CHAPITRE 150
La Volonté du Feu
– Raditz !Cette voix familière, douce et sévère et la fois, résonnait dans l'esprit du Saiya-jin brisé.
– Raditz...Le murmure de reproche perçant dans ce timbre si familier réveillait chez le Saiya-jin quelque chose de plus primitif encore que ses instincts belliqueux.
– Regarde-toi...Cela allait même au-delà de toute description : elle touchait jusque dans le cœur du guerrier défait, s'infiltrant à travers son âme qu'il pensait déjà brisée.
– Mais dans quoi t'es-tu encore embarqué... ?Car c'était sa mère.
Pourquoi Raditz l'entendait-il ?
S'agissait-il d'un rêve, d'une hallucination liée à son état ?
Ou pouvait-il déjà avoir rejoint l'autre monde ?
Oui, cela devait être ça...
– Laisse, Gine, intervint alors une autre voix, au timbre plus abrupt quoique pas moins connu.
– Tu ne devrais pas encourager ton fils dans ces situations, Bardock !
– Au contraire, c'est comme ça qu'il apprend... Je suis fier de toi, Raditz.Un sentiment inédit, aussi puissant que toute sa rage accumulée, envahissait l'âme du guerrier vaincu, dissipant sa souffrance. Ce devait être l'appel de la faucheuse.
Le profond soupir de sa défunte mère sembla atténuer le voile dans lequel s'enfonçait l'esprit de Raditz. Ses sens se manifestaient légèrement tandis que se réveillait dans son esprit le souvenir très récent de celui qui l'avait terrassé...
Il revoyait l'image de Naruto, dont la détermination résonnait à travers le lien insaisissable qui s'était finalement tissé malgré eux, outrepassant les notions de temps et d'espace. Leur dernier combat semblait étrangement très lointain, appartenant clairement à une dimension dont il se trouvait à présent déconnectée.
Tout autour du Shinobi et du Saiya-jin qui se faisaient face, il y avait une multitude d'ombres.
Raditz se sentait étrangement jeune. Peut-être retrouvait-il, malgré lui, les sensations de son vivant.
Et les ombres, indiscernables, lui apparaissaient brutalement comme les terribles regards de ceux qui le jugeaient, depuis sa plus jeune enfance, depuis sa naissance.
Ces regards hurlaient plus que mille voix. Il les haïssait.
Renfrogné, il abaissait les épaules. Il voulait disparaître.
Non, il voulait leur prouver, à tous, qui il était.
Ils le voulaient, tous les deux...
Relevant son visage, Raditz découvrait dans le regard pétillant du ninja le plus imprévisible le même éclat de détermination.
Au fond, ils étaient pareils. Si la destinée avait évolué autrement, rien de tout cela ne serait arrivé.
Mais c'était ainsi.
Pourquoi Naruto lui souriait-il ? Et pourquoi lui tendait-il la main ?
Tout semblait si simple ; c'était comme s'ils étaient des enfants, l'un face à l'autre, portant le poids identique d'une souffrance imposée par leur condition à travers des époques et des mondes pourtant déconnectés.
Il semblait pourtant y avoir un lien.
Les ombres se dissipaient, effacées par un nouvel éclat.
Il se trouvait à ses côtés, aux côtés du Saiya-jin dont il partageait le sang.
Le contact chaud d'une main ferme se posant sur son épaule lui faisait réaliser vers qui d'autre le Shinobi adressait cette expression bienveillante.
Sans même le voir, Raditz avait déjà compris. Car il le ressentait.
Il se dégageait de cette scène un incompréhensible sentiment de déjà-vu. Et pourtant, cela n'avait aucun sens. Les faits ne concordaient pas pour provenir d'un souvenir.
Raditz et Naruto ne pouvaient pas s'être connus dans l'enfance. Il s'agissait une évidence. Mais cet étrange phénomène s'expliquait vraisemblablement par l'intensité générée par le contact – particulièrement puissant en cet instant fatidique – entre le Shinobi et le Saiya-jin.
Ce qui échappait encore à la logique du Saiya-jin, c'était la présence de ce troisième individu, cet éclat nouveau, différent, que Raditz n'avait jamais entendu autrement que par ses pleurs, et que Naruto n'avait jamais pu voir autrement que par l'étrange similitude qu'ils partageaient eux aussi.
Peut-être s'agissait-il simplement de l'expression de son Inconscient. Mais quand il entendit la voix de celui qui s'avançait à son niveau, serrant à sa place la main tendue du seul Shinobi que lui-même aurait pu, dans une autre vie, considérer comme un frère d'arme, il n'avait plus aucun doute quant à son identité. En fait, alors même qu'il ne l'avait jamais entendu prononcer un mot, c'était comme si Raditz avait toujours su qui était cet homme qui se tenait entre lui et Naruto, à la manière d'un pont immatériel rejoignant leurs existences hypothétiquement liées.
– À mon tour... murmura alors simplement la voix anormalement familière de celui qui semblait maintenant s'imposer dans l'esprit du Saiya-jin.
Peut-être s'agissait-il de la vraie explication du sourire dessiné, malgré lui, sur le corps terrassé de Raditz. Néanmoins, une dernière pensée, peut-être simultanée, brûla dans son âme tandis que son corps dévasté traversait les cieux du monde qui l'avait finalement vaincu...
* Kakarot... ****
C'était fini.
Cette fois, il n'y avait définitivement plus aucun doute.
Les Shinobi avaient gagné.
Le Saiya-jin était défait.
La lueur de Raditz se dissipait à travers l'horizon sous l'éclat du Soleil levant. Et Naruto s'écroula, retombant définitivement dans le coma.
Il fut rattrapé par une épaule bienveillante : celle du symbolique maître de l'équipe 7, Hatake Kakashi.
* Naruto... pensa le Jōnin, son regard se posant en direction de son élève inconscient étendu contre lui. *
Il poussa un profond soupir et pivota ses yeux droit vers les Sharingan de Sasuke, lequel restait résolument étendu au sol, toujours conscient.
* ... Sasuke... *Le ninja copieur fronça les sourcils.
– Vous avez...
– ... sauvé le monde, acheva une voix derrière lui.
Jiraiya, partiellement revigoré par les bons soins de Tsunade qui l'accompagnait péniblement, avait rejoint la scène. Hiashi, Gaï et Shikamaru arrivèrent à leur tour, le corps lourd mais l'esprit visiblement allégé. Et peu à peu, ils furent suivis d'autres Shinobi, issus des plus lointains champs de bataille. Tous épuisés, blessés, parfois grièvement, ils affichaient néanmoins une expression totalement nouvelle, représentant ce qui semblait avoir disparu depuis la chute des nations.
C'était l'espoir.
Une véritable ronde d'honneur se formait petit à petit autour des Genin qui reprenaient lentement connaissance...
***
Mikoto sentit son corps retrouver tous ses mouvements. Le sceau de Madara s'était totalement estompé, son auteur finalement ôté de ses forces.
Les yeux fixés sur l'Uchiha légendaire étendu dans les bras de Zetsu, la mère de Sasuke remarqua l'infime flux de Chakra résiduel parcourant son corps défait. Cette fois-ci, même une greffe ne suffirait pas. Mais cela ne changeait rien ; aucune faille, aucune ouverture ne pouvait être tolérée...
Il s'agissait de Madara Uchiha.
