Chroniques de la Famille Cold

Faîtes-nous partager votre fibre littéraire en écrivant votre propre histoire mettant en scène les personnages de Dragon Ball et, pourquoi pas, de nouveaux ! Seules les fanfictions textes figurent ici.

Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Avr 27, 2026 20:32

Hola hola ! Merci encore Tonay pour ton lectorat toujours présent, j'espère pouvoir arriver à la fin de CFC cette année ^^

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Chapitre 102 : Acceptable


La sensation n’était pas nouvelle, mais elle n’avait jamais été aussi intense.

Il fallait dire que c’était bien la première fois qu’Ithaxus s’autorisait une expérience pareil. Les chances de succès lui avaient paru faibles et, en fait, elles restaient inférieures à 50%. Son esprit avait l’impression de pouvoir exploser à tout moment, sous la déferlante d’information et de perception. Jamais son corps n’avait été aussi complexe. Et - peut-être - aussi performant.

Le seigneur démon s’observait dans les quelques vitres de son domaine alors qu’il allait rejoindre ses acolytes. Si son corps avait été bigarré avant, ce n’était rien en comparaison de son apparence présente. Il y avait près d’une centaine de morceaux et les sutures étaient si fines que le résultait ressemblait à un puzzle infiniment complexe, où les couleurs ne se rejoignaient jamais. Un patchwork de bleu, de rose, de blanc, de noir, de jaune… Toute la diversité du Makaï en un seul individu. Et par miracle, ou grâce à la petite taille des morceaux, son corps n’était ni disgracieux, ni déformé, mais plutôt une silhouette fine et androgyne, enveloppé dans une toge trop large.

Son visage avait, par miracle, un profil fin, le nez presque inexistant, mais des oreilles larges de chauve-souris. Ses cheveux étaient des serpents qui descendaient jusqu’à ses épaules. Deux cornes jaillissaient d’entre les anneaux d’écailles ; celle d’un taureau d’un côté et celle d’un bélier de l’autre. De ses trois yeux, l’un avait la pupille fendue d’un chat, l’autre des milliers de facettes et le dernier, qui trônait bien sûr au centre de son front, ressemblait plutôt à une ouverture sur le vide.

Parfait.

D’un geste délicat, Ithaxus ouvrit la porte qui menait à la plateforme d'atterrissage. Les deux démons présents se retournèrent d’un seul bloc. Scarecrow, bloc de muscle qu’il était, ne cilla pas.

« Eh ben. On a failli attendre.
- Je me devais de prendre un peu de temps. Ce n’est pas tous les jours que l’on envahit le domaine des dieux, n’est-ce pas ? »

Sa voix sonnait étrange à ses oreilles. Une mélodie de murmures discordants qui parvenaient pourtant à former des sons cohérents. Même le grand imbécile en fut surpris et manqua de faire un pas en arrière.

« Pardonnez-moi cependant, j’ai conscience que ce fut long. »

L’oeil de chat se tourna vers Belial. Le jeune duc le fixait du regard avec ce qui ressemblait à de la fascination morbide et juste ce qu’il fallait de peur.

« Combien ? demanda-t-il d’une voix blanche.
- Quatre-vingt dix-sept exactement. Tous issus de notre grand Makaï. J’ai bien essayé de mixer d’autres éléments, mais les créatures de l’univers des Kaïoshins ne fonctionnent pas bien avec notre biologie.
- Ça en fait du découpage, commenta Scarecrow.
- Beaucoup de chirurgie en effet. Sur les morts comme sur les vivants, toujours des morceaux dont ils n’avaient plus besoin à ce moment-là. »

Il était évident que Scarecrow ne le croyait pas. Mais ça n’avait pas d’importance. Ils n’étaient pas ici pour discuter de cela. Le regard d’Ithaxus fut attiré par l’horizon.

« Avez-vous eu… ?
- Des nouvelles ? Non, rien. »

Au moins, le démon avait horreur de perdre du temps. Cela leur donnait un maigre point commun.

« Alors, mettons-nous en route. Je pense qu’elle a terminé depuis… »

Tu as fini, Ithaxus ?

La voix résonna dans son esprit comme un coup de tonnerre. Elle coupa sa phrase et le figea sur place. Belial et Scarecrow ne bougeaient plus non plus et, l’espace d’une seule seconde, le jeune duc parut absolument terrifié. Eux aussi entendaient la voix d’Aurielle.
Ce qui voulait dire qu’elle savait très bien qu’ils étaient tous ensemble, au même endroit. Ithaxus en était certain : lorsqu’elle voulait ne se faire entendre que d’une seule personne, elle en était parfaitement capable. C’était délibéré. C’était un avertissement.

« Tout à fait, votre Majesté. Je me préparais pour la phase finale. »

Instinctivement, le démon s’était redressé, le torse bombé comme pour se donner du courage. Les deux autres restèrent silencieux, mais ils ne le quittaient pas du regard.

« Je vois ça, répondit la Makaïoshin. Cela vous a pris du temps.
- Je suis navré, je tenais à être au meilleur de ma…
- Ne t’excuse donc pas. J’avais à faire, de toute façon. Mais j’ai terminé, moi aussi.
- Oh, alors…
- Les Dragon Balls seront prêtes demain. »

Merveilleux.
Réunissant toutes les forces mentales qu’il lui restait, Ithaxus fit de son mieux pour ne conjurer aucune image de ce que cela signifiait pour l’armée de démon réunit autour du palais royal. Il ne voulait pas y penser, mais plutôt se concentrer sur la suite. Le retour dans l’univers des Kaïoshins, la chance de vaincre, la possibilité de finir ce qu’Auriel avait commencé. C’est tout ce qu’ils attendaient. Rien de plus.

« Je vais avoir besoin de toi. De vous tous en fait. Dépêchez-vous.
- Bien sûr, votre Majesté, répondit-il sans s’étonner qu’elle s’adresse aux autres démons en même temps qu’à lui.
- Très bien. Je vous retrouve bientôt. »

Il faillit ouvrir la bouche pour répondre, mais quelque chose avait disparut dans le fond de son esprit. Comme un poids que l’on retirait. Ou plutôt comme un rideau qui tombait devant une lumière aveuglante et qui apportait enfin un peu de réconfort, un peu de calme.
Elle est partie.

Un soupir lui échappa et une sensation chatouilla ses épaules. Ithaxus se surprit à regarder : les serpents de ses cheveux retombaient, calmes, sur sa peau. Il n’avait même pas remarqué qu’ils s’étaient hérissés dès le début de la communication avec Aurielle, les crocs apparents et le regard brillant de rage.
« Nous n’avons pas de temps à perdre, souffla-t-il enfin à Belial.
- Maman nous appelle, ouais. »

Il ne jeta qu’un regard fatigué à Scarecrow. Le grand gaillard pouvait bien plaisanter, lui aussi avait le regard fuyant. Ce n’était sans doute pas de la peur, mais même quelqu’un comme lui n’appréciait pas l’intrusion brutale de la Makaïoshin dans son esprit. Ithaxus compatirait bien s’il n’était pas aussi insupportable.

« Allons-y. »

Belial était étonnamment le premier dans les airs, sans trace d’hésitation ou de crainte. Après tout, le jeune duc avait côtoyé Aurielle plus longtemps que tous les autres démons réunis. Il devait avoir l’habitude. Et il savait aussi qu’il valait mieux ne pas la faire attendre.

