceptable


La sensation n’était pas nouvelle, mais elle n’avait jamais été aussi intense.

Il fallait dire que c’était bien la première fois qu’Ithaxus s’autorisait une expérience pareil. Les chances de succès lui avaient paru faibles et, en fait, elles restaient inférieures à 50%. Son esprit avait l’impression de pouvoir exploser à tout moment, sous la déferlante d’information et de perception. Jamais son corps n’avait été aussi complexe. Et - peut-être - aussi performant.

Le seigneur démon s’observait dans les quelques vitres de son domaine alors qu’il allait rejoindre ses acolytes. Si son corps avait été bigarré avant, ce n’était rien en comparaison de son apparence présente. Il y avait près d’une centaine de morceaux et les sutures étaient si fines que le résultait ressemblait à un puzzle infiniment complexe, où les couleurs ne se rejoignaient jamais. Un patchwork de bleu, de rose, de blanc, de noir, de jaune… Toute la diversité du Makaï en un seul individu. Et par miracle, ou grâce à la petite taille des morceaux, son corps n’était ni disgracieux, ni déformé, mais plutôt une silhouette fine et androgyne, enveloppé dans une toge trop large.

Son visage avait, par miracle, un profil fin, le nez presque inexistant, mais des oreilles larges de chauve-souris. Ses cheveux étaient des serpents qui descendaient jusqu’à ses épaules. Deux cornes jaillissaient d’entre les anneaux d’écailles ; celle d’un taureau d’un côté et celle d’un bélier de l’autre. De ses trois yeux, l’un avait la pupille fendue d’un chat, l’autre des milliers de facettes et le dernier, qui trônait bien sûr au centre de son front, ressemblait plutôt à une ouverture sur le vide.

Parfait.

D’un geste délicat, Ithaxus ouvrit la porte qui menait à la plateforme d'atterrissage. Les deux démons présents se retournèrent d’un seul bloc. Scarecrow, bloc de muscle qu’il était, ne cilla pas.

« Eh ben. On a failli attendre.
- Je me devais de prendre un peu de temps. Ce n’est pas tous les jours que l’on envahit le domaine des dieux, n’est-ce pas ? »

Sa voix sonnait étrange à ses oreilles. Une mélodie de murmures discordants qui parvenaient pourtant à former des sons cohérents. Même le grand imbécile en fut surpris et manqua de faire un pas en arrière.

« Pardonnez-moi cependant, j’ai conscience que ce fut long. »

L’oeil de chat se tourna vers Belial. Le jeune duc le fixait du regard avec ce qui ressemblait à de la fascination morbide et juste ce qu’il fallait de peur.

« Combien ? demanda-t-il d’une voix blanche.
- Quatre-vingt dix-sept exactement. Tous issus de notre grand Makaï. J’ai bien essayé de mixer d’autres éléments, mais les créatures de l’univers des Kaïoshins ne fonctionnent pas bien avec notre biologie.
- Ça en fait du découpage, commenta Scarecrow.
- Beaucoup de chirurgie en effet. Sur les morts comme sur les vivants, toujours des morceaux dont ils n’avaient plus besoin à ce moment-là. »

Il était évident que Scarecrow ne le croyait pas. Mais ça n’avait pas d’importance. Ils n’étaient pas ici pour discuter de cela. Le regard d’Ithaxus fut attiré par l’horizon.

« Avez-vous eu… ?
- Des nouvelles ? Non, rien. »

Au moins, le démon avait horreur de perdre du temps. Cela leur donnait un maigre point commun.

« Alors, mettons-nous en route. Je pense qu’elle a terminé depuis… »

Tu as fini, Ithaxus ?

La voix résonna dans son esprit comme un coup de tonnerre. Elle coupa sa phrase et le figea sur place. Belial et Scarecrow ne bougeaient plus non plus et, l’espace d’une seule seconde, le jeune duc parut absolument terrifié. Eux aussi entendaient la voix d’Aurielle.
Ce qui voulait dire qu’elle savait très bien qu’ils étaient tous ensemble, au même endroit. Ithaxus en était certain : lorsqu’elle voulait ne se faire entendre que d’une seule personne, elle en était parfaitement capable. C’était délibéré. C’était un avertissement.

« Tout à fait, votre Majesté. Je me préparais pour la phase finale. »

Instinctivement, le démon s’était redressé, le torse bombé comme pour se donner du courage. Les deux autres restèrent silencieux, mais ils ne le quittaient pas du regard.

« Je vois ça, répondit la Makaïoshin. Cela vous a pris du temps.
- Je suis navré, je tenais à être au meilleur de ma…
- Ne t’excuse donc pas. J’avais à faire, de toute façon. Mais j’ai terminé, moi aussi.
- Oh, alors…
- Les Dragon Balls seront prêtes demain. »

Merveilleux.
Réunissant toutes les forces mentales qu’il lui restait, Ithaxus fit de son mieux pour ne conjurer aucune image de ce que cela signifiait pour l’armée de démon réunit autour du palais royal. Il ne voulait pas y penser, mais plutôt se concentrer sur la suite. Le retour dans l’univers des Kaïoshins, la chance de vaincre, la possibilité de finir ce qu’Auriel avait commencé. C’est tout ce qu’ils attendaient. Rien de plus.

« Je vais avoir besoin de toi. De vous tous en fait. Dépêchez-vous.
- Bien sûr, votre Majesté, répondit-il sans s’étonner qu’elle s’adresse aux autres démons en même temps qu’à lui.
- Très bien. Je vous retrouve bientôt. »

Il faillit ouvrir la bouche pour répondre, mais quelque chose avait disparut dans le fond de son esprit. Comme un poids que l’on retirait. Ou plutôt comme un rideau qui tombait devant une lumière aveuglante et qui apportait enfin un peu de réconfort, un peu de calme.
Elle est partie.

Un soupir lui échappa et une sensation chatouilla ses épaules. Ithaxus se surprit à regarder : les serpents de ses cheveux retombaient, calmes, sur sa peau. Il n’avait même pas remarqué qu’ils s’étaient hérissés dès le début de la communication avec Aurielle, les crocs apparents et le regard brillant de rage.
« Nous n’avons pas de temps à perdre, souffla-t-il enfin à Belial.
- Maman nous appelle, ouais. »

Il ne jeta qu’un regard fatigué à Scarecrow. Le grand gaillard pouvait bien plaisanter, lui aussi avait le regard fuyant. Ce n’était sans doute pas de la peur, mais même quelqu’un comme lui n’appréciait pas l’intrusion brutale de la Makaïoshin dans son esprit. Ithaxus compatirait bien s’il n’était pas aussi insupportable.

« Allons-y. »

Belial était étonnamment le premier dans les airs, sans trace d’hésitation ou de crainte. Après tout, le jeune duc avait côtoyé Aurielle plus longtemps que tous les autres démons réunis. Il devait avoir l’habitude. Et il savait aussi qu’il valait mieux ne pas la faire attendre.

« Souvenez-vous bien de ce que nous avons dit, rappela Ithaxus en décollant. »

Il était sûr qu’Aurielle n’était plus là mais il n’osait pas prendre le risque de donner le moindre détail non plus.

Ils entraient dans le dernière ligne droite. Ce n’était pas le moment de prendre des risques inconsidérés.

* *
*

Sa seconde visite sur Yaxche s’avérait plus effrayante que prévue.

Puisqu’ils savaient où aller cette fois-ci, Bra avait demandé à ce qu’on ne perde pas de temps et que l’on charge tout le monde à bord du Tempête pour se rendre sur la surface. Tout ceux qui pourraient être utiles en tout cas, ce qui représentait tout de même une petite troupe dans un vaisseau qui n’était conçu que pour deux personnes. Ils avaient atterri au centre de la ville et Bra avait évacué l’épaisse brume jaune qui recouvrait la zone, comme Kalta l’avait fait trois mois plus tôt.
Ils étaient donc tous là, au milieu d’une immense cité dévastée par un conflit vieux de plusieurs millions d’années. Comme la première fois, mais cette fois-ci il ne restait rien du frisson de la découverte, ni même du potentiel émerveillement à découvrir l’architecture complexe de ces palais.

Ne restait plus que la froide réalité de se tenir au milieu des ruines d’un empire effondré, où plus aucune âme n’avait posé le pied depuis qu’un démon avait été lâché sur l’univers, pour tuer des millions d’êtres vivants.
Depuis la dernière tentative démoniaque de détruire notre monde.

Persée avait vécu plusieurs milliers d’années, plusieurs vies. Elle avait visité des centaines de planètes, mais aucune ne lui avait laissé une impression pareille. Le poids de l’histoire était écrasant, surtout quand il était accompagné de celui des responsabilités. Si la solution n’était pas ici… échec et mat.

« Vigilant était situé dans cette tour, indiqua Bra en pointant la ruine la plus proche. Au sommet. Allez-y pendant que je cherche une source d’alimentation compatible avec le vaisseau. »

Ils avaient posé le vaisseau aussi proche que possible, car c’était l’endroit parfait. Non seulement l’intelligence artificielle était juste là, mais la tour dans laquelle elle résidait était bardée de multiples appareils. Nul doute qu’un esprit comme celui de la saïyenne arriverait à bricoler quelque chose. D’autant que le Tempête était conçu pour pouvoir se charger aux quatre coins des galaxies.

« On reste en escorte. On ne servira à rien là-haut. Garlic, tu reste aussi. »

Le ton d’Anik ne souffrait pas d’une discussion, mais Persée n’avait pas l’intention de négocier. Le lézard avait raison, lui et sa nouvelle équipe d’élite ne seraient pas utiles pour expliquer à une machine ce qu’ils allaient faire. Pour quelqu’un qui n’était Commandant de son équipe commando que depuis quelques semaines, il était étonnamment assuré dans ce rôle.

« Aidan ? demanda-t-elle.
- C’est parti. Je te suis. »

Les deux femmes décollèrent en même temps, non sans un dernier regard d’Aidan vers la jeune saïyenne qui ouvrait en grand la soute du vaisseau. Persée s’efforça de ne pas faire de commentaire, mais un sourire éclairait quand même ses traits.
On a intérêt à survivre tout ça.

Au moins elles. Après avoir passé tant de temps auprès de Bra, Persée ne pouvait imaginer l’idée de la perdre. Pas après tout ce qu’elle avait traversé. La jeune femme méritait un peu de bonheur. Et un peu de calme, aussi. Que ce soit avec Aidan ou non, d’ailleurs.
En silence, les deux femmes volèrent jusqu’au trou dans le mur qui menait à l’hologramme. Ou plutôt, la salle de contrôle où Vigilant les avait accueilli lors de leur première visite. Persée faillit appeler, mais la machine s’activa au moment même où elle toucha le sol. Les appareils qui tapissaient les murs furent brusquement illuminés d’une lueur bleutée alors qu’une silhouette floue tentait de se maintenir au centre de la salle.

« Bienvenue sur Yaxche. Vous êtes de retour. »

L’intelligence artificielle les reconnaissait, même s’il lui avait fallut une seconde de trop pour le faire. A moins que ce ne soit une pause naturelle. Après tout, elle s’était adressée à elles dans leur langue plutôt que dans l’ancien langage des nihiliens.

« Bonjour Vigilant, commença Aidan. Nous avons besoin de ton aide.
- Bien sûr. Je serais ravi de vous aider dans la mesure de mes possibilités et de ma programmation. Je suis là pour aider à l’interprétation des données et à la maintenance des installations de surveillance. Je crains que beaucoup de mes capteurs ne soient plus…
- Ce n’est pas de cela dont nous avons besoin, Vigilant. Ton serveur est relié à un système d’alimentation qui est toujours en fonction, n’est-ce pas ? Tu n’es pas sur batterie.
- Non, mon système ne permettrait pas de calcul aussi complexes sur batterie. La tour de surveillance est toujours relié au système d’alimentation de Yaxche.
- Nous aurions besoin de brancher un appareil sur ce système.
- Rien de plus facile, nous avons de nombreuses prises d’alimentation, que ce soit dans la Tour ou en ville. Plus de cinquante pourcent de ces prises sont encore opérationnelle. »

Persée et Aidan n’échangèrent qu’un bref regard mais ce fut suffisant pour apercevoir la lueur d’espoir dans les yeux d’or de la jeune femme. Jusqu’ici, tout se passait selon le plan, mieux que prévu même.
L’ancienne chasseuse prit le relai, tentant de communiquer avec la machine en la regardant. C’était plus facile à dire qu’à faire car l’hologramme de Vigilant était si flou et si abîmé qu’il était difficile de savoir où étaient supposés se trouver ses yeux. Comme observer une image qui oscillait en permanence entre deux positions.

« Tu es sans doute la seule machine intelligente encore en fonctionnement.
- Exact.
- Est-ce que tu as accès au système d’alimentation ? Pas pour te charger, mais pour modifier sa configuration. »

Pour la première fois, Vigilant hésita. Enfin, c’était une machine donc ce n’était sans doute pas une hésitation mais un calcul plus long que prévu.

« Je ne suis pas sûr de comprendre.
- Nous aurions besoin de rediriger toute l’énergie possible vers notre appareil, une fois branché. Est-ce que ce serait quelque chose que tu peux faire pour nous ?
- Je ne suis pas programmé pour ça.
- Ce n’était pas ma question, tu n’es pas juste un ordinateur, si ?
- Bien sûr que si, mais je comprends ce que vous voulez dire. J’en aurais la capacité, mes serveurs me permettent d’accéder à ces données. Il me faudrait quelques minutes pour les comprendre.
- Parfait, s’enthousiasma Aidan. De combien de temps auras-tu besoin ?
- Vous ne m’avez pas compris. J’en ai la capacité, mais je ne peux pas le faire. »

Le silence retomba brutalement. La jeune commando était resté choqué, alors que l’hologramme crépitait devant elle, figure vacillante dans cette pièce soudain plus petite encore qu’à leur arrivée.

« Pourquoi ? demanda Persée.
- Je suis programmé avec des limites. Ce que vous demandez n’est pas difficile mais requiert d’aller bien au-delà de mes attributions. Je ne peux pas prendre cet ordre de n’importe qui. »

Oh non.

« Tes créateurs sont morts depuis longtemps. De même que tous tes utilisateurs, je ne vois pas bien qui pourrait…
- Ce n’est pas ça. Il s’agit du système de Yaxche, seul un yaxcien pourrait me donner l’ordre de le rediriger ainsi. »

Un frisson parcourut Persée.