Alors, sans perdre la moindre seconde, elle s'élança. Dans sa course, elle s'empara de son katana planté au sol, fusant droit vers Zetsu.
Ce dernier ouvrit grand les yeux de stupeur, comme au ralenti, car Mikoto était trop vive. Ses Sharingan brillant avec l'intensité de sa détermination, elle prit de vitesse l'insondable entité bicolore qu'elle trancha côté noir.
Le symbiote décomposé laissa ainsi s'écrouler lourdement le corps de Madara Uchiha au sol. Mikoto, emportée dans son élan, n'hésita pas. Sa lame fusa droit vers la poitrine du terrible aïeul de son clan.
Son mouvement fut arrêté à un millimètre de sa cible, ses membres entravés par une série de lianes issues du sol : le Mokuton de Zetsu. Serrant les dents, Mikoto usa de toute sa volonté et parvint à prendre le dessus sur cette terrible contrainte.
Et son katana entra en contact avec le corps de Madara, s'enfonçant lentement dans sa chair. Du sang commença à couler.
– Le cœur... murmura alors l'Uchiha légendaire, auquel la douleur avait fait reprendre connaissance, et dont le regard presque éteint fixait la zone vers laquelle pénétrait la froide lame de la terrible vengeresse de son clan.
Quelle ironie...Mikoto l'ignora, poursuivant son action ralentie par la tentative d'immobilisation désespérée de Zetsu.
– Comme ton fils... poursuivit alors Madara.
Car j'ai... déjà son cœur...
– Ferme-la, grommela Mikoto, ayant perdu tout respect pour son aïeul, concentrée dans sa tâche de l'achever.
– ... Sasuke...
– Ne... prononce... pas... son... nom... !Un sourire se dessina sur les lèvres de Madara, s'apparentant néanmoins davantage à une vive grimace de douleur tandis que, revigorée par un excès de rage, la lame de Mikoto s'enfonçait davantage, outrepassant l'étreinte du Mokuton.
– Tue-moi... de sang-froid... murmura le terrible Uchiha.
Et il deviendra...
– ...
– ... Madara... !Mikoto s'immobilisa soudain, sous l'attention estomaquée et lointaine de Kagami.
Zetsu restait focalisé sur la scène, son regard clairvoyant enregistrant toute la scène.
Il y avait un individu, au loin, qui la fixait. Sa silhouette, immobile, ne laissait rien entrevoir d'autre que son ombre. Mais sa seule présence fit prendre conscience à Mikoto de ce qu'elle s'apprêtait à faire.
Madara était le danger. Il s'agissait d'une évidence.
Et elle le haïssait. Elle le haïssait pour tout ce qu'il disait, mais plus que tout, elle haïssait le sens même de ses paroles.
– MON FILS NE DEVIENDRA JAMAIS COMME TOI ! hurla-t-elle.
– Vraiment... ? murmura le terrifiant Uchiha légendaire, presque amusé.
Alors, si tu en es sûre, héritière d'Izuna...Elle grimaça de dégoût à l'évocation de leur lointaine parenté commune.
– ... Tue-moi, l'invita de nouveau Madara.
Et tu laisseras... un trône vide... derrière moi... !– ...
– Tue-moi ! reprit-il faiblement, crachant un filet de sang.
Mikoto effectua un bond en arrière, esquivant un assaut en traître du Mokuton qu'elle trancha net de sa lame, écartant du même coup les branches qui l'entravaient jusqu'alors. Et, sans laisser le temps à Zetsu de la rattraper, elle rebondit vers Madara, prenant de vitesse toute nouvelle protection potentielle de son associé.
Son katana vint se placer entre les deux yeux de sa cible. Mais il s'immobilisa de nouveau.
La seule différence, c'est que Zetsu ne l'avait pas arrêtée. En fait, personne ne l'avait fait.
Alors, le faible sourire maléfique de Madara s'étira.
Mikoto venait de dévoiler sa première hésitation.
– Son cœur... reprit l'agonisant.
En tant que mère, tu l'as senti...Le corps tout entier de Mikoto tremblait, pétrifié, tétanisé par l'idée traumatisante que les seules paroles de Madara inspiraient à toutes ses cellules maternelles.
– Ou peut-être... reprit Madara, pivotant son regard en direction de la silhouette lointaine qu'avait fixé Mikoto l'instant d'avant, et qui avait disparu.
Peut-être s'agit-il simplement... du destin des Uchiha...De lointaines silhouettes faisaient leur apparition. Il y avait un oiseau d'argile qui approchait, dos au croissant de Lune s'estompant sous la lumière naissante de l'aube, et qui portait sur son dos trois individus vêtus de capes aux nuages écarlates.
– Dernière chance... murmura Madara, qui avait également remarqué l'arrivée imminente de l'Akatsuki.
Mikoto reporta son regard dans sa direction. Derrière elle, Zetsu restait totalement immobile, conscient de ne pas pouvoir empêcher quoi que ce soit dans cette configuration.
La main de l'Uchiha réincarnée, tenant son katana tremblant au dessus du front de Madara, s'abaissa alors, à la stupeur de Yugito, la Jinchūriki étendue au sol qui reprenait lentement connaissance. Mikoto resta immobile un instant, le regard perdu dans le vide.
Puis elle poussa un hurlement déchirant, profond, déversant toute sa rage qui résonna au pied de la montagne sacrée.
Tandis que le son s'estompait, elle ne bougea plus, avant de se tourner vers son ancienne ennemie de Kumo. Et elle fit quelques pas dans sa direction, s'éloignant du corps de Madara. Puis elle s'abaissa, et la prit sur son épaule.
Zetsu, à peine reformé, esquissa un geste pour récupérer la Jinchūriki, mais le seul regard perçant de l'Uchiha réincarnée qui la portait calma aussitôt ses ardeurs. Mikoto s'éloigna au moment où arrivaient les trois derniers membres de l'Akatsuki.
Les célèbres criminels posèrent pied à terre, face à leur maître.
– Madara... murmura Kisame, visiblement choqué de voir la légende dans un tel état.
Il y eut un profond silence.
– Tu es... bien mal en point... remarqua Deidara, avec une étrange malice, pas forcément bienveillante.
Zetsu fronça les sourcils, observant les trois derniers membres de l'Akatsuki devant leur chef défait. En cet instant, même s'ils étaient eux aussi affaiblis, ils pourraient aisément l'achever.
– Sais-tu ce qu'il advient... d'un requin mourant ? interrogea alors Kisame.
Madara abaissa sombrement les paupières.
– Le mensonge... prend donc fin.Le sourire de l'homme-requin s'étira tandis qu'il s'approchait dangereusement de son maître vaincu. Sasori fronça les sourcils.
– Kisame...Deidara lui-même resta silencieux, curieusement mal à l'aise face à cette scène.
Kisame s'abaissa alors, et il prit Madara sur son épaule, en douceur, à la surprise de ses deux partenaires.
– Un monde sans mensonge... murmura l'épéiste de Kiri, tournant son regard prédateur en direction du vrai requin mourant qu'il visait.
J'ai hâte de voir ça...Et les deux autres membres de l'Akatsuki remarquèrent, au loin, la silhouette étendue au sol du Yondaime Hokage inconscient.
* Je vois... comprit alors Zetsu, un sourire illuminant sa face.
*La bouche de Deidara s'entrouvrit de stupeur.