« Souvenez-vous bien de ce que nous avons dit, rappela Ithaxus en décollant. »

Il était sûr qu’Aurielle n’était plus là mais il n’osait pas prendre le risque de donner le moindre détail non plus.

Ils entraient dans le dernière ligne droite. Ce n’était pas le moment de prendre des risques inconsidérés.

* *
*

Sa seconde visite sur Yaxche s’avérait plus effrayante que prévue.

Puisqu’ils savaient où aller cette fois-ci, Bra avait demandé à ce qu’on ne perde pas de temps et que l’on charge tout le monde à bord du Tempête pour se rendre sur la surface. Tout ceux qui pourraient être utiles en tout cas, ce qui représentait tout de même une petite troupe dans un vaisseau qui n’était conçu que pour deux personnes. Ils avaient atterri au centre de la ville et Bra avait évacué l’épaisse brume jaune qui recouvrait la zone, comme Kalta l’avait fait trois mois plus tôt.
Ils étaient donc tous là, au milieu d’une immense cité dévastée par un conflit vieux de plusieurs millions d’années. Comme la première fois, mais cette fois-ci il ne restait rien du frisson de la découverte, ni même du potentiel émerveillement à découvrir l’architecture complexe de ces palais.

Ne restait plus que la froide réalité de se tenir au milieu des ruines d’un empire effondré, où plus aucune âme n’avait posé le pied depuis qu’un démon avait été lâché sur l’univers, pour tuer des millions d’êtres vivants.
Depuis la dernière tentative démoniaque de détruire notre monde.

Persée avait vécu plusieurs milliers d’années, plusieurs vies. Elle avait visité des centaines de planètes, mais aucune ne lui avait laissé une impression pareille. Le poids de l’histoire était écrasant, surtout quand il était accompagné de celui des responsabilités. Si la solution n’était pas ici… échec et mat.

« Vigilant était situé dans cette tour, indiqua Bra en pointant la ruine la plus proche. Au sommet. Allez-y pendant que je cherche une source d’alimentation compatible avec le vaisseau. »

Ils avaient posé le vaisseau aussi proche que possible, car c’était l’endroit parfait. Non seulement l’intelligence artificielle était juste là, mais la tour dans laquelle elle résidait était bardée de multiples appareils. Nul doute qu’un esprit comme celui de la saïyenne arriverait à bricoler quelque chose. D’autant que le Tempête était conçu pour pouvoir se charger aux quatre coins des galaxies.

« On reste en escorte. On ne servira à rien là-haut. Garlic, tu reste aussi. »

Le ton d’Anik ne souffrait pas d’une discussion, mais Persée n’avait pas l’intention de négocier. Le lézard avait raison, lui et sa nouvelle équipe d’élite ne seraient pas utiles pour expliquer à une machine ce qu’ils allaient faire. Pour quelqu’un qui n’était Commandant de son équipe commando que depuis quelques semaines, il était étonnamment assuré dans ce rôle.

« Aidan ? demanda-t-elle.
- C’est parti. Je te suis. »

Les deux femmes décollèrent en même temps, non sans un dernier regard d’Aidan vers la jeune saïyenne qui ouvrait en grand la soute du vaisseau. Persée s’efforça de ne pas faire de commentaire, mais un sourire éclairait quand même ses traits.
On a intérêt à survivre tout ça.

Au moins elles. Après avoir passé tant de temps auprès de Bra, Persée ne pouvait imaginer l’idée de la perdre. Pas après tout ce qu’elle avait traversé. La jeune femme méritait un peu de bonheur. Et un peu de calme, aussi. Que ce soit avec Aidan ou non, d’ailleurs.
En silence, les deux femmes volèrent jusqu’au trou dans le mur qui menait à l’hologramme. Ou plutôt, la salle de contrôle où Vigilant les avait accueilli lors de leur première visite. Persée faillit appeler, mais la machine s’activa au moment même où elle toucha le sol. Les appareils qui tapissaient les murs furent brusquement illuminés d’une lueur bleutée alors qu’une silhouette floue tentait de se maintenir au centre de la salle.

« Bienvenue sur Yaxche. Vous êtes de retour. »

L’intelligence artificielle les reconnaissait, même s’il lui avait fallut une seconde de trop pour le faire. A moins que ce ne soit une pause naturelle. Après tout, elle s’était adressée à elles dans leur langue plutôt que dans l’ancien langage des nihiliens.

« Bonjour Vigilant, commença Aidan. Nous avons besoin de ton aide.
- Bien sûr. Je serais ravi de vous aider dans la mesure de mes possibilités et de ma programmation. Je suis là pour aider à l’interprétation des données et à la maintenance des installations de surveillance. Je crains que beaucoup de mes capteurs ne soient plus…
- Ce n’est pas de cela dont nous avons besoin, Vigilant. Ton serveur est relié à un système d’alimentation qui est toujours en fonction, n’est-ce pas ? Tu n’es pas sur batterie.
- Non, mon système ne permettrait pas de calcul aussi complexes sur batterie. La tour de surveillance est toujours relié au système d’alimentation de Yaxche.
- Nous aurions besoin de brancher un appareil sur ce système.
- Rien de plus facile, nous avons de nombreuses prises d’alimentation, que ce soit dans la Tour ou en ville. Plus de cinquante pourcent de ces prises sont encore opérationnelle. »

Persée et Aidan n’échangèrent qu’un bref regard mais ce fut suffisant pour apercevoir la lueur d’espoir dans les yeux d’or de la jeune femme. Jusqu’ici, tout se passait selon le plan, mieux que prévu même.
L’ancienne chasseuse prit le relai, tentant de communiquer avec la machine en la regardant. C’était plus facile à dire qu’à faire car l’hologramme de Vigilant était si flou et si abîmé qu’il était difficile de savoir où étaient supposés se trouver ses yeux. Comme observer une image qui oscillait en permanence entre deux positions.

« Tu es sans doute la seule machine intelligente encore en fonctionnement.
- Exact.
- Est-ce que tu as accès au système d’alimentation ? Pas pour te charger, mais pour modifier sa configuration. »

Pour la première fois, Vigilant hésita. Enfin, c’était une machine donc ce n’était sans doute pas une hésitation mais un calcul plus long que prévu.

« Je ne suis pas sûr de comprendre.
- Nous aurions besoin de rediriger toute l’énergie possible vers notre appareil, une fois branché. Est-ce que ce serait quelque chose que tu peux faire pour nous ?
- Je ne suis pas programmé pour ça.
- Ce n’était pas ma question, tu n’es pas juste un ordinateur, si ?
- Bien sûr que si, mais je comprends ce que vous voulez dire. J’en aurais la capacité, mes serveurs me permettent d’accéder à ces données. Il me faudrait quelques minutes pour les comprendre.
- Parfait, s’enthousiasma Aidan. De combien de temps auras-tu besoin ?
- Vous ne m’avez pas compris. J’en ai la capacité, mais je ne peux pas le faire. »

Le silence retomba brutalement. La jeune commando était resté choqué, alors que l’hologramme crépitait devant elle, figure vacillante dans cette pièce soudain plus petite encore qu’à leur arrivée.

« Pourquoi ? demanda Persée.
- Je suis programmé avec des limites. Ce que vous demandez n’est pas difficile mais requiert d’aller bien au-delà de mes attributions. Je ne peux pas prendre cet ordre de n’importe qui. »

Oh non.