C’était à la fois mieux que prévu et tout aussi insoluble. Leur équipage était composé d’espèces originaires de partout dans les galaxies. La seule espèce qui était pour sûre absente, c’était les nihiliens.
La seule qui accepterait de venir et de participer était à des années-lumières d’ici. Ils allaient perdre des jours avant de pouvoir se lancer.

« Merde… »

* *
*

Bra préférait ne pas y penser, mais elle devrait remercier Cold si un jour l’occasion se présentait. Sans lui, ou plutôt sans son absence d’imagination, l’univers aurait peut-être détruit à coup sûr.

L’Empire avait conquis et assimilé des centaines de monde, chacun avec son propre système énergétique. Même après avoir assimilé un organisme déjà existant, il avait fallut faire des efforts pour unifier un peu les méthodes de chargement. Enfin, c’est ce qu’un souverain digne de ce nom aurait fait, mais Cold s’était surtout concentré sur un point important : il fallait que ses vaisseaux de guerre puissent se ravitailler partout. Le carburant n’était pas un problème, mais pour l’énergie, il fallait un système universel qui combine les avantages de toutes les planètes. Ou alors, on imposait un système ancien qui nécessiterait des installations impériales partout.
Cold avait préféré la seconde option et il s’était basé sur le seul vaisseau qu’il connaissait. Le Rédemption. Un vaisseau qui, selon Kalta, remontait à l’exode des nihiliens sur leur nouvelle planète. Donc, le Rédemption avait connu Yaxche.
C’était ce que Bra avait pensé avant de partir pour la planète. Elle avait donc demandé à Persée d’emporter un câble de chargement impérial, ainsi qu’un adaptateur pour le brancher sur le Tempête.

Elle avait eu raison.

Il ne lui avait fallut que cinq minutes pour trouver où brancher le Tempête, une prise qui lui paraissait en bon état. Elle était maintenant relié au système de Yaxche.
Merci Cold, vraiment.

« C’est bon, Princesse ? »

Bra contint de son mieux l’envie de répondre à Anik en l’appelant Commandant. Le lézard appréciait autant qu’elle, mais elle n’allait pas s’abaisser à son niveau. Et puis, à présent, elle préférait ça à ce qu’on l’appelle “Impératrice.”
Elle préféra donc se relever, l’ignorer, et porter la main à son scouteur.

« Aidan, bonne nouvelle. On est branché. »

La réponse ne fut pas immédiate. Pendant un temps, elle n’entendit qu’un souffle court, ce qui confirmait que la liaison était établie mais cela ne faisait que l’inquiéter. Pourquoi est-ce qu’Aidan ne paraissait pas soulagée ? C’était l’une de leur plus grande inquiétude sur le chemin de Yaxche : combien de temps il leur faudrait pour créer une compatibilité entre deux systèmes aussi anciens et aussi différents.

« Aid…
- On a un problème avec Vigilant, Bra. On ne pourra pas charger le vaisseau comme ça.
- Oh ? Pourquoi ? Le système est endommagé.
- Non, pas vraiment… Si tu as fini, tu peux venir, mais je ne sais pas si… »

La saïyenne n’attendit pas la fin de la phrase pour décoller. En fait, elle fut sur place en moins de trois secondes : la tour était toute proche. Aidan en sursauta à son arrivée, la main toujours portée à son scouteur. Elle grimaça mais ne fit aucun commentaire, ce qui ne fit que confirmer à Bra à quel point la situation était grave.

« Que se passe-t-il ?
- Vigilant ne peut pas gérer le système d’énergie de Yaxche.
- J’en ai la capacité, corrigea l’intelligence artificielle.
- Mais tu ne peux pas le faire sur notre ordre.
- Quoi ? »

La voix de Bra s’était étranglée dans sa gorge. Si le dernier ordinateur de Yaxche n’était pas capable d’accéder à tout leur système, elle l’aurait compris : elle aurait cherché une solution pour contourner le problème. Mais le fait qu’il puisse le faire…

« Exact, continuait d’expliquer Vigilant à Aidan. J’ai besoin qu’un habitant de Yaxche me donne l’ordre. Et votre code génétique ne correspond pas. »

La saïyenne sentit ses épaules s’affaisser. Le système était encore protégé. Le contourner allait être compliqué : c’était s’attaquer à une infrastructure qu’elle ne connaissait pas et qui utilisait des codes inconnus à leur époque. Ce n’était pas impossible mais ça allait être long, impossiblement long.

« Vigilant… Tu ne comprends pas, il en va de la sécurité de l’univers. Y compris cette planète. Y compris les Yaxciens survivants, je… »

* *
*

Il aurait été inexact de dire que Vigilant observait ses interlocuteurs.

Vigilant n’était pas une personne et il n’était pas tout à fait une intelligence artificielle. Il était capable de réflexion, d’interprétation et de communication, mais il était aussi considérablement limité. Par ses fonctions, par ses programmations et, depuis l’incident, par la lente destruction de son infrastructure.
Vigilant était, avant tout, un ensemble de capteurs conçu pour relier Yaxche - planète la plus éloignée de la civilisation galactique - avec le reste de la communauté stellaire. Un ensemble qui avait échoué à prévenir à temps les Yaxciens et qui s’était très rapidement trouvé dépourvu de but alors que la planète était abandonnée à la dévastation.
Un programme ne pouvait pas s’ennuyer, ni ressentir la solitude que représentait des millions d’années perdu seul sur une planète qui mourrait lentement. Vigilant n’avait même pas ressenti ces années, son programme mis en veille pour des durées de cinq semaines successives, puis cinq ans, puis cinq décennies, puis cinq siècles… jusqu’à ce que ses capteurs détectent quelque chose digne d’intérêt. Ou digne d’être notifié en tout cas.

Avec le temps, c’était arrivé de moins en moins souvent, jusqu’à la visite d’il y a quatre-vingt dix-sept jours. Pour la première fois, il avait détecté de la vie sur la planète, de la vie intelligente avec qui la machine avait même réussi à communiquer. Mieux encore, l’une de ses vies était un Yaxcien, l’espèce qu’il était programmé pour aider. L’interaction avait été courte, mais en quelques secondes, Vigilant avait été capable de mesurer l’impact de ces millions d’années sur la vie dans l’univers. Toutes ces espèces que ses capteurs ne reconnaissaient pas, ou qui avaient bien changés. Les Lantraki avaient progressés jusqu’à la civilisation, par exemple.
Mais ils étaient repartis sitôt arriver, sans explication. Vigilant ne pouvait pas ressentir la frustration, alors il s’était simplement replongé dans un sommeil léger, persuadé que les communications reprendraient une fois la crise passée. Car il était évident que ces étranges invités affrontaient une crise sans précédent.

Et voilà qu’ils étaient revenus, comme la machine l’avait supposé. Sans le Yaxcien, et à la recherche de l’énergie que pouvait fournir la planète. Une énergie à laquelle Vigilant pouvait sans doute accéder : il était le dernier système en fonctionnement de la planète, autrement plus performant que tout les autres. Pirater ce qui restait de la sécurité ne serait pas long. Quant à exécuter les ordres de ces créatures, cela ne paraissait pas bien compliqué.
Cela restait impossible, bien sûr, car il ne pouvait pas prendre ces ordres de ces inconnus, même si le programme comprenait très bien que ses propriétaires d’origine n’étaient plus de ce monde, pas plus que ces créateurs.

Tout ce que Vigilant pouvait donc faire, c’était analyser ses interlocuteurs. Pas les observer. Les analyser attentivement. Découvrir ce que ses espèces nouvelles avaient à lui dire, même si un programme ne pouvait pas vraiment être convaincu. Il pouvait analyser le discours de la jeune femme aux cheveux violets et comprendre qu’il était passionné, désespéré, mais aussi logique. Elle s’étendait longuement sur la nécessité de sauver l’univers entier d’une menace pire encore que la créature qui avait ravagé Yaxche à l’époque. Elle en appelait à l’esprit de ses créateurs, à celui des Yaxcien…

Vigilant continuait de l’analyser. Et le logiciel trouva quelque chose.

Une machine ne pouvait pas être curieuse, mais elle pouvait être programmé pour s’intéresser à certains paramètres. Ce qui sortait de l’ordinaire, ce qui était nouveau, ce qui devait être analysé plus en profondeur.
En terme humanoïde, cela pourrait se retranscrire comme : Oh, voilà qui est curieux.

Pour Vigilant, cela se traduisit plutôt comme l’ouverture de plusieurs sous-protocoles. Certains pour comprendre ce qu’il analysait. D’autres pour traiter l’information d’un point de vue éthique.
Car la question était devenue : sachant cela, Vigilant pouvait-il obéir ?

Il ne fallut que quelques micro-secondes à la machine pour répondre. Et donc pour interrompre Bra dans son discours.

« Ces paramètres sont acceptables. »

La déclaration soudaine prit visiblement de court la petite assemblée, dont Bra. L’étrange métisse pencha la tête vers la représentation holographique, confuse alors qu’elle s’était arrêtée au milieu d’une phrase.

« Vraiment ? Quels paramètres… ?
- Dites-moi où vous avez connecté votre vaisseau. Il me faudra quelques instants pour lancer la procédure. »

Le petit groupe resta sans voix une seconde de plus, jusqu’à ce que la lantraki ne se jette presque dans les bras de la métisse.

« Tu as réussi ! »

Dans les yeux de la dénommée Bra, Vigilant pouvait lire du soulagement, mais aussi de la confusion et une curiosité brutalement réveillée. Elle se demandait ce qui avait poussé la machine à accepter. Mieux que cela, elle semblait comprendre que ce n’était pas son discours qui l’avait poussé à le faire.
Les programmes de Vigilant tournaient toujours pour déterminer si, éthiquement, il se devait de lui dire.

Cela pouvait sans doute attendre. Après tout, elles avaient un univers à sauver, non ?

Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre toutes les deux semaines - Prochain chapitre octobre 2026 !
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Lun Mai 04, 2026 13:23

Bonjour Tierts,

Et oui, toujours au rendez-vous et je te souhaite aussi d’arriver au bout de ton histoire, c’est loin d’être évident.
Chapitre très sympa, surtout la première partie avec les démons qui claquent toujours autant des dents dès qu’Aurielle fait l’ombre d’une apparition. En tout cas ça avance et ça presse, les Dragon Ball sont bientôt prêtes, et pas du bon côté.

La p’tite expédition de Bra semble réussir malgré les difficultés, par contre je me demande ce qui a poussé Vigilant à céder. Enfin, ce qui l’a convaincu.
Je n’ai pas grand-chose à dire si ce n’est que c’est un bon chapitre, je sens que les choses vont de nouveau s’accélérer pour la suite.

Ps : deux fois la même musique, y a du relâchement ! :P (elle n’est pas moins pertinente pour autant)
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Mai 25, 2026 15:45

Hola Tonay ! Il y a un peu de relâchement sur la musique et le délai entre les chapitres, j'en suis vraiment désolé. Ma motivation peine à faire acte de présence en ce moment, mais je m'acharne.
Je ne veux pas que ces derniers chapitres soient mauvais, mais je ne veux pas non plus vous faire attendre indéfiniment. Alors je vous promets qu'il y en aura un dans un mois.

Et en attendant, voici un gros chapitre qui, j'espère, vous plaira.

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Chapitre 103 : L'Histoire avec un grand H


« Combien sont-ils ?
- Moins que lorsque nous sommes partis. »

Ithaxus s’en était douté, mais Belial connaissait cette nouvelle armée assemblée par Aurielle mieux que lui, alors il avait préféré demander. Pour une future invasion, le tapis de tentes, d’abris improvisé et de démons regroupés en contrebas n’était pas si impressionnant. Rien d’étonnant à cela. Une bonne partie de l’élite démoniaque était morte au cours de l’invasion lancé par Auriel. Quant à l’élite de l’élite, elle avait été décimée dans des attaques dangereuses, depuis l’assaut de Belial sur la Terre jusqu’à celui d’Ithaxus sur Cold 3.
Il n’y avait que Resheph qui s’en était sorti sans larges pertes. Connaissant la brutalité de cette dernière, c’était presque ironique.

« Combien ?
- Plusieurs centaines, je dirais. Difficile à dire. »

C’était presque rassurant. Elle s’était attendu à ce que des milliers de démons soient nécessaires pour sortir les Dragon Balls de leur torpeur. Est-ce que cela rendait les artefacts moins puissants ? Ou bien était-ce une preuve de la puissance d’Aurielle, capable de les réveiller avec “si peu” ? Si peu, comme si le sacrifice de centaines de démons n’était rien.

Rejoins-moi dans la salle du trône, Ithaxus. Belial et son ami vont coordonner l’armée pour le départ.

Le démon avait faillit ne pas la sentir arriver. Ce n’était qu’au dernier instant qu’il avait perçu l’intrusion dans son esprit. Peut-être trop tard, mais le ton de la Makaïoshin ne trahissait rien. Impossible de savoir si elle savait quelque chose de plus.
« Bien sûr, votre Majesté. »

Il n’eut pas de réponse. Quand il se tourna vers Belial, qui volait toujours derrière lui, il ne croisa qu’un regard vide, perdu dans ses pensées. C’était donc à cela que l’on ressemblait quand on avait une discussion dans son esprit avec Aurielle ? Encore derrière, Scarecrow ne semblait pas dans un meilleur état.
Ithaxus entama la descente et ses deux acolytes suivirent, même si leur réactivité laissait à désirer. Il fallut attendre d’être arrivé aux portes du palais pour croiser de nouveau le regard de Belial. Les améthystes de ses yeux cherchaient partout autour de lui, à la recherche d’une accroche quelconque pour se distraire de la peur qui le saisissait. Impossible de savoir ce qu’Aurielle lui avait dit.
Peut-être rien. Peut-être tout. Je dois continuer comme si de rien n’était.

« J’y vais, annonça Ithaxus.
- Va. On s’occupe de mettre les péquenauds en marche, répliqua Scarecrow en se posant lourdement derrière Belial. »

Ils ne dirent rien de plus. Il n’y avait plus rien à dire, plus rien à préparer.
Ithaxus poussa les portes du palais.