– C'est... !Alors, une expression sadique illumina son regard, tandis qu'il amorçait un pas excité en direction de l'Hokage abattu. Son art brillerait par-delà toutes les considérations en emportant une victime aussi illustre.
Mais la main de Sasori se tendit soudain devant lui. Deidara s'arrêta, surpris. Observant le marionnettiste roux de Suna avec contrariété, il remarqua alors que le regard de ce dernier restait tourné en direction de la silhouette de Mikoto.
Celle-ci s'était immobilisée, le symbole Uchiha dans son dos vers les capes aux nuages écarlates de ceux qui la fixaient en silence.
Deidara voulut protester, mais l'intimidation oppressante de l'atmosphère suffit à lui faire ravaler sa fierté.
Kisame analysa le regard de Sasori, qui en disait long sur la situation, en particulier après son précédent combat : cette femme était plus forte que le légendaire Kakashi. En l'état actuel des choses, une telle confrontation serait trop dangereuse. L'épéiste en savait quelque chose, pour avoir tant côtoyé son fils aîné. Un sourire s'affirma néanmoins sur les lèvres de l'homme-requin lorsqu'il repensa au puissant Dōjutsu dans lequel l'avait plongé le cadet juste avant la fin du combat contre le Saiya-jin. La noirceur de Sasuke Uchiha ne demandait qu'à s'exprimer, et sa mère en savait visiblement quelque chose...
En cet instant, la sagesse revenait au marionnettiste, dont l'impatience pourtant connue ne supprimait pas sa prudence.
L'artiste aux explosifs poussa finalement un soupir, puis il se détourna. Et Mikoto reprit sa marche, portant toujours la Jinchūriki sur son épaule, pour se diriger vers le corps étendu de Minato.
– Si tu es sûr de toi... ronchonna finalement Deidara, voulant garder la face.
Mais on perd un Jinchūriki...
– Mais comme vous parliez de requin, intervint alors une nouvelle voix, terriblement puérile.
On gagne... un plus gros poisson !Toute l'attention se tourna en direction du nouvel arrivant. Le regard lointain de Yugito, dont la tête se trouvait contre le dos de Mikoto, visualisant parfaitement l'échange de l'Akatsuki, se déforma soudain sous le choc qui la frappait par-delà son état.
Elle découvrit ainsi avec horreur le corps inconscient que tenait le Zetsu spiralé.
C'était Killer Bee.
– Heureusement que le Mokuton est adapté face à ces monstres, parce que j'en ai quand même sacrément... chié !Les yeux de Yugito se mirent à briller. Submergée par une peine indescriptible, elle voulut hurler, mais elle était encore trop faible. Elle tenta ensuite simplement de murmurer à Mikoto, sa pire ennemie historique devenue, en cet instant unique, sa plus puissante alliée, de s'arrêter, de faire demi-tour, de sauver aussi celui qu'elle aimait aujourd'hui plus que tout.
Killer Bee représentait bien plus qu'elle n'aurait su l'admettre. Il avait partagé avec elle chacune de ses souffrances, des plus intimes de Jinchūriki aux plus terribles face à la destruction de leur civilisation ; il avait grandi avec elle, avec le temps et la douleur, leurs âmes devenant sœurs par la force du destin.
Et elle assistait, impuissante, à la perte du seul être auquel elle aurait donné sa propre vie sans hésiter.
– J'aurais préféré que ce soit toi... confia soudainement Mikoto, d'une voix dure.
Ces mots frappèrent Yugito plus profondément que la plus terrible foudre de Kumo. Car elle réalisa brutalement l'insupportable fragilité du tacite accord d'intimidation mutuel existant entre Mikoto et l'Akatsuki. Et au même titre que l'organisation affaiblie ne pouvait se permettre de prendre le risque d'une confrontation directe face à l'Uchiha réincarnée, cette dernière devait en faire de même. Il y avait bien trop à perdre dans les deux camps.
Bee s'était sacrifié pour Yugito, et pour le reste du monde. Sa bien-aimée le savait, tout comme Mikoto.
Et tandis que cette dernière poursuivait sa route, rejoignant son ancien camarade à terre, l'Akatsuki entama également sa marche sombre dans le sens opposé. Après avoir délicatement apposé le corps de Madara sur l'oiseau d'argile de Deidara qui planait à un mètre du sol, Kisame s'empara de Bee qu'il porta à son tour. Et le groupe de criminels s'éloigna, d'un pas solennel, dans l'obscurité dissipée, les nuages écarlates de leurs capes se fondant dans l'ambiance rougeoyante du Soleil levant qui étirait leurs ombres sinistres...
Yugito, à présent parfaitement réveillée par le choc émotionnel, se libéra vivement des bras de Mikoto, revenant sur ses pieds tandis qu'elles arrivaient à hauteur de Minato. Les deux ennemies de la troisième guerre restèrent côte à côte, silencieuses, face à l'Hokage peinant à retrouver connaissance.
– Madara... ? interrogea aussitôt ce dernier, non sans peine.
– Vivant... murmura sombrement Mikoto.
Le regard de Minato s'assombrit, déchirant le cœur de son amie.
– C'est...
– ... ma faute, acheva Yugito.
Mikoto, sans perdre des yeux son camarade, ne put s'empêcher de s'interrompre sous la surprise.
– Elle m'a sauvé, ajouta alors, à contre-cœur dissimulé, l'ennemie historique de l'Uchiha.
Et Minato sombra de nouveau dans l'inconscience.
***
Une bien curieuse euphorie se créait autour du corps étendu de Naruto, tandis qu'arrivaient en nombre les Shinobi abattus.
Le murmure de la défaite du Saiya-jin parcourait tous les survivants, donnant davantage de consistance à cette réalité que peinait à réaliser ce monde souffrant du traumatisme trop enfoui par l'impact de l'envahisseur que l'on croyait jusqu'alors invincible.
Au moment où la Mizukage arrivait à son tour, se maintenant difficilement debout aux côtés de Chiriku, l'ancien Ninja Gardien du Temple du Feu, les réjouissances se faisaient de plus en plus fortes.
Les Shinobi avaient gagné. Le monde était sauvé.
Il y avait encore un avenir.
Et la présence d'un Kage survivant représentait bien cette réalité. Suite à la destruction des Cinq Nations, la Mizukage avait symboliquement pris la tête de cette Alliance Shinobi créée d'elle-même. Sa survie renforçait les cœurs des survivants.
Pourtant, l'ancienne dirigeante de Kiri ne se sentait plus les épaules pour gérer le monde de demain... Car elle savait, sans vouloir encore l'admettre dans cette ambiance festive naissante, que cette victoire mettait la lumière sur un monde bien plus sombre.
Des bruits de pas lointains attirèrent son attention, tandis qu'apparaissaient les silhouettes de Yugito et Mikoto, cette dernière transportant le corps survivant du légendaire Yondaime Hokage.
À cette vision, même la Mizukage poussa un profond soupir de soulagement, des larmes coulant sur ses joues tandis qu'un hurlement général se levait, brisant une bonne fois pour toutes ce qu'il restait de retenue dans cette scène de guerre terminée.
Ils avaient gagné !
Mikoto s'abaissa, posant délicatement le Yondaime Hokage auprès de son fils. Minato reprit alors une nouvelle fois doucement connaissance, tournant sa tête en direction du vainqueur du Saiya-jin qui ne verrait pas le fruit de sa victoire, ni n'entendrait les acclamations de ceux qui, dorénavant, lui apportaient même davantage d'éloges qu'à l'Hokage lui-même.
