Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Guerre

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Imate le Ven Avr 14, 2017 18:17

Aloha minna san ! On se retrouve pour un chapitre 18 aujourd'hui ! Je ne cache pas qu'avec les examens en approche imminente et donc les révisions qui vont avec, c'est pas la joie pour écrire. Mais je me suis quand même pris le temps de terminer celui-ci, et le prochain paraîtra une fois que je serai tranquille de mes partiels ! Maintenant que j'ai fini de raconter ma vie et de chercher des excuses pour justifier le temps d'attente, place au chap' ! :mrgreen:

Mais avant, omurah :P
Spoiler
Je comprend ta frustration, c'est vrai que l'idée de cette mise en scène aurait bien rendu. Mais pour le coup, le destin de Zora était décidé dès sa première apparition dans la fic, il était pas voué à être un héros vengeur malheureusement^^

Concernant tes remarques, la première sur la réplique de Byona j'approuve totalement, l'effet aurait sans doute été plus marquant ! Après l'explication de son pouvoir, je voulais qu'elle se fasse par Byona et Kota, c'était vraiment leur chapitre, eux qui n'avaient pas eu de temps d'antennes depuis un moment alors qu'ils sont centraux dans cette histoire. En tout cas merci pour les compliments comme pour les conseils, c'est toujours aussi enrichissant :D


Chapitre 18 : Prend soin de mon frère...

Image
(cette image n'a rien à voir avec le chapitre mais je voulais poser ça là, voilà voilà^^)


J'ai...soif...

Le soleil tapait, le sable brûlait, et le vent se taisait pour laisser place à une pesante chaleur. Alors que d'énormes charognards volants pourvus d'un plumage rose et vert tournait autour de lui, un pauvre soldat de l'armée impériale marchait avec lourdeur et lassitude. Son armure lui tenait encore plus chaud, mais l'enlever en milieu hostile serait contre le protocole...

Au diable le protocole !

L'homme au long crâne, probablement un Ringo-seijin à en juger par son physique, se débarrassa péniblement de son armure – sans doute à cause des courbatures lui pesant sur les bras qu'il ne pouvait presque plus lever, autant que des décilitres de sueur qui lui coulaient sur la peau – puis la jeta dans les dunes dorées en même temps que son canon brachiale.

S'allonger à l'ombre de cette pierre en pensant rattraper plus tard le Général Satsu et ses collègues avait sûrement été une grave erreur. S'il n'avait pas été réveillé par une immense explosion, et alerté par cette intrigante lumière bleue passagère, qui sait comment il aurait pu finir. Mais maintenant, perdu seul en pleine mer de sable d'or, que pouvait-il bien faire ?

Voler ? Impossible, par cette chaleur et avec cet état d'épuisement, utiliser son énergie d'une manière aussi précise lui serait impossible, lui qui ne pouvait même pas la projeter hors de son corps sans l'aide de son canon à flux.

Boire ? Cela aurait sans aucun doute été la meilleure chose à faire, au moins pour essayer de se requinquer et se remettre les idées en place. Déjà sa seconde erreur aujourd'hui, ne pas avoir emporté d'eau sur une planète composée pour moitié de déserts arides n'était effectivement pas des plus réfléchi.

Appeler à l'aide ? Son communicateur était sans doute toujours fonctionnel après tout, le matériel de l'armée était fait de façon à résister à tous types d'environnements. Mais quelle peine attendait un tir au flanc ayant abandonné son escouade ? Ou pire, un déserteur dans le pire des cas ! Non, autant rester dans le désert en attendant de trouver une solution.

C'est alors que la providence le survola telle trois avions à réaction traversant le ciel dans un bang assourdissant faisant vibrer l'air et vriller les tympans de l'alien. Le Général Satsu, accompagné du Général Danmarine et son laquais ? Voilà l'occasion rêvée ! Qui lui reprocherait d'avoir déserté l'escouade d'un traître ? Après tout, pour lui qui travaillait sous les ordres de Pierrot, et donc ceux de Kota, les amis de Danmarine sont des ennemis.

L'homme à la tête allongée se jeta sur son armure avant qu'elle ne s'enfonce définitivement dans le sable, et s'empara de son communicateur. Une fois le sable enlevé de l'appareil, restait à chercher le canal radio correspondant au campement de Niwa afin de contacter le Général Pierrot pour l'avertir de la trahison de Satsu, et ainsi se dédouaner de ses erreurs.

Sa troisième et dernière erreur aura sûrement été d'essayer de contacter son supérieur avant même de prendre la peine de se mettre en lieu sur. Cela lui aurait certainement évité d'être prit pas surprise par l'immense ver des sables qui surgit derrière lui sans crier gare. Une erreur fatale qui lui coûta d'être dévoré en une bouchée avant même de pouvoir récupérer son canon pour se défendre.

Cette journée avait très mal démarré de toute façon, il fallait s'y attendre.

Sillonnant le ciel du désert à pleine vitesse – et ce malgré la présence de multiples tempêtes de sable qui n'étaient finalement pour eux rien de plus que de simples amas de poussière inoffensifs – les membres du trio composé de Danmarine, Dodoria, et Satsu ne s'étaient pas dis un mots durant ces deux premières minutes de vol. La situation était évidemment tendue, à fortiori du côté de Dodoria dont l'esprit était embrumé pat la rage, probablement bien plus que celui de Satsu ne l'était par l'alcool.

Danmarine, maintenant dépourvu d'armure, de cape, et de gants – Dodoria étant finalement le seul encore en possession de tout son équipement – semblait avoir perdu de sa prestance, bien que son corps musclé et couvert de blessures résultantes de l'explosion, celles-ci n'ayant pas pu se refermer instantanément du fait de la baisse d'adrénaline de l'Actinidia-seijin stoppant ainsi l'effectivité de sa faculté hormonale, lui octroyait une certaine image de guerrier indomptable. Le Général avait rangé dans le pantalon de sa combinaison, dont le modèle était heureusement pourvu de poches, la montre dysfonctionnelle de Zora. Pourtant minuscule, l'objet semblait exercer sur lui un poids écrasant. Mais s'interdisant de flancher quel que soit l'affaiblissement de son état d'esprit, Danmarine s'adressa à son subordonné avant leur arrivée afin de s'assurer que tout se déroule pour le mieux.

-N'oubliez pas, notre mission est de stopper l'armée ennemie, et prioritairement leurs leaders, les deux princes. Ils se trouvent certainement dans l'enceinte d'un palais, château ou n'importe quel bâtiment imposant. C'est là que nous nous rendrons. Surtout, ne vous en prenez pas aux civils, compris ?

«Ne pas toucher aux civils ?!» s’esclaffa Dodoria, «Arrête de jouer le sentimental Danmarine. La guerre ne choisi pas ses victimes. S'il doit y avoir des dégâts collatéraux, il faudra faire avec.»

-Dodoria ! Je ne plaisante pas, ne touche pas aux civils innocents. S'ils ne représentent pas une menace, contente toi de les faire fuir. Nous avons reçu l'ordre de stopper la rébellion afin de faciliter la conquête de cette planète, pas de procéder à une extermination. C'est compris ?

Épargner des vies, faire preuve de compassion, combattre avec un autre but en tête que celui de tuer son adversaire. Voilà bien des notions que l'on enseignait pas sur Durian. Mais Dodoria acquiesça malgré tout et sembla se plier aux ordres de son supérieur d'un hochement de tête. Bien que cet excès de bonté du Général d'Actinidia était des plus honorable, cela conduisit Satsu à s'interroger.

-Si on ne doit blesser aucun civil, alors une attaque aérienne surprise est exclue. Tu proposes qu'on s'infiltre à l'intérieur de la cité et qu'on trouve les deux princes ?

-Non, ce serait trop risqué. La sécurité doit être à son paroxysme étant donnée la situation de crise actuelle. Nous n'aurions aucune chance d'arriver jusqu'aux princes sans nous faire repérer, et engager un combat en pleine rue serait à la fois trop dangereux pour nous et pour les civils. Il va falloir en premier lieu provoquer la panique générale afin de faire fuir un maximum de personnes.

«Si c'est que ça, laisse moi m'en occuper !» proclama fièrement le Durian-seijin en frappant du poing contre son torse, «Faire peur et foutre le bordel, c'est ma spécialité !»

La peur et le bordel. Voilà bien ce qui régissait nombre de lieux aux quatre coins de l'univers. Bien que ce fut exceptionnel, ce jour là, ce fut aussi le cas de la capitale militaire sur Freeza 79. À l'est de la ville, suite à une violente explosion, plusieurs rues s'étaient vues gagnées par le feu. Alors que l'unité anti-incendie se chargeait de limiter les dégâts sous l’œil attentif de la foule horrifiée qu'un telle incident ait lieu au sein de l'Empire, le responsable gisait sur le sol, adossé contre un mur noirci par les flammes, et inconscient suite au coup puissant donné par le jeune Kiwi, qui avait lui aussi perdu connaissance des suites de son exploit inespéré. Naeko veillait sur son ami, tout en oubliant pas de surveiller son père, de peur que celui-ci ne se réveil pour finir ce qu'il avait commencé. À cet instant, l'esprit du garçon était bien trop embrumé pour qu'il ne pense à leurs deux compères partis sur les toits pour occuper le bras droit du baron. Mais surtout, ses pensées étaient bien trop brouillées pour qu'il ne remarque l'ombre qui les observait lui et Kiwi depuis les ruelles sombres. Une silhouette de petite taille, l’œil malicieux porté à l'attention du jeune Actinidia-seijin étalé sur le sol. Certainement avait-il été attiré par le bruit, les flammes, et les mouvements de foules dans le quartier, lui qui ne vivait pas si loin. Tapis dans l'ombre depuis plusieurs jours, le petit être n'était plus habitué à la lumière du jour – bien qu'atténuée par la fumée noire se dégageant des flammes – ou aux sonorités extérieures. Mais rien de suffisant pour lui faire perdre l'esprit. Après tout, il l'avait égaré depuis déjà bien longtemps.

-Hé...hé...hé...hé...hé...hé...hé...j'ai attendu ce moment...longtemps...si longtemps...

Lorsqu'il entendit une poubelle métallique se renverser, Naeko se retourna aussitôt de peur qu'il ne s'agisse d'un nouvel assassin qu'aurait envoyé son père ou bien Kota. Mais la peur dessinée sur son visage s'effaça pour laisser place à un sourire de soulagement.

-Ce n'est que toi, tu m'as fais peur. Ça te prend souvent d'espionner les gens comme un pervers ?

Un pied après l'autre, la connaissance de Naeko s'approchait d'un pas tanguant et incertain, sans même prendre la peine de répondre.

-Kiwi est mal en point ! Je sais que nous n'avons jamais été en très bons termes, et ça me fait mal de te le dire, mais j'ai besoin de ton aide. Il faut qu'on l'emmène en sécurité avant que des hommes de mon père n'arrivent !

-Est-il...blessé ?

-Non, je pense qu'il s'est simplement vidé de son énergie.

«Héhé...quel soulagement...» ricana l'inquiétant individu en passant sa longue langue sur ses lèvres, «Quel gâchis ce serait d'abîmer un corps comme celui-ci !»

Naeko – jusqu'ici à genoux au chevet de son ami – se releva pour faire face à celui dont les mots commençaient à sérieusement l’agacer.

-Encore cette manière répugnante de parler du corps des autres ? Voilà bien l'une des choses qui m'ont toujours fait te voir comme un être abjecte...Ginyu.

Le batracien se contenta de répondre à cette provocation par un simple «Vraiment ?» plus railleur qu'interrogateur, et continua de s'approcher des deux garçons tout en tournant autour d'eux, suivi par Naeko qui se sentait dans la peau d'une proie prise en chasse par un prédateur.

-Je t'ai toléré tout ce temps parce que ton magnifique corps m'a toujours semblé des plus alléchant. Ceux de Barta et Guldo aussi m'ont intéressé fut un temps. Mais le jackpot, sans le moindre doute, c'est bien le sien. Si jeune...et si puissant. Le corps du jeune frère du célèbre Général Danmarine !

-Qu'est-ce que tu comptes lui faire ? Tu crois peut être que je vais te laisser le toucher pauvre dégénéré !

Épuisé et se sentant autant en danger que son ami inanimé sur le sol, Naeko commençait à paniquer. Bien que cela ne fut pas dans ses habitudes – encore moins à cause des élucubrations de cet imbécile de crapaud – le jeune blond percevait quelque chose d'inquiétant des les paroles et l'attitude de Ginyu.

«Écarte toi maintenant, ce n'est plus ton corps que je convoite !» beugla l'amphibien qui perdait patience face à l'héroïsme de son éternel rival, juste avant d'être prit d'un vertige passager.
«Je ne me suis pas nourri depuis des jours...j'espère que Kiwi s'est empiffré de bonbons et de chocolats dernièrement !»

Un frisson envahit Naeko lorsqu'il sursauta après avoir entendu un discours aussi malsain, assez pour donner à son visage fin une expression de dégoût que seul Ginyu savait lui provoquer.

-Tu...tu comptes le manger ?

-BIEN SUR QUE NON !

Bien que soudainement vexé et pris d'agacement, à en juger par ses yeux exorbités et la manière dont il venait de postillonner en pestant contre Naeko qui s'avérait être totalement à côté de la plaque, Ginyu retrouva bien vite son calme et le sourire machiavélique qu'il arborait depuis son apparition. Le crapaud écarta les bras, dévorant des yeux le pauvre Kiwi d'une manière véritablement inquiétante.

Le jeune garçon – dont le comportement tranchant autant avec sa personnalité enjouée habituelle le rendait méconnaissable – n'eut le temps que d'articuler une syllabe s'apparentant à un «Ch» avant de recevoir en plein visage le poing de Naeko lancé à pleine vitesse, tant et si bien qu'il se retrouva lui aussi à terre, incapable de tenir debout. Les deux se relevèrent avec mal, dans un énième face à face, au milieu des flammes.

-Vas-tu un jour arrêter de me faire obstacle, Naeko ?!

-Kiwi...est le seul à avoir voulu devenir mon ami pour qui je suis, et non pour mon statut ou la fortune de mon père. Alors considère que même mort...je te ferai obstacle ! Si c'est ainsi que je dois lui rendre la pareil, alors soit. Un Gintokin rembourse toujours ses dettes.

-Un Gintokin...comment oses-tu agiter ainsi le nom de ton immonde famille après ce qu'elle nous a fait subir à moi et mes congénères ?!

Choqué d'entendre cela, lui qui n'avait jamais eu connaissance d'un quelconque lien entre sa famille et celle de Ginyu, Naeko ne put réagir à temps et fut percuté par la longue langue de l'amphibien qui l'écrasa contre le mur adjacent, laissant Kiwi sans défense.

-Et maintenant...l'heure est enfin venue !

CHANGE !!!

Inondée d'une lueur dorée – elle même parsemée de centaines d'éclats sphériques multicolores – la rue venait de changer soudainement d'atmosphère, à l'instant même ou le rayon responsable de ces étranges spectres de lumière fut projeté depuis la large cavité buccale de Ginyu en direction du petit Actinidia-seijin.

Lorsque le rayon rencontra la bouche du garçon, Ginyu sentit un changement opérer. Il se sentait plus léger, plus fin et légèrement plus petit. À l'intérieur de sa bouche – encore frappée par l'étrange rayon – une langue de taille normale et bien moins encombrante que la sienne raclait son palais. C'est alors qu'il écarquilla les yeux, dont l'aspect globuleux habituel semblait avoir disparu, et vit en face de lui un jeune garçon au corps de batracien. Son visage afficha alors une expression de rage intense qu'il signifia en saisissant à pleine main une touffe des cheveux blonds qui n'auraient jamais du se trouver sur son crâne.

-Espèce d'emmerdeur...ne pouvais-tu pas rester à terre au lieu de te mettre une fois encore en travers de ma route...Naeko ?!

Ginyu, ou plutôt Naeko, avait du mal à tenir debout. Encore sous le choc et s'habituant difficilement à ces jambes d'amphibien, le garçon venait de comprendre qu'il n'avait pas sauvé Kiwi de la mort. Il venait de prendre sa place en tant qu'hôte de Ginyu.

-Sale ordure...tu viens de me voler mon corps ?

-Je te signale que c'est pas ton corps que je visais, tout ça c'est de ta faute !

-Tu vas me le rendre immédiatement, sale crapaud visqueux !

-Au cas ou tu ne l'aurais pas remarqué, c'est toi le crapaud à l'heure qu'il est ! Et je n'étais pas visqueux !

À bout de patience, Naeko, dans le corps de Ginyu, fonça au pas de course sur le voleur de corps afin de lui asséner un coup, quitte à blesser son propre visage, il fallait bien l'obliger à le lui rendre ! Seulement, ni la vitesse ni la force de ce corps ne correspondait à ses habitudes. Quant à Naeko – enfin plutôt Ginyu – alors qu'il tenta un saut d'esquive comme il les maîtrisait si bien, la petite tête blonde ne réalisa qu'au dernier instant que ses tendons n'étaient plus aussi «rebondissants», lui qui avait l'habitude d'être monté sur ressorts. Résulta de cette veine tentative un minable bond de côté qui ne l'écarta que d'un petit mètre de la trajectoire de Naeko. Une cible immobile n'aurait pas été plus simple à atteindre. Et pourtant, l'amphibien loupa son coup et s'élança dans le vide, manquant même de finir à terre. Cette faiblesse physique devait certainement s'expliquer aussi par l'estomac atrocement vide du corps de Ginyu, qui s'était volontairement affamé afin d'éviter une conte-attaque.

-Ce corps est si...faible.

« C'est TOI qui ne sais pas l'utiliser ! » protesta Ginyu, avant de regagner son calme tout en optant pour une posture de combat offensive, « Voyons un peu de quoi ce corps est capable. »

Sur cette déclaration, le petit blondinet se jeta en avant avec une vitesse démesurément plus grande que celle dont il avait l'habitude, à tel point qu'il dut freiner sur le sol en écrasant fermement ses pieds après avoir décoché une droite magistrale dans le visage du crapaud qui avait largement anticipé l'attaque, mais dont le corps n'avait pas été capable de suivre les instructions, se retrouvant maintenant ventre à terre.

-Intéressant...bien plus intéressant que je ne l'aurai pensé ! Je n'ose imaginer à quel point le corps de Kiwi doit être confortable !

-Tu...ne l'auras pas...

Alors que Ginyu – en possession du corps de son rival – s'approchait à nouveau de l'objet de sa convoitise, le pauvre Naeko, du sang coulant de la bouche le long de ses lèvres pendantes, se releva une énième fois, malgré la fatigue, malgré la faim, malgré sa détresse intérieure. Malgré la situation désespérée dans laquelle il se trouvait, il dénicha encore la force de protéger son ami.

Une veine gonflait à vue d’œil sur le front du petit blond dont la patience était à bout. Tant à cause de sa colère que la force nouvelle qu'il ne contrôlait pas, il serra le poing si fort que du sang lui coula sur le poignet, arrosant goûte par goûte sa chaussure droite. Voyant la détermination infaillible de Naeko qui ne décroissait pas même un peu, Ginyu tendit la main droite dans sa direction, comme une menace, un dernier avertissement.

-Ne m'oblige pas à te réduire en cendres, Naeko.

-Même à l'état de poussière je t'arrêterai, peu importe si pour ça je dois m'infiltrer dans tes yeux pour t'aveugler.

Le furieux blondinet commença à concentrer son énergie au creux de sa main, bien décidé cette fois à tirer sans seconde sommation. Sa colère envers son éternel rival était telle qu'il en oublia la présence de Kiwi juste derrière la cible de son attaque destructrice. À l'instant ou Ginyu allait pulvériser Naeko, quelque chose le coupa net. Un son. Une voix. Deux pour être précis.

Celles de Barta et Guldo – en provenance des toits – et dont la détresse était évidente à en juger par le timbre aiguë et le tremblement de leur voix.

-Guldo? Barta ? Qu'est-ce qu'ils foutent ici ?

-Ils sont venus aider leur ami. Celui que tu essayes de priver de son corps.

Perturbé, hésitant, Ginyu serrait la mâchoire alors qu'il menaçait toujours Naeko de la main droite. Entendre un second hurlement de ses amis et un appel à l'aide désespéré du pauvre Guldo lui suffit pour baisser le bras et bondir en direction des toits. Le courageux crapaud servant de rempart à Kiwi regarda son ravisseur partir, puis, épuisé physiquement et mentalement, s'effondra.

Ginyu atteignit le dessus des habitations et y découvrit l'air irrespirable y régnant à cause des émanations de fumée noire provenant du foyer de l'incendie qui n'était autre que le brasier ardent prenant la place du logement de Danmarine et son frère. C'est alors qu'il découvrit le bras droit du baron rouge qui n'était plus vêtu que de son pantalon de costume et de ses chaussures, sa veste et sa chemise ayant certainement été prises dans son combat contre les enfants terribles. Après tout, ses cheveux à l'aspect négligés, la mèche tombante, le sang sur son visage, et son terrifiant regard sanguinaire indiquaient qu'il n'était pas sorti indemne de cet affrontement.

Alors que Guldo et Barta, à bout de souffle, reculaient de peur en rampant sur le sol, le garde du corps et tuteur de Naeko s'avançait vers eux, prêt à tuer à mains nues les garnements. Face à cette scène, Ginyu, muni de son nouveau corps, fonça à pleine vitesse pour l'attaquer alors qu'il lui tournait le dos. Si Barta ne pouvait détourner les yeux du psychopathe qui le fusillait du regard, Guldo lui vit Naeko arriver comme un sauveur, sa chemise blanche arrachée à demi rentrée dans son pantalon bleu nuit et couverte de sang. Incapable de contenir sa joie, le petit homme vert cria le nom de son ami, ce qui fit se retourner leur ennemi. Juste à temps pour recevoir le coup de pied furieux du garçon en plein visage, renforcé par son élan, qui l'expédia dans le vide, précipité dans les flammes qui ne laissèrent s'échapper de l'homme qu'un ultime hurlement de colère et de déception.

-NAEKO SAMA !

Alors que le jeune blond possédé regardait d’où il se tenait l'enfer de flamme qui venait d'engloutir sa victime, ayant même recraché un jet embrasé en guise de digestion, Guldo et Barta se levèrent d'un bon, étrangement énergiques alors qu'ils paraissaient à l'agonie un instant plus tôt, et se ruèrent sur leur sauveur.

-Tu nous as sauvé Naeko ! Sans toi, ce ringard nous aurait sûrement tué ! Je sais, Barta et moi, on peut devenir tes esclaves pendant une semaine pour te remercier ! Enfin, ou moins longtemps si tu préfères hein !

-Et Kiwi, comment il va ?

Mais bien sur, Kiwi ! Dans le feu de l'action, Ginyu avait tout bonnement oublié qu'il avait laissé son corps en bas. Ce qui n'était pas grave en soit, à ceci près que l'esprit de Naeko était à l'intérieur, et qu'il risquerait de le dénoncer à Kiwi si ce dernier venait à se réveiller !

Paniqué, Ginyu sauta du haut du toit vers la rue sans même accorder à un mot à ses deux amis, qui l'appelèrent en vain. Le petit blond atterrit avec peine, toujours peu habitué à ces jambes qui manquaient cruellement d'élasticité. Une fois en bas, et sans perdre une seconde, il récupéra son corps qu'il installa sur son épaule, et lança un dernier regard à celui de Kiwi qu'il n'avait plus le temps de dérober, avant de partir, une seconde à peine avant que Guldo et Barta n'arrivent eux aussi pour découvrir leur jeune ami blessé et inconscient. De très loin, l'Actinidia-seijin entendait ses amis crier son nom, mais il était incapable de répondre.

Kiwi ! …

… Kiwi ! … Hé !

Danmarine !


Perdu dans ses pensées, le Général n'avait pas entendu les multiples appels de son acolyte. Les trois hommes volaient toujours à pleine vitesse en direction de la cité royale qui s'avérait justement en vue, mais que Danmarine n'avait pas non plus aperçu, trop occupé à fixer les dunes qu'il survolait en passant en revu les interrogations qui le tourmentaient.

-Quand monsieur le Général aura fini de rêvasser, on va pas tarder à arriver, alors il serait peut être temps d'aviser, nan ?

-Excuses moi Dodoria, tu as raison, je manque de concentration. Satsu, posons nous.

Au sol, adossés contre un rocher rouge trônant au sommet d'une colline de sable en amont de la grande porte de la ville, Danmarine et ses alliés préparaient la première phase de leur plan.

-Souvenez vous, je ne veux aucune victime collatérale. Satsu, tu vas attirer l'attention en premier lieu afin d'attirer leurs forces coercitives à l'extérieur. Une fois le gros de leurs hommes éloigné, Dodoria et moi entreront et mettrons hors d'état de nuire ceux restés sur place en nous dirigeant vers le palais royal que l'on a aperçu du ciel au cœur de la cité. Une fois sur place, nous n'aurons plus qu'à capturer les princes afin de forcer l'armée de Pomélo à la reddition. Simple, mais efficace.

«Voilà bien le Général d'Actinidia.» complimenta Satsu en se levant, lui qui avait beaucoup entendu des talents de stratège de son confrère.

-Arrêtez de m'appeler par ce nom. Je n'étais qu'un gamin immature à l'époque ou Actinidia a été ravagée par Freeza sama. Je ne suis pas un Général d'Actinidia.

L'assassin originaire de Hera dévala la butte de sable en se laissant glisser, et se dirigea vers la grande porte en marchant. Malgré les interpellations des gardes postés en hauteur, Satsu continua d'avancer vers la porte. Ni la première, ni la seconde flèche de sommation décochée à ses pieds ne le stoppa. Si les deux hommes avaient fait preuve de patience jusqu'ici car l'apparence de l'individu – qui ne portait plus qu'un pantalon troué et un médaillon brisé – faisait peine à voir, ils ne comptaient pas le laisser jouer avec eux plus longtemps.

Après un hochement de tête de son collègue, le tireur posté à droite de la grande porte banda son arc et concentra son flux en son extrémité. Pris pour cible, Satsu ignora pourtant la menace et posa sa main à plat contre l'immense double porte en bois rouge décoré d'or. Un puissant bang sonore suivit d'un sifflement strident résonna dans l'air au moment ou la flèche fut finalement tirée, libérant devant l'archer une onde balayant l'air autour d'elle. Lorsque la flèche s'approcha de la tempe de Satsu, celui-ci la fixa de biais sans même tourner la tête vers elle. À cet instant, une puissante onde de choc broya la porte et balaya le sable tout autour, créant une explosion à l'entrée de la cité.

«Hé ! Tu n'avais pas besoin de mettre autant de puissance dans ta flèche !» hurla de colère le second tireur qui se cachait les yeux du sable et du vent.

En l'absence de réponse, le Pomélo-seijin chercha son collègue du regard, qu'il trouva affalé sur le rebord de la muraille de l'autre côté du trou béant remplaçant désormais la porte, sa propre flèche revenue inexplicablement vers lui pour se planter entre ses deux yeux.

-Si ce n'est pas sa flèche qui a fait ça, alors ce type louche...AH ! CODE BLEU !

Les hommes armés en faction dans la cité s'étant déjà empressé de rejoindre la grande porte suite à l'explosion, l'annonce du code bleu déclencha la panique dans les rangs déjà sous tension.

-Que tous les civils évacuent au plus vite la rue principale et se dirigent vers les abris ! Soldats, rassemblez vous ! Code bleu ! Je répète, code bleu !

Encore et toujours cette couleur maudite, symbolisant le plus haut niveau de crise sur l'échelle de dangerosité chez les Pomélo-seijins. Sa simple évocation, signe en cette période de guerre qu'un ennemi de rang Z est passé à l'attaque, motiva les nombreux guerriers présents à brandir leurs lances, épées et autres armes, prêts au combat. Une fois que le sable soufflé par la projection de flux de Satsu retomba, le Hera-seijin apparut aux yeux de tous, un sourire fier dessiné sur son visage.

-C'est Freeza qui m'envoie ! Je suis venu seul pour terminer cette guerre pathétique ! Amenez vous, je vous prend tous avec une seule main !

-Ne sous estime pas...Pomélo !

Aisément emportés par cette banale provocation, certainement à cause du stress et de la colère accumulés, la vague de soldats présents se jeta telle un raz-de-marée sur Satsu, tandis que de très nombreux autres passèrent par dessus la muraille en volant pour fondre sur lui. Afin de ne pas être submergé, Satsu, ravis que le stratagème ait fonctionné, s'éloigna en flottant vers l'est du mur d'enceinte, suivi par l'armée qui s'était visiblement massée prêt de l'entrée en cas de danger.

Je te laisse la suite, Danmarine

-C'est le moment, allons-y Dodoria !

Avec quelques regrets de laisser autant de chair à canon à Satsu qui allait certainement bien s'amuser, Dodoria prit la suite de Danmarine, et les deux hommes pénétrèrent dans la cité, désertée par sa garde qui n'imaginait pas que deux autres hommes s'étaient cachés prêt d'ici. Après tout, venir seul comme venir à trois pour prendre une cité aussi bien gardée relevait de l'inconscience. Alors en ne voyant aucune armée aux portes, les hommes de Zarbon et Mélo ne soupçonnèrent rien du plan insensé de Danmarine.

Les deux hommes de Freeza passèrent au pas de course dans la rue principale – fuie par ses habitants – profitant de la cohue qu'avait causé Satsu.

«Danmarine, tu ne trouves pas ça un peu trop facile ? J'ai du mal à croire que toute l'armée privée des petits princes se soit jetée sur Satsu sans réfléchir» nota intelligemment Dodoria durant leur course.

-Tu as peut être raison, mais nous avons au moins éloigné tous les civils, et leurs effectifs à l'intérieur des murs ont été sensiblement réduit grâce à la diversion de Satsu. Avec de la chance, nous pourrons éviter toute confrontation.

Pas sur qu'éviter le combat soit «une chance» dans l'esprit de Dodoria. Mais le plan de Danmarine semblait se dérouler sans accroc. Lorsqu'il parvinrent à l'entrée du palais – qui n'était étrangement gardée par aucun soldat – le Général et son protégé pénétrèrent à l'intérieur, ce qui n'était pas sans décevoir le barbare bourru qui aurait préféré un peu d'action.

-Toi qui doutais de mon plan, nous voilà à l'intérieur sans aucune encombre.

Alors dans le hall d'entrée du palais, les deux hommes se dirigèrent vers la porte principale, menant sans aucun doute à la salle du trône. Chacun d'une main, ils poussèrent le lourd battant qui dévoila alors une immense pièce remplie de tables, de chaises, de divers canapés, et d'une centaine de soldat qui tournèrent la tête en entendant la porte s'ouvrir.

-Sans encombre hein ?

Dans la salle du trône, tandis que Zarbon s'était installé sur son siège princier situé en hauteur au sommet d'un escalier pour réfléchir à tête reposée, son frère aîné avait préféré la table dînatoire ou il buvait un verre tout en roulant une pièce sur les doigt de son autre main. Le silence pesant dans cette grande salle, qui semblait bien vide avec seulement deux personnes à l'intérieur, se vit perturbé par un brouhaha mêlant cris, chocs, et projections d'objets en tout genre, en provenance de la salle voisine. Lorsqu'une puissante vibration remua la surface du vin rouge contenu dans le verre de Mélo, ce dernier s'adressa à son frère tout en fixant l'ondulation du liquide.

-Zarbon...cette sensation...

-Oui. On dirait qu'il est venu jusqu'à toi. Ton fameux Général.

Le prince en armure d'or avala d'une traite sa boisson alcoolisée puis claqua sa coupe sur la table de marbre avant de s'essuyer allègrement la bouche du revers de la main.

-Te voilà enfin...

Soudain, la sublime porte sculptée de la salle du trône vola en éclats lorsqu'un Pomélo-seijin la traversa violemment, projeté par une force colossale. De l'autre côté de la porte brisée, illuminés par la lumière de la pièce voisine, Dodoria et son Général se tenaient devant un amas de gardes tous étalés au sol, à l'exception de celui que tenait fermement le barbare dans sa main droite comme un vulgaire sac.

-...Dimariane !

Si Mélo affichait un sourire presque aussi large que celui de Dodoria – ravis d'avoir pu se défouler ainsi – Zarbon et Danmarine conservaient une mine terne et renfermée.

«Il semblerait que les chiens de Freeza nous aient suivis jusqu'ici» piqua le prince siégeant sur le trône, ce qui sembla agacer le barbare rose qui lâcha sa dernière victime sur le sol, la laissant fuir en rampant aussi vite qu'elle le put.

-C'est ça, on vous a pisté à l'odeur de votre parfum de gonzesse.

«J'aurai du m'attendre à un tel manque de raffinement de votre part.» commença le prince au front perlé qui se leva alors de son trône afin de lentement descendre les marches de son estrade.
-Mélo ! Occupe toi du Général. Je me charge de refaire l'éducation de cette immonde brute sans cervelle.

-J'ai jamais été bon à l'école désolé ! Je laisse ça aux mauviettes dans ton genre !

Dans la continuité de cette élégante joute verbale, les deux hommes se jetèrent finalement l'un sur l'autre comme deux bêtes sans retenues. Dodoria tenta d'asséner un sauvage coup de griffe direct que Zarbon esquiva en prenant appuie sur l'énorme bras rose de son adversaire afin de se balancer jusque dans son dos qu'il frappa d'un coup de talon assez puissant pour éjecter le Durian-seijin sur quelques mètres avant qu'il ne se ressaisisse, juste à temps pour se protéger du coup de poing du prince déjà revenu à la charge, et pour tenter une contre attaque elle aussi évitée par un bond magistrale de Zarbon qui tourbillonna dans les airs, au dessus de la tête du barbare, avant de retomber le pied en avant. Dodoria cependant ne se laissa pas faire, attrapa la jambe de son ennemi au vol, et le lança contre l'un des piliers taillés de la grande salle.

Son épée dégainée, la brute épaisse essaya de trancher Zarbon d'un coup sec une fois arrivé à sa hauteur, mais le Pomélo-seijin s'éleva au dessus du sol, laissant l'épée héritée du Dieu de la chasse de Durian briser la structure en marbre. L'épéiste suivit alors son fuyard d'ennemi en l'air et asséna une suite de revers tranchant qui chaque fois se contentèrent de découper une nouvelle tranche du pilonne, avant que finalement Zarbon n'atterrisse à nouveau au milieu de la salle. Dodoria se posa lui aussi à nouveau au sol, tandis que les morceaux du pilier s'effondraient derrière lui.