Les couloirs étaient vides. Silencieux et majestueux, comme il les avait toujours connu. Aucun cadavre affalé contre les murs, aucune trace de sang… Peut-être que les choses n’avaient pas été si terribles que ça. Malgré tout, il n’y passa pas plus de temps que nécessaire. L’endroit ne lui jamais inspiré confiance : trop vaste, trop grandiloquent. Une bâtisse conçue pour impressionner ceux qui en foulaient le sol, mais qui ne savait rien faire d’autre.
Le démon ne mit même pas pied sur le marbre. Il vola plutôt jusqu’à la salle du trône.

Les cadavres étaient là.

Un charnier. D’un coup d’oeil, Ithaxus estima leur nombre à une bonne centaine, mais c’était difficile. Des démons, de toutes les tailles et toutes les formes, affalés les uns sur les autres. Le sang avait dû ruisseler jusqu’au centre de la salle, à peine incurvé, mais l’obsidienne faisait un très bon travail pour dissimuler l’étendue des dégâts. Le subtil relent de fer dans l’air, lui, annonçait la réalité.
Aurielle se tenait en contrebas du trône, devant un piédestal. Elle lui tournait le dos, comme si elle n’avait pas conscience de sa présence. Ithaxus écrasa toutes pensées qui suggérait de se rebeller ou de contester ce qu’elle venait de faire.

« Votre Majesté. Vous avez réussi. »

Aurielle ne tiqua pas, confirmant qu’elle suivait son approche. Et qu’elle n’était pas inquiète.

« Tu désapprouves. »

Ithaxus s’interrompit. Elle n’osait toujours pas poser le pied au sol, mais descendit jusqu’à léviter à seulement quelques centimètres de la pierre noire. Elle ne savait pas s’il fallait jouer la comédie ou faire semblant. Est-ce qu’Aurielle était dans sa tête en cet instant précis ? Elle ne ressentait rien, mais ce pouvait tout aussi bien être une impression trompeuse. Est-ce qu’Aurielle avait été plus puissante et dangereuse qu’imaginée, depuis le début ?

« Je ne suis pas sûr de ce que vous voulez dire. Je n’ai fait aucun commentaire sur…
- Tu n’en as pas eu besoin, répondit doucement la Makaïoshin en se retournant. »

Le regard sombre croisa les yeux incroyablement complexes du démon. Au moins, les traits de la déesse ne trahissaient aucune colère. En fait, elle semblait presque amusée. Curieuse, au moins.

« Tu es libre de tes opinions, tu sais. »

Ithaxus l'a cru. Non qu’elle ne se montre bienveillante, bien au contraire. Aurielle semblait simplement ne pas se sentir concernée par les opinions de ses sujets. Le contraste avec l’ancien roi était plus que notable. Auriel écoutait toujours attentivement, avant de prendre ses décisions.

« Je ne sais pas si de tels sacrifices étaient nécessaires, finit par commenter Ithaxus après une longue réflexion. »

Il s’efforçait de rester aussi neutre que possible, même si c’était un gâchis qu’il avait du mal à s’expliquer. Aurielle sourit, sans s’offusquer. Elle acheva de se tourner entièrement vers son général.

« Et pourquoi pas ? »

La simplicité de la réponse n’étonna pas Ithaxus. Le démon resta simplement debout, à fixer la déesse du regard. Elle ne pouvait pas s’arrêter à cela, si ?
Elle ne le fit pas.

« Combien de démons sont morts pour les conquêtes de mon Auriel ? Combien as-tu conduis toi-même à la mort ? »

Ce n’était pas le genre d’argument que le démon avait attendu de sa part. Est-ce que c’était vraiment de cela qu’elle voulait discuter ? Pourquoi voulait-elle se justifier maintenant ? Après tout ce qui s’était passé. Ithaxus faisait tout son possible pour contrôler son anxiété mais il ne pouvait s’empêcher de craindre qu’elle cache quelque chose. Mais quoi ?

« Je ne sais pas où vous voulez en venir. Et je ne pense pas que ce soit la même chose.
- En quoi ?
- Ces démons avaient le choix. Nous ne les avons pas tués. Nous savions tous où nous allions et quels étaient les risques associés.
- Vraiment ? Tu dirais qu’ils n’étaient forcés en rien à vous suivre.
- Auriel n’a jamais forcé qui que ce soit à le suivre. »

C’était dit sans véritable conviction et ils en avaient toutes les deux conscience. Il était vrai qu’aucun démon n’avait eu le couteau sous la gorge pour se joindre à l’effort de guerre, mais Auriel était leur Roi. Ils avaient sans doute considérés qu’il n’était même pas question de discuter. Ils se devaient de le suivre, d’autant qu’il avait prouvé sa légitimité plus que le monarque précédent. Personne ne pouvait se mesurer à lui.

« Vous recherchiez tous quelque chose, n’est-ce pas ? C’est ce qu’Auriel vous a fait penser. Il a toujours été doué pour motiver les foules. Il n’empêche. Mon tendre mari savait que des démons allaient mourir. Je ne peux pas croire que tu ne le savais pas.
- Nous savions tous qu’il y aurait des pertes.
- Alors quelle est la différence avec ce que j’ai fais ici ?
- Ce n’est pas… Je ne vous blâme pas. Je me dis juste… Ce n’est pas pareil. Ces démons ne sont pas morts au combat. Ils n’étaient pas volontaires.
- Et si je te disais qu’ils l’étaient ? »

Un frisson parcourut le corps couturé d’Ithaxus. Cela pourrait bien être vrai. Et cela ne changerait rien : Aurielle était capable de s’infiltrer dans les esprits de tous, contrôler facilement les esprits faibles et plus encore. Même s’ils étaient volontaires, qu’est-ce que cela prouverait ?

« Je ne sais pas, bredouilla-t-il, aussi sincère que possible.
- Ils ne l’étaient pas, si ça peut te rassurer. Mais si mon époux leur avait fait un beau discours, avait expliqué que c’était pour notre gloire à tous. Pire, que leur sacrifice était vital pour permettre à notre espèce d’enfin prendre la place qui nous revient dans l’ordre universel. S’ils avaient tous pris leur décision en toute conscience, est-ce que le résultat aurait été différent ? Ils seraient toujours morts et j’aurais toujours eu ce que je voulais, non ? »

Elle s’interrompit, comme pour le laisser répondre. Ithaxus laissa plutôt le silence s’installer entre eux. Que pouvait-il répondre à cela, réellement ? Il n’allait pas la faire changer d’avis. Elle ne s’était pas embarrassé de l’écouter jusqu’ici, ce n’était pas maintenant qu’elle allait commencer. Mais pire encore, il craignait qu’elle n’ait pas entièrement tort.

Depuis le début, cette entreprise avait été un massacre. Combien d’âmes, démoniaques ou non, étaient mortes à la poursuite de cet idéal ? Ithaxus n’avait jamais apprécié tuer sans justification. Il avait accepté parce qu’il voyait une opportunité d’en apprendre plus sur l’autre monde et qu’il ne donnait aucune valeur aux créatures de cet univers là. Sauf que, après assez de temps passé de l’autre côté, il n’y avait pas tant de différences entre les démons du Makaï et les habitants de l’univers. Cela l’effrayait d’ailleurs bien plus que la femme qui se tenait devant lui.

« Je ne vois toujours pas où vous voulez en finir, lâcha-t-il enfin. »

Aurielle éclata d’un rire bref, sec, et un peu inquiétant. Elle fit un pas dans sa direction et, ce faisant, s’écarta du piédestal. Les Dragons Balls y reposaient bien mais elles étaient toujours sous leur forme inerte. Un hoquet échappa à Ithaxus.

« Je voulais que tu comprennes le prix du pouvoir. Celui que tu as voulu, celui que mon époux a désiré. Et celui que je vais obtenir.
- Elles ne sont pas prêtes. »

Sans même s’en rendre compte, le démon avait amorcé un mouvement de recul. Il ne l’avait retenu qu’au tout dernier moment, mais un oeil attentif aurait tout de même perçu l’infime différence d’orientation dans ses jambes. Ithaxus savait très bien ce dont la Makaïoshin avait besoin pour terminer son rituel.

« Pas encore, elles ont besoin de quelques heures, rien de plus. »

Oh.

« Je n’ai pas besoin d’énergie supplémentaire. J’ai pensé que le temps que vous prépariez notre armée, elles seraient prêtes. »

Ithaxus ne savait pas si elle devait se sentir stupide ou si elle devait être en colère. Aurielle devait savoir qu’en révélant les Dragon Balls ainsi, elle allait lui donner l’impression qu’elle s’apprêtait à la sacrifier pour achever son rituel, non ? La déesse faisait mine de ne pas comprendre, mais c’était pour se moquer un peu plus. Il y avait même une étincelle d’amusement dans ses yeux. A moins que ce ne soit qu’un hasard et que la paranoïa qui avait gagné l’esprit d’Ithaxus depuis des mois venait de la faire tomber.
Il fallait se rattraper.

« Avez-vous réussi à les faire revenir à leur état d’antan ? »

Instinctivement, le général en était revenu à sa curiosité scientifique élémentaire. La magie pure ne l’avait jamais passionné, sans doute parce qu’il ne parvenait jamais à percer tous ses secrets, mais il s’agissait ici de plus que ça.
Les Dragon Balls n’étaient pas que des artefacts magiques, elles étaient une part de leur histoire. Une part bien souvent oubliée, dont peu de démon connaissait l’existence. Mais une part qu’Auriel avait fait revenir sur le devant de la scène quand il avait pris le pouvoir. Quand il avait mis son plan à exécution. Pour elle.

« Non, je ne pourrais plus jamais le faire. »

Imperturbable, la déesse avait répondu sur le même ton neutre. Néanmoins, les yeux ultra-attentifs d’Ithaxus avait vu s’éteindre l’amusement dans son regard. Ce n’était pas une faiblesse qu’elle appréciait admettre comme ça. Cela ne faisait qu’accentuer encore la curiosité d’Ithaxus, mais il ne prononça pas un mot, attendant qu’elle continue d’elle-même.

« Les Kaïoshins ont brisé leur pouvoir. Ils les ont affaiblis. Le seul moyen de les ramener à leur gloire d’antan serait d’avoir les ingrédients d’origine.
- Oh. Ce n’est pas possible ? »

Aurielle ricana.

« J’aurais besoin d’un accès à l’arbre de la création, dont je suis issue, mais les Kaïoshins l’ont détruit. L’arbre est mort, depuis longtemps. »

Elle mentait. Ithaxus en était certain. Il pouvait le lire dans le subtil changement de son ton, dans le tic de son oeil. Elle ne pouvait rien faire pour les Dragon Balls, c’était bien vrai, mais ce n’était pas parce que les Kaïoshins avaient détruit l’arbre… et vu ce qu’Aurielle faisait pour alimenter sa magie, le démon commençait à se faire une bonne idée du véritable responsable.

« Les Kaïoshins ont détruit bien des choses dans cette guerre, souffla-t-il malgré tout, faisant semblant de rien.
- Je ne peux complètement les blâmer. Selon eux, nous sommes sûrement les agresseurs. C’est tellement facile.
- Pourrais-je… ? »

Il n’osa pas aller jusqu’au bout.

« Oui… ?
- J’ai beaucoup lu concernant cette guerre, mais j’aimerais savoir ce qui s’est passé, vraiment. L’entendre de la bouche de quelqu’un qui l’a vécu. »

Aurielle haussa un sourcil et, pendant une seconde, Ithaxus craignit que sa curiosité ne l’ait finalement emmener trop loin. Puis un vague sourire étira les lèvres de la déesse.

« Tu sais que j’ai fais plus que la vivre.
- Pas vraiment. Nos écrits sont plutôt vagues. »

Ce n’était pas tout à fait vrai, mais si ça pouvait l’encourager à parler, il n’allait pas se gêner. Le démon était déjà surpris de la voir si détendue. Est-ce que c’était une forme de nostalgie ou bien cherchait-elle une faiblesse de sa part ?

« Est-ce qu’ils mentionnent au moins que je fus le point de départ ? Que sans moi, rien de tout cela ne serait arrivé. »

Ithaxus ne répondit pas, trop occupé à analyser les détails de son ton. Heureusement, elle ne laissa pas son silence l’arrêter.

« Depuis des générations maintenant, nous savions qu’il existait un autre univers. Un autre arbre de la création. Une autre famille divine. Les Kaïoshins. Nous avions découvert tout ce qu’ils avaient fait. Nous savions qu’ils captaient l’énergie de toutes les dimensions, grâce à leur “Paradis”, nous savions que nous perdions… Nous perdions depuis longtemps, sans même en avoir conscience. L’ambition de nombreux Makaïoshins était de rétablir la balance, mais jusqu’ici personne n’avait réussi à trouver le moyen de le faire. Tout juste avions-nous réussi à récupérer les âmes qui étaient les nôtres.
- Celles des démons.
- Tout juste. Nous ne pouvions pas entièrement contrôler ce qui leur arrivait, mais nos ancêtres avaient établis une nouvelle règle. Ceux qui étaient tués par un démon ne pouvait se rendre au Paradis, ils étaient renvoyés au Makaïoshin, où nous pouvions utiliser cette âme pour recréer un démon.
- Ou comme source d’énergie. »

Aurielle se fendit d’un rictus. Elle ne cherchait pas à le nier.

« Bien sûr, même si aucun Makaïoshin n’a été capable d’utiliser cette énergie à des fins utiles… Jusqu’à moi.
- Les Dragon Balls.
- Non. Enfin, pas tout à fait. J’ai bien utilisé des âmes de démons, mais ce n’était que pour capturer une âme bien plus puissante. La source d’énergie qu’il me manquait. La Grande Makaïoshin qui m’a précédé. »

Cette histoire, Ithaxus l’avait déduit depuis un moment maintenant. Les légendes parlaient alternativement de sacrifice pour le bien de tous ou d’une trahison que cette Makaïoshin aurait accompli avant d’être tué pour ouvrir la porte. Tout cela semblait indiquer qu’on ne voulait pas que les démons creusent trop loin la concernant.

Ce qui était étrange. Car au Makaï, personne ne s’étonnerait ou ne s’offusquerait de tuer quelqu’un qui n’était plus utile pour accomplir de grandes choses. C’était ainsi que de nombreux démons avaient obtenus le titre qui était le leur à l’heure actuelle. Ithaxus faisait figure d’exception à ce sujet : il avait tué un certain nombre de prétendants, mais c’était toujours eux qui étaient venu le provoquer en duel. Pour lui, il était évident que ce secret autour de la précédente Makaïoshin cachait autre chose.
Quelque chose qu’Aurielle se refusait à confesser même maintenant. Il n’insista pas.