Car ils étaient les héros des Shinobi.
– Naruto... murmura la voix douce d'une fille aux côtés de l'Uzumaki étendu.
Ses yeux blancs bordés de larmes, fixés sur le jeune garçon, n'échappèrent pas à Minato. Le comportement de la jeune Hyūga contrastait ainsi totalement avec les acclamations toujours plus festives qui s'imposaient partout.
Et personne ne pouvait en vouloir aux Shinobi de réagir de la sorte, après toute cette souffrance...
Neji et Shikamaru s'approchèrent à leur tour, péniblement, fixant sombrement leur camarade. Quant à Gaara, il avait mystérieusement disparu, tel le sable emporté par la brise du matin...
Et l'euphorie continuait de croître...
– Je crois qu'il est temps de rompre cette technique, Hiashi... intervint alors Mikoto en levant les yeux vers les cieux.
Notre passage sur ce monde n'a plus lieu d'être...Elle se gratta derrière la nuque, les yeux toujours perdus par-delà les nuages.
– Et puis, reprit-elle d'un air mi-gêné, mi-amusé,
le pauvre Kagami doit en avoir marre de brûler continuellement...Elle éclata de rire en même temps qu'un garçon, revigoré par sa présence, comprenait ce que signifiait le sens des mots de l'être qui comptait le plus à ses yeux transformés par l'amour.
– N-Non, Mère...Mikoto abaissa alors son regard vers son jeune fils, debout face à elle. Elle réalisa qu'elle n'avait presque plus à baisser la tête pour fixer son si petit garçon...
Et sa face à l'allure guerrière sembla fondre comme neige sous le Soleil brillant devant elle.
La foule retrouva momentanément une forme de silence respectueux devant cette scène troublante.
– Ne... reprit Sasuke, le timbre tremblant, redevenant l'espace d'un instant l'enfant que Mikoto avait laissé, bien trop tôt...
Ne partez pas...Hiashi abaissa sombrement la tête, restant en retrait tandis que sa partenaire d’antan s'approchait de son fils.
– On doit tous partir un jour... murmura Mikoto, dissimulant comme elle le pouvait sa voix brisée.
En tant que réincarnée, tous les sens, toutes les sensations corporelles n'étaient que des informations.
Alors pourquoi Mikoto avait-elle l'impression de sentir sa gorge se nouer fortement ?
– Mais... reprit son fils, bouleversé.
Pourquoi maintenant ? Pourquoi déjà ?
– Mon temps est révolu, Sasuke. Ma seule existence en ce monde... en défie les lois les plus sacrées.Une larme coulait sur la joue de son fils.
– Mais moi... J'ai... besoin de vous.Mikoto ne put se retenir de laisser échapper un rire plein de bonté.
– Tu t'es pourtant très bien débrouillé, tout ce temps...
– Mais... !Les Shinobi survivants se regroupaient peu à peu autour d'eux, observant les adieux d'une mère à son fils. Hiashi ne pouvait dissimuler son malaise, jusqu'à ce qu'une main apaisante ne se posât sur son épaule. C'était Jiraiya. Il était accompagné de Tsunade.
Kakashi les rejoignait également, transportant sombrement le corps sans vie de Sakura qu'il avait réussi à protéger tout du long. Le Ninja Copieur observait avec révérence et respect cette femme dont il avait, jadis, profité des enseignements.
– Ne me regarde pas comme ça, reprit Mikoto, émue, à l'adresse de son fils.
Tu es... le seul qui pourrait me faire changer d'avis.
– Alors change-le...Les yeux l'Edo Uchiha se mirent à briller secrètement tandis qu'elle relevait son visage vers le Hyūga.
– Hiashi, tu...
– NE FAÎTES PAS ÇA ! s'exclama vivement Sasuke en tournant son regard dur vers le chef Hyūga.
Alors, Mikoto attrapa son fils et le serra avec force dans ses bras.
– Tu as tellement grandi depuis la dernière fois... !
– M...
– Je suis... si fière de toi !
– Mère...
– Tu as... vraiment souffert... J'aurais... aimé rester à tes côtés...
– ...
– Je sais que... tu as fait des bêtises... murmura-t-elle.
Son visage se posa sur la cape aux nuages rouge de son garçon.
– Et tu n'as sûrement pas fini d'en faire... reprit-elle, d'une voix étrangement amusée.
– M...
– Tu es bien mon fils, ajouta-t-elle avec un clin d’œil.
Sasuke, acceptant finalement son incapacité à prononcer ses paroles, resserra son étreinte. En dépit du corps froid de la réincarnée, il ressentait l'étrange sensation qu'un petit garçon retrouvant la chaleur protectrice de celle qui l'avait mis au monde pouvait connaître.
Observant cette scène déchirante, Tsunade ne put s'empêcher de laisser échapper une larme, laquelle s'écoula jusque sur son ventre arrondi.
– Peu importe ce que tu feras... reprit Mikoto.
Toi... et...Soudain, un bruissement d'ailes attira l'attention des Shinobi en présence. Et l'arrivée d'un corbeau au cœur de cette scène d'adieux déclencha une série d'exclamations de surprise. Témoin lointain de la scène, Minato poussa un profond soupir. Sasuke, pris dans l'étreinte de sa mère, ne vit pas le volatile se poser avec douceur sur l'épaule de celle-ci.
Mikoto posa son regard sur le corbeau. Et elle ne put cette fois-ci plus contenir ses larmes. Les plus proches témoins de la scène jurèrent même voir des reflets équivalents dans les yeux de l'oiseau. Mais c'était absurde, illusoire : un corbeau ne pouvait pas pleurer...
– ... Je vous aimerai éternellement, ajouta alors Mikoto dans un souffle, sa voix brisée par le trop-plein d'émotions qui l'envahissaient.
– Maman... articula finalement Sasuke.
Relevant son visage, il découvrit alors ses larmes. Non, ce qui brillait était le corps tout entier de celle qui comptait le plus à ses yeux, ou son âme qui, finalement, échappait à la technique qui la liait à ce monde.
– A... ARRÊTEZ ! hurla Sasuke à l'adresse de Hiashi Hyūga
Mais ce dernier n'avait encore rien fait. Stupéfait, il observait, en même temps que tous les autres témoins, la lumière de la défunte qui, peu à peu, quittait d'elle-même ce corps étranger.
Alors retentit une nouvelle exclamation de surprise de tous les témoins. Car soudain, le regard de Mikoto sembla évoluer. Les trois tomoes de son Sharingan changèrent de forme, se transformant sous le regard estomaqué de chacun des Shinobi en un magnifique Mangekyō Sharingan, semblables à une série de katanas – ou à une fleur éclose.
– Je vous aime... murmura-t-elle enfin tandis que ses yeux ultimement éveillés par l'émotion se reposaient une dernière fois sur ce qu'elle avait de plus précieux, par-delà la mort.
Sa voix résonna à travers tout le champ de bataille alors même que sa lumière s'éteignait pour de bon.
Minato abaissa sombrement les yeux, observant, sous le vol du corbeau, le dos de Sasuke s'effondrer face à la dernière dissipation de sa mère, libérée du poids qu'elle portait par la puissance des émotions de ses ultimes retrouvailles.