« Tes créateurs sont morts depuis longtemps. De même que tous tes utilisateurs, je ne vois pas bien qui pourrait…
- Ce n’est pas ça. Il s’agit du système de Yaxche, seul un yaxcien pourrait me donner l’ordre de le rediriger ainsi. »

Un frisson parcourut Persée.

C’était à la fois mieux que prévu et tout aussi insoluble. Leur équipage était composé d’espèces originaires de partout dans les galaxies. La seule espèce qui était pour sûre absente, c’était les nihiliens.
La seule qui accepterait de venir et de participer était à des années-lumières d’ici. Ils allaient perdre des jours avant de pouvoir se lancer.

« Merde… »

* *
*

Bra préférait ne pas y penser, mais elle devrait remercier Cold si un jour l’occasion se présentait. Sans lui, ou plutôt sans son absence d’imagination, l’univers aurait peut-être détruit à coup sûr.

L’Empire avait conquis et assimilé des centaines de monde, chacun avec son propre système énergétique. Même après avoir assimilé un organisme déjà existant, il avait fallut faire des efforts pour unifier un peu les méthodes de chargement. Enfin, c’est ce qu’un souverain digne de ce nom aurait fait, mais Cold s’était surtout concentré sur un point important : il fallait que ses vaisseaux de guerre puissent se ravitailler partout. Le carburant n’était pas un problème, mais pour l’énergie, il fallait un système universel qui combine les avantages de toutes les planètes. Ou alors, on imposait un système ancien qui nécessiterait des installations impériales partout.
Cold avait préféré la seconde option et il s’était basé sur le seul vaisseau qu’il connaissait. Le Rédemption. Un vaisseau qui, selon Kalta, remontait à l’exode des nihiliens sur leur nouvelle planète. Donc, le Rédemption avait connu Yaxche.
C’était ce que Bra avait pensé avant de partir pour la planète. Elle avait donc demandé à Persée d’emporter un câble de chargement impérial, ainsi qu’un adaptateur pour le brancher sur le Tempête.

Elle avait eu raison.

Il ne lui avait fallut que cinq minutes pour trouver où brancher le Tempête, une prise qui lui paraissait en bon état. Elle était maintenant relié au système de Yaxche.
Merci Cold, vraiment.

« C’est bon, Princesse ? »

Bra contint de son mieux l’envie de répondre à Anik en l’appelant Commandant. Le lézard appréciait autant qu’elle, mais elle n’allait pas s’abaisser à son niveau. Et puis, à présent, elle préférait ça à ce qu’on l’appelle “Impératrice.”
Elle préféra donc se relever, l’ignorer, et porter la main à son scouteur.

« Aidan, bonne nouvelle. On est branché. »

La réponse ne fut pas immédiate. Pendant un temps, elle n’entendit qu’un souffle court, ce qui confirmait que la liaison était établie mais cela ne faisait que l’inquiéter. Pourquoi est-ce qu’Aidan ne paraissait pas soulagée ? C’était l’une de leur plus grande inquiétude sur le chemin de Yaxche : combien de temps il leur faudrait pour créer une compatibilité entre deux systèmes aussi anciens et aussi différents.

« Aid…
- On a un problème avec Vigilant, Bra. On ne pourra pas charger le vaisseau comme ça.
- Oh ? Pourquoi ? Le système est endommagé.
- Non, pas vraiment… Si tu as fini, tu peux venir, mais je ne sais pas si… »

La saïyenne n’attendit pas la fin de la phrase pour décoller. En fait, elle fut sur place en moins de trois secondes : la tour était toute proche. Aidan en sursauta à son arrivée, la main toujours portée à son scouteur. Elle grimaça mais ne fit aucun commentaire, ce qui ne fit que confirmer à Bra à quel point la situation était grave.

« Que se passe-t-il ?
- Vigilant ne peut pas gérer le système d’énergie de Yaxche.
- J’en ai la capacité, corrigea l’intelligence artificielle.
- Mais tu ne peux pas le faire sur notre ordre.
- Quoi ? »

La voix de Bra s’était étranglée dans sa gorge. Si le dernier ordinateur de Yaxche n’était pas capable d’accéder à tout leur système, elle l’aurait compris : elle aurait cherché une solution pour contourner le problème. Mais le fait qu’il puisse le faire…

« Exact, continuait d’expliquer Vigilant à Aidan. J’ai besoin qu’un habitant de Yaxche me donne l’ordre. Et votre code génétique ne correspond pas. »

La saïyenne sentit ses épaules s’affaisser. Le système était encore protégé. Le contourner allait être compliqué : c’était s’attaquer à une infrastructure qu’elle ne connaissait pas et qui utilisait des codes inconnus à leur époque. Ce n’était pas impossible mais ça allait être long, impossiblement long.

« Vigilant… Tu ne comprends pas, il en va de la sécurité de l’univers. Y compris cette planète. Y compris les Yaxciens survivants, je… »

* *
*

Il aurait été inexact de dire que Vigilant observait ses interlocuteurs.

Vigilant n’était pas une personne et il n’était pas tout à fait une intelligence artificielle. Il était capable de réflexion, d’interprétation et de communication, mais il était aussi considérablement limité. Par ses fonctions, par ses programmations et, depuis l’incident, par la lente destruction de son infrastructure.
Vigilant était, avant tout, un ensemble de capteurs conçu pour relier Yaxche - planète la plus éloignée de la civilisation galactique - avec le reste de la communauté stellaire. Un ensemble qui avait échoué à prévenir à temps les Yaxciens et qui s’était très rapidement trouvé dépourvu de but alors que la planète était abandonnée à la dévastation.
Un programme ne pouvait pas s’ennuyer, ni ressentir la solitude que représentait des millions d’années perdu seul sur une planète qui mourrait lentement. Vigilant n’avait même pas ressenti ces années, son programme mis en veille pour des durées de cinq semaines successives, puis cinq ans, puis cinq décennies, puis cinq siècles… jusqu’à ce que ses capteurs détectent quelque chose digne d’intérêt. Ou digne d’être notifié en tout cas.

Avec le temps, c’était arrivé de moins en moins souvent, jusqu’à la visite d’il y a quatre-vingt dix-sept jours. Pour la première fois, il avait détecté de la vie sur la planète, de la vie intelligente avec qui la machine avait même réussi à communiquer. Mieux encore, l’une de ses vies était un Yaxcien, l’espèce qu’il était programmé pour aider. L’interaction avait été courte, mais en quelques secondes, Vigilant avait été capable de mesurer l’impact de ces millions d’années sur la vie dans l’univers. Toutes ces espèces que ses capteurs ne reconnaissaient pas, ou qui avaient bien changés. Les Lantraki avaient progressés jusqu’à la civilisation, par exemple.
Mais ils étaient repartis sitôt arriver, sans explication. Vigilant ne pouvait pas ressentir la frustration, alors il s’était simplement replongé dans un sommeil léger, persuadé que les communications reprendraient une fois la crise passée. Car il était évident que ces étranges invités affrontaient une crise sans précédent.

Et voilà qu’ils étaient revenus, comme la machine l’avait supposé. Sans le Yaxcien, et à la recherche de l’énergie que pouvait fournir la planète. Une énergie à laquelle Vigilant pouvait sans doute accéder : il était le dernier système en fonctionnement de la planète, autrement plus performant que tout les autres. Pirater ce qui restait de la sécurité ne serait pas long. Quant à exécuter les ordres de ces créatures, cela ne paraissait pas bien compliqué.
Cela restait impossible, bien sûr, car il ne pouvait pas prendre ces ordres de ces inconnus, même si le programme comprenait très bien que ses propriétaires d’origine n’étaient plus de ce monde, pas plus que ces créateurs.