« Ce sont donc les Dragon Balls qui ont créé la porte, une fois activée.
- Oui. Leur pouvoir allait au-delà de mes espérances, mais je suis stupidement resté sur notre plan initial.
- Votre plan ?
- Celui de la Makaïoshin. Nous avions de plus d’énergie. De plus d’âmes. Et pour cela nous avions une solution simple.
- Envoyer des démons dans le monde créé par les Kaïoshins. C’était une sorte de moisson.
- Très bon choix de mot. C’est ainsi que je l’envisageais à l’époque mais… Nous n’avions pas anticipé que les choses seraient plus complexes… »

* *
*

« Je vous ai vu dormir tout à l’heure, asséna Kalta. Je sais que vous n’avez pas besoin de votre concentration entière.
- Tu ne sais rien, protesta faiblement le Kaïoshin.
- Vous ne dormiez pas ? »

Le vieil homme grommela quelque chose, mais il baissa bel et bien les yeux. Kalta n’était ni dupe, ni particulièrement patient avec lui. Cela faisait plusieurs heures à présent qu’ils n’avaient pas bougés d’un millimètre. Lui, en tout cas. Comme on lui avait demandé, il s’était assis en tailleur et il s’était concentré sur sa propre puissance pendant que le sage effectuait son rituel.
Sauf que le rituel avait surtout l’air de consister à rester assis, bras tendus dans la direction de Kalta, en attendant que quelque chose se passe. Ce n’était peut-être qu’une journée ou deux, mais c’était du temps que le nihilien pourrait passer à s’entraîner plutôt que de le perdre ainsi.

« Je dois me concentrer.
- Pas tant que ça si vous pouvez dormir. Pourquoi ne pas vous rendre utile ? Doublement utile, je veux dire. »

Il s’était corrigé au dernier moment mais la réalité était que le jeune Empereur ne sentait aucun changement. C’était une révélation de potentiel, non ? Il devrait sentir son énergie augmenter. Au lieu de cela, il percevait juste la caresse du vent sur l’herbe bleuté du Kaïoshinkaï. C’était apaisant, certes, mais pas très utile.

« C’est vrai ça, intervint Goku. J’aimerais savoir aussi. »

Kalta retint un sourire narquois. Il avait attendu que les deux saïyens fassent une pause dans leur entraînement pour proposer l’idée, conscient que l’un au moins le soutiendrait.
Au regard noir que lui jeta le vieil homme, lui aussi avait compris le manège de Kalta. Et il abandonna.

« Que veux-tu savoir, déjà ?
- Vous m’avez très bien entendu. »

Ce n’était sans doute pas ainsi que l’on devait s’adresser à un dieu, mais Kalta n’en avait cure. Sa patience s’était épuisée quelques heures plus tôt, quand il avait sentit le vieillard commencer à s’assoupir devant lui, alors qu’il était supposé augmenter son potentiel.

« Je n’étais pas là.
- Mais on vous a raconté, non ? »

L’ancien Kaïoshin poussa un soupir, mais à sa décharge ses bras ne bougèrent pas, toujours levés vers Kalta.
Il abandonne enfin.

« Selon l’histoire, les démons apparurent avec une immense porte, sur une planète de la Galaxie Nord.
- Passaros.
- Elle ne portait pas ce nom à l’époque, mais oui. Je peux continuer ?
- Pardon.
- Les Kaïoshins de l’époque connaissaient l’existence du Makaï et des Makaïoshins, il y avait même eu des tentatives de communications avec notre “frères de l’Autre Côté” comme ils étaient considérés à l’époque. Chaque essai diplomatique avait lamentablement échoué. Ils étaient trop belliqueux. Mais les Kaïoshins ne s’attendaient pas à une attaque d’une telle ampleur et surtout pas si soudainement. Les démons étaient bien plus puissants que les mortels qui avaient été créés. Ils se lancèrent dans une conquête sans pitié, en laissant derrière eux une traînée de destruction et de mort. Les Kaïoshins furent pris de court, incapable de comprendre l’origine et la raison de l’attaque pendant très longtemps. »

Le dieu s’interrompit. Les mots ne lui venaient pas naturellement, mais Kalta comprit que ce n’était pas parce qu’il réfléchissait trop, ou même parce qu’il fouillait ses souvenirs. C’était simplement douloureux. Il n’était peut-être pas là à l’époque, mais la blessure devait être encore fraîche quand on lui avait raconté tout ça.

« Ils voulaient les âmes des mortels, n’est-ce pas ?
- Ils finirent par le comprendre, quand les âmes de millions de morts n’arrivèrent pas au Paradis quand on l’aurait attendu. Leur motivation était alors claire, mais ça n’aidait pas pour autant à défendre l’univers. Des Kaïoshin parmi les plus guerriers tentèrent bien de les repousser eux-même, mais les démons étaient trop nombreux. Ils essayèrent de s’attaquer aux Makaïoshins qui avaient traversés eux aussi, mais ils tombèrent bien vite sur un garde du corps particulièrement dangereux. Un mortel.
- Un mortel ?
- Un habitant de notre univers que les Makaïoshin avait corrompu. Un combattant hors pair, qui tint tête au plus puissant des Kaïoshins de l’époque et parvint même à le tuer. Le combat avait été d’une violence inouïe, on pensa même le garde du corps mort luia aussi… mais il ne fit que revenir, plus fort encore.
- Auriel, murmura Kalta en réalisant.
- C’était son nom, oui. »

Ce n’était donc pas un démon. Pas à l’origine en tout cas.

« Les Kaïoshins n’étaient pas préparés à une attaque d’une telle violence. Ils mirent trop longtemps à comprendre comment utiliser les ressources de l’univers contre les démons. Mais ils finirent par réussir. Pas seuls. Trois peuples, des piliers de l’univers, se mobilisèrent contre l’assaut.
Les Yaxciens, les Tsufuls et les Nameks.
Oui. On dit que la technologie des Tsufuls permit aux Kaïoshins de surveiller l’univers en temps réel, pour mieux réagir. La magie des Nameks était assez puissante pour contrer les Madoshi les plus dangereux. Quant aux Yaxciens…
Je peux deviner à quoi ils ont servis.
On dit que leurs affrontement ravagèrent l’univers. On dit qu’un millier de Nameks psalmodièrent pendant un mois entier pour emprisonner avec eux la doyenne des Makaïoshin, l’emportant dans une supernova. On dit que les Tsufuls sacrifièrent un système solaire entier pour détruire le plus jeune des Makaïoshin. On dit que leur meilleur guerrier affronta le champion de Yaxche pendant une semaine, sans interruption, que leurs coups résonnaient aux quatre coins de l’univers et que, lorsque le combat s’acheva, la planète était réduite à l’état de caillou flottant. Quant à savoir qui a gagné… Ce que je sais, c’est qu’à la fin de la guerre, alors que les démons reculaient enfin, leur armée décimée, il ne restait que la Grande Makaïoshin… Et Auriel. »

* *
*

« Les Kaïoshins… Les Kaïoshins se sont révélés plus tortueux que nous ne le pensions. Ils n’ont pas hésités à utiliser leurs pions pour nous tuer. Ma mentor, l’une de plus grande magicienne de l’époque, a été lâchement piégé, enfermée sur une planète vouée à l’extinction. Mon frère se sacrifia pour détruire un système entier dédié à créer des armes de destruction massive. Et puis, il y eu Sud. Il a été mon plus féroce lieutenant pendant tout le conflit. Il n’y a peut-être qu’Auriel qui faucha plus d’âmes que lui… Et encore. Je le pensais indestructible, pour être honnête. Je ne pensais pas…
L’un d’eux est venu le chercher. L’un de ces Yaxciens. Il le poussa dans ses derniers retranchements et Sud fit de même. J’étais loin, à ce moment, mais je communiquais avec mon frère. Je l’ai senti devenir plus fort. J’ai vu à travers ses yeux quand la créature s’est transformé, encore et encore. Il aimait ça. Je crois qu’à la fin, il était trop passionné par le combat pour se soucier de comment il allait finir. Je lui ai proposé mon aide, plusieurs fois. Je sentais que les choses allaient mal tourner.
Au septième jour, la planète où ils se battaient n’étaient plus qu’un champ de roche en fusion. Sud avait les pieds brûlés. Et le Yaxcien, quel que soit son nom, il avait encore une transformation. Il l’a atteint pendant le combat, comme une illumination. Un déclencheur. Sa forme originelle, comme il l’appelait. Il n’a pas réussi à tuer Sud, mais ça n’avait plus d’importance à la fin. La lave les a englouti tous les deux.
Sud est resté euphorique. Jusqu’au dernier moment. »

* *
*

« Nous ne savions pas s’il était seulement possible de la vaincre sans d’immenses pertes. Sa magie était redoutable. Sa puissance plus encore. Avec les armées mortelles que nous avions réuni, la victoire était inévitable, mais à quel prix ? D’autant qu’Auriel était toujours en vie et il paraissait indestructible. Et puis, à ce stade, nous avions enfin compris comment elle avait déchiré les limites entre les dimensions, comment elle avait amené son armée. Il était possible que les Dragon Balls soient un moyen de réparer la faille et, selon certains, de réparer les dégâts fait à l’univers.
Alors, nous avons décidé d’une autre stratégie. Nous lui avons proposé des pourparlers. »

* *
*

« Je devais reconnaître notre défaite. Mes frères et soeurs étaient morts. Des millions de démons avaient péris. Oh, je ne demandais qu’à continuer, qu’à les venger, qu’à tuer toujours plus. Mais Auriel… Auriel a toujours été le plus raisonnable de nous deux. Il m’a conjuré de nous replier, de lécher nos plaies et de revenir plus tard. Nous n’avions pas besoin de mourir bêtement.
Alors, quand les Kaïoshins m’ont proposé de discuter de la fin de la guerre, j’ai pensé que je pouvais m’y rendre sans crainte. D’autant qu’Auriel était là. Je n’avais pas pensé qu’ils pouvaient être aussi perfides. »

* *
*

« Nous étions préparé à tout. Il avait fallu des semaines pour conjurer des chaînes assez puissantes pour Auriel, mais le plus dur avait été de préparer un sort assez subtil pour que la Makaïoshin ne le repère pas. Il en allait de la survie de l’univers, vous comprenez. Nous n’avions pas le choix.
Nous l’avons piégé. Au prix du sacrifice de la Grande Kaïoshin de l’époque. Auriel lui-même la décapita, elle était resté près de lui. Une assurance. Ils n’imaginaient sans doute pas qu’elle pouvait ressentir une telle dévotion envers toutes les autres vies de l’univers. Il était trop tard quand il le fit.
Nous avons scellé la Makaïoshin derrière le sceau magique le plus puissant qui soit. Puis nous avons renvoyé Auriel d’où il était venu. »

* *
*

« Je me souviens de son hurlement. Je ne l’avais jamais entendu si… désespéré. Ils étaient en train de lui arracher le coeur une deuxième fois.
Mais je savais déjà qu’il ferait tout pour me libérer. Et je savais que je n’allais pas mourir, car j’avais compris ce qu’ils voulaient vraiment. Ils allaient s’approprier mon plus beau travail. Ce serait leur perte. »

* *
*

« Une fois les démons repoussés, nous avons fait appel au pouvoir des Dragon Balls pour refermer la porte et obtenir une clef. Simplement détruire la porte paraissait au-delà du pouvoir du dragon…
Le pouvoir des Dragon Balls était si grand que nous n’étions pas sûr de ce qu’il fallait en faire. Alors, après moults débats, il fut décidé de les séparer. Grâce à l’aide des Nameks, nous fîmes d’un seul set, trois différents sets. Un pour chaque espèce qui avait contribué à cette victoire et qui saurait les utiliser avec parcimonie.
Les Nameks lièrent leur set à un seul individu, qui saurait le modifier et l’adapter au besoin de la planète. Les Tsufuls lièrent leurs Dragon Balls au noyau de leur empire, leur planète natale, sur laquelle elles reviendraient toujours. Les Yaxcien, eux, lièrent leur set à l’énergie vital de leur peuple mais demandèrent aux Nameks de les programmer pour se disperser à travers l’univers entier. Tous les 300 ans, un jeune yaxcien prometteur était envoyé en quête pour les réunir. »

* *
*

« Pendant des millénaires, ils utilisèrent ma magie et mon pouvoir pour forger leur univers. Ils reléguèrent le Makaï à leurs souvenirs, terrifiés à l’idée de retrouver Auriel. Et ils oublièrent. Les imbéciles.
Maintenant, je suis de retour et j’ai retrouvé mes enfants. Auriel y a veillé. Et nous allons leur faire payer, tu comprends, Ithaxus ? »

* *
*

« Avec l’apparition de Buu, les trois civilisations originelles furent détruites ou si durement touchées qu’elles oublièrent qui elles étaient. Je ne parle même pas des Kaïoshins. Le secret des Dragon Balls se perdit. Jusqu’au retour d’Auriel. Les Kaïoshins de l’époque n’imaginaient sûrement pas…
Vous non plus, non ? interrompit Kalta. »

Sa voix claqua comme un fouet dans le Kaïoshinkaï. Tout le monde écoutait religieusement le vieux dieu jusque là. C’était bien pour cela qu’il avait noté quelque chose.

« Vous avez dit “nous” au bout d’un moment. Vous n’étiez pas là pour le début, mais vous étiez là à la fin, n’est-ce pas ? Vous avez décidé d’emprisonner Aurielle pour vous approprier les Dragon Balls.
- Je n’ai rien décidé, je n’étais pas…
- Vous étiez là, n’est-ce pas ?
- … Oui. »

Kalta laissa passer un silence. Le vieil homme avait toujours les bras tendus vers lui ; il n’avait pas laissé la conversation le distraire de son rituel, mais ses épaules s’étaient affaissés et son regard ne quittait plus le sol.

« Nous ne pensions pas… Nous n’avions pas le choix. »

* *
*

« Nous n’avons plus le choix à présent. Il faut en finir. »

Aurielle tourna la tête et un lent sourire étira ses lèvres. Une lueur terrifiante fit briller l’iris rouge de ses yeux.

« Mes Dragon Balls sont prêtes. »


Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre toutes les deux semaines - Prochain chapitre octobre 2026 !
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Mer Juin 03, 2026 14:59

Hello Tierts !