Après un lourd silence seulement troublé par le lointain croassement du corbeau qui s'éloignait, Hiashi poussa un profond soupir. Prenant sur lui, dans un effort qui lui paraissait inhumain, le chef Hyūga joignit alors définitivement ses mains, annulant réellement la technique.
***
Au loin, isolé parmi les décombres du champ de bataille désolé, brillait maintenant au cœur des flammes noires le corps de Kagami Uchiha.
* Alors, c'est fini... pensa-t-il.
*Un sourire illumina son visage.
* Hashirama-sensei, Tobirama-sensei... Vous pouvez reposer en paix. Vous aussi, Danzō, Saru... Il est définitivement temps... de passer le flambeau. *Tandis que s'estompait ce qu'il restait du dernier réincarné, une ultime pensée vint se déclarer sur ce monde.
* Je te confie la suite, Konohamaru... ****
– Son cœur... Il est stable... et chaud...Hinata rougit légèrement en découvrant le regard de l'Éclair Jaune posé sur elle. Néanmoins, ce dernier, touché par son inquiétude à l'égard de Naruto, ne put s'empêcher d'exprimer un sourire, en dépit de tout le poids des événements.
– Merci, dit alors le Yondaime Hokage.
Merci de prendre soin de mon fils...Une main se posa sur l'épaule de la jeune Shinobi. C'était Neji, qui fixait également le corps inconscient de Naruto, ses Byakugan activés analysant son organisme.
– Son Chakra semble fluctuer normalement. Mais... Il est très faible. Il ne fait qu'alimenter ses fonctions vitales.Une main s'abaissa alors, surélevant le t-shirt de Naruto pour laisser apparaître son sceau. Et des doigts se posèrent contre la marque.
– Le sceau semble refermé... murmura Jiraiya, fronçant les sourcils tout en tournant son regard vers son défunt disciple.
Qu'est-ce que ça signifie, Minato ?
– Kushina... répondit l'interpellé, qui avait déjà réfléchi à la question.
Elle... devait l'aider à... contrôler Kyūbi.
– Contrôler Kyūbi ? répéta Jiraiya, pensif.
Je me doutais bien que tu avais prévu quelque chose dans ce goût là, en le scellant...
– Mais il n'était pas prêt, poursuivit sombrement Minato.
Naruto... n'aurait pas pu gérer la haine de Kyūbi, même avec sa moitié adoucie. Alors, je suppose que Kushina a refermé le sceau avant qu'il ne soit trop tard... Mais ce n'est pas sans conséquences...Soudain, la main de Minato agrippa le bras de son Sensei.
– Madara Uchiha... est toujours en vie... ! murmura-t-il avec gravité.
Un étrange frisson parcourut l'assemblée. Mais Jiraiya l'avait déjà deviné, tout comme il avait senti que, bien qu'entouré, son état devait être bien déplorable.
Apposant une main douce contre l'épaule de son disciple, le Sannin Jiraiya le fixa avec intensité.
– Tu m'expliqueras tout plus tard. Repose-toi. Tsunade va te soigner. J'ai... un dernier détail à régler...Minato renvoya le puissant regard de son maître, le visage grave. Car il avait compris. Le regard du Yondaime se dirigea vers le vol lointain du corbeau, avant de reposer sur son fils inconscient.
Suite à ce nouveau silence, Jiraiya se releva et alla rejoindre son ancienne partenaire.
– Tsunade, il y a quelque chose que je dois t'avouer... murmura alors l'ermite à demi-mot, tandis que se célébrait la victoire des Shinobi.
– Je sais, répliqua-t-elle aussitôt.
Vas le retrouver.Jiraiya haussa les sourcils, surpris.
– Tu... savais ?Elle éclata de rire.
– Allons, Jiraiya. Je ne suis pas encore sénile. Tu m'as sauvé au parfait moment où Raditz combattait Pain. Tu étais au courant de nombreuses choses sur l'évolution du monde Shinobi alors même que tu vivais reclus aux côtés de Naruto. Tu as beau être le meilleur pour rassembler des données, même toi n'aurais pu accumuler une telle quantité d'informations seul. C'est peut-être d'ailleurs ce qui te rend si fort dans ce domaine...Elle lui sourit.
– Depuis le début, tu communiquais avec un complice.Jiraiya resta un bref instant interdit. Puis son visage s'étira à son tour en un sourire.
– Tu m'étonneras toujours...
– Allez, vas le rejoindre, insista-t-elle.
Qui que soit ton associé, ne le laisse pas faire ça seul... Faire le ménage sur un champ de bataille n'est jamais facile... Sur ces mots, le légendaire ermite s'éloigna furtivement de cette scène d'euphorie. Tsunade lui jeta un coup d’œil pensif, puis reporta son attention vers les autres en réalisant que l'absence d'un grand Sannin passait aujourd'hui inaperçue. Les choses avaient changé...
La nouvelle génération prenait la succession.
Ses yeux se posèrent alors sur son ventre, lequel commençait vraiment à prendre quelques formes. Fronçant les sourcils, Tsunade se laissa aller à un nouveau soupir, avant de rejoindre Minato auquel elle administra les premiers soins, poursuivant ensuite à ses côtés la gestion des autres blessés.
Elle ne sut pas bien ce qu'il se passa ensuite. Tout ce dont elle se souvint, c'est qu'elle s'était retrouvée avec une bouteille de Saké à la main – la suite, eh bien, peu lui importait...
***
Jiraiya évoluait rapidement parmi les décombres. De nombreux corps parsemaient le champ de bataille. Il ne pouvait s'empêcher de penser que la fête improvisée, née de la joie indéchiffrable que représentait enfin la défaite du Saiya-jin, allait toutefois rapidement s'estomper.
Pourtant, le Sannin lui-même ne pouvait que les comprendre. Après tout, les Shinobi avaient enfin réussi à vaincre cet ennemi qui leur était jusqu'alors apparu comme un mur infranchissable. Cela générait forcément de l'espoir... Et ils en avaient tous besoin.
Jiraiya repensa à sa tâche. Nettoyer un champ de bataille l'avait toujours débecté. Mais pour l'heure, cela leur incombait.
Et Tsunade avait raison : il ne pouvait laisser son partenaire de l'ombre seul pour cela.
Pourtant, il avait étrangement une boule au ventre, tandis qu'il approchait du dernier monticule de terre derrière lequel s'était écrasé le Saiya-jin. Tuer de sang-froid, on ne s'y faisait jamais, fût-ce d'un être aussi terrible. Jiraiya ne pouvait s'empêcher de se demander s'il serait encore en vie. Bien sûr, il ne s'inquiétait plus de sa puissance. Non : Raditz était déjà bien trop affaibli, et si l'attaque combinée de Naruto et Sasuke ne l'avait pas achevé, cela s'en rapprochait ; de plus, il avait prudemment activé le Senjutsu avant de s'éloigner. Entouré de ses crapauds, il le sentirait, si un être dangereux se trouvait dans les environs.
À vrai dire, il l'avait également fait pour éviter d'autres rencontres non désirées...
Et enfin, Jiraiya arriva en haut du monticule de terre. Et son ventre se serra encore davantage.
Il ne se serra pas par ce qu'il voyait. Il se serra par ce qu'il ne voyait pas.
Sa visibilité était pourtant très bonne. Mais il n'y avait pas de doute.