Alors qu'un combat avait déjà commencé, Mélo était toujours assis à sa table, en silence. Danmarine quant à lui n'avait pas bougé depuis qu'il était entré dans la pièce.

-Allons je t'en prie, prend donc un siège un moment. Nous savons recevoir ici sur Pomélo.

Le Général hésita un moment, puis accepta l'invitation et vint s'asseoir en face du prince qui lui tendit alors un verre qu'il remplit du même vin que celui qu'il buvait à nouveau. Timide, Danmarine en prit une gorgée après quelques secondes de doute. À l'instant ou ses lèvres touchèrent le liquide, son visage s'éclaircit.

-Alors ? Si tu me dis que tu as déjà bu meilleur nectar ailleurs dans la galaxie je ne te croirai pas !

-Non, même le vin fait à partir du raisin des vignes de la planète Potaufeu n'est pas aussi délicieux.

-Pas vrai ? Ce goût fruité, ces arômes fleuris ! Pas étonnant que je finisse tous les jours par me rouler sur le plancher non ?

Danmarine ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. La bonne humeur du prince, ainsi que sa simplicité lui auraient presque fait oublier cette guerre. Oublier le fait qu'il buvait avec l'ennemi. Le fait qu'il devrait l'affronter d'une minute à l'autre.

-Toi au moins tu me comprends, Dianmerane ! Mon cher petit frère là, même si je l'adore, il se prend beaucoup trop la tête avec ses responsabilités tu vois.

Les deux hommes poursuivirent leur conversation en buvant le fabuleux vin de Pomélo alors que Zarbon et Dodoria poursuivaient leur affrontement. Danmarine évoqua son frère, Mélo parla de l'enfance du sien. Rares étaient les personnes capables de mettre Danmarine à l'aise aussi vite. Pourtant, il se sentait étrangement en confiance.

-Vous me rappelez beaucoup quelqu'un à vrai dire. Votre façon de parler si franchement, votre humour.

«Pas quelqu'un qui t'es désagréable j'espère ?» demanda le prince qui resservit une coupe à son camarade de beuverie avant de remplir la sienne pour la quatrième fois.

-Cette personne à laquelle vous me faites penser, c'est mon père.

-Ton père ? Quel âge il a au juste, tu m'inquiètes, je dois être plus jeune que toi !

-Il est mort il y a 8 ans, quelques mois après la naissance de mon frère. Il est mort en combattant contre l'armée de Freeza. Je n'avais que 24 ans, il était aussi bien mon ami que mon mentor.

Mélo laissa un temps de réponse, qu'il utilisa pour boire une nouvelle gorgée, puis reposa son verre d'un geste ferme.

-Je suis navré. Notre père nous a quitté il y a peu lui aussi. J'aurai aimé te demander comment tu en es arrivé à travailler pour l'homme qui a tué ton père, mais malheureusement, la bouteille est vide.

Danmarine termina lui aussi sa coupe avant de la poser aussi brusquement que son interlocuteur. Il s'essuya délicatement les lèvres à l'aide d'une serviette qu'il trouva sur la table, puis leva les yeux vers Mélo.

-En effet. Ce fut un plaisir de discuter avec vous, prince Mélo. J'aurai aimé ne pas avoir à en arriver là.

-Oublies les formalités tu veux ? Je pense qu'on peut se parler franchement. On sait toi comme moi que l'un de nous va y passer, alors autant se tutoyer.

Un nouveau silence s'installa entre les hommes. Silence relatif, quand on sait que juste derrière, la bataille entre Zarbon et Dodoria provoquait un véritable tapage. Mais rien ne semblait pouvoir perturber le prince et le Général.

-Si je venais à mourir, j'aimerai que tu me promettes une chose. En tant que grand frère, je sais que tu comprendras ça.

Danmarine ne répondit pas. Il se contenta d'écouter Mélo qui décroisa les jambes et posa les deux mains contre la table.

-Prend soin de mon frère.

Un énième silence, synonyme d'acceptation pour les deux hommes. Un silence long et lourd, uniquement meublé par l'échange de regard interminable des deux hommes. Silence aussitôt rompu lorsque Mélo projeta la table en marbre vers Danmarine d'un simple coup de pied. Le Général freina à l'aide de ses pieds contre le sol et repoussa la table qui fut instantanément tranchée en deux par l'épée d'or de Mélo comme un simple bloc de beurre. Danmarine esquiva les coups de lame qui fusèrent ensuite et dégagea rapidement son adversaire d'un coup de pied dans le plastron afin d'éloigner la menace. L'Actinidia-seijin s'empara dans chaque main d'une moitié de la table, et les lança sur le prince qui évita la première, et se posa au sommet de la deuxième qui vint se planter dans le sol. De sa main libre, Mélo tira une salve de projectiles explosifs.

Danmarine dévia le premier d'un coup de poing, le second d'un coup de pied rotatif, et le troisième d'une simple gifle vers la droite. C'est avec un coup de pied ascendant qu'il expédia le quatrième au plafond, laissant alors le cinquième passer sous lui en sautant. Il saisit au vol le suivant pour le renvoyer sur celui qui arrivait, puis roula sur la gauche pour ne pas recevoir les trois sphères explosifs qui fondirent en même temps sur lui. Aussitôt, il fonça directement vers Mélo tout en esquivant ou en parant les nombreux kikohas parsemant son chemin. À la fin de sa course, le Général sauta – le poing droit armé – pour atteindre le haut du perchoir du prince qui s'amusait à la balle au prisonnier, et décocha un coup surpuissant duquel Mélo se protégea à l'aide du plat de sa lame. Alors que Danmarine poussait de toutes ses forces en hurlant à la mort, Mélo tressaillit – presque de peur – et se laissa écraser par le puissant poing du Général qui expédia son arme dans les airs.

Loin d'être perdue pour tout le monde, Zarbon qui affrontait Dodoria dans un duel aérien attrapa la lame d'or au passage, clamant simplement à son frère qu'il «lui empruntait» avant de contrer l'épée de Dodoria avec. Bien qu'il ne put s'empêcher de râler, Mélo resta cependant concentré sur son combat. Il stoppa le coup de tibia de Danmarine en plaquant ses deux bras sur la droite, puis répliqua avec un kikoha tiré à bout portant contre son visage, forçant Danmarine à reculer et à le laisser sur son perchoir improvisé.

-Tu as une bonne technique, Mandarine ! Mais je t'imaginais plus puissant que ça pour être franc !

-C'est Danmarine. Et tu ne devrais pas sous-estimer la puissance d'un Général !

«Sous-estimer la puissance d'un Général». Voilà bien une erreur que ne comptaient pas faire les quelques centaines d'hommes qui affrontaient Satsu à l'extérieur des murs de la cité. Ce dernier se trouvait encerclé par une armée entière, alors que plus de cents hommes gisaient déjà à ses pieds. Le Général originaire de Hera se trouvait dans un état déplorable depuis son combat contre Danmarine, et suite à la chute de l'obus. Pourtant, sa puissance hors normes, l'une des plus grandes de l'armée de Freeza, semblait ne pas avoir de limite.

«Ramenez vous ! J'en ai pas encore eu assez !» beugla-t-il, même si il pensait en réalité à Danmarine, espérant qu'il termine son combat au plus vite.

Ce même Danmarine qui cogna son poing contre celui de Mélo, qui avait l'avantage d'avoir le sien protégé dans un gant fait d'or pur. Le clash entre les puissances des deux combattants projeta chaises, verres, assiettes, et tout ce qui se trouvait autour d'eux. Mais les deux durent s'écarter vivement lorsqu'une énorme masse rose s'écrasa au sol juste là ou ils s'affrontaient.

-Dodoria ! Tu nous gênes !

«La ferrrme Danmarrrine !» cria en se relevant le barbare qui roula les R avec insistance comme chaque fois que ses racines reprenaient le dessus, avant de foncer de plus bel dans les airs en ligne droite pour attaquer Zarbon, en commençant par une série de tirs buccaux que Zarbon dévia grâce à la lame de son frère. Mais lorsqu'il voulut lui aussi attaquer à coup d'arme blanche – si tant est que son épée taillée de la pierre incassable de Durian soit une arme blanche – le chef de guerre réalisa qu'il l'avait laissée en bas, au grand désarroi de Danmarine qui se retrouva obligé de faire face à un Mélo armé de l'énorme épée Durian. Si le Général préféra éviter l'imposante lame en reculant par trois fois, Dodoria quant à lui bloqua simplement l'épée de Zarbon entre les piques de son bras gauche, puis saisit à pleine dents la lame comme un animal – ce que ne manqua pas d'ailleurs de souligner le jeune prince – afin de le désarmer et d'envoyer l'épée dorée valser, juste avant de recevoir le pied de Zarbon en pleine face.

-Merrrrrrrde !!! J'aurai ta peau princesse de mes deux !

Le Général au sol tenta de récupérer l'épée – après tout celles-ci semblaient tomber du ciel assez fréquemment – mais Mélo parvint à la ramener vers lui à l'aide de l'épée de Dodoria, et s'arma des deux lames qu'il fit crépiter l'une contre l'autre avant de se jeter à l'assaut de Danmarine. Avec une habileté sans égale, le prince aux cheveux d'or mania les deux épées qui manquèrent de peu de transformer Danmarine en sashimis à trois ou quatre reprises. Le Général tira une petite sphère de flux directement contre le sol afin de faire diversion grâce à un écran de fumée, et s'éleva dans les airs pour prendre du recul un instant. Mais le prince le suivit aussitôt. En le voyant sortir du nuage de poussière, l'Actinidia-seijin tira à nouveau quatre kikohas, qui furent pour moitié tranchée par la fine lame en or trempée, pour l'autre moitié broyés par la masse Durian.

Danmarine esquiva le tranchant des épées de justesse en se décalant sur la droite, de même que Dodoria venait d'éviter le talon de Zarbon en reculant dans la même direction, ce qui fit se rencontrer les dos des deux alliés.

-Fait un peu gaffe tu veux ? J'ai assez à faire de mon côté, retourne te battre en bas !

-«Ton» côté ? Tu penses peut-être que je choisi ou je me fais acculer Durian sans cervelle ?

À bout de force et de patience, même Danmarine en venait aux provocations, tout spécialement lorsqu'il s'agissait du Durian connu pour être doué dans le domaine de l'agacement. Les deux princes en revanche profitèrent de la dispute pour s'échanger un discret hochement de tête, suffisant pour se comprendre l'un l’autre.

Mélo envoya la lame de Dodoria par dessus lui pour permettre à Zarbon de la réceptionner, et les deux frères foncèrent chacun armé d'une épée afin d'embrocher leurs ennemis en même temps. Ces deux derniers parvinrent par chance à s'éclipser à la dernière seconde, laissant les lames s'entrechoquer.

-Rend moi ça donzelle, c'est pas un jouet !

-J'en ai assez de tes provocations ! Je vais te prouver que je ne suis pas une petite fille !

Tandis que Zarbon se jeta de plus belle sur Dodoria, leur duel se poursuivant plus loin dans les airs, Danmarine et Mélo se faisaient face en flottant, sans bouger.

-Je n'avais pas livré de si beau combat depuis des années, Darianman. Même si je regrette que tu ne sois pas venu avec cette jolie rouquine, je ne suis pas déçu de ta visite.

«Tu...tu parles de Rubi ?» demanda le Général qui ne put empêcher ses pommettes de rougir.

Mélo lui répondit d'un air blasé, une main posée sur sa hanche. «Laisses moi deviner, elle est avec toi c'est ça ? Pourquoi toutes les jolies femmes sont prises...»

Lentement, le prince rangea son épée à l'intérieur de son fourreau, ce qui ne manqua pas de surprendre son adversaire qui reprenait encore difficilement son souffle. Alors qu'il ôtait ses gants et ses protections, Mélo poursuivit.

-Dis moi, votre «Freeza», est-il beaucoup plus fort que toi ?

-.....En effet. Je ne suis pas au maximum de mes capacités. Mais si je devais te donner un ordre d'idée...je dirai que sa puissance représente probablement vingt fois ma puissance actuelle.

Mélo termina en enlevant son imposant plastron doré qu'il laissa tomber jusqu'au sol, ne portant plus alors que ses jambières dorées, et une chemise en lin sur le dos.

-Vingt fois hein ? Dans ce cas, Zarbon avait probablement raison. Nous ne pourrions jamais gagner sans notre alliance avec ce Kota.

Bien qu'il s'en était douté, Danmarine en avait maintenant la certitude. Kota était bien un traître, et son alliance avec Pomélo ne faisait plus aucun doute.

-Si nous vous repoussons aujourd'hui, alors peut être survivrons nous à cette guerre. Si son maître est aussi puissant qu'il le dit, peut-être pourra-t-il vaincre Freeza.

«Son maître ?» pensa Danmarine. Si Kota n'était pas l'instigateur de cette machination, alors qui ?

Alors que le combat entre Mélo et Danmarine allait se poursuivre afin de décider du destin de Pomélo, au dessus de cette belle planète surplombée par l'immense vaisseau sphérique de Kota, une soucoupe s'approchait lentement.

-Nous approchons de la planète Pomélo. Le vaisseau du Grand Commandant Kota est en vue. Dois-je l'informer de notre arrivée ?

-Inutile, je tiens à lui faire la surprise de ma venue. Faites préparer ma navette, Mame san.

-À vos ordres...



… Freeza sama …


À suivre !
« Un Général...ne doit jamais faillir à son devoir »

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Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Guerre
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar omurah le Jeu Avr 20, 2017 19:59

Cette journée avait très mal démarré de toute façon, il fallait s'y attendre.

Tout ce premier acte du chapitre, qui se clôture par la ligne ci-dessus, j'ai trouvé ça excellent. C'est pas du combat. C'est pas du grandiloquent. C'est pas du sentimentalisme. C'est juste l'intelligence d'un écrivain, que je tenais à saluer. (bon t'as aussi la chance que j'avais la bonne musique dans les oreilles au moment de lire cette intro de chap, mais quand même :p)

Sinon, je déteste ce genre de fic où pour faire honneur au chapitre tu dois commenter chaque ligne tellement t'as l'impression que l'auteur s'est royalement fait chier sur chaque ligne pour proposer du bon contenu.
Bon, en gros flemmard non maso, je m'épargne le relevé exhaustif, mais le coeur y est :mrgreen:

Sinon :
-C'est ça, on vous a pisté à l'odeur de votre parfum de gonzesse.

:lol: Dodoria :lol:

Sympathique combats jalonnant ce chapitre, je suis Satsu de très près, c'est le genre de personnages mi-figue mi-raisin qui a le don de me taper direct dans l'oeil dans une fic, pareil pour Naeko en son temps ^^
Ginue, je me demande pourquoi ce lunatisme, j'ai l'impression d'avoir manqué des indices dans les chapitres précédents en fait :o

Sinon, je suppose que Melo faisait référence à Cooler ? Je mets une pièce dessus & affaire à suivre !
L'arrivée du grand Furiza est très prometteuse, en espérant que ça fasse beaucoup d'étincelles ! :twisted:
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Imate le Mer Mai 31, 2017 18:54

Aloha mes amis ! On se retrouve pour un 19ème chapitre, bientôt 20 ! Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour m'y consacrer avec les exams, mais maintenant que je suis tranquille, j'en ai profité pour m'occuper de celui-ci qui commençait à traîner un peu ! :lol:

M'enfin, même si je voulais quand même caler ce petit avant propos pour respecter la tradition et aussi pour justifier mon retard (comme d'habitude :mrgreen: ), je sais que vous vous en foutez, du coup, place au chap, et bonne lecture à ceux qui me lisent ! :D

* * *


Chapitre 19 : Le Prince de Pomélo


Amorti par le coussin que formait l'épaisse couche de sable doré qui couvrait le sol, le corps inerte du soldat de la garde royale de Pomélo tomba aux pieds de Satsu qui semblait investi d'un calme olympien malgré les égratignures et le sang – son sang – couvrant toute la surface de sa peau bleutée. Autour de lui, l'armée des deux princes semblait faiblir de minutes en minutes. Par habitude, le Général soupira comme pour expirer la fumée du cigare qu'il n'avait pas entre les lèvres, si bien que rien d'autre ne sortit qu'un infime panache blanc presque invisible à l’œil nu, sans doute dû à la température atrocement basse de son corps. Une température en parfait adéquation avec la froideur dont l'assassin faisait preuve devant les dizaines de corps gisant autour de lui. Méfiants, les soldats armés gardaient leurs distances avec le Hera-seijin, tournant autour de lui comme s'il n'était pas le seul prédateur en ces lieux.

Un pauvre fou tenta une approche, pensant que l'effet de surprise et l'allonge que lui octroyait sa lance d'or lui permettraient de ne pas finir le crâne broyé sous la pression des phalanges assassines du soldat de Freeza. Une triste erreur qui ne fut récompensée que par une minuscule entaille faite à la joue de sa cible. Une simple entaille parmi les centaines qui parcouraient son corps mutilé. Satsu lécha d'un coup de langue le sang qui coulait de sa plaie fraîche, et lança un regard effroyable à ses assaillants.

-100...500...1000...100 000, ça ne fera pas la moindre différence. Votre vaine tentative de lutte désespérée est aussi pitoyable que le serait une armée de fourmis s'attaquant à un géant. Vos efforts sont vains. Alors faites moi une faveur...crevez vite et en silence.

Devant l'odieuse déclaration de leur invincible ennemi, les soldats de Pomélo se jetèrent à corps perdu contre lui tels un raz-de-marée dans un ultime espoir de vaincre. Mais d'un simple revers de la main, Satsu balaya cet espoir en même temps que l'intégralité du flanc droit du corps armé en projetant une vague de flux qui réduisit à l'état de poussière tout ce qui se trouvait sur son passage. Le bras droit tendu vers l'est, en direction du long cratère encore fumant creusé dans le sol par sa puissance tel une ligne dans le sable, le Général au torse dévêtu referma sa main droite sur une volée de sable projetée par l'explosion et la compressa, avant de la ramener vers lui, et de lâcher prise, laissant ces quelques grains de sable s'envoler devant son visage alors qu'il levait les yeux au ciel, comme dérangé par quelque chose.

-J'ai comme un mauvais pressentiment...

Simple intuition ou réelle perspicacité, l'instinct de Satsu lui avait permis de voir plus loin que là ou portaient ses yeux. Plus haut que la voûte céleste, bien au dessus du plafond de nuages masquant les étoiles. Là ou un vaisseau circulaire venait d'aborder l'immense sphère de Kota.

-Pierrot ne devrait plus tarder à envoyer son rapport. Si l'explosion a eu lieu, cela signifie que Danmarine a été vaincu. Tu as perdu, Byōna. Admet ta défaite, et peut-être ferais-je preuve de clémence.

Byōna, alors qu'il observait depuis un hublot la surface de Pomélo, porta sa main au niveau de son front, soudainement pris d'une atroce migraine qui l'obligea à se tenir au mur pour ne pas perdre l'équilibre. Une ouverture que Kota hésitait à prendre alors qu'il commençait à faire glisser lentement ses tentacules vers l'espion dans le but de le stranguler à mort.

«Que t'arrive-t-il, Byōna ? Aurais-tu vidé tes réserves d'énergie durant notre combat ?» provoqua le Grand Commandant, probablement pour distraire le jeune espion pendant qu'il s’apprêtait à l'éliminer.

-Il est ici...je peux le sentir...

-De quoi parles-tu ? As-tu perdu l'esprit, Byōna ?

À l'étage inférieur, le grand félin Roku se tenait fièrement devant l'armée personnelle de Kota, entièrement décimée et gisant à ses pieds comme le ferait le gibier d'un lion affamé. Juste avant que le Général à la toison noire n'ait le temps de quitter les lieux, son regard perçant fut capté par les lumières de l'ascenseur dont le bruit trahissait l'approche imminente. Pointant ses griffes acérées vers les portes en acier de la cabine d'élévation, Roku se tenait prêt à accueillir quiconque oserait se dresser face au puissant fauve qu'il était. Avant même que les portes ne s'ouvrent, dès qu'il entendit la sonnette d'ouverture, le félin avertit les nouveaux arrivants de leur sort.

-Hors de ma vue si vous ne voulez pas finir en lamelles.

Que signifie ce tapage...Roku san ?

En un instant, le visage fermé de Roku se décomposa, les traits au centre de ses pupilles – caractéristique propre aux félins et aux membres de sa race – laissèrent place à de larges ronds noirs, sa mâchoire se décrocha, rien qu'en entendant cette voix.

Sa voix.

De son côté, ne se doutant de rien, Kota resserrait son étreinte sur Byōna qu'il venait de capturer entre ses huit bras sans que celui-ci ne montre la moindre résistance. Si ce manque de vivacité intriguait le poulpe, il ne comptait certainement pas s'en plaindre.

-Cela ne faisait pas parti de mon plan initialement, mais je pense que je vais mettre un terme à tes jours finalement, Byōna.

Menacé de mort, tout ce qu'offrit l'espion en guise de réponse fut un rire – étouffé par les tentacules enroulées autour de son cou – que ne s'expliquait pas Kota, pourtant persuadé d'être en position de force. C'est à cet instant que le Grand Commandant entendit des bruits de pas se rapprocher. Plaçant sa victime face à lui pour se protéger d'une attaque éventuelle, le vieil homme recula lentement, pensant à prendre de la distance en cas de danger. Roku passa alors l'angle du couloir adjacent et apparut devant lui.

-Tu arrives trop tard, Roku ! La victoire est mienne, tu perds ton temps ! Si tu tentes quelque chose, je le tue sur le champ !

Dos au mur, Kota essayait d'intimider le Général nouvellement arrivé, qu'il pensait deviner être la source des rires de sa proie. Mais le Général ne prit même pas la peine de lui adresser un mot, préférant garder mine basse. D'autres bruits de pas se firent entendre, dont certains provenaient d'une démarche bien singulière, presque robotique. Kota continuait de reculer doucement en se laissant glisser sur le sol, fusillant Roku du regard tout en zyeutant derrière celui-ci, espérant apercevoir le mystérieux individu responsable des suées qui le prenaient soudainement.

Alors, le teint verdâtre de Kota vira presque instantanément au blanc à l'instar de ses pupilles qui avaient l'air de trembler de peur elles aussi. Il vit alors un pied, pourvu de trois longs orteils. Puis apparut le second, derrière lequel se balançait une queue mauve. Et il la vit enfin. Cette paire de cornes noires, aussi sombres que la démarche de leur propriétaire, qui afficha à Kota un sourire en total contradiction avec le regard sanguinaire qui lui était adressé.

Après tout ce temps, nous nous revoyons enfin, mon vieil ami.

-Impossible...Freeza...sama !

Freeza, l'un des trois empereurs démoniaques, se tenait ici, en personne, devant le traître responsable des machinations qui se jouaient sur Pomélo.

Trop intelligent pour essayer de tromper Freeza, Kota se contenta de garder le silence. À moins que ça ne soit la peur qui lui cloua le bec à ce moment là. Mame, le fidèle bras droit de l'empereur – reconnaissable à l'unique corne qui trônait sur le sommet de son crâne vert – se tenait derrière son maître sans dire un mot, de même que Roku qui se plaça derrière le souverain, en retrait.

-Toutes ces années au service de mon père puis au mien. Kota san, je vous pensais suffisamment censé pour avoir compris après tant de temps que s'opposer à nous relevait de la folie pure.

Poussant un soupir, Freeza posa ses mains sur ses hanches, et hocha la tête de droite à gauche. Une attitude bien naturelle considérant la gravité de la situation.

-Me voilà bien dans l'embarras, Kota san. Par quel moyen allons nous bien pouvoir trouver un terrain d'entente ?

«Un idée ?» conclut l'empereur en souriant d'une manière absolument terrifiante.

Baliverne. Kota savait pertinemment que son sort était décidé. Freeza allait le tuer, d’un instant à l'autre, cela ne faisait aucun doute. Le Grand Commandant avait servi bien assez longtemps sous ses ordres pour connaître sa cruauté. En revanche, il n'avait jamais aperçut aucune clémence de sa part.

Dans le plus total des désespoirs, Kota lança Byōna dans la direction de Freeza. Roku se jeta pour attraper son ami au vol, tandis que le Grand Commandant se jeta à pleine vitesse vers l'empereur qui écarquilla les yeux un dixième de seconde de surprise devant tant de folie. Les huit tentacules de Kota furent lancées dans toutes les directions sans jamais toucher l'empereur. L'un d'eux percuta au plafond la plaque d'un large conduit d'aération qui tomba alors sur Mame, qui n'eut qu'à se décaler d'un pas sur sa droite pour l'éviter.

Devinant les intentions de son subordonné dissimulées derrière cette parodie d'attaque, Freeza commença à lever le doigt vers lui. C'est alors que Kota – par sa longue bouche de pieuvre – expulsa un nuage de fumée noire, créé à l'aide du subtil mélange entre l'encre contenue dans son corps et l'eau naturellement abondante à l'intérieur de lui, le tout changé de l'état liquide à l'état gazeux par une impulsion de flux ardent.

La vue obstruée, la respiration rendue difficile, et les sens affectés par le gaz, Freeza et Mame – qui se tenaient néanmoins toujours droits et semblaient peu inquiétés – laissèrent le poulpe s'échapper par le conduit précédemment ouvert par ses soins. Grâce à ce plan élaboré en moins d'une vingtaine de secondes, Kota venait de parvenir à prendre la fuite, au grand dam de Byōna et Roku qui, se protégeant du nuage gazeux à l'aide de la cape rouge de ce dernier, s'apprêtaient à le poursuivre avant que Freeza ne leur ordonne de ne pas y aller.

Toujours le sourire aux lèvres.

Le poing mauve de son adversaire dans le ventre, il enfonça le sien contre son visage.
Le poing bleu de son adversaire écrasé sur sa joue, il plongea le sien dans son estomac.

Couverts d’hématomes, d'égratignures, et de sang, Danmarine et Mélo poursuivaient inlassablement ce combat des plus forts, leur visage boursouflés et leurs yeux décorés de coquards. Coude contre genoux, genoux contre coude, poing contre poing, tibia contre tibia. Front contre front. Les coups et les chocs pleuvaient entre ces deux adversaires résignés au corps à corps après avoir puisé dans leurs réserves d'énergie.

L'Actinidia-seijin bloqua le coup suivant de son adversaire en coinçant son bras entre son coude, et se servit de son poids pour retourner Mélo et lui claquer le dos contre le sol. À terre, le prince enroula ses jambes autour du tibia de Danmarine, et pivota pour le faire chuter, puis se retourna à nouveau pour tenter de lui asséner un coup de coude, que Danmarine esquiva en se réceptionnant sur le sol à l'aide de ses deux mains et s'éloigna en se jetant en arrière.

Afin de reprendre l'avantage, Danmarine attaqua le premier, ce qui permit à Mélo d'anticiper son assaut, et de contrer son poing, laissant son adversaire partir en avant, et passant derrière lui en prenant appui sur son dos dans le but de lui frapper l'arrière de la tête avec le pied droit. Suite au choc, Danmarine tomba en avant sur le plat de ses mains, et poussa alors de toutes ses forces pour se soulever et expédier ses deux pieds directement dans l'estomac de Mélo qui cracha de douleur, et recula en se tenant le ventre.

Sans avoir le temps de se remettre, le prince vit le Général arriver sur lui en courant, et fut incapable de réagir face à la pluie de coups de phalanges qui lui fut prescrite. Alors en train de se faire allégrement tabasser, Mélo bloqua son pied dans un pavé fissuré sur le sol et se stabilisa, puis envoya son poing directement dans le visage de Danmarine qui hurla de douleur, se tenant la face ensanglantée en titubant vers l'arrière, tant et si bien qu'il n'eut le temps de voir arriver la dizaine de poings fulgurants qui heurtèrent son thorax avec véhémence.

Voyant qu'il perdait du terrain, le survivant d'Actinidia attrapa le prince entre ses bras et fonça avec lui contre l'un des 12 piliers ornés de tourbillons décorant la salle du trône, contre lequel il le claqua assez fort pour en fissurer la surface. Mélo se déroba de la prise de Danmarine pour passer dans son dos, puis aussitôt le Général renversa à nouveau son adversaire et lui saisit la tête par derrière, la claquant à plusieurs reprises contre le pylône jusqu'à ce que celui-ci ne cède et ne se brise en morceaux qui s’effondrèrent dans un impressionnant fracas.

Lorsque Danmarine s'apprêta à claquer une dernière fois la tête du prince – déjà en sang et visiblement ouverte au niveau du front – contre les bords tranchants de la base du pilier brisé, Mélo le fit reculer en poussant contre la dite structure avec son pied, et le déstabilisa assez pour le retourner et essayer d'en finir avec une prise d'étranglement. Pressant de toutes les forces qu'il lui restait contre la trachée du Général avec son bras enroulé autour de son cou, le prince commença à faire virer le teint de Danmarine au pourpre, celui-ci étouffant sans rien pouvoir faire.

Voyant qu'il ne pouvait défaire l'emprise de son adversaire, et profitant d'une telle proximité, Danmarine attrapa le fourreau de Mélo et l'arracha de sa ceinture afin d'en dégainer la lame. Mais le Pomélo-seijin le lâcha et évita le tranchant de l'épée, puis força le Général à reculer en lançant un uppercut qui toucha au but. Maintenant séparés de quelques mètres, les deux combattants sévèrement amochés reprirent leur souffle un instant.

«J'ai du mal à croire qu'il te reste tant de force après avoir livré un combat aussi dantesque tout à l'heure contre cet autre Général !» râla le prince en se frottant le front, encore douloureux après le choc crânien précédent.

-J'ose à peine imaginer de quoi tu es capable en temps normal. Soit honnête, Dimariane...même en unissant mes forces à celles de mon frère...serait-on seulement capable de te vaincre ?

Après avoir hésité un instant, de peur de donner la réponse qui lui apparaissait pourtant évidente, Danmarine répondit qu'il gagnerait à coup sur, même seul contre deux.

-Je vois.....Je vois ! Hahaha ! Bien sur, dès le départ je n'avais aucune chance, hein ? Avoue le ! Quel idiot je fais. Dire que je pensais être un adversaire à la hauteur !

Il ne comprenait pas ce sourire. Il ne comprenait pas cet éclat de rire soudain. Il ne saisissait pas la raison de cette joie qui ne semblait jamais quitter Mélo. Mais sa chaleur le touchait. Danmarine ne pouvait s'empêcher d'aimer ce combat. C'est vrai, il en avait oublié ses tenants et aboutissants. Alors que Mélo regardait son frère poursuivre son combat contre Dodoria – tout deux clairement impossible à départager tant leurs forces semblaient égales – il haussa les épaules, passa une main dans ses longs cheveux blonds, et posa la deuxième sur sa hanche gauche.

Toujours le sourire aux lèvres.

«Ce n'est pas ma force qui empêchera Freeza de conquérir notre planète. Maintenant j'en suis certain.» pensa Mélo à haute voix tout en écartant d'un geste des doigts la mèche de cheveux trempant dans le sang qui lui coulait sur l'arcade.

-De nous deux, j'ai toujours été le prince guerrier, charmeur, et aussi grand buveur je dois bien l'admettre. Mais Zarbon, lui, il a toujours eu la tête plongée dans les livres, les poèmes, c'est sûrement ce qui fait de lui le plus diplomate de nous deux. J'ai tendance à tout régler par la force, mais pas lui. Il me l'a encore prouvé aujourd'hui en acceptant l'offre de ce Kota, uniquement pour essayer de sauver notre peuple. Et même si je respecte mon crétin de petit frère pour ça, je sais très bien que je préférerai mourir plutôt que de vivre sous la coupe d'un tyran. Rien que d'y penser me rend malade.

Danmarine écoutait sans rien dire le monologue de Mélo, incapable de cerner ses intentions.

-Même si les gens aiment notre façon de fonctionner en duo...j'ai toujours su qu'il y avait un prince de trop. Aujourd'hui...Pomélo n'a plus besoin du prince guerrier que je suis.

-Prince Mélo...ne faites pas ça...

-Je t'ai dit de pas me vouvoyer, Dianmerane !

Surpris de ce changement drastique de ton qui venait de s'opérer dans la voix de Mélo subitement devenue autoritaire, Danmarine se tut soudainement.

-Avec un prince comme moi au pouvoir, les Pomélo-seijins qui comme moi sont avides de liberté et de sensations fortes refuseront toutes négociations et affronteront les forces de Freeza jusqu'à la mort, comme je le ferai. Ce n'est pas ce que je souhaite pour les miens. Toi qui n'a pas pu protéger ton peuple, tu peux comprendre ça, pas vrai ?

Sans même prêter attention au combat aérien de Dodoria et Zarbon qui se poursuivait, Danmarine écoutait son interlocuteur en silence. Pas parce qu'il n'osait pas l'interrompre cette fois, mais bien parce que les mots lui manquaient.

-Si le salut existe pour les Pomélo-seijins...c'est entre les mains de Zarbon qu'il repose. C'est pour cela...que je te le demande...Veille sur mon frère.

-Mélo...non...

Le prince, dont seules les jambes étaient désormais encore parées d'or, prit une profonde inspiration qui sembla être pour lui le bonheur à l'état pur. Une légèreté et une simplicité d'esprit que lui enviait le Général qui lui faisait face. Le prince montra alors à l'Actinidia-seijin, le sourire le plus large et le plus sincère qu'il lui avait été donné de contempler. Un sourire d'une pureté qu'il pensait disparue de ce monde. Celui d'un enfant dépourvu de la moindre once de méchanceté.

-Merci pour ce combat...Général !

C'est alors que, sans que Danmarine ne puisse réagir à temps, Mélo se jeta sur lui avec une vitesse inouïe. La figure couverte de sang frais, le Général tremblait, incapable de retenir la larme qui coula de son œil droit qu'il pensait pourtant asséché depuis longtemps.

Mélo, sa propre épée plantée dans le thorax alors qu'elle se trouvait en possession de son adversaire, cracha son propre sang sur l'épaule de l'homme qui le tenait contre lui en pleurant dans le plus profond silence, simplement parce qu'il ne réalisait pas.

-J'attendrai là haut...que tu me rejoignes. Tu me dois toujours un verre....