Tout ce que Vigilant pouvait donc faire, c’était analyser ses interlocuteurs. Pas les observer. Les analyser attentivement. Découvrir ce que ses espèces nouvelles avaient à lui dire, même si un programme ne pouvait pas vraiment être convaincu. Il pouvait analyser le discours de la jeune femme aux cheveux violets et comprendre qu’il était passionné, désespéré, mais aussi logique. Elle s’étendait longuement sur la nécessité de sauver l’univers entier d’une menace pire encore que la créature qui avait ravagé Yaxche à l’époque. Elle en appelait à l’esprit de ses créateurs, à celui des Yaxcien…

Vigilant continuait de l’analyser. Et le logiciel trouva quelque chose.

Une machine ne pouvait pas être curieuse, mais elle pouvait être programmé pour s’intéresser à certains paramètres. Ce qui sortait de l’ordinaire, ce qui était nouveau, ce qui devait être analysé plus en profondeur.
En terme humanoïde, cela pourrait se retranscrire comme : Oh, voilà qui est curieux.

Pour Vigilant, cela se traduisit plutôt comme l’ouverture de plusieurs sous-protocoles. Certains pour comprendre ce qu’il analysait. D’autres pour traiter l’information d’un point de vue éthique.
Car la question était devenue : sachant cela, Vigilant pouvait-il obéir ?

Il ne fallut que quelques micro-secondes à la machine pour répondre. Et donc pour interrompre Bra dans son discours.

« Ces paramètres sont acceptables. »

La déclaration soudaine prit visiblement de court la petite assemblée, dont Bra. L’étrange métisse pencha la tête vers la représentation holographique, confuse alors qu’elle s’était arrêtée au milieu d’une phrase.

« Vraiment ? Quels paramètres… ?
- Dites-moi où vous avez connecté votre vaisseau. Il me faudra quelques instants pour lancer la procédure. »

Le petit groupe resta sans voix une seconde de plus, jusqu’à ce que la lantraki ne se jette presque dans les bras de la métisse.

« Tu as réussi ! »

Dans les yeux de la dénommée Bra, Vigilant pouvait lire du soulagement, mais aussi de la confusion et une curiosité brutalement réveillée. Elle se demandait ce qui avait poussé la machine à accepter. Mieux que cela, elle semblait comprendre que ce n’était pas son discours qui l’avait poussé à le faire.
Les programmes de Vigilant tournaient toujours pour déterminer si, éthiquement, il se devait de lui dire.

Cela pouvait sans doute attendre. Après tout, elles avaient un univers à sauver, non ?

Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

Tome 3 En cours - 1 Chapitre toutes les deux semaines - Prochain chapitre semaine en 2026 !
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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tonay le Lun Mai 04, 2026 13:23

Bonjour Tierts,

Et oui, toujours au rendez-vous et je te souhaite aussi d’arriver au bout de ton histoire, c’est loin d’être évident.
Chapitre très sympa, surtout la première partie avec les démons qui claquent toujours autant des dents dès qu’Aurielle fait l’ombre d’une apparition. En tout cas ça avance et ça presse, les Dragon Ball sont bientôt prêtes, et pas du bon côté.

La p’tite expédition de Bra semble réussir malgré les difficultés, par contre je me demande ce qui a poussé Vigilant à céder. Enfin, ce qui l’a convaincu.
Je n’ai pas grand-chose à dire si ce n’est que c’est un bon chapitre, je sens que les choses vont de nouveau s’accélérer pour la suite.

Ps : deux fois la même musique, y a du relâchement ! :P (elle n’est pas moins pertinente pour autant)
Survivants
Et si trois autres saiyans avaient survécu à la destruction de la planète Vegeta ?

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Re: Chroniques de la Famille Cold

Messagepar Tierts le Lun Mai 25, 2026 15:45

Hola Tonay ! Il y a un peu de relâchement sur la musique et le délai entre les chapitres, j'en suis vraiment désolé. Ma motivation peine à faire acte de présence en ce moment, mais je m'acharne.
Je ne veux pas que ces derniers chapitres soient mauvais, mais je ne veux pas non plus vous faire attendre indéfiniment. Alors je vous promets qu'il y en aura un dans un mois.

Et en attendant, voici un gros chapitre qui, j'espère, vous plaira.

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Chapitre 103 : L'Histoire avec un grand H


« Combien sont-ils ?
- Moins que lorsque nous sommes partis. »

Ithaxus s’en était douté, mais Belial connaissait cette nouvelle armée assemblée par Aurielle mieux que lui, alors il avait préféré demander. Pour une future invasion, le tapis de tentes, d’abris improvisé et de démons regroupés en contrebas n’était pas si impressionnant. Rien d’étonnant à cela. Une bonne partie de l’élite démoniaque était morte au cours de l’invasion lancé par Auriel. Quant à l’élite de l’élite, elle avait été décimée dans des attaques dangereuses, depuis l’assaut de Belial sur la Terre jusqu’à celui d’Ithaxus sur Cold 3.
Il n’y avait que Resheph qui s’en était sorti sans larges pertes. Connaissant la brutalité de cette dernière, c’était presque ironique.

« Combien ?
- Plusieurs centaines, je dirais. Difficile à dire. »

C’était presque rassurant. Elle s’était attendu à ce que des milliers de démons soient nécessaires pour sortir les Dragon Balls de leur torpeur. Est-ce que cela rendait les artefacts moins puissants ? Ou bien était-ce une preuve de la puissance d’Aurielle, capable de les réveiller avec “si peu” ? Si peu, comme si le sacrifice de centaines de démons n’était rien.

Rejoins-moi dans la salle du trône, Ithaxus. Belial et son ami vont coordonner l’armée pour le départ.

Le démon avait faillit ne pas la sentir arriver. Ce n’était qu’au dernier instant qu’il avait perçu l’intrusion dans son esprit. Peut-être trop tard, mais le ton de la Makaïoshin ne trahissait rien. Impossible de savoir si elle savait quelque chose de plus.
« Bien sûr, votre Majesté. »

Il n’eut pas de réponse. Quand il se tourna vers Belial, qui volait toujours derrière lui, il ne croisa qu’un regard vide, perdu dans ses pensées. C’était donc à cela que l’on ressemblait quand on avait une discussion dans son esprit avec Aurielle ? Encore derrière, Scarecrow ne semblait pas dans un meilleur état.
Ithaxus entama la descente et ses deux acolytes suivirent, même si leur réactivité laissait à désirer. Il fallut attendre d’être arrivé aux portes du palais pour croiser de nouveau le regard de Belial. Les améthystes de ses yeux cherchaient partout autour de lui, à la recherche d’une accroche quelconque pour se distraire de la peur qui le saisissait. Impossible de savoir ce qu’Aurielle lui avait dit.
Peut-être rien. Peut-être tout. Je dois continuer comme si de rien n’était.

« J’y vais, annonça Ithaxus.
- Va. On s’occupe de mettre les péquenauds en marche, répliqua Scarecrow en se posant lourdement derrière Belial. »

Ils ne dirent rien de plus. Il n’y avait plus rien à dire, plus rien à préparer.
Ithaxus poussa les portes du palais.