Le corps de Raditz n'était pas là.
– Shima ! s'exclama Jiraiya.
– Je sais, répliqua aussitôt sa vieille amie sur son épaule gauche.
Et elle se concentra, puis ouvrit sa gueule. La langue pulpeuse qui en sortit était terminée par ce qui s'apparentait à une tête de batracien. L'étrange chose sembla humer l'air dans toutes les directions. Puis elle se tourna derrière en même temps que Jiraiya et Fukasaku. Tous avaient ressenti cette présence furtive.
– Vous ne le trouverez pas, intervint le nouvel individu.
Jiraiya fronça les sourcils. Face à lui se tenait un jeune homme.
Dans l'ombre d'un nuage passager, il fixait le Sannin d'un regard bien étrange.
Et pour cause : aucune lumière ne semblait plus habiter ces yeux.
Aussitôt, les deux crapauds se tinrent prêt au combat. Mais Jiraiya leva ses mains devant leurs gueules pour faire barrage, indiquant clairement aux batraciens que ce nouvel arrivant ne devait pas être combattu.
– Presque surprendre un expert du Senjutsu... murmura alors l'ermite.
Même aveugle, tu as gardé certains atouts...Le clair de Lune s'imposa enfin sur le visage calme du jeune Shinobi jusqu'à se refléter sur son bandeau barré au symbole de Konoha.
– ... Itachi, termina alors Jiraiya.
– Qui est-ce ? intervint alors prudemment Fukasaku.
– Un...Jiraiya sembla hésiter un court instant avant de poursuivre.
– ... allié.***
– En ce monde...La dimension était froide et obscure, comme son cœur dont il se trouvait dépourvu.
– ... Tant qu'il y aura de la lumière, il y aura les ténèbres...Son Sharingan brillait dans le noir.
– ... C'est une relation de cause à effet inéluctable.Son regard restait posé sur le corps immobile, étendu à ses pieds, du Saiya-jin vaincu.
– Tu n'es qu'un élément intégré à l'impitoyable destin du monde Shinobi qui est maintenant aussi le tien... !***
– Que s'est-il passé, Itachi ?! interrogea aussitôt Jiraiya.
Comment... son corps peut-il t'avoir échappé ?D'innombrables corbeaux parsemaient la zone. L'ermite fronça les sourcils.
– Si tes corbeaux ont été pris de vitesse, cela ne peut signifier qu'une chose...Mais il s'interrompit, ses sens intrigués par l'arrivée d'un nouveau Chakra, étrangement similaire à celui d'Itachi.
Tournant son regard, il réalisa n'avoir pas été le seul à se retirer du champ de bataille. Un jeune garçon, vêtu aux couleurs de l'Akatsuki, fixait de ses yeux tout aussi rouge mais bien plus brillants de haine l'homme ôté de sa vue.
Un profond silence s'engagea tandis qu'approchait, lentement, ce garçon aux traits défigurés par ses sentiments les plus obscurs.
Un sourire sombrement sincère s'afficha alors sur la face d'Itachi, contrastant parfaitement avec la mine affolante de son jeune frère.
– Tu as donc su... cultiver tes yeux... murmura-t-il.
Sasuke.Ce dernier tremblait de tout son corps au rythme du Chakra qui vibrait dans sa main gauche, ses ondulations menaçantes se transformant rapidement en une multitude d'éclairs illuminant les ruines qui les entouraient.
– Ce jour là... à Konoha... articula péniblement Sasuke, sa voix perçant à travers les sons déchirants de sa foudre concentrée.
Je n'ai pas survécu par chance...Le visage de Jiraiya s'assombrit.
– C'était toi... poursuit le jeune Uchiha, les yeux bouillonnant de rage.
C'est toi qui m'as protégé...Il serra les dents.
– Tu m'as plongé dans un Genjutsu si terrible... que j'en ai éveillé ces yeux. Je suis devenu plus fort, Itachi. J'ai survécu, tout ce temps je suis devenu plus fort ! ET MAINTENANT JE SUIS LÀ ! TU...Il fut incapable de poursuivre, l'épuisement s'emparant de lui. Manquant de perdre connaissance, Sasuke, animé par sa volonté farouche, parvint à ne pas flancher. Sa technique, toujours maintenue – quoique légèrement affaiblie – se pointa alors droit en direction d'Itachi, lequel restait tristement immobile.
– Tu es trop faible, Sasuke... fut l'unique avertissement d'Itachi.
Mais il s'agissait de l'élément déclencheur. Car Sasuke bondit droit sur son frère, Chidori prêt à percer celui vers qui se concentrait une haine encore supérieure à celle qu'il avait prêtée au terrible Saiya-jin.
À un mètre de sa cible, son avant-bras fut immobilisé par une poigne puissante et ferme. D'un bras, Jiraiya l'avait empêché d'achever son acte.
– Ne fais pas ça, l'avertit le redoutable ermite, son regard de batracien croisant les iris fous du vengeur.
– NE VOUS EN MÊLEZ PAS ! hurla Sasuke.
À l'extrémité de sa main libre en mouvement brilla soudain le reflet tranchant d'une lame fusant sur Jiraiya. Mais ce dernier, aux sens aiguisés, esquiva d'un mouvement de tête cette offensive en traître et néanmoins rapide. Ses cheveux en mouvements s'enroulèrent autour du poignet de Sasuke, lui faisant lâcher l'arme.
* Le katana de Mikoto ? remarqua-t-il, fronçant les sourcils.
*Sasuke, en dépit de sa haine et de son génie, réalisait néanmoins pleinement se trouver dans l'incapacité de terrasser un Sannin pour atteindre son frère. Et cette impuissance renforçait ses émotions les plus sombres...
– Vous... murmura-t-il, se dégageant violemment de l'emprise adoucie de Jiraiya.
Vous... vous êtes allié avec lui... ?!Il serra les poings.
– IL A TUÉ LE CLAN UCHIHA ! hurla-t-il soudain.
IL A TUÉ MA FAMILLE, MON ENFANCE... IL A TUÉ MON PÈRE ET MA MÈRE !!!Jiraiya laissa échapper un soupir. Et Sasuke abaissa sombrement son visage, retrouvant un étrange calme froid encore plus menaçant que sa rage indescriptible.
– Mais vous vous en fichez... reprit-il, plus lentement.
À vos yeux, les Uchiha ne sont pas nécessaires pour ce monde...Son corps tout entier tremblait d'horreur.
– Alors... cette victoire... repose sur un mensonge.
– Sasuke... tenta de le raisonner Jiraiya.
– Il... avait raison... Depuis le début, il...Ses yeux s'ouvraient grand, dévoilant davantage ses iris colorés. Jiraiya esquissa un geste d'approche, mais son interlocuteur effectua un véritable bond en arrière, reprenant dans la foulée le katana qu'il pointa en geste défensif.
– Le monde Shinobi... ne nous a jamais mérités !Et il s'éloigna en courant.
– Sasuke, non ! s'exclama Jiraiya, prêt à l'arrêter.
– Laissez-le partir, intervint Itachi.
Jiraiya s'immobilisa. Son regard se plissa tandis qu'il observait la silhouette lointaine du jeune frère de son allié s'éloigner dans la nuit.
– Ton partenaire a raison... murmura, sur l'épaule du Sannin, l'illustre Fukasaku.