Danmarine

Dans les bras du Général d'Actinidia, le prince rendit son dernier éclat en même temps que son dernier soupir, devant les yeux de Zarbon et Dodoria qui avaient interrompu leur combat devant ce coup de théâtre. Ce fut sans haine et sans rancœur que Mélo mit un terme à sa vie.

Toujours le sourire aux lèvres.

«Il s'est...foutu en l'air ?!» beugla Dodoria de stupeur, en parfaite opposition avec le silence de Zarbon qui observait encore la scène sans réagir.



Allez, Zarbon ! Vient boire un verre avec nous, t'es trop tendu !

P'tit frère ! Tu comptes bouquiner encore longtemps ? On va pas t'attendre trois plombes !

Dis dis ! Cette fille que j'ai vu avec toi l'autre jour, tu l'as bécoté ? Hein ? Hein ? Racontes tout à ton grand frère chéri !

Hahahaha ! Tu devrais voir ta tête au réveil ! Une nuit dans une tente ça te réussit pas ! T'es sur que t'es fait pour le champ de bataille, Zarbon ? Hahaha !

Zarbon ! Tu penses sérieusement à t'allier avec cet enfoiré ? Il se sert de nous, tu le comprends pas ça ?

Jamais ! Il est hors de question que je me soumette à ce type ! Je suis un prince guerrier ne l'oublie pas ! Père te renierait s'il t'entendait.

Tu sais, Zarbon...si aujourd'hui, ou même demain, je venais à disparaître...j'aimerai que tu fasses ce qu'il faut pour notre peuple. Peu importe ce qu'aurait voulu père ou ce que j'aurai voulu. Agis comme le ferai un bon souverain. D'accord ?


-Mélo...pourquoi...tu...

-Je te le dis pas assez souvent Zarbon, mais...je t'aime p'tit frère. Sache le.

-Quoi ? Depuis quand tu fais dans le sentimentalisme ? Hahaha ! T'aurais pas encore bu un coup de trop ?

-Ferme la Zarbon ! Dis moi que tu m'aimes aussi et c'est tout !

-Hahaha ! Tu rêves, poivrot !

-Répètes moi ça pour voir !

Hahahahaha !




MELOOOOOOOOOO !!!!

Dans un éclat de rage, Zarbon libéra une quantité phénoménale d'énergie qui se déchaîna dans le hall du palais. Sa mâchoire se déforma, ses dents devinrent acérées, sa peau se parsema d'immondes verrues, et ses muscles doublèrent de volume. Hurlant comme une bête sauvage à s'en rompre les cordes vocales et en bavant tel un animal féroce, le jeune prince libéra toute la fureur qu'il cachait en lui.

-Encore cette transformation ? J'en ai ma claque de ces conneries ! Je vais te calmer princesse !

Sur de lui, Dodoria fonça sur Zarbon pour en finir une fois pour toute. Quelle fut sa surprise quand il se prit en pleine face la monstrueuse patte du prince qui l'envoya s'enfoncer dans le mur voisin comme un vulgaire insecte.

-DANMARINE ! Lâche mon frère espèce d'enfoiré ! Je vais te butter ! Je vais te butter ! Je vais te réduire en morceaux et te bouffer ! JE VAIS TE FAIRE PAYER CE QUE TU LUI AS FAIT !!!

Une larme séchée sur la joue, du sang séché sur l’autre, Danmarine retira l'épée plantée dans le corps du prince et la jeta plus loin, avant de déposer délicatement son corps sur le sol, puis se redressa afin d'adresser un regard étrangement déterminé à Zarbon qui s’apprêtait à lancer son attaque.

-Mélo...sois certain que je tiendrai ma promesse, même au prix de ma propre vie.

Hors de lui, Zarbon n'était plus capable de raisonner clairement. L'enragé fonça depuis les airs en hurlant sur Danmarine qui l'attendait au sol de pied ferme, envahit d'une détermination qui l'empêcherait de faillir quoi qu'il arrive.

-Mélo souhaitait vous sauver toi et votre peuple ! Tu te rendras, de grès ou de force ! Je peux te l'assurer !

-CREVE DANMARINE !!


-JE NE TE LAISSERAI PAS BAFOUER LES DERNIERES VOLONTES DE TON FRERE !!


Lorsque Zarbon arriva à pleine vitesse contre l'Actinidia-seijin, celui le stoppa net d'un direct ascendant dans l'estomac d'une puissance inouïe, au point que l'onde de choc qu'il produisit se répercuta derrière Zarbon et brisa le trône qui se trouvait en hauteur. Alors que son propre poing était enveloppé d'une couche de fumée, Danmarine laissa couler un filet de sang de sa bouche.

Zarbon – alors qu'il perdait lentement sa transformation – versa enfin une larme pour son frère dont il prononça le nom tel un râle. Danmarine, le poing droit dans le ventre du jeune prince, posa alors sa main gauche derrière la tête du Pomélo-seijin qui perdit connaissance.

-Nous avons gagné. Pomélo...est vaincue.

Ignorant encore la ruine de ses plans sur Pomélo, Kota – dont l'esprit était à d'autres préoccupations pour le moment – sortit des conduits d'aération dans le hangar de lancement des capsules de sauvetage alors désert. Le poulpe glissa jusqu'à la rampe la plus proche et actionna le bouton d'ouverture. Devant une absence de résultat, Kota, comme le ferait tout homme plongé en pleine panique et ce malgré son niveau d'intelligence, se mit à appuyer frénétiquement sur le bouton en espérant voir le sas s'ouvrir à lui.

Vous nous quittez déjà...Kota san ?

Sans même avoir à se retourner, Kota sentit la peur l'envahir de plus belle. Derrière lui, celui qui avait ordonné à son arrivé la désactivation des capsules de sauvetage et le maintien au sol de tous les vaisseaux, venait de pénétrer lui aussi dans le hangar obscur alors faiblement et partiellement illuminé par la lumière qui passait par la porte. Le petit être projetait sur cette traînée de lumière une immense ombre étendue sur plusieurs mètres jusqu'à Kota.

«Je pense que nous avons des choses à nous dire.» annonça froidement Freeza sur un ton monocorde qui glaça le sang du Grand Commandant.

Toujours ce maudit sourire aux lèvres.

Peuple de Pomélo ! Vous avez vaillamment combattu ! Chacun de nos camps déplore les morts qui jonchent le champ de bataille. Aujourd'hui, un terme vient d'être mis à cette guerre ! Vos souverains sont tombés au combat, et votre armée a été surpassée par nos forces. Rendez-vous, et aucune victime supplémentaire ne sera faite !

Du haut du palais princier – chef d’œuvre d'architecture de la cité trônant au cœur du désert d'or – Danmarine, le corps de Mélo dans les bras, accompagné par Dodoria qui tenait Zarbon sous le bras, annonça au peuple de Pomélo sa défaite. Alors que chacun s'était réfugié dans la ville haute pour fuir le danger, chacun sortait de son abri en entendant cette voix culminante. Rapidement, des milliers de personnes s'amassèrent dans les rues tout autour du palais princier. Alors que le discours de Danmarine était écouté avec attention, de premières voix contestataires se firent entendre.

Te fous pas nous ! Personne peut battre nos princes !

Vas te faire voir ! Pomélo ne perdra jamais !

Crève, Freeza !


-Ils sont con ou ils voient pas que c'est leur princesse que je tiens évanouie ? Je vais leur rafraîchir les idées moi !

-Attend, Dodoria ! Je t'ai déjà dit de ne pas t'en prendre aux civils !

Voyant son protégé commencer à grogner, Danmarine devina qu'il ne pourrait pas le garder calme bien longtemps. De même que le peuple de Pomélo qui refusait de croire à la défait et commençait à s'agiter en bas, certains s'amusant à essayer de lancer des pierres jusqu'à eux, d'autres commençant à rassembler des armes.

En dehors de la cité, les combats venaient également de cesser entre Satsu et le reste de l'armée de Mélo et Zarbon en entendant la voix du Général s'élever pour annoncer la fin de la guerre. Là aussi, les discussions battaient leur plein, mais cela ne durerai pas bien longtemps.

-J'espère que t'as un plan, Danmarine...

Pomélo-seijins ! Résister est inutile ! N'avons nous pas sacrifié suffisamment de vies ? N'avons nous pas versé suffisamment de sang ? Admettez votre défaite, vos chances de victoires sont...

Ta gueule Freeza !

C'est vous qui avez voulu la guerre ! On va vous mettre votre raclé !

Nos princes vont vous botter le cul !

Ouais ! Ouais !


«Grrrr...Danmarine ! Si tu te dépêches pas de trouver une solution, je fonce dans le tas ! Si tu comptais gagner la guerre avec des mots, alors t'es loin d'être aussi intelligent que je le pensais !»

Comprenant qu'il ne pourrait les raisonner si facilement, Danmarine posa un pied sur le rebord du toit ou il se trouvait, puis le second. Au bord du vide, le Général présenta au peuple vaincu le corps de leur prince.

-Ce que je tiens...c'est le corps du prince des Pomélo-seijins...Mélo ! Votre prince...est mort !

Un silence d'angoisse prit place dans l'assemblée devant cette annonce glaçante. Voyant qu'il commençait à toucher au but en se servant du corps de Mélo comme d'un vulgaire trophée de chasse, Danmarine surenchérit avant de perdre leur attention.

-J'ai...J'ai tué le prince Mélo de mes mains ! Et mon compagnon a fait prisonnier le prince Zarbon ! Ce...ce...ce chien est mort comme un vulgaire déchet ! Il a préféré mourir, il vous a tous abandonné !

Bien qu'il ne soit trop haut pour que l'on puisse voir quoi que ce soit sur son visage et pour que l'on puisse distinguer le tremblement dans sa voix, un torrent de larme coulait le long des joues du Général, incapable de contenir ses émotions. Danmarine se haïssait en cet instant, ne se doutant pas que le regard de Zarbon qui venait de se réveiller s'était posé sur lui, avec la stupéfaction de le voir pleurer la mort de son frère.

-Si vous ne capitulez pas...Je...

JE VOUS MASSACRERAI TOUS COMME JE L'AI FAIT AVEC CETTE ORDURE !! VOUS AVEZ CAPTE ?!

Des pleurs d'enfants, des cris d'effroi, des mains devant des bouches, des réactions de désespoirs. Des gens tombant genoux à terre, se laissant glisser contre les murs.

Ainsi que des larmes incontrôlables, une haine de soit, une culpabilité insoutenable, et le corps d'un ennemi qu'il considérait à la fin comme un véritable ami. Une réaction de désespoir.

-Tss...tu n'as pas fini de me causer des problèmes, Danmarine...

Ayant entendu ce murmure suspect venant de la ruelle devant laquelle il se trouvait, un jeune Pomélo-seijin assistant au «discours de victoire» de Danmarine tourna vivement la tête pour chercher d’où venait cette voix nasillarde. Mais il n'eut le temps d'apercevoir qu'un individu de dos, encapuchonné, disparaître dans une étrange lueur rouge et noire, ne laissant derrière lui que des traces de talons dans le sable.

-Pose moi à terre...je veux...m'adresser à mon peuple...

-Tient, t'es revenu à toi tête de nœuds ?

-Fait ce qu'il te dit, Dodoria.

Après avoir libéré Zarbon de son entrave, Dodoria se recula et laissa le prince s'approcher du bord aux côtés de Danmarine, se tenant prêt au cas ou il tenterait quoi que soit.

-C'est...Zarbon sama !

-Majesté ! Ce type nous as menti pas vrai ? Je vous en prie, dîtes nous la vérité !

Zarbon serra le poing à s'en faire saigner la paume. Lorsqu'il releva la tête, le visage dur et fermé, il adressa ses derniers mots à son peuple en tant que souverain.

-Mes chers Pomélo-seijins...j'ai failli à ma tâche. En tant que prince, j'aurai du pouvoir vous protéger tous. Mais aujourd'hui...mon frère et moi avons échoué. Freeza...est victorieux.

Ces derniers mots achevèrent de convaincre le peuple de Pomélo. Tout était fini. Tout était bien fini. Freeza allait devenir le nouveau maître de cette planète.

-Je suis...je suis...profondément navré ! Je suis impardonnable !

Zarbon et Mélo...avaient été vaincus. Pourtant, contrairement à ce qu'il attendait, Zarbon ne vit aucune réaction de colère. Aucune huée, aucune insulte.

-Qu'est-ce qu'ils foutent, Danmarine ?

«Tait toi, et regarde. Ce que tu vois là...» commença Danmarine alors que Zarbon fondit une nouvelle fois en larme devant son peuple.

C'est l'amour d'un peuple pour l'homme qui a tout perdu pour eux.

En bas, les milliers de Pomélo-seijins en larmes réunis devant leur prince levaient en l'air tous ensemble la main droite avec pour seuls doigts tendus l'index, le majeur et l'annulaire. Symbole de ralliement à la dynastie des Yudaina qui s’éteignait aujourd'hui, et à laquelle ils déclarèrent tous une dernière fois, leur indéfectible loyauté, en réponse aux larmes de Zarbon qui ne pouvait contenir ses sentiments, mélanges de joie face à cet amour et cette loyauté, de peine devant ce peuple qu'il n'avait pu protéger tout comme il n'avait pu protéger son frère, et de haine envers les responsables.

Vie et prospérité aux Yudaina ! Vie et prospérité à Zarbon sama !

Les soldats de l'armée princière à l'extérieur des murs levèrent eux aussi leurs armes pour leur prince, ignorant totalement Satsu qui ne pouvait qu'admirer une telle loyauté et une telle détermination, et préféra se taire et laisser cet instant aux Pomélo-seijins.

La nouvelle se répand comme une traînée de poudre sur tout Pomélo. Vous ne rêvez pas, alors que survient l'annonce de la mort de sa majesté Mélo, sa majesté Zarbon déclare à l'instant la défaite de Pomélo et la montée sur le trône de l'empereur galactique Freeza !

Dors et déjà, les forces armées du tyran prennent place sur notre planète et se rendent dans nos villes et villages. Les confiscations d'armes et les contrôles civiles vont être mis en place. Alors que notre prince est emmené par le leader des forces d'invasion, le cruel meurtrier du prince Mélo déjà connu sous le nom de Danmarine le Grand Démoniaque, afin d'assurer les missions de diplomatie, une ère sombre se présage pour notre chère Pomélo.

C'était Pampel pour la dernière édition de la chaîne d'information PFI avant la clôture définitive de nos canaux. Mes chers auditeurs, adieux, et que le Grand Esprit veille sur chacun de nous. Vie et prospérité aux Yudaina.


Assis à bord d'un véhicule venu les chercher aux portes de la cité princière – malgré la cohue et les opposants tentant de retenir leur prince, rapidement stoppés par les forces de Freeza auxquelles l'armée n'opposa pas de résistance en accord avec la décision de leur souverain – Zarbon pensait à tout ceux qu'il laissait derrière lui. Regardant par le fenêtre les ruines de la ville détruite par le canon à flux alors qu'ils passaient par là pour rejoindre le campement de Niwa, le prince était autant terrifié par ce qui l'attendait là ou il se rendait que par l'avenir incertain de son peuple.

Pendant leur passage sur ces terres dévastées, Dodoria, qui observait lui aussi l'extérieur par sa fenêtre, manqua de broyer son accoudoir avant de détourner subitement le regard. Danmarine lui adressa un regard compatissant que ne comprenait pas Zarbon. Sans doute aurait-il réagit différemment s'il avait vu lui aussi le corps de ce gamin étalé près de la route. Satsu conserva le silence de son côté, préférant jouer avec son briquet pour se vider l'esprit. Un bon cigare l'attendait à son arrivée, voilà bien la seule pensée agréable qui l'habitait à cet instant.

«Zarbon, nous allons arriver sous peu.» annonça le Général alors que l'immense canon était enfin à portée de vue.

-Il est possible que tu ne reviennes pas ici avant longtemps. Te sens tu prêt ?

-Quelle importance, nous partirons quoi qu'il arrive. Inutile de m'adresser ta pitié, tu me rends malade.

-Il va se calmer celui là avant que je lui botte le...

«Dodoria !»

L'interpellation du Général fit sursauter aussi bien l'intéressé que le jeune prince qui ne s'attendait pas à ce qu'il intervienne.

-Je ne cherche ni à m'excuser ni à attirer ta sympathie, Prince. Je dis simplement que je te comprend.

Venant d'un chien de Freeza, Zarbon avait du mal à y croire. Mais il préféra ignorer le geste de l'assassin de son frère, et tourna à nouveau son regard vers l'extérieur.

-J'aurai simplement voulu...assister à ses funérailles...

Une nouvelle larme perla sous les yeux du Pomélo-seijin. Dodoria, pour qui la notion de funérailles ou d'une quelconque cérémonie adressée aux morts était inconnue, ne comprit rien à la peine qui venait à nouveau d'envahir Zabon. Dans une certaine mesure, Satsu et Danmarine ne se sentaient plus touchés eux non plus. S'il en était tout autre sur leur planète d'origine, les cérémonies funèbres n'étaient pas une tradition répandue au sein de l'empire. Zōra, comme toutes les victimes de la guerre, serait récupéré par les équipes mortuaires et emmené sur la planète Freeza Zero, aussi connue sous le nom de « Planète Cimetière ». Une immense Nécropole recouvrant la surface de la planète grise, là ou reposaient quelques milliards d'âmes.

Finalement, le Général Danmarine posa un pied à terre une fois arrivé à destination. Sur place, les quelques dizaines de soldats encore en faction l'admirèrent comme le héros qui venait de remporter la guerre. Bien qu'il fut accueilli par des applaudissements, ceux-ci cessèrent presque aussitôt lorsque le prince sortit lui aussi de leur transport flottant.

-Ou se trouve le Commandant Niwa ? J'aurai besoin de lui pour établir le rapport de la situation actuel et pour l'application de la procédure.

A la question du Général, un simple silence fut adressé comme réponse. Une évidente gène émanait du corps militaire, ce qui fit immédiatement tilter Dodoria et son supérieur qui s'adressèrent un regard suspicieux. Le sort qui avait été réservé au Commandant Niwa ne faisait aucun doute.

«Qu'en est-il du Général Pierrot ?» demanda le Général qui soupçonnait le clown d'être responsable de la disparition du Commandant.

Une nouvelle fois, un silence pesant et probablement plus parlant qu'un millier d'explications. Ni le Commandant Niwa ni le Général Pierrot n'était encore présent. Et nul doute que la disparition du premier – habituellement toujours fidèle au poste – n'était pas indépendante des actes du second.

-Cet empaffé de clown nous l'a mise profond, Danmarine. J'ai jamais pu le blairer !

-Garde ton calme Dodoria. Nous aurons une explication avec lui dès que nous le retrouverons, sois en sur. Pour le moment, nous avons une affaire à régler avec Kota. Préparez notre navette, nous devons regagner le vaisseau dès que possible.

Tandis que Danmarine et Dodoria se rendirent sous l'abri de Niwa en attendant la préparation de leur vaisseau, deux silhouettes se faufilèrent à l'intérieur du camp, se dissimulant derrière les caisses de matériel entassées tout autour. Alors que les deux individus semblaient essayer d'observer la réunion sans parvenir à en voir les protagonistes depuis leur cachette, l'un d'eux en s'appuyant sur l'une des caisses manqua de la faire tomber. Au bord de la panique, les deux infiltrés se sentirent soulagés de ne pas avoir grillé leur couverture. C'était sans compter sur le coursier revenu de mission qui passa juste derrière eux.

-Eh ? Qu'est-ce que vous faites cachés ici ?

Paniquée, la jeune femme prise sur le fait jeta son pied contre l'individu qui se retrouva projeté à travers les caisses jusque sur la table de réunion, tandis que son compère en perdit l'équilibre et se retrouva à terre, aux pieds de Danmarine. Alors que Dodoria posa la main sur le manche de son épée qui reposait dans son dos, se plaçant devant Zarbon afin de protéger le prisonnier diplomatique menotté par un limitateur de flux, Danmarine afficha une mine surprise.

-Mais...qu'est-ce que vous fichez tous les deux ? J'allais lancer une expédition pour vous retrouver !

À ses pieds, le lieutenant manchot ne réalisait pas que son Général se trouvait juste là. Debout sur le tas de caisses renversées et prête à se battre, Rubī hallucina en voyant l'Actinidia-seijin accompagné de Dodoria, Satsu, et d'un Pomélo-seijin ma foi tout à fait charmant selon ses critères.

-DANMARINE ?!

Le Général sursauta en entendant la jeune femme hurler ainsi, celle-ci ayant alors bondit de son perchoir pour le rejoindre.

-Mais qu'est-ce que tu fiches ici ? On pensait trouver Pierrot alors on s'est fait discrets ! T''étais pas censé aller affronter l'armée royale ? Bien sur, tu as compris que sans renfort tu ne pourrais rien faire. Quel idiot, c'est maintenant que tu retrouves le sens des réalités...

Tous abasourdis, aucun ne répondit à la provocation de la lieutenante, qui laissa ce pauvre Ranfu se relever seul malgré sa blessure et les bandages précaires qu'elle lui avait appliqué en chemin.

-Danmarine sama, qui est cet homme qui se tient derrière vous. Est-ce un allié ?

-C'est à dire que...

Voyant le Général dans l'embarras, Satsu se chargea d'expliquer la situation en une phrase aux deux nouveaux arrivants visiblement dépassés par les événements.

-Lui, c'est le prince Zarbon. On revient de la cité royale, on a remporté la victoire il y a une heure.

«Je pensais que vous seriez déjà rentrés entre temps» avoua gêné le Général qui voyait la lieutenante rougir à la fois de honte et de colère. «Ne me dis pas que vous venez seulement d'arriver ?»

Qu'importe l'énergie que put mettre la jeune femme, se contenir s'avéra être au dessus de ses forces.

-Dan...ma...RINE ! Bien sur qu'on vient seulement d'arriver abruti ! On est venus à pied en passant par le col de la montagne pour éviter de se faire repérer au cas ou cet enfoiré de Pierrot était ici comme MONSIEUR Danmarine nous l'a demandé ! Et comment ça se fait qu'il ne t'a même pas fallut une heure pour assiéger une cité entière remplie de guerriers d'élite ? Alors qu'on trime ici depuis des semaines sans aucun résultats !

CON !
INCAPABLE !

DEBILE !

FRIMEUR !
ABRUTI !


En voyant son supérieur subir cette pluie d'insultes, Ranfu, malgré son état, s’apprêta à stopper la lieutenante dans son élan et à la réprimander. Stoppé par l'énorme main rose du Durian-seijin, Ranfu exigea qu'il le laisse arrêter cette « folle furieuse ».

-Je te déconseille d'intervenir. J'ai déjà vu ce genre de furie sur Durian, la seule solution est de laisser la tempête se calmer d'elle même, fais moi confiance.

Face à de tels conseils «avisés», Ranfu laissa la dispute se poursuivre, se contentant de lâcher un soupir à l'unisson avec son camarade, tandis que Zarbon observait la scène avec incompréhension, frustration, et colère.

-Comment peuvent-ils faire preuve d'autant de légèreté ?

Après avoir insulté le Général pendant une bonne minute tout en lui martelant le torse nu de coups de poings, Rubī s'arrêta soudainement, les poings contre ses pectoraux, presque tremblante.

-Ne me refais plus jamais un coup pareil...Danmarine...

-Excuse moi Rubī, je n'aurai pas du être si imprudent.

-Y'a pas à dire...t'es vraiment qu'un beau gosse sans cervelle, Général.

En voyant les lèvres de Danmarine aller à la rencontre de celles de la jolie rousse, les réactions s'avérèrent bien distinctes. Ranfu cacha difficilement sa colère en voyant cette femme «vulgaire», embrasser son Général. Dodoria éclata de rire, de manière incontrôlable, en voyant que même celui qu'il voyait comme l'homme le plus fort de l'univers se faire sermonner ainsi. Et alors que plusieurs des soldats présents autour furent touchés par un tel instant d'affection au milieu de cette guerre impitoyable, Zarbon quant à lui n'en revenait surtout pas.

Ces gens qui avaient envahi sa planète. Cet homme qui était responsable de la mort de son frère. Ces envahisseurs soumis au tyran Freeza comme il l'était aujourd'hui. Ils n'étaient finalement bien que des hommes, des femmes, des personnes comme celles qu'il gouvernait depuis des années. C'est pourtant de la haine et uniquement de la haine qu'il éprouvait.

Aucune empathie.

Aucune...

-Merci pour ce combat...Général !


Et pourtant, le fait est qu'il n'avait pas vu son frère si heureux depuis longtemps. Du moins tout en étant sobre. Pourquoi l'avait-il touché à ce point ? Qui était-il ?

Ce Danmarine, qu'avait-il de si spécial ?

-Mon Général ! Votre navette est affrétée et prête au départ !

-Je vois, merci soldat. Bien, nous allons quitter cette planète, tout le monde est prêt ?

«Tss ! Qu'on foute le camp d'ici au plus vite !» grommela Dodoria alors qu'il regardait avec un brin d'affection les étendues sauvages dans lesquels il venait de passer de longs jours.

-Prince Zarbon ?

Le Pomélo-seijin admira une dernière fois la planète qui l'avait vu naître, qui l'avait vu grandir, qui l'avait vu devenir prince. Qu'il n'avait pas su protéger comme il l'aurait souhaité.

-Si le seul moyen que j'ai de protéger cette terre est de la quitter et me soumettre à Freeza, alors soit. Je sais que même d’où il est, il veillera sur notre royaume mieux que moi. Sur son royaume.

Sur ces mots – que Dodoria ne comprit absolument pas à en juger par son air dubitatif – Zarbon tourna les talons et se dirigea vers la navette ou embarquèrent également Satsu ainsi que le Durian-seijin.

«Rubī sama !» interjeta l'un des hommes du campement, «Puisque vous étiez la seconde de Niwa sama, c'est à vous que revient le commandement !»

-Moi ? Mais je dois...

-Reste, Rubī. Tu es la seule à pouvoir donner les ordres. Notre devoir passe avant tout.

La jeune femme hésita un instant, puis arbora un visage fier et presque vaniteux.

-T'as raison ! Et puis même si ce vieux crocodile va me manquer avec ses tirades, j'en avais marre d'être sous les ordres de cette peau de sac ! J'ai mérité cette petite promotion pas vrai ?

-Sans aucun doute.

«DANMARINE !» hurla le Durian qui passait la tête par la porte du vaisseau qui était sur le point de décoller, «Grouille ou on décolle sans toi !»

-Bonne chance avec Kota...Danmarine.

-A toi aussi...Rubī.

Le Général, après avoir passé les cheveux rouges de la lieutenante derrière son oreille, tourna les talons et gagna le vaisseau avec autant de prestance que s'il portait toujours son armure, sa cape, ou même ses célèbres gants. Montant sur la rampe du vaisseau en plein décollage – relâchant une impressionnante quantité de fumée provoquée par la combustion des réacteurs – Danmarine se tint un instant au bord du vide, adressant un dernier regard à Rubī, mais aussi à Pomélo et à tout ce qu'il y avait vécu. Pour le Général qui avait traversé de nombreuses batailles, celle-ci s'était avérée être l'une de ses plus marquantes de bien des façons. Finalement, il laissa la porte se refermer, et la navette partit à toute vitesse dans la stratosphère sous les yeux des soldats restés au sol, et de Rubī derrière qui trois hommes transportaient le corps de leur ancien Commandant tout juste récupéré en bas du ravin dans lequel il avait été jeté.

À l'intérieur du transport spatial, Dodoria avait prit place à côté de Zarbon qui regardait par le hublot sa planète s'éloigner.

-La première fois, les voyages dans l'espace ça surprend. Mais je te préviens, t'as pas intérêt à me gerber dessus !

-Quoi ? Je ne t'ai pas demandé de t'asseoir à côté de moi ! Quelle grossièreté...

Satsu resta debout, plongé dans ses pensées à l'idée de retrouver Pierrot et Kota à son arrivée.

-Je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger, Ranfu.

-Ne vous excusez pas, Danmarine sama ! Je n'ai pas été assez prudent voilà tout. Mais, dites moi plutôt...que comptez vous faire concernant Kota ? Vous n'allez tout de même pas...

Gêné par la question presque accusatrice de son subalterne, Danmarine préféra ne pas répondre et se leva pour s'approcher du sas.

-Nous allons arriver.

La navette de Danmarine se posa dans le hangar du vaisseau amiral, tandis qu'un comité d’accueil des plus fourni l'attendait à sa sortie, avec en tête de cortège un visage familier.

«Fox !» lâcha le Général en riant de plaisir de revoir son fidèle espion, «Ne me dis pas que Kota t'as offert une promotion et t'a mis à la tête de tout ces soldats ?»

-Jamais je ne vous trahirais, Danmarine sama ! J'ai une dette envers vous, vous le savez.

-En parlant de Kota, Fox...

Le renardeau à la fourrure verte sembla soudainement perturbé en entendant le nom du Grand Commandant, ce que remarqua immédiatement Danmarine. Mais avant qu'il n'ait le temps de poser la moindre question, il entendit une voix roque hurler son nom pour l'interpeller depuis un balcon se situant en hauteur dans ce vaste hangar entièrement blanc laqué, depuis l'un des étages supérieurs.

-Roku ?

Suivant le Général félin dans les couloirs sans aucun mot depuis maintenant plusieurs minutes, Danmarine se permit de demander à son collègue de lui expliquer la situation qui semblait bien étrange à ses yeux comme à ceux de Dodoria, Ranfu et Satsu.

-Je vous demande simplement de me suivre. Il aurait mieux valut que vous puissiez vous changer et vous rendre plus présentables, mais nous n'avons plus le temps.

«Le temps pour quoi, Roku ?» questionna Satsu qui ne comprenait pas ce que faisait Roku en liberté alors qu'il l'avait vu être enfermé la dernière fois qu'il avait eu un pied dans ce vaisseau.

Lorsque le Général s'arrêta devant la porte du bureau de Kota, Danmarine supposa que le Grand Commandant l'attendait de pied ferme avec une mauvaise surprise rien que pour lui. Roku, qui venait de faire un pas de côté pour laisser libre accès à la porte, attendait que Danmarine ne pénètre à l'intérieur sans rien dire.

«Il est l'heure de saigner à blanc ce putain de décérébré visqueux !» annonça avec excitation le Durian-seijin, probablement la seule personne à ne pas ressentir la tension et la pression ambiante. Mais si Danmarine ne pouvait s'expliquer le malaise qui l'envahissait depuis quelques minutes, il devina qu'il devrait ouvrir la porte pour en savoir plus. Avec hésitation, il enfonça finalement le mécanisme d'ouverture de la porte.

C'est alors que chacun pu partager avec lui...une véritable vision d'horreur.

«Cet homme...» chuchotta Dodoria en tremblant alors qu'il venait de reconnaître celui qui siégeait derrière le bureau de Kota à sa place, tandis que Danmarine était pris de sueurs froides.

-Kota...

Dans le bureau du Grand Commandant, l'Empereur Freeza trônait sur le fauteuil de Kota, Mame debout sur sa droite, et Byōna sur sa gauche.

-Vous voilà, j'attendais votre venue.

Derrière le tyran qui semblait plus calme et serein que jamais, le corps mutilé et dégoulinant de sang de Kota était suspendu par ses huit tentacules embrochées sur des crochets, alors qu'il se vidait de ses viscères dont l'odeur avait déjà envahi la pièce. Les yeux entièrement blanc du Grand Commandant et son état déplorable ne laissait aucun doute sur le sort peu enviable que Freeza lui avait réservé.

-Je vous rencontre enfin. J'attendais avec impatience de pouvoir mettre un visage sur le nom qui fait tant parler de lui ces derniers temps.

En voyant le cadavre encore fumant et percé de dizaines de trous sanguinolents, la fureur de Dodoria était subitement aussi refroidie que le courage de Ranfu et la colère de Satsu. Seul un homme parvint à ne pas trembler de peur en voyant de si près pour la première fois celui que l'on considérait comme l'incarnation de la mort.

-Ravi de faire vote connaissance...

Danmarine san

À suivre !
« Un Général...ne doit jamais faillir à son devoir »

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Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Guerre
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar omurah le Sam Juin 03, 2017 10:41

De tête, deux moments très forts qui m'ont marqué :
- Melo qui prononce correctement le nom de Danmarine
- Le peuple qui ne se met pas en colère contre Zâbon

Le reste du chapitre est excellent, mais pour les deux trucs en haut, on est sur un autre level.

Mon seul bémol, la scène des retrouvailles Danmarine/Rubi, j'ai trouvé ça plutôt cliché dans le genre (je te tape sur le torse, je t'insulte toussa), mais bon après, ce que j'en pense... :p

Une page se tourne avec le départ de Pomélo.
On y a passé beaucoup de temps sur cette planète, ce qui a rendu ce chapitre charnière d'autant plus puissant. On a vraiment l'impression d'être dans la voiture. On a vraiment l'impression de monter dans le vaisseau avec Danmarine, ou de rester derrière avec Rubi.

Très bonne ambiance!
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Point le Mar Juin 06, 2017 0:55

Je plussoie Omurah de façon belliqueuse en appuyant sur chacune des touches de mon clavier avec une véhémence rare pour un être humain, tant ce chapitre a été bon.

Melo était vraiment cool sans rire dans cette fin classieuse à souhait. Même Zarbon dans sa rage folle faisait rayonner sa mort. Et Danmarine est toujours un perso priceless dans ses réactions. Le discours au peuple de Zarbon, c'était géant. J'ai adoré visualiser la scène.

La mise en scène de fin avec M.Poulpe éventré était monstrueuse d'impact autant que sa détresse de ne pas voir le vaisseau décoller. Freezer ne m'apparaît pas ici comme intuable, comme invincible, mais bien comme omniscient. J'ai l'impression que ce Freezer sait et juge tel un dieu avec des cornes et en slip. Trop classe.

Continue !
La révolte
En cours.
Le plus modeste des êtres...Un homme qui fera peur au plus grand des démons...Celui-là même qui en deviendra le guerrier le plus fidèle...


Le fruit de ses tourments
En cours.
Piégé à cause de ses origines, Thalès va tenter de survivre pour venger son peuple. Mais avant tout, il va devoir se battre contre lui-même, et ce sera bien plus dur que ce qu'il imaginait.
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Imate le Jeu Juil 20, 2017 13:18

Et voilà, nous y sommes : Vingt chapitres !