Les couloirs étaient vides. Silencieux et majestueux, comme il les avait toujours connu. Aucun cadavre affalé contre les murs, aucune trace de sang… Peut-être que les choses n’avaient pas été si terribles que ça. Malgré tout, il n’y passa pas plus de temps que nécessaire. L’endroit ne lui jamais inspiré confiance : trop vaste, trop grandiloquent. Une bâtisse conçue pour impressionner ceux qui en foulaient le sol, mais qui ne savait rien faire d’autre.
Le démon ne mit même pas pied sur le marbre. Il vola plutôt jusqu’à la salle du trône.

Les cadavres étaient là.

Un charnier. D’un coup d’oeil, Ithaxus estima leur nombre à une bonne centaine, mais c’était difficile. Des démons, de toutes les tailles et toutes les formes, affalés les uns sur les autres. Le sang avait dû ruisseler jusqu’au centre de la salle, à peine incurvé, mais l’obsidienne faisait un très bon travail pour dissimuler l’étendue des dégâts. Le subtil relent de fer dans l’air, lui, annonçait la réalité.
Aurielle se tenait en contrebas du trône, devant un piédestal. Elle lui tournait le dos, comme si elle n’avait pas conscience de sa présence. Ithaxus écrasa toutes pensées qui suggérait de se rebeller ou de contester ce qu’elle venait de faire.

« Votre Majesté. Vous avez réussi. »

Aurielle ne tiqua pas, confirmant qu’elle suivait son approche. Et qu’elle n’était pas inquiète.

« Tu désapprouves. »

Ithaxus s’interrompit. Elle n’osait toujours pas poser le pied au sol, mais descendit jusqu’à léviter à seulement quelques centimètres de la pierre noire. Elle ne savait pas s’il fallait jouer la comédie ou faire semblant. Est-ce qu’Aurielle était dans sa tête en cet instant précis ? Elle ne ressentait rien, mais ce pouvait tout aussi bien être une impression trompeuse. Est-ce qu’Aurielle avait été plus puissante et dangereuse qu’imaginée, depuis le début ?

« Je ne suis pas sûr de ce que vous voulez dire. Je n’ai fait aucun commentaire sur…
- Tu n’en as pas eu besoin, répondit doucement la Makaïoshin en se retournant. »

Le regard sombre croisa les yeux incroyablement complexes du démon. Au moins, les traits de la déesse ne trahissaient aucune colère. En fait, elle semblait presque amusée. Curieuse, au moins.

« Tu es libre de tes opinions, tu sais. »

Ithaxus l'a cru. Non qu’elle ne se montre bienveillante, bien au contraire. Aurielle semblait simplement ne pas se sentir concernée par les opinions de ses sujets. Le contraste avec l’ancien roi était plus que notable. Auriel écoutait toujours attentivement, avant de prendre ses décisions.

« Je ne sais pas si de tels sacrifices étaient nécessaires, finit par commenter Ithaxus après une longue réflexion. »

Il s’efforçait de rester aussi neutre que possible, même si c’était un gâchis qu’il avait du mal à s’expliquer. Aurielle sourit, sans s’offusquer. Elle acheva de se tourner entièrement vers son général.

« Et pourquoi pas ? »

La simplicité de la réponse n’étonna pas Ithaxus. Le démon resta simplement debout, à fixer la déesse du regard. Elle ne pouvait pas s’arrêter à cela, si ?
Elle ne le fit pas.

« Combien de démons sont morts pour les conquêtes de mon Auriel ? Combien as-tu conduis toi-même à la mort ? »

Ce n’était pas le genre d’argument que le démon avait attendu de sa part. Est-ce que c’était vraiment de cela qu’elle voulait discuter ? Pourquoi voulait-elle se justifier maintenant ? Après tout ce qui s’était passé. Ithaxus faisait tout son possible pour contrôler son anxiété mais il ne pouvait s’empêcher de craindre qu’elle cache quelque chose. Mais quoi ?

« Je ne sais pas où vous voulez en venir. Et je ne pense pas que ce soit la même chose.
- En quoi ?
- Ces démons avaient le choix. Nous ne les avons pas tués. Nous savions tous où nous allions et quels étaient les risques associés.
- Vraiment ? Tu dirais qu’ils n’étaient forcés en rien à vous suivre.
- Auriel n’a jamais forcé qui que ce soit à le suivre. »

C’était dit sans véritable conviction et ils en avaient toutes les deux conscience. Il était vrai qu’aucun démon n’avait eu le couteau sous la gorge pour se joindre à l’effort de guerre, mais Auriel était leur Roi. Ils avaient sans doute considérés qu’il n’était même pas question de discuter. Ils se devaient de le suivre, d’autant qu’il avait prouvé sa légitimité plus que le monarque précédent. Personne ne pouvait se mesurer à lui.

« Vous recherchiez tous quelque chose, n’est-ce pas ? C’est ce qu’Auriel vous a fait penser. Il a toujours été doué pour motiver les foules. Il n’empêche. Mon tendre mari savait que des démons allaient mourir. Je ne peux pas croire que tu ne le savais pas.
- Nous savions tous qu’il y aurait des pertes.
- Alors quelle est la différence avec ce que j’ai fais ici ?
- Ce n’est pas… Je ne vous blâme pas. Je me dis juste… Ce n’est pas pareil. Ces démons ne sont pas morts au combat. Ils n’étaient pas volontaires.
- Et si je te disais qu’ils l’étaient ? »

Un frisson parcourut le corps couturé d’Ithaxus. Cela pourrait bien être vrai. Et cela ne changerait rien : Aurielle était capable de s’infiltrer dans les esprits de tous, contrôler facilement les esprits faibles et plus encore. Même s’ils étaient volontaires, qu’est-ce que cela prouverait ?

« Je ne sais pas, bredouilla-t-il, aussi sincère que possible.
- Ils ne l’étaient pas, si ça peut te rassurer. Mais si mon époux leur avait fait un beau discours, avait expliqué que c’était pour notre gloire à tous. Pire, que leur sacrifice était vital pour permettre à notre espèce d’enfin prendre la place qui nous revient dans l’ordre universel. S’ils avaient tous pris leur décision en toute conscience, est-ce que le résultat aurait été différent ? Ils seraient toujours morts et j’aurais toujours eu ce que je voulais, non ? »

Elle s’interrompit, comme pour le laisser répondre. Ithaxus laissa plutôt le silence s’installer entre eux. Que pouvait-il répondre à cela, réellement ? Il n’allait pas la faire changer d’avis. Elle ne s’était pas embarrassé de l’écouter jusqu’ici, ce n’était pas maintenant qu’elle allait commencer. Mais pire encore, il craignait qu’elle n’ait pas entièrement tort.

Depuis le début, cette entreprise avait été un massacre. Combien d’âmes, démoniaques ou non, étaient mortes à la poursuite de cet idéal ? Ithaxus n’avait jamais apprécié tuer sans justification. Il avait accepté parce qu’il voyait une opportunité d’en apprendre plus sur l’autre monde et qu’il ne donnait aucune valeur aux créatures de cet univers là. Sauf que, après assez de temps passé de l’autre côté, il n’y avait pas tant de différences entre les démons du Makaï et les habitants de l’univers. Cela l’effrayait d’ailleurs bien plus que la femme qui se tenait devant lui.