Le Chakra de cet enfant... C'est...– Tu sais où il va se rendre... l'interrompit Jiraiya à l'adresse d'Itachi, refusant de laisser le vieux crapaud terminer sa sombre réflexion.
L'Uchiha abaissa sombrement la tête, puis il la releva, comme pour fixer l'ermite de ses yeux devenus aveugles.
– ... Madara.Jiraiya fronça les sourcils.
– ... Je peux encore le rattraper...
– Ne le faîtes pas, s'il-vous-plaît.Jiraiya jeta un œil à la silhouette lointaine du jeune Sasuke.
– ... entraver ses décisions ne le libérera pas de sa haine, ajouta Itachi.
Un profond soupir anima le visage du Sannin.
– Tu aimes vraiment ton frère...Itachi ne répondit pas de suite. Mais ses yeux, pourtant aveugles, semblaient étonnamment fixer le symbole de l'éventail sur le dos de Sasuke.
Il se détourna enfin alors que le dernier héritier des Uchiha disparaissait pour de bon dans la nuit.
– Madara Uchiha... reprit Jiraiya, pensif.
– Même s'il a survécu, son état... est encore plus déplorableque le vôtre après notre bataille commune contre Raditz. Vous avez vraiment... formé un excellent disciple.Jiraiya croisa les bras.
– Je m'en doutais... C'est déjà incroyable qu'il ait survécu à une telle attaque... répliqua-t-il, fier de l'exploit de Minato.
Il est trop bien entouré pour nos forces affaiblies. Il serait fou de vouloir le poursuivre. Mais... Je suppose qu'il ne dispose pas de la présence d'un ninja médecin de la trempe de Tsunade.
– En effet.Il s'agissait déjà d'une bonne nouvelle. Jiraiya restait cependant pensif.
– Mais venant d'un homme ayant réussi à tromper la mort... je ne peux m'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment...Son regard se fit plus concerné.
– Je m'inquiète également pour le corps disparu Raditz. Un tel cadavre pourrait être utilisé à des fins terribles...
– ...
– ... mais pire encore. S'il avait survécu... il reviendrait encore plus fort.Alors, pour la première fois, un étrange sourire se dessina sur les lèvres de l'Uchiha dépossédé de sa lumière. Jiraiya haussa un sourcil.
– Je ne vois pas ce qui t'amuse...
– Vous écouter...
– ... ?
– En tant que Sannin, n'êtes-vous pas censé représenter la sagesse et l'espoir de ce monde ?Jiraiya abaissa sombrement la tête.
– Cette fois, ma sagesse ne voit plus d'espoir...L'Uchiha tourna son visage vers le brouhaha lointain de la fête improvisée.
– Est-ce ce que vous allez leur dire ?
– ...
– Est-ce ce que vous allez dire à tous ceux qui ont toujours cru en vous, comme ma mère ?
– ...
– Est-ce ce que vous allez dire à Naruto ?Jiraiya serra les poings à cette pensée.
– Naruto est dans le coma.
– ... et son cœur bat toujours, grâce à vous.Un mince filet d'air chaud vint passer entre les deux hommes.
– Vous êtes un bien grand maître, reprit Itachi Uchiha.
Je ne comprends pas pourquoi vous baissez les bras après avoir eu de tels disciples. Vous devriez ouvrir les yeux sur les signes du destin... Parfois, les choses qui comptent se trouvent dans les détails. Penser que certaines sont insignifiantes ramène aux idéaux de Madara.Jiraiya fronça les sourcils, plaçant ses mains palmées contre ses hanches.
– Je te trouve mal placé pour me faire la leçon, gamin... Encore moins quand il s'agit d'ouvrir les yeux...
– Vous avez raison.Itachi s'éloigna.
– Mais bien qu'aveugle, je sais maintenant mieux lire dans le cœur des gens...Il s'immobilisa.
– La Volonté du Feu n'est pas morte...Sur ces derniers mots, son corps sembla se déformer, se noircir, alors même qu'il se transformait en une série de corbeaux qui s'envolèrent et s'éloignèrent en direction du Soleil levant.
* Que voulait-il dire ? ne put s'empêcher de penser le Sannin.
*L'un des corbeaux envolés, s'éloignant parmi les décombres de cette scène macabre, croisa la route d'un groupe d'individus : l'Akatsuki.
Kisame le remarqua. Et il s'interrompit dans sa marche. Les autres s'immobilisèrent à leur tour suite à l'étrange réaction de l'épéiste.
– Qu'y a-t-il, Kisame ? interrogea Sasori, tandis que Deidara grimaçait.
Une goutte de pluie s'écoula sur le visage de l'ancien tueur de Kiri, lequel leva ensuite sa tête en direction des cieux. Et une véritable averse s'installa rapidement sur l'organisation terroriste.
Un sourire anima soudainement la face de Kisame.
– Ce n'est rien... murmura-t-il alors d'une voix mystérieuse.
Et l'Akatsuki reprit sa route, accompagnée malgré elle par leur ancien partenaire volant dans leur ombre, pour un dernier adieu.
Seuls les yeux perçants de Madara Uchiha se posèrent sur le volatile, lequel soutint son regard durant un bref instant.
Puis il disparut dans la nuit.
***
Ailleurs dans le monde, le corps originel d'Itachi gardait ce même étrange sourire qu'il avait laissé à Jiraiya tandis que lui revenait le souvenir de son clone.
Son regard éteint sembla s'illuminer face au champ abandonné surplombé par la forêt au bord de laquelle il se trouvait.
Au cœur de cette immense plaine, la végétation se déformait en un point. Car un homme s'y tenait, étendu, allongé, visiblement endormi...
***
– Naruto... murmura Minato, penché contre son fils inconscient.
Pardonne-moi...Tsunade, occupée à contrôler les constantes l'héritier du Yondaime Hokage – à défaut de pouvoir le soigner – tourna un regard doux vers ce dernier.
– Sans toi, il n'aurait eu aucune chance...Minato fronça les sourcils.
– Tout dépendra maintenant de Kyūbi... ajouta alors la Sannin, reportant son attention sur le jeune garçon.
Mais je ferai tout ce qui est en pouvoir pour le maintenir en vie.– Je sais... Merci, Tsunade.Cette dernière poussa un léger soupir.
– Il reste de nombreux mystères, ajouta-t-elle alors, reportant son attention en direction du Yondaime Hokage.
Tu as subi l'extraction d'un Bijū... Tu devrais être mort, Minato.Celui-ci reporta son attention sur la Sannin.
– Comment... ? insista-t-elle alors.
– Il se trouve... que j'ai rencontré deux disciples, dans... l'autre monde...Situé non loin derrière, Kakashi ouvrit grand les yeux.
– Des... des disciples... dans l'autre monde ?!
– J'ai... beaucoup appris sur les énergies, expliqua Minato.
Grâce à l'un d'eux, ainsi que la partie Yin de Kyūbi, j'ai réussi à développer... Une puissance spirituelle intérieure.Kakashi resta bouche-bée par cette succession de révélations.
– Sensei...
– Son nom est Ichigo Kurosaki, poursuivit Minato avec un sourire ému.
D'une certaine manière, on peut dire qu'il te ressemble, Kakashi...Apposé contre un rocher non loin, Jiraiya était revenu. Ses bras croisés contre son torse, il écoutait pensivement l'étrange échange.
– Sais-tu comment tu es revenu ici ? interrogea alors le Sannin.