C'est quand même un joli palier et je suis content de l'avoir atteint. L'histoire risque de durer encore un bon moment, c'est certain, mais déjà rien que ça, c'est une petite satisfaction personnelle. Sachant que ce chapitre était le 20ème, qu'il ferait un peu la transition entre la conclusion de l'arc précédent et les intrigues futures, je voulais pas rater mon coup, d'autant que les chapitres de transitions, vaut mieux s'appliquer pour les rendre intéressant parce que ce n'est pas toujours gagné ! J'ai pas mal retouché au chapitre, à plusieurs reprises, jusqu'à arriver à un résultat qui me plaise vraiment. J'espère donc que je ne serai pas le seul :lol:

En tout cas, merci aux personnes qui me suivent, et à Zaagaan et omurah pour vos précédents commentaires, vous me donnez l'envie de continuer, et ça, c'est un beau cadeau.

* * *

Chapitre 20 : Au delà du Crépuscule


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Et merci beaucoup à kouki pour ce superbe dessin du Général Danmarine ! Tu gères ! 8-)

* * *


Au cœur des flammes, au milieu d'une ville en ruine aux murs brisés tapissés de sang et aux rues remplies de corps inertes, un Actinidia-seijin couvert de coups et blessures errait désespérément, tenant au creux de ses bras un bébé enveloppé dans un drap en lin, pleurant à chaudes larmes au milieu de cet enfer apocalyptique qu'ils appelaient pourtant il y a encore quelques jours, leur doux foyer.

Alors qu'il titubait presque inlassablement au milieu de ce champ de mort depuis de longues heures – à moins qu'il ne s'agisse que de longues minutes, difficile à dire pour lui – le jeune homme violet de peau tomba de fatigue. Pas à plat ventre, non, mais sur les genoux, il ne devait pas lâcher son frère et risquer de lui faire mal. Assoiffé et déshydraté par le brasier environnant, blessé et épuisé par les combats qu'il avait essuyé avant de rentrer chez lui dans la hâte pour sauver l'enfant en danger, le jeune homme ne semblait plus capable de lutter. La sueur et le sang qui se mélangeaient en coulant le long de son visage commençaient à masquer ses sens.

Au moment ou il se sentit partir, pensant que sa fin était proche, il entendit un rire obscène et malsain résonner dans le chaos. Remonté par la peur et la colère, le jeune homme se releva soudainement, tenant à peine sur ses jambes et peinant à garder les yeux ouverts.

Il reste donc des survivants...qui l'eut cru.

À bout de souffle, usant de ses dernières forces pour tenir le jeune enfant en larmes contre lui, l'Actinidia-seijin cherchait autour de lui d’où pouvait bien provenir ce rire démoniaque allant de paire avec l'enfer sur terre qu'il restait des combats.

Si tu es encore en vie...tu dois être spécial, pas vrai ?

C'est à cet instant qu'il l'aperçut. Une silhouette, dont seuls les yeux rouges pétant éclataient, au milieu des flammes s'écartant à son passage comme la mer s'écarterait pour laisser passer un prophète. À peine un demi homme, petit de taille, agitant sa longue queue comme un vulgaire rongeur. Alors pourquoi ?

Pourquoi lui inspirait-il une telle terreur ? Pourquoi chacun de ses membres s'étaient mit à trembler lorsque sa voix retentit sur ce ton glaciale et impérieux ?

Pensant davantage à la vie de l'enfant qu'il tenait qu'à la sienne, le jeune homme tourna vivement les talons, et s'empressa de prendre la fuite, si rapidement que le frottement de ses pieds sur la terre brûlée souffla les braises qui couvraient le sol. À peine eut-il parcouru une poignée de mètres que sa joue se trouva soudainement tranchée, éraflée par une lame invisible tirée par le diable cornu sorti des flammes. Apeuré, terrifié, se doutant bien que s'il l'avait voulu, le démon aurait pu viser son cœur et en finir en un instant, il courba l'échine, tombant genoux à terre, soulevant à nouveau un nuage de braises qui s'éleva devant lui, là ou se tenait déjà le monstre qu'il osa difficilement regarder dans les yeux après de longues secondes à fixer le sol en tremblant.

Sers moi, montre toi obéissant, combat en mon nom, et je peux t'assurer que toi et l'enfant aurez la vie sauve.

En entendant ces mots – qui incarnaient l'unique salut qui s'offrait à lui – ses yeux s'écarquillèrent, sa mâchoire tomba légèrement, et sa main se rétracta sur la couverture enroulée autour du bébé qu'il tenait et dont la vie dépendait uniquement de son choix.

À partir de ce jour, je suis le seul à qui tu devras prêter allégeance. L'Empereur de l'univers...

-Freeza sama...

Presque exactement huit années après ce jour, dans le bureau de Kota qui pendait là, éviscéré comme un vulgaire poulpe fraîchement pêché, Danmarine faisait face à Freeza pour la première fois depuis qu'il était entré à son service. Son visage avait bien changé avec les années, devenu plus mature et terne. Cette journée, elle hantait le Général presque chaque nuit, autant que ce visage qu'il n'avait pu oublier. Et ces abominables yeux rouges.

-Tient ? Votre visage ne m'est pas inconnu. Vous aurais-je déjà rencontré, Général ?

Il ne tremblait pas. Il ne détournait pas le regard. Il le fixait, droit dans les yeux, avec une telle intensité que Byōna le regarda lui aussi d'un air soupçonneux. Mais malgré cette détermination, le survivant d'Actinidia ne trouva pas en lui le courage de lui répondre. Tout comme ce fameux jour, alors même que huit ans s'étaient écoulés, Danmarine garda le silence.

C'est lui.......Freeza ?

D'une voix branlante et d'une manière froide et sans émotions, Zarbon – qui se trouvait menotté et tenu par Dodoria – avait posé l'évidente question à laquelle personne ne prit la peine de répondre, pas même l'intéressé qui ne lui prêta nullement attention, obnubilé par le regard perçant de cet Actinidia-seijin dont il avait tant entendu parler.

Alors que son visage semblait sans expression et figé par la présence de l'être à qui il devait tous les maux qui rongeaient son esprit à cet instant, les yeux de Zarbon s'écartèrent soudainement, suivis par ses dents qui se serrèrent les unes contre les autres au point qu'il en fit saigner ses gencives. Assez pour projeter du sang en hurlant à gorge déployée lorsqu'il laissa sa rage exploser.

C'EST TOI FREEZA ?!

Incontrôlable et plus enragé qu'une bête affamée, le jeune prince se dégagea de l'emprise du Durian-seijin et brisa ses chaînes au prix d'un effort surhumain qui lui coûta le poignet droit, brisé par le choc. Zarbon se rua sur l'Empereur en bondissant sur la table tel un animal furieux, incitant même Mame à décroiser les bras. Il n'eut pourtant le temps de faire un centimètre de plus, les deux poignets saisis et la tête écrasée contre la longue table blanche immaculée par Danmarine qui l'avait intercepté à temps.

-Freeza ! Tu vas me le payer ! J'aurai ta peau !

«Calme toi immédiatement, Zarbon !» hurla le Général en le maintenant contre la table de toutes ses forces pendant qu'il se débattait comme un damné.
«Veuillez l'excuser, Freeza sama ! Ce pauvre fou n'a plus toute sa tête, mais je vais m'assurer qu'il reste sur le droit chemin à l'avenir ! Pas vrai, Zarbon ?!»

Une énorme goutte de sueur coulait sur la tempe de Danmarine, tandis que Dodoria, qui avait lâché Zarbon à cause de son manque de vigilance, trop accaparé par la présence écrasante de Freeza qu'il vit lui aussi pour la seconde fois, ne savait plus ou se mettre. Mame, quant à lui, recroisa finalement les bras, jugeant que son intervention n'était plus nécessaire.

«Eh bien, je n'avais pas vraiment besoin de votre aide.» avoua Freeza d'un air sincèrement surpris, avant de donner à son sauveur un éclatant sourire chaleureux.
«Mais j'apprécie votre loyauté, Danmarine san.»

Lorsque, après cette adorable déclaration qu'avait faite Freeza d'un large sourire, l'Empereur rabaissa le doigt qu'il avait tendu vers Zarbon à peine celui-ci avait-il entamé sa course vers lui, Danmarine souffla enfin de soulagement. Mais il n'était pas le seul. Ranfu et Satsu eux aussi ne pouvaient qu'être heureux que la tension soit retombée si vite. Danmarine ramena Zarbon vers Dodoria une fois calmé, et le confia au Durian-seijin qui se jura cette fois de ne pas se laisser déconcentrer. Byōna, qui n'avait encore dit mot, fit alors un pas en avant, et s'adressa aux nouveaux arrivants, tandis que le Général Rōku se plaça derrière lui.

-Les machinations de Kota ont éclaté au grand jour en partie grâce à vous et vos hommes, Danmarine san. Je vous suis extrêmement reconnaissant pour avoir été capable de déjouer ses plans sur Pomélo, et je ne peux que vous féliciter vous et Rōku san d'avoir su rester fidèle à Freeza sama.

-Eh, Danmarine, il se fout de nous le p'tit là nan ? Lui aussi il bossait pour le visqueux !

«Je vois...» souffla Danmarine sans même relever l'intervention de Dodoria. «Je n'étais donc pas le seul à avoir laissé un espion dans ses rangs».

-En effet, Danmarine san. Fox m'a d'ailleurs été d'une grande utilité, il sera lui aussi récompensé pour ses loyaux services. Vous pouvez être fiers de vous. Mais pour l'heure...il reste les cas de Pierrot et Satsu à gérer.

Ranfu se décomposa bien plus que Satsu lui même en entendant cela. Il devait à cet homme la perte de son bras, mais il lui devait pourtant aussi la vie, lui qui l'avait protégé contre l'obus. Il savait qu'il avait aussi une dette envers lui pour avoir aidé son précieux Général. Et c'est pour cela que l'humble lieutenant décida de prendre la parole, alors même que sa présence ici n'avait pas lieux d'être.

-Si je puis me permettre, Général Byōna, le Général Satsu s'est rangé de notre côté. Sans lui nous n'aurions...

Coupé dans sa déclaration par son interlocuteur, Ranfu se tut instantanément, déjà bien peu à l'aise devant tout ces gros bras de l'Empire.

-Je vous remercie pour votre implication lieutenant, néanmoins, le Général Satsu quelles qu'étaient ses motivations pour vous être venu en aide, a bel et bien servi Kota des années durant en échange d'importantes sommes d'argent. Sa rédemption, à l'instar de celle de Pierrot, ne saurait être acceptée.

Un silence pesant s'installa dans la pièce, alors que Satsu accepta son sort. Si Ranfu et Danmarine semblaient bien s'être résignés, Dodoria, alors qu'il tenait fermement Zarbon par le bras, commençait à écraser ce dernier de colère, provoquant la douleur et les plaintes de celui-ci qui le gratifia de quelques coup de pieds royalement inutiles dans les mollets pour tenter le calmer en braillant à « l'infâme barbare » de le lâcher immédiatement. Alors que le Durian-seijin, pas vraiment conscient de ce qu'il faisait subir à son prisonnier et encore moins de l'énervement de ce dernier, était sur le point d'élever la voix, quelqu'un le fit à sa place, à la surprise générale.

Allons allons allons allons allons allooooooons ! Une telle précipitation n'est-elle pas précipitamment précipitée, mes amis ?

Une énorme veine gonfla sur la tempe de Satsu qui contracta tous les muscles de son corps. Rōku, resté derrière Byōna, sortit ses crocs et commença à rugir de rage. Dodoria grinça des dents en même temps qu'un frisson de dégoût lui traversa le corps. Ranfu sentit l'habituel sentiment de gêne qu'il ressentait toujours en sentant cette présence. Et alors que Zarbon écarquilla les yeux de surprise et d'effroi sans même s'être retourné, Danmarine contrairement à lui ne se priva pas de faire volte face vers la porte, ou il découvrit – bien que chacun sut bien tôt à qui elle appartenait – le propriétaire de l'insupportable voix qui venait de se faire entendre.

-Cet enfoiré de Pierrot !
-Pierrot !!!
-L'autre clown !
-Général Pierrot !?
-Ce Pierrot...
-Pierrot...

Après avoir fait claquer par quatre fois son talon droit sur le sol, l'excentrique exécuta une élégante révérence pour ses hôtes, et leur lança un regard aussi malicieux que le passement de langue qu'il effectua sur ses lèvres.

-En personne, en chair et en os, en 3D isométrique, en direct live, et pour servir !

À peine avait-il pénétré dans la pièce que presque chaque personnes à l'intérieur ne supportait déjà plus sa présence. Étrangement, seul Freeza le regarda avec un sourire gêné et haussa le sourcil en pensant «Quel amusant personnage». Byōna, resté impassible jusque là, n'attendit pas davantage pour interpeller l'homme sorti de nul part, parvenu à faire perdre son calme même à l'espion de sang froid.

-Pierrot Von Circus ! Vos palabres ne vous sauveront pas aujourd'hui. Pour avoir trahi sa majesté Freeza sama, et pour avoir soutenu le Grand Commandant Kota dans ses desseins, vous êtes en état d'arrestation !

-Je vous en prie Byōna san, me permettrez vous de présenter ma défense ?

En ayant presque oublié la présence de Freeza, Rōku traversa la pièce d'un bond et attrapa Pierrot par le col pour le plaquer contre le mur, tandis que Satsu enfonça son poing juste à côté du visage du clown, qui n'eut pour réaction face à l'assaut intimidant des deux Généraux qu'un insupportable rire.

-J'ai l'impression que vous m'en voulez non ? Enfin, nous sommes amis, je suis certain que nous pouvons régler ça...comme des gens civilisés.

Alors que Pierrot en terminant cette phrase avec un sombre sourire sur le visage venait de libérer ses longues griffes paralysantes, sous les yeux des autres réduits au rôle de simples spectateurs, une intervention stoppa les trois Généraux.

Un puissant déploiement de flux qui souffla toute la pièce et pétrifia tout le monde sur place, alors que retentit une voix accompagnant ce déferlement d'une puissance sans pareil, teintant de mauve l'atmosphère ambiante.

Il suffit !

En un clin d’œil, chacun d'eux aurait pu passer de vie à trépas, simplement s'il l'avait voulu. Après l'écart de Zarbon et l'altercation entre les Généraux indisciplinés, l'Empereur était à deux doigts de mettre un terme à cette histoire sans plus attendre, comme en témoignaient les fissures venant de se former sur les murs et la table. Si les présents Généraux n'avaient pas été des éléments essentiels de ses forces armées, nul doute que personne ne serait ressorti vivant de ce bureau.

-Je vous recommande vivement de ne pas tester plus longuement les limites de ma patience.

«Hehehehe...flippant» ricana Pierrot en transpirant allègrement alors qu'il venait – sans doute volontairement connaissant son esprit tordu et son sens de l'humour pour le moins discutable – de mouiller son pantalon au milieu de Satsu et Rōku qui s'étaient écartés par peur des représailles de l'Empereur.

Lorsque Freeza libéra la pièce de la pression qu'il exerçait, tout le monde sentit son corps se relâcher soudainement de toute tension. Après un instant durant lequel il patienta pour s'assurer que le calme était définitivement revenu, Byōna se dirigea vers Satsu et Pierrot, deux paires de menottes anti-flux en mains. Ni l'assassin de Hera ni le clown rieur n'opposèrent de résistance, préférant garder le regard bas.

-Chacun d'entre vous va regagner ses quartiers pour le reste de la traversée jusqu'à notre arrivée sur Freeza 79. Satsu, Pierrot, vous serez assignés à résidence et destitués de votre rang jusqu'au jour de l'audience. Quant aux autres, vous ne pourrez quitter la planète qu'une fois votre comparution au procès effectuée. Le Conseil des Cinq Juges se réunira en session extraordinaire pour cette occasion. Ce sera tout.

Une fois que Byōna eut fini de se prononcer, les gardes qui s'étaient réunis entre temps devant l'entrée du bureau de Kota escortèrent les Généraux déchus, suivis ensuite du reste de l'assemblée. Seuls Byōna et Mame restèrent aux côtés de Freeza, qui échangeait toujours un intense regard avec la dernière personne présente.

-J'espère que nous aurons le plaisir de nous rencontrer à nouveau, Danmarine san.

Sur ces mots, et toujours sans oser répondre, le Général Danmarine prit congé à son tour, laissant se fermer derrière lui la porte automatique restée ouverte depuis leur entrée dans la pièce, révélant sa face intérieure, maculée de sang.

Rejoins par leur Général, Ranfu et Dodoria, ainsi que leur prisonnier, se mirent en route vers leurs quartiers, alors que Rōku et Satsu avaient déjà quitté l'étage, ne laissant que le capricieux Pierrot que les gardes peinaient à faire avancer. Non pas qu'il se débattait tant. Mais cet homme avait visiblement un talent inné pour l'exaspération d'autrui.

-C'est à dire que, et veuillez me pardonner si ces mots froissent votre sensibilité, mais j'apprécierai grandement que vous fassiez attention à ne pas froisser mes précieux vêtements.

«Entre nous...» commença l'homme à la touffe de cheveux verte avant de chuchoter à l'oreille du garde lui tenant le bras droit, «Cette tunique est faite en coton de la planète Kabosha, je sais que ce n'est pas légal d'importer des produits d'une planète qui ne fait pas partie de notre alliance économique stellaire, mais vous savez bien à quel point ils produisent des vêtements de qualité.»

-Vous voulez toucher ? Allez-y je vous en prie !

Alors que l'insupportable Général déchu s'amusait de voir ses geôliers perdre patience, il remarqua derrière lui la discrète présence de Danmarine, finalement sorti du bureau du défunt Grand Commandant alors qu'il l'attendait depuis deux bonnes minutes durant lesquelles il usa de presque tous ses stratagèmes pour retarder les gardes, de la fausse crampe d'estomac aux tentatives de charme mal venues.

-Aaaaaaah ! Vous voilà enfin mon ami Danmarine ! J'espère que vous ne vous sentez pas trop humilié, c'est vrai, tout le monde s'est senti mal à l'aise vous savez, à vous voir si frêle et pitoyable devant Freeza sama. Vous qui avez tant de prestance, j'ai eu l'impression d'assister à votre castration !

Le voyant devenir furieux et prêt à bondir sur le provocateur, Danmarine stoppa son lieutenant en levant le bras devant son torse, comme pour lui demander de ne pas intervenir, et ce tout en conservant admirablement son calme.

-Dites moi, j'aurai aimé m'entretenir avec Shinju cha...enfin je veux dire le jeune prince de Pomélo, si votre chien de garde bouffi veut bien le relâcher quelques minutes bien sur !

À bout de patience, les gardes traînèrent de force le railleur avant que les victimes de ses moqueries ne cèdent à ses piques comme il le souhaitait. Emmené contre son grès, Pierrot lança tout de même à la petite troupe un large et affreux sourire tout en passant sa langue sur ses dents avec insistance. Danmarine le regarda simplement entrer dans l’ascenseur, et attendit que les portes ne se ferment avant d'enfoncer son poing dans le mur le plus proche.

Canalisant au mieux sa colère, Danmarine plongea son poing dans l'étendue blanche du mur du vaisseau, alors que ce même vaisseau sphérique à l'éclat aussi blanc que les étoiles qui l'entouraient, s'enfonçait dans l'immensité obscure de l'espace en direction de Freeza 79, éloignant chaque seconde un peu plus le prince de son doux foyer, qui lui semblait déjà bien inaccessible depuis sa prison ou il résidait depuis maintenant deux jours.

Un troisième plateau contenant une insipide pâte grisâtre et un verre d'eau rejoignit le sol de sa cellule, alors que les deux précédents n'avaient même pas été approchés par le prisonnier, resté assis en tailleur au fond de son cachot depuis le début du voyage.

«Si tu ne manges rien, tu vas juste réussir à crever ici comme un chien. C'est tout ce que tu gagneras.» sortit froidement le geôlier chargé d'apporter chaque jour ce qui devait servir de nourriture au jeune prince aux joues couvertes de larmes sèches. Dépossédé de sa précieuse perle frontale, sa tunique noble troquée pour une vulgaire tenue de prisonnier noire avec pour seule couleur l'éclaircissant, l'orange des lettres composant le prénom cousu sur la poitrine. Les cheveux détachés, en pagaille, et le visage déjà creusé, accentuant, plus encore que les énormes cernes pochant ses yeux, la fatigue physique et mentale du Pomélo-seijin.

Mais Zarbon ne répondit pas. Il resta dans cet état de stase qu'il n'avait pas quitté depuis qu'on l'avait enfermé ici, les mains attachées dans le dos, et la bouche légèrement entrouverte. Cette même scène se répétait pour la troisième fois depuis leur départ de Pomélo. Et ni la visite de Dodoria venu titiller un peu le prince pour se distraire, ni celle de Byōna venu l'interroger pour obtenir des réponses – restées muettes – concernant les responsables du complot fomenté par Kota, ne changèrent cet état de chose.

«T'as pas l'air décidé à me répondre. T'es un dur à cuire toi, hein ?»

Venant d'ouvrir la porte de la cellule du prince, le geôlier y pénétra, armé d'un bâton télescopique qu'il déplia en entrant, libérant du même coup une décharge électrique dont il se servit pour électriser violemment sa victime, qui tomba sur le côté, la tête la première dans la flaque d'eau qui s'était écoulée sur le sol après que son agresseur ait renversé l'un des trois verres d'eau avec son pied.

Le courant venait de traverser tout son corps. Son visage et les mèches de ses cheveux trempaient dans l'eau répugnante qui lui était destinée. Son crâne venait de percuter sèchement le sol.

Mais Zarbon de répondit pas. Il resta dans cet état de stase qu'il n'avait pas quitté depuis qu'on l'avait enfermé ici, les mains attachées dans le dos, et la bouche légèrement entrouverte. Ce qui provoqua la colère du gardien qui se mit à jouer du pied contre le prisonnier dont il était responsable, tout en prenant soin de l'insulter de tous les noms.

Fier de la raclée qu'il venait d'administrer à cet homme brisé et attaché, l'alien bleu de peau pourvu d'une longue tentacule crânienne qui pendait dans son dos posa son pied sur le visage du Pomélo-seijin, et le menaça de son arme, qu'il brandissait en clamant sa supériorité indéniable face au déchet qu'il était.

Mais Zarbon ne répondit pas. Et ce malgré le filet de sang coulant de sa bouche, ou les bleu commençant à poindre sur son visage. C'est alors qu'une voix fit sursauter le puissant gardien, dont le frêle corps se mit à trembler tandis qu'il rengainait péniblement son arme.

-Laissez nous seuls.

Cette simple phrase – prononcée sur un ton froid et autoritaire – fit détaler le geôlier en une seconde après qu'il eut refermer la porte, et à qui il fut précisé avant qu'il ne quitte la pièce que poser à nouveau la main sur le prisonnier signifierait un aller simple pour l'au delà.

Cette simple phrase que venait de prononcer en entrant cet homme de nouveau vêtu d'une armure flambant neuve et d'une longue cape blanche, fit ouvrir un œil au prince, qui ferma la bouche et se redressa lentement et non sans efforts, tandis que l'homme aux gants blancs s'assit en tailleur devant la cellule du prince, sur le sol couvert d'immondices de la lugubre prison.

Dix.

Vingt.

Non. Plutôt trente minutes s'écoulèrent sans qu'aucun des deux hommes ne prononcent le moindre mot, ni ne se regardent droit dans les yeux. C'est en tout cas ce qu'estima le visiteur en entendant environ 1800 fois le tic de la trotteuse faisant le tour de l'horloge murale avant que le silence ne soit rompu.

-Que me veux-tu...Général ?

En entendant une faible voix émaner du corps presque sans vie lui aussi assis en tailleur dans sa prison aux barreaux de flux, Danmarine rouvrit les yeux, et leva la tête vers son interlocuteur.

-De toi je ne veux qu'une chose. Que tu respectes la volonté que ton frère m'a légué. Je veux que tu vives, Zarbon.

La mine basse couverte de ses mèches vertes mouillées, Zarbon répondit sans même hausser le regard, toujours d'une voix basse et tremblante.

-N'essayes pas de m'attendrir en parlant de mon frère. Je ne te dois rien d'autre que sa mort. Et tu ne lui dois rien d'autre que ta vie.

-Je lui ai fait une promesse que je compte bien tenir, quoi qu'il m'en coûte. Mélo m'a confié ta vie, et je la protégerai même de toi même.

Soudain prit de rage, le prince releva la tête, dévoilant un visage aussi furieux que morne et affaibli, et écarquillant difficilement les yeux.

-Ne prononce pas son nom ! Comment oses-tu penser en être digne, toi qui n'es qu'un vulgaire chien à la solde de Freeza ?!

«Mélo et moi ne sommes pas si différents !» reprit le Général en accordant la tonalité de sa voix avec celle de son interlocuteur, la main sur le cœur.
«Toi et moi, ne sommes pas si différents. J'ai conscience de ce que tu ressens actuellement !»

Loin d'être convaincu, Zarbon monta encore d'un octave, et hurla de plus belle, après deux jours de silence.

-Tu ne sais rien de moi ! Que crois tu pouvoir comprendre au juste ?!

-Alors parles moi ! Aides moi à te comprendre !

À nouveau envahi par la colère, Zarbon tenta de se lever d'un bond, oubliant la faiblesse de son corps, qui ne supporta pas un tel effort physique soudain, et tomba en avant, la tête la première contre le sol. Essayant à nouveau de se redresser comme il le pouvait – et ce bien que ses mains soient attachées derrière lui – le prince lança un regard haineux au Général, qui ne savait quoi regarder entre sa bouche versant du sang, et ses yeux versant des larmes.

-Tu veux me comprendre ? Voilà bien un effort inutile. Tu n'es ni un prince, ni un héros, ni même un guerrier. Tu n'es qu'un ravageur de mondes, bon qu'à tuer et détruire. Tu ne sais rien, Danmarine.

Zarbon, en s'aidant du mur, parvint à se redresser en position assise, observé par le Général silencieux, qui voyait dans cette cellule un Actinidia-seijin, plus jeune de huit années, tout juste emmené loin de sa planète par les responsables de la mort de ses parents.

-Et celui qui ne sait rien...ne peut rien comprendre.

Voyant la souffrance de ce garçon, Danmarine garda le silence. Il se leva lentement, et tourna simplement les talons en direction de la sortie. Lorsqu'il ouvrit la porte, il s'adressa une dernière fois à Zarbon, resté assis contre le mur alors que ce qui n'était plus que des fragments de larmes issus de la tristesse d'un cœur brisé coulaient sur ses joues.

-J'en sais bien plus que je ne le voudrais.

En partant, le Général referma la porte, plongeant à nouveau le jeune prince dans l'obscurité.

Pourtant, en entendant les paroles sincères de cet homme qu'il souhaitait haïr plus que tout, Zarbon avait entraperçu une faible lueur dans ces ténèbres ou il avait chuté. Il jeta alors un regard dédaigneux au repas qui se trouvait prêt de lui.

-Mélo...que ferais-tu...à ma place ?

À sa sortie, Danmarine fila droit devant lui dans un long couloir entièrement blanc, à l'instar de la moindre pièce de ce vaisseau sphérique. Alors qu'il marchait d'un pas semblant imperturbable, il vit face à lui une silhouette familière qui l'attendait. Une silhouette fine, bien peu grande, et qui pourtant, inspirait le respect.

Oh il ne s'agissait pas de Freeza bien sur. Lui et Mame avaient bien entendu prit congé dès leur entretient avec les Généraux achevé. Non, cette personne mince à la chevelure bleue nuit et au physique des plus humains n'était autre que l'homme passé maître dans les arts de l'assassinat et de l'espionnage.

-Vous semblez vous intéresser de prêt au jeune prince, Danmarine san. J'ose espérer qu'il ne s'agit pas là d'une affaire personnelle. Autrement...

-N'ayez aucune inquiétude, Byōna san. Je m'assure simplement que notre prisonnier politique reste en vie pour le bien de nos opérations. Vous savez pourtant que le devoir est ma priorité.

L'espion garda le silence, scrutant minutieusement la moindre expression pouvant transparaître sur le visage du Général. Mais celui-ci demeura inflexible.

-Veuillez me pardonner. Mes soupçons étaient sans doute mal venus. J'imagine qu'avec les récents événements, vous pouvez aisément comprendre que je fasse preuve de méfiance. N'est-ce pas ?

Danmarine ne répondit pas immédiatement, cherchant dans les yeux de l'assassin un quelconque signe de défiance. Mais il ne vit rien d'autre que le néant absolu et l'absence totale d'émotions.

-Bien évidemment.

Après un nouveau mais court silence, les deux hommes se saluèrent d'un sobre hochement de tête, et poursuivirent leur chemin, ne manquant pas de lancer à l'autre un dernier regard lorsqu'ils se croisèrent. Une fois ces deux pointures parties chacune leur côté, la tension disparut enfin de ce couloir, dans lequel une trace de cet échange verbal – bien banal au premier abord – avait été laissée.

Là ou se tenaient chacun des hommes durant ce face à face, le sol avait été creusé par la pression qu'ils exerçaient atour d'eux, laissant à leur emplacement l'emprunte de leurs pieds.

* * *

La porte automatique s'ouvrit, puis se ferma. Dodoria leva les yeux depuis sa couchette pour apercevoir le nouveau venu, bien que cela ne fut pas nécessaire. Après tout, seules quatre personnes avaient accès à ces quartiers. L'une d'elles se trouvait actuellement en salle de soin. Quant à la dernière...

-Alors ? Il s'est décidé à bouffer le gringalet ?

Une fois sa cape, ses gants et ses bottes ôtés, Danmarine se laissa tomber sur son lit, sur lequel il s'allongea les mains derrière la tête, avant d'expirer intensément, comme s'il venait de fournir un effort épuisant.

-Je l'ignore. J'ai l'impression que mes mots ne peuvent tout simplement pas l'atteindre.

-Eh ! En même temps, t'as refroidi son frère et tu l'as forcé à abandonner les siens. Y'a de quoi faire la gueule tu crois pas ?

Malgré le langage grossier et bourru du Durian-seijin, Danmarine ne put s'empêcher – aussi étrange que cela puisse paraître – de sourire en l'entendant. Bien qu'il se sentit blessé par ce constat pourtant indéniable, le fait que ce même constat vienne de Dodoria ne pouvait que le faire rire.

«J'ai du mal à croire ce que j'entends.» ria légèrement le Général en se redressant, assis sur sa couchette.
«C'est vraiment le chef barbare sans pitié qui a tué ses compagnons pour me rejoindre qui vient d'exprimer de la compassion pour un autre être humain ?»

Gêné – au point qu'il aurait certainement rougit si sa peau rose le lui permettait – Dodoria se défendit immédiatement avant de se tourner dans son lit.

-Dit pas de conneries ! Je comprend juste comment vous réagissez à force de passer du temps avec des tapettes dans votre genre ! Moi ? Éprouver de la compassion et ces conneries de sentiments ? Arrête !

Danmarine pouffa de rire une nouvelle fois, ignoré par le barbare visiblement vexé. Le Général resta silencieux un moment, laissant passer la pilule avant de s'adresser à lui de nouveau.

-C'est bien calme sans lui...pas vrai ?

Malgré un temps de réponse anormalement long, Dodoria finit par ouvrir la bouche, sans pour autant se retourner pour répondre.

-Maintenant que ce gamin bruyant n'est plus là, je peux faire ma sieste tranquillement. Enfin, quand y'a pas un emmerdeur qui me pose des questions idiotes.

Voyant bien devant quel mur il se trouvait, Danmarine s'allongea de nouveau par dessus sa couette, et blottit sa tête contre son oreiller pour essayer de dormir au moins quelques heures avant l’atterrissage qui devait maintenant être proche. Alors qu'il avait déjà les yeux fermés, juste avant de sombrer dans un sommeil bienfaiteur dont il avait cruellement besoin, il lui sembla entendre la voix de Dodoria s'adresser à lui d'une voix légèrement tremblante.

Tsss...c'est qu'il me manquerait presque ce p'tit con...

Impossible de savoir s'il n'avait pas rêvé cette phrase ou s'il l'avait réellement entendue avant de s'endormir. Ce n'était pas vraiment le genre de Dodoria après tout. Oui, il l'avait sans doute rêvé. Jamais cette brute ne pourrait éprouver de sentiments sincères, pas vrai ?

Mais alors...d’où venaient ces larmes séchées sur l'oreiller du Durian-seijin lui aussi tombé dans un profond sommeil ?

* * *


Tu me promets de revenir, hein ?


Mes respects Général Danmarine ! J'ai beaucoup entendu parler de vos exploits, c'est un honneur de servir à vos côtés !

Pourquoi m'avoir sauvé, Danmarine sama ?

Hé, honneur et compassion. Es-tu sur d'être l'un de ces chiens à la botte de Freeza ?


ORDURE ! Je ne serai pas vaincu par un déchet de Freeza ! Tu m'entends, déchet ?!

Mon rêve...est de pouvoir un jour visiter chaque planètes, rencontrer chaque peuples. De pouvoir sentir toutes les odeurs, goûter toutes les saveurs, et toucher tout ce qui existe.


C'est trop dur à supporter...Danmarine sama...je ne suis qu'un faible...


Non...ce n'est pas vrai...je ne veux pas...déjà mourir...
J'ai peur...Danmarine sama....je vous en prie...je...


Prend soin de mon frère.



Je pensais t'avoir mieux formé que ça, mon jeune élève. Mais au final, tu choisis de me trahir.



Tu me déçois...Danmarine



Réveillez-vous, Danmarine sama !

Émergeant d'un profond et dérangeant sommeil hanté par ses souvenirs cauchemardesques, Danmarine saisit à la gorge le responsable de son réveil, persuadé d'avoir reconnu un homme disparu depuis longtemps. Un homme gris de peau, pourvu de larges globes oculaires bleus. Un visage qu'il n'avait plus vu depuis bien des années. Un visage qui ne l'avait plus hanté depuis longtemps.
Un visage qu'il avait simplement imaginé, alors qu'il étranglait ce pauvre Fox venu réveiller son Général au petit matin.

Lorsque Danmarine le réalisa, il s'empressa de lâcher la gorge du pauvre renard à poils verts qu'il strangulait depuis de longues secondes, laissant le canidé tomber sur la chaise de bureau de le chambre, alors qu'il reprenait doucement son souffle en se frottant la pomme d’Adam.