« Je ne vois toujours pas où vous voulez en finir, lâcha-t-il enfin. »

Aurielle éclata d’un rire bref, sec, et un peu inquiétant. Elle fit un pas dans sa direction et, ce faisant, s’écarta du piédestal. Les Dragons Balls y reposaient bien mais elles étaient toujours sous leur forme inerte. Un hoquet échappa à Ithaxus.

« Je voulais que tu comprennes le prix du pouvoir. Celui que tu as voulu, celui que mon époux a désiré. Et celui que je vais obtenir.
- Elles ne sont pas prêtes. »

Sans même s’en rendre compte, le démon avait amorcé un mouvement de recul. Il ne l’avait retenu qu’au tout dernier moment, mais un oeil attentif aurait tout de même perçu l’infime différence d’orientation dans ses jambes. Ithaxus savait très bien ce dont la Makaïoshin avait besoin pour terminer son rituel.

« Pas encore, elles ont besoin de quelques heures, rien de plus. »

Oh.

« Je n’ai pas besoin d’énergie supplémentaire. J’ai pensé que le temps que vous prépariez notre armée, elles seraient prêtes. »

Ithaxus ne savait pas si elle devait se sentir stupide ou si elle devait être en colère. Aurielle devait savoir qu’en révélant les Dragon Balls ainsi, elle allait lui donner l’impression qu’elle s’apprêtait à la sacrifier pour achever son rituel, non ? La déesse faisait mine de ne pas comprendre, mais c’était pour se moquer un peu plus. Il y avait même une étincelle d’amusement dans ses yeux. A moins que ce ne soit qu’un hasard et que la paranoïa qui avait gagné l’esprit d’Ithaxus depuis des mois venait de la faire tomber.
Il fallait se rattraper.

« Avez-vous réussi à les faire revenir à leur état d’antan ? »

Instinctivement, le général en était revenu à sa curiosité scientifique élémentaire. La magie pure ne l’avait jamais passionné, sans doute parce qu’il ne parvenait jamais à percer tous ses secrets, mais il s’agissait ici de plus que ça.
Les Dragon Balls n’étaient pas que des artefacts magiques, elles étaient une part de leur histoire. Une part bien souvent oubliée, dont peu de démon connaissait l’existence. Mais une part qu’Auriel avait fait revenir sur le devant de la scène quand il avait pris le pouvoir. Quand il avait mis son plan à exécution. Pour elle.

« Non, je ne pourrais plus jamais le faire. »

Imperturbable, la déesse avait répondu sur le même ton neutre. Néanmoins, les yeux ultra-attentifs d’Ithaxus avait vu s’éteindre l’amusement dans son regard. Ce n’était pas une faiblesse qu’elle appréciait admettre comme ça. Cela ne faisait qu’accentuer encore la curiosité d’Ithaxus, mais il ne prononça pas un mot, attendant qu’elle continue d’elle-même.

« Les Kaïoshins ont brisé leur pouvoir. Ils les ont affaiblis. Le seul moyen de les ramener à leur gloire d’antan serait d’avoir les ingrédients d’origine.
- Oh. Ce n’est pas possible ? »

Aurielle ricana.

« J’aurais besoin d’un accès à l’arbre de la création, dont je suis issue, mais les Kaïoshins l’ont détruit. L’arbre est mort, depuis longtemps. »

Elle mentait. Ithaxus en était certain. Il pouvait le lire dans le subtil changement de son ton, dans le tic de son oeil. Elle ne pouvait rien faire pour les Dragon Balls, c’était bien vrai, mais ce n’était pas parce que les Kaïoshins avaient détruit l’arbre… et vu ce qu’Aurielle faisait pour alimenter sa magie, le démon commençait à se faire une bonne idée du véritable responsable.

« Les Kaïoshins ont détruit bien des choses dans cette guerre, souffla-t-il malgré tout, faisant semblant de rien.
- Je ne peux complètement les blâmer. Selon eux, nous sommes sûrement les agresseurs. C’est tellement facile.
- Pourrais-je… ? »

Il n’osa pas aller jusqu’au bout.

« Oui… ?
- J’ai beaucoup lu concernant cette guerre, mais j’aimerais savoir ce qui s’est passé, vraiment. L’entendre de la bouche de quelqu’un qui l’a vécu. »

Aurielle haussa un sourcil et, pendant une seconde, Ithaxus craignit que sa curiosité ne l’ait finalement emmener trop loin. Puis un vague sourire étira les lèvres de la déesse.

« Tu sais que j’ai fais plus que la vivre.
- Pas vraiment. Nos écrits sont plutôt vagues. »

Ce n’était pas tout à fait vrai, mais si ça pouvait l’encourager à parler, il n’allait pas se gêner. Le démon était déjà surpris de la voir si détendue. Est-ce que c’était une forme de nostalgie ou bien cherchait-elle une faiblesse de sa part ?

« Est-ce qu’ils mentionnent au moins que je fus le point de départ ? Que sans moi, rien de tout cela ne serait arrivé. »

Ithaxus ne répondit pas, trop occupé à analyser les détails de son ton. Heureusement, elle ne laissa pas son silence l’arrêter.

« Depuis des générations maintenant, nous savions qu’il existait un autre univers. Un autre arbre de la création. Une autre famille divine. Les Kaïoshins. Nous avions découvert tout ce qu’ils avaient fait. Nous savions qu’ils captaient l’énergie de toutes les dimensions, grâce à leur “Paradis”, nous savions que nous perdions… Nous perdions depuis longtemps, sans même en avoir conscience. L’ambition de nombreux Makaïoshins était de rétablir la balance, mais jusqu’ici personne n’avait réussi à trouver le moyen de le faire. Tout juste avions-nous réussi à récupérer les âmes qui étaient les nôtres.
- Celles des démons.
- Tout juste. Nous ne pouvions pas entièrement contrôler ce qui leur arrivait, mais nos ancêtres avaient établis une nouvelle règle. Ceux qui étaient tués par un démon ne pouvait se rendre au Paradis, ils étaient renvoyés au Makaïoshin, où nous pouvions utiliser cette âme pour recréer un démon.
- Ou comme source d’énergie. »

Aurielle se fendit d’un rictus. Elle ne cherchait pas à le nier.

« Bien sûr, même si aucun Makaïoshin n’a été capable d’utiliser cette énergie à des fins utiles… Jusqu’à moi.
- Les Dragon Balls.
- Non. Enfin, pas tout à fait. J’ai bien utilisé des âmes de démons, mais ce n’était que pour capturer une âme bien plus puissante. La source d’énergie qu’il me manquait. La Grande Makaïoshin qui m’a précédé. »

Cette histoire, Ithaxus l’avait déduit depuis un moment maintenant. Les légendes parlaient alternativement de sacrifice pour le bien de tous ou d’une trahison que cette Makaïoshin aurait accompli avant d’être tué pour ouvrir la porte. Tout cela semblait indiquer qu’on ne voulait pas que les démons creusent trop loin la concernant.

Ce qui était étrange. Car au Makaï, personne ne s’étonnerait ou ne s’offusquerait de tuer quelqu’un qui n’était plus utile pour accomplir de grandes choses. C’était ainsi que de nombreux démons avaient obtenus le titre qui était le leur à l’heure actuelle. Ithaxus faisait figure d’exception à ce sujet : il avait tué un certain nombre de prétendants, mais c’était toujours eux qui étaient venu le provoquer en duel. Pour lui, il était évident que ce secret autour de la précédente Makaïoshin cachait autre chose.
Quelque chose qu’Aurielle se refusait à confesser même maintenant. Il n’insista pas.