– Je l'ignore, avoua Minato.
Cela devait, théoriquement, être impossible...Il fronça les sourcils.
– Et tes disciples ? interrogea Tsunade.
– Le sceau de Shiki Fūjin semble avoir disparu. Ils ont dû en être extraits également.
– Extraits ? Tu veux dire qu'ils en auraient, eux aussi, été libérés avec toi ?Minato acquiesça.
– Pour être tes disciples, je suppose qu'ils sont redoutables ? supposa Hiashi.
– Oui...
– Ne seraient-ils pas intervenus ici, s'ils avaient été ramenés ?La perspicacité de son ancien camarade décrocha un sourire au Yondaime Hokage.
– Disons... qu'ils viennent de loin, répondit-il évasivement.
Les regards interloqués de ses interlocuteurs le poussèrent à se justifier légèrement.
– Ils ont sûrement une bonne raison.
– Contre Raditz, intervint alors Jiraiya,
tu as fait mention d'un autre Saiya-jin.
– ...
– S'agit-il de cet Ichigo ?
– Ichigo est un Shinigami.
– Un Shinigami ?! répéta Jiraiya, perdant brièvement calme et contenance face à cette révélation supplémentaire, avant de se reprendre, épongeant sa sueur.
Hum... Donc ta réplique sur le Saiya-jin, c'était juste du bluff pour déstabiliser Raditz ?
– Ah... Je ne vous ai pas encore parlé de mon autre disciple, ajouta Minato avec un sourire, tout en se grattant la tête d'un air gêné.
Il abaissa son regard sur le corps inerte du jeune Naruto, son expression se faisant soudainement plus pensive. Pourtant, l'étrange familiarité existant entre sa vision et ses pensées lui décrocha une infime expression d'espoir.
Les paupières de Jiraiya se fermèrent en même temps qu'un léger sourire se dessinait sur ses lèvres.
Observant ses disciples, père et fils, il avait l'étrange intuition d'y discerner un lien avec les dernières paroles d'Itachi Uchiha...
***
Le Mont Myōboku résonnait encore de la terrible bataille qui avait ravagé sa région. Les crapauds s'affairaient à remettre de l'ordre dans leurs habitudes, particulièrement pour leur vénérable aïeul, lequel, en dépit de son illustre sagesse, ne savait échapper aux maux liés à l'âge. Trop de perturbations pouvaient fortement bouleverser son esprit, déjà bien mal en point par sa clairvoyance accrue des événements futurs.
– Vous, les crapauds, savez vraiment aller de l'avant... siffla soudain une voix, résonnant à travers le lieu sacré.
L'image du Sage Serpent Blanc s'imposait dans la boule de cristal de vieil Ōgama Sennin.
– Il semble qu'en dépit de votre âge avancé, vous conserviez encore quelques ressources physiques, mon cher Gamamaru...
– Ma vieille amie, répondit de sa voix fébrile l'ancestral batracien.
J'apprécie votre inquiétude...
– Ne vous méprenez pas... Je venais simplement m'assurer du maintien de l'équilibre énergétique de ce monde...
– Toujours aussi... bienveillante, marmonna l'ancestral batracien.
Un silence s'installa entre les deux créatures les plus âgées de la planète, que personne n'osa interrompre.
– Je crains, néanmoins, que cet équilibre retrouvé ne soit que de courte durée... reprit alors sombrement le crapaud.
Pour toute réponse, un sifflement amusé résonna.
– Est-ce si hilarant ? s'étonna Ōgama Sennin.
– Canaliser l'énergie naturelle pour la puissance physique et la course vers l'avant... fait rater à vos sens des éléments essentiels.
– Il est vrai que de ce point de vue, vous, serpents, nous surpassez allègrement, je vous le concède volontiers, très chère Hakuja. Nos capacités sensorielles font bien pâle figure en comparaison des vôtres, mais nous gardons l'atout physique ! Peut-être est-ce, d'ailleurs, ce qui me permet d'être encore en vie, aujourd'hui...
– Pour déblatérer de séniles paroles ? répliqua le Sage Serpent.
– Cela nous fait un point commun. Mais, cessons donc ces enfantillages de retraités. Qu'ont pu rater nos sens ?
– Une perturbation du Chakra... s'est imposée sur ce monde...Ōgama Sennin sembla réfléchir un court instant, puis il eut une illumination.
– Oh, je vois ! Oui ! Vous parlez du mystérieux retour sur ce monde du disciple du petit Jirachat, après plus d'une décennie d'absence ? Figurez-vous que je l'ai senti...
– Jiraiya... rectifia patiemment Gamabunta.
Le visage empli de fierté du crapaud sembla se dissiper sous le nouveau rire qui siffla dans les oreilles de tous ses héritiers, avant de se conclure par un profond soupir.
– Vous mériteriez presque des félicitations, murmura alors le Sage Serpent Blanc, générant un sourire amusé chez le maître de la montagne sacrée.
Cependant...Le reptile poussa un nouveau soupir.
– Les événements qui se sont déroulés juste sous votre nez vous ont visiblement rendu insensible au reste du monde.
– J'aurais aimé vous y voir... marmonna Gamamaru.
Mais... Cessez donc tout ce suspens. Ne parliez-vous pas de l'arrivée sur ce monde du disciple de Jiraffa ?
– Jiraiya... rectifia patiemment Gamabunta.
La pupille en forme de fente du serpent sembla soudain scintiller sous le poids des regards de ses ennemis naturels. Sa langue fourchue s'étira de sa gueule tandis qu'il s'apprêtait à révéler la suite.
– Il... n'est pas revenu seul.Sur ces mots, la surprise se dessina sur la face d'Ōgama Sennin.
– C'est pitoyable... reprit son alter-égo reptilien.
À défaut de le sentir, même Katsuyu l'a repéré, avec sa boule de cristal...Alors se dessina sur l'orbe du crapaud l'image partagée par la limace, depuis la forêt Shikkotsu...
***
Nu, allongé en position fœtale, certains auraient pu y voir un cadavre de plus dans un monde déchiré. Mais son cœur qui battait amenait avec lui l'espoir caché d'un autre futur.
Rien n'arrivait par hasard. Aucun œil n'avait vu l'apparition de cet individu sous cette foudre divine. Pourtant, Itachi, bien qu'aveugle, l'avait ressenti. Son intuition nouvelle l'avait poussé jusqu'à ce lieu.
Et il en avait l'étrange certitude : cet homme, allongé, endormi, goûtant pleinement aux joies de son corps retrouvé par un premier sommeil, représentait le nouveau sens de ce que le lien entre Shinobi et Saiya-jin deviendrait.
***
* Cette sensation... ! Est-ce que c'est toi... ? *Un rictus parcourut soudain le corps entier de Madara, dont l'affaiblissement ne pouvait échapper à l'appel intuitif de la guerre qui l'habitait depuis toujours.
Un sentiment nostalgique s'emparait de lui...
* Hashirama... ? pensa-t-il, la mémoire de son corps faisant face à une familière sensation troublant son jugement.
Non... ****
À la fin de cette bataille se dévoilait pleinement ce qui donnait sens à tous les combats, un concept universel touchant même les Saiya-jin et auquel les Shinobi avaient donné un nom : la Volonté du Feu.
Tel était l'héritage laissé pour les ninjas.
– ... Son Gokū, conclut le dernier Hokage.