Aucun soucis pour la musique, tu n’as pas à t’excuser alors que tu es assez persistant pour trouver un musique par chapitre

En temps que lecteur, permets-moi de te dire : fais nous attendre. Prends le temps qu’il faut, on ne commence et ne finis une histoire qu’une seule fois. Fais en sorte que cette fin ne te provoque pas de regrets. Crois-moi sur ce point, ça craint.

Concernant le chapitre :

J’ai beaucoup aimé la première partie, on retrouve ce que tu fais de mieux : les dialogues et l’ambiance. Je dois avouer que ça m’amuse que le pragmatisme extrême de la makaïoshin arrive à décontenancer Ithaxus, surtout au vu de son caractère scientifique.
Même si on n’a pas appris grand-chose, dans la première partie du moins, leurs échanges sont très divertissants.

Puis viens la partie avec le vieux kaïo. C’est dommage, dans la version originale il ne nous apprend que peu de choses sur l’univers « d’avant ». Bon, l’urgence de la situation n’aidait pas. En tout cas c’est plaisant à suivre.

J’ai adoré les deux points de vue superposé et toute la subjectivité que cela implique, je visualise ça si bien, que ce soit la forme d’un film ou d’un manga. Et là, c'est révélation sur révélation, on plutôt, on évacue les dernières zones d'ombre pour obtenir un tableau complet.

Finalement, les kaïoshins ont été les plus futés/vicieux, mais après une attaque surprise et le carnage effectués par les démons, on peut leur pardonner… Par contre, riche idée que cette création des Dragon Ball sous la forme de trois set.

Juste un truc qui m’intrigue :
Comment les tsufuls peuvent participer à une guerre galactique pour ensuite perdre contre les saiyans qui n’étaient, pour ainsi dire, que des guerriers préhistoriques en slip de fourrure ? Je suis étonné, est-ce qu'ils ont tant perdus que ça ?
De même, pour une guerre galactique, pourquoi tous les peuples viennent de la galaxie du nord ? C’est une restriction pour le moins curieuse quand on connait les enjeux et leurs conséquences.

Bref le mot de la fin : excellent chapitre. J’ai beaucoup aimé et ça se sent que tu l’as bien pensé en amont que tu as tout réuni, progressivement, en un point culminant. La lecture a été agréable et la hype que plus grande encore.

PS : musique de fin impeccablement choisie.
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

One Shot
Un mage un peu excentrique. Un Kaïo. Un métis saïyan. Un démon. Un démon du froid. Qui doivent sauver l'univers dans un combat épique. Qu'ajouter de plus ?
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Antarka le Mar Sep 01, 2026 0:05

Je poste juste pour dire que Tierts m'a dit avoir besoin d'un coup de pied au cul pour écrire sa fin.

Je vais même balancer comme un porc : il recommence avec ses "ouin ouin j'aime pas ce que j'ai ecris". Nan mais tu le crois ça ? Comme quoi même après quasi 20 ans, c'est vrai, les gens changent pas tant que ça.

Je me rappelle donc un certain coup de pied dans une fanfic qui n'était pas celle là. Quand le pied de Nekomajin rencontre l'inbottable cul de Vegeto. Et je te le fais en pensée. Nanméoh.
C'est un θ, il croyait qu'il était τ, mais en fait il est θ.
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar xela26 le Ven Sep 18, 2026 1:22

Coucou Tierts

Courage pour ta rédaction ! Et t'inkiète balance tes chapitres finaux, ils seront bien et on les lira !
Cell: l'ascension de la terreur- Cell a vaincu Son Gohan lors du Cell game!! Quel sort réserve-t-il à la Terre?? Pour le savoir....viewtopic.php?f=42&t=5990
Chapitre 138: publié
Chapitre 139- 145: 90%- relecture, correction

Cell: Damned Souls- Les aventures parallèles de héros de "l’ascension de la terreur". Pour les connaitre:
viewtopic.php?f=42&t=6774
abandonnée
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Sep 21, 2026 22:38

Hello tout le monde ! Merci pour vos petits messages et merci Antarka pour la tentative de remotivation. Je vais essayer de me mettre un vrai coup de pied au cul pour en finir une bonne fois pour toutes. Mais comme vous l'avez compris, c'est assez compliqué pour moi de progresser sur ces prochains chapitres. La raison est simple, je suppose, on approche de la fin et ce sera donc sûrement les derniers mots que je coucherais par écrit concernant CFC et son univers. En tout cas, avant un moment, je suppose qu'une part de moi ne veut pas en finir, d'autant que je ne suis pas particulièrement fier de ce que je vais faire (alors que je suis très fier de certains éléments du Tome 3, donc qu'on ne dise pas que je n'aime pas tout ce que j'écris xD)

Mais bref, je reviendrai sur le pourquoi du comment quand j'en aurais terminé je suppose ! En attendant, je vais me forcer un peu et publier le chapitre qui est prêt. Le prochain arrivera... vite j'espère ? Dans un mois maximum, je me fixe une deadline et on verra ce que ça donne. Il est déjà partiellement écrit donc j'ai bon espoir de tenir et je poste justement pour me forcer un peu à me relancer.

Bref.

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Chapitre 104 : Les cieux


Quand Aurielle apparut enfin sur le balcon, une vague parcourut l’assemblée. Une onde qui parcourut l’immense patchwork de démon, alors que les têtes se tournaient et que les visages se baissaient.
Quant à savoir s’il s’agissait de crainte ou de respect, c’était impossible à dire.

Pourtant, Ithaxus les observait depuis un moment. Il les dévisageait tous avec attention, à la recherche du moindre indice sur les intentions de ces créatures. Il en connaissait même certains, mais impossible de savoir le sentiment qui dominait cette foule. Et pour cause, les foules étaient bien plus difficiles à comprendre que les individus. Elle avait plusieurs fois constaté l’impact émotionnel de la concentration des cerveaux et l’avait toujours trouvé curieux. La raison était dépassée, oubliée, alors que les émotions fortes passaient d’une distraction à une raison d’être.

Auriel avait transformé un Makaï où chacun était prêt à tuer son voisin pour une miette de pouvoir en un véritable royaume, uni dans un seul but. Et il ne l’avait fait qu’en quelques mots, avec à peine plus de passion que son ton habituel.
Difficile de ne pas se demander de quoi la Makaïoshin serait capable, surtout après tout ce qu’elle avait déjà fait.

Ithaxus échangea un regard avec Belial, posté de l’autre côté du balcon. Le jeune duc ne bronchait pas, le regard fixé sur la masse de démon en contrebas. Il prenait garde à ne surtout pas croiser le regard d’Aurielle. Comme si cela pouvait le sauvegarder de quoi que ce soit.

« Ce n’est pas réellement moi qui vous ai réuni ici. »

La voix résonna brutalement, à la fois dans l’air autour d’elle et dans son esprit. Pourtant, ce n’était pas l’intrusion violente qu’elle ressentait parfois, quand Aurielle creusait son chemin à travers les couches de sa conscience pour fouiller sa boîte crânienne. C’était une annonce.

« Vous êtes ici car Auriel, votre Roi, vous a fait venir. »

Jusque là, il était impossible de contredire la Makaïoshin. C’était l’impulsion du Roi des Démons qui les avait amené jusqu’ici, pas l’esprit de la Makaïoshin, il le savait tous. La peur maintenait les guerriers sous son contrôle, et peut-être l’espoir d’obtenir mieux un jour, mais pas grand chose de plus. Cela n’allait pas tenir éternellement. C’était peut-être bien pour cela qu’elle se dépêchait de lancer son assaut.

« Il y a des millions d’années, les premiers Makaïoshins vous ont créé pour contrecarrer les desseins de nos rivaux. Il y a des million d’années, vous étiez des outils faits pour tuer, rien d’autres.
Ce n’est plus ce que vous êtes aujourd’hui. Ce ne sont pas des outils qu’Auriel a réuni ici. Ce sont des démons parmi les plus puissants, les plus intelligents et les plus dangereux qui aient existés. Passer autant de temps sans notre influence vous a été bénéfique, plus que je ne pouvais l’imaginer. Je ne peux imaginer ce que vous deviendrez une fois que les portes de l’univers se seront pleinement ouvertes à vous. »

Aurielle balayait la foule du regard, mais ses yeux n’étaient pas vraiment là. Ithaxus s’efforçait de les suivre et il ne voyait rien dans ses iris rouges. Elle ne fixait pas leur corps physiques, mais détaillait leurs esprits, leurs âmes.

« Il y a des millions d’années, les Kaïoshins ont volé toute l’énergie de la création pour créer leur petit univers. Ils n’ont laissés que des miettes pour nous autres. Pour vous autres. Ils ont pensés qu’il suffirait de nous enfermer, loin de leurs pitoyables créations, pour que les choses soient ainsi réglées.
Ils ont eu torts.
Vous en êtes la preuve. Vous descendez de ceux qui les ont envahis une fois. Vous êtes les descendants des survivants, de ceux que les Kaïoshins n’étaient pas assez forts pour tuer. Et vous êtes encore meilleurs.
Auriel… »

Il y eu une hésitation. Un seul bref instant, moins d’une seconde, mais que les sens surdéveloppés d’Ithaxus perçurent. Il concentra toute son attention sur la Makaïoshin, l’espace de cet instant, et vit l’humidité de ces profonds yeux noirs. Le tremblement de sa voix, quand elle reprit, était sincère.

« Auriel avait vu en vous le potentiel pour me libérer, mais surtout celui de vous libérer vous-même.
Il est temps d’accomplir cette destinée. »

La connexion s’interrompit. C’était une sensation que la démone avait appris à reconnaître, lorsqu’Aurielle s’extrayait de son cerveau pour revenir à la réalité. La foule resta hébétée. Ils ne devaient pas avoir l’habitude, mais surtout ils ne savaient pas comment réagir à un tel discours. Ceux qui n’avaient connus qu’Auriel n’avaient jamais entendu d’allocution aussi longues et ceux qui avaient connus Dabra ne reconnaissaient pas les compliments ou les encouragements.

La Makaïoshin laissa quelques secondes s’écouler dans ce silence abasourdi. Elle attendait peut-être des réactions, des applaudissements ou des vivats. Ithaxus n’osait pas bouger, mais elle détailla la foule du regard. Des démons, puissants ou modestes, hésitaient à ouvrir la bouche, à hurler. L’un d’eux, un des plus petits qu’Ithaxus ait jamais vu, ouvrit la bouche.

« Dragon Sacré ! s’exclama brusquement Aurielle. Apparais et exauce mon voeu ! »

Il en avait oublié la présence des Dragon Ball, en contrebas aussi. Les autres démons ne pouvaient pas les voir, postées qu’elles étaient sur une niche, à une dizaine de mètres de hauteur, mais Belial et lui n’auraient eu qu’à plonger pour les récupérer. Jusqu’ici, l’idée ne lui avait même pas effleuré l’esprit. Cela aurait été bien stupide de toute façon. Il serait mort avant d’avoir trouvé une échappatoire au Makaï. Et il aurait manqué ça.

La lueur qui jaillit des anciens artefacts paraissait teintée de rouge, mais elle contrastait tout de même avec le ciel du Makaï, plus sombre. L’éclair ne dura que quelques secondes, avant de s’élargir, muer, changer, pour prendre une autre forme, bien différente. Le fameux dragon, donc.
Cela ressemblait plutôt à un serpent, aux écailles anthracites. Son corps longiligne peinait à s’étirer vers le haut et semblait vouloir se tasser au sol, alors que sa tête énorme tentait de se reposer sur les anneaux qu’il formait dans les airs. Une crinière dorée et décharnée encadrait une gueule fine aux longues dents affutées. La seule partie de ce dragon qui apparaissait majestueuse. Une gueule immense qui mit pourtant plusieurs longues secondes à se pencher vers Aurielle. Les yeux d’or liquides paraissaient voir au-delà de sa créatrice, mais la voix de la créature s’adressa tout de même à elle.

« Tu as assemblé les Dragon Balls. Que désires-tu ? »

La créature était titanesque, monstrueuse ; elle dominait tout le paysage par sa simple présence. Sa voix tonnait comme un bombardement au-dessus de la foule. Pourtant, quand elle s’adressa à la Makaïoshin, c’était avec un mélange de crainte et de respect. Un ton qu’Ithaxus commençait à reconnaître, mais qui paraissait tellement absurde dans ce tonnerre de puissance qu’il en devenait risible.
Un vent glacé traversa le Makaï. Aurielle souriait. Elle parla d’une voix douce, comme à un enfant.

« J’ai besoin que tu brises les barrières de la réalité, encore. Mais avec une nouvelle destination.
- Que ta volonté soit faite. Quelle est la destination ? »

* *
*

C’était comme réveiller des ours dont l’hibernation ne s’était jamais arrêtée. Il avait toujours été conscient de leur présence, lui-aussi plongé dans une sorte de demi-sommeil. Il n’avait jamais ressenti la nécessité de les réveiller, alors il n’avait fait que suivre de loin l’évolution de la situation.

Lentement, les systèmes de Yaxche, conçu pour résister à toutes les catastrophes naturelles et à l’effondrement de toute la civilisation, succombaient au seul fléau que même les yaxcien et les tsufuls n’avaient pas été capables de battre : le temps. Vigilant était l’intelligence la plus avancée de la planète, la seule intelligence virtuelle. Il pouvait sortir de veille quand ses capteurs détectaient quelque chose, y retourner après avoir enregistré la donnée et ainsi économiser son énergie.
Les autres, en revanche, étaient pour la plupart rentrés en veille dès qu’ils avaient détecté que plus aucun habitant ne foulait le sol de Yaxche. Ceux qui n’en étaient pas capables avaient fini par disparaître, non par manque d’énergie mais parce que leur processeur n’avait pas survécu à l’utilisation constante. D’autres avaient simplement disparu car leur serveur physique se trouvait sur les zones ravagées par la dernière bataille de Yaxche. Des pans entiers de continent ou d’océan se détachaient encore régulièrement des morceaux de la planète les plus structurellement stables. Certains, même perdu dans le froid de l’espace, avaient continués de transmettre pendant des milliers d’années, grâce à des batteries de secours performantes. Mais un million d’années après la catastrophe, il ne restait plus rien de ces programmes fantômes.