« Ce sont donc les Dragon Balls qui ont créé la porte, une fois activée.
- Oui. Leur pouvoir allait au-delà de mes espérances, mais je suis stupidement resté sur notre plan initial.
- Votre plan ?
- Celui de la Makaïoshin. Nous avions de plus d’énergie. De plus d’âmes. Et pour cela nous avions une solution simple.
- Envoyer des démons dans le monde créé par les Kaïoshins. C’était une sorte de moisson.
- Très bon choix de mot. C’est ainsi que je l’envisageais à l’époque mais… Nous n’avions pas anticipé que les choses seraient plus complexes… »

* *
*

« Je vous ai vu dormir tout à l’heure, asséna Kalta. Je sais que vous n’avez pas besoin de votre concentration entière.
- Tu ne sais rien, protesta faiblement le Kaïoshin.
- Vous ne dormiez pas ? »

Le vieil homme grommela quelque chose, mais il baissa bel et bien les yeux. Kalta n’était ni dupe, ni particulièrement patient avec lui. Cela faisait plusieurs heures à présent qu’ils n’avaient pas bougés d’un millimètre. Lui, en tout cas. Comme on lui avait demandé, il s’était assis en tailleur et il s’était concentré sur sa propre puissance pendant que le sage effectuait son rituel.
Sauf que le rituel avait surtout l’air de consister à rester assis, bras tendus dans la direction de Kalta, en attendant que quelque chose se passe. Ce n’était peut-être qu’une journée ou deux, mais c’était du temps que le nihilien pourrait passer à s’entraîner plutôt que de le perdre ainsi.

« Je dois me concentrer.
- Pas tant que ça si vous pouvez dormir. Pourquoi ne pas vous rendre utile ? Doublement utile, je veux dire. »

Il s’était corrigé au dernier moment mais la réalité était que le jeune Empereur ne sentait aucun changement. C’était une révélation de potentiel, non ? Il devrait sentir son énergie augmenter. Au lieu de cela, il percevait juste la caresse du vent sur l’herbe bleuté du Kaïoshinkaï. C’était apaisant, certes, mais pas très utile.

« C’est vrai ça, intervint Goku. J’aimerais savoir aussi. »

Kalta retint un sourire narquois. Il avait attendu que les deux saïyens fassent une pause dans leur entraînement pour proposer l’idée, conscient que l’un au moins le soutiendrait.
Au regard noir que lui jeta le vieil homme, lui aussi avait compris le manège de Kalta. Et il abandonna.

« Que veux-tu savoir, déjà ?
- Vous m’avez très bien entendu. »

Ce n’était sans doute pas ainsi que l’on devait s’adresser à un dieu, mais Kalta n’en avait cure. Sa patience s’était épuisée quelques heures plus tôt, quand il avait sentit le vieillard commencer à s’assoupir devant lui, alors qu’il était supposé augmenter son potentiel.

« Je n’étais pas là.
- Mais on vous a raconté, non ? »

L’ancien Kaïoshin poussa un soupir, mais à sa décharge ses bras ne bougèrent pas, toujours levés vers Kalta.
Il abandonne enfin.

« Selon l’histoire, les démons apparurent avec une immense porte, sur une planète de la Galaxie Nord.
- Passaros.
- Elle ne portait pas ce nom à l’époque, mais oui. Je peux continuer ?
- Pardon.
- Les Kaïoshins de l’époque connaissaient l’existence du Makaï et des Makaïoshins, il y avait même eu des tentatives de communications avec notre “frères de l’Autre Côté” comme ils étaient considérés à l’époque. Chaque essai diplomatique avait lamentablement échoué. Ils étaient trop belliqueux. Mais les Kaïoshins ne s’attendaient pas à une attaque d’une telle ampleur et surtout pas si soudainement. Les démons étaient bien plus puissants que les mortels qui avaient été créés. Ils se lancèrent dans une conquête sans pitié, en laissant derrière eux une traînée de destruction et de mort. Les Kaïoshins furent pris de court, incapable de comprendre l’origine et la raison de l’attaque pendant très longtemps. »

Le dieu s’interrompit. Les mots ne lui venaient pas naturellement, mais Kalta comprit que ce n’était pas parce qu’il réfléchissait trop, ou même parce qu’il fouillait ses souvenirs. C’était simplement douloureux. Il n’était peut-être pas là à l’époque, mais la blessure devait être encore fraîche quand on lui avait raconté tout ça.

« Ils voulaient les âmes des mortels, n’est-ce pas ?
- Ils finirent par le comprendre, quand les âmes de millions de morts n’arrivèrent pas au Paradis quand on l’aurait attendu. Leur motivation était alors claire, mais ça n’aidait pas pour autant à défendre l’univers. Des Kaïoshin parmi les plus guerriers tentèrent bien de les repousser eux-même, mais les démons étaient trop nombreux. Ils essayèrent de s’attaquer aux Makaïoshins qui avaient traversés eux aussi, mais ils tombèrent bien vite sur un garde du corps particulièrement dangereux. Un mortel.
- Un mortel ?
- Un habitant de notre univers que les Makaïoshin avait corrompu. Un combattant hors pair, qui tint tête au plus puissant des Kaïoshins de l’époque et parvint même à le tuer. Le combat avait été d’une violence inouïe, on pensa même le garde du corps mort luia aussi… mais il ne fit que revenir, plus fort encore.
- Auriel, murmura Kalta en réalisant.
- C’était son nom, oui. »

Ce n’était donc pas un démon. Pas à l’origine en tout cas.

« Les Kaïoshins n’étaient pas préparés à une attaque d’une telle violence. Ils mirent trop longtemps à comprendre comment utiliser les ressources de l’univers contre les démons. Mais ils finirent par réussir. Pas seuls. Trois peuples, des piliers de l’univers, se mobilisèrent contre l’assaut.
Les Yaxciens, les Tsufuls et les Nameks.
Oui. On dit que la technologie des Tsufuls permit aux Kaïoshins de surveiller l’univers en temps réel, pour mieux réagir. La magie des Nameks était assez puissante pour contrer les Madoshi les plus dangereux. Quant aux Yaxciens…
Je peux deviner à quoi ils ont servis.
On dit que leurs affrontement ravagèrent l’univers. On dit qu’un millier de Nameks psalmodièrent pendant un mois entier pour emprisonner avec eux la doyenne des Makaïoshin, l’emportant dans une supernova. On dit que les Tsufuls sacrifièrent un système solaire entier pour détruire le plus jeune des Makaïoshin. On dit que leur meilleur guerrier affronta le champion de Yaxche pendant une semaine, sans interruption, que leurs coups résonnaient aux quatre coins de l’univers et que, lorsque le combat s’acheva, la planète était réduite à l’état de caillou flottant. Quant à savoir qui a gagné… Ce que je sais, c’est qu’à la fin de la guerre, alors que les démons reculaient enfin, leur armée décimée, il ne restait que la Grande Makaïoshin… Et Auriel. »