-Danmarine sama...vous m'avez fait une de ces peurs ! J'ai...j'ai bien cru que j'allais y passer...

«Excuses moi, je t'ai pris pour...pour un autre.» expliqua vaguement le Général, encore perturbé par ce réveil aussi agité que sa nuit, alors qu'il se leva pour enfiler son équipement, terminant par sa prestigieuse cape.
«Mais que fais-tu ici au juste ?»

-C'est le lieutenant Ranfu qui m'a envoyé vous réveiller, il m'a donné sa carte d'accès pour entrer dans vos quartiers. Il semblerait que Dodoria san se soit déjà levé. Nous sommes sur le point d’atterrir sur Freeza 79 mon Général.

Le visage soudain éclaircit par cette nouvelle, le Général quitta sa chambre en coup de vent, laissant Fox derrière lui alors qu'il récupérait encore.

Arrivé à la passerelle d’atterrissage, Danmarine se précipita aux abords du cockpit afin d'y trouver un hublot par lequel il put enfin voir la surface rosée de Freeza 79. Lui qui ne vouait guère autre chose que de la haine pour cette planète autrefois, ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la joie en la retrouvant désormais, à l'idée de revoir le visage de son frère. Plus loin, il aperçut le massif Dodoria, regardant lui aussi sa nouvelle planète depuis un autre pont.

Les Généraux Satsu et Pierrot se trouvaient là eux aussi, menottés et escortés par des gardes armés, ainsi que Byōna en personne. Le Général Rōku quant à lui venait tout juste d'arriver après Danmarine, seul. Tout le monde s'était réuni, prêt à quitter ce vaisseau et à rentrer chez eux. Tout le monde, exceptés bien sur les quelques trente mille disparus ayant succombé sur le champ de bataille.

Lentement, l'immense sphère en acier blanc pénétra dans l'atmosphère, entamant sa phase d'atterrissage. Le vaisseau titanesque – pouvant presque s'apparenter à une petite lune artificielle – traversa les nuages jaunes de la planète militaire, en direction du vaste spatioport qui se trouvait à la lisière entre la capitale et la forêt tropicale qui l’entourait.

Quand finalement, le vaisseau de Kota perça le dernier étage de la voûte céleste, et descendit le long des plus imposants gratte-ciels de la cité, tout le monde à bord pu voir l'incroyable comité d'accueil qui leur était réservé. Une impressionnante cohorte de soldats présents pour encadrer l'événement bien sur, mais surtout, plusieurs centaines de civils venus accueillir les héros de guerre, et retrouver leurs proches partis aux combat.

En s'approchant de l'immense plate-forme prévue pour accueillir le mastodonte, le vaisseau dégagea d'importants jets de fumée, alors qu'il déploya les imposants pieds mécaniques servant à se poser au sol. À l'intérieur, les hommes, bien heureux de rentrer chez eux, se massaient devant la grande porte qui commença à s'ouvrir, laissant les premiers rayons de lumière pénétrer à bord.

À l'instant même ou la lumière du jour frappa la rétine de Danmarine – qui se sentit alors enfin de retour «chez lui» - le bataillon qui attendait avec impatience devant la porte du hangar put enfin sortir, pris d'une telle excitation qu'aucun ne put s'empêcher de quitter le vaisseau au pas de course. Une fois la cohue évacuée, le Général baissa la main qu'il avait placé devant ses yeux pour les protéger de cette vive lumière, à laquelle ils s'étaient finalement habitués.

«Je suis rentré»

Une main vint se poser sur son épaule, un court instant, tout juste le temps qu'il fallait à Danmarine pour apercevoir trois énormes doigts roses se retirer. Dodoria quitta le vaisseau le premier, presque immédiatement rejoint par Danmarine. Devant les deux compagnons fermant la marche du cortège alors entouré par une foule faisant officie de haie d'honneur les acclamant tous, une escorte de soldats d'élites accompagnaient les trois prisonniers menottés, dont l'un à la mine déconfite jeta en arrière un regard empreint de mélancolie, probablement adressé aux derniers sortis.

Alors qu'il avançait le long de cet immense pont reliant l'astroport au cœur de la cité, le barbare – qui s'assura que sa précieuse épée était bien en place dans son fourreau – semblait perturbé par l'agitation ambiante.

-Eh, Danmarine, qu'est-ce qu'ils foutent ici tous ces gens à gueuler comme ça ?

-Ils sont venus nous accueillir pour notre retour. Venus acclamer leurs héros de guerre pour leurs exploits sur le champ de bataille.

-Hein ? Ils sont venus nous remercier d'avoir envahi une planète étrangère et vaincu des hommes qu'ils ne connaissent pas ?

-C'est la politique de Freeza sama. Tout peuple n'appartenant pas à la «Coalition du Froid» est un danger potentiel, et doit être au mieux rallié à notre cause, au pire...purement et simplement éradiqué. Pour ces gens, ce que nous faisons revient à protéger leur existence d'éventuels ennemis, et à renforcer notre alliance.

-Mais...ils ont conscience que sur des planètes comme la mienne ou celle du p'tit prince, les gens n'en ont rien à foutre d'aller conquérir d'autres planètes ?

-Certains le savent mais préfèrent fermer les yeux pour tirer le meilleur profit de tout ça. Mais pour la plupart, c'est la peur qui les aveugle. La peur de l'inconnu. C'est d'elle que se sert Freeza sama pour convaincre les masses que ce qu'il fait est juste. Et le plus souvent, cela suffit à convaincre les gens.

«J'ai du mal à croire que ces gens soient aussi abrutis. Et c'est moi qu'on traite d'arriéré ?» réagit Dodoria, avant de hurler à la foule, tout en la menaçant d'un mouvement circulaire du bras, de «Dégager de là avant de recevoir une raclée», ce qui ne manqua pas de faire rire Danmarine.

-Je sais pas comment tu peux supporter ça à chaque retour de bataille. Rien à foutre de les aider, je me bat pour mon propre plaisir.

-Hahaha, et bien, j'imagine que nous avons tous nos propres motivations. Ne t'en préoccupes pas.

Alors qu'ils arrivèrent enfin au cœur de la soixante-dix-neuvième capitale de l'empire, et que la plupart des soldats descendus s'étaient déjà éparpillés de leurs côtés, de même que Ranfu avait été emmené en soins intensifs, Danmarine et Dodoria aperçurent en haut du grand l'escalier menant au bâtiment central de la ville – servant à la fois d'académie et de quartier général militaire – un homme en noir, au long crâne blanc et osseux, qui les attendait patiemment, les mains dans le dos. Dès que Danmarine vit du bas des marches de marbre ses énormes yeux jaunes, il sentit le malaise l'envahir.

-Le Général Suprême...

Bien que réticent à l'idée d'un tel face à face, Danmarine commença à gravir l'escalier en direction du chef suprême des armées, suivi par Dodoria qui ne semblait pas à l'aise lui non plus. Il n'en était pas à son premier entretient avec le Zoon-seijin, loin de là. Mais il savait à force d'expérience qu'il ne se montrait que peu sans raison valable.

Marche après marche – et même s'il sentait que sa cape volant au vent semblait vouloir le tirer en arrière – le Général monta l'escalier avec détermination, sans pouvoir s'empêcher de se demander pour quelle raison un homme de son importance pouvait bien l'attendre personnellement. Il atteignit cependant le sommet avant de pouvoir trouver la réponse.

-Salutations Général. J'espère que vous avez fait bon voyage. Cette bataille est une énième victoire que vous pouvez ajouter à votre palmarès.

-Mes respects, PuiPui sama. Vous me voyez honoré par votre accueil. Si je puis...

«Veuillez me suivre je vous prie, Général» interrompit subitement le Général Suprême qui fit alors volte face et se dirigea vers l'entrée de l'académie. Inquiet, Danmarine hésita un court instant avant de faire signe à Dodoria de l'attendre, puis de suivre son supérieur, dans le plus grand des calmes, et le plus lourd des silences.

En entrant, le Général remarqua le chantier qui se trouvait au beau milieu du hall, se demandant bien ce qui avait pu causer tant de dégâts au cœur même du quartier général. Mais l'heure n'était pas aux questions. Au bout du hall, les deux hommes empruntèrent en colimaçon tapissé d'une moquette pourpre menant au sommet de la tour centrale, plus communément appelé l'escalier rouge. L'escalade serait longue.

Presque une demi heure durant, Danmarine suivit le Général suprême marche après marche sans dire un mot. Puis finalement, ils atteignirent le sommet. Le dernier étage de la grande tour de l'académie. Une simple salle circulaire teintée de rouge, disposant de trois portes, l'une d'elle menant au bureau du supérieur. En tournant dans ce couloir rond, Danmarine croisa le Général Tagoma, qui le dévisagea silencieusement en passant son chemin.

PuiPui poussa la porte, et entra dans son bureau en laissant à Danmarine le soin de refermer derrière lui. Face à sa longue baie vitrée donnant à la pièce l'apparence d'un belvédère, le Général Suprême croisa les mains derrière son dos, observant l'horizon, tandis que l'Actinidia-seijin resta fixé au milieu de la pièce.

-J'ai à m'entretenir avec vous, au sujet du Grand Commandant Kota, et de ses...«machinations», Général. J'ai maintenant conscience que vous en savez beaucoup à ce sujet.

Alors qu'une perle de sueur coulait le long de la tempe de Danmarine, qui parvenait difficilement à empêcher ses mains de trembler malgré son regard assuré et imperturbable, l'homme aux yeux jaunes se retourna vers lui, et déposa sur son bureau un fin dossier à la couverture rouge, fermé par un sceau qui lui était familier, formant un O rempli d'un X dont la branche inférieure gauche était plus longue que les autres. En apercevant ce symbole, les pupilles de Danmarine se rétractèrent soudainement.

-Beaucoup plus que vous ne voulez bien le faire croire.

-PuiPui sama...vous...

Pendant que Danmarine s'entretenait avec le Général Suprême des armées à propos d'un sujet enveloppé dans un voile de mystères, attendu par Dodoria qui s'impatientait déjà, seul, à l'entrée de l'académie, Satsu et Pierrot avaient chacun été raccompagnés au domicile dans lequel ils résidaient lorsqu'ils venaient sur Freeza 79. Zarbon, quant à lui, s'était vu réserver une cellule personnelle au centre pénitencier de la capitale. Enfin, Ranfu, allongé sur un brancard malgré ses protestations – lui qui se sentait parfaitement capable de marcher seul quand bien même il avait perdu un bras – se faisait porter dans les couloirs de l’hôpital en direction de la salle d'opération, en chemin de laquelle il cru reconnaître dans l'un des lits un jeune garçon bien semblable à son Général.

Au même moment, Tagoma, qui avait rejoint Sorbet dans son bureau, se tenait adossé au mur, bras croisés, alors que Sorbet transpirait à grosses goûtes sur son fauteuil rembourré bien disproportionné pour un si petit homme.

-Tagoma...tu penses qu'il va parler ?

-Je l'ignore, Sorbet sama. Mais ce qui est certain...c'est que s'il parle, nous aurons quitté ce monde avant de l'apprendre.

Dans ses appartements, Pierrot se promenait de pièce en pièce d'une marche joyeuse et clownesque, sautant de meuble en meuble, dansant de salle en salle, scrutant le moindre recoin en quête d'un éventuel micro caché là. Quelle fut sa surprise lorsqu'il réalisa qu'il n'y en avait qu'une dizaine au moment de compter dans le creux de sa main ceux qu'il avait débusqué. Une fois certain de les avoir tous trouvé, le clown se rendit dans une pièce vide ou il s'isola, dans l'obscurité, avec pour seul éclairage une lumière tamisée rougeâtre bien inquiétante. Assis seul, au milieu de cette étrange salle, les paupières fermées, Pierrot entra dans une profonde méditation, l'espace de quelques instants, avant de finalement ouvrir la bouche comme à son habitude.

-Maître...non, la première partie du plan n'a pas vraiment été pour ainsi dire le plus franc des francs succès, mais je...bien entendu...il est sur cette planète en effet...si vous y tenez vraiment, je m'en chargerai avec le plus sadique des plaisirs. Je m'assurerai que votre volonté soit faite, mon seigneur...

-Bon, c'est qu'il commence à me gonfler, je vais pas poireauter ici pendant trois jours !

À l'instant même ou la patience de Dodoria arriva à bout, il vit Danmarine sortir de l'académie, seul. Après vérification, il avait bien l'air entier. Une première bonne nouvelle en somme.

-Alors, il te voulait quoi «grosses lèvres» ?

«Rien d'important, un simple rapport de routine.» balbutia le Général en passant devant Dodoria pour descendre l'escalier, aussitôt suivi par le Durian-seijin qui n'allait pas le laisser partir ainsi après l'avoir attendu pendant plus d'une heure.

-Attend un peu, j'ai vu ta tronche avant d'entrer, et là je vois ta tronche en sortant, et crois moi, aucune des deux était belle à voir. Alors me prends pas pour un con, y'a un truc qui cloche c'est ça ?

-Tu te fais des idées Dodoria, n'insiste pas. Tout va bien, je t'assure.

«Et tu vas ou comme ça ?!» demanda le barbare en s'énervant quelque peu de voir son interlocuteur avancer vers on ne sait ou en pleine conversation et sans même prendre la peine de le regarder pour lui répondre.

-À l’hôpital, voir comment va Ranfu. Tu veux venir ?

Surpris mais heureux de cette proposition, Dodoria se contenta de suivre Danmarine sans répondre à cette question dont il trouvait la réponse évidente.

* * *


Que dois-je faire ? Ce n'était pas censé être toi... Pourquoi vous me faites ça ?

Je vous en supplie arrêtez... Que dois-je faire ?
Que dois-je faire ?
Pourquoi vous me faites ça ?

Ce n'était pas censé être toi... Je vous en supplie arrêtez...


Dans les ténèbres, une voix presque désincarnée, incarnation de la folie pure, répétait inlassablement ces quelques plaintes en se déplaçant de long en large, et de large en travers. C'est cette voix dérangeante qui le fit émerger. Mais émerger dans l'obscurité, au beau milieu de l'inconnu, avec pour seul accueil une présence malsaine et déplaisante, était-ce vraiment émerger finalement ? N'était-ce pas là plutôt le véritable début du cauchemar ?

C'est ce à quoi songea le garçon en s'éveillant en ce lieu morbide et sombre, attaché comme un vulgaire saucisson, avec pour seule chose à portée de vue, deux cadavres en état de décomposition avancé. Ceci expliquait au moins l'odeur insupportable qui retourna le cœur de jeune homme. Peut-être était-ce l'odeur qui l'avait fait renvoyer ses tripes. D’où l'ignoble flaque de bile qui se trouvait juste devant sa bouche au réveil. Un second mystère de résolu pensa-t-il.

Alors qu'il essaya de se redresser pour trouver un moyen de se détacher, il les vit. Ses yeux, brillants dans le noir, remplis d'une atroce folie. Les yeux de son ravisseur, qui après l'avoir entendu bouger, se mit à la fixer en silence – ayant stoppé net ses insupportables plaintes – tel un animal assoiffé de sang voyant sa proie essayer de fuir. Il demeurait là, immobile, les yeux rivés sur lui, respirant d'une manière atrocement bruyante.

Ses propres yeux.

Affolé en se voyant lui même avec une telle expression sur le visage, et une attitude proche de la bestialité, le garçon essaya de gesticuler en direction de la porte. Il entendit alors courir et bondir le prédateur depuis l'autre bout de la pièce. Alors qu'à chaque fraction seconde les bruits de pas s'intensifiaient en se rapprochant, sa peur se décuplait elle aussi, atteignant son paroxysme lorsque lui même l’attrapa violemment par la tête et le claqua contre le sol, écrasant son visage à moins d'un centimètre de celui du second cadavre décorant le hall d'entrée de l'inquiétante antre de la bête aux meubles détériorés, aux rideaux déchirés placés devant les fenêtres barricadées, et aux murs parsemés de sang et autres fluides corporels nauséabonds.

Toi ! Toi ! Toi ! Toi ! Tu ne bouges pas ! Pas ! PAS ! Tu re-re-re-re-RESTES ici ! Tout ça...c'est ta...ta FAUTE !

Tandis qu'il maintenait avec force sa tête sur le répugnant plancher de l'entrée, le blondinet aux cheveux totalement décoiffés et ébouriffés tremblait de tout son être, au point que son corps semblait pris de convulsions. Ce qui pourrait expliquer le long filet de salive lui coulant de la gueule.

J'aurai du l'avoir...lui...lui...pas toi...lui...pas toi...pas toi...LUI ! Mais tu es toujours dans mes pattes, hein ?! NAEKO ?!

Il n'y avait plus aucun doute. Ce qu'il espérait n'avoir été qu'un affreux cauchemar duquel il venait de se réveiller n'était en fait que la réalité. Ou pour être exacte, Naeko – enfermé dans le corps de Ginyu – venait de se réveiller de la réalité pour atterrir dans un cauchemar.

-Gi...Ginyu ! Espèce de malade mental...reprends-toi !

Entendre la voix de son éternel rival provoqua chez Ginyu une réaction inattendue, qu'il manifesta en s’attrapant la tête, manifestement prise d'intenses douleurs, et en hurlant à gorge déployée. Mais il en était certain. Il l'avait vu, dans le creux de ses yeux. Enfin des siens. Cette étincelle de lucidité et d'humanité. À moins que ça ne soit la sienne. Mais il valait mieux pour lui que ça soit la sienne. Celle de Ginyu.

Profitant de l'état second de douleur dans lequel le voleur de corps se trouvait, Naeko dans ce corps de batracien, se servit de sa longue langue extensible à volonté pour atteindre le nœud de la corde lui nouant les poignets. Il se souvenait de la force que Ginyu pouvait y mettre. Il l'avait vu à l’œuvre chacune des dizaines de fois ou ils s'étaient affrontés. Desserrer une corde serait du gâteau. Après quelques secondes d'efforts intenses, Naeko parvint à se libérer de ses entraves, et, en gigotant quelque peu, à se débarrasser de la corde qui le maintenait captif.

Lorsqu'il le vit, ou plutôt se vit, jeter la corde au loin, dresser sur ses genoux et prêt à bondir, Naeko, ou plutôt Ginyu, hurla en projetant de la bave devant lui, et se rua sur la grenouille pour lui faire comprendre qui était le bœuf. Mais plus ou moins habitué à son nouveau corps, et surtout en pleine possession de ses esprits à contrario de son kidnappeur, Naeko se servit de ses nouvelles jambes montées sur ressort pour bondir jusqu'au plafond auquel il resta collé grâce aux paumes adhérentes de ses mains.

-Reprends tes esprits Ginyu ! Même pour un minable tel que toi, tomber si bas, c'est pathétique !

Un nouveau déclic sembla traverser l'esprit du blond en chemise blanche lorsque ses yeux s'écarquillèrent. Ses provocations semblaient bien avoir de l'effet. Mais pas suffisamment, à en juger par sa réaction, consistant à s'arracher une touffe de cheveux dorés en criant.

NAEKO !!!

Fou de rage, Ginyu se saisit de la table basse qui se trouvait justement à portée de main, et la lança au plafond dans l'espoir d'atteindre le responsable de ses tourments. Mais Naeko avait eu les réflexes assez vifs pour l'esquiver d'un bond, se mettant maintenant à rebondir à toute vitesse d'un mur à l'autre, et du sol au plafond, si rapidement que le fou furieux ne savait plus ou donner de la tête.

«Ce corps est moins puissant que le mien, je le sais...» pensa le crapaud en rebondissant de toute part tout en prenant soin de garder son ennemi en ligne de mire.
«Mais si je prend assez de vitesse et d'élan pour frapper, et que je profite de l'effet de surprise, alors...»

Mettant à son service toutes les capacités de ce corps qu'il trouvait écœurant, Naeko, après un nombre difficilement calculable de bond, écrasa tout son poids contre le plafond de pierre qui se fissura légèrement sous la pression, et se propulsa à pleine vitesse vers lui même. Ginyu tenta de s'arrêter en tirant une série de trois kikohas de la main droite, la gauche servant à couvrir son visage déjà masqué par la folie, mais il, Naeko, dans le corps de Ginyu, les esquiva en tournoyant sur lui même pendant ce plongeon express, durant lequel il projeta par la bouche un énorme crachat qui aspergea son beau visage, s'aveuglant alors et se rendant incapable de riposter.

Rends moi mon corps !

Arrivant à pleine vitesse sur lui, Naeko enfonça son poing dans le visage de Ginyu qui s'écrasa alors dans le plancher avec une violence inouïe.

À bout de souffle devant son propre corps maintenant hors d'état de nuire, Naeko se contempla un instant, puis s'en alla récupérer la corde qui allait finalement lui servir.

* * *

À l'instant ou le Général pénétra avec prestance dans le hall d'accueil du centre hospitalier, le personnel médical se trouva momentanément choqué. Il le remarqua bien sur, mais il préféra mettre cette réaction quelque peu excessive à son goût sur le compte de l'élégance que lui procuraient sa cape et ses célèbres gants blancs. Danmarine, suivi par Dodoria, s'approcha de l'hôtesse d'accueil à la courte chevelure verte qui s'adressa immédiatement à lui, préférant mettre son appel en attente.

-Gé...Général Danmarine !

«Allons, inutile de réagir ainsi. Je suis un Général mais je reste une personne normale vous savez.» déclara l'Actinidia-seijin en croisant les bras, tandis que Dodoria le regarda d'un air accusateur qui ne cachait absolument pas son jugement et son évidente pensée.

Quel frimeur...

«Non, Danmarine sama, ce n'est pas ce que vous croyez.» avoua alors la jeune femme, qui après un bref moment d'hésitation durant lequel elle tritura la boucle d'oreille ambrée qu'elle portait au lobe droit, se décida à parler.

-C'est à propos de...

«Mon lieutenant» interrompit alors le Général, «C'est lui que je viens voir, ne me dites pas que l'opération s'est mal passée ?»

-Non monsieur. À vrai dire, cela concerne votre frère.

Boum Boum

Un violent battement de cœur fit vibrer la poitrine de Danmarine dès qu'il entendit la nouvelle. Alors que la jeune femme poursuivait son récit et expliquait à Danmarine ce qu'il s'était produit en son absence, celui-ci, aux abonnés absents, n'en écouta pas un traître mot, trop occupé à encaisser le premier choc.

Ni une ni deux, le Général tapa du poing sur le comptoir et demanda à ce qu'on le conduise à son frère, sans même avoir demandé ce qu'il avait bien pu se passer.

Conduit de toute urgence par un infirmier, Danmarine imagina en montant au troisième étage les pires scénarios possibles. Mais le pire fut pour lui de découvrir son pauvre petit frère allongé sur un lit d’hôpital, un respirateur contre le visage. À son âge, ses facultés de régénération cellulaires étaient bien entendu encore insuffisantes pour lui permettre de guérir seul.

Le grand Général s'approcha lentement du chevet de Kiwi, et s'agenouilla prêt de lui, laissant sa cape traîner sur le sol sans même s'en soucier. Danmarine passa alors sa main sur la tête de son jeune frère, et lui caressa le crâne avec affection en le regardant. D’où il était, Dodoria pouvait voir le déchirement que cela était pour son tuteur de retrouver son frère dans un tel état. Mais Danmarine fut soulagé de sentir le cœur de Kiwi battre. Il était blessé, mais sa vie n'était pas en danger. Et en cela, Danmarine s'estima le plus chanceux des hommes. Alors qu'il avait blotti sa tête contre celle de l'enfant, une voix l'appela.

-C'est toi...grand-frère ?

Reconnaissant la voix de son petit frère même altérée par le respirateur, Danmarine releva la tête, et vit les yeux de Kiwi s'ouvrir lentement, à moitié, encore marqués par la fatigue.

-T'es...revenu ?

En affichant un radieux sourire contrastant avec la larme qui coula de son œil gauche, Danmarine serra la main de son jeune frère entre les siennes.

-Bien sur que je suis revenu mon pote. Je te l'avais promis, non ?

Le frêle rire fatigué mais enjoué de Kiwi illumina la pièce, réchauffant même le cœur de Dodoria devant ce touchant tableau, lui qui n'avait pas l'habitude de tant d'effusions de sentiments.

-Ne me refais plus jamais ça p'tit gars. Mon cœur à failli s'arrêter tu sais ?

-Dis pas de bêtise, un héros ça meurt pas aussi facilement. Pas vrai ?

-Hehe...la preuve, mon p'tit héros est toujours là.

Après avoir esquissé le plus beau sourire que n'ait jamais esquissé un blessé dans cet hôpital, Kiwi referma les yeux, loin d'avoir recouvré toutes ses forces.

-Je savais que je vous trouverais ici, Danmarine sama.

Cette voix sonnait comme des plus familières aux oreilles internes de Danmarine, qui releva la tête et vit arriver son lieutenant, vêtu d'une blouse d'hôpital dont un seul bras dépassait.

Sur le toit de l'hôpital ou les trois hommes s'étaient rendus, le silence régnait depuis quelques minutes. Dodoria, adossé au mur de la cage d'escalier, n'avait pas dit un mot depuis leur arrivée. Danmarine, pour sa part, accoudé sur la rambarde qui le séparait du vide, gardait le silence depuis la déclaration de Ranfu, qui se tenait debout derrière lui, la blouse au vent, et la mine basse. Pourtant, cette nouvelle était évidente. Ils le savaient à l'avance. C'était inévitable. Et pourtant, Ranfu l'avait ressenti comme un coup de massue en l'apprenant de la bouche des médecins.

-Alors le verdict est...définitif ?

-Il l'est...je suis navré, Danmarine sama. Cette bataille que nous avons mené ensemble...était ma dernière.

Dans l'armée de Freeza, et malgré les moyens techniques avancés, la plupart des grands blessés de guerre finissaient au placard. Aucune technologie ne permettait encore de faire repousser des membres. Et si la perte d'un membre était déjà bien trop handicapante pour le combat, une telle blessure menacerait d'être problématique, trop douloureuse, voir même de se rouvrir étant donnée la manière dont il a été arraché sauvagement, tant et si bien que l'opération pour arranger la plaie n'avait pas été extrêmement concluante, et ressemblait davantage à du rafistolage. Si seulement il avait pu exister une sorte de remède miracle, un liquide guérisseur capable de soigner toutes les blessures. Mais une telle eau miraculeuse n'existait pas, malheureusement.

-Ma route à vos côtés s'arrête ici, Danmarine sama.

Le Général, sentant bien les adieux qu'essayait d'exprimer son lieutenant, se tourna vers lui, et posa la main sur son épaule.

-La route que j'emprunte est encore bien longue mon ami. Et je risque d'avoir besoin de toi encore un bout de temps.

Ranfu se sentit touché par une telle preuve d'amitié de la part d'un Général refusant de laisser derrière lui un soldat inutile. Mais cette dur réalité lui revint en pleine face.

«Je ne vous suis plus d'aucune utilité désormais...» admit le grand roux en baissant la tête, retenant ses larmes comme il le pouvait pour ne pas tomber plus bas encore devant son mentor.
«Je ne veux pas être un poids pour vous...»

-Ranfu. Tu es l'homme le plus loyal et dévoué qu'il m'ait été donné de rencontrer de toute ma vie. Et par dessus tout, tu es sans aucun doute le meilleur ami que j'ai pu avoir. J'ai besoin de toi à mes côtés.

Le lieutenant releva la tête, et lorsqu'il plongea les yeux dans ceux de Danmarine, il n'y vit qu'une grand et profonde sincérité qui poussa vers le bord la larme qu'il contenait dans son œil droit depuis un moment. Voyant son ami aussi heureux que médusé, Danmarine cligna de l’œil, et conclut son discours de la plus évidente manière qu'il connaissait.

«C'est un ordre, lieutenant.»

Sur ce toit encore éclairé par les doux rayons orangés du crépuscule, la main franche de son Général sur l'épaule, et la perspective d'un avenir aux côtés d'un précieux ami même au delà de ce coucher de soleil, Ranfu ne put contenir davantage ses larmes. Mais elles n'étaient pas les même que celles qu'ils retenaient tantôt.

Non, celles-ci portaient en elles une signification bien différentes des précédentes. Des larmes de joies, oui. Mais aussi des larmes d'espoir.

-Rentre chez toi, Ranfu, et va retrouver ton fils.

Après avoir fait signe à Dodoria de la tête, Danmarine s'avança vers la rambarde, et sauta, s'envolant vers le cœur de ville avec le Durian-seijin, tandis que Ranfu les regarda partir en direction du coucher de soleil teintant l'horizon. En cette fin de journée, il comprit que se morfondre en pensant à hier ne servait à rien. Il devait au contraire accepter la tombée de la nuit, et avancer jusqu'à cette aube nouveau, là ou les personnes auxquelles il tenait l'attendaient pour entamer cette nouvelle journée. Là ou brillait la lumière du soleil, et du renouveau.

Au delà du crépuscule.

«Bon, Danmarine» commença le barbare, voyant que l'Actinidia-seijin ne se décidait pas à parler,
«J'imagine que nous nous séparons là, tu vas rentrer chez toi non ?»

-Pas maintenant, non. J'ai un détour à faire avant.

Bien qu'il ne parvint pas à deviner le sens des mots du mystérieux Général, Dodoria acquiesça, et ainsi partit de son côté, vers les quartiers militaires ou se trouvait son baraquement, tandis que Danmarine partit dans la direction opposée.

Devant chez lui, face à la porte, portant pour la première fois depuis bien longtemps des vêtements de civil, Ranfu n'osait pas entrer. Il savait que son fils l'attendait, là, impatient de le revoir. Il savait qu'il lui promettait chaque fois de revenir en bonne santé. Il savait que le voir dans cet état risquait de le faire souffrir. Mais il finit par se décider à ouvrir la porte et à poser un pied chez lui après tout ce temps, avec joie et appréhension. Plus particulièrement lorsqu'il entendit sa voix.

-Qui est là ?

Il le vit alors. Le visage son petit garçon. Un enfant aux cheveux rouges, comme son père, déjà grand et bien bâti pour son âge. Le jeune garçon, après un instant de doute, réalisa que son père était bien rentré, et son visage s'illumina aussitôt alors qu'il se jeta sur Ranfu pour le prendre dans ses bras, sans même remarquer qu'il en avait perdu un.

-Papa ! Tu es enfin rentré ! Si tu savais comme tu m'as manqué !

En repensant à la conversation qu'il avait eu sur Pomélo avec le Général Danmarine dans cette grotte, à la façon qu'il avait eu de sous-estimer la valeur de sa propre vie, et à la manière dont il avait alors oublié l'importance de revoir son fils sourire ainsi en rentrant de mission, le lieutenant se sentit envahi d'une profonde culpabilité qu'il évacua en enlaçant son fils d'un bras et en le serrant de toutes ses forces.

-Tu m'as beaucoup manqué toi aussi...Reacum...

* * *


Droite

Gauche
Droite

Gauche
Droite

Gauche
Droite

Gauche
Droite

Gauche
Droite

Gauche

Un pas après l'autre, dans un étroit et sombre couloir, l'homme à la cape blanche avançait en ignorant les cris et les plaintes des nombreux prisonniers enfermés tout autour de lui. Cet endroit humide et lugubre lui donnait déjà la nausée. Mais il ne comptait pas s'attarder bien longtemps. Après avoir tourné trois ou quatre fois, et continué tout droit pendant une dizaine de minutes, il était enfin arrivé, accompagné du gardien détenant les clés : La cellule B-812-4.

Danmarine s'arrêta devant celle-ci. Un seul prisonnier, fait rare voir unique dans cette prison. Peu avaient le «privilège» de pouvoir pisser seul ou de disposer du sol de toute la cellule pour dormir. Dans un état lamentable, le prisonnier leva la tête, peinant à voir devant lui avec l'obscurité et les mèches de cheveux vertes qui lui tombaient dans les yeux.

-Combien de temps encore comptes-tu venir me tourmenter, Général ?

Ni sourire, ni froncement de sourcils, ni le moindre mot. Juste un regard, et un silence meublé par les incessantes chutes d'eau coulant du plafond goutte par goutte. Voilà la réponse de Danmarine, qui préféra s'adresser au geôlier.

-Ouvrez la porte.

-En êtes vous certain Général ?

-Exécution.

Deux tours de clés, et voilà que la porte vers la liberté s'ouvrait à lui. Il y avait un truc.

-Que me vaut cette soudaine clémence ?

-Tu viens avec moi. Je ne suis pas très à l'aise à l'idée de te voir moisir ici.

L'avait-il dit ? C'est certain, il l'avait fait Mais y croire ? À d'autres.

-Venir avec toi ? C'est une plaisanterie d'un goût douteux si tu veux mon avis.

-Je ne plaisante pas. Le formulaire est rempli. En tant que mon prisonnier politique, tu devras résider avec moi. Je me porte garant.

Des insultes ? Une crise de colère ? Un simple silence gênant ? Des larmes peut être ? Danmarine s'attendait à tout. À tout, sauf à la réaction qu'eut le jeune Zarbon : Un incontrôlable éclat de rire nerveux.

-Tu pensais vraiment que j'allais accepter ? Que j'allais venir avec l'homme qui m'a tout pris ? Et pourquoi ? Soulager ta conscience ? Plutôt mourir, Général.

-Mourir, bien entendu. Mais te sens-tu prêt à vivre ici pour le restant de tes jours, jeune prince ?

Une goutte. Plus le moindre rire. Deux gouttes. Le trousseau de clé du gardien heurtant le sol après qu'il l'ait lâché par inadvertance. Trois gouttes. Et un échange de regards impassibles entre les deux hommes silencieux.

* * *

Croâ Croâ

-C'est...ici ?

Plantés devant un tas de bois brûlé et de cendres, Danmarine et Zarbon ne semblaient plus avoir de mots, comme à l'accoutumée. Le Général réalisa que c'était sans doute ce qu'avait voulu lui expliquer la jeune hôtesse plus tôt à l'hôpital, sans qu'il n'ait prit la peine de l'écouter. Et tandis que le seul bruit animant cette rue désertée depuis le grand incendie était le croassement d'un énorme oiseau vert de passage, les deux hommes comprirent, alors que la lumière crépusculaire disparaissait peu à peu, qu'ils n'avaient nul part ou aller.

«Tu sais quoi ?» demanda de manière rhétorique le prisonnier aux mains menottées dans le dos, tandis que son garant dépité fixait la ruine noircie qui était encore sa maison il y a quelques semaines.