Quelques lignes de codes, des traces perdues dans l’éther que formait les restes de Yaxche. Longtemps après que la vie se soit éteinte sur la planète, l’informatique conservait une mémoire, aussi trouble soit-elle. C’était tout ce qu’il restait.

Pour Vigilant, c’était plus que suffisant. De l’ancien réseau, il restait tout juste assez de connexions pour que ses propres codes aillent fouiller dans ces ruines. Lentement, méthodiquement, il recréa les lignes manquantes, il inventa ce qui était nécessaire, il reconstruisit les programmes morts depuis des milliers d’années.
Ses créateurs lui avaient donnés juste assez d’indépendance et d’intelligence pour qu’il puisse faire cela lui-même. Le résultat n’était sans doute pas conforme à ce qui avait existé à l’époque. Plus tsufuls que yaxciens, mais l’essentiel était que ce soit fonctionnel. Cela prenait simplement un peu de temps : quelques millisecondes.
Au fond d’un océan asséché, une lueur rouge s’alluma. La première d’une longue lignée. Les circuits de Yaxche retrouvèrent vie. Un par un, ils se réveillèrent d’un long sommeil. Des codes anciens recommencèrent à circuler entre des machines que Vigilant surveillait. Des questions. Des demandes. Des alertes. Il les fit tous taire et, lentement, patiemment, imposa sa requête.

Son ordre.

Tels des géants de rouille, ils se levèrent les uns après les autres et accomplirent ce qu’ils pouvaient. Reconnecter deux parcelles de la planète avec le réseau géothermique, découvrir qu’une partie du réseau plongeait dans le froid infini de l’espace, diverger l’énergie d’une ville vers le centre planétaire… Autant d’actions qui prendraient sans doute des heures si des être vivants s’en occupaient mais qui, pour des machines même anciennes et mourantes, ne prit que quelques instants.
Vigilant ne donna qu’un appel vocal, extérieur, pour prévenir celle qui avait donné l’ordre que l’énergie arrivait. Il perçut plus qu’il ne vit les organiques se précipiter à l’intérieur du vaisseau. Puis, il pu donner toute son attention à cette énergie qui continuait d’affluer, depuis ce qu’il restait de la planète.

Une part de frustration - un élément de programmation qui s’activait quand on lui confiait une tâche qu’il ne parvenait pas à résoudre immédiatement - commençait à se faire sentir, alors que plusieurs programmes répondaient depuis des distances impossibles, pour l’informer qu’ils ne retrouvaient pas le réseau. Parce qu’ils étaient maintenant sur un autre morceau de Yaxche, éloigné du Noyau depuis des millions d’années. Vigilant classa ces informations. Puis les supprima.
Il avait ce qui lui fallait. L’énergie affluait de toute la planète. Des villes entières s’illuminaient un bref instant, une dernière fois, alors que le noyau était privé de ses dernières réserves de puissance.

Yaxche brilla un ultime moment.

Vigilant sentit ses propres systèmes s’activer comme jamais, alors que l’énergie débordait du circuit. Elle emplissait le vaisseau mais aussi sa base. Pendant un bref instant - une microseconde pour être exact - il se sentit tout puissant. Ses senseurs captèrent plus loin qu’ils ne l’avaient jamais fait. Il devint conscient de toute la Galaxie qui s’étendait, tout autour d’eux. Toutes ces planètes habitées, toute leur culture, toute leur histoire. Tout ce qui avait changé depuis que cet endroit avait été détruit. Pendant un moment interminable et trop court, il sut tout ce qu’il avait manqué ces dernières millions d’années… Et ne trouva pas une trace des tsufuls. Mais la sensation restait écrasante de données, passionnante d’information… Un moment parfait pour Vigilant.

Au point de ne pas entendre les remerciements communiqués depuis le vaisseau.

Puis un trait fin traversa l’espace où s’était trouvé le Tempête. Un trait qui disparu en trouant la délicate membrane qui séparait les dimensions. Du même coup, il disparut des senseurs de Vigilant.

Toutes les planètes lointaines qu’il venait de découvrir s'éteignirent une à une dans la brume de ses senseurs qui perdaient en puissance et en intensité. L’univers retrouva sa noirceur, son vide immense et silencieux.

Yaxche retomba en hibernation. Et Vigilant à son tour.


* *
*

Le silence régnait en maître au Kaïoshinkaï. Cela faisait plusieurs heures maintenant, mais Kalta n’aurait pas été capable de donner le nombre exact. Il n’avait plus adressé à la parole au soi-disant dieu depuis la fin de son histoire. Vegeta et Goku s’étaient éloignés sans doute pour méditer. Restait Kibito et Kaïo du Nord, l’un occupé à les surveiller, pendant que l’autre se perdait en observation de l’univers. Personne n’osait parler.

Le nihilien avait préféré se lancer dans la méditation, lui aussi. C’était le seul moyen de faire passer le temps de façon utile, à défaut d’être agréable. Le silence, pour le coup, était plutôt une bonne nouvelle. Il pouvait ainsi se concentrer sur l’environnement plutôt que le vieil homme face à lui, occupé à “dévoiler son potentiel” comme il disait. Chaque seconde qui passait ajoutait au doute que le jeune nihilien ressentait : pouvait-il réellement faire confiance au vieillard ? Il avait paru sincèrement coupable à la fin de son conte, désireux de faire amende honorable et d’accomplir quelque chose pour corriger ce qui était arrivé. Mais est-ce qu’une révélation de potentiel, si puissante soit-elle, suffirait ? Est-ce que cela aurait le moindre effet sur lui, qui avait passé tant de temps à peaufiner son art du combat ?
Kalta sentit quelque chose caresser sa nuque. Un coup de vent, un filet d’air à peine perceptible, mais plus froid que l’air du Kaïoshin. Quelque chose qui interrompit brutalement ses réflexions en imposant à son esprit une présence.

Ses yeux rubis s’ouvrirent d’un coup, pour trouver le visage du vieillard traversé par la même terreur que lui.

« Elle…
- Elle est là, confirma Kalta. »

La sensation ne l’avait pas habité depuis trois mois, mais c’est comme si elle ne l’avait jamais quitté. Il se sentit de nouveau comme au Makaï, perdu en territoire inconnu, face à une puissance absurde mais surtout une présence qui refusait d’être ignoré. Comme si le Kaïoshinkaï entier avait soudain perdu plusieurs degrés. C’en était presque comme s’il attendait à ce que le ciel ne vire au noir.
La main du Kaïoshin se posa sur son genou et ce n’est qu’à ce moment que Kalta nota qu’il avait commencé à se lever.

« Ne bouges pas, nous devons poursuivre. Chaque seconde compte.
- Quoi ? »

Incrédule, le nihilien faillit reprendre son mouvement. Il pouvait sentir l’énergie de la Makaioshin, mais elle n’était pas seule. Des centaines, des milliers de démons la suivaient. Une armée, venue pour conquérir cet endroit. Elle était loin, mais à l’échelle du Kaïoshinkaï et des puissances qui y évoluaient en ce moment, c’était un trajet rapide.

« Elle est là, qu’est-ce que vous pensez gagner ? Il faut y aller.
- Goku et Vegeta vont y aller. Chaque seconde de plus pour le rituel augmente tes chances. »

Kalta en resta bouche-bée. Il ne pouvait pas sérieusement penser qu’une seconde de plus… Les saïyens n’arriveraient pas à la battre seuls, il en était sûr. Alors comment ? Du regard, il chercha le soutien de Kaïo du Nord ou, à défaut, de Kibito. Celui-ci était déjà parti.

« Que ?
- Il a raison, Kalta, souffla Kaïo, la tête baissée. Si nous pouvons te pousser encore un peu plus loin… Si Goku ne maîtrise pas la situation, tu pourras intervenir, mais… »
Kibito était parti les prévenir. Kalta sentit leur puissance se déplacer à toute vitesse à travers le Kaïoshinkaï, pour rejoindre la Makaïoshin. Le combat allait démarrer sans lui.
« S’ils se font tuer dans cet état, ils disparaissent définitivement !
- C’est aussi ton cas. Tu as retiré l’épée.
- Vous avez fini avec votre épée ? Eux aussi aurait pu la retirer si vous leur en aviez donné l’occasion. »

Le Vieux Kaïoshin avait fermé les yeux, ses deux bras tendus dans sa direction. Ils tremblaient, mais Kalta ne saurait dire si c’était de colère à ses protestations ou parce qu’il tentait d’accélérer la manifestation de sa magie. En tout cas, ce n’est plus le vieux qui parlait, mais Kaïo qui s’était approché pour lui faire entendre raison.

« C’est l’affaire de quelques minutes, quelques secondes même, mais chaque instant passé augmente ta force, Kalta.
- Assez pour la battre, vous pensez vraiment que… ? »

Le nihilien ne termina jamais sa phrase. Un nouveau frisson venait de le parcourir. Cette fois, pas parce qu’une puissance était apparue.

« Vegeta et Goku ont disparu.
- Quoi ?! hoqueta Kaïo. »

Le dieu se retourna d’un coup, les antennes tremblantes à la recherche des deux guerriers. Kalta se pencha vers le Kaïoshin.

« Vos secondes nous ont fait perdre nos meilleurs combattants. Qu’est-ce que vous…
- Silence !
- Non, je ne vais pas…
- Je les ai trouvé ! Ils n’ont pas disparu, ils sont au Paradis. Mais pourquoi ?
- Elle approche ! »

Dans l’esprit du jeune nihilien, la puissance écrasante de la déesse se faisait de plus en plus claire, définie comme les griffes du Makaï qui l’avait tué. Elle venait droit sur eux. Il tenta de se lever, une fois de plus, mais des mains s’accrochèrent à ses épaules.

« Je sais ce qu’elle a fait, soupira le Vieux Kaïoshin, la voix tremblante. Toi seul pourras l’affronter. »

Kalta se trouvait face à ses yeux sombres, plus sérieux qu’il ne l’avait jamais vu. Une détermination froide brillait au fond de ses iris, née de la culpabilité. Puis ses yeux se fermèrent et son corps s’écroula sur lui. Kaïo du Nord hoqueta. Kibito fondit sur eux, paniqué. Le nihilien ne bougeait pas, figé.

« Qu’est-ce qui se passe ?! Qu’avez-vous fait ?
- Je vois que certains préfèrent mourir que de me faire face. »

La Makaïoshin se tenait là, à moins de trois mètres. Elle posa la main sur le tronc de l’arbre qui leur apportait de l’ombre, son écorce noircit et dépérit en quelques instants. Ses yeux d’une noirceur absolue était posé sur le corps effondré du Vieux Kaïoshin. Kalta bondit sur ses pieds, par instinct plus que par volonté. Il pivota pour lui faire face, sans prêter attention au cadavre qui s’effondrait au sol.

« Yaxcien, gronda-t-elle. »

Ce n’était pas juste de la colère. Kalta avait eu son lot d’adversaire en colère et cela n’avait rien à voir. Il y avait une haine, profonde et intense, qui brûlait dans chacun de ses mots. Une volonté, non de le tuer mais de le faire souffrir.

« Je m’occuperai de toi après, fit-elle comme si chaque syllabe lui coûtait. D’abord l’arbre. Toi, tu attendras ton tour là où les âmes mortes doivent se rendre. »

Elle tendit la main et balaya l’espace entre eux d’un geste. Kalta sentit une volonté magique se refermer sur sa poitrine, toute la puissance de l’univers pressait soudain sur son plexus. Et plus rien.

Il resta là, planté devant elle, sans que rien ne se passe sinon un courant d’air qui agitait l’herbe délicate du Kaïoshinkaï. Elle paraissait aussi surprise que lui.
Un rire retentit, étouffé par l’herbe. Le corps du Vieux Kaïoshin tremblait de nouveau. Une auréole apparut au-dessus de sa tête et il bondit sur ses pieds, la vigueur de sa jeunesse retrouvé.

« Tu peux contrôler les âmes mortes, mais pas les vivants ! cria-t-il, triomphant, index dressé en direction de la Makaïoshin. »

Soudain, Kalta comprit. Ce poids de l’univers n’était pas la magie de la déesse. C’était la vie qui reprenait ses droits dans son corps. L’air qui pénétrait de nouveau ses poumons, la force qui lui revenait, le poids de l’existence véritable. L’auréole au-dessus de sa tête avait disparue. Il avait recouvré la vie. Et il comprenait instinctivement qui venait de lui donner.

« Vous…
- Tu ne fais que retarder l’inévitable, vieillard. Tu attendras donc. »

Elle accomplit le même mouvement que précédemment, mais cette fois-ci dans la direction du dieu. Le corps de ce dernier se déforma, comme étiré par une force invisible. La même chose attrapa Kibito et tira sur sa mine sévère. Les deux divinités disparurent ainsi, comme si une autre dimension les avait brusquement arraché à leur position. Kalta chercha du regard la prochaine victime mais Kaïo du Nord n’était pas mort. Par chance, il n’était pas là non plus.
Il se retrouva seul face à la Makaïoshin. Ils n’étaient plus que deux.

« Non, je ne suis pas seule. »

Un rictus mauvais déformait les traits d’Aurielle.

« Je suis heureuse de pouvoir te détruire, Yaxcien. Tu ne feras pas que mourir, pour ce que tu as fait à mon Auriel. »

Au loin, cette fois, Kalta était sûr de voir le ciel noircir. Ce n’était pas de la magie. C’était une armée de démon qui fondait dans leur direction. C’est vrai… Elle n’était pas seule. Loin de là.
Kalta planta ses jambes dans le sol et se mit en garde.


Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre toutes les deux semaines - Prochain chapitre octobre 2026 !
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Antarka le Mar Sep 22, 2026 12:33

C'était super. A quand la suite ? Je veux voir Bra se pointer maintenant.
C'est un θ, il croyait qu'il était τ, mais en fait il est θ.
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Grand guette esther le Mer Sep 30, 2026 17:58

Hello, j'ai fini le tome 2, voici mon retour, qui pourra parfois être un peu décousu car ce fut une longue lecture. D'autant plus que j'ai perdu des notes que j'avais pris sur les premiers chapitres.