* *
*

« Les Kaïoshins… Les Kaïoshins se sont révélés plus tortueux que nous ne le pensions. Ils n’ont pas hésités à utiliser leurs pions pour nous tuer. Ma mentor, l’une de plus grande magicienne de l’époque, a été lâchement piégé, enfermée sur une planète vouée à l’extinction. Mon frère se sacrifia pour détruire un système entier dédié à créer des armes de destruction massive. Et puis, il y eu Sud. Il a été mon plus féroce lieutenant pendant tout le conflit. Il n’y a peut-être qu’Auriel qui faucha plus d’âmes que lui… Et encore. Je le pensais indestructible, pour être honnête. Je ne pensais pas…
L’un d’eux est venu le chercher. L’un de ces Yaxciens. Il le poussa dans ses derniers retranchements et Sud fit de même. J’étais loin, à ce moment, mais je communiquais avec mon frère. Je l’ai senti devenir plus fort. J’ai vu à travers ses yeux quand la créature s’est transformé, encore et encore. Il aimait ça. Je crois qu’à la fin, il était trop passionné par le combat pour se soucier de comment il allait finir. Je lui ai proposé mon aide, plusieurs fois. Je sentais que les choses allaient mal tourner.
Au septième jour, la planète où ils se battaient n’étaient plus qu’un champ de roche en fusion. Sud avait les pieds brûlés. Et le Yaxcien, quel que soit son nom, il avait encore une transformation. Il l’a atteint pendant le combat, comme une illumination. Un déclencheur. Sa forme originelle, comme il l’appelait. Il n’a pas réussi à tuer Sud, mais ça n’avait plus d’importance à la fin. La lave les a englouti tous les deux.
Sud est resté euphorique. Jusqu’au dernier moment. »

* *
*

« Nous ne savions pas s’il était seulement possible de la vaincre sans d’immenses pertes. Sa magie était redoutable. Sa puissance plus encore. Avec les armées mortelles que nous avions réuni, la victoire était inévitable, mais à quel prix ? D’autant qu’Auriel était toujours en vie et il paraissait indestructible. Et puis, à ce stade, nous avions enfin compris comment elle avait déchiré les limites entre les dimensions, comment elle avait amené son armée. Il était possible que les Dragon Balls soient un moyen de réparer la faille et, selon certains, de réparer les dégâts fait à l’univers.
Alors, nous avons décidé d’une autre stratégie. Nous lui avons proposé des pourparlers. »

* *
*

« Je devais reconnaître notre défaite. Mes frères et soeurs étaient morts. Des millions de démons avaient péris. Oh, je ne demandais qu’à continuer, qu’à les venger, qu’à tuer toujours plus. Mais Auriel… Auriel a toujours été le plus raisonnable de nous deux. Il m’a conjuré de nous replier, de lécher nos plaies et de revenir plus tard. Nous n’avions pas besoin de mourir bêtement.
Alors, quand les Kaïoshins m’ont proposé de discuter de la fin de la guerre, j’ai pensé que je pouvais m’y rendre sans crainte. D’autant qu’Auriel était là. Je n’avais pas pensé qu’ils pouvaient être aussi perfides. »

* *
*

« Nous étions préparé à tout. Il avait fallu des semaines pour conjurer des chaînes assez puissantes pour Auriel, mais le plus dur avait été de préparer un sort assez subtil pour que la Makaïoshin ne le repère pas. Il en allait de la survie de l’univers, vous comprenez. Nous n’avions pas le choix.
Nous l’avons piégé. Au prix du sacrifice de la Grande Kaïoshin de l’époque. Auriel lui-même la décapita, elle était resté près de lui. Une assurance. Ils n’imaginaient sans doute pas qu’elle pouvait ressentir une telle dévotion envers toutes les autres vies de l’univers. Il était trop tard quand il le fit.
Nous avons scellé la Makaïoshin derrière le sceau magique le plus puissant qui soit. Puis nous avons renvoyé Auriel d’où il était venu. »

* *
*

« Je me souviens de son hurlement. Je ne l’avais jamais entendu si… désespéré. Ils étaient en train de lui arracher le coeur une deuxième fois.
Mais je savais déjà qu’il ferait tout pour me libérer. Et je savais que je n’allais pas mourir, car j’avais compris ce qu’ils voulaient vraiment. Ils allaient s’approprier mon plus beau travail. Ce serait leur perte. »

* *
*

« Une fois les démons repoussés, nous avons fait appel au pouvoir des Dragon Balls pour refermer la porte et obtenir une clef. Simplement détruire la porte paraissait au-delà du pouvoir du dragon…
Le pouvoir des Dragon Balls était si grand que nous n’étions pas sûr de ce qu’il fallait en faire. Alors, après moults débats, il fut décidé de les séparer. Grâce à l’aide des Nameks, nous fîmes d’un seul set, trois différents sets. Un pour chaque espèce qui avait contribué à cette victoire et qui saurait les utiliser avec parcimonie.
Les Nameks lièrent leur set à un seul individu, qui saurait le modifier et l’adapter au besoin de la planète. Les Tsufuls lièrent leurs Dragon Balls au noyau de leur empire, leur planète natale, sur laquelle elles reviendraient toujours. Les Yaxcien, eux, lièrent leur set à l’énergie vital de leur peuple mais demandèrent aux Nameks de les programmer pour se disperser à travers l’univers entier. Tous les 300 ans, un jeune yaxcien prometteur était envoyé en quête pour les réunir. »

* *
*

« Pendant des millénaires, ils utilisèrent ma magie et mon pouvoir pour forger leur univers. Ils reléguèrent le Makaï à leurs souvenirs, terrifiés à l’idée de retrouver Auriel. Et ils oublièrent. Les imbéciles.
Maintenant, je suis de retour et j’ai retrouvé mes enfants. Auriel y a veillé. Et nous allons leur faire payer, tu comprends, Ithaxus ? »

* *
*

« Avec l’apparition de Buu, les trois civilisations originelles furent détruites ou si durement touchées qu’elles oublièrent qui elles étaient. Je ne parle même pas des Kaïoshins. Le secret des Dragon Balls se perdit. Jusqu’au retour d’Auriel. Les Kaïoshins de l’époque n’imaginaient sûrement pas…
Vous non plus, non ? interrompit Kalta. »

Sa voix claqua comme un fouet dans le Kaïoshinkaï. Tout le monde écoutait religieusement le vieux dieu jusque là. C’était bien pour cela qu’il avait noté quelque chose.

« Vous avez dit “nous” au bout d’un moment. Vous n’étiez pas là pour le début, mais vous étiez là à la fin, n’est-ce pas ? Vous avez décidé d’emprisonner Aurielle pour vous approprier les Dragon Balls.
- Je n’ai rien décidé, je n’étais pas…
- Vous étiez là, n’est-ce pas ?
- … Oui. »

Kalta laissa passer un silence. Le vieil homme avait toujours les bras tendus vers lui ; il n’avait pas laissé la conversation le distraire de son rituel, mais ses épaules s’étaient affaissés et son regard ne quittait plus le sol.

« Nous ne pensions pas… Nous n’avions pas le choix. »

* *
*

« Nous n’avons plus le choix à présent. Il faut en finir. »

Aurielle tourna la tête et un lent sourire étira ses lèvres. Une lueur terrifiante fit briller l’iris rouge de ses yeux.

« Mes Dragon Balls sont prêtes. »


Chroniques de la Famille Cold
Sur Namek, le souverain Freezer réussit à défaire le terrifiant Super Saïyen. Il peut enfin étendre son emprise sur l'univers sans danger. Du moins, le croit-il car il découvrira bientôt que ses nouvelles conquêtes vont lui apporter bien des problèmes.

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