-La prison va peut être me manquer finalement.

Croâ Croâ

À suivre !



Sur Pomélo, au beau milieu de la nuit, et alors que la cité royale avait déjà été évacuée par les forces de Freeza, de la lumière émergeait du palais depuis l'énorme brèche qui y avait été faite dans le mur d'enceinte Est, donnant directement accès à la salle du trône. Juste devant cette entrée improvisée, un vaisseau était posé, doté de trois places et d'un compartiment déjà pour moitié rempli d'or et de joyaux.

-Hahaha ! Messieurs, cette nuit, nous recevons la promotion que nous méritons depuis tant d'années !

Allant et venant, trois hommes portant les armures de l'armée de Freeza transportaient jusqu'à leur vaisseau autant de richesses qu'ils pouvaient en stocker, directement piochées dans la salle du trésor. L'un d'eux, au visage vert tatoué et à la chevelure grisâtre, probablement leur leader, se tenait perché sur un morceau brisé de pilier, haut de quelques mètres, duquel il observait ses acolytes travailler en ricanant de manière grotesque.

«Tu crois pas qu'on risque de se faire gauler, hein ?» demanda inquiet l'un des deux sbires à la tête anormalement ronde et aussi rouge que les fruits Manchuu poussant sur Cooler 14.

-Et qui va nous chopper ici à cette heure-ci à ton avis ? Y'a plus personne depuis perpette ! Tout ce qu'on a à faire, c'est se baisser pour ramasser quelques trésors, et se tirer avec ! Facile non ?

«Ce serait plus facile si tu donnais un coup de main...» marmonna en veillant à rester inaudible le second acolyte dont l'étrange crâne externe semblait former une coque brune recouvrant la partie supérieure du visage, laissant uniquement la bouche apparente.

Alors qu'il admirait son œuvre, le petit chef vert de peau entendit soudainement des bruits de pas s'enfoncer dans le sable près de leur entrée privée. Il siffla aussitôt ses sbires pour les sommer de faire silence et de guetter en direction du bruit. Après quelques longues secondes, et un pas incroyablement lent et lancinant, l'individu vêtu d'une tunique déchirée et d'un capuchon sortit de l'ombre, alors lui aussi éclairé par la lumière du projecteur du vaisseau. Du sang s'écoulait d'un côté de son tronc, visiblement tranché il y a peu, ne lui laissant plus qu'un seul bras.

-Eh ! T'es qui vieux clochard ? Qu'est-ce que tu fous ici ? Tu sais que tu nous as foutu une belle frousse ?

Ignorant les réflexions de l'homme perché, l'étrange manchot continua de tituber vers le trio, qui s'éparpilla alors de façon à l'encercler, obligeant ainsi le blessé à s'arrêter.

-T'aurais pas du venir ici l'ami ! Tu sais ce qui t'attends pas vrai ?

Sous son capuchon, l'homme en noir sembla repérer la présence de chacun de ses ennemis placés autour de lui.

-Comment osez-vous profaner ce lieu et piller l'or de nos nobles souverains...déchets ?

-Répètes moi ça vieillard ?!

Furieux et trop impatients, les trois hommes se jetèrent ensemble sur l'homme encapuchonné, qui releva alors la tête, révélant dans la nuit son unique œil d'émeraude et son visage balafré, à l'instant ou il sortit son seul bras hors de sa tunique en lambeaux, libérant autour de lui une fine pluie d'étincelles aux reflets de jade qui illuminèrent la nuit noir en même temps qu'ils déchirèrent la chair et les os des pauvres soldats avides, incapables de riposter par autre chose qu'un puissant hurlement face à la mort qui résonna dans la ville fantôme.

Lentement et difficilement, l'exécuteur monta à l'intérieur du vaisseau de ses victimes. Ne comprenant pas réellement le fonctionnement de la navette, le Pomélo-seijin tenta d'enfoncer quelques boutons dans un ultime effort, avant de s'effondrer sur le tableau de bord qu'il couvrit de son sang, enclenchant du même coup une flopée de touches sur l'énorme clavier qui répondit par une série de bips et de lumières.

Cette nuit là, sous la lune de Pomélo, un vaisseau non autorisé décolla de la planète vers une direction inconnue.
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar omurah le Ven Juil 21, 2017 0:41

Alors, j'ai vraiment un problème avec ce chap, ou la fic plus sporadiquement.
Et c'est le genre de problème qui me soûle uniquement quand j'adore la fic, autrement ça me passe au-dessus.

Tu en dis trop.

Du moins à mon sens.

Je veux dire, tu rates beaucoup d'occasions de ne rien dire, en fait.

Exemple :

Tsss...c'est qu'il me manquerait presque ce p'tit con...
Impossible de savoir s'il n'avait pas rêvé cette phrase ou s'il l'avait réellement entendue avant de s'endormir. Ce n'était pas vraiment le genre de Dodoria après tout. Oui, il l'avait sans doute rêvé. Jamais cette brute ne pourrait éprouver de sentiments sincères, pas vrai ?
Mais alors...d’où venaient ces larmes séchées sur l'oreiller du Durian-seijin
lui aussi tombé dans un profond sommeil ?


Tu aurais dû, amha, t'arrêter à "après tout" ; car rien qu'avec ça, tous les sentiments et les informations que tu voulais faire passer le sont déjà, et en dire plus ne fait que faire retomber la pression, toujours à mon humble avis.

Voyant la souffrance de ce garçon, Danmarine garda le silence. Il se leva lentement, et tourna simplement les talons en direction de la sortie.
Lorsqu'il ouvrit la porte, il s'adressa une dernière fois à Zarbon, resté assis contre le mur alors que ce qui n'était plus que des fragments de larmes issus de la tristesse d'un cœur brisé coulaient sur ses joues.
-J'en sais bien plus que je ne le voudrais.
En partant, le Général referma la porte, plongeant à nouveau le jeune prince
dans l'obscurité.

Même chose là encore, je trouve que tu maternes le lecteur à expliciter des choses qui sont déjà parfaitement claires. J'aurais viré le "J'en sais bien plus que je ne le voudrais" pour caser à la place un banal "Fais l'effort de manger, c'est pas si mauvais" ou autre trivialité du genre.

A mon avis, c'est juste ça qu'il manque à ton style pour passer de "purée ce mec est fort" à "bordel le gars est dans le turfu"

Voilà, c'était la séquence omuchiant, mais sois certain que c'est le genre de critique que je n'aurais pas formulée si ça avait été n'importe quelle fic, car ma paresse aurait probablement pris le dessus sur mon envie de développer une critique, mais ta fic à toi je pardonne pas :p

Sinon, j'en suis à pas loin de la moitié du texte là, et... bah tu écris comme un adulte.
Et j'aimerai avoir le quart de ton intelligence.
Et je pense que ne pas lire cette fic est un crime contre le bon goût et une atteinte à la pudeur.
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Imate le Sam Juil 22, 2017 18:18

Merci d'être toujours aussi assidu, omurah senpai !

Et merci pour...
omurah a écrit:Sinon, j'en suis à pas loin de la moitié du texte là, et... bah tu écris comme un adulte.
Et j'aimerai avoir le quart de ton intelligence.
Et je pense que ne pas lire cette fic est un crime contre le bon goût et une atteinte à la pudeur.


Ça. C'est pas juste flatteur, j'ai pas trop de mot pour décrire ça, à part "wow" :shock:

Mais merci pour le reste aussi, et ton honnêteté. Même si sur le coup j'ai été perturbé de voir que tu ne te focalisais que sur ce détail (au point que je me suis demandé du coup si le chapitre était si bien que ça pour que tu n'ais relevé que ce défaut^^), c'est quand même bon d'avoir un avis sincère, vraiment.

Pour le premier exemple je comprend ce que tu veux dire et je suis plutôt d'accord pour le coup (je ne voulais pas laisser de mystère quant à l'état d'esprit de Dodoria, mais je comprend ta démarche et je vois tout à fait ce qui t'a déplu, je vois bien ou j'ai merdé).

Pour le second en revanche, je n'ai pas du tout cherché à "materner" le lecteur. La réplique de Danmarine n'est pas destinée au lecteur, qui est déjà bien au courant du passé du personnage, mais bien à Zarbon lui même, avec qui il a déjà beaucoup de mal à communiquer. Danmarine veut jouer franc jeu avec lui, d'ailleurs il n'est pas vraiment du genre à prendre les choses à la légère, surtout qu'ici, il se sent coupable. Il veut vraiment réussir à faire comprendre à Zarbon que justement, il peut le comprendre, car ils ont un vécu similaire. D’où cette totale transparence de sa part.

Mais cet exemple mis à part, c'est vrai que ce n'est pas la première fois que tu me le fais remarquer (de mémoire tu l'avais fait concernant la conversation Melo/Zarbon au moment de leurs retrouvailles), mais je le fais sans m'en rendre compte, comme quoi j'ai encore pas mal de réflexes et de marques à trouver pour me perfectionner^^

J'en prend bonne note et j'essayerai d'appliquer ces conseils au mieux à l'avenir ! :D
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Freeza97 le Mar Août 01, 2017 19:18

Eh bien ! 20 chapitres de pur bonheur.

Vivement la suite.
Foenidis a écrit:« Face à celui de décembre, le monde tremble... un sourire aux fossettes, le nouveau se resservit un verre de 97. »
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar omurah le Dim Août 06, 2017 16:00

Re!

Imate dono a écrit:Mais merci pour le reste aussi, et ton honnêteté. Même si sur le coup j'ai été perturbé de voir que tu ne te focalisais que sur ce détail (au point que je me suis demandé du coup si le chapitre était si bien que ça pour que tu n'ais relevé que ce défaut^^), c'est quand même bon d'avoir un avis sincère, vraiment.

Non, non, on s'est pas compris, c'est justement parce que ce chapitre, au point où j'en étais, frôlait la perfection pour moi, que ce détail m'a sauté aux yeux, je suis comme ça, vraiment, j'ai vu ça comme un lapin noir qui coure dans la neige. Si la neige était pas d'un blanc immaculé, le lapin noir n'aurait définitivement pas attiré mon attention. Encore que la couleur du lapin reste sujette à interprétation, au final, mon avis n'a rien d'objectif, et tu fais bien de me reprendre au sujet de la séquence Danmarine/Zarbon, en tout cas si tu vois dans les grandes lignes où je voulais en venir avec cette critique amicale, je suis content ^^
Bonne chance pour la suite ! Je ferai un autre commentaire une fois que j'aurais tout lu :p (oui je suis assez lent :oops: mais ça va le faire !)
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Imate le Mar Oct 24, 2017 15:05

Bien, je suis officiellement en passe d'avoir un rythme de parution aussi régulier que celui de Kuramada ou de Togashi, Saint Seiya et HxH n'ont qu'à bien se tenir ! :mrgreen:

Je vais pas vous embêter bien longtemps, mais je tenais simplement à dire que j'ai reçu un écho, concernant la durée de mes chapitres qui seraient apparemment trop longs ! Du coup, et pour éviter de forcer mes éventuels lecteurs à poster un commentaire pour répondre, j'attire votre attention sur le sondage que j'ai mis et qui pourrait m'éclairer sur la longueur à adopter pour un chapitre. Si ils sont actuellement trop longs, les réduire pourrait rendre votre lecture plus agréable, et me permettre de poster plus souvent. Je compte sur vos retours, et sur ce, place au chapitre ! :D


* * *

Chapitre 21 : Un dernier pas de danse avant le jugement dernier


Le chant des oiseaux sifflotait dans ses oreilles, la douce caresse d'une brise matinale dorlotait son visage, et la soie des luxueux draps dans lesquels il s'était enveloppé durant la nuit comme s'il s'agissait d'un cocon lui massait la peau naturellement rugueuse.

Dans ces prestigieux appartements de haut gradé qui lui avaient toujours été réservés sans qu'il n'ait jamais daigné y poser un orteil avant qu'un incendie imprévu ne l'y force, Danmarine venait de passer la plus reposante des nuits qu'il avait connu depuis bien longtemps. Nuit qui s'achevait dans un réveil tout aussi apaisant, sans doute composé par le même Morphée qui avait réalisé la berceuse responsable de son endormissement si soudain la veille.

Un œil après l'autre, le Général laissa ses pupilles baigner dans la lumière du jour qui s'infiltrait par les rideaux battant de la fenêtre entrouverte menant au balcon de la chambre. Fenêtre par laquelle devaient sans doute également s'engouffrer ce vent légèrement tiède et ces sifflements annonciateurs du début de la journée. Fenêtre que Danmarine, il en était sur, avait pourtant fermé avant d'aller dormir.

Après vérification, aucune trace de Zarbon dans le lit voisin normalement placé ici pour Kiwi, actuellement résident de l'hôpital de la capital, mais dans lequel le prince avait passé sa première lune sur Freeza 79. Alors pris de panique et définitivement réveillé en sursaut, Danmarine bondit nu de son large lit impérial double, expulsant son oreiller moelleux du revers de la main, et ses draps soyeux d'un coup de pied énergique.

Convaincu de la fuite du prisonnier placé sous sa garde, l'Actinidia-seijin enfila à toute vitesse le pantalon de sa tenue militaire, et se précipita torse et pieds nus – le principal étant après tout couvert – sur le balcon d’où s'était échappé le souverain de Pomélo.

En ouvrant de manière virulente le grand rideau rouge de la porte vitrée, il découvrit le prince, vêtu de son humble tunique en lin, penché sur la rambarde en marbre blanc du balcon, les yeux rivés sur l'immense cité de la planète rose. Ses menottes étaient posées sur la petite table basse en pierre qui se trouvait à côté. Zarbon semblait captivé par l'activité grouillante de la ville. Les véhicules volants circulant de droite à gauche, les interpellations des marchands animant les rues, les visages divers et variés issus de centaines d'espèces différentes, cohabitant ensemble dans une harmonie qu'il ne soupçonnait pas en arrivant sur la planète des monstres qui avaient envahi son monde.

Danmarine resta silencieux, parce qu'il ne voulait pas perturber ce moment de tranquillité bien mérité de son prisonnier, oui, mais aussi parce qu'il se sentait idiot d'avoir aussitôt pensé à sa fuite. Après tout...

Ou aurait-il bien pu fuir ?

-C'est un bien joli monde que tu protèges, Général.

Agréablement surpris d'entendre le Pomélo-seijin essayer d'engager la conversation, le garant de celui-ci mit un temps avant de se décider à le rejoindre à son point d'observation, admirant la vue à ses côtés.

-Ce n'est pas tant ce monde que je veux protéger, que les innocents qui y vivent par la force des choses.

-Mais à quel prix ?

-La vie d'un frère a-t-elle un prix ?

Doucement, Zarbon se redressa et quitta le balcon pour regagner la chambre, lançant simplement à Danmarine en partant,

«Celle d'un autre»

Seul à l'extérieur, Danmarine jeta un regard à l’hôpital, avec un sentiment de culpabilité en travers de la gorge. C'est alors que son introspection fut interrompue par un tambourinage joué contre la porte de ses appartements. Le Général prit cette fois le temps de finir de se vêtir, et se dirigea vers l'entrée, toujours victime de cet incessant tapage. Reconnaissant un visage familier à la caméra, Danmarine pressa le bouton d'ouverture, autorisant l'accès à cet homme massif au crâne aussi blanc et lisse qu'un œuf, qui siffla de surprise en découvrant l'intérieur de cette loge de classe supérieure.

-Je vois que monsieur ne se refuse rien. J'ai entendu dire que ton taudis avait fini en cendres, mais on dirait que tu n'y as pas perdu au change. Y'a pas à dire, c'est la classe. La grande classe.

-Egg san, que me vaut ce...plaisir ?

Prenant cette simple formule de politesse pour une véritable invitation à passer le palier de la porte, le frère aîné de Tagoma enjamba le paillasson et pénétra dans le salon, sans même lancer un regard à Zarbon qui regardait l'invité surprise depuis le coin de la pièce. Celui-ci remarqua immédiatement le mini bar, dans lequel il trouva sans mal son bonheur. Bonheur liquide qu'il se servit dans un verre sans même demander l'autorisation à son hôte.

-Tu as entendu la nouvelle ? Il paraît que le Général Pierrot a disparu de ses appartements la nuit dernière. Les gardes assurent qu'ils n'ont pas quitté leur post.

«Étrange pas vrai ?» ajouta le bras droit du fidèle associé de Sorbet, tout en dégustant une gorgée du précieux breuvage.

Danmarine resta sans voix. Zarbon, lui aussi, ressentit un choc en apprenant cela, compte tenu de son passif avec le mystérieux Général.

-Tu ne sais rien à ce sujet ? Toi et les Généraux de Kota avez passé beaucoup de temps ensemble après tout.

-Je l'ignorais, tu viens de me l'apprendre.

«Hm ? Vraiment ?» insista peu subtilement le grand chauve en finissant son verre d'une seule traite. Après l'avoir brutalement reposé, il se dirigea vers Danmarine, à qui il glissa une lettre qu'il venait de sortir de son plastron. Une fois une tape condescendante remise à l'épaule du Général, Egg se dirigea si tôt vers la sortie.

-C'est une invitation de Sorbet sama, tout est dans la lettre. Tâche d'être à l'heure.

L'indésirable sorti, Danmarine jeta un œil à la lettre, tandis que Zarbon, jusqu'ici resté dans son coin, s'approcha du Général.

-Qui était cet homme ? Ton supérieur ?

-Non, à vrai dire c'est même l'inverse.

-Quoi ? Dans ce cas pourquoi l'as tu laissé te marcher ainsi sur les pieds ? N'as tu donc aucune fierté ?

-Son petit frère a certaines relations. Du genre qu'il est préférable de ne pas déranger.

La lettre dépliée, Danmarine en découvrit le contenu en retournant sur le balcon, suivi du regard interrogateur de son prisonnier.

-Alors qu'as tu fait mériter une invitation de ces gens là ?

-Je les ai dérangé.

Quelques rues au nord des appartements de Danmarine, juste au dessus de l'académie, plusieurs agents des forces de l'ordre formaient un périmètre autour d'un logement interdit d'accès. À l'intérieur, plusieurs personnes semblaient y chercher quelque chose. Un indice, une trace, quoi que ce soit qui puisse répondre à cette simple question :

Comment a-t-il pu se faire la malle ?

C'est alors qu'un petit homme au charisme inversement proportionnel à sa taille franchit le pas de la porte en passant sous les bandes de sécurité.

-J'espère que vous avez une explication à ceci.

-By... Byōna sama !

En voyant Byōna s'essuyer la main droite avec une serviette blanche – rapidement teintée de rouge – alors qu'à l'extérieur, les corps des deux gardes attribués à l'appartement de Pierrot étaient étalés sur le sol depuis l'arrivée du Général, les agents ne purent contrôler les tremblements qui envahirent leurs membres.

-Nous avons fouillé chaque recoin, aucune trace d'évasion n'a été trouvée. Nous ignorons de quelle manière le Général Pierrot a pu s'échapper. Les enregistrements des caméras disposées à l'extérieur autour de ses appartements ne nous ont rien révélé.

-Qu'en est-il de la surveillance intérieure ?

-Placer des caméras à l'intérieur aurait été trop évident, nous avons opté pour des micros dissimulés. Mais il semblerait qu'ils aient tous été...désactivés.

Constatant l'absence totale de réaction chez Byōna, l'agent commença à paniquer, sa peau au teint beige virant au blanc en l'espace de quelques secondes.

Pourtant, son inquiétude était infondée. En effet, les préoccupations de l'assassin étaient bien loin de vulgaires laquais tel que lui. Une seule question animait son esprit :
Comment a-t-il pu se faire la malle ?

Une technique de téléportation ? En dehors des habitants de Yardrat de qui il tenait sa propre technique de déplacement instantanée, il n'en existait aucune à sa connaissance. Et il était certain que Pierrot ignorait jusqu'à l'existence de cette planète.

Un pouvoir d'intangibilité lui permettant de traverser les murs ? Impossible, les caméras extérieures l'auraient détecté.

Pouvait-il se rendre invisible ? Non plus, il n'y avait aucune issue en dehors de la porte, gardée par deux soldats durant toute la nuit.

-Comment a-t-il fait ?

À la tombée de la nuit, alors que seules les lumières colorées des nombreux néons éclairaient les rues, Dodoria marchait seul en direction des appartements de Danmarine. En chemin, le Durian-seijin marmonnait, comme à son habitude, d'un air ronchon et peu amical.

-Pourquoi est-ce qu'il m'appelle à cette heure ci, qu'est-ce qu'il me veut ? «Contente toi de venir, je t'expliquerai tout», crétin. Toujours à faire des mystères, il me prend vraiment pour un con.

De plus mauvaise humeur encore qu'à son départ de chez lui, Dodoria arriva enfin à l'adresse indiquée par Danmarine. Il balaya du regard la bâtisse de haut en bas, à plusieurs reprises, partagé entre la surprise et le dégoût.

-Et après il vient me dire qu'il ne profite pas de son statut.

Tout en ronchonnant, Dodoria tapa contre la porte pour annoncer son arrivée. Après quelques secondes d'attente, durant lesquels il commençait déjà à perdre patience, il vit finalement la porte s'ouvrir, révélant un Actinidia-seijin vêtu d'un pantalon de costume bleu marine, et d'une chemise blanche rentrée dans son pantalon, dont Danmarine boutonnait les manches en lui ouvrant.

-Dodoria, tu as du retard. Dépêches toi d'entrer.

«C'est quoi cette tenue ridicule ?» râla le barbare en entrant, découvrant un Zarbon lui aussi vêtu d'un costume. «Vous jouez à quoi tout les deux ? Depuis quand tu te prends pour un de ces bourges excentrique ?»

-Il y en a un pour toi aussi sur le lit, enfile le en vitesse.

Un costume ? Pour lui ? Ce n'était pas le genre d'humour dont Dodoria était fan. Mais après y avoir regardé à deux fois, il était bien là. Un large costume mauve, aux dimensions adaptées à sa silhouette peu flatteuse, posé sur le lit tout spécialement pour lui. Le teint rosé de Dodoria vira presque au rouge, à la fois de honte et de colère, au moment ou il explosa.

-Tu te fous de moi j'espère, Danmarine ?! Tu penses vraiment que je vais porter cette serpillière ? Et en quel honneur ? Je suis un fier guerrier ! Je m'habille pour le combat ou je ne m'habille pas du tout !

Une fois ses boutons de manchettes fixés dans le plus grand calme, Danmarine se dirigea vers sa commode, et présenta la lettre à son protégé.

-C'est une invitation de Sorbet. Il souhaite s'entretenir avec moi, ce soir, durant un dîner. Toi et Zarbon êtes également conviés pour une quelconque raison. Une tenue correcte est exigée. Je n'en avais pas l'habitude moi non plus à mon arrivée, mais il semblerait que ce genre de vêtements soient très prisés sur certaines planètes de ce système. Alors ne discute pas et enfile ça.

Face à l'assurance des propos de Danmarine, qui semblait bien déterminé à faire porter ça au fier guerrier Durian qu'il était, Dodoria se mit à grogner d'anxiété, suant à grosses gouttes sur le visage.

-Je...Je refuse ! Tu m'entends ? Toi, l'autre cornet de glace et le crâne d’œuf qui le suit partout, vous pouvez vous mettre votre soirée ou je pense !

«Écoute moi, Dodoria», commença Danmarine en posant amicalement sa main sur l'épaule du Durian-seijin qui la regarda en grinçant des dents,
«Sorbet est quelqu'un de très influant. Si je ne me plie pas à sa demande, j'ignore de quoi il serait capable. C'est pourquoi je souhaiterai que tu acceptes d'être coopératif. S'il te plaît»

Clairement étonné de voir le Général requérir ainsi son aide, Dodoria ne sut comment réagir.

-Ne me dis pas que tu vas accepter de jouer les larbins avec ce genre de gars ?

-Je n'ai jamais dit que je comptais lui cirer les bottes. Mais si accepter un dîner me permet de ne pas avoir à m'assurer chaque jour qu'un couteau ne se glisse pas sous ma gorge, c'est un effort que je suis prêt à fournir. Qu'en penses-tu ?

Crispé et désorienté devant un Danmarine aussi persuasif, Dodoria commença presque à paniquer à l'idée de céder à sa demande.

Non ! Il était hors de question qu'il accepte de s'habiller comme un clown pour assister à un dîner pompeux entre guignols ! Lui qui se refusait à risquer de se ramollir en baignant inutilement dans tout ce luxe qui ne lui inspirait que nausée et dégoût.

« Du luxe, du luxe, et encore du luxe. »

Voilà de quoi était fait le restaurant dans lequel Sorbet avait donné rendez-vous à Danmarine. À l'intérieur, les lumières tamisées offertes par les bougies et la mélodie jouée au piano par un étrange octopode violet profitant de ses huit tentacules pour exploiter toute la surface de l'instrument donnaient une ambiance très cosy aux lieux. La moquette rouge couvrant le sol et les murs de pierre brune étaient de toute évidence là pour impressionner les visiteurs. Et des visiteurs, il y en avait. Toutes les tables de l'établissement étaient occupées. Des couples, des hommes d'affaires, des familles distinguées, des individus aux allures de mafieux peu recommandable. Seuls les membres du bas peuple étaient absents de cette petite réunion.

À la réception, Danmarine vêtu de son costume ouvert bleu nuit extraordinairement chic, et Zarbon portant un costume blanc à la veste fermée par quatre boutons dorés, furent accueillis par l'hôte qui avait immédiatement repéré le client idéal.

-Messieurs, bien le bonsoir. Une table pour deux personnes je présume ?

«A vrai dire...» annonça Danmarine, avant d'être coupé par une voix bourrue venant du couloir.
«Trois personnes !»

Tandis que le visage calme et l'expression distinguée de l'hôte d'accueil se décomposèrent, un énorme barbare rose vêtu d'un large costume aux teintes de violet visiblement quelque peu serré pour sa corpulence malgré les dimensions hors normes demandées par Danmarine fit son entrée à la suite des deux hommes habillés à quatre épingles. Si le visage rouge de Zarbon trahissait à peine sa gène, le rictus de Danmarine était une évidente moquerie que ne supportait pas le Durian-seijin au bord de la crise de nerfs, en attestait son teint de peau naturellement rose virant lentement au rouge.

«Je vois. Vous êtes le Général Danmarine pas vrai ?» demanda le réceptionniste tout en connaissant parfaitement la réponse à l'avance.
«Sorbet san vous attend à votre table, je vous prie de me suivre si vous le voulez bien» annonça-t-il poliment avant d'être suivi par le Général et ses deux hommes, sitôt arrêtés par l'élégant maître d'hôtel à lunettes.

-Pas vous messieurs, une autre table vous attend.

-Il bave quoi le binoclard ? On a aussi été invités, alors montre un peu de respect !

-Je vous prie de bien vouloir me pardonner si je vous ai offensé. Sorbet san vous a fait préparer une autre table afin de s'entretenir en privé avec son invité.

-C'est quoi ces conneries ? A quoi ça sert de nous faire venir habillés comme des gonzesses si on se fait refouler à une autre table ?!

-Ne cherche pas à comprendre, Dodoria. Sorbet est un homme excentrique, ses intentions ont souvent l'air insensées. Reste avec Zarbon, je vous retrouve après le dîner.

Ayant déjà repéré au milieu de la salle de restaurant la table ronde nappée de rouge à laquelle Sorbet l'attendait en compagnie de Tagoma et de son frère Egg, Danmarine s'y rendit sans l'aide du maître d'hôtel, qui conduisit alors les deux exclus à une autre table qui leur avait été réservée tout spécialement.

-Bonsoir, Général Danmarine. Vous me voyez honoré de votre présence, j'ignorais si vous répondriez à mon invitation. J'ai cru bon de convier vos chers lieutenants. J'ose espérer qu'ils ne me tiendront pas rigueur de les avoir placé à l'écart, pour le bon déroulement de notre conversation.

-J'ai supposé que cette innocente invitation n'avait de facultative que l'apparence. En revanche je me vois navré de vous dire que mon lieutenant sort tout juste d'une lourde opération. Le deuxième homme qui m'accompagne est le prince de Pomélo, Zarbon.

«Vous l'avez fait libérer ?» beugla le sanguin Tagoma en frappant du poing sur la table, prêt à se lever de colère, bien que son air menaçant ne semblait pas suffisant pour faire vaciller le calme du Général.
«Comme d'habitude vous n'en faites qu'à votre tête, Danmarine. Un jour, ce genre d'excès d'humanité vous coûtera votre tête.»

-Il suffit, Tagoma !

Le ministre des armées coupa nette la crise de son subordonné qui se tut immédiatement et retrouva son calme du mieux qu'il put.

-Veuillez l'excuser, Général. C'est un homme de grande valeur, mais sa fâcheuse tendance à l'excès de zèle s'avère parfois...

«Venez en aux faits, Sorbet. Nous savons vous et moi que ce n'est pas par courtoisie que vous m'avez invité ce soir.» interrompit à son tour l'Actinidia-seijin qui veilla tout de même à rester respectueux dans ses propos.

Sentant la tension s'accentuer, Sorbet effaça son faux sourire et soutint le regard de Danmarine, tandis que Egg, à l'inverse, se mit à sourire jusqu'aux oreilles en voyant arriver à table les plats amenés par les serveurs, que le supérieur de son jeune frère avait préalablement commandé. Une joie que partagea également Dodoria de son côté, désormais plus préoccupé par son estomac que par la conversation qui se tenait entre son Général et le ministre à quelques tables de la sienne. Zarbon, en revanche, demeurait intrigué par ces étranges manigances.

-Bien, je présume que continuer à jouer les flagorneurs ne m'amènera nul part avec vous, Général. Je me vois donc obligé de jouer cartes sur table, pour une fois.

Un triangle de regards soupçonneux se jouait entre Danmarine, Sorbet, et Tagoma, pendant que l'insouciant aîné de ce dernier arrachait à pleine bouche la viande du jarret qui se trouvait dans son assiette, sous le regard éberlué des autres clients, outrés d'un tel comportement. Étrangement, la même scène avait lieu à seulement quelques mètres, devant les yeux désespérés de Zarbon.

-Vous n'êtes pas sans savoir que je ferais parti du comité chargé de vous juger demain durant le Conseil des Cinq Juges, au sujet de la triste affaire manigancée par Kota. Affaire dans laquelle vous et chacun des Généraux ayant opéré sur Pomélo êtes impliqués.

-Ou voulez vous en venir ?

-Vous n'êtes pas stupide Général. Vous voyez parfaitement ou je veux en venir. Je souhaite simplement m'assurer que durant l'audience, vous ne commettrez pas l'impair d'accuser à tort certains hommes influents. Je dis cela dans votre intérêt bien sur. Il serait fort regrettable que cela se retourne contre vous.

-J'ignore pour quelle raison j'aurai intérêt à accuser une personne innocente. Mais sachez que jamais je n'ai trempé dans les affaires de Kota.

Sorbet, qui déclamait son discours jusqu'ici en dégustant son plat d'une manière aussi raffinée que la cuisine elle même, déposa sa fourchette et s'essuya la bouche avant de répondre à son interlocuteur avec le sérieux exigé.

-Vous savez Général, vous et moi ne sommes pas si différents. En fait, en tant que hauts représentants de l'armée de Freeza sama, nous avons un point commun. Nous savons comment nous élever dans la société. Nous savons que le seul moyen de parvenir au sommet est de monter sur les cadavres de nos prédécesseurs. Et par dessus tout, vous et moi savons que certains cadavres qui se trouvent sous vos pieds y ont été placés par vos soins.

Subitement, Danmarine claqua sa fourchette sur la table et fusilla Sorbet du regard, engendrant une réaction méfiante de Tagoma qui fit craquer les doigts de son poing droit, suivi par son frère qui posa pour la première fois son jarret et serra le poing. Face au Général soudainement énervé, Sorbet demeurait froidement calme, tournant sa bague autour de son doigt de manière évidente. Bague frappé d'un sceau en forme de X cerclé, à la branche inférieure droite rallongée.

«Qu'est-ce qu'ils peuvent bien se raconter ?» se demanda Zarbon à haute voix, fronçant les sourcils en essayant vainement de lire sur leurs lèvres, tandis que Dodoria ne s'inquiétait que de son plat.

-Vous êtes au fait de certains de mes petits secrets, Général Danmarine. Mais je connais les plus sombres des votre. J'ai jusqu'ici gardé le silence pour protéger nos intérêts communs. Mais vos récentes actions tendent à montrer un certain...décalage, avec les notre. Et je ne souhaite surtout pas que cela devienne un problème. Vous saisissez ?

Voyant bien la situation lui échapper, et sentant l'étau de Sorbet se refermer lentement sur lui, Danmarine scruta les alentours. Il lui fallut peu de temps avant de remarquer que plusieurs des tables entourant celle de Dodoria et Zarbon étaient occupées par des hommes de Sorbet, tout particulièrement quand l'un d'eux laissa sciemment dépasser de sous la table le canon de son arme brachiale.

-J'avais anticipé vos éventuels élans chevaleresques lorsque vous comprendriez que je connais la vérité. Je sais parfaitement que nous ne pourrions rien contre vous. Mais vos hommes sont loin d'être hors de portée.

-Vous n'oseriez pas provoquer un tel tapage en public, Sorbet.

-Détrompez vous. Aucun de ces hommes n'est officiellement au service de notre armée. Les gens y verront une simple attaque terroriste contre le leader politique de Pomélo. Vous voyez ? J'avais simplement prévu d'utiliser la vie de votre lieutenant comme monnaie d'échange, mais la venue du jeune prince s'avère plus que bénéfique.

-Vous êtes donc prêt à tout pour garder votre pouvoir pas vrai ?

-Je dirai plutôt que je suis prêt à tout pour en acquérir davantage, quitte à devoir faire tomber quelques têtes. Y compris celle de votre jeune frère si vous m'y forcez

-Vous êtes méprisable.

Malgré sa manière calme de s'exprimer, une colère froide montait en Danmarine pendant qu'il fixait le petit ministre en train de déguster son délicieux repas.

-Nous sommes donc d'accord. Demain, vous ne devrez divulguer aucune information me concernant, quand bien même celle-ci s’avérerait être votre dernier recours. Ais-je été suffisamment clair ?

Après quelques instants d'un silence pesant, le Général se leva soudainement de sa chaise.