Début de tome : Très intéressant l'introduction du côté "chroniques" par le journal de Palpi, ça introduit du point de vue, de la variété, du mystère. La fuite de Paragus ainsi que son alliance, bien rythmé aussi.
Je ne sais plus si c'est dans ce tome que Yajirobé est suivi par Ades, mais le moment est vraiment bien imprégné de tension et palpitant. Le Cell que tu montres est vraiment monstrueux et démoniaque. Il est vraiment méchant, pas de souci pour l'antagonisme complètement et franchement assumé, quel beau conn*!
J'ai beaucoup aimé aussi le passage sur la planète de Sio où les soldats impériaux se font malmener, l'ambiance lourde et menaçante de l'endroit.
Le personnage d'Ades est vraiment très bien construit et fascinant, on imagine bien le lore qu'il peut y avoir autour de lui avec un passé tourmenté.

A partir du chapitre 67, il y a une évolution des relations Kalta Cold, avec de plus en plus d'initiatives de la part de Kalta. Kalta n'est plus le simple observateur mais commence à agir de son propre chef et en étant plus acteur de décisions.
"Bienvenue à bord du Rédemption, Mesdames" : superbe réplique de Cold
Lorsque tu passes sur l'épisode du Grand Guedester, on sent qu'il y a un vrai travail de cohérence derrière, une histoire, du sens. En tant que lecteur, on a la sensation d'être guidé, c'est magnifique et fluide, j'ai senti dans ce passage que tu avais vraiment une maîtrise totale de ton histoire, c'est ta création et c'est là que tu as vraiment peaufiné les marécages de l'intrigue et le voyage de ta narration pour emmener le lecteur dans ton univers encore plus.

Pour finir, c'était bien de montrer un Kalta dépassé face à la transfo de Bra lors du deuxième combat contre Cell. Les écarts se creusent et les cartes continuent de se rebattre, ça redistribue les rôles, intérêts et stratégies de chacun. Et la mort de Cold...Quel moment! Une vraie bascule avec cette prise d'otage de Cell.

Pour finir, la poignée de main symbolique entre Bra et Kalta est un peu un renversement de l'ordre établi et une évolution de l'ordre naturel des choses : là où les anciennes générations se menaient un conflit, on débouche sur quelque chose de plus mesuré et pacifique.

Sinon, il y a pas mal de sous-intrigues intéressantes impliquant d'autres personnages (Varidal par exemple), qui viennent alimenter l'intrigue générales et ne sont pas pour déplaire.
J'aurais pu dire beaucoup d'autres choses, mais j'ai essayé de faire un mix entre les notes qui me restaient et les souvenirs marquants de ma lecture, qui s'étale sur plusieurs mois donc difficile de tout me rappeler.

Voilà, me reste plus qu'à passer au tome 3 maintenant!
Ma fanfiction : Metal Perfect Cell

Le kamehameha de Gohan ne l'a pas tué, mais il erre maintenant dans l'espace réduit à l'état de cellule plus affaibli que jamais avant de croiser...

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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Jeu Oct 01, 2026 9:38

Hello Tierts !

De rien, mais si deuxième coup de pied au cul il y a besoin, alors deuxième coup de pied au cul il y aura.
Surtout quand on a le droit à un super chapitre, comme l’a mentionné Antarka. J’ai aimé chaque passage et je trouve qu’ils sont tous impactant à leur manière, ne me suis pas ennuyé d’un iota.

Lentement, les systèmes de Yaxche, conçu pour résister à toutes les catastrophes naturelles et à l’effondrement de toute la civilisation, succombaient au seul fléau que même les yaxcien et les tsufuls n’avaient pas été capables de battre : le temps.


Ah, le temps, cette saloperie…

Le don de vie du vieux Kaïoshin en guise de troll à Aurielle était hilarant, presque autant que la musique de fin. Ca va swinguer au paradis ! Il ne manque plus qu'une partenaire de danse à Kalta pour faire face à Aurielle et son armée...
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

One Shot
Un mage un peu excentrique. Un Kaïo. Un métis saïyan. Un démon. Un démon du froid. Qui doivent sauver l'univers dans un combat épique. Qu'ajouter de plus ?
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Mer Oct 14, 2026 19:06

Heya tout le monde !

Guédester, merci beaucoup pour ton super post de retour sur le Tome 2, très content qu'il t'ait plu même s'il est sans doute encore pas mal brouillon par endroit, au moins il fonctionne pour transmettre ce que je voulais transmettre ^^
J'espère que le Tome 3 et/ou le Tome 0 te seront tout aussi agréable !

Antarka {l Wrote}:Je veux voir Bra se pointer maintenant.

Tout vient à point à qui sait attendre, il paraît

Tonay {l Wrote}:Surtout quand on a le droit à un super chapitre, comme l’a mentionné Antarka. J’ai aimé chaque passage et je trouve qu’ils sont tous impactant à leur manière, ne me suis pas ennuyé d’un iota.
Content de lire ça et j'espère que ça continuera comme ça, tu sais comme j'adore écrire des combats...

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Chapitre 105 : Les faibles


Le château royal écrasait de sa majesté les minuscules silhouettes qui avaient osés s’en approcher. La porte, même si elle n’était qu’un accès secondaire, semblait vouloir devenir aussi haute qu’une des tours. Une bonne dizaine d’Ithaxus aurait pu s’empiler sans en atteindre le chambranle. Quant au domestique qui se tenait entre lui et cet accès, il était certes plus grand que le jeune démon, mais il n’était lui aussi qu’un insecte en comparaison du bâtiment, trop petit pour atteindre la poignée.
Et pourtant, il s’exprimait avec cette assurance parfaite, née d’un sentiment de supériorité qui n’avait jamais souffert de la moindre remise en question.

« Le Seigneur Dabra est fatigué de vos interrogations. Ce sera la dernière fois que l’on vous accorde quoi que ce soit. »

Ithaxus cligna des yeux, sans comprendre.

« Vous… vous ne m’accordez rien. Vous venez de dire…
- Nous vous accordons du temps. Et déjà beaucoup trop. »

Le mépris affiché était si choquant qu’Ithaxus en resta bouche-bée quelques instants. Que Dabra ne s’intéressait pas à l’histoire du Makaï, tout le monde le savait. Le roi l’avait vécu et ne s’embarassait pas de lire ce que les autres pouvaient en dire. Mais qu’il refuse de permettre à d’autres d’apprendre ? Ithaxus n’était pas un danger pour lui, tout le Makaï pourrait en témoigner. Ithaxus ne l’avait jamais dérangé puisqu’il n’accédait qu’à la bibliothèque. Dabra ne s’y trouvait jamais.
« A-Attendez ! »

Le temps que sa bouche s’ouvre, le majordome s’était déjà éloigné de quelques pas. Il ne fit même pas l’effort de se retourner complètement pour regarder Itahxus.

« Vous ne pouvez pas… !
- Le Roi a donné ses instructions. Je ne vais pas me répéter. »

Par réflexe, Ithaxus fit un pas en avant. Ce fut son erreur.
Le majordome avait réagi au quart de tour. En un instant, il fut là où le pied d’Ithaxus voulait se poser. Et il se tourna entièrement cette fois-ci, faisant tournoyer son pied dans les airs pour frapper. Le coup résonna autant dans l’air du Makaï que dans le corps d’Ithaxus. L’atterrissage, dix mètres plus loin, fut brutal. Un goût de sang se répandit dans sa bouche. Une main l’empêcha de se relever et pressa son visage dans la poussière sans le moindre effort.

« Est-ce que je peux me permettre un conseil ? »

Il n’y avait plus de mépris ou de moquerie dans la voix du petit démon, mais quelque chose de bien plus effrayant : de la compassion.

« Dabra ne s’amuses plus de ta présence et les faibles dans ton genre ne seront plus tolérés autour du palais très longtemps. »

La pression sur sa nuque se relâcha enfin. Ithaxus bondit ses ses pieds, en position de combat, mais le serviteur n’avait même pas bougé. Il se redressa lentement, sans lever les mains. Il n’avait vraiment pas l’intention de se battre, c’était un avertissement sincère. Et d’autant plus blessant en conséquences.
« Pars, maintenant. Je ne me répéterais pas. »

Le majordome lui tourna le dos. Ithaxus observa longuement cette cible mouvante alos qu’elle s’éloignait. Quelque chose brûlait, au plus profond de son esprit, d’une envie de meurtre. Une envie de tuer ou, au moins, d’avoir la puissance nécessaire pour écraser le serviteur. Ou ne serait-ce que de savoir se battre
Il lui manquait tellement de connaissances.

« Pour ce que j’en sais, reprit soudain le domestique, une fois arrivé devant la porte. Il y a bien des manoirs très fournis en livres. Tu as été accepté au palais il y a moins d’une semaine et Dabra n’a pas encore fait la moindre déclaration à ton sujet. Certains pourraient t’offrir un moment si tu chouines assez fort. »

Ce n’était pas une mauvaise idée. Aucun ne pourrait égaler la bibliothèque du palais royal, mais tous les démons qui s’étaient installés autour du gigantesque château avait un égo de la même taille et les moyens de rivaliser - ou d’essayer au moins - avec Daba. Ithaxus n’y avait jamais pensé, mais il y aurait peut-être même des tomes plus rares dans ces bibliothèque, ou bien qui parlait d’autres tribus de démon, d’autres époques… Des ouvrages que le roi des démons n’avait pas sélectionné avec soin.
« M-Merci. »

La porte s’était déjà refermée.


* *
*

Kalta n’avait eu que quelques instants pour évaluer ses chances. Elles étaient infinitésimales. Il ne connaissait pas la puissance exacte de cette créature, mais il savait qu’elle était redoutable. Bien plus dangereuse que tous les démons qu’il avait affronté jusqu’ici. Et le souvenir de leur première rencontre pesait lourd. Dans les yeux sombres de la déesse, il lisait toute la haine qui brûlait encore en elle.
Au moins, nous ne sommes plus au Makaï. Le monde entier ne va pas se dresser contre moi, cette fois.

Derrière elle, une nuée d’insecte vrombissait dans leur direction. Même sans le terrain contre lui, elle avait une armée. Parmi eux, beaucoup de véritables insectes, des créatures que Kalta pourrait balayer d’un mouvement de la main, mais ils n’étaient pas les seuls. Même sans pouvoir se concentrer, le jeune nihilien devinait que, dans ce tas informe de démons, il y avait des créatures d’un niveau qui dépassait de loin l’élite de son univers. Il n’y avait peut-être qu’un Ithaxus, mais une dizaine de créature proche d’un super saïyen suffirait pour lui imposer un handicap.
C’est le moment de tester cette révélation de potentiel.

Kalta ferma les yeux, un seul instant. Il se concentra sur la force qui circulait dans son corps, sur l’énergie qu’il pouvait monopoliser pour devenir plus dangereux. Il visualisa ses muscles grossir, son corps grandir et se couvrir de plaques de protection. Il vit le masque se refermer sur sa bouche, le dernier symbole de son ultime forme. Ce ne serait que sous cette forme qu’il pourrait déployer toute sa puissance.
Quand il rouvrit les yeux, le nihilien n’avait pas gagné le moindre centimètre. Aucune plaque de protection ne s’était formé sur ses bras ou ses jambes. Sa forme n’avait pas bougé d’un poil.

« Qu’est-ce que… ? Non…
- Un problème, yaxcien ? gronda la voix de la créature. »

Pendant une seconde, Kalta sentit une colère sourde croître dans son esprit, suivie d’une peur bleue. Est-ce que cette imbécile de Kaïoshin, en commençant son rituel sans l’achever, l’avait bloqué par erreur à un niveau inférieur ? Est-ce qu’il allait devoir se battre avec un handicap de plus ? Il n’avait aucune chance.

« Je te laisse en discuter avec mon armée. Je reviens. J’ai à faire. »

Chaque mot dégoulinait de mépris, mais Kalta s’étonna surtout de la voir se détourner de lui. Qu’est-ce qui pouvait bien la préoccuper plus que leur affrontement ? La réponse lui vint aussitôt : l’arbre de la création, celui qu’elle était venu détruire. Il ne put que suivre avec effarement son ascension dans les airs.
Aurielle tourna sur elle-même, choisit sur une direction et se prépara à partir.
La peur disparut enfin.

« Stop ! »

Kalta avait voulu se lancer à sa poursuite. Le sol explosa sous ses pieds. L’arbre sous lequel il s’était entraîné si longtemps fut balayé comme un morceau de paille par le vent, et pourtant revint par miracle à sa place. La milliseconde suivante, le nihilien était face à Aurielle. La Makaïoshin faillit trébucher sur l’air, les prémices de son mouvement interrompus par l’apparition brutale. Pour la première fois, il vit les yeux de la créature millénaire s’écarquiller. Puis, ses traits se tordirent sous la colère.

« Ce vieux fou… »

Autour de Kalta, l’énergie pulsait, plus intense que jamais. Son aura, d’ordinaire argentée, semblait avoir pâli et elle ne formait plus une grande flamme autour du nihilien, mais plutôt un bouclier fin qui suivait les courbes de son corps et battait au rythme de son coeur.
La révélation de potentiel… Ce n’était pas que du vent.

Kalta s’en voulait presque, mais rien n’indiquait que ce serait suffisant. Il serait toujours temps de s’excuser quand ce serait terminé. D’une impulsion, d’un regard, il fit exploser son aura et, cette fois, Aurielle recula parce qu’elle n’avait pas le choix. Il se mit de nouveau en garde.

« Ce ne sera pas aussi facile cette fois. »

Son assurance retrouvée, il faisait de son mieux pour donner le change. Il ne s’était peut-être jamais senti aussi bien, mais il faisait face à une armée et à une créature qui l’avait déjà tué sans même à avoir à lever le petit doigt. Pour lui non plus, ce ne serait pas facile. D’autant qu’Aurielle avait déjà retrouvé son calme.
La Makaïoshin avait croisé les bras sous sa poitrine et elle considérait Kalta de haut en bas. Son visage ne témoignait aucune émotion mais la noirceur de ses yeux transmettait toute la haine nécessaire ; elle n’avait pas besoin de plus.

« Penses-tu réellement que ce sera suffisant ? Un peu de puissance en plus ? »

La déesse écarta les bras. Son armée s’amassait derrière elle. Des milliers d’yeux fixaient Kalta, des milliers de crocs et de griffes se préparaient à le déchiqueter.

* *
*

La puissance qui se dégageait du nihilien avait quelque chose d’irréel. Quelque chose dans son aura avait changé et Ithaxus n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. C’était fascinant. Même après l’avoir affronté trois fois, le démon découvrait de nouvelles facette de cet adversaire. C’était en particulier le niveau de son ki qui impressionnait : si c’était le fruit d’un entraînement, c’était sans doute le plus performant qu’on puisse imaginer. En quelques mois, il avait dépassé toutes les prévisions du démon. Ithaxus ne lui arrivait pas à la cheville.

D’autres auraient sans doute trouvé cela injuste. Qu’est-ce qui avait permis à cette espèce - yaxcien ou nihilien, peu important le nom qu’on pouvait leur donner - d’atteindre de tels sommets ? Y avait-il un prix à payer ou n’était-ce que la loterie génétique ? Un don divin. Considérant là où ils se retrouvaient, peut-être que la dernière option n’était pas à exclure pour cette dernière poussée de force. Cela pouvait être décourageant, se retrouver face à quelqu’un qui nous dépassait intrinsèquement. Dont la puissance pure écrasait tous les efforts que l’on pouvait faire. C’était peut-être ce qui avait motivé la haine de Dabra.
Ithaxus n’était pas de ceux qui y voyaient une injustice. La vie était ainsi faite dans le Makaï. Tout le monde avait un don différent, un pouvoir différent, une énergie différente, et il fallait faire au mieux avec ce que la nature vous avait confié. Sauf dans son cas.

La nature - ou les dieux du Makaï - n’avait pas cru bon de lui confier quoi que ce soit sinon un cerveau curieux. C’était en étudiant, en comparant, en disséquant et en examinant qu’Ithaxus en était arrivé là. Elle avait compris les processus biologiques élémentaires, puis la magie qui animait les démons, puis les entrelacs complexes où les deux forces se croisaient pour créer les pouvoirs des plus puissants démons. Elle avait compris comment survivre à des expériences qui tueraient n’importe qui d’autre - ne serait-ce qu’à cause de la douleur. Elle avait appris à tuer et à guérir.
Et ainsi, il était devenu ce qu’il était aujourd’hui. Sans jamais arrêter d’étudier.

Elle le faisait encore en cet instant précis. Ses yeux fixaient le yaxcien, mais c’étaient des centaines de sens différents qui l’examinaient. Des centaines de milliers d’informations parvenaient en même temps à son cerveau et elle triait de son mieux. Du faible courant électrique qui circulait dans le corps de Kalta, elle pouvait déduire qu’il était en pleine forme, comme jamais auparavant. De la texture des protéines sur sa peau, elle concluait qu’il pouvait encore pousser son corps un peu plus loin, atteindre une puissance supérieure, mais pas de beaucoup. Du rayonnement infrarouge qui se reflétait dans ses yeux, elle comprenait qu’il était confiant mais qu’une certaine peur l’animait malgré tout.
Aurielle était encore une inconnue pour lui et le jeune empereur n’était pas idiot : il savait qu’il risquait sa vie.

Dommage que tout le monde ici ne soit pas aussi raisonnable.

De la Makaïoshin, il exsudait aussi des milliers d’informations différentes. Ses nouveaux sen permettaient à Ithaxus d’en être certain : elle était autre chose. Pas un démon, pas un mortel, quelque chose d’autre. Plus ancienne, plus primaire. Son aura était un trou noir qui ne demandait qu’à grandir et absorber tout l’univers. Quand elle ressemblait à un démon - ou même à un mortel - c’est quand elle parlait, quand elle s’abaissait à communiquer ainsi. Son ton révélait plus que tout le reste, d’autant qu’elle ne prenait pas la peine de se cacher derrière un masque.
Elle haïssait le prince. Elle voulait sa mort et, plus encore, elle voulait qu’il paye pour la mort d’Auriel. Tout cela, Ithaxus savait qu’elle ne pouvait l’empêcher. Et c’était pour ça qu’elle était venue.

Cela n’aurait pas été un problème dans son esprit si la Makaïoshin n’avait pas insisté pour qu’il l’aide dans cet objectif. Car plus important encore que la vengeance, pour elle, était une autre vengeance, plus ancienne et qui avait sans doute eu le temps de mûrir, de pourrir et de se distiller en une essence pure. Elle voulait l’arbre des Kaïoshins. Elle voulait le détruire, pour que ses ennemis n’aient aucun moyen de revenir. Sauf que, depuis leur arrivée, le fameux végétal était invisible.
Sans que cela n’impacte la détermination de la déesse une seule seconde.

« Il est là, gronda une voix dans son esprit. Je le sens mais j’ai besoin de temps pour percer les illusions des Kaïoshins. »

Très bien. D’abord, ils pouvaient affronter Kalta. Et ensuite…

« Occupe le en mon absence. »

Non.
Non…
Ithaxus se vit violence pour vider son esprit de toute pensée. Ce n’était pas le moment de gâcher tous ses efforts.

« Ithaxus ! appela la Makaïoshin à voix haute. »

Sans hésiter, il s’éleva dans les airs et s’avança en dehors de la nuée de démon qui accompagnait la Makaïoshin. Le regard du prince le trouva et Ithaxus put voir ses pupilles bouger à mesure qu’il le détaillait de haut en cas. Il pouvait presque sentir le nihilien examiner son aura à la recherche de quelque chose qu’il reconnaissait, car ce qu’il voyait n’avait rien à voir avec ce qu’il avait déjà vu.
Jouant avec cet effet qu’elle connaissait bien, elle se fendit d’un sourire.

« Votre Majesté. Toujours un plaisir de vous revoir.
- Pas pour longtemps, Ithaxus. »

En effet.

« Je vous laisse. »

Aurielle s’élevait déjà au-dessus de la mêlée qui allait débuter, son attention déjà sur les formules magiques qu’elle emploierait pour trouver sa véritable cible. Kalta ferma sa main en un poing, à l’exception de deux doigts.

« Tenez-vous vraiment à nous affronter tous les deux ? Téléportez-vous sur elle et je vous rejoindrais. »

Le geste de Kalta s’interrompit. Les iris rouges étaient fixé sur Ithaxus, si intense que ce dernier se demanda un moment s’il n’allait pas être transpercé d’un instant à l’autre. L’hésitation était l’objectif. Kalta était peut-être confiant, mais pas au point de se mesurer à Aurielle et Ithaxus en même temps. Ithaxus aurait préféré, pourtant, mais il ne pouvait l’encourager dans cette direction ou ce serait le courroux de la Makaïoshin qu’il endurerait.
Kalta hésitait encore. Il regardait toujours Ithaxus, mais la tension dans ses muscles s’était relâché. Sauf au niveau de son cou, tendu comme la corde d’un arc. Il suivait l’aura d’Aurielle qui s’éloignait.

Très bien.

Ithaxus écarta brusquement les bras et une fumée noire s’échappa de tous les pores de sa peau. Ses volutes ne tardèrent pas à l’entourer, mais surtout à se répandre vers son adversaire. Plongé dans les ténèbres, il se rua en avant et écrasa son poing dans le visage du prince. Concentré ailleurs, Kalta encaissa de plein fouet… mais ne bougea pas, contrairement à ce qu’aurait préféré le démon. Sa signature thermique pivota et son pied trouva une faille. Il n’eu que le temps de lever son bras pour encaisser le cou. La puissance du prince fit vibrer tout son corps.

Il est bien plus fort. Et plus rapide.

Avant que le yaxcien ne puisse prendre l’ascendant, Ithaxus fit jaillir des tentacules d’énergie depuis son dos. Ainsi, le déluge de coups qui s’abattit sur lui n’eut pas l’effet escompté et se heurta aux filins violacés. Kalta n’avait perdu qu’un battement de coeur dans le noir, il savait maintenant très bien où était son adversaire. Mais il ne connaissait pas encore les capacités de ce dernier.
Ithaxus le sentait dans ses coups. Hésitants. Fragiles. Même quand chacun menaçait de lui briser les os, le démon décelait leur faiblesse.
« Vous faiblissez, Majesté ? »

Du bluff. Elle n’avait besoin que d’une seconde. Une tentacule de plus jaillit de son torse et frappa Kalta. Ithaxus visait le coeur mais elle frappa l’épaule. Un hoquet de surprise retentit. Puis un poigne se referma sur son bras. Une seconde plus tard, le sol filait à sa rencontre. Toutes ses tentacules se tendirent pour amortir le choc. L’ombre du nihilien disparut et ils se retrouvèrent face à face. Sinon qu’Ithaxus était à l’envers.

« Le poison est plus lent que celui de Resheph, mais il vous aura. »

Un mensonge de plus. Malgré tous ses efforts, Ithaxus n’avait jamais réussi à reproduira la combinaison si spécifique qui faisait des toxines exhalés par la démone une essence si mortelle. Dommage, car cela aurait sans doute été sa seule chance d’abréger tout ça.
Kalta ne mordit pas à l’hameçon.

Le nihilien amena sa main devant son visage. On pouvait lire l’intérêt dans ses yeux, mais ce n’était pas pour ce combat. Cette puissance était nouvelle chez lui, il la découvrait encore, avec ses avantages… et ses limites. Ithaxus vit enfin une opportunité.

« Pas sûr que tes tours fonctionnent, Ithaxus.
- Vous n’avez encore rien vu, Majesté. »

Les filins d’énergie disparurent et le démon reprit sa chute vers le sol. Son corps se tordit pour effectuer une pirouette dans les airs, prêt à frapper dès qu’il toucherait le sol. Bien sûr, Kalta le vit venir et frappa le premier. Sa paume s’écrasa sur le torse d’Ithaxus avec une violence inouïe.

Comme prévu.

Avec sa conscience absolue de son nouveau corps, Ithaxus pouvait sentir chaque vibration que le coup avait provoqué. Il pouvait visualiser chaque os qui s'approchait du point de rupture. La puissance du prince était vraiment exceptionnelle. Plutôt que de résister, il accepta la vibration, l’amplifia dans toutes les fibres de son corps. Puis la rejeta.
L’onde de choc explosa entre eux. Le sol disparut dans une détonation sonique, tandis que les deux adversaires étaient projetés à l’opposé. Le nihilien se réceptionna élégamment au sol, alors qu’Ithaxus se laissait rebondir contre de lointains rochers, pour profiter de ce répit et réfléchir. Ses options étaient limitées et toutes dangereuses. C’était bien plus désagréable que la sensation de ces cellules qui criaient à l’agonie.

Quand le nihilien fondit de nouveau sur lui, il se laissa tomber au sol. Ses pieds creusèrent la terre, d’abord pour se réceptionner, puis alors que le poing de l’empereur passait au-dessus de son crâne, pour l’emmener sous la surface. Il jaillit dans le dos de Kalta et le lacéra d’un coup de filin énergétique. Kalta se retourna sans une hésitation, l’énergie brûlant déjà dans sa main. Plutôt qu’esquiver, Ithaxus tendit la main.
Et plutôt que de le carboniser, le ki fut absorbé par les pores de sa nouvelle paume. La sensation était délicieuse.

« Vous affrontez tout le Makaï, petit prince. Il va falloir faire plus attention. »

Elle força un sourire narquois, attirant l’attention du nihilien sur son visage. Au même instant, son bras relâcha l’énergie emmagasiné dans un torrent de lumière bleuté. Kalta aurait dû être emporté. Sauf qu’il avait disparut.
Quand le grésillement retentit dans son dos, Ithaxus tenta de pivoter mais il ne vit pas le nihilien. Il sentit, en revanche, la faux qui balaya ses deux jambes. Il ne se sentit tomber qu’une seconde avant que Kalta soit de nouveau sur lui. Une poigne de fer enserra sa gorge et l’emporta plus bas encore, creusant le sol. Les yeux de sang le fixaient, curieux.
« Tu n’es plus aussi surprenant qu’av… »

Un autre torrent d’énergie frappa l’empereur avant qu’il ne termine. Un torrent rouge, tremblant et furieux. Un assemblage un peu difforme d’énergie, mais qui avait suffit à déstabiliser le nihilien. Ithaxus se redressa, pour le retrouver à moins de deux mètres de là, les yeux fixés sur quelque chose derrière le démon. Il n’avait pas besoin de se retourner pour avoir ce que c’était. Un nouveau sourire fleurit sur ses lèvres.

« Je vous ai dit. Vous affrontez tout le Makaï. »

Dans son dos, des milliers de démons s’étaient mis en formation, sous le commandement de Belial. Les puissants formaient le centre et l’avant garde, tandis que les plus faibles renforçaient les flancs de cette immense nuée. Autour d’eux, le paysage était carbonisé. Ce n’était pas un canon très précis. Mais Ithaxus n’avait pas besoin de précision en cet instant.

Kalta se redressa, surpris mais à peine amoché. Elle s’attendait à voir du mépris dans ses yeux quand il contempla la marée de démon, mais il n’y avait qu’un froid calcule dans les iris rouges.

« Risqué Ithaxus. Mais je ne devrais pas m’étonner que tu sois près à sacrifier autant des tiens. »

C’était le moment qu’elle attendait. Ithaxus ordonna à son corps de faire abstraction de toutes les informations, sinon celles qui provenaient du jeune nihilien. Elle pouvait sentir la poussière accumulé sur son corps, la subtile vibration de ses pieds alors qu’il s’élevait dans les airs. Et l’énergie qui bouillonnait dans son bras droit alors qu’il le ramenait en arrière. Kalta ne préparait pas une attaque subtile ou précise. Il préparait une décharge de puissance, faite pour emporter tous les faibles d’un coup. Il allait les balayer d’un revers de la main.
Ithaxus ouvrit tous les pores de sa peau. Il ordonna à ses deux coeurs de battre beaucoup plus vite, au flux de son sang de se préparer à recevoir toute cette énergie. Il banda ses muscles, puis bondit sur la trajectoire au moment où Kalta balaya l’air.

La décharge aurait dû lui cisailler la taille. Même en étant préparé à absorber une telle salve, elle fut surprise par la violence de l’énergie qui affluait dans son corps. Tous ses muscles tremblèrent sous le coup de cette puissance. Pendant un instant, elle vit le point de rupture s’approcher et crut que la mort l’emporterait.
Puis, en rouvrant les yeux, elle vit le visage choqué du nihilien. L’énergie continuait d’affluer dans toutes les cellules de son corps quand Ithaxus parvint à ouvrir la bouche.
« Vous ne savez rien de moi ou de ce que je peux sacrifier. »

Le ki ne pouvait pas être contenu plus longtemps. La gorge d’Ithaxus se mit à briller et l’énergie emprunta le chemin le plus court.

L’explosion les enveloppa tous les deux.

Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre toutes les deux semaines - Prochain chapitre octobre 2026 !
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