«Considérez que vous pouvez compter sur mon silence, Sorbet.» déclara le Général qui céda finalement sous la pression, avant de se pencher à nouveau sur la table.
«Mais il vaudrait mieux que vous teniez votre parole. Je dis cela dans votre intérêt bien sur.»

Danmarine rappela à lui ses deux protégés et quitta prématurément la salle de restaurant, laissant en plan le ministre et ses hommes de main. Zarbon suivit à la hâte le Général, bien décidé à découvrir dans quoi il avait été embarqué à son insu. Dodoria quant à lui prit soin d'emmener avec lui le seul objet de ses préoccupations qu'il continua de dévorer en sortant.

«Vous pensez vraiment qu'il tiendra parole ?» demanda Tagoma à son supérieur qui venait de terminer son plat.

-Il la tiendra. Parce qu'il sait que j'ai de quoi le faire tomber si bas qu'il serait trop loin pour protéger ce qui compte pour lui.

À l'extérieur, dans les rues éclairées de néons roses et bleus – illuminant ce quartier de luxe et de strasses bien différent de ceux ou Danmarine vivait auparavant – l'Actinidia-seijin avançait hâtivement pour s'éloigner le plus vite possible de celui qu'il se retenait d'étrangler de toutes ses forces. Suivi par Zarbon et Dodoria qui ne semblait même pas surveiller le prisonnier, le Général était de toute évidence préoccupé par le jugement qui l'attendait demain.

-Danmarine ! Tu comptes nous expliquer ce qu'il vient de se passer ou pas ?

-Tu n'es pas concerné par cette histoire, Zarbon.

Soudain prit de colère, Zarbon attrapa Danmarine par l'épaule qu'il retourna vers lui afin de le saisir par la cravate, le foudroyant du regard, les yeux dans les yeux.

-Tu es l'enfoiré à qui je dois tout ce qui m'arrive dernièrement. Et tu es aussi celui de qui je dépend ici. Alors j'estime que tu me dois bien quelques explications au contraire !

Derrière, Dodoria termina son juteux morceau de viande jusqu'à l'os qu'il jeta à terre avant de s'essuyer goulûment la bouche d'un revers de la manche, salissant encore un peu plus sa veste de costume déjà bien tâchée. Raison pour laquelle il la jeta également, prêt à attaquer Zarbon maintenant débarrassé de ce poids inutile et simplement vêtu d'une chemise blanche qui, rentrée dans son pantalon de costume rose, moulait son énorme ventre.

«Vaudrait peut être mieux pour tes fesses que tu lâches monsieur le Général, princesse» piqua le Durian-seijin en craquant son cou de droite à gauche.
«Conseil d'ami»

Peu inquiété, Zarbon garda les pupilles de Danmarine en mire, jusqu'à ce que celui-ci – toujours tenu par la cravate – ne détourne le regard.

-Il s'agit simplement d'une affaire confidentielle liée à nos activités sur Pomélo...ça ne te regarde pas.

À cet instant, une veine gonfla presque instantanément sur la tempe du prince qui resserra son poing autour du bout de tissu.

-Une affaire concernant Pomélo...ne me regarde ?!

Furieux, le Pomélo-seijin colla son poing dans la mâchoire du Général qui ne répondit pas, et se retrouva sur les fesses, la cravate arrachée. Assis à terre, il essuya le fin filet de sang qui coulait de sa bouche, puis leva les yeux juste à temps pour voir Dodoria attaquer Zarbon.

Le Durian-seijin envoya son poing, contré par son adversaire qui se dégagea sur la droite d’où il bloqua frontalement le second coup direct envoyé par le barbare. Effectuant un mouvement de balancier en tenant l'énorme bras rose, Zarbon se renversa la tête en bas pour lancer son pied dans le menton de Dodoria qui recula de quelques pas après avoir reçu ce coup qui lui avait fait cracher sa salive, à défaut d'avoir fait sauter l'une de ses solides dents.

-Ça je te garanti que tu vas le regretter !

Ignorant le Général Danmarine qui – maintenant de retour sur ses pieds – lui hurlait de s'arrêter, Dodoria se jeta une fois encore sur le jeune prince, tête baissée, ce qui profita à Zarbon, assez vif pour sauter au dessus de lui à la dernière seconde, puis répliquer d'un coup de pied retourné en plein visage qui expédia le dur à cuir dans un tas de poubelles.

Décidé à se débarrasser de ce gêneur avant d'obtenir des réponses de Danmarine, Zarbon enleva à son tour sa veste de costume blanche, qu'il lança en même temps que sa cravate tout juste dénouée, laissant son cou et le haut de son torse à l'air libre maintenant que les quatre premiers boutons étaient détachés.

«De là d’où je viens, être une grosse brute sans cervelle telle que toi relèverait presque du crime.» proféra le prince bleu de peau en lançant sa queue de cheval en arrière.

Un silence lourd s'installa dans la ruelle, alors que seuls Zarbon et Danmarine se tenaient encore debout dans l'éclat des lumières bleues et roses sublimées par la lumière de la lune. Silence à peine perturbée par les bruits lointains de moteurs à propulsions et de klaxons.

Le calme avant la tempête.

Le barbare Durian sortit bruyamment des ordures en projetant les obstacles autour de lui, annonçant sa fureur par un hurlement effroyable. De rage, Dodoria envoya une poubelle sur Zarbon qui l'atomisa d'un kikoha dont l'explosion lui obstrua la vue. Suffisamment pour permettre à Dodoria de le prendre par surprise en arrivant aussitôt à son contact.
Sachant qu'il ne pourrait pas l'éviter, Zarbon tenta simplement de répondre par une attaque du tibia, espérant blesser le Durian-seijin autant qu'il s'attendait à l'être.

Mais aucun des deux ne reçut de coup. Ils sentirent pourtant bien leur coup heurter quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Le tibia de Zarbon à plat contre son dos, le poing de Dodoria écrasé dans son ventre, Danmarine s'était interposé in extremis pour arrêter cette vaine querelle qui avait bien assez duré.

-Je vous ai ordonné d'arrêter sur le champ ! C'est compris ?!

En voyant une telle autorité et une telle détermination chez l'homme qui venait d'encaisser sans broncher leur double attaque, le prince et le chef barbare retrouvèrent leurs esprits.

-Zarbon. Si je ne te met pas dans la confidence, c'est parce que cela nous mettrait l'un comme l'autre en danger. Mais crois bien que si je le pouvais, je t'en parlerai.

Le prince eut un instant d'hésitation. Il avait bien conscience que ses doutes concernant Danmarine venaient de sa rancœur envers lui. Seulement cette fois, il ne sentait pas cette même sincérité qui le troublait auparavant. Un soupçon d'honnêteté, certes, mais terni par un arrière goût de culpabilité.

Comprenant bien que quelque chose clochait, mais incapable de savoir si son intuition n'était pas encore faussée, Zarbon s'en alla simplement, les mains dans les poches. Quand Dodoria tenta de le suivre pour l'arrêter, Danmarine le stoppa. Bien que ne comprenant pas cette décision, il laissa le Pomélo-seijin partir.

Errant seul dans les rues sombres, les mains dans les poches, Zarbon se posait nombre de questions. Sur lui même, sur Danmarine, sur sa planète. Perdu dans ses pensées, le prince ne remarqua même pas les jeunes femmes aux couleurs de peau allant du rose au vert quelque peu éméchées qui lui demandèrent de les rejoindre. Il ne remarqua pas non plus l'individu à l'allure peu rassurante qui exigea son argent en le menaçant d'un coutelas, laissé baba devant cette absence totale de considération. Pas plus qu'il ne remarqua la voiture qui manqua de le renverser, et son chauffeur qui l'insulta allègrement dans une langue étrangère depuis son carreau.

Perdu dans ses pensées, et se posant nombre de questions, Zarbon, après avoir marché sans but pendant un long moment, finit par lever la tête, et apercevoir en hauteur, à une centaine de mètres à peine, une plate-forme d'atterrissage sur laquelle un vaisseau privé s’apprêtait à décoller, attendant son passager qui semblait discuter avec sa femme avant son départ. Les yeux de Zarbon se posèrent sur ce vaisseau, là, à moins d'une centaine de mètres, prêt à l'emmener n'importe ou, et dont le vrombissement sonnait pour lui comme la n d'alarme le prévenant que sa seule chance de retrouver sa planète se tenait devant lui.

* * *

Le vrombissement dans les oreilles, celui de la cabine d'ascenseur, à peine distrait par la discrète musique d'ambiance et par l'écran affichant les étages qui défilaient depuis plusieurs secondes, Danmarine, vêtu de sa fidèle armure de Général ornée de sa légendaire cape immaculée, s'adressa à Dodoria qui se trouvait juste derrière lui.

-Tâche de te faire discret pendant l'audience. Ils ne te poseront probablement que peu de questions. Ce sont les Généraux qu'ils vont essayer de faire tomber. Toi tu ne les intéresses pas. Tu n'as pas à t'inquiéter.

-Je sais pas comment je dois le prendre...

Après une minute et demi d'ascension, les deux hommes virent enfin la porte s'ouvrir, et apparaître devant eux la passerelle d'acier aux murs de verre, surplombant la cité à plusieurs centaines de mètres de hauteur. En sortant de la cabine, devant eux, attendait un comité d'accueil armé, mené par un agent à la peau verte tachetée, vêtu d'une combinaison noire.

-Général, Caporal, je vous souhaite la bienvenue. Votre navette pour le tribunal des Cinq vous attend, si vous voulez bien me suivre.

«Comment il vient de m'appeler l'avorton ?» grogna le Durian-seijin en haussant le sourcil droit – ou du moins son arcade sourcilière naturellement chauve – d'un air désapprobateur.

Conduits à l'autre extrémité de la passerelle, Danmarine et Dodoria pénétrèrent dans le vaisseau amarré à la sortie. Une fois les deux hommes assis à leur place, un membre de l'équipage, poussé par l'un de ses collègues, se décida à venir voir l'Actinidia-seijin en tremblant.

-Qu'y a-t-il soldat ?

-Bon...bonjour Général. C'est à dire que...en fait...non je n'oserai jamais...

Intrigué par le comportement du jeune homme portant un casque enfoncé jusqu'aux yeux, Danmarine comprit son inquiétude en découvrant ce qu'il cachait derrière son dos.

-C'est bon, allez y. Je comprend, vous ne faites que votre travail.

Danmarine présenta ses poignets au moussaillon qui eut un sursaut de recule avant de comprendre les intentions de son supérieur.

-Vraiment ? Je ne sais pas si...

«Allez-y je vous dis. Je ne voudrai pas que vous vous fassiez taper sur les doigts à cause de moi.» expliqua amicalement le Général en concluant d'un clin d’œil qui mit le jeune garçon en confiance. Celui-ci passa finalement les menottes aux poignets de Danmarine, pour des mesures de sécurité.

-En revanche, méfiez vous de lui. Si vous vous approchez trop il risque de vous mordre.

-Tu me prends pour un chien ou quoi ?!

Après seulement une vingtaine de minutes de vol, le transport approcha du tribunal flottant en orbite de Freeza 79. un magnifique palais volant, posé sur une plaque tournante. La navette entra dans l'enceinte du tribunal en passant par une allée de colonnades donnant à la bâtisse des allures de Grèce antique. Une immense porte en acier blanc s'ouvrit pour laisser les visiteurs pénétrer à l'intérieur du tribunal dans lequel ils se posèrent.

À leur sortie du vaisseau, Danmarine et Dodoria écarquillèrent les yeux devant tant de magnificence. À l'intérieur de cette forteresse de métal flottant dans l'espace, des colonnes, des fontaines semblables à des chutes d'eau, de la végétation parcourant les murs blancs de la cour.
Ils y étaient enfin.

Le tribunal ou siégeait le Conseil des Cinq Juges.

Concentré sur ce qu'on lui demanderait, sur ce qu'il devrait dire, sur ce qu'il devrait cacher, Danmarine traversa le hall en direction de la grande salle ou se tiendrait la séance sans se préoccuper de ce qui l'entourait. Il savait comment ces conseils se déroulaient. Il n'était question ni d'avocats, ni de plaidoyer, ni de justice. Dans cette salle, il n'y aurait qu'un jugement à sens unique qui ne déboucherait que sur son exécution, ou sa suspension temporaire. Dans tous les cas, les juges auront raison. Restait à savoir à quel point lui aurait tort.

Concentré, Danmarine l'était. Au point qu'il ne réalisa qu'au dernier moment qu'il venait machinalement de s'asseoir sur l'un des sièges réservés à la défense. À côté de lui, Dodoria ronchonnait déjà à l'idée de se faire sermonner pour quelque chose qu'il n'avait pas fait. Un peu plus loin, Rōku regardait ses mains, incapable de lever les yeux vers ses bourreaux.

Tous étaient assis au milieu de cette place circulaire, surplombée par les sièges des cinq juges installés autour d'eux. PuiPui, Sorbet, Byōna, le siège vide censé accueillir Kota, et enfin, sur le dernier siège, le bras droit de Freeza en personne, Mame.

-Bienvenu à vous dans ce tribunal. L'accusé Pierrot étant porté disparu, nous débuterons l'audience à l'arrivée de l'accusé Satsu.

«Porté disparu». En entendant cela, Rōku releva soudainement la tête, une rage folle dans ses fines pupilles. Mais lorsqu'il croisa le regard de Mame, il ne put que refréner sa subite colère dans l'instant.

Un long et lourd silence s'installa.

Long

Très long silence

Le calme se vit finalement meublé par le bruit de l'écoulement du thé que se servit Sorbet depuis son siège. Puis par la première gorgée bruyante qu'il en prit.
Puis il retomba.

Ce lourd

Ce lourd silence qui pesait sur Danmarine comme une tonne de plomb.

Quand finalement, ce silence fut à nouveau meublé, cette fois-ci, par l'inquiétant son d'une chaîne traînant sur le sol. Tout ceux présents dans la salle se retournèrent. Les accusés comme les gardes présents pour les surveiller. Les juges aussi prêtèrent attention au son, bien qu'en connaissant l'origine.

Ce son – si lourd – des chaînes du prisonnier qui pénétra lui aussi dans la salle circulaire du Conseil, escorté par de nombreux gardes armés, enchaîné aux poignets comme aux chevilles, cerclé au cou par un anneau de fer, rendu muet par une muselière de métal. Le grand et puissant Satsu entra finalement dans l'arène, couvert de blessures et de plaies, et traînant avec lui ces lourdes, si lourdes chaînes.

Alors que Danmarine ne se sentit pas la force de réagir, Dodoria se leva en renversant sa chaise lorsqu'il vit le Général renégat arriver dans un tel état. Ces blessures ne dataient visiblement pas de Pomélo.

-Il lui est arrivé quoi ? C'est vous les responsables ?!

«Assieds-toi Dodoria ! Je t'ai dit de garder ton calme !» reprit immédiatement Danmarine en saisissant son sbire par le bras, le forçant à regagner son siège.

Alors qu'ils suivaient Satsu du regard pendant qu'il se faisait conduire à son siège dans le plus grand des silences et sous les yeux insensibles des juges, Danmarine et Dodoria ne virent que l'ombre de ce qu'il était. Un homme brisé.

-Les preuves contre lui étaient accablantes. Ils n'ont pas attendu son jugement avant de rendre une première sentence officieuse. C'est ce dont je te parlais, Dodoria, quand je t'ai dit que tu devrais rester tranquille quoi qu'il arrive. Ils testent nos nerfs. Mais les miens ne céderont pas.

Malgré les mots forts du Général, Dodoria sentait bien un manque de confiance dans sa voix. Sans doute une première depuis qu'il le connaissait. Mais à voir dans quel état un homme aussi puissant que Satsu avait été réduit, il comprenait aisément d’où venait ce filet de sueur coulant derrière la nuque de Danmarine. C'est alors que la voix roque de Mame les rappela à l'ordre.

-Messieurs. Vous n'êtes pas sans savoir que votre implication dans les récentes affaires orchestrées par le Grand Commandant Kota est une véritable nuisance pour l'ordre au sein de l'empire. Un ordre que Freeza sama s'efforce de maintenir. Vous êtes ici aujourd'hui pour prouver votre innocence, ou à défaut, tenter de racheter vos erreurs. En pénétrant en ces lieux, vous avez accepté de livrer la vérité en échange de votre vie. Nous mentir signifierait mentir à l'empereur. Et mentir à l'empereur signifie la mort.

«Si vous me le permettez, Mame san...» entama le Général Suprême, «Je souhaiterai ouvrir ce conseil en posant quelques questions à l'un des accusés. Le Général Danmarine, par exemple».

Les yeux des autres accusés – y compris les yeux fatigués de Satsu – se tournèrent vers Danmarine qui se leva, et regarda PuiPui droit dans les siens. Cachant difficilement sa colère, Dodoria fixa un instant le juge aux yeux jaunes qui venait de placer un couteau sous la gorge de Danmarine.

-Général Danmarine, votre réputation vous précède, et vos exploits au service de Freeza sama font de vous l'un des Généraux les plus respectés de l'empire. Quoi de plus normal lorsque l'on connaît votre instructeur. N'est-ce pas ?

Le corps de Danmarine se crispa soudainement, attirant le regard interrogateur de Byōna sur lui. À cet instant, le Zoon-seijin posa un dossier sur son pupitre, et l'ouvrit, provoquant les tics nerveux que Sorbet ne parvenait pas à masquer en cas de panique.

-Le Général Rozū. Un vétéran, une légende de notre empire. 106 planètes conquises à son palmarès. Un véritable héros. Tristement disparu il y a 5 ans alors que des doutes pesaient contre lui quant à son implication au sein de L'Organisation X. Une affaire laissée sans réponse. Bien qu'aujourd'hui...une réponse semble peut être se dessiner.

C'est alors que le calvaire de Danmarine débuta, écrasé sous une pluie de questions qu'il ne put que subir en répondant au mieux.

L'Organisation X, une cellule dont l'existence fut découverte par les services de renseignements dirigés par Byōna 5 ans auparavant, avec pour but le renversement du régime actuel. Nombreuses avaient été les personnes haut placées impliquées. Autant de têtes coupées au moindre soupçon éveillé.

L'histoire avait été gardée secrète du public, gérée en interne de façon à l'étouffer au plus vite. Mais des réminiscences revenaient à la surface depuis quelques temps, obligeant Freeza à faire appel une seconde fois à son agent d'exécution le plus efficace, et à la cellule de renseignements sous son commandement.

Byōna, à l'aide des archives et de ses services secrets, menait l'enquête depuis prêt d'un an. Ce n'est que récemment qu'il découvrit dans les comptes de Kota l'utilisation suspecte de fonds à la provenance douteuse. Détournements, injections de sommes élevées de manière non réglementaire pour des usages mystérieux, transferts provenant de personnes influentes. Les corrélations entre le rôle de Kota et les affaires suspectes se faisaient de plus en plus évidentes. Au point que Byōna, pour la première fois, a du se dévoiler au grand jour afin d'infiltrer les rangs du Grand Commandant, dont le statut particulier en faisait une cible trop difficile à atteindre sans prendre de risques.

C'est de cette manière qu'il a pu, pendant plus de sept mois, gagner la confiance de Kota afin de finalement pouvoir infiltrer son cercle fermé de Généraux, et ainsi assister à leurs réunions. L'espion a du prendre son mal en patience, et observer, dans l'espoir de finir par découvrir une brèche dans son système. Ce n'est qu'une fois devenu officiellement l'un de ses pions qu'il a pu entrer en scène, et lever le voile sur ses manigances.

-Et c'est de cette manière que j'ai pu avoir accès à certains dossiers compromettant. Sans eux, Kota n'aurait été condamné que pour des délits mineurs. Mais ils m'ont révélé le point déterminant dans sa condamnation...

L'Organisation X. Kota s'était avéré être l'un de ses fervents défenseurs, et l'un des membres à l'identité inconnue parmi les plus recherchés à l'époque de la découverte de leurs activités. Davantage devenu un rebelle mettant tout en œuvre pour s'enrichir d'après Byōna, ses activités auraient eu pour but de servir le compte de l'organisation, et de lui fournir des moyens techniques et des partisans, afin de tenter une nouvelle fois de renverser l'Empire.

«Exactement ce dont le Général Rozū, votre instructeur, avait été accusé...n'est-ce pas ?» souleva le Général Suprême suite aux révélations de Byōna.
«Et si votre lien si étroit avec votre défunt mais non moins, je n'en doute plus, coupable supérieur, n'était pas suffisant pour éveiller mes soupçons...le fait que votre nom soit si souvent évoqué dans les dossiers de Kota achève de me persuader.»

Le couperet s'approchait de plus en plus de la nuque de Danmarine. Tout semblait se mettre en place pour faire de lui le coupable idéal.

Et si sa victoire sur Pomélo, semblant trop simple aux yeux du juge, n'était qu'une mise en scène ?
Et si la façon qu'il avait de veiller sur le jeune prince Zarbon cachait quelque chose ?
Kota ayant, d'après certains de ses derniers rapports découverts par Byōna, décidé de se débarrasser de Satsu car trop instable, Danmarine n'aurait-il pas agit sous ses ordres en tentant de l'éliminer sur Pomélo ?
Bien que certaines preuves tendent à penser que Kota prévoyait également l'élimination de Danmarine, il n'aurait pas été le premier de ses pions jeté de son échiquier.

Trop apeuré à l'idée d'être lui aussi soupçonné, Sorbet n'osa prononcer le moindre mot. Tandis que Mame demeurait silencieux, observant Danmarine d'un regard accablant, PuiPui et Byōna continuaient d'enfoncer le Général qui ne pouvait rien faire d'autre que se voir sombrer.
Et alors que Danmarine s’apprêtait à recevoir le coup de grâce devant les yeux de Dodoria dont la rage ne faisait que monter à tel point qu'il ne pourrait plus la contenir longtemps...

«Voyons voyons, messieurs ! Le but d'un jugement n'est-il pas de juger de la manière la plus justement juste qui soit ?»

Une étrange impression de déjà vu s'empara de la plupart des personnes présentes dans la salle. Une arrivée inattendue, une entrée en scène théâtrale, une voix nasillarde et un concerto de talons aiguilles accompagnant le tout.

À l'exception de Satsu, tous dirigèrent leur regard vers l'entrée de la salle du Conseil, afin de le voir entrer. Le retardataire, l'invité de dernière minute, regardé avec autant de colère que de surprise.

-Ce pauvre Danmarine n'a même pas le temps de plaider sa cause. Je suis pourtant certain qu'il a un tas d'excuses tout à fait crédibles qui attendent bien au chaud dans son sac ! N'ai-je pas raison ?

Le clown se montra alors dans la lumière, muni d'une ridicule ombrelle rose qu'il faisait tourner au dessus de sa tête. Tout sourire, Pierrot évita de justesse un coutelas enveloppé de flux lancé à pleine vitesse qui se planta derrière lui, un dixième de seconde avant que Byōna n'apparaisse dans son dos et ne le plaque contre le sol, maîtrisant le Général en saisissant son poignet.

-Pierrot ! Comment oses-tu te présenter ici après voir prit la fuite ?

À terre, l'androgyne aux cheveux verts ne parvenait pas à contrôler l'éclat de rire qui s'était emparé de lui. Et à sa grande surprise, pour la première fois, Danmarine était soulagé par l'arrivée de cet homme.

-Allons mon ami ! Tâchons de nous montrer raisonnables. Disons simplement que je me suis temporairement absenté. L'important n'est-il pas que je sois venu assister à mon procès ?

-Tu avais pour ordre de ne pas quitter le domicile qui t'était assigné ! Tu penses pouvoir t'en sortir à chaque fois avec de belles tirades ?

-Et bien...pour être franchement franc avec vous...disons que dans la mesure ou je dispose de preuves susceptibles d'innocenter la plupart des accusés présents et de condamner les vrais coupables...je pense en effet avoir mes chances de repartir d'ici les pieds sur le sol et la tête solidement accrochée à mon magnifique cou de cire.

La surprise s'empara une nouvelle fois de l'assemblée à cause du clown, dont la révélation attira l'attention des juges et de la défense. Peu convaincu, Mame exigea des précisions quant à la nature de ces «preuves». Sur ordre du second de Freeza, Byōna laissa Pierrot se relever, et regagna son siège avec la même inexplicable célérité qui ne manqua pas de décrocher de surprise la mâchoire de Dodoria, dépassé par les événements qui s'enchaînaient.

Après s'être épousseté, le Général au visage exagérément maquillé s'avança vers le centre de la salle circulaire, entre les accusés et les membres du conseil, toujours son exubérant parasol à la main.

«Mesdames et messieurs ! Enfin, surtout messieurs...» introduisit Pierrot avant d'exécuter un ridicule numéro de talonnettes.

«Voici venue l'heure de mon One Clown Show !»

À suivre !
« Un Général...ne doit jamais faillir à son devoir »

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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Freeza97 le Mar Oct 24, 2017 23:29

Un. Seul. Mot...






PIERROT!!!!!!!!!!!!!!!!


Ah Imate San... Vas tu un jour cesser de me torturer par ton incroyable talent ? Cette histoire vas-t-elle arrêter de devenir plus intéressante à chaque chapitre ? Est-ce que tous ces rebondissements vont ils stopper leur enchainement endiablé ?

PIERROT!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Alors c'est ça, hein ? Les méchants de l'histoire (si tenté que Freeza fasse partie des gentils) :shock: L'organisation X, et son chef c'est
Spoiler
le mentor de Danmarine qui est soi-disant mort mais en fait qui l'est pas et...

Spoiler
Il est plus puissant que Freeza ??! c'est en tout cas ce qu'a dit Mélo


PIERROT!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ah et Sorbet en fait partie, enfin on le savait déjà, mais c'est fait pas un peu gros la Bague avec un gros X dessus ? Je veux dire : c'est comme se tatouer sur le front : JE SUIS UN TRAITRE. Ca irait si c'était une organisation secrète, mais c'est apparemment pas le cas pour les hauts gradés de l'armée que Freeza que Sorbet fréquente tous les jours.

MAIS COMMENT A-T-IL PU SE FAIRE LA MALLE ????????????!!!!!!!!!!!!!

Oui bon je vais pas revenir sur comment tu écrit tes personnages et leurs émotions, ça reviendrait à baver devant toi à chaque chapitre, comme un adorateur zélé du Dieu des personnages attachants dans les fanfics que tu es.

MAIS COMMENT IL SE FAIT LA MALLE A CHAQUE FOIS ?! :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?: :?:

Bon j'ai été un peu déçu par le Conseil des 5 je m'attendais à ce que ce soit des types qu'on avait jamais vu avant et qu'on ait donc un peu plus d'incertitudes sur ce qu'ils allaient décider et donc créer ainsi plus de tension mais bon...

MAIS POURQUOI IL EST REVENU ??????????????????????!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Un bon chapitre dans l'ensemble, même si il y a moins d'action que d'habitude. Enfin je fais ma fine bouche là, mais quand j'ai vu 86 messages, j'ai bondit de joie et je me suis mit à chanter et danser dans tous les coins.

PUT*** DE MER** LE ONE-CLOWN-SHOW C'EST QUOI ENCORE CE CIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIRRRRRRRQUE ?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!
Foenidis a écrit:« Face à celui de décembre, le monde tremble... un sourire aux fossettes, le nouveau se resservit un verre de 97. »
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Imate le Jeu Nov 09, 2017 17:27

Autant d'enthousiasme, ça fait plaisir, merci ! :lol:

Tu pars dans beaucoup de théories en tout cas. Je ne dirai pas si tu as raison ou non, mais je reviens juste sur une petite chose^^

Pour ce qui est de la bague de Sorbet, celle qu'il porte habituellement, donc qu'on voit dans Fukkatsu no F, est une simple bague sans motif. Celle qu'il montre à Danmarine est marquée du sceau de l'Organisation X, mais elle n'est pas celle qu'il porte tous les jours, bien sur.

En effet, moins d'action, mais au sortir d'une guerre planétaire, un peu de "calme" ne fait pas de mal, non ? :P

Sinon, un nouveau chapitre, ça botte quelqu'un ?....Non ? Tant pis, le voilà quand même :mrgreen:

Bonne lecture à tous !


* * *

Chapitre 22 : Le sort qui vous est réservé


Lancée à pleine vitesse, la sphère blanche traversa les aires, dévorée du regard par les yeux des spectateurs assistant au spectacle, et plus particulièrement, par celui qui vit l'objet venir vers lui. Il lui serait impossible de l'éviter, il était trop tard. L'objet sphérique non identifié s'écrasa sur lui. Et dans un vacarme des plus total...

La classe éclata de rire.

Lorsque la boule de papier percuta le visage du professeur entre les deux yeux, grâce au lancé ultra précis de Barta, les élèves ne purent que céder à l'hilarité, tandis que le glorifié lanceur remerciait son public d'une répétition de courbettes, applaudies par son verdâtre ami et compagnon de coups fourrés. Voyant bien qu'il ne retrouverait pas le respect de sa turbulente classe avant un moment, l'enseignant à la tête chevaline vêtu d'une toge bleu ciel regagna son siège et patienta derrière son bureau, alors que la porte s'ouvrit soudainement.

«Je veux tout le monde au garde à vous sans perdre une seconde !»

Dès que la voix autoritaire de l'homme à la longue chevelure rouge retentit, tous les élèves se replacèrent derrière leur pupitre, en silence, le dos aussi droit qu'une planche.

«Cet ordre ne vous était pas destiné professeur, je vous en prie, je me sens gêné de voir mon ancien instructeur dans cette position» avoua le grand roux – riant à moitié par gène – alors qu'il tendit sa seule main en direction de son interlocuteur, qui réalisa alors seulement qui venait d'entrer dans son cours.

-Ra...Ranfu kun ? Je veux dire, lieutenant Ranfu, je ne m'attendais pas à vous voir !

«Allons, pas besoin d'autant de formalités, vous savez que je ne suis pas homme à donner des ordres !» défendit le lieutenant en riant, lui qui venait de s'annoncer en ordonnant à la classe de se mettre en rang.

-Que nous vaut l'honneur de votre visite ?

-Je vous amène ce jeune garçon, il était censé tenir le lit encore quelques jours, mais il avait hâte de retrouver ses camarades.

Avant même de le voir entrer, Guldo et son grand ami bleu – après un échange de regard qui en disait aussi long que de longues phrases – se ruèrent vers la porte, que le jeune Kiwi franchit, aussitôt prit en tenailles par les accolades de ses camarades.

«Kiwi ! On s'est fait un sang d'encre ! Comment tu te sens ?» chouina le plus rapide de la classe en essuyant ses larmes, tandis que Guldo était trop occupé à renifler sa morve.

-Je vais mieux, je n'ai rien eu de cassé, les médecins disent que j'ai eu beaucoup de chance.

Après que les trois inséparables aient regagné leurs places – celle de Kiwi ayant était gardée précieusement par les deux autres en son absence, de même que deux autres places de la classe – Ranfu usa d'un efficace raclement de gorge pour attirer à nouveau l'attention de tout le monde.

-J'aimerai également vous présenter un nouvel élève qui va vous rejoindre à partir d'aujourd'hui. Il intègre l'académie en cours d'année par dérogation, alors je compte sur vous pour l'aider à s'intégrer au mieux.

«Tu peux entrer» chuchota le lieutenant une fois son annonce finie. C'est alors que, timidement, une petite tête pourvue d'une touffe de cheveux rouges passa le cadre de la porte, et se présenta lentement devant le reste de la classe.

-Bon...bonjour. Je...Je m'appelle...Re...Re...

«Reacum» termina Ranfu d'un ton autoritaire quoi qu'affectif, en posant sa main sur la tête de son fils.

Fils dont il ne pouvait qu'être fier après qu'il lui ait demandé lui même la veille à intégrer l'académie, alors qu'il avait jusqu'ici refusé catégoriquement d'apprendre l'art de la guerre.

«Pa...Papa ! C'est parce que je ne suis pas assez fort ! Si j'avais été plus fort, j'aurai pu combattre avec toi ! Et alors...peut-être que tu aurais encore ton bras ! Et pourtant...tu arrives encore à sourire. Parce que...tu es fort ! Je...je veux apprendre à me battre ! Je veux devenir aussi fort que Papa !»

Avait-il dit. Bien sur, Ranfu fut d'abord surpris, et voulut raisonner son fils. Lui expliquer qu'il n'était pas responsable. Que la place d'un enfant n'était pas avec lui sur le champ de bataille. Mais face à l'insistance de son fils, ce petit prodige de la danse qui le suppliait de lui enseigner l'art du combat dont il était si fier, le lieutenant ne put qu'accepter.

Reacum, en tenant son sac à dos devant lui, chercha une place dans la classe, hésitant, épié par chacun des élèves, mais aussi observé par son père, qui tenait à voir son fils faire son premier pas dans ce nouveau monde.

«Eh, tu peux t'asseoir là si tu veux, c'est la place de Apple d'habitude, mais il s'est blessé à l'entraînement, alors il viendra pas aujourd'hui.»

En entendant cette petite voix criarde, le petit rouquin se retourna, et vit Guldo pointer du doigt la place devant lui, juste à côté de Kiwi, et donc juste devant leur table à lui et Barta, qui l'accueillait lui aussi d'un large sourire.

-Je...peux vraiment ?

«Bien sur, aller assieds-toi !» insista le petit homme vert. Reacum se décida finalement à prendre place à côté de Kiwi, qui ne lui prêta pas une attention particulière, mais ne semblait pas hostile à sa présence. L'enfant regarda vers son père, cherchant son sourire. Et il le trouva sans mal. La joie de Ranfu était évidente, mais il ne l'afficha pas trop longuement.

Après avoir toussé encore une fois, le lieutenant annonça son départ, et laissa le cour reprendre normalement, ce qui profita au professeur Amu* qui put ainsi saisir l'occasion de ce calme retrouvé, et poursuivre sa leçon sur la survie en milieu inconnu. Malgré quelques bavardages, il se contenta de cette relative attention.

-Vous avez...des nouvelles de Naeko ? Et Ginyu ?

Barta et Guldo, devant la demande de leur ami, se regardèrent d'un air perplexe, avant de lui répondre.

-On pensait que tu en saurais plus. Toujours aucune trace de Ginyu. Et on a aucune nouvelle de Naeko depuis...tu sais, l'incident. Les autorités sont à sa recherche à la demande de sa famille. Mais...

Bien sur, Kiwi s'en doutait. Cela expliquait leur absence en classe, et le fait qu'il n'ait reçu ni carte ni visite de leur part à l’hôpital. Mais cela ne le rassurait pas pour autant.

Ou pouvaient-ils bien être ?



Que pouvaient-ils bien faire ?

Dans cette obscure pièce, l'un à l'apparence d'une grenouille se tenant debout face à l'autre, attaché sur une chaise, pieds et poings liés, ouvrant lentement les yeux après avoir ressentit cette désagréable sensation de froid qui venait sans doute du seau d'eau versé sur sa tête, et de ses cheveux blonds trempés qui tombaient sur son front.

-Réveillé, Ginyu ? Tu as retrouvé tes esprits, ou tu vas encore te comporter comme un animal ?

-Na...Naeko ? Ou est-ce qu'on est ?

-Bon, tu parles normalement, c'est déjà un bon début.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-J'ose espérer que c'est une boutade ? Tu veux me faire croire que tu n'as pas le moindre souvenir de ce qui s'est passé hier ? Tes grognements, tes élucubrations insensées ?

-Je vois. Pardonne moi...j'ai toujours un peu de mal à m'habituer à mon nouveau corps. Je manque encore d'entraînement...

En entendant Ginyu appeler son corps «mon» nouveau corps, Naeko ne put s'empêcher de coller son poing dans sa propre figure pour le faire taire.

-Te voilà revenu, en effet. Plus présomptueux que jamais.

«Et toi tu n'as rien perdu de ton arrogance à ce que je vois» répliqua Ginyu en crachant le sang de Naeko avant de le fusiller du regard. Une telle tension ressortait de cet échange que des éclairs semblaient relier leurs pupilles.

-On ne va pas perdre davantage de temps. Ginyu, rends moi mon corps sur le champ.

-Parce que tu penses pouvoir m'y obliger ? Tu n'as aucun moyen de pression sur moi. Que vas-tu faire ? Me tuer ? Dans ton propre corps ?

Après cette affirmation d'un Ginyu plutôt convaincu par lui même, Naeko, dans ce corps d'amphibien, garda le silence un moment, puis remonta ses manches, faisant calmement les cent pas devant le voleur de corps pendant quelques secondes, avant de s'arrêter face à lui.

-Si tu m'y obliges, alors je suis prêt à en arriver là.

Le petit blond n'eut que le temps d'écarquiller les yeux avant de sentir presser contre sa trachée les mains visqueuses de Naeko, résigné à s'étrangler lui même. Ginyu s'agitait, gigotait, tentait inutilement de bouger poignets et chevilles de droite à gauche pour se libérer et repousser cette grenouille qui l'étranglait à pleines mains.

-Tu ne me laisses pas le choix, Ginyu ! Je préfère encore passer le reste de mes jours dans ce corps répugnant plutôt que risquer de te voir te pavaner dans le mien !

Impuissant, voyant sa vision se troubler en même temps que son souffle se coupait, sentant peu à peu sa conscience s'éteindre et la vie de son nouveau corps s'estomper, Ginyu lâcha prise, cessa de se débattre, et fixa simplement son ancien corps dans les yeux en tentant inutilement de lui adresser un dernier mot, coincé dans sa gorge dont la sortie était obstruée par la pression qu'exerçait Naeko.

C'est alors qu'en se regardant lui même mourir lentement, voyant son propre visage devenir livide, ses propres yeux se révulser, sa propre mâchoire se détendre, Naeko desserra ses doigts et lâcha la trachée de Ginyu, presque étouffé, qui retrouva un semblant de conscience,

Et esquissa un sourire malicieux.

...

CHANGE !!

Devant les yeux ébahis de la grenouille anthropomorphe, l'atmosphère de l'obscure pièce s'éclaira d'une lumière dorée parsemant l'air d'éclats aux couleurs vives. Naeko eut l'impression de perdre chacun de ses sens, comme flottant dans un monde de vide sans lumière ni odeur, sans air ni pesanteur, simplement l'espace d'un instant, avant de se retrouver paralysé, incapable de parler ou même de bouger.

Pris au piège, attaché sur une chaise, avec face à lui un Ginyu plus en forme que jamais.

-J'ai vraiment cru que ma dernière heure avait sonné. Je ne te pensais pas assez sentimental, assez humain, pour avoir peur de te tuer toi même. Toi, le grand, le beau, le noble, le parfait Naeko !

À bout de souffle, la gorge endolorie, la tête en vrac, le blondinet ne pouvait qu'écouter son ravisseur, et essayer de retrouver son calme et de reprendre le contrôle sur lui même, en dépit de l'atroce douleur qu'il s'était lui même infligé quelques secondes plus tôt.

-Ce corps n'est peut être pas si mauvais finalement, en tout cas il fera l'affaire encore un temps. Quant à toi, tu dois avoir le cou pratiquement brisé à l'heure qu'il est. Peut-être vaut-il mieux que j'abrège tes souffrances sur le champ.

Ginyu, à nouveau dans son ancien corps, s'approcha de Naeko dont la vue revenait à peine à la normal, et dont la respiration saccadée peinait à reprendre son rythme. Le garçon leva difficilement les yeux vers son ennemi juré, ou plutôt vers celui qu'il considérait comme son rival dans cette relation malsaine qui les liait, voyant approcher de sa gorge les mains vertes et visqueuses de la faucheuse.

-Tu me manqueras, mon ami. Je transmettrai mes hommages à Kiwi quand je le reverrai.

Les pupilles de Naeko se dilatèrent lorsqu'il entendit le nom de son ami prononcé par celui qui avait tenté de lui dérober son corps avant qu'il ne s'interpose. Une décharge d'adrénaline se libéra dans son corps au moment ou il sentit le souffle chaud et nauséabond de Ginyu sur son visage, alors que ses mains saisirent sa gorge une nouvelle fois.

-Adieu, Naeko !

À cet instant, un horrible, un affreux craquement venait de résonner dans la pièce, lorsque l'os rompit soudainement. Du sang fut expulsé de sa bouche, et la chaise se renversa dans un grand fracas.

«Si tu n'avais pas baissé ta garde, je serai certainement dans l'autre monde à l'heure qu'il est» souffla-t-il d'une voix soupirante en tenant son poignet disloqué.

Oui, à cet instant, un horrible, un affreux craquement venait de résonner dans la pièce, lorsque Naeko se brisa le poignet lui même afin de se libérer de son entrave. Du sang fut expulsé de la bouche de Ginyu, lorsqu'il reçut le front de Naeko en pleine face, et la chaise se renversa dans un grand fracas quand le petit blond se releva soudainement, finalement libéré.

-Comment est-ce possible ?! Comment as-tu fait ?!

En voyant les liens glisser des mains de Naeko et tomber sur le sol, tout sembla clair à Ginyu. S'il avait su plus tôt que pendant qu'il était inconscient, celui-ci avait noué ses liens de façon à ce que l'on puisse s'en libérer simplement en se brisant le pouce ou l'articulation du poignet, il ne se serait pas résigné à changer de corps à nouveau.

Le batracien ouvrit la bouche de manière béante, avant que juste à temps, Naeko ne se serve de sa seule main valide pour la refermer en écrasant sa tête contre le sol, et n'utilise son genoux pour le retourner sur le ventre afin de lui coincer les mains dans le dos avec le pied.

-Si tu espères que je vais te laisser ne serait-ce qu'une seule occasion de l'ouvrir, tu te fourres le doigt dans l’œil. Que les choses soient claires, Ginyu, si j'entends ne serait-ce que le son «ch» émaner de ta bouche, si la lumière de la pièce est un peu trop jaune à mon goût, ou même si tu tends les bras simplement pour t'étirer, je t'arrache la langue. Ais-je été clair ?

Se refusant de parler, Ginyu acquiesça en hochant au mieux de la tête alors que celle-ci se trouvait écrasée sur le plancher. Il sentit alors la force de Naeko se relâcher légèrement, lorsque le jeune noble le laissa se relever.

-Très bien. Tu as parlé de ce que ma famille t'a fait subir, exact ? Alors tu vas tout me raconter te concernant. Absolument tout.

À l'extérieur de l'académie, descendant le long et large escalier en marbre rouge reliant l'édifice militaire situé en hauteur à la rue, Ranfu, qui venait de laisser son fils aux soins de son ancien professeur, avec à ses côtés le frère de son Général et meilleur ami, observa le ciel ensoleillé, dans lequel il était possible d'apercevoir – pour ceux sachant ou regarder – un satellite relativement proche de Freeza 79.

«Danmarine sama...comment puis-je vous venir en aide ?» murmura le lieutenant en voulant machinalement serrer le poing qu'il n'avait plus avant de se souvenir de son absence. Le roux posa sa main sur son épaule désormais dénuée de bras, et observa mélancoliquement la voûte céleste, observé par un bel homme adossé contre l'un des piliers de l'académie.

-Qu'a fait cet homme pour mériter tant de respect de la part de ses semblables ?

Ranfu se retourna, surpris, et aperçut derrière lui ce jeune homme bleu de peau à la chevelure verte qu'il pensait actuellement en prison.

-Qu'est-ce que tu fiches en liberté ? Si tu t'es évadé, alors...

«C'est votre Général qui m'a libéré»

À peine surpris par ce qu'il venait d'entendre, et sachant bien qu'il s'agissait de la vérité, Ranfu haussa tout juste les sourcils, peinant à cacher son sourire. Le prince étranger décroisa les bras et s'approcha du lieutenant afin d'observer le ciel rosé à ses côtés.

-Danmarine sama est...un homme bon. Il est juste, droit et honnête. Il tente de faire le bien quand cela est possible. Il a conscience de la valeur de la vie, et c'est pour cela que chacune des guerres auxquelles il a contribué le tourmentent chaque jour. Danmarine sama est un homme bon. Voilà tout.

«Et c'est simplement pour cela ? Parce que c'est un homme bon ?» demanda surpris le jeune Zarbon, perplexe face à la simplicité des paroles de Ranfu.

-C'est si rare en ce monde, alors...n'est-ce pas suffisant ?

À peine convaincu, le Pomélo-seijin n'eut qu'à penser à son défunt frère pour effacer ses doutes concernant la possible bonté de Danmarine. Probablement.

Ensemble, Ranfu et Zarbon jetèrent un dernier coup d’œil vers le lointain tribunal flottant, dans lequel Danmarine était en ce moment même jugé. Alors qu'une visite impromptue avait suffit à...

«...foutre le boxon ! Ce n'était pas mon intention première en venant ici, mais je dois admettre être satisfait de ce satisfaisant résultat !»

Dans l'assemblée, pas une personne n'était pas sans voix, à l'exception de Pierrot dont l'immense et rayonnant sourire trahissait l'intense joie que lui procuraient les visages choqués de juges et de ses paires. À son siège, Mame tenait entre ses mains l'un des dossiers que quelques minutes plus tôt, le clown avait fait magiquement sortir de sous son ombrelle. Byōna, lui aussi, était encore plongé dans une seizième lecture des rapports posés devant lui.

En bas, Danmarine suait à grosses gouttes, ne croyant pas ce qu'il venait de se produire. Seul Dodoria, de son côté, n'avait pas l'air de comprendre le moindre mot qui avait été prononcé depuis l'intervention du Général aux cheveux verts.

Un vieil homme à la peau verte flétrie et à la chevelure blanche ne couvrant que l'arrière de sa tête – le dessus de son crâne étant largement dégarni par les années – revenaient en courant ridiculement vers les juges, montant difficilement l'escalier menant à leurs sièges à cause de ce que l'âge faisait subir à ses articulations et au bon fonctionnement de son système respiratoire. Tous semblaient attendre son retour avec impatience, sans doute à cause du papier qu'il tenait entre les mains et qu'il venait d'aller chercher à la salle des communications.

Lorsque Mame prit le papier entre ses mains, aucune réaction ne se distingua sur son visage, laissant tout le monde dans le doute absolu. Ce n'est qu'une fois qu'il passa entre celles de PuiPui que certains commencèrent à imagine le pire en interprétant son sourire narquois. Mais ce fut finalement l'expression de Byōna qui perturba le plus les jugés. Une expression décomposée de surprise, une mâchoire décrochée par le choc, et un ruissellement de sueur sur son front.

-Il...nous disait la vérité ?

À cette annonce, Danmarine ne put retenir sa surprise lui non plus, manquant presque de tomber de sa chaise sous le regard perplexe de Dodoria, qui sursauta lorsque le poing de Rōku s'écrasa sur leur table commune quand le Général félin se leva de colère.

-C'est impossible ! Il ment, je sais qu'il est coupable !

-Voyons voyons, Six san ! Mon but était de vous tromper, il va de soi que je me devais d'avoir l'air crédible à vos yeux. Je peux pourtant vous assurer assurément que tout ceci est bien vrai.

«Et mes contacts vous l'ont confirmé, n'est-ce pas ?» cria le clown rieur à Byōna qui n'y croyait toujours pas.

Pourtant, la réponse obtenue était sans appel. Il devait bien s'agir de la vérité, qu'il le veuille ou non.

-Eh, Danmarine ! HE ! Tu vas me répondre oui ? C'est qui ce Coola qui vous fait aussi peur ?

Le poing serré contre la table, et un sourire inquiet allant de paire avec l'anxiété et la stupeur qui l'avaient frappé, le Général répondit finalement à son subalterne qui s'impatientait.

-Coola sama n'est autre que le frère aîné de Freeza sama...et d'après la réponse que nous ont transmis ses services de renseignements, le numéro d'identification qu'a donné Pierrot est valide. Pierrot est...un agent double au service de Coola sama.

-Je comprend bien votre choc, mais peux vous assurer que j'ai agit pour notre bien à tous. Kota san comptait s'en prendre aussi bien à Freeza sama qu'à Coola sama, il était nécessaire d'intervenir.

En effet, les preuves et rapports matérialisés par Pierrot un peu plus tôt – maintenant que son affiliation avec le frère de Freeza avait été confirmée par les services de renseignements de Coola eux mêmes, qui avaient confirmé le code d'identification du Clown que ce dernier avait charitablement transmis – semblaient irréfutables.

Des comptes rendus d'espionnage, des rapports détaillés sur Kota et le moindre de ses partisans, mais aussi sur tous ceux entrés en contact avec lui. Un florilège de détails croustillants et sordides, tant de choses permettant avec certitude d'identifier les coupables, et de distinguer les innocents.

Un florilège de détails, dans lesquels Danmarine ne releva quasiment aucune trace des événements s'étant produit sur Pomélo. En tout cas, aucune concernant Pierrot lui même.

Sorbet soupira puissamment une fois libéré de toute cette tension, pris d'un extrême soulagement, avant que Mame ne se lève de son siège pour s'adresser à l'auditoire, au grand dam de PuiPui, bien conscient que le mystère flottant autour de l'Organisation X ne serait pas écarté aujourd'hui, maintenant que son principal suspect avait été innocenté.

«À la lumière de ces révélations, nous ne pouvons que considérer le rapport de l'accusé Pierrot comme formel. Je déclare donc, le Caporal Dodoria, le Lieutenant Ranfu, ainsi que les Généraux Danmarine, Rōku et Pierrot, innocents.»

Libération.

Rōku et Danmarine se sentirent enfin libres et saufs, de même que Sorbet malgré son statut de juge. Dodoria, cependant, ne put s'empêcher de tilter sur un détail qui le dérangea suffisamment pour qu'il ose pousser une gueulante contre le Conseil des Cinq.

-Attendez une minute ! Et Satsu alors ? Il est innocenté lui aussi ?

«Veuillez tenir votre animal de compagnie en laisse, Général Danmarine» répondit sèchement le Général Suprême, PuiPui, fatigué par tant d'impertinence.

-Dodoria, le rapport des services de renseignements de Coola sama qu'a fourni Pierrot prouve notre innocence, mais...il n'atteste pas de celle du Général Satsu. Il va donc...

«Être déclaré coupable de haute trahison»

La voix de Byōna s'était élevée par dessus celle de Danmarine pour donner à Dodoria la réponse qu'il redoutait. Le Durian-seijin lança un regard dépité vers le Hera-sejin – muselé et enchaîné – condamné à un bien triste sort. Lui qui semblait déjà mort de l'intérieur.

-Vous...vous....FOUTEZ de moi ?! Il a risqué sa vie pour vous, et après vous prétendez être plus civilisés que mon peuple ? Sur Durian, on voue sa vie à celui qui sauve la notre !

-Notre empire n'est pas régit pas de telles traditions barbares dépassées. Un criminel reste un criminel. La séance est levée.

Devant un tel manque de préoccupation de la part de PuiPui, le chef barbare s'apprêta à montrer les dents, avant d'être interrompu par une vois semblant venue d'outre tombe.

-Arrête ça gamin...tu perds ton temps...

Pris d'un violent frisson, Dodoria se tourna vers son interlocuteur, apparemment toujours capable de s'exprimer malgré son état.

-J'étais déjà foutu...avant d'arriver ici...alors, arrête...

Il n'en revenait pas. Des leaders ingrats ne respectant aucune valeur, des camarades incapables de prendre la défense de leurs semblables, un homme puissant et fier résigné à mourir.

Était-ce ce monde tellement plus civilisé que le sien dont on lui avait parlé ?

Les gardes armés emmenèrent Satsu à l'extérieur du tribunal, sous les yeux de l'impuissant Durian-seijin qui restait planté là pendant que tout le monde s'éparpillait. Danmarine quant à lui suivit Pierrot du regard lorsqu'il quitta la grande salle. Une fois celui-ci passé par la porte, le Général se tourna vers Dodoria.

-Retournes au vaisseau, je vous rejoins dès que possible, je dois m'assurer d'une chose.

L'Actinidia-seijin se précipita en dehors de la grande salle, jetant son regard de droite à gauche, cherchant avec insistance autour de lui dans ces interminables limbes de couloirs blancs, quand soudain, une voix venant de derrière lui l'interpella.

-C'est moi que vous cherchez, Général Danmarine ?

Les yeux de l'intéressé s'écarquillèrent avant même qu'il n'ait à se retourner. Il s'agissait bien de la voix de celui qu'il espérait trouver ici. Mais il était pourtant certain de n'avoir vu personne en traversant ce couloir blanc, dans lequel un clown verdâtre devait sans doute être des plus visibles.

-Pierrot...comment as-tu fait ?

-Mais de quoi parlez-vous donc mon ami ? Je ne vois absolument pas de quoi vous...

«Je sais que vous êtes entré en contact avec les princes de Pomélo pour tenter de les rallier à votre cause» interrompit le Général en se tournant finalement vers Pierrot.

-Si vous étiez vraiment un agent de Coola sama infiltré dans les rangs de Kota, vous n'auriez jamais essayé de mener à bien les négociations. Et vous n'auriez eu aucune raison de cacher aux juges vos actions sur Pomélo.

-Des accusations bien précipitées mon cher, d'autant plus sans la moindre preuve pour les appuyer. Douteriez vous de la véracité des affirmations des agents de Coola sama ?

-J'ignore encore comment vous vous y êtes pris, Pierrot. Mais je suis sur d'une chose. Vous ne nous avez pas tout dit.

Les deux Généraux se fixèrent dans le blanc des yeux en silence, le visage figé pendant plusieurs secondes. Avant que Pierrot ne révèle finalement un affreux sourire donnant à son visage une expression sombre et sanguinaire.

-Alors vous vous en doutiez ? Mais dans ce cas, pourquoi n'avoir rien dit avant la fin de l'audience ?

Aucune.

Non, aucune réponse ne vint à l'esprit de Danmarine, qui se sentit poignardé par cette question du clown qui semblait avoir déjà trouvé sa réponse.

«Je vais vous dire pourquoi, Danmarine san» railla le clown avant d'approcher lentement sa bouche de l'oreille de Danmarine afin de lui susurrer d'autres mots doux à voix basse, une terrible expression de plaisir malsain donnant à ses traits une apparence inquiétante.

«Parce que vous n'avez rien dans le pantalon» murmura-t-il en laissant son souffle tiède humidifier le creux de l'orifice auditif de l'Actinidia-seijin, avant de saisir à pleine main son entre-jambe.
«Vous n'aviez pas les cojones de mettre en doute ma parole devant les juges, la parole qui vous innocentait, de peur de risquer de perdre votre misérable petite existence bien tranquille.»

Lentement, Pierrot remonta sa main le long du corps de Danmarine, et lui tapota la joue avant que l'Actinidia-seijin ne saisisse sa main d'une poigne ferme, et ne la dégage en soutenant le regard du Clown.
Pierrot se lécha les lèvres, presque par jouissance, puis partit en ricanant et en faisant claqueter ses talons aiguilles, laissant là le Général, humilié, qui compressa son poing et ses dents de rage d'avoir été ainsi heurté dans sa fierté. Mais il relâcha malgré lui la tension lorsqu'il réalisa...

-Je suis...faible...

Que Pierrot avait raison.



En retournant à l’embarcadère, Danmarine retourna cette humiliation dans sa tête encore, et encore. Il se haïssait de ne pas avoir fait part de ses soupçons, de ne pas avoir parler de leur rencontre sur Pomélo, et de son lien avec les princes, de ne rien avoir fait pour démasquer Pierrot, pour découvrir la vérité à son sujet. Mais il n'en était simplement pas capable. Il le savait. Et penser à son frère qui l'attendait, à la promesse qu'il avait faite à Melo, au soutien dont Ranfu avait besoin ; penser à tout cela ne faisait que renforcer sa conviction.

Lorsqu'il aperçut Byōna sur le point de regagner son vaisseau personnel, Danmarine attira son attention.

-Que voulez vous Général Danmarine ?

-Je dois vous parler. À vrai dire...

Il le savait. Son devoir était de lui dire. De faire part de ce qu'il savait. Byōna lui ferait sans doute confiance, lui qui soupçonnait le clown depuis longtemps.

Mais seul un silence hésitant sortit de sa bouche.

-Et bien ?

-Je...je tenais simplement à vous dire que...Satsu a été une aide précieuse sans laquelle nous n'aurions jamais pu déjouer la révolution de Kota. Il tient sincèrement à se repentir.

Danmarine serra son poing, furieux envers lui même. Furieux contre lui même. Furieux de ne pas avoir la force de parler. À peine satisfait de cette veine tentative de se donner bonne conscience.

-Vous tenez donc tant à prendre la défense de cet homme, pas vrai ? Très bien, vous ne me laissez pas le choix. Dans ce cas, je tiendrai compte de vos éloges au moment de décider de sa peine.

Reconnaissant malgré tout, Danmarine remercia l'espion et le gratifia d'un salut respectueux, puis rejoignit Dodoria à bord de leur navette, observé par un Byōna interrogatif, et toujours plus soupçonneux, qui maintint son regard jusqu'à l'envol du véhicule à propulsion.

* * *

Devant la porte de son appartement, Danmarine prit une longue inspiration avant d'approcher son doigt du bouton d'ouverture. Mais avant de l'enfoncer, il entendit, à l'intérieur, les voix d'enfants s'amusant et riant aux éclats. Partagé entre la surprise et l'instinctive joie provoquée par ce doux son à nul autre pareil – bien loin des cris de douleur et des explosions – le Général ouvrit finalement la porte, découvrant sur son lit quatre petits garçons sautant et rebondissant ensemble.

-Grand frère !

Profitant de l'effet rebondissant des ressors du matelas hors de prix du lit impérial, Kiwi se laissa propulser vers son grand frère et atterrit directement dans ses bras. Alors que les rires de ses trois amis s'étaient tus depuis l'arrivée de Danmarine, le seul rire de Kiwi suffisait à animer la pièce plus qu'elle ne l'avait jamais été. Le Général serra la tête de son frère contre lui, heureux de le voir ainsi sur pied. De le voir, enfin, à la maison.

-Arrête, tu me serres trop fort, j’étouffe !

Ayant entendu Kiwi s'agiter et la porte s'ouvrir, Ranfu, jusqu'ici sur le balcon, poussa le rideau pour voir son Général. Attendri par cette scène, de voir Kiwi si heureux de présenter à son frère ses trois amis, lui présenter son fils, Reacum, le lieutenant se retenait d'exposer ses émotions au delà de ce sourire si chaleureux.

Le Général et son Lieutenant, lorsque leurs regards se croisèrent enfin, se saluèrent d'un simple hochement de tête, et d'un sourire sincère. Alors que cela faisait plusieurs jours, Danmarine, pour la première fois depuis qu'il avait quitté Pomélo, se sentait enfin chez lui.

Il retrouvait son frère. Il rencontrait ses amis. Il retrouvait le sien. Il regardait à ses côtés son frère et son fils rire ensemble. Il observait Dodoria – bien que sur la retenu – faire connaissance avec Kiwi et les autres enfants, étrangement timide face à eux, mais aussi protecteur malgré son attitude bourrue, comme s'ils lui rappelaient quelqu'un.

Il haussa les sourcils, plus ravis qu'étonné, en voyant Zarbon ouvrir le rideau du balcon ou il conversait avec Ranfu depuis plus d'une heure. En le voyant lui tendre la main, malgré un visage neutre.

Quelle que soit la manière dont il regardait cette scène, Danmarine n'y voyait que bonheur. Peut-être que la présence d'une certaine personne la rendrait parfaite si elle ne l'était pas déjà.

Alors que les enfants poursuivirent leurs jeux dans la chambre, les quatre adultes s'étaient réunis sur le balcon en pierre beige, seulement éclairés par la lumière du couché de soleil. Zarbon assis sur la rambarde non loin de Dodoria qui y était accoudé, Ranfu assis sur une chaise, et Danmarine, adossé contre la porte fenêtre fermée au préalable, profitaient de ce rare instant de paix pour faire le bilan. Le Général leur parla du procès. De ses coups de théâtre. De son issu. De ses doutes concernant Pierrot, qui ne purent qu'interpeller Zarbon. Il évoqua également sa conversation avec Byōna qui lui assura qu'il ferait de son mieux concernant le cas de Satsu, ce qui fit le bonheur de Dodoria, mais aussi – étrangement – de Ranfu.

Mais de toute évidence – et ils souhaitaient s'en convaincre – le plus dur se trouvait maintenant derrière eux.

Après un moment passé ensemble, Ranfu retourna chez lui avec son fils, Barta et Guldo repartirent chez eux en un éclair, provoquant la stupéfaction de Dodoria resté bouche bée devant cet exploit, avant de prendre congé lui aussi. Finalement, seuls restèrent Danmarine, Kiwi, et Zarbon, dans ce grand appartement aux teintes dominantes de blanc et de rouge.

Et de là ou il était, de là ou il observait, le prince, malgré lui, ne put s'empêcher de les voir lui et son frère Melo en regardant Danmarine et son jeune frère cadet, ensemble.

Et le prince, malgré lui, malgré sa profonde peine, sourit.

* * *

-Mais grand frère, j'ai pas envie d'y aller, je dors debout...

-Si tu n'avais pas veillé si tard hier soir, tu ne serais pas fatigué. De toute façon nous sommes presque arrivés, alors arrête de te plaindre.

Sur le chemin de l'académie, Kiwi se rendait à contre cœur en cours, accompagné par son frère pour la première fois depuis longtemps. C'était d'ailleurs sans doute là sa seule joie. Mais le petit Actinidia-seijin prenait sur lui, aussi parce qu'il savait qu'il retrouverait ses amis en classe et que leurs pitreries le remettraient d’aplomb.

Aux yeux de Danmarine, rien ne pourrait venir gâcher cette journée ensoleillée, sa première journée de permission pleinement libre depuis son retour de Durian d’où il avait ramené Dodoria. En montant les grands escaliers rouges menant à l'académie, le Général respira le bon air, écouta le chant des oiseaux, serra la petite main de son frère, et profita de cette paix bien

-Grand frère, pourquoi les gens courent comme ça ?

Tout autour, les passants commençaient à s'agiter, à s'appeler les uns les autres, à se précipiter dans la même direction, vers la grande place. Kiwi lâcha la main de son frère et gagna le sommet des escaliers en courant malgré l'interdiction de son frère qui le laissa partir, distrait par l'agitation soudaine.

Par ce mauvais pressentiment qu'il ne connaissait que trop bien, et qui le plongea dans un profond malaise.

En montant les escaliers menant à l'académie, le Général sentit dans l'air une odeur de sang, n'entendit que les cris et les réactions choquées, et pressa le pas pour rejoindre la foule et découvrir la raison de la panique ambiante. Lorsqu'il atteignit la dernière marche, et retrouva son frère en compagnie de ses amis, chacun marqué par la peur, Danmarine interrogea Kiwi, qui s'avéra incapable de lui donner une réponse, trop perturbé pour réagir.

Mais cette dernière vint d'elle même lorsque Danmarine regarda dans la direction vers laquelle tous les regards étaient tournés. Vers la grande place elle même noire de monde, ou le spectacle morbide sujet de tant d'attention se jouait.

Vers cette estrade surélevant la large croix de métal sur laquelle avait été cruellement crucifié nu aux yeux de tous le grand Général Satsu, plié en deux, les poumons compressés, suffoquant dans son propre sang, le teint pâle et la chair marquée de brûlures et de cicatrices, dégoulinant de sang.

-Que ceci serve de leçon à tous ceux qui prétendraient défier sa majesté Freeza sama ! C'est le sort qui vous est réservé !

Son ultime avertissement donné, Byōna leva la tête et croisa le regard de Danmarine qu'il fixa froidement avant de quitter la scène.

Le Général ne sut comment réagir, et ne put – comme chacun des spectateurs présents – que regarder le puissant Général Satsu, les mains et les pieds cloués sur cette croix d'acier, se vider de son sang tandis que son visage, à l'habitude imposant et inspirant crainte et respect, n'était plus que le masque de mort que portait l'ombre d'un guerrier autrefois reconnu.

L'ombre bleue s'éteignait au plus bas de sa gloire, endormie dans son propre sang, et avec elle, le dernier représentant connu du glorieux et invincible peuple de Hera.

À suivre !

-Le nom du professeur «Amu» vient de «Uma», Cheval en japonais, en référence à son physique, tout simplement
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar broly97 le Ven Nov 10, 2017 13:55

Bonjour cher Imate ! étant donné ... Attends deux secondes [mode troll hater de DBS complètement aveuglé activé :twisted: :twisted: ] Voilà. Bon je disais, étant donné ta tendance à défendre l'infâme license DBS j'ai réfléchi à la meilleure façon de te nuire et quoi de mieux de t'attaquer gratuitement dans un domaine que tu affectionne comme la fanfiction (moua ha ha ha !!). Bien donc c'est parti.

Bon commençons donc (prend un air profondément hautain, style le cliché typique d'un patron du CAC votant LREM avisant un gréviste votant FI, ou vice versa, cela marche dans les deux sens)

-Le prologue était pas mauvais, et il y a au moins le minimum syndical de hype avec Danmarine, personnage sans doute allègrement piocher dans Calfiryu (fait semblant de ne pas voir que la date du prologue est antérieur à la date du commencement de la fic d'omurah). Et il est court (donc pas matière à trouver beaucoup de défaut :evil: )

-Pour le premier chapitre :
-Olalala ! Le cliché de la race de Dodoria ! Tas de muscle, donc civilisation obligatoirement primitive. On ne l'avait pas vu venir. :|

-Pas assez de description au niveu des combats de mêlée ! Même si ça nécessite au moins quatre fois plus de temps (et que l'on a pas vraiment ce temps) que de décrire un vrai combat, cela ne passe pas :evil: ! Oui ! certe on sens que l'on ait dans une bataille et tu nous donne assez d'info pour que ce soit le cas, mais moi je m'attends à plus de sensationelle.

-Le combat Dodoria/Danmarine passe, d'extrême justesse, mais passe. C'est juste parce que j'ai une vague sympathie par le fait que l'on appelait Flux l'énergie vitale avant le Ki. mais sinon, hormis le combat clairement décris et les dialogues, certes pas extraordinaire mais juste, il n'y a pas grand chose à sauver.

Bref pour moi ce chapitre et le prologue c'est un 4/20 !! (4 point en moins parce que peut mieux faire et 12 points en moins parce que tu défends DBS :twisted: :twisted: )

Bref c'est médiocre tout ça ! Et dire qu'il reste encore une vingtaine de chapitre à lire :x :x

[ [ mode troll hater de DBS complètement aveuglé désactivé :) :) ]


Spoiler
Plus sérieusement, il y a une remarque quue je voudrais faire concernant le mot "homme". C'est pas plus pour toi que d'autres auteurs,
mais je tiens tout de même à le dire. Quand l'on parle de troupe extraterrestre, je ne penses pas que ce soit très judicieux d'appliquer le mot "homme", car je penses qu'il convient aux humains, mais pour les extraterrestres je ne penses pas qu'ils aient créer ce mot dans leur vocabulaire, car ils n'ont jamais dût rencontré d'humains mâle. Ceci est mon ressenti.
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Re: Dragon Ball Extended Universe : Les Chroniques d'une Gue

Messagepar Imate le Ven Nov 10, 2017 14:13

Bon, c'est un peu du troll, mais si y'a bien un point positif, c'est que ça m'a fait rire (surtout par rapport au clin d’œil dans Califru). C'est vraiment de notoriété publique cette réputation de fanboy que j'ai ? :lol:

Si tu lis la suite en tout cas, je serai ravis d'avoir un vrai avis, si le cœur t'en dit :mrgreen:
Mais plus sérieusement, merci pour les jolis compliments glissés "subtilement" ci et là :P

Et merci d'avoir eu la curiosité de venir y jeter un œil. Vu que mon style a pas mal changé vers le chapitre 6 et complètement vers le 10, je songe parfois a réécrire au moins les premiers, qui me semblent plus forcément à niveau avec ce que je fais aujourd'hui. Je trouverai peut être le courage un jour qui sait. C'est quand même lisible rassure moi ? xD (16/20 ? Tu me flattes^^)

Sinon pour ta remarque, tu verrais plus le mot mâle toi ? Perso j'ai toujours réfléchi en me disant que les termes homme/femme/humain pouvaient s'appliquer également aux extraterrestres dans la mesure ou pour moi, ils sont humains, humanoïdes, tout comme nous le sommes. Toute espèce humanoïde peut être qualifiée d'humaine pour moi, et donc se voir appliquer les qualificatifs "homme" et "femme". Simplement, nous sommes des Terriens, mais aussi des humains. Partant de là, un habitant de la planète Mars peut être qualifié d'humain (s'il est humanoïde) mais pas de Terrien. J'ai toujours raisonné de cette façon^^

Encore merci du comm' :